Willbes & Co réintègre 15 travailleurs qui avaient été licenciés en République dominicaine

IndustriALL Global Union a écrit à la société-mère, aux marques clientes de Willbes et au ministre du Travail; il a appelé l'entreprise à réintégrer ces travailleurs qui n'étaient plus payés et à collaborer avec le syndicat pour mettre fin au climat de crainte qu'elle a engendré. Le conseil national des syndicats dominicains affiliés à IndustriALL a lui aussi manifesté sa solidarité.

"Nous sentons la force et la solidarité qui émanent du soutien apporté par IndustriALL Global Union à la syndicalisation des travailleurs,"

a déclaré Carlos Reyes, le Président du Syndicat national des travailleurs des zones franches (UNATRAZONAS), affilié à IndustriALL.

Les travailleurs de cette usine de confection avaient été licenciés au début du mois d'août, quelques jours après avoir informé la direction de la création d'un comité directeur chargé de constituer un syndicat dans l'entreprise, le Syndicat de Willbes Dominicana de la zone franche de Barahona (SITRAWILLBES), affilié à UNATRAZONAS.  

Finalement, au matin du 21 août, l'entreprise a réintégré tous les membres du comité directeur, y compris trois dirigeants qui, sur l'insistance de la direction, avaient accepté des primes de licenciement. L'entreprise a accepté de respecter la liberté syndicale.

Laura Carter, secrétaire régionale adjointe pour l'Amérique latine et les Caraïbes et responsable régionale pour le secteur du textile, a déclaré à propos de cette victoire des travailleurs :

"C'est le fruit du courage des travailleurs et de la solidarité nationale et internationale du mouvement syndical et d'autres institutions, combinée à l'intervention des grandes marques qui veulent promouvoir l'emploi responsable dans leurs chaînes d'approvisionnement. IndustriALL suivra de près les efforts déployés pour consolider le syndicat, négocier une convention collective et instaurer des relations de travail positives dans l'entreprise".

Bangladesh: des travailleurs du textile de chez Haesong victimes d’agression

Le sit-in et la grève qui se sont déroulés à l’extérieur du siège de la compagnie publique coréenne à Hizalhati, Gazipur, ont été organisés par l’affilié à IndustriALL Global Union, la Fédération nationale des travailleurs de la confection (NGWF).  

La secrétaire générale et la vice-présidente de la NGWF font partie des personnes blessées. En outre, un organisateur, également membre de la Fédération, a été enlevé puis libéré plusieurs heures plus tard, à 21 heures. Malgré de multiples demandes, la police locale a refusé d’enregistrer les plaintes des travailleurs au sujet du kidnapping ou des agressions.  

La manifestation fait suite au conflit en cours avec la compagnie Haesong, qui a suspendu de leur fonction, le 4 avril, 218 travailleurs ayant exigé le paiement de leurs congés non pris durant 2016.

Haesong a présenté aux travailleurs une lettre de « justification » les informant qu’ils étaient suspendus au motif de fausses accusations, y compris d’arrêt de travail. Les travailleurs ont répondu à cette lettre mais la compagnie n’a toujours pas réagi à leur réponse ni n’a officiellement licencié les travailleurs.

Le 22 juin 2017, suite à leurs protestations, les travailleurs ont obtenu un accord écrit avec la direction de l’usine, dans lequel elle s’engage à payer l’ensemble des cotisations et des indemnisations légales dues d’ici le 4 juillet 2017. La compagnie n’ayant pas respecté cette date, l’échéance a été reportée au 4 août. Néanmoins, les travailleurs n’ont toujours pas été payés, entrainant la manifestation du 16 août lors de laquelle les agressions ont eu lieu.

La NGWF a exhorté le gouvernement du Bangladesh à arrêter et à traduire en justice le propriétaire de l’usine, le directeur général et les agresseurs. Les représentants des travailleurs ont également demandé au gouvernement et à l’Association des fabricants et exportateurs du secteur textile au Bangladesh de prendre toutes les mesures pour que l’ensemble des sommes légales dues aux travailleurs de chez Haesong leur soient immédiatement payées. En outre, ils ont enjoint le Premier ministre du Bangladesh d’intervenir pour s’assurer que le propriétaire de Haesong ne s’enfuit pas du Bangladesh sans satisfaire les revendications des travailleurs.

