Des syndicats du monde entier lancent une campagne contre Glencore pour violations des droits des travailleurs

Le géant minier suisse Glencore viole systématiquement les droits humains et les législations en matière de santé et sécurité en privant ses travailleurs de leur liberté syndicale sur ses sites d’exploitation de par le monde.

Récemment, trois travailleurs ont été licenciés par Glencore en Colombie alors qu’ils étaient en congé de maladie après avoir contracté une affection sur leur lieu de travail.

De plus, le syndicat Sintracarbón, affilié à IndustriALL Global Union en Colombie, a rapporté qu’en moins d’un mois il y avait eu 13 accidents de travail à la mine de charbon à ciel ouvert Glencore de Cerrejón.

Tout démontre que le modèle d’exploitation minière responsable que la compagnie vante à cor et à cri n’est pas mis en pratique et que les normes de sécurité ne sont pas rencontrées.

indique Igor Díaz López, Coordinateur du Comité pour la Santé de Sintracarbón.

En mai 2017, la division mines et énergie du CFMEU, un affilié d’IndustriALL en Australie, est parti en grève pour protester contre les tentatives de Glencore de réduire le salaire des travailleurs et de détériorer d’autres conditions d’emploi.

Selon Chris Brodsky, Vice-président de district du CFMEU, les travailleurs sont punis et subissent des intimidations au sein de leur communauté à cause de leur opposition aux plans de l’entreprise :

Nous avons vu que des travailleurs et leurs familles sont suivis par des agents de sécurité dans leur ville de Tieri et soumis à d’autres manœuvres d’intimidation. Nos gars ne s’effraient pas facilement, mais ils sont inquiets pour leurs familles.

Dans le même temps, au Canada, les travailleurs entament une grève après que la compagnie a menacé de réduire leurs pensions. Glencore a recruté de manière illégale des briseurs de grève et a refusé de fournir au syndicat des informations vitales pour la négociation collective.

Glen Mpufane, Directeur du département des mines d’IndustriALL, déclare :

Il existe des normes internationales pour s’assurer que les multinationales coopèrent avec les syndicats en temps de crise pour en minimiser l’impact sur les travailleurs. Malheureusement, Glencore n’applique pas ces normes.

IndustriALL Global Union et ses affiliés partout dans le monde lancent une campagne pour défendre les travailleurs et travailleuses de Glencore en exigeant de l’entreprise qu’elle :

Afrique du Sud : grève contre le travail précaire dans le secteur du plastique

Chez Mpact, 140 travailleurs en sous-traitance revendiquaient un salaire égal, étant moins payés que les salariés permanents. En solidarité, les travailleurs permanents les ont rejoints dans leur revendication d’un taux équivalent à 3 dollars de l’heure, au lieu de 1,50 actuellement. Ils voulaient également que leurs emplois deviennent permanents et ne plus prester en tant que salariés de courtiers en main-d’œuvre. Après une récente victoire judiciaire du NUMSA, les courtiers en main-d’œuvre ne peuvent plus employer de travailleurs pendant plus de trois mois. Si ce devait être le cas, ceux-ci deviendraient salariés permanents sur leurs lieux de travail.

Le NUMSA commente : “Nous rendons hommage aux salariés permanents de Mpact pour l’expression de leur soutien à leurs camarades en embrayant sur une grève de solidarité”.

Chez Flexible Plastics les travailleurs étaient payés 0,69 dollars de l’heure pour un total de 122 dollars par mois. C’est en dessous du salaire minimum national tel qu’il est proposé à 270 dollars et qui entrera en vigueur à partir de mai 2018.

Selon la NMWRI (Initiative de recherche sur le salaire minimum national) de l’Université de Witwatersrand, à Johannesburg, un salaire de 318 dollars est nécessaire pour amener les travailleurs et les personnes à leur charge au-dessus du seuil de pauvreté. Les études de la NMWRI ont conclu qu’environ cinq millions et demi de travailleurs d’Afrique du Sud, qui comptent parfois chacun jusqu’à dix membres de leur famille à charge, étaient des “travailleurs pauvres” en raison des bas salaires.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, Fabian Nkomo, a déclaré : “Nous soutenons l’appel du NUMSA en faveur d’emplois permanents, d’une revalorisation des salaires et d’une amélioration des conditions de travail dans le secteur du plastique”.

