La campagne visant à mettre fin aux violences faites aux femmes marque des points dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA)

La Jordanie et la Tunisie ont adopté, cet été, une législation importante renforçant la protection des femmes, alors qu’au Maroc, le parlement examine actuellement un projet visant à mettre en place une nouvelle institution pour l’égalité. Les affiliés à IndustriALL ont participé à ces processus.

Le réseau régional des femmes d’IndustriALL dans la région MENA a lancé une campagne visant à mettre fin aux violences faites aux femmes en août 2016. Lors de sa dernière réunion à Casablanca, les 28 et 29 août 2017, le réseau a déclaré que l’adoption de ces nouvelles lois était une victoire importante pour l’avancement et la protection des droits des femmes.

Le texte adopté par le Parlement tunisien en juillet 2017 reconnaît non seulement les violences physiques mais également celles psychologiques et économiques. Il renferme des mesures pour protéger et venir en aide aux victimes. Il reconnaît le rôle des médias et de l’éducation en matière de prévention de la violence. Surtout, il abroge une disposition très controversée du Code pénal qui permettait à un violeur d’échapper à toutes poursuites s’il épousait sa victime mineure. En août, la législation jordanienne abrogeait cette même disposition.

En Tunisie, les affiliés à IndustriALL ont commencé à sensibiliser leurs membres à la nouvelle loi et indiqué souhaiter travailler sur sa mise en œuvre comme prochaine étape. Selon une étude réalisée par un organisme public tunisien en août dernier, 54 pour cent des femmes tunisiennes sont victimes de différentes formes de violence, que ce soit dans les espaces publics, au travail, à l’école ou dans les sphères économiques et politiques. Les participants à la réunion du réseau régional MENA d’autres pays, dont la Palestine, la Jordanie, le Bahreïn et le Maroc, ont également dénoncé les violences continues perpétrées contre les femmes sur leurs lieux de travail dans leurs pays respectifs ainsi que l’absence de déclaration de la majorité des actes de violence du fait que cette question demeure un tabou. Les syndicats ont fait part de leurs actions de lutte contre les violences sur leurs lieux de travail.

«  Les femmes sont victimes de harcèlement partout où elles se trouvent: chez elles, dans la rue, dans les taxis, au travail… les mentalités doivent changer! La violence à l’égard des femmes est inacceptable. En tant que syndicats, nous continueront à lutter pour y mettre fin », a déclaré Latifa Benwakrim, membre du syndicat marocain des travailleurs/euses du secteur de l’énergie, SNIPGN-CDT, et coordinatrice régionale du réseau régional des femmes d’IndustriALL dans la région MENA.  

La campagne visant à mettre fin aux violences contre les femmes s’inscrit dans une stratégie plus large menée par le réseau régional et les réseaux nationaux des femmes d’IndustriALL dans la région MENA visant à promouvoir l’égalité des droits et le leadership des femmes sur le lieu de travail et au sein des syndicats. Les participants à la réunion de Casablanca ont fait part des mesures prises et des formations organisées l’an dernier en Egypte, en Jordanie, en Iraq, au Maroc et en Tunisie pour améliorer les connaissances des femmes syndiquées sur les droits syndicaux et des travailleurs. Outre la campagne menée pour que le gouvernement tunisien ratifie la Convention n° 183 de l’OIT sur la protection de la maternité, les syndicats en Tunisie se battent pour une meilleure intégration des femmes dans les structures décisionnelles syndicales sous le slogan « Les femmes syndicalistes sont des dirigeantes efficaces ». Au Maroc, les syndicats continuent de discuter et d’influer sur un projet de loi qui établira une nouvelle institution pour l’égalité.

Le réseau a décidé de poursuivre sa campagne visant à mettre fin aux violences à l’égard des femmes et de l’associer avec la campagne internationale en cours pour une Convention de l’OIT contre les violences sexistes au travail. Le réseau s’efforcera également d’améliorer la coordination en son sein pour renforcer la campagne. Les affiliés produiront des outils régionaux, tels que des dépliants et des vidéos, pour promouvoir la campagne. 

