Afrique du Sud: le secteur minier met trop de temps à se transformer et à bénéficier aux femmes mineurs

Le NUM a indiqué que la transformation est lente alors que des lois et la Constitution soutiennent le changement. Selon une étude réalisée par le syndicat, la discrimination fondée sur le sexe est courante dans le secteur minier où les femmes représentent seulement 11 pour cent de la force de travail. Dans ce secteur, la plupart d’entre elles occupent des postes à bas salaire, offrant des possibilités de progression ou d’autonomisation moindres. Elles sont aussi victimes de harcèlement sexuel, de stigmatisation, de railleries voire d’un total mépris des différences physiques entre travailleurs de sexe masculin et féminin.

Les compagnies minières sont également réticentes à embaucher des femmes en qualité d’opératrices, de foreurs, de cheffes d’équipe ou de mineurs boutefeux. Les conditions de base, telles que les congés maternité, sont refusées et certaines mines ne fournissent pas les équipements de protection individuelle en matière de santé et de sécurité au travail, entre autres des combinaisons, des bottes, des écouteurs et des lunettes. Les femmes sont également obligées de porter de lourdes charges qui provoquent de fausses couches, des maux de dos et des douleurs à la taille. Des tests physiques, sans rapport aucun avec le rendement au travail, ont été menés sur les femmes.

Faute du soutien de leurs homologues masculins, les femmes mineurs sont obligées de fournir davantage d’efforts pour faire leur preuve.

Figurent parmi les griefs soumis à la Chambre des Mines, l’arrêt du harcèlement sexuel et de la discrimination fondée sur le sexe en matière de salaires, la promotion de l’égalité dans les entreprises, la participation et l’intégration accrues des femmes, l’acceptation des différences physiques entre les hommes et les femmes, ainsi que la fin du patriarcat et de la violence faite aux femmes sur le lieux de travail.

Phumeza Mgengo, Secrétaire nationale de la structure féminine au NUM, a déclaré:

« Aucun pays ne peut prétendre à la libération sans l’émancipation des femmes, laquelle ne devrait pas s’apparenter à un acte de charité. Nous demandons  à ce que les cadres soient formés dans le but de comprendre ce que signifient « égalité entre les sexes » et « parité des sexes de 50% ». La transformation du secteur doit avoir lieu sans faire courir le risque de faire perdre aux femmes leur droit à l’intégrité, au respect et surtout, à l’égalité ».

Fabian Nkomo, Secrétaire général d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a ajouté:

« Nous soutenons les appels du NUM à la transformation du secteur et à l’autonomisation des femmes travaillant dans les mines ».

Un syndicat coréen sécurise des milliers d'emplois pour les travailleurs contractuels de l'automobile

Une succession de grèves, de protestations et de batailles juridiques au cours d'une campagne qui a duré plus de dix ans a finalement payé pour le KMWU qui, avec son affilié le Syndicat des travailleurs irréguliers de Hyundai, a obtenu des postes permanents pour 6.000 travailleurs contractuels à la Hyundai Motor Company en Corée.

Le combat pour obtenir le statut de salarié permanent aux travailleurs irréguliers de Hyundai a débuté en 2004, lorsque le Syndicat des travailleurs irréguliers de Hyundai Motor et le KMWU ont demandé au ministère du Travail coréen de stopper le détachement illégal de travailleurs dans cette entreprise.

Cette démarche répondait à une enquête conjointe auprès des travailleurs contractuels de Hyundai Motor réalisée par le KMWU, qui révélait que près de 9.300 des 10.000 travailleurs contractuels des usines Hyundai Motor de Corée (sur un total de 60.000 travailleurs) étaient employés illégalement en sous-traitance.

La Loi sur la protection des travailleurs détachés stipule qu'il est interdit de détacher des travailleurs contractuels à des chaînes de montage dans l'industrie manufacturière. Par ailleurs, les travailleurs contractuels doivent être embauchés après deux années de travail à un même poste.

Pourtant, des milliers de travailleurs en sous-traitance sont employés sur les chaînes de production de Hyundai aux côtés de salariés réguliers. Ils utilisent les mêmes outils que leurs collègues et travaillent sous les ordres de la direction de Hyundai Motor Company, mais pour un salaire de moitié inférieur, sans prestations sociales et sans sécurité d'emploi. Beaucoup font le même travail depuis plus de deux ans. Cette forme d'emploi déguisé est très répandue dans l'industrie manufacturière de Corée du Sud.