Christina Hajagos-Clausen, directrice d’IndustriALL en charge de l’industrie textile et du vêtement, a déclaré: « IndustriALL condamne fermement les agressions des travailleurs de chez Haesong et l’enlèvement d’un syndicaliste. Haesong doit respecter les droits des travailleurs, réintégrer les travailleurs suspendus de leur fonction et leur verser immédiatement leurs cotisations et salaires. Le gouvernement doit prendre des mesures sévères contre les agresseurs ».

Amirul Haque Amin, président de la NGWF, a indiqué: « Tous les travailleurs suspendus de leur fonction devoient être réintégrés, et les salaires et cotisations en suspens immédiatement payés. La direction de l’usine doit prendre à sa charge toutes les dépenses liées aux traitements médicaux des travailleurs blessés. Dans l’intervalle, le gouvernement devrait enquêter et prendre des mesures contre le policier ayant refusé d’enregistrer les plaintes des travailleurs ».

L'OIT crée une Commission mondiale sur l'avenir du travail

Cet organisme international de haut niveau produira un rapport exhaustif qui procédera à un examen approfondi de l’avenir du travail afin de fournir la base analytique nécessaire à la poursuite de la justice sociale au 21e siècle. La commission se penchera tout particulièrement sur la relation entre travail et société, le défi de créer des emplois décents pour tous, l’organisation du travail et de la production et la gouvernance du travail.

La commission est composée de 28 membres, dont ses deux coprésidents et quatre membres de droit que sont le Directeur général du BIT et les membres du bureau de son Conseil d'administration. Philip Jennings, le Secrétaire général d'UNI Global Union, figure aussi parmi ses membres.

Cette commission est mise en place dans le cadre de l’Initiative du centenaire sur l’avenir du travail, lancée par le Directeur général du BIT, Guy Ryder, en 2013. Les membres de la commission produiront un rapport indépendant qui sera soumis à la Conférence du centenaire de l’OIT en 2019.

Ameenah Gurib-Fakim, Présidente de Maurice, et Stefan Löfven, Premier ministre de Suède, ont pris la parole à la cérémonie inaugurale.

Le Directeur général du BIT, Guy Ryder, a parlé de l'importance de l'avenir du travail à la lumière des changements de grande ampleur et sans précédent que connaît le monde du travail du fait de l'innovation technologique, de l'évolution démographique, du changement climatique et de la mondialisation.

"Il est extrêmement important que nous abordions ces défis avec la conviction que l’avenir du travail n’est pas prédéterminé. C’est à nous qu’il revient de forger cet avenir selon les valeurs et les priorités que nous choisissons et grâce aux politiques que nous élaborons et mettons en œuvre", a-t-il déclaré.

Dans son allocution, la Présidente de Maurice a fortement encouragé

"tous les pays et toutes les parties concernées à faire des recommandations détaillées et apporter des idées nouvelles pour faire face aux défis et aux perspectives de l’avenir du travail. Nous pouvons y parvenir "en plaçant les individus au premier plan", en reconnaissant que le travail est plus qu’un simple facteur de production ou qu’une simple marchandise sur le marché du travail, selon l’esprit de la Constitution de l’OIT."

Le Premier ministre suédois, Stefan Löfven, a déclaré :

" Nous ne pouvons pas stopper le développement, nous ne devons même pas essayer. Ce que nous devons faire, c’est nous rassembler, pour mettre à profit l’innovation afin d’améliorer la vie quotidienne de millions de personnes, pour utiliser les nouvelles technologies afin de bâtir des sociétés plus propres et plus durables, tout en créant de nouveaux emplois avec de meilleures conditions de travail pour tous. Ces objectifs se trouvent au cœur de notre Commission."

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, assistait à la cérémonie et a déclaré :

"En tant qu'acteur mondial représentant les intérêts de 50 millions de travailleurs de l'industrie dans le monde, nous ne pouvons que nous féliciter du lancement de cette initiative de l'OIT. Les travailleurs doivent avoir leur place à la table pour discuter de l'avenir du travail. Une transition juste est une des réponses que nous apportons aux défis que rencontrent les travailleurs dans un environnement de travail en rapide mutation. Nous attendons de cette initiative qu'elle nous aide à instaurer l'équité et la justice, en particulier dans les pays où les conditions des travailleurs sont encore au niveau "Industrie 0.4" en termes de précarité des conditions de travail."