Construction d’un réseau de jeunes travailleurs en Afrique australe

Soutenu par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung, la réunion a discuté de la question du développement de syndicats puissants grâce à l’organisation et au recrutement d’un nombre plus important de travailleurs. L’organisation des travailleurs porterait sur leurs problèmes quotidiens, tels que les bas salaires et les mauvaises conditions de travail. Il faudrait alors intensifier la lutte contre les bas salaires dans les secteurs du textile et de l’habillement au Lesotho et au Swaziland, ainsi que la campagne pour un salaire minimum vital en Afrique australe.

Les affiliés du Mozambique ont participé à l’atelier pour la première fois, renforçant le réseautage et la coordination au niveau régional.   

La réunion a également soutenu les avantages en retour de l’application de la loi américaine en faveur de la croissance de l’Afrique et son accès aux marchés (AGOA) au Swaziland qui devraient permettre de récupérer les emplois perdus et de meilleurs salaires. Les participants ont convenu que les travailleurs migrants devaient jouir des mêmes avantages que les autres travailleurs.

Ils ont également décidé d’appeler leurs gouvernements à respecter les droits des travailleurs et les droits de l’homme, ainsi qu’à appliquer la Charte africaine de la jeunesse portant sur l’éducation et le développement des compétences, l’élimination de la pauvreté, l’emploi des jeunes et le développement durable.

Protéger les emplois en cas de compression des dépenses dans l’industrie minière et les autres secteurs était un must. Selon les participants, cette capacité a montré le besoin de conclure des conventions collectives protégeant les intérêts des travailleurs. Il a également été décidé que les syndicats devraient continuer à lutter contre le travail précaire et les emplois sous-traités par l’entremise des courtiers de main-d’œuvre.

En présentant les activités des sociétés multinationales et en expliquant les accords commerciaux, l’éducation des travailleurs devrait aider les syndicats à lutter efficacement contre le capital mondial.

Les participants ont insisté sur l’importance de s’attaquer aux inégalités entre les sexes, de mettre un terme au harcèlement sexuel sur les lieux de travail et de faire campagne en faveur de la protection de la maternité ainsi que de la santé et de la sécurité au travail. Il a également été convenu qu’une plus grande sensibilisation au VIH et au sida était indispensable face à la poursuite de l’épidémie touchant davantage les jeunes adultes.

Les participants ont conclu que la survie des syndicats dépendait également de la compréhension des politiques économiques ayant créé des emplois durables. Par exemple, la diversification vers l’industrie manufacturière a généré davantage d’emplois que la dépendance au seul secteur minier et cela, conformément à la Vision pour le secteur minier de l’Afrique.

Sarah Flores, chargée de projets et de la jeunesse à IndustriALL, a déclaré:

« Un fort sentiment de solidarité transfrontalière a émergé entre les jeunes responsables durant l’atelier. Alors qu’ils discutaient des différentes luttes auxquelles ils font face, ils sont arrivés à la conclusion qu’aucune amélioration au niveau local ne peut être maintenue si le niveau régional en est exclu.

La compréhension de la nécessité de solidarité entre les syndicats sera, sans aucun doute, un élément moteur au sein du réseau des jeunes de l’Afrique australe et de leur combat pour la justice économique et sociale ».

La solidarité inconditionnelle du peuple mexicain guide les opérations de secours après le tremblement de terre

Dans le centre de la capitale mexicaine, le tremblement de terre a provoqué l’effondrement d’un bâtiment qui abritait un atelier de confection et un point de vente au détail de Línea Moda Joven S.A. de C.V. L’équipe de secours est composée presqu’entièrement de bénévoles et de voisins.