Malgré une ordonnance du ministère du Travail reconnaissant l'illégalité du régime de sous-traitance des travailleurs dans ses usines d'Ulsan, Asan et Jeonju, Hyundai ne les a pas régularisés, préférant plutôt payer des amendes minimes. Les détachements illégaux se sont poursuivis lorsque les autorités ont choisi de ne pas poursuivre Hyundai Motor en 2005, même après que le ministère eut recommandé l'inculpation de l'entreprise.

Lorsque plus de 200 travailleurs sous-traitants ont fait grève, au début de 2005, pour réclamer des contrats permanents, 100 ont été licenciés et l'un d'eux, Ryu Ki hyuk, s'est suicidé de désespoir.

Les choses ont ensuite progressé lentement; le Syndicat des travailleurs irréguliers de Hyundai a poursuivi ses actions de protestation aux côtés du KMWU qui a poursuivi ses recours judiciaires contre l'emploi illégal de travailleurs contractuels.

Une avancée marquante a été obtenue en juillet 2010, lorsque la Cour suprême de Corée a statué en faveur de Choi Byeong-seung, un membre du Syndicat des travailleurs irréguliers de Hyundai Motor qui avait été licencié après trois années de travail pour un sous-traitant interne.

La Cour suprême a conclu que Choi était incontestablement un travailleur détaché illégalement et devait être considéré comme un employé direct de Hyundai dès le lendemain de ses deux années de travail consécutives à l'usine. Cet arrêt de la Cour suprême confirmait par la même occasion que tous les travailleurs sous-traités de Hyundai Motor étaient détachés illégalement.

Bien que Hyundai n'en ait pas tenu compte, cet arrêt de la Cour suprême a permis au Syndicat des travailleurs irréguliers de Hyundai Motor de monter une campagne de recrutement, portant ainsi son effectif à près de 2.000 adhérents.

Hyundai a répliqué en résiliant ses contrats avec ses sous-traitants, causant la perte immédiate des emplois des travailleurs irréguliers. Hyundai alla encore plus loin en insistant sur le fait que les travailleurs du nouveau sous-traitant ne seraient pris que s'ils démissionnaient du KMWU.

Cette exigence a déclenché une action de grève le 25 novembre 2010, et les travailleurs contractuels ont occupé l'usine d'Ulsan pendant 25 jours pour réclamer des emplois permanents. La direction a affirmé que cette grève lui avait coûté 21,3 milliards de wons (soit 277 millions $ à l'époque).

En août 2012, Hyundai Motor a proposé de donner des postes permanents à 3.000 travailleurs contractuels. Mais ce n'était pas suffisant pour le KMWU et Choi a protesté de manière spectaculaire en restant perché sur un pylône électrique pendant 296 jours, exigeant que Hyundai Motor Company régularise tous les travailleurs contractuels. Son action, qui a été relayée par les médias du monde entier, a incité les travailleurs contractuels à rejeter l'offre de la direction et à démarrer une vague de grèves. Par ces actions, ils ont renforcé leur organisation et leur force de négociation face à l'entreprise, tout en s'attirant aussi la sympathie du public.

En août 2014, dix ans après le début du conflit, Hyundai Motor Company a accepté de donner des postes permanents à 4.000 travailleurs contractuels, ce qui fut fait à la fin de 2015. En mars 2016 a été signé un deuxième accord confirmant l'embauche de 2.000 travailleurs supplémentaires pour la fin de 2017.

Pour le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches :

"Le combat mené par le KMWU pour régulariser les travailleurs de Hyundai Motor est un exemple sur lequel les affiliés peuvent s'appuyer pour s'opposer aux multinationales qui dissimulent le travail précaire par le biais de l'externalisation et du recours à la sous-traitance. La campagne héroïque du KMWU a mis sous les feux de la rampe le comportement de Hyundai qui a été unanimement condamné par la classe politique, la société civile et tout le mouvement syndical. C'est cette pression publique, venue s'ajouter aux actions du KMWU, qui a finalement obtenu que l'entreprise se conforme à la législation coréenne et régularise 6.000 travailleurs contractuels."