La vidéo de cette cérémonie peut être consultée sur le site de l'OIT..

Les syndicats du textile du monde entier se sont réunis au Myanmar pour parler de stratégies

Concluant trois ans de travail – réalisé dans le cadre de deux projets financés par la fondation allemande Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) – sur l’organisation des travailleurs dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et les campagnes visant à obtenir des salaires décents, les participants d’Afrique du Sud, du Bangladesh, du Cambodge, d’Egypte, d’Ethiopie, d’Indonésie, de Maurice, du Myanmar, du Pakistan, des Philippines et de la Turquie ont comparé les différentes stratégies mises en place et évalué les progrès réalisés dans une industrie associée à des salaires bas, des longues heures de travail et des conditions de travail non conformes aux normes.

Souhaitant la bienvenue aux syndicalistes du Myanmar, dont beaucoup étaient présents pour la première fois, Maung Maung, président de la Confédération des syndicats au Myanmar, a fait le point sur les discussions menées pour fixer un deuxième salaire minimum dans le pays. Le tout premier salaire minimum, établi en 2015 à 3 600 kyats/jour (soit 3,6 US$), étant loin de correspondre à un salaire décent, les syndicats réalisent une étude sur les salaires à l’échelle nationale avant de soumettre de nouvelles revendications fin septembre.

Après avoir parlé des stratégies couronnées de succès en matière d’organisation des travailleurs dans les chaînes d’approvisionnement, les participants des Philippines se sont exprimés sur le poids accru que les alliances leur permettent d’avoir.

Les syndicalistes du Myanmar ont souligné l’importance de l’éducation:

« Nous avons rencontré les travailleurs dans les rues et les magasins de thé, où nous les avons informés de leurs droits et de la législation avant même l’enregistrement officiel d’un syndicat chargé de les représenter sur leur lieu de travail ».

La Turquie compte 1,1 million de travailleurs dans l’industrie textile et de la confection; il est indispensable de les sensibiliser aux syndicats et aux conventions collectives de travail:

« La menace élevée de licenciement en cas de syndicalisation accroît la difficulté à organiser les travailleurs ».   

Mise en œuvre des accords-cadres mondiaux

IndustriALL a signé des accords-cadres mondiaux avec Inditex, H&M, Mizuno et Tchibo.

Faisant référence à l’application de l’accord-cadre mondial signé avec H&M au Cambodge, Christina Hajagos-Clausen, directrice d’IndustriALL en charge de l’industrie textile et de l’habillement, a présenté les travaux des comités nationaux de surveillance, mis en place dans un certain nombre de pays en tant que mécanismes de résolution des conflits.

« Les comités nationaux de surveillance se composent de trois représentants syndicaux et de trois représentants de H&M, et nous permettent de parler de nos préoccupations. L’accord-cadre mondial joue un rôle clé dans la résolution des conflits au Myanmar et au Pakistan.

« On observe actuellement un changement dans les chaînes d’approvisionnement, reflété dans l’abandon des initiatives spontanées au profit des relations du travail ».

Création de règles du jeu équitables en matière de salaires

Faire campagne pour un salaire décent est un objectif fondamental d’IndustriALL. De nombreux intervenants se sont exprimés sur la faible rémunération des travailleurs du textile et la grande difficulté à négocier des salaires plus élevés lorsque les usines sont étranglées par leurs clients qui sont des marques multinationales.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, a indiqué que les syndicats ne doivent pas se limiter à la question du salaire minimum mais faire pression pour l’établissement d’un nouveau mécanisme de fixation des salaires qui tienne compte de la façon dont les marques passent leurs contrats avec les fournisseurs et les prix qu’elles paient.

Frank Hoffer, nouveau directeur exécutif de l’initiative ACT entre IndustriALL et les marques mondiales, a participé à la réunion où il a indiqué qu’ACT vise à mettre en place des négociations collectives dans l’industrie textile relatives aux pratiques d’achat des marques envers les chaînes d’approvisionnement du secteur de la confection.