Humberto Montes de Oca Luna, membre du syndicat des travailleurs/euses du secteur de l’électricité (SME), a déclaré:

Le jour du tremblement de terre, nous avons intégré, avec le SME, plusieurs équipes afin d’apporter notre aide. Nous avons installé des lampes dans les zones de secours pour faciliter les recherches, alors que d’autres collègues dégageaient les décombres. Nous sommes parvenus à secourir entre trois et cinq personnes encore vivantes… mais nous avons également découvert les corps de sept victimes.

Les médias ont signalé que la maison de mode Sarah Bustani avait obligé ses employés à travailler malgré la fermeture du bâtiment par les services de protection civile l’ayant considéré comme dangereux. Les pompiers se sont rendus dans les locaux de la compagnie pour tenter d’empêcher les employés d’entrer dans le bâtiment en raison des risques, mais sans succès.

Les étudiants ont mis au point une application Travailleurs à risque pour identifier les bâtiments dangereux et aider les travailleurs contraints de retourner au travail à porter plainte.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré:

IndustriALL, par le biais de ses affiliés et alliés, est solidaire avec le peuple mexicain. La catastrophe a dévoilé de graves violations qui sont la conséquence directe des inspections inefficaces à l’origine du non-respect de la loi sur l’état des bâtiments et des usines. Nous demandons à tous nos affiliés de rester solidaires dans cette phase de rétablissement des victimes confrontés à des pertes matérielles et personnelles.

Les syndicats de l’automobile indiens vont renforcer le dialogue social et la puissance syndicale

Cet atelier et cette réunion de planification stratégique ont vu la participation active de délégués syndicaux en provenance à la fois des constructeurs automobiles indiens et multinationaux des pôles industriels de Chennai, Bangalore, Pune et Gurgaon.

Les délégués syndicaux ont souligné l’espace réduit pour le dialogue social dans le secteur automobile. Le manque de reconnaissance du fait syndical, tout aussi bien que de confiance et respect ou de sécurité d’emploi ainsi qu’un espace restreint pour évoquer le travail précaire ou encore le manque de transparence par rapport aux informations propres aux entreprises handicapent un dialogue social efficace.

Georg Leutert, Directeur du département automobile d’IndustriALL indique :

Le dialogue social est primordial pour établir un développement économique équitable. Il offre un partenariat et une dignité aux salariés et est porteur de sens du point de vue des affaires. Étant donné la présence massive du travail précaire et de bas salaires au niveau des entreprises automobiles indiennes, il n’y aura pas de progrès si nous en restons là. Nous avons besoin d’une force syndicale unie pour nous assurer nos droits.

Les participants ont également souligné que la législation du travail offre un espace pour les droits syndicaux mais que son absence de véritable application et une administration passive entravent le dialogue social.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL a déclaré :

Il est choquant de constater que les travailleurs et travailleuses précaires forment la masse des salariés au sein des entreprises automobiles en Inde. Cela doit changer : les travailleurs et travailleuses sont confrontés à un énorme défi pour s’assurer leur droit à la liberté syndicale et à la négociation collective.

IndustriALL salue, encourage et soutient l’initiative consistant à bâtir la structure d’un réseau unifié destiné à faire avancer la cause des travailleurs en matière de coopération, d’unité et de solidarité. C’est la meilleure manière de combattre les entreprises qui essaient de monter les travailleurs les uns contre les autres.

Des représentants des directions d’entreprises comme Bharat Benz, Ford India, Skoda, BMW et Volkswagen étaient présents. S’agissant du travail précaire, ils ont indiqué que tous les acteurs du secteur automobile, y compris les principaux constructeurs, devraient se retrouver autour d’une table pour déterminer une position commune afin de dire stop au travail précaire.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL a déclaré :

Il y a très peu de femmes au sein de l’industrie automobile en Inde. Il faut qu’il y ait un environnement propice dans les usines pour encourager le recrutement de davantage de travailleuses.