Hyundai Motor emploie maintenant 4.000 travailleurs temporaires en Corée, la plupart avec des contrats de courte durée, ce qui permet la législation coréenne. Le nouveau Président coréen, Moon Jae-in, a promis d'éradiquer le travail irrégulier mais, malgré sa détermination, ce ne sera pas chose aisée.

Iran : libérez les syndicalistes emprisonnés Reza Shahabi et Esmail Abdi

Le Syndicat des métallurgistes et des mécaniciens d’Iran (UMMI), un affilié d’IndustriALL, a publié un appel à la solidarité en faveur de la libération des militants syndicaux Reza Shahabi et Esmail Abdi, ainsi que de la fin de la répression des syndicats.

IndustriALL exhorte ses affiliés et sympathisants à apporter leur soutien à cet appel. Signez la  pétition de LabourStart ou envoyez votre propre courrier et participez à la conscientisation sur la situation en Iran. Les investissements étrangers coulent à flot dans le pays, dans le sillage de l’accord sur le nucléaire, mais le pays n’honore pas les droits syndicaux fondamentaux.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a écrit au Président de l’Iran :

“Nous avons reçu d’inquiétantes nouvelles indiquant la persécution, allant jusqu’à la détention, de travailleurs et de leaders syndicalistes pour l’exercice de leurs droits syndicaux fondamentaux. C’est dans cette perspective que nous appelons à la libération immédiate et inconditionnelle des travailleurs et travailleuses emprisonnés, dont Ismail Abdi et Reza Shahabi.

“IndustriALL Global Union, une fois encore, exhorte le Gouvernement de l’Iran à ratifier la Convention de l’OIT n° 87 sur la Liberté syndicale et la protection du droit syndical ainsi que la Convention n° 98 sur le Droit d’organisation et de négociation collective. Ceci constitue un appel sans détour pour que votre régime garantisse le droit des travailleurs et travailleuses à adhérer à un syndicat et à jouir de la protection qu’apporte la négociation collective.

“Nous attendons de votre administration qu’elle agisse promptement pour favoriser un climat propice à la promotion et au respect sans restriction des droits syndicaux.”

Reza Shahabi est le trésorier du Syndicat des travailleurs de la société de bus de Téhéran et de sa banlieue. En prison sur base politique pour activités syndicales depuis 2010, au motif de “collusion contre les services de sécurité” et “propagande”, il était en permission pour raisons médicales après avoir subi de graves mauvais traitements lors de sa détention.

On lui a refusé la prolongation de sa permission pour motif médical et il est maintenant de retour en prison. Sa détention a été prolongée de 968 jours comme suite à sa permission. Shahabi s’est joint à une grève de la faim le 9 août.

Esmail Abdi est un dirigeant de l’Association professionnelle des enseignants de Téhéran.

Il purge une peine de six ans de prison sur base de fausses accusations. Après 38 jours de grève de la faim, il a été transféré à l’hôpital mais pour être renvoyé à la prison d’Evin seulement deux jours plus tard.

Des restrictions sans précédent ont été imposées aux syndicats ouvriers au cours de cette année : en avril, Maziar Gilani-Nejad, un membre de l’UMMI, a été convoqué par le Tribunal révolutionnaire. Il a ensuite été acquitté.

Shapour Ehsani Rad, un membre du Syndicat libre des travailleurs d’Iran, a été condamné à de la prison et à recevoir des coups de fouet.

Les parties ayant fourni les cautions de Ja’far Azimzadeh du Syndicat libre d’Iran et Mahmoud Beheshti Langroudi de l’Association professionnelle des enseignants iraniens, ont été mises sous pression de sorte à forcer le retour en prison de ces syndicalistes.

Hamid Sharghi, un autre membre de l’UMMI, est en liberté conditionnelle dans l’attente de son procès. Ali Akbar Baghani, membre de l’Association professionnelle des enseignants de Téhéran est en exil. Des mandats d’arrêt ont été émis à l’encontre de Ebrahim Madadi et Daoud Razavi, membres du Syndicat des travailleurs de la compagnie de bus de Téhéran.

