IndustriALL signe un accord-cadre mondial avec ASOS

IndustriALL a signé un accord-cadre mondial avec la marque de commerce électronique ASOS afin d'améliorer l'application des normes internationales du travail dans toute la chaîne d'approvisionnement mondiale d'ASOS.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

Cet accord instaure des mécanismes et des normes qui donneront aux syndicats les moyens de protéger les droits des travailleurs tout au long de la chaîne d'approvisionnement mondiale d'ASOS. Cet AGM enracine notre relation avec ASOS et est un grand pas en avant pour les relations du travail dans les chaînes d'approvisionnement.

Le P-DG d'ASOS, Nick Beighton, l'a commenté en ces termes :

Cet accord avec IndustriALL qui fera date et témoigne de notre volonté de faire en sorte que tout qui travaille dans notre chaîne d'approvisionnement se sente en sécurité et respecté par ses employeurs et ses collègues. Cela ne peut se faire que si les salariés ont le droit de se syndiquer et de négocier collectivement et s'ils ont la possibilité de veiller à ce que les améliorations des conditions d'emploi soient effectivement appliquées.

L'ACM conclu entre ASOS et IndustriALL reconnaît le rôle que la liberté syndicale et la négociation collective jouent dans l'édification de relations professionnelles fructueuses. Les deux parties s'engagent à :

Au début de l'année, ASOS a communiqué la liste de ses usines dans le monde, assurant la transparence sur les 612 fournisseurs de niveau 1 auxquels elle fait appel dans 25 pays.

ASOS participe aussi à Action, Collaboration et Transformation (ACT), une initiative centrée sur la question du salaire de survie.

Les travailleurs d'Amérique du Nord se mobilisent pour un ALENA qui tienne compte de leurs besoins

Unifor et plusieurs organisations à but social ont défilé pour exprimer leur solidarité avec les travailleurs mexicains dans la défense de leurs droits dans le cadre de l'ALENA, et pour adresser leurs condoléances aux victimes du récent tremblement de terre.

Ils réclamaient un Accord de libre-échange qui garantisse des conditions de travail dignes, le respect des droits des travailleurs et le droit au développement durable pour tous les pays concernés. Les organisateurs avaient espéré la présence de représentants des syndicats mexicains, mais le tremblement de terre d'une magnitude de 7,1 qui a dévasté le Mexique le 19 septembre ne l'a pas permis.

Lorsqu'on a signé l'ALENA, ils nous on dit qu'il ferait augmenter les salaires et sortirait les travailleurs mexicains de la pauvreté, mais il n'en a rien été. Nous voulons leur exprimer notre soutien dans ces moments difficiles et les aider à bâtir un avenir plus prospère,

a déclaré le Président national d'Unifor, Jerry Dias, après une minute de silence à la mémoire des victimes du tremblement de terre.

L'UNT, la Nueva Central et d'autres syndicats mexicains ont publié une déclaration exprimant leur gratitude pour ce mouvement de solidarité :

"Les travailleurs et les syndicats de nos trois pays sont unis dans la lutte contre les tentatives de précarisation du travail et de l'existence, pour réduire les disparités entre nos pays, pour rétablir le pouvoir d'achat de nos salaires et faire en sorte que l'ALENA ne puisse aller de l'avant s'il ne garantit pas le travail décent, ne respecte pas les droits des travailleurs dans toute la région et ne reconnaît pas le droit de chaque nation au développement durable."

Unifor et notre affilié américain United Autoworkers' Union (UAW) ont publié une déclaration commune disant que la renégociation de l'accord doit être bénéfique pour les travailleurs des trois pays signataires. Ils refusent la flexibilisation de la législation du travail et la pratique de salaires inférieurs au Mexique et dans le sud des États-Unis parce qu'elles augmentent les profits des entreprises sur le dos des travailleurs.

Ils ont expliqué que l'industrie automobile représente deux millions d'emplois en Amérique du Nord et que l'ALENA a entraîné la perte de centaines de milliers d'emplois et la fermeture de milliers d'usines aux États-Unis et au Canada. Par conséquent, sa renégociation ne sera profitable pour les trois pays que si elle se traduit par une augmentation des rémunérations des travailleurs, au Mexique en particulier où, selon une récente étude du chercheur mexicain Alex Covarrubias, les travailleurs de l'industrie automobile gagnent en moyenne 2,3 $ l'heure. En outre, les syndicats veulent que l'accord réduise le déficit commercial avec le Mexique et crée des emplois manufacturiers dans les usines syndicalisées aux États-Unis et au Canada.