Débattant des questions de santé et sécurité professionnelles, les délégués syndicaux ont souligné le besoin de construire une capacité et une compétence syndicale afin de pouvoir agir. Les participants ont décidé de renforcer le réseau, de partager les informations et de bâtir des structures organisationnelles pour améliorer la solidarité entre les syndicats de l’automobile.

Ils ont exprimé leur solidarité avec les travailleurs de Maruti Suzuki emprisonnés et ont résolu de soutenir les efforts visant à obtenir leur libération.

R Kuchelan de l’affilié d’IndustriALL WPTUC a déclaré  :

Félicitations à IndustriALL pour avoir réuni les représentants syndicaux de l’automobile, car une action coordonnée est nécessaire. Des évolutions technologiques rapides au sein du secteur automobiles et l’introduction de véhicules électriques posent des défis en termes de sécurité et de volume d’emploi. Une action syndicale unie est primordiale pour défendre les droits des travailleurs au niveau du secteur automobile indien.

Cette rencontre était organisée avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert. Les participants ont également visité l’usine Daimler India située à Oragadam pour y tenir des discussions avec des responsables de l’entreprise et des délégués syndicaux.

Le Comité d'entreprise européen et le Comité syndical mondial de SKF se développent et se renforcent

Pendant leur réunion interne, les délégués du CSM ont abondamment échangé sur la situation dans leurs pays respectifs. Ils ont également préparé une réunion conjointe avec la direction du groupe.

Au cours de cette réunion conjointe, les représentants des travailleurs ont discuté avec la haute direction de SKF de l'avenir de ce groupe mondial dans un monde en changement. SKF est une des entreprises du secteur de l'ingénierie mécanique très actives dans la numérisation et dans Industrie 4.0. Elle utilise le concept de "Fabrication de classe mondiale" pour décrire sa démarche dans ce domaine. 

Les délégués ont eu l'occasion de visiter une des chaînes de cette Fabrication de classe mondiale dans "l'usine-mère" de Göteborg, le 21 septembre. Cette évolution exige un renouveau du dialogue social dans le groupe SKF. La toute première réunion du Comité d'entreprise européen, qui s'est tenue le 18 septembre, s'inscrit dans cette approche.

Les opportunités et les défis de la quatrième révolution industrielle ont été au centre des discussions, de même que l'Analyse du climat de travail et les questions de santé et sécurité au travail.

La haute direction de l'entreprise, composée du P-DG Alrik Danielson, qui s'est adressé aux délégués, de la première vice-présidente et DRH Carina Bergfelt, qui a exposé sa conception des RH, et Kent Viitanen, président en charge du département des roulements, qui a expliqué la situation de son département au sein de SKF, ont profité de l'occasion, non seulement pour s'adresser aux représentants des syndicats, mais aussi pour entamer avec les délégués un dialogue sur l'avenir de l'entreprise dans un environnement industriel en mutation.

Matthias Hartwich, directeur d'IndustriALL, a déclaré à propos de cette réunion :

"SKF n'est pas seulement numéro un mondial des solutions de roulement, la société se veut aussi une référence dans le dialogue social et les relations du travail. Le Comité d'entreprise européen et le Comité syndical mondial se réjouissent d'aborder une nouvelle phase de dialogue social à l'échelon européen ainsi que mondial, maintenant que trente pays déjà ont envoyé des délégués ou des observateurs à la réunion mondiale."

Cours en ligne gratuit sur les stratégies salariales dans une économie mondiale

Des milliards de travailleurs dans le monde entier n’ont pas de revenus réguliers ou ne gagnent pas un salaire suffisant leur permettant de vivre décemment. En outre, les salaires de nombreux travailleurs stagnent et la majorité des bénéfices économiques profitent aux échelons les plus élevés de la pyramide des revenus.

Pourquoi les inégalités salariales continuent-elles d’augmenter dans de si nombreux pays? Quel rôle peuvent jouer la négociation collective et les salaires minimums dans la réduction des inégalités sociales et économiques? De quoi un salaire juste est-il constitué?