Dans un communiqué, l’UMMI a déclaré :

“Nous exigeons le respect de la loi et la libération de tous les prisonniers de conscience et issus du mouvement syndical. Nous soulignons que la responsabilité du bien-être de ces syndicalistes repose sur les autorités qui ont prononcé de telles sentences.

“Les menaces, les arrestations et même les exactions ne pourront pas nous éloigner de la voie que nous nous sommes tracée. Nous tenons bon dans la défense de nos principes et ferons tous ce qui est en notre pouvoir pour obtenir la libération de nos camarades.

“Les épreuves, le danger, la mort, la victoire ou l’échec sont de l’ordre du possible. Cependant, nous ne battrons pas en retraite s’agissant de défendre l’idéal des travailleurs.”

Les syndicats français réagissent à la nouvelle Loi Travail

Le gouvernement français a présenté aujourd'hui les détails de son projet de code du travail censé "libéraliser" les relations d'emploi. Cette nouvelle loi facilite le licenciement des travailleurs et permet aux entreprises de contourner les conventions collectives nationales en concluant des accords d'entreprise.

Pour Emmanuel Macron, qui avait remporté haut la main l'élection présidentielle face à la candidate de l'extrême droite Marine le Pen, dans sa forme actuelle, la loi est un frein pour l'économie française. Pendant sa campagne électorale, il avait affirmé qu'une législation du travail restrictive est la cause d'un taux de chômage de près de 10 pour cent.

Les syndicats n'en croient rien et pensent que faciliter les licenciements ne créera pas d'emplois. Le taux de chômage est la conséquence de la crise financière et des politiques d'austérité qui l'ont suivie. Le nouveau code du travail va précariser beaucoup de travailleurs, surtout chez les jeunes, et les inégalités vont se creuser.

Ce nouveau code du travail arrive dans un contexte d'attaque généralisée contre les droits syndicaux, comme on peut déjà le voir au Bangladesh, au Brésil, en Argentine, en Inde, au Pérou, en Pologne et au Royaume-Uni.

La nouvelle loi a pour objet principal de remplacer la négociation collective sectorielle par des accords d'entreprise qui pourraient se conclure sans représentation syndicale dans les petites entreprises et édulcorer ainsi les normes du travail acquises au niveau national. Ces accords d'entreprise permettraient d'instaurer des contrats de courte durée et des contrats précaires.

Il est surtout à noter que le Président Macron veut imposer le nouveau code du travail par voie d'ordonnances qui devront ensuite être ratifiées par le parlement, plutôt que de le soumettre à un processus démocratique qui pourrait réduire son impact.

La France compte cinq confédérations syndicales, dont quatre ont des membres affiliés à IndustriALL Global Union. L'ensemble du monde du travail considère que la loi Macron va affaiblir les syndicats, mais ils ont choisi differents moyens de relever ce défi. Certains y voient des aspects positifs.

Dès le départ, la Confédération générale du travail (CGT), historiquement la plus influente, est résolument opposée à la nouvelle Loi Travail. Elle a appelé à la grève générale et à des mobilisations pour le 12 septembre. La CGT étant puissante dans de nombreux secteurs clés, dont le transport, l'énergie et l'industrie manufacturière, la grève devrait avoir un impact significatif.

Boris Plazzi, de notre affilié FTM-CGT, déclare :

"Le nouveau code du travail est une attaque sans précédent contre les droits des travailleurs et contre notre modèle social. L'objectif est clair : détruire les droits collectifs et mettre en place une relation contractuelle individuelle entre le travailleur et l'employeur.

"C'est une attaque contre les syndicats. Macron crée un modèle de dumping social qui touchera tous les travailleurs et tous les syndicats en Europe et dans le reste du monde. C'est une attaque qui vise 99 pour cent."

La Confédération française démocratique du travail (CFDT) et Force ouvrière (FO) ne sont pas opposées à tous les aspects du nouveau code du travail et espèrent avoir une influence constructive par le biais de la concertation. Elles ont le sentiment d'avoir obtenu des concessions.

FO indique qu'après des mois d'intense concertation, des points de désaccord importants subsistent avec le document final, mais des succès ont aussi été engrangés :

"Nous avons réussi à repousser un certain nombre de dispositions gouvernementales",

déclare la fédération.