Le troisième cycle de négociation de l'ALENA s'est achevé le 27 septembre à Ottawa, au Canada. Le quatrième se tiendra à Washington en octobre. Les membres du bloc commercial s'efforceront d'obtenir un accord pour la fin de l'année, avant la campagne présidentielle au Mexique. Or, les négociations avancent lentement, sans aucun progrès visible.

Fernando Lopes, Directeur à IndustriALL Global Union, a déclaré :

Les travailleurs du Mexique, du Canada et des États-Unis sont hostiles à un accord qui ne prendrait pas en considération les conditions de travail, la liberté syndicale et le droit de négocier collectivement. Ils pensent que pas d'accord du tout vaut mieux qu'un mauvais accord. Vous pouvez compter sur IndustriALL Global Union !

Les comités de surveillance pour la mise en œuvre de l’Accord-cadre mondial signé avec H&M se réunissent aux fins de renforcer les relations du travail

Pascal Brun, Directeur de la durabilité à H&M, et Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Global Union, ont souhaité la bienvenue aux participants et se sont réjouis à la perspective d’une collaboration fructueuse.

« Vous êtes le lien direct avec les travailleurs, qui sont une composante cruciale de notre programme social. Il est par conséquent de la responsabilité de chacun d’entre nous de veiller au renforcement et à l’opérationnalité des relations du travail. Ces deux prochains jours doivent être consacrés au partage des meilleures pratiques », a indiqué Brun. « Vous nous avez aidés à devenir un meilleur acheteur. Les comités nationaux de surveillance sont une façon de travailler innovante. Je souhaite que vous puissiez tous débattre de manière très constructive ».

Le système des Comités nationaux de surveillance vise à élaborer des plans et des stratégies nationaux à court et à long termes veillant à ce que les fournisseurs mettent en œuvre l’Accord-cadre mondial. Ce système est actuellement en place au Bangladesh, au Cambodge, en Indonésie, au Myanmar et en Turquie. Les Comités sont composés des syndicats présents sur le terrain et de représentants de H&M.

« Bien que la mise en œuvre de l’Accord-cadre mondial de H&M soit récente, elle contient des éléments très positifs. Le système des Comité national de surveillance crée un espace qui permet non seulement à nos syndicats de se développer en tant que partenaires sociaux responsables mais également de renforcer leurs capacités à organiser les travailleurs et à user de la négociation collective, ce dont ils ont besoin pour évoluer et se renforcer », a déclaré Holdcroft.

Steffan Herrström, Ambassadeur de Suède en Thaïlande, au Myanmar et au Laos, s’est adressé aux Comités nationaux de surveillance lors du deuxième jour de la réunion.

« Ce que vous faites ici, en tant que partenaires de l’Accord-cadre mondial de H&M, pour renforcer la collaboration et le développement de l’esprit d’équipe, est une étape importante pour améliorer les relations du travail et les mécanismes de négociation collective dans les pays où vous travaillez. Il est encouragent de voir cette évolution. Bien que je me rende compte que cette voie est difficile, je suis fermement convaincu que c’est celle qu’il faut suivre pour permettre le dialogue social, et ainsi promouvoir une entreprise durable qui profite à tous au bout du compte », a indiqué Herrström.

Les Comités ont préparé leurs rapports de pays annuels pour l’année 2017 qu’ils présenteront à la Commission mixte de développement des relations du travail (JIRDC). Chrisina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL en charge de l’industrie textile et de l’habillement, du cuir et des chausseurs, a indiqué: 

« Nous voulons voir s’établir des comités nationaux de surveillance dans un plus grand nombre de pays ainsi que voir se mettre en place un plus grand nombre de mécanismes de mise en œuvre de ce type dans d’autres accords-cadres mondiaux pour en garantir l’efficacité ».

IndustriALL fait entendre les préoccupations des sidérurgistes à une réunion de l’OCDE

Durant la réunion, Sanjyot Vadhavkar, membre du Comité exécutif de la Fédération indienne des sidérurgistes, des métallurgistes et des ingénieurs ainsi que coprésidente pour la section des métaux de base d’IndustriALL Global Union, a pris la parole en sa qualité de membre de la Commission syndicale consultative auprès de la délégation de l’OCDE.