L’Université mondiale du travail offre un cours en ligne d’une durée de huit semaines permettant aux participants d’étudier ces questions et de perfectionner leurs stratégies de négociation. Avalisé et soutenu par IndustriALL, le cours est gratuit et ouvert à tous.

Le cours commence le 24 octobre 2017.

Vous pouvez vous inscrire gratuitement ici.

Pour ceux qui souhaitent obtenir une reconnaissance officielle de leur participation au cours, un système de suivi et d’évaluation a été mis en place permettant d’obtenir un certificat délivré par l’Ecole d’économie de Berlin et le droit (BSEL) et l’Université mondiale du travail pour un montant de 49 euros. Un certain nombre de bourses d’étude sont prioritairement mises à disposition des membres des affiliés à IndustriALL. Dans le cas où vous souhaiteriez obtenir un certificat et bénéficier d’une bourse d’étude, veuillez faire une demande de bourse en envoyant un courriel à [email protected].

Il s’agit d’un cours tutoriel en ligne dispensé par un groupe d’experts internationaux d’universités et de syndicats. Vous participerez à des conférences, des lectures et des discussions avec des milliers d’autres participants du monde entier.

Une session Facebook en direct de questions et réponses, à laquelle participeront des experts de l’OIT et l’équipe pédagogique, aura lieu sur la page Facebook de l’Université mondiale du travail le 24 octobre 2017, à 1h de l’après-midi UTC.

Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré:

« Les cours de l’Université mondiale du travail constituent une excellente occasion pour les militants syndicaux d’améliorer leurs compétences, et d’échanger leurs expériences avec d’autres participants du monde entier.

« Si vous participez à des négociations syndicales concernant les salaires, ou voulez simplement mieux comprendre ces questions, je vous recommande vivement de suivre ce cours et vous suggère de vous inscrire le plus vite possible ».

Ce cours est actuellement disponible en anglais uniquement. L’Académie en ligne de l’Université mondiale du travail propose également un certain nombre d’autres cours en ligne gratuits dans plusieurs langues. Les participants d’IndustriALL ayant terminé les cours précédemment offerts les ont trouvés extrêmement utiles.

Afrique du Sud : les syndicats se préparent pour une grève nationale contre la corruption et les pertes d’emploi

Le Syndicat national des mineurs (NUM) et le Syndicat sud-africain des travailleurs de l’habillement, du textile et des secteurs connexes (SACTWU), affiliés au COSATU et à IndustriALL, prendront part à la grève.

La législation qui régit les relations de travail en Afrique du Sud autorise des grèves sur des thèmes socio-économiques et politiques tels que la corruption et les pertes d’emploi.

La notion de “captation de l’État” vient d’un rapport de 2016 de l’ancienne Médiatrice de la République Thuli Madonsela qui a écrit que l’État avait été capté par des intérêts privés, dont des milieux d’affaires comprenant la famille Gupta. Selon ce rapport, les Gupta auraient été impliqués dans la nomination de ministres et de directeurs d’entreprises étatiques et influencé par corruption l’octroi de contrats publics pour favoriser leurs intérêts. Récemment, un certain nombre d’entreprises internationales, dont Bell Pottinger et KPMG, ont été impliquées dans ce scandale de corruption.

Les travailleurs et travailleuses ont continué à perdre leurs emplois, en particulier avec l’annonce faite récemment par Impala Platinum de supprimer 2.100 emplois. Selon StatsSA 32.000 emplois ont été perdus l’an dernier dans le secteur des mines. Celui de la confection et du textile a également perdu 3.000 postes.

Le NUM déclare :

“Cette grève est pour les travailleurs et travailleuses une plateforme pour exprimer leur mécontentement sur la manière dont l’Afrique du Sud est gérée et dire que le pillage des ressources de l’État ainsi que les activités de corruption d’un réseau constitué par une certaine élite prédatrice doivent être condamnés. Les travailleurs et travailleuses sont laissés pour compte, livrés à eux-mêmes au milieu de pertes d’emploi massives qui se produisent dans différents secteurs de l’économie du pays, en particulier celui des mines.”.