IndustriALL dépose plainte auprès de l’OCDE contre le producteur d’acier Ternium

Sitraternium, qui est affilié à IndustriALL par le biais du syndicat FESTRAS au Guatemala, lutte pour sa reconnaissance par Ternium depuis qu’il a été officiellement enregistré en mars 2012. Les travailleurs se sont regroupés pour se syndiquer après avoir été menacés de licenciement pour avoir fait connaître leur préoccupation face à de longs temps de travail, des bas salaires, l’absence de congés dignes de ce nom et une couverture de soins de santé insuffisante.

Au départ, l’entreprise avait mis dehors l’ensemble des 27 membres fondateurs de Sitraternium mais a ensuite été contrainte par les tribunaux de les réintégrer. L’entreprise a essayé à plusieurs reprises d’empêcher la reconnaissance du syndicat jusqu’à ce que finalement la Cour Suprême du Guatemala confirme la légitimité de Sitraternium en février 2015.

En dépit de cet arrêt et de nombreux appels au dialogue de la part du Ministère du Travail, Ternium continue à braver la loi en refusant de négocier avec le syndicat. Bien que le Ministère exprime sa sympathie au syndicat, il s’est abstenu de sanctionner Ternium pour sa conduite illégale. Le Guatemala est sur la liste des dix pires endroits pour les travailleurs dans l’Indice des droits dans le monde 2017 de la Confédération syndicale internationale.

En février de cette année, un inspecteur du Ministère du Travail a constaté que Ternium avait imposé de manière illicite une politique de dépistage obligatoire de l’alcool et des drogues après que les travailleurs ont été informés qu’ils seraient suspendus s’ils ne participaient pas au dépistage ou renvoyés s’ils étaient positifs. Un jour après que le Ministère a ordonné par écrit à l’entreprise de mettre fin à cette politique, Ternium a renvoyé trois travailleurs qui avaient refusé le dépistage.

Les syndicats appartenant au Conseil mondial des travailleurs de Tenaris Ternium sont abasourdis par la façon dont Sitraternium est traité sachant qu’en règle générale, Ternium et Tenaris entretiennent des relations normales avec les syndicats présents au sein de leur usines des autres pays. Ternium et Tenaris appartiennent au conglomérat Techint.

Ternium, dont le siège se situe au Luxembourg, un pays membre de l’OCDE, est l’une des plus grandes entreprisse sidérurgiques d’Amérique latine avec plus de 19.000 travailleurs occupés dans ses sites de production du Guatemala, du Mexique, d’Argentine, du Brésil et de Colombie ; elle est également présente aux États-Unis.

Le Secrétaire général d’IndustriALL’s, Valter Sanches, a déclaré :

Ternium dit vouloir être leader de la sidérurgie aux Amériques. Il est clair que l’entreprise ne fait pas preuve de leadership dans la façon dont elle traite ses salariés au Guatemala. Ternium a usé de toutes les ficelles possibles pour éviter de négocier avec Sitraternium. En introduisant une plainte auprès de l’OCDE, nous voulons montrer que les droits des travailleurs de Ternium au Guatemala ne peuvent pas continuer à être violés.

La plainte est déposée auprès du Point de contact national de l’OCDE au Luxembourg par IndustriAL, Sitraternium et la branche canadienne de l’affilié nord-américain d’IndustriALL, les Métallos USW.

Quatre morts dans un charbonnage au Pakistan

Les charbonnages du Pakistan sont parmi les lieux de travail les plus dangereux du monde.

En l’absence de conditions de travail sûres, on déplore de fréquentes pertes en vies humaines. Ce 8 septembre, des gaz délétères ont soudainement envahi l’espace dans les profondeurs de la mine, tuant quatre travailleurs et en laissant deux autres dans un état critique.

Dans un passé récent, les affiliés d’IndustriALL ont fait état de nombreux accidents miniers et ont appelé le gouvernement du Pakistan à améliorer la sécurité dans les mines.

Sultan Muhammad Khan, Président du Conseil d’IndustriALL pour le Pakistan (IPC) et Secrétaire général de la Fédération syndicale des mines du Pakistan (PCMLF) a déclaré :

“Nous condamnons fermement ces décès évitables. Le gouvernement doit mettre la vie des mineurs au-dessus des bénéfices. Nous appelons le gouvernement à prendre des mesures immédiates pour améliorer la sécurité au sein des mines au Pakistan.”