 « Le salaire minimum ne tient pas compte des autres facteurs liés aux salaires comme les heures de travail, la formation professionnelle et la productivité. Nous devons instaurer un système qui accroît les normes à l’échelle du marché et permet aux travailleurs de mettre en œuvre leurs propres accords.

« Des salaires plus élevés doivent être fixés dans toute l’industrie pour qu’un salaire décent soit adopté, et que les usines et marques ne puissent pas négocier séparément des prix moins élevés basés sur des salaires plus bas ».

Bien que de nombreux pays représentés à l’atelier disposent d’un salaire minimum, son niveau ne permet pas aux travailleurs de satisfaire leurs besoins fondamentaux, les obligeant à effectuer un nombre excessif d’heures supplémentaires pour arrondir leurs revenus. Après avoir pris connaissance d’exemples positifs en Afrique du Sud, Suède et Indonésie, la réunion s’est terminée sur l’importance de démontrer aux employeurs et aux gouvernements les avantages réciproques à élargir les négociations au sein des entreprises à l’ensemble du secteur de la confection.

Les syndicats mexicains et des organisations sociales manifestent contre la renégociation de l'ALENA

Le défilé était planifié pour coïncider avec le premier cycle de négociations qui se tient à Washington pour moderniser l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui lie le Canada, les États-Unis et le Mexique. La mobilisation de Mexico a débuté quelques heures après l'ouverture des négociations aux États-Unis.

Il a démarré au monument qui est l'emblème de la ville, l'Ange de l'Indépendance, pour arriver devant le ministère des Affaires étrangères. Près de 2.000 personnes représentant les syndicats libres et démocratiques y participaient.

Arrivés devant le ministère, les organisateurs ont donné lecture d'un manifeste qui a ensuite été remis aux représentants du ministère. Son texte suggère que, plutôt que de moderniser l'ALENA, il faudrait rechercher un accord complémentaire de coopération qui ne laisse pas tout entre les mains du marché.

"Nous voulons une nouvelle forme d'intégration dans une dynamique globale qui profite à tous et soit bénéfique pour la planète. Nous proposons un nouvel accord qui contribue au renforcement de l'économie intérieure et à la diversification des relations extérieures du Mexique, un accord qui respecte la souveraineté nationale des trois pays et reconnaisse le droit à l'autodétermination,"

a déclaré Humberto Montes de Oca, le secrétaire en charge des relations extérieures du Syndicat mexicain des électriciens (SME), affilié à IndustriALL.

Son postulat est que, depuis son entrée en vigueur en 1994, le traité sape les droits des travailleurs. Il souligne que l'ALENA a eu pour effet de marginaliser les petits agriculteurs et a contribué à l'appauvrissement du pays et des travailleurs.

Paradoxalement, pendant les pourparlers qui se tiendront jusqu'à la fin de l'année, les États-Unis prévoient de faire pression sur le Mexique pour qu'il relève ses normes de travail et les salaires afin de freiner la "compétition déloyale" envers les travailleurs américains.

"Cela est dû au fait que le traité d'origine envisageait un accord parallèle censé protéger les droits des travailleurs, mais qui n'a jamais vu le jour et dont le principe n'a jamais été respecté,"

explique Napoleón Gómez Urrutia, le Président du syndicat Los Mineros et coprésident régional d'IndustriALL.

Il est convaincu que le Mexique a besoin, en réalité, d'une réforme progressiste du travail "qui apporte un changement en profondeur et pas seulement superficiel, et protège réellement les droits fondamentaux des travailleurs, mais aussi la démocratie et la liberté syndicale".

Les manifestants ont aussi condamné le gouvernement fédéral qui n'a pas appelé les travailleurs à élire des représentants pour participer aux négociations de l'accord de libre-échange et tient ces négociations à huis clos.

"Des négociations qui vont conditionner notre avenir ne devraient pas se faire à la hâte et dans le secret. Nous réclamons que la feuille de route et les termes de la négociation soient rendus publics et que rien ne soit signé sans une large consultation de tous les secteurs de la société,"

insiste Humberto Montes de Oca.