Les revendications du SACTWU dans le cadre de cette grève comprennent la fin de la sous-traitance des emplois par le biais de courtiers du travail. Le syndicat veut au contraire davantage d’emplois permanents.

Fabian Nkomo, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, déclare :

“Nous soutenons l’action de grève des affiliés du COSATU parce que la corruption, c’est du vol. De l’argent censé bénéficier aux travailleurs et à la société en général finit sur les comptes en banque d’individus corrompus”.

Inde : deux travailleurs tués à la cimenterie d’Ambuja dans le Chattisgarh

L’accident a eu lieu vers 4h30 dans la section de broyage alors que l’on procédait au test du concasseur. Au moment de l’accident, cinq travailleurs se trouvaient sur le site de broyage, occupés à des réparations, lorsque soudainement il s’est mis en marche.

Deux travailleurs, identifiés comme étant Dhirendra Verma (38 ans) et Dilip Kumar Verma (27 ans), ont subi des lésions critiques dans l’accident et ont ensuite succombé à leurs blessures à l’hôpital. Selon nos informations en provenance des ouvriers présents à l’usine, d’importants responsables de l’entreprise, dont ceux en charge des départements de production et de maintenance étaient présents lorsque l’accident s’est produit.

Matthias Hartwich, Directeur du département de l’ingénierie mécanique et des industries des matériaux d’IndustriALL a déclaré :

“Ce genre d’accident ne devrait jamais se produire du tout. Nous sommes profondément préoccupés par la sécurité au sein des usines du groupe LafargeHolcim parce que cet accident se produit à nouveau dans l’usine même où cinq travailleurs avaient déjà été tués il y a à peine quelques années. La direction doit agir rapidement au niveau du renforcement de la santé et de la sécurité au travail et doit y impliquer les travailleurs, y compris ceux en sous-traitance, pour améliorer la situation.”

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Il est inacceptable que de tels accidents évitables se répètent dans les usines d’Ambuja Cement. Nous appelons l’entreprise à s’assurer que les familles des victimes reçoivent au plus vite une indemnisation adéquate. L’entreprise doit prendre immédiatement des mesures concrètes pour améliorer la sécurité et y impliquer toutes les catégories de travailleurs afin de mettre un terme à la répétition de tels accidents.”

IndustriALL a contacté LafargeHolcim et ses équipes de santé et sécurité sont pour l’instant en train d’enquêter sur les circonstances de cet accident mortel.

En 2013 déjà, dans la même usine d’Ambuja cinq travailleurs ont été tués dans un accident lorsque la trémie installée au 5e étage s’est effondrée et a traversé quatre niveaux.

Les travailleurs du secteur du caoutchouc célèbrent l’unité mondiale

La Conférence mondiale d’IndustriALL Global Union sur l’industrie du caoutchouc s’est tenue les 18 et 19 septembre à l’imposant siège du Syndicat des Métallos (USW), situé dans la ville américaine de Pittsburgh, en Pennsylvanie, où plus de 80 participants provenant de 18 pays se sont réunis.

« Nous vivons des temps difficiles au sein de notre industrie. Nous resterons à vos côtés et nous nous battrons avec vous, malgré les problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs. Le Syndicat des Métallos reste attaché à la solidarité mondiale. C’est dans cet esprit que nous souhaitons chaleureusement la bienvenue à chacun d’entre vous, ici, aujourd’hui », a déclaré Stan Johnson, Secrétaire-trésorier international du Syndicat des Métallos et coprésident de la section des industries du caoutchouc d’IndustriALL.