La CFDT pense qu'une réforme est nécessaire en raison de l'évolution des modes de production dans l'économie. Plutôt que de défendre l'emploi à vie, les syndicats pourraient obtenir une "sécurité flexible" qui permettrait le reconversion, ainsi que d'autres mécanismes de transition juste.

Mais la nouvelle loi est une occasion manquée; la CFDT est convaincue que seuls les employeurs gagnent du terrain. Dans une interview au journal Le Monde, Laurent Berger, de la CFDT, a déclaré :

"Nous sommes déçus. Peu de nos propositions ont été retenues. Nous avons le sentiment que l’on reconnaît la présence syndicale a minima sans lui donner les moyens de se déployer. Le gouvernement a raté le coche. Il y a une occasion manquée sur le renforcement du dialogue social et par ailleurs des dispositions négatives pour les salariés."

Ce sentiment est partagé par la CFE-CGC :

"Le projet de départ, qui était de simplifier le code du travail et de promouvoir l'emploi, a été perdu en route. Nous allons nous retrouver face à une réforme idéologique, sans impact sur l’emploi. C'est une énième réforme libérale qui amènera de la précarité supplémentaire et du dumping social.

"La CFE-CGC regrette amèrement que la plupart des mesures soient centrées sur la déréglementation. Où sont les dispositions relatives à la sécurité des travailleurs et celles destinées à dynamiser les entreprises ? Ce document ne facilite pas l'entrée sur le marché du travail, mais il en facilite la sortie !"

La nouvelle Loi Travail d'Emmanuel Macron s'inscrit dans le prolongement d'un texte déposé par la précédente ministre du Travail, Myriam El-Khomri, qui s'était également heurté à l'opposition farouche des syndicats, avec le dépôt, par la CGT et FO, d'une plainte auprès de l'Organisation internationale du travail pour violations des conventions 87, 98 et 158. 

Malgré sa victoire électorale, la popularité de Macron est en chute. La nouvelle Loi Travail sera le baromètre de l'accueil de ses politiques auprès du public. Les ordonnances devront être adoptées par le Parlement dans un delai de six mois pour devenir une loi. Les syndicats vont se mobiliser dans les prochaines semaines pour bloquer ou influencer le processus.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, déclare :

"Nos affiliés ont réagi différemment à la loi sur le travail en fonction du mandat que leur ont donné leurs membres.

"Nous sommes convaincus que la conjugaison de ces tactiques – grèves et négociation – enverra un message clair au gouvernement français qui doit savoir qu'on ne bâtit pas une économie au prix des droits des travailleurs.

"L'histoire nous a montré que ce qui attire l'investissement, et donc l'emploi, c'est un marché de consommation dynamique qui se construit par des conventions collectives qui offrent de bons salaires aux travailleurs, et pas par une législation qui affaiblit les syndicats."

Kazakhstan: IndustriALL exige que la sécurité soit renforcée après le décès de trois travailleurs à ArcelorMittal

IndustriALL pleure les victimes de l’explosion de la mine de charbon et se joint au syndicat des mineurs de Korgau pour exiger de l’administration de la mine de charbon qu’elle améliore les normes de santé et de sécurité.

Le syndicat qui représente les mineurs de Korgau à ArcelorMittal Temirtau est affilié à IndustriALL par l’entremise du syndicat des travailleurs de l’industrie minière et métallurgique de la République du Kazakhstan.

136 travailleurs se trouvaient à 600 mètres sous terre lors de l’accident provoqué par une explosion de méthane. Les corps des trois mineurs qui travaillaient à l’endroit de l’incident ont été retrouvés par les sauveteurs et ramenés à la surface. Trois autres travailleurs blessés ont été hospitalisés et demeurent dans un état grave. Un autre mineur fait l’objet d’un traitement ambulatoire.

La mine a stoppé ses activités et le personnel a commencé les opérations de dégazage des lieux, où la concentration de gaz atteignait 70 pour cent au lieu des 4 pour cent autorisés. Ces conditions ont fortement compliqué le travail des sauveteurs.

Une commission spéciale a été créée pour enquêter sur l’accident. Elle comprend des représentants du syndicat, de l’administration de la mine, du service des urgences de l’Etat, du ministère de la Sécurité industrielle et du ministère du Travail du Kazakhstan.