Le gouvernement a désigné unilatéralement un dirigeant d'une centrale syndicale proche des employeurs, la Confédération des travailleurs du Mexique (CTM), qui ne représente pas les intérêts des travailleurs.

Le directeur d'IndustriALL Fernando Lopes commente la situation en ces termes :

"Nous sommes à un moment crucial où il faut renforcer l'alliance entre les mouvements syndicaux et sociaux aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Les gouvernements vont essayer de dresser les travailleurs les uns contre les autres, mais il n'y parviendront pas. Les travailleurs des trois pays resteront unis dans la défense de leurs droits !"

Poussée de violence à la mine de Grasberg alors que le conflit s'éternise

Des centaines de mineurs grévistes ont bloqué les accès de la mine à partir de 14 heures, le samedi 19 août, dans le but d'empêcher la production pour forcer la direction à négocier. Plusieurs mineurs ont été blessés par des balles en caoutchouc dans les affrontements avec la police et les vigiles; des bâtiments administratifs et plusieurs véhicules ont été incendiés. La police et les gardes ont repris le contrôle des lieux vers 23 heures.

Le chef de la police locale a annoncé que l'armée allait se déployer pour maintenir l'ordre.

Le blocage de la mine est le fait des salariés de l'entreprise et de sous-traitants et n'était pas organisé ni approuvé par le syndicat. Les travailleurs sont dans une situation désespérée après avoir été licenciés pour avoir fait grève.

Cette escalade survient alors que la crise se durcit. Dans un incident qui est toujours à l'enquête, des coups de feu ont été tirés la semaine dernière en direction d'un véhicule de l'entreprise, blessant son conducteur. Les travailleurs de Grasberg sont en grève depuis le 1er mai. La mine appartient à PT Freeport, une filiale de la compagnie minière américaine Freeport McMoran. À ce jour, l'entreprise a licencié 4.200 grévistes.

Depuis des mois, IndustriALL Global Union met en garde contre la possibilité d'un conflit grave. Dans un communiqué publié en mai, son directeur en charge des mines, Glen Mpufane, écrivait :

"La situation est très tendue. Il faut intervenir d'urgence pour empêcher un nouveau Marikana."

La crise actuelle accentue encore la pression dans un contexte déjà très volatil. Le cas de la mine de Grasberg est controversé pour plusieurs raisons et la souveraineté de la Papouasie occidentale est contestée, parfois avec violence. Dans le passé, Freeport a fait appel à l'armée indonésienne pour assurer sa sécurité et des affrontements ont fait des morts.

Une récente mission de solidarité d'IndustriALL en Indonésie a constaté une crise sociale à la mine : depuis quatre mois, les travailleurs et leurs familles sont sans revenu, n'ont pas accès au crédit, au logement, à l'enseignement et aux soins médicaux et plusieurs personnes en seraient décédées.

Pour aggraver les choses, les terribles inondations d'il y a deux mois ont nécessité l'évacuation de plusieurs régions.

La grève est la conséquence d'un litige entre Freeport et le gouvernement indonésien quant à la juridiction sur la mine. Le gouvernement veut une participation de 51 pour cent et il a annulé les permis d'exportation de Freeport quand celle-ci a refusé. Freeport a riposté en ralentissant la production et en commençant à licencier du personnel, ce qui a déclenché la grève. Les médias indonésiens indiquent que Freeport a maintenant signé un nouveau contrat avec le gouvernement.

Vendredi 18 août, avant les récents affrontements, IndustriALL a écrit au Directeur général du BIT, Guy Rider, pour demander que l'OIT intervienne d'urgence dans la crise.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"IndustriALL a mis en garde, il y a quatre mois, contre le risque de violences. Les travailleurs de Grasberg sont dans une situation absolument désespérée. Malgré nos avertissements répétés, Freeport a provoqué l'escalade à chaque occasion.

"Pour IndustriALL, jouer ainsi avec la vie et la survie des gens pour marquer des points dans son litige avec le gouvernement indonésien est méprisable de la part de Freeport.

"Il faut que cela cesse tout de suite. Toutes les parties doivent s'asseoir autour de la table pour remédier immédiatement à cette crise."