Glenn Mpufane, directeur du département des mines d’IndustriALL a indiqué :

“La négligence constante du gouvernement pakistanais conduit à de fréquents décès de mineurs. Les mines du pays se muent en tombes. IndustriALL réitère son exigence de voir le Pakistan ratifier et mettre en œuvre immédiatement la Convention 176 de l’OIT sur la Santé et la sécurité dans les mines.”

Les travailleurs des zones franches de République dominicaine obtiennent une hausse historique du salaire minimum

Cet accord est le fruit de mois de négociations entre les organisations de travailleurs et d'employeurs FEDOTRAZONAS, FENATRAZONAS, FUTRAZONA and UNATRAZONAS et est une grande victoire pour plus de 100.000 travailleurs employés par les entreprises des zones franches d'exportation.

Il a été adopté lors d'une réunion spéciale du Comité national des salaires, le 6 novembre, et prendra effet le 1er octobre avec une première augmentation de 15 pour cent, suivie d'une autre de 5,33 pour cent le 1er janvier 2018 pour atteindre la somme de 10.000 pesos dominicains par mois (210 $).

L'accord comporte aussi des dispositions pour remettre en activité la Commission tripartite créée par le Décret du pouvoir exécutif dans le but de susciter des initiatives pour l'amélioration de la qualité de vie des travailleurs.

"C'est la première fois depuis plusieurs décennies que nous obtenons une hausse de cette importance," déclare Mayra Jiménez, la coordinatrice du Conseil national de République dominicaine d'IndustriALL.

"Malgré cette augmentation bien supérieure à l'inflation de 5,4 pour cent, le salaire minimum dans les zones franches d'exportation reste très fragile. Nous espérons donc pouvoir continuer à compter sur le soutien, la solidarité, l'aide et la détermination de notre grande famille mondiale d'IndustriALL dans notre combat pour une rémunération décente."

IndustriALL soutient le combat pour la rémunération décente des travailleurs du secteur dans les zones franches en République dominicaine; il a dispensé une formation et fourni une assistance pour élaborer des stratégies de renforcement de leur action et de leurs capacités de négociation dans le but d'améliorer leur qualité de vie grâce à de meilleurs salaires.

Pakistan : peu de changement cinq ans après l’incendie meurtrier

L’Association des victimes de l’incendie de l’usine d’Ali Enterprises (AEFFAA) et la Fédération nationale des syndicats (NTUF) ont tenu un rassemblement ce 11 septembre devant l’usine où l’incendie a eu lieu.

Les orateurs ont indiqué que justice n’a pas été rendue pour les victimes, puisque les propriétaires de l’usine ont été blanchi de toutes les accusations. Au moment de l’accident, il n’y avait aucune sortie de secours dans l’usine et le seul accès a été verrouillé après le départ de l’incendie. L’absence d’alarmes incendie a contribué au grand nombre de morts.

Alors que des enseignes locales et internationales ainsi que l’employeur sont directement responsables des accidents dans ces usines, la négligence des autorités gouvernementales les a aidés à s’en sortir.

Les représentants de l’AEFFAA ont indiqué que bien que l’entreprise allemande KiK, qui était le commanditaire de la majorité des produits d’Ali Enterprises, a versé 5,15 millions de dollars à l’Organisation Internationale du Travail après avoir conclu un accord avec IndustriALL Global Union et la Campagne Clean Clothes en 2016, il y a des contentieux autour du versement des indemnisations.

Nasir Mansoor, président de l’affilié d’IndustriALL NTUF a déclaré :

“Le gouvernement n’a pas tiré les leçons de cet incendie. Des emplois précaires et des conditions de travail dangereuses sont toujours la norme. Une majorité d’usines n’autorisent pas les travailleurs et travailleuses à former des syndicats, qui peuvent contribuer à améliorer la sécurité sur le lieu de travail. Les employeurs forcent les travailleurs et travailleuses à prester au-delà de leur poste de huit heures, ne leur fournissent pas de contrats de travail écrits et ne les enregistrent pas auprès des institutions de sécurité sociale et de retraite. Cela doit changer.”