Actuellement, le syndicat communique avec les familles des victimes pour déterminer les aides financières dont elles ont besoin. Ces aides ne faisant pas partie de la négociation collective, le syndicat négociera les compensations avec l’administration.

Le président du syndicat des mineurs de Korgau à ArcelorMittal Temirtau, Marat Mirgayazov, a déclaré:

« Notre syndicat parle constamment à la direction de l’infériorité du matériel technique en général à la mine par rapport à celui des mines russes et ukrainiennes. Par ailleurs, le manque de personnel à la mine de Kazakhstanskaya de 400 travailleurs nuit également à la santé et la sécurité. Il est également important de former les employés et d’accroître leurs compétences ».

IndustriALL participe au Comité mondial conjoint Santé Sécurité avec ArcelorMittal, dont la tâche est de garantir que les activités minières et sidérurgiques de la compagnie dans le monde entier répondent à des normes de santé et de sécurité élevées.

Le secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit dans sa lettre au président du syndicat des mineurs et des métallurgistes de la République du Kazakhstan, Asylbek Nuralin:

« Nous exigeons que JSC ArcelorMittal Temirtau, qui est une filiale d’Arcelor Mittal, adopte des mesures en matière de santé et de sécurité strictes dans la mine de Kazakhstanskaya. En outre, IndustriALL Global Union prendra immédiatement contact avec ArcelorMittal pour rappeler à la société ses obligations dans le cadre du Comité mondial conjoint Santé Sécurité ».

Afrique du Sud : cinq mineurs tués dans une mine d’or

Les mineurs étaient occupés à 3.100 mètres sous terre lorsqu’un tremblement de terre a secoué la mine d’or de Kusasalethu à 90km de Johannesburg, ce 25 août. “Tous les salariés pris au piège ont maintenant été récupérés,” a communiqué l’entreprise dans une déclaration.

Les équipes de secours ont travaillé nuit et jour pour tenter de récupérer les corps des mineurs qui ont été tués lorsqu’un tremblement de terre d’1,2 point sur l’échelle de Richter a causé un effondrement de 10 mètres. Les opérations ont été entravées par d’importants blocs de roche interdisant l’accès à la section où l’incident s’était déroulé.

L’extraction de l’or en Afrique du Sud devient de plus en plus dangereuse à mesure que les mines se rapprochent de la fin de leur période d’exploitation. Selon la Chambre des Mines, à mesure que les mines sud africaines sont devenues plus profondes pour atteindre les 4.000 mètres, les risques en termes de santé et sécurité pour les mineurs se sont accentués, la tension dans la roche augmentant avec la profondeur. En outre, plus la mine est profonde, plus il faut de temps pour atteindre les tailles, ce qui handicape les efforts des secouristes.

Le but fixé par le Sommet de 2003 sur la santé et la sécurité dans les mines prévoyant pour le secteur de l’extraction aurifère d’atteindre les niveaux de sécurité internationaux pour 2013 n’a également pas été atteint.

La tragédie de Kusasalethu s’est produite à peine un mois après le décès de trois mineurs dans des circonstances similaires à la mine Tau Lekoa dans la Province du Nord-Ouest en juillet.

IndustriALL Global Union rejoint son affilié sud-africain, le Syndicat national des mineurs (NUM), en portant le deuil des cinq mineurs décédés, dont trois au moins étaient membres du NUM.

Eric Gcilitshana, Secrétaire à la santé et sécurité du NUM a déclaré : “Un des cinq mineurs décédé était âgé de 25 ans, venait de porter en terre son père le mois dernier et laisse derrière lui un fils de trois mois. C’est triste et pénible pour la famille. La vie des travailleurs doit toujours être la priorité à protéger. Un lieu de travail sûr est un lieu de travail productif. Nous sommes convaincus qu’en œuvrant collectivement, nous pouvons sauver des vies et atteindre l’objectif de zéro victime.”

Fabian Nkomo, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne ajoute : “Lorsque les mineurs se rendent au travail, ils s’attendent à pouvoir ensuite réintégrer leurs foyers pour y retrouver leurs familles. Les compagnies minières doivent garantir la sécurité des travailleurs à tout prix. C’est pourquoi nous sommes tant affectés en voyant des travailleurs continuer à périr sous terre à cause des accidents.”