« Depuis la dernière conférence mondiale sur le caoutchouc, qui a eu lieu en Hongrie, il y a quatre ans, notre secteur n’a cessé d’évoluer. Les inégalités augmentent au niveau mondial, les travailleurs perdent leurs emplois ainsi que leurs droits et protections sociales. Nous devons être capables de lutter pour un modèle économique et social fondé sur les droits, l’équité et la dignité », a indiqué Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les membres du groupe de travail des USA, du Royaume-Uni, du Japon, du Brésil et de l’Afrique du Sud ont discuté des changements survenus dans le secteur du caoutchouc et de leurs impacts sur les syndicats représentant les travailleurs dans celui-ci.

Les présentations ont mis en évidence un grand nombre de préoccupations communes dans le secteur. Les syndicats dans le monde étant tous confrontés aux mêmes problèmes, ceux-ci devraient s’unir pour trouver des solutions communes.

Les problèmes relatifs au dumping chinois, à l’importation en ligne de pneus dangereux bon marchés et aux crises économiques et politiques apparaissent dans la quasi-totalité des rapports.

Les rapports font également état de progrès au sein du secteur. Dawid Baardman, membre du syndicat NUMSA, affilié à IndustriALL, a signalé que l’industrie du caoutchouc en Afrique du Sud ne comptait aucun travailleur précaire du fait que le syndicat avait réussi à négocier un accord sectoriel luttant contre la précarité dans le secteur.

Marcio Ferreira, membre de Caucho-FS, au Brésil, a informé les participants à la fois de la manière dont l’unité des syndicats représentant les travailleurs dans le secteur a eu un impact positif sur la négociation sectorielle dans cette industrie, et des efforts menés pour créer un syndicat unifié pour le secteur du caoutchouc au sein de la fédération: « Nous avons là une occasion unique de surmonter les conflits si nous parvenons à former une seule organisation », a-t-il indiqué.

Les multinationales opérant dans l’industrie du caoutchouc emploient des membres des affiliés à IndustriALL partout dans le monde. Les tendances, les défis et les relations du travail au niveau de chacune des multinationales ainsi que les stratégies concernant les travaux futurs de syndicats mixtes ont fait l’objet de discussions très poussées au cours des tables rondes. L’organisation des travailleurs tout au long de la chaîne d’approvisionnement ainsi que les réseaux syndicaux sont deux éléments importants de la stratégie poursuivie au niveau du secteur.

« Nous allons continuer de créer une force syndicale grâce aux réseaux, de nous lier avec les syndicats de l’industrie automobile et de travailler ensemble afin que les travailleurs du secteur puissent s’appuyer sur une voix mondiale forte », a indiqué Tom Grinter, spécialiste pour l’industrie et la recherche à IndustriALL, en charge désormais du secteur du caoutchouc.

« Nos réseaux bénéficient de plans d’action visant à garantir leur stabilité et leur développement, et à organiser les travailleurs dans les usines non syndicalisées », a indiqué Helmut Lense, Directeur d’IndustriALL en charge du secteur automobile et du caoutchouc, à qui la conférence a rendu hommage en raison de son départ à la retraite.

Pour conclure la conférence de deux jours, les participants ont réélu Stan Johnson en qualité de coprésident, créé un nouveau Groupe de travail formé des principaux affiliés chargé de guider les travaux, et adopté un Plan d’action complet, téléchargeable ici.

Kemal Özkan s’est réjoui à la perspective d’une période quadriennale foisonnante de projets:

« Nous engagerons de nouvelles initiatives et ferons de nouveaux progrès au sein des réseaux syndicaux que nous avons établis dans l’industrie du caoutchouc. C’est la stratégie de base que nous poursuivrons dans les compagnies multinationales et les nouveaux pays producteurs de caoutchouc émergents. Les projets particuliers que nous menons en Thaïlande et en Inde seront poursuivis, et nous mettrons l’accent sur l’organisation des travailleurs, la lutte contre le travail précaire et la représentation des femmes et des jeunes. L’énergie et l’intérêt manifesté par les participants à la Conférence démontrent clairement que les quatre prochaines années seront très dynamiques dans le secteur du caoutchouc pour IndustriALL et ses affiliés. Le combat continue ! » 