Les fédérations syndicales internationales appellent à soutenir le mouvement syndical indépendant en Biélorussie

Quinze jours se sont écoulés depuis que les autorités biélorusses ont entamé, sans qu’il y ait eu provocation, une campagne dans le pays contre les syndicats indépendants et leurs dirigeants. Deux leaders syndicaux, Gennady Fedynich et Ihar Komlik du Syndicat des travailleurs de l’industrie biélorusse de la radio et de l’électronique (REP), un affilié d’IndustriALL et également affilié de la CSI par le biais du Congrès biélorusse des syndicats démocratiques, sont soumis à une enquête criminelle et pourraient être confrontés à une peine pouvant aller jusqu’à sept ans de prison. Ihar Komlik reste en détention depuis son arrestation le 2 août.

Visitez le site LabourStart et exigez la remise en liberté d’Ihar Komlik et l’abandon de toutes les accusations non-fondées contre la direction du REP. https://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=3521

Ces deux dirigeants sont maintenant soumis à enquête pour une soi-disant évasion fiscale à grand échelle. Cependant, ces accusations à propos de taxes non versées concernent un fonds de solidarité mis à disposition du syndicat en 2011, qui ne peut être considéré comme de l’argent privé. En réalité, ces accusations sont non-fondées et visent à discréditer le syndicat en représailles aux prises de position de ses leaders au sein de la société civile ainsi que leur travail en vue de protéger les intérêts sociaux et économiques de la population active de Biélorussie.

Un des récents épisodes a été la participation active du REP aux manifestations de masse contre le décret présidentiel imposant une taxe aux chômeurs, surnommé en Biélorussie le décret “sur les parasites sociaux”. Déjà à ce moment-là, les dirigeants du REP ont subi des représailles. Fedynich a été accusé d’avoir pris part à une “Marche des Biélorusses en colère”, illégale et non-autorisée, le 17 février à Minsk, ainsi que de violations répétées de la loi “sur les événements de masse”. Les autorités lui avaient imposé une amende de US$ 640.

Dans leur lettre au Président biélorusse, IndustriALL et la CSI ont qualifié les attaques de la part des autorités biélorusses contre les leaders syndicaux et leurs organisations d’“interférence dans les affaires internes des syndicats, ce qui constitue une violation grave de la Convention n° 87 de l’OIT sur la Liberté syndicale.”

Gennady Fedynch est un leader syndical en vue, qui est président du Syndicat des travailleurs de l’industrie biélorusse de la radio et de l’électronique depuis le début des années quatre-vingt-dix. En compagnie de quelques autres syndicats de l’ancienne Union soviétique, le REP a été reconnu en 1999 par les fédérations syndicales internationales en tant qu’organisation libre et démocratique et a rejoint la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, une organisation à l’origine d’IndustriALL.

Lors du Congrès fondateur d’IndustriALL Global Union en juin 2012, Gennady a été élu en tant que titulaire au Comité exécutif d’IndustriALL. Quatre ans plus tard, lors du 2e Congrès d’IndustriALL au Brésil, ses collègues de la CEI l’ont réélu en tant que membre suppléant du Comité exécutif pour représenter les syndicats de la région.

Ihar Komlik n’est pas non plus un inconnu pour le mouvement syndical. De formation ingénieur et juriste en droit du travail, il a travaillé au sein du bureau d’étude de l’usine de radio et électronique Planar entre 1994 et 2004. À cette époque, il a également été élu président de la section locale du REP. Depuis 2010, il est à la tête du syndicat REP de la ville de Minsk et occupe également les fonctions de chef comptable du REP.

IndustriALL Global Union appelle tous ses affiliés à soutenir la campagne LabourStart https://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=3521 et à exiger la remise en liberté immédiate d’Ihar Komlik ainsi que la fin des poursuites criminelles contre lui et Gennady Fedynich.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous appelons tous nos affiliés à nous aider à défendre le Syndicat des travailleurs de l’industrie biélorusse de la radio et de l’électronique, notre affilié de Biélorussie, et ses dirigeants Ihar Komlik et Gennady Fedynich. Ils ne sont coupables que de ne s’être pas tus face à la détérioration constante de la qualité de vie et de travail de la population active de Biélorussie. Des syndicats vraiment indépendants rendent la vie meilleure dans tout pays. Faites connaître vos exigences au régime Lukashenko dès aujourd’hui. Faisons cesser cette attaque envers les syndicats indépendants et leurs dirigeants en Biélorussie."