Christina Hajagos-Clausen, directrice du département textile et habillement d’IndustriALL ajoute : “Le gouvernement du Pakistan devrait prendre des mesures immédiates pour améliorer la sécurité au sein des usines de confection. Le droit des salariés à former des syndicats doit être respecté et favorisera la résolution de nombre de problèmes auxquels les travailleurs et travailleuses sont confrontés.”

Les syndicats mondiaux appellent davantage de marques à signer l’Accord Bangladesh 2018

IndustriALL et UNI ont écrit aux marques Parties à l’Accord existant mais n’ayant toujours pas signé le nouvel accord pour leur demander de le faire. A ce jour, 30 marques ont signé l’Accord 2018, intégrant plus de 1 160 ateliers textiles bangladais dans le champ d’application du nouvel accord.

Les deux syndicats mondiaux demandent aux marques de souscrire à l’Accord d’ici au 5 octobre 2017, à savoir à temps pour la Journée mondiale d’action pour le travail décent du 7 octobre.

« Nous devons poursuivre le travail que nous menons au Bangladesh étant donné que l’Accord constitue la seule option crédible pour garantir l’intégrité structurelle des ateliers textiles et la sécurité incendie en leur sein », a indiqué Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL. « Un nombre insuffisant d’usines ont été entièrement réhabilitées et trop de problèmes de sécurité menaçant la vie des travailleurs demeurent irrésolus ».

Les syndicats, les organisations non gouvernementales et les marques ont annoncé la conclusion du premier Accord Bangladesh lors des semaines qui ont suivi l’effondrement du Rana Plaza en 2013, coûtant la vie à plus de 1 100 travailleurs et faisant 2 500 blessés.

Dans le cadre du premier Accord, des ingénieurs ont effectué des inspections de la sécurité incendie, électrique et structurelle dans plus de 1 800 usines qui leur ont permis d’identifier 118 500 risques, dont 79% ont été réparés.

« La transparence et la responsabilité sociale dans les chaînes d’approvisionnement évoquées par de nombreuses marques s’apparentent seulement à de belles paroles en l’absence d’une obligation de rendre compte des actions entreprises », a déclaré Christy Hoffman, Secrétaire générale adjointe d’UNI. « L’Accord Bangladesh est la seule plateforme juridiquement contraignante existante. Son bilan en matière de réhabilitation des bâtiments et ainsi, de sauvetage des vies humaines confirme l’efficacité de ce modèle ».

Le nouvel Accord 2018 entrera en vigueur après que l’Accord 2013 ait pris fin en mai 2018. Il prend appui sur les résultats du premier Accord, et maintient le cadre novateur et juridiquement contraignant ainsi que l’engagement à l’égard de la transparence. Il contient de nouvelles protections en faveur des travailleurs et veille à ce que davantage d’usines soient inspectées et rénovées pour répondre aux nouveaux fournisseurs travaillant pour les marques signataires.
 
Une fois en vigueur, l’Accord 2018 aura notamment pour tâche importante de faire en sorte de transmettre ses fonctions à une autorité de contrôle nationale compétente. IndustriALL et UNI se sont engagés à collaborer avec le Gouvernement du Bangladesh et l’Association des fabricants et des exportateurs de vêtements bangladais (BGMEA) ainsi qu’à les soutenir pour veiller à ce que cette passation se produise le plus rapidement possible.

Brésil : un syndicat de mineurs défend les réserves de l'Amazonie

Le 23 août, le Président conservateur brésilien Michel Temer a abrogé le statut de réserve d'une partie de la forêt tropicale amazonienne, permettant ainsi aux compagnies minières de la mettre en exploitation. La Réserve nationale de cuivre et associés (Renca) couvre 46.000 km², une superficie supérieure à celle du Danemark.

Cette réserve est réputée abriter d'importantes réserves de cuivre, d'or, de minerai de fer, de tantale, de nickel et de manganèse. Plus d'une vingtaine de compagnies minières brésiliennes et internationales ont manifesté leur intérêt pour l'exploitation de cette région.

La semaine dernière, un juge fédéral brésilien a ordonné l'arrêt temporaire du projet. Cependant, les militants pensent que le Président Temer le fera adopter par le Congrès.