Colombie : Sintracarbón dénonce l’augmentation des accidents à El Cerrejón

Le Syndicat national des travailleurs de l’industrie du charbon (Sintracarbón) a organisé une occupation pacifique du site de Coomeva, le prestataire de services de santé de la ville de Riohacha, en Colombie. Enchaînés les uns aux autres, les travailleurs ont demandé une réunion avec Coomeva et l’entreprise El Cerrejón pour discuter d’améliorations de la santé et de la sécurité au travail.

Le 23 août, l’entreprise a rencontré Coomeva et des délégués syndicaux. La réunion a vu la participation de vice-présidents de l’entreprise ainsi que de responsables de la mine de charbon, du port et du secteur de la manutention. Le syndicat a présenté des éléments photographiques probants et des données concernant les normes de l’équipement et les conditions de travail.

L’entreprise ne pratique pas le type d’exploitation minière responsable qu’elle prêche et ne respecte pas les normes de sécurité. La direction autorise toujours le recours à de l’équipement de médiocre qualité qui pose des questions en termes de maintenance,

disait le coordinateur du comité de sécurité de Sintracarbón, Igor Díaz López.

Sintracarbón a expliqué que la nouvelle politique de l’entreprise consistant à mettre l’objectif de production à un million a augmenté les cadences de travail, ce qui affecte directement les travailleurs et est à l’origine de ce nombre élevé d’accidents.

L’entreprise déclare ne pas donner la priorité à la productivité au détriment de la sécurité et du bien-être des travailleurs mais reconnaît que la situation décrite par le syndicat montre que l’entreprise “ne traite pas les questions de santé et sécurité comme elle le devrait”.

Elle a reconnu que sa nouvelle politique était une erreur et a accepté de procéder à des changements de sorte à ce que la maintenance et la production soient strictement en conformité avec les normes de sécurité. Des mesures seront prises dans l’esprit de celles suggérées par les travailleurs de manière à solutionner les problèmes. Nous espérons qu’elle va agir rapidement pour porter remède à la situation,

a conclu Díaz López.

Enfin, le directeur d'IndustriALL, Fernando Lopes, a déclaré à ce sujet:

"Nous ne pouvons pas permettre aux entreprises de continuer à fonctionner sans respecter les normes de sécurité au travail. La securité au travail est une des priorités d'IndustriALL Global Union, voilà pourquoi nous soutenons l'action de Sintracarbón".

La compagnie Grupo Mexico attaque les travailleurs de la mine Cananea pendant une manifestation

Los Mineros, affilié à IndustriALL Global Union, a indiqué que des manifestants avaient été blessés tôt dans la matinée du 21 août et que d’autres avaient été arrêtés et conduits au bureau du procureur public local.

« Les travailleurs et les ex-employés ont été violemment expulsés par les forces de sécurité privées de la compagnie, armés de matraques et d’armes que seule l’armée utilise, juste parce qu’ils protestaient au sujet du non-paiement de leur part aux bénéfices et d’autres avantages que Grupo Mexico leur doit », a expliqué le président de Los Mineros et le coprésident régional d’IndustriALL, Napoleón Gómez Urrutia.

Les travailleurs manifestent depuis un mois sur les lignes de chemin de fer permettant d’accéder à la mine pour demander au consortium de Grupo Mexico et à son propriétaire, Germán Feliciano Larrea Mota Velasco, de leur verser ce que la compagnie leur doit depuis dix ans et d’améliorer la sécurité sur le lieu de travail.

Los Mineros a publié un communiqué désavouant l’attitude de la compagnie et soulignant que cet acte de répression violait le droit de pétition et de protestation garanti par la législation mexicaine.

« Les récents événements ont fait la démonstration de la conduite agressive et répressive et des assassinats notoires de cette compagnie. Le gouvernement doit prendre des mesures dans cette situation afin d’empêcher que d’autres actes arbitraires ne soient commis », indiquait le communiqué syndical.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« IndustriALL continue de soutenir de tout son poids Los Mineros et exhorte Grupo Mexico de mettre fin à ses pratiques antisyndicales violentes ».