Les syndicats kazakhs poursuivent ArcelorMittal pour non-respect de la convention collective

La précédente convention collective venait à échéance le 1er septembre. Le projet de nouvelle convention n’a pas été terminé en dépit de longues négociations entre les représentants syndicaux et la direction de l’entreprise depuis février. Selon le syndicat Zhaktau, la direction a délibérément fait traîner le processus de négociation pour saper le syndicat. L’entreprise met la pression sur les militants pour les forcer à se retirer du syndicat.

Les syndicats ont porté l’affaire devant le tribunal régional de Karaganda, en exigeant que les droits des travailleurs soient protégés et que l’entreprise soit obligée à respecter la convention collective. Le 31 août, le tribunal a tranché en faveur des deux syndicats, qui sont affiliés à IndustriALL Global Union par le biais du Syndicat des travailleurs des mines et de l’industrie métallurgique de la République du Kazakhstan. La direction d’ArcelorMittal Temirtau a reçu l’interdiction de supprimer ou de suspendre le versement des prestations sociales dans l’attente du verdict. La cour a également obligé l’entreprise a remplir ses obligations en vertu de la convention collective conclue en 2014. Cette convention concerne plus de 27.000 salariés.

70% de la nouvelle convention collective ont fait l’objet d’un accord durant les négociations, les exceptions concernant les sections principales consacrées aux prestations et primes. L’indemnisation des familles en cas de décès d’un salarié est apparue comme étant la première pierre d’achoppement. Cependant, la direction a fini par annoncer l’indemnisation des familles des victimes de l’explosion au charbonnage de Kazakhstanskaya d’ArcelorMittal Temirtau.

La direction affirme qu’elle a l’intention de déterminer à l’avenir tous les versements et garanties au niveau d’un document séparé.

Le Président du Syndicat de la métallurgie Zhaktau, Viktor Shchetinin, déclare :

“Ce n’est pas acceptable pour nous. La politique d’aujourd’hui pourrait être annulée par un nouveau directeur. C’est pourquoi nous avons indiqué que tous les versements et les garanties se trouvant dans l’ancienne convention collective doivent être préservés et se retrouver dans la nouvelle convention”.

Le conflit a connu une nouvelle escalade après la conférence du collectif ouvrier au début du mois d’août, qui a pris la décision, qu’elle a fait parvenir à la direction, de réclamer une augmentation du salaire mensuel au sein des départements acier et charbon de 30% pour passer de 500-600 à 650-780 dollars. Les presque 400 participants à la conférence ont noté la baisse du pouvoir d’achat des travailleurs et les prix à la hausse de la nourriture, des denrées et des services en raison d’une inflation élevée (13,6% en 2015 et 8,5% en 2016). De plus la devise locale, le Tenge kazakh, a perdu la moitié de sa valeur au cours des deux dernières années, après que la Kazakhstan est passé à un taux de change flottant pour sa devise. Les excellents résultats des deux dernières années permettent à l’entreprise de rencontrer les revendications des travailleurs.

Actuellement, les syndicats se préparent pour une audition au tribunal fin septembre. Le Président du Syndicat des travailleurs des mines et de l’industrie métallurgique de la République du Kazakhstan, Asylbek Nuralin, a envoyé un courrier aux autorités du pays pour leur demander de résoudre ce conflit du travail et de garantir les droits des travailleurs.

Le Président du Syndicat des mineurs Korgau, Marat Mirgayazov, a indiqué :

“L’employeur veut faire des économies alors que la situation de l’entreprise progresse. Nous voulons que les mineurs travaillent et vivent dans de meilleurs conditions que ce qu’étaient les leurs par le passé. Nous avons confiance en la légitimité de notre cause et irons, s’il le faut, jusqu’à la Cour Suprême.”.