Le Brésil a connu une horrible succession de tragédies minières qui lui laisse un sinistre héritage. En 2015, un barrage avait cédé à la mine Samarco de Mariana, faisant 19 morts, déplaçant 500 personnes et contaminant le cours d'eau.

Notre affiliée, la Confederacão Nacional dos Ramos Quimicos da Central Unica dos Trabalhadores (CNQ-CUT), a exprimé son opposition au projet du Président Temer.

Dans son communiqué, la CNQ-CUT, déclare :

"Le cœur de la forêt amazonienne, dont l'importance ne se limite pas à l’environnement national, mais qui exerce aussi une grande influence sur la dynamique du climat de la planète, a été aboli d'un coup de plume par l'usurpateur Michel Temer.

"Les grandes compagnies minières ont eu connaissance à l'avance d'informations réservées sur l'initiative du gouvernement. La population n'a pas du tout participé à la discussion. Les mouvements environnementaux, sociaux et la communauté locale n'ont pas été consultés.

"Il n'y a eu aucun débat; le seul bénéficiaire sera le marché. Il faut un débat sur le modèle de développement économique et social que le pays veut adopter. Les initiatives qui donnent la priorité à l'extraction des ressources et matières premières pour les marchés étrangers relèvent d'un modèle rétrograde et d'un autre âge qui ne favorise que la concentration des richesses.

"Le Brésil a connu de nombreuses tragédies minières. Nous parlons de travailleurs mutilés et contaminés à cause de la négligence des entreprises, de la déforestation, de la pollution des rivières, du prix social que paient les populations par les violations des droits de l'homme, un manque d'accès à l'eau potable, etc.

"L’environnement subit des dégâts irréparables dont pâtiront les générations futures. C'est "l'héritage maudit" de la ruée vers l'or de la Serra Pelada et toutes les régressions sociales et environnementales qui y sont associées. Ou celui de Mariana, et de ce grand crime qui reste impuni."

Pour la CNQ-CUT, s'ils veulent défendre l'Amazonie, les militants doivent s'opposer au gouvernement Temer et aux entreprises qui le soutiennent.

Le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré :

"Faire d'une grande partie de la forêt tropicale de l'Amazonie une concession minière serait un désastre. Les mineurs veulent des emplois, mais pas au détriment de l’environnement naturel et des communautés indigènes qui y vivent.

"Nous avons besoin d'une industrie minière qui offre des emplois sûrs, écologiquement durables et respectueux des cultures. Nous appelons le monde entier à soutenir la CNQ-CUT dans sa défense de la forêt, et à s'opposer à la prise du contrôle du Brésil par les entreprises grâce au gouvernement Temer."

Depuis 1970, plus de 19 pour cent de la forêt tropicale amazonienne ont été détruits par l'activité économique. La destruction de la forêt tropicale contribue au changement climatique. L'Amazonie produit quelque 20 pour cent de l'oxygène de la planète.

Proposition de convention de l’OIT contre la violence sexiste au travail : agissez maintenant !

À la suite d’une campagne de longue haleine de la part du mouvement syndical international, le Conseil d’Administration de l’OIT a mis à l’ordre du jour de la Conférence internationale du Travail de juin 2018 un point sur la violence et le harcèlement contre les femmes et les hommes dans le monde du travail avec pour objectif la mise au point d’une norme internationale du travail.

Obtenir une règle contraignante serait une grande victoire mais ne sera pas facile et IndustriALL ainsi que ses affiliés devront travailler ensemble pour y arriver. Il est très probable que les associations patronales et différents gouvernements voudront plutôt opter pour une directive faible et non-contraignante.

C’est la raison pour laquelle nous devons agir maintenant !

L’OIT a récemment envoyé à ses États membres un questionnaire pour avoir leur point de vue sur la forme (Convention contraignante ou Recommandation) et le contenu de l’instrument de l’OIT à venir, après consultation des organisations de travailleurs et d’employeurs les plus représentatives.

IndustriALL appelle ses affiliés à :

Il n’existe toujours pas de législation au niveau international qui fixe une base pour agir afin éradiquer la violence et le harcèlement, y compris sur base sexiste, au sein du monde du travail. Les normes existantes ne définissent pas ce qu’il faut entendre par violence ou harcèlement ni ne donnent d’indications sur la manière d’en traiter les différentes formes. Seuls quelques pays offrent une large protection contre la violence et le harcèlement au sein du monde du travail.