Zambie : Un syndicat condamne le plan de suppression de 4.700 emplois à la mine de cuivre Mopani de Glencore

Pour le syndicat, il faut arrêter ces licenciements qui n'apporteront que malheur et misère aux mineurs. Friande de suppressions de postes, l'entreprise avait déjà licencié 4.300 personnes en 2015.

MCM, dont Glencore est l'actionnaires majoritaire, avec 73,1 pour cent des parts, veut licencier ces travailleurs parce que la Copperbelt Energy Corporation (CEC) a réduit ses fournitures d'énergie de 130 à 94 mégawatts à la suite d'une hausse des tarifs de 30 pour cent pour toute l'industrie que l'entreprise refuse de payer.

Pour le gouvernement zambien, si les particuliers, qui subissent la même augmentation, paient, MCM devrait faire de même.

Plutôt que de licencier, réclame le syndicat, MCM devrait donner la priorité aux intérêts des travailleurs et suivre l'exemple d'autres compagnies minières opérant en Zambie qui ont réagi autrement à cette hausse des tarifs.

Chisimba Nkole, le Président du MUZ et du Congrès zambien des syndicats, déclare :

"Nous exhortons le gouvernement à arrêter les menaces de suppression d'emplois de MCM et à garantir l'emploi des mineurs chez Mopani. Le gouvernement a enjoint à MCM et à la CEC de négocier une augmentation de la fourniture, ce qui constitue une transaction commerciale, et le MUZ est heureux que d'autres compagnies minières aient accepté la hausse en recourant à d'autres options que la suppression d'emplois."

Kenny Mogane, le responsable régional d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, a ajouté :

"La protection des emplois et des droits des mineurs de Zambie est capitale et des compagnies comme MCM ne devraient jamais juger acceptable de sacrifier autant d'emplois. Nous appelons MCM à protéger l'emploi, respecter les droits des travailleurs et négocier son contrat de fourniture d'énergie avec la CEC sans compromettre les intérêts des travailleurs."

Un syndicat géorgien signe une convention collective solide avec une entreprise verrière turque

Le 22 août, se déroulait la cinquième série de négociations visant à signer une convention collective à l’usine de fabrication de récipients en verre Ksani (JSC MINA), détenue par le groupe turc d’emballages en verre Sisecam.

L’affilié à IndustriALL, le syndicat des travailleurs de l’industrie de la métallurgie, des mines et de la chimie de Géorgie (TUMMCIWG), a signé une convention collective comportant un ensemble important de prestations sociales. L’usine compte 220 travailleurs. La convention collective prévoit pour les membres du TUMMCIWG:

En outre, un système de prime sera lancé à partir du 1er janvier 2018. Les représentants syndicaux auront l’occasion de faire part de leurs propres observations et opinions.  

C’est la troisième convention collective signée dans le secteur de la métallurgie, des mines et de la chimie, après l’usine Rustavi Azot et de ferro-alliage à Zestafoni. La compagnie a accepté l’idée d’une convention collective après la grève d’un mois survenue en février 2016, qui avait été suivie par 170 travailleurs et avait paralysé les opérations de l’usine.

Les deux premières réunions du syndicat et de la direction de l’usine ont eu lieu en Géorgie. Cependant, en raison de la structure strictement centralisée de la compagnie Sisecam, le directeur général de l’usine s’est trouvé dans l’impossibilité de prendre une décision au sujet de la signature d’une convention collective.

Le 19 avril, le propriétaire a invité les cinq représentants du TUMMCIWG à son siège central à Istanbul, en Turquie. La réunion a permis d’effectuer un pas décisif dans les négociations, qui a abouti à la signature de la convention collective.

Le président du TUMMCIWG, Tamaz Dolaberidze, a déclaré:

« J’aimerais remercier tous ceux qui ont participé au processus de négociation collective. Je souhaiterais adresser toute ma reconnaissance à l’ensemble des employés de l’entreprise dont tout le soutien s’est fait sentir durant cette période; cela s’est avéré une grande source d’inspiration pour aller de l’avant. Je suis reconnaissant du soutien que nous a apporté IndustriALL Global Union, dont les responsables sont venus en Géorgie plusieurs fois durant les négociations collectives et se sont réunis avec l’administration ».