La Secrétaire générale de la CSI Sharan Burrow a déclaré :

“Ces mesures constituent une ingérence de l’État dans les activités des syndicats indépendants. Elles ont provoqué l’interruption des activités des secrétariats des deux syndicats et créé un climat de répression et de peur. Le Belarus doit mettre sa législation en conformité avec ses obligations internationales et pleinement mettre en œuvre les recommandations de la Commission d’enquête de l’OIT, y compris en matière d’aide extérieure, et cesser de recourir à des dispositions légales en place comme celles-ci aux fins de persécuter des dirigeants syndicaux.”

Deux travailleurs tués dans une explosion chez Gerdau au Brésil

Des travailleurs de Gerdau continuent à périr en raison de problèmes de sécurité au sein des usines de l’entreprise. Moins d’un an après un accident qui avait causé la mort de trois salariés, la même usine est à nouveau le théâtre d’une tragédie.

“C’est le quatrième accident majeur en moins d’un an dans cette usine, qui emploie environ 2.000 travailleurs. L’an dernier, cinq ouvriers sont morts à la suite de trois accidents différents, indique Jorge García-Orgales, du Comité mondial des travailleurs de Gerdau."

Cette fois, l’accident s’est produit dans la partie supérieure de la cheminée de la cokerie n°2, au cours de la maintenance d’un conduit de gaz. Deux travailleurs ont été tués, dont un externe, deux autres sont en soins intensifs dans un état grave et il y a d’autres blessés.

Le Syndicat des métallurgistes d’Ouro Branco (SINDOB, affilié à la CNTM, qui est à son tour affiliée à IndustriALL Global Union) a appelé à un arrêt de travail d’une heure dans l’usine et va réfléchir à d’autres actions dans le courant de la semaine. Le SINDOB attribue les décès au manque de maintenance préventive.

Le Coordinateur du Comité mondial des travailleurs de Gerdau et Secrétaire général de la CNM/CUT (affiliée à IndustriALL), Loricardo de Oliveira, a rapporté que le Comité appelait les travailleurs de l’ensemble des sites d’activités de Gerdau au Brésil et dans d’autres pays a se mobiliser le 23 août en solidarité avec les métallos de l’usine d’Ouro Branco et contre le travail précaire dans l’ensemble des usines.

Le Comité mondial des travailleurs de Gerdau a visité l’usine d’Ouro Branco pour la première fois en mai et a ensuite décidé d’un plan d’action pour promouvoir une politique de santé et sécurité capable de prévenir ce type d’accident.

Fernando Lopes, Directeur auprès d’IndustriALL et dirigeant syndical d’une usine de Gerdau au Brésil a déclaré :

“Ceci démontre que la politique zéro accident de Gerdau ne fonctionne pas. Après autant de décès, il est temps que l’entreprise vienne s’asseoir à la table avec les syndicats pour discuter d’une politique sérieuse de santé et sécurité au sein de ses usines.”

La Haute Cour de justice d’Israël se prononce contre la fin du droit de grève dans les entreprises publiques

L’ordonnance conditionnelle infirme une décision de justice antérieure à l’appui du droit de grève et vient en réponse à l’action collective menée par la fédération syndicale la Histadrout contre la privatisation de la compagnie d’électricité israélienne Israel Electric Corporation (IEC), dont l’Etat détient le monopole.

L’IEC emploie 12 500 travailleurs. Au cours des trois dernières années, le gouvernement a mis en place ce qui est communément appelé un programme de réforme des marchés pour mettre fin au monopole d’Etat sur la production d’électricité. Selon le plan de privatisation, la compagnie ne produira plus d’électricité et vendra ses centrales au secteur privé.

Ces réformes ont déjà coûté 800 emplois. La Histadrout s’attend à ce que la privatisation détruise entre 5 000 et 6 000 emplois. Les travailleurs de la compagnie d’électricité IEC ont participé à l’action collective des mois de juin et juillet, lors de laquelle ils ont entre autres refusé d’émettre les factures d’électricité.