Au bout du compte, la norme adoptée par l’OIT pourrait être un instrument contraignant, que l’on désigne par le terme de Convention, une directive non-contraignante, que l’on désigne par le terme de Recommandation, ou une Convention accompagnée d’une Recommandation.

IndustriALL Global Union avec l’ensemble du mouvement syndical préconise l’adoption d’une Convention de l’OIT exhaustive renforcée par une Recommandation, avec un fort accent mis sur la prévention, la prise en compte et la remédiation de la violence sexiste dans le monde du travail.

Bien qu’à la fois les hommes et les femmes puissent connaître la violence et le harcèlement sur le lieu de travail, les relations de pouvoir inégales au sein de la société et au travail font souvent que les femmes sont plus exposées aux abus. La violence sexiste est une forme de violence dirigée contre toute personne sur base de son identité sexuelle. Les femmes, ainsi que toute personne ne se conformant pas aux stéréotypes sexuels dominants ou ceux et celles qui se conforment pas au rôle socialement accepté pour leur sexe, sont les principales victimes de la violence sexiste.

Les syndicats demandent que le Swaziland bénéficie à nouveau du régime de l’AGOA

Le Swaziland a été suspendu au niveau de l’AGOA en janvier 2015 pour cause de non-respect des droits des travailleurs et des droits de l’Homme, illustré par le refus d’enregistrer ATUSWA et TUCOSWA. En outre, la Loi sur les relations industrielles, la Loi anti-terroriste et la Loi sur l’ordre public comportaient des articles qui restreignaient les libertés de réunion, d’expression et d’association. Le recours aux forces de sécurité pour écraser les manifestations pacifiques et les arrestations arbitraires étaient également jugés préoccupants. Bien que certains des articles incriminés aient été supprimés, beaucoup reste à faire.

La réunion a exhorté le gouvernement à respecter les normes internationales du travail ainsi que les droits de l’Homme, la démocratie et la primauté du droit. Le recours au dialogue social, y compris la participation active des parties prenantes à l’élaboration et à la mise en œuvre des stratégies d’utilisation de l’AGOA, a été également recommandé. En outre, une attention particulière a été placée sur l’intégration des petites entreprises et des coopératives autochtones swazi, plutôt que des seules multinationales, au programme de l’AGOA.

La décision de demander la réadmission du Swaziland au programme de l’AGOA n’a pas été prise à la légère, mais fait suite à des consultations poussées et à une évaluation conduites par TUCOSWA, dont la participation au processus de l’OIT visant à examiner la conformité du Swaziland avec les normes internationales sur les droits des travailleurs.

Dans un communiqué de presse publié après la réunion, les syndicats ont déclaré:

« Nous soutenons la réadmission du Swaziland au programme de l’AGOA parce qu’elle sauvera non seulement des emplois mais créera des milliers d’emplois supplémentaires dans le secteur textile et l’industrie du vêtement, ainsi que dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Dans le cadre de la lutte que nous menons pour un travail décent, ces emplois constituent une bouée de sauvetage importante pour les jeunes femmes, qui représentent plus de 90% des travailleurs dans ce secteur. En demandant la réintégration du pays au régime de l’AGOA, nous aidons le gouvernement du Swaziland à protéger et à créer des emplois, ainsi qu’à développer une politique industrielle durable. L’industrie manufacturière est stratégiquement placée pour jouer un rôle en matière de création d’emplois; et les politiques gouvernementales doivent encourager les investissements étrangers directs ».

Plus de 17 000 emplois ont été touchés par la suppression des avantages offerts par l’AGOA, dont les exportations en franchise de droits vers les Etats-Unis.

La réunion s’est déroulée en complément au programme pour les jeunes travailleurs soutenu par IndustriALL, dans le cadre duquel les jeunes ont participé aux campagnes de syndicalisation dans les usines textiles de Nhlangano, situées à quelque 92 km de Manzini, où ils se sont adressés à 2 000 travailleurs, principalement des femmes, durant l’heure du déjeuner, en insistant sur la nécessité d’adhérer au syndicat comme le moyen de renforcer la lutte pour obtenir un salaire minimum vital et des meilleures conditions de travail.

ATUSWA est affilié à TUCOSWA au niveau national et à IndustriALL au niveau mondial.