En mai 2017, la Haute Cour a confirmé les décisions en faveur du droit de grève précédemment rendues par les tribunaux des prud’hommes régionaux et nationaux. Néanmoins, le gouvernement a fait appel de la décision au motif que la grève est politique et ainsi, illégale en vertu du droit du travail israélien du fait que les grévistes s’opposent à la politique gouvernementale.

Il a été soutenu dans sa démarche par les compagnies d’électricité privées, qui ont fait valoir que les grèves n’avaient pas à influer, avoir des effets dommageables ou provoquer des pertes financières.

Pour sa part, la Histadrout a fait savoir à la cour que la grève est économique et par conséquent, légale et non politique. Il s’agit d’une défense légitime des clauses et des conditions des travailleurs, et du droit du syndicat à être consulté avant que lesdites réformes soient mises en œuvre.

L’arrêt est considéré comme une tentative de remise en question sur le fond de la position des travailleurs dans la société israélienne. La cour a indiqué que le droit de grève porte atteinte aux lois anti-trust et au droit à la concurrence, empêchant le gouvernement de mettre en place des réformes favorables aux marchés.

L’issue de cette affaire aura des ramifications sur les autres services publics essentiels et sur le statut juridique du droit de grève. Les arrêts antérieurs de la Haute Cour de justice d’Israël  reconnaissent le droit de grève comme un droit fondamental et constitutionnel découlant du droit à la liberté syndicale, y compris dans les cas où la grève était menée contre les décisions gouvernementale.

Historiquement, la Histadrout, qui détient également plusieurs entreprises, et le secteur public entretenait une relation très étroite, successivement mise à mal par la libéralisation de l’économie et les modifications du droit depuis les années 1980.

Dans une lettre de solidarité adressée à la Histadrout, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, indique:

« La décision de la Cour empiéterait gravement sur les droits fondamentaux des travailleurs, dont le droit à la stabilité de l’emploi. Il est indéniable que l’une des tâches principales de la Haute Cour de justice d’Israël est de protéger les droits de l’homme, dont le droit de grève fait partie.

« IndustriALL Global Union est très préoccupé par la possibilité que de graves restrictions puisent être imposées au droit de grève. Nous croyons qu’une telle issue violerait le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que la Convention de l’OIT n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, et la Convention n° 98 de l’OIT concernant l’application des principes du droit d’organisation et de négociation collective ».

Un nouveau syndicat kirghize conclut une première convention avec un investisseur turc

Cette organisation de base du MMTUK a été créée chez Eti Bakir Tereksay en septembre 2016. Le 27 juillet, son Président, Usubaly Omurbekov, a signé la convention collective pour 2017-2018 avec le directeur général de l'entreprise.

Le Président du MMTUK, Eldar Tadjibayev, a commenté ainsi la convention :

"L'administration n'était pas prête à faire des concessions; elle devait régler plusieurs problèmes liés à la production, s'agissant notamment des licences, de la construction et des activités préparatoires. Toutefois, avec le soutien du comité central, le syndicat a pu persuader la direction d'entamer des négociations et de conclure une convention collective".

L'enveloppe sociale pour les salariés se compose notamment des éléments suivants :

Le syndicat recevra aussi 50.000 Som (720 $) de l'entreprise à titre d'aide financière mensuelle pour des activités récréatives et culturelles pour les travailleurs.

En outre, suivant la convention collective, les licenciements ne peuvent se faire qu'avec l'approbation du syndicat.

En 2015, Eti Bakir Tereksay a remporté un contrat pour l'exploitation des dépôts d'or et d'antimoine de Terekkan, Perevalnoe et Terek dans la région de Jalal-Abad au Kirghizistan. L'entreprise est détenue à 25 pour cent par l'entreprise d'exploration aurifère Kyrgyzaltyn, et à 75 pour cent par la compagnie minière turque Eti Bakir A.Ş. Cette dernière est une filiale de la grande société de holding turque Cengiz Holding A.Ş.

Suivant les termes de la soumission, après avoir obtenu la licence, l'investisseur doit lancer le projet d'exploration et d'exploitation des dépôts dans le délai d'un an. En deux ans, Eti Bakir Tereksay doit construire une usine de traitement du minerai d'or.