L’intervention de Vadhavkar a entre autres porté sur l’évolution du marché du travail dans l’industrie sidérurgique et la nécessité de tenir compte de la voix des sidérurgistes et de leurs syndicats pour une compréhension totale de la situation.

Malgré les améliorations modestes survenues récemment au niveau de la production et du prix de l’acier ayant été signalées par le Comité de l’acier de l’OCDE, ainsi que celles concernant les travailleurs, comme des fermetures d’usines et des suppressions d’emplois moins importantes que l’année précédente, Vadhavkar a fait part de certaines évolutions du marché du travail inquiétantes.

Elle a ainsi fait référence au protocole d’accord récemment annoncé par Tata Steel et ThyssenKrupp qui, visant à regrouper leurs activités sidérurgiques européennes dans une entreprise détenue à parts égales, aboutirait à la suppression de 4 mille emplois.

Elle a également déclaré: « Beaucoup de membres de nos syndicats sont toujours au chômage après avoir perdu leurs emplois en raison des restructurations dues au dumping et autres pratiques commerciales déloyales. Nous prenons note du fait que le mandat du Comité de l’acier de l’OCDE comprend un engagement des gouvernements d’œuvrer à la réduction des coûts sociaux générés par les réductions de la capacité de production dans l’industrie sidérurgique. Malheureusement, ceux-ci n’ont tout simplement pas respecté cet engagement. A la seule exception de la Suède, nos affiliés rapportent que les travailleurs victimes de suppression d’emplois suite à la restructuration du secteur sidérurgique ont peu d’espoir de trouver un emploi et un revenu comparables à ceux qu’ils avaient dans un laps de temps raisonnable. Le complément de revenu et les aides à la reconversion auxquels ils ont droit sont généralement insuffisants ».

Vadhavkar a également réaffirmé: « Nos syndicats sont au courant des rumeurs selon lesquelles la Chine a commencé à réduire sa capacité de production pour répondre aux pressions extérieures et réduire la pollution. Nous exhortons la Chine à prendre toutes les mesures nécessaires pour diminuer les impacts sur les travailleurs chinois des réductions de la capacité de production qu’elle opère. Nous demandons également au Comité de l’acier de l’OCDE de mettre ses compétences techniques au service de la Chine afin de la guider en matière de réduction efficace de ces impacts ».

Dans le même temps, Vadhavkar a exprimé sa solidarité avec les sidérurgistes chinois: « Nous exigeons que la Chine respecte les droits à la liberté syndicale et à la négociation collective, et permette aux syndicats indépendants et démocratiques d’exercer leurs activités. Nous adressons cette demande à tous les pays. Ce Comité devrait faire de même ».

Par ailleurs, elle a fait part de ses inquiétudes à la lecture des rapports des syndicats latino-américains faisant état d’un tendance alarmante dans l’ensemble de la région avec des gouvernements néolibéraux prônant une plus grande flexibilité du marché du travail et par conséquent, une protection moindre de l’emploi et des droits des travailleurs.

Prière de cliquer sur ce lien pour prendre connaissance du discours dans son intégralité.

Suite à l’intervention d’IndustriALL, la déclaration du Comité de l’acier de l’OCDE issue de la réunion a réaffirmé l’importance qu’il y a à ce que les membres du comité soutiennent davantage les sidérurgistes victimes des suppressions d’emplois causées par les ajustements structurels dans le secteur.

Rassembler les forces syndicales au sein des secteurs textile et habillement en Asie-Pacifique

Quatre-vingts participants en provenance de douze pays se sont rencontrés les 29 et 30 septembre à Bangkok, en Thaïlande, pour débattre des politiques et priorités du secteur.

La stratégie d’IndustriALL par rapport aux enseignes de stature mondiale a abouti à des accords entre le mouvement syndical international et des enseignes telles que H&M, Inditex et Tchibo. L’Accord du Bangladesh et l’initiative ACT illustrent l’espoir qu’offrent les actions collectives en tant que levier du changement.

“Ce secteur est important pour IndustriALL, car il se situe aux premières loges s’agissant de tester certaines de nos stratégies concernant les chaînes d’approvisionnement. Il s’agit d’accords directs entre des syndicats locaux et des entreprises aux niveaux national et international. Lorsque des enseignes et des syndicats collaborent, un changement réel peut s’opérer,” a indiqué Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

“L’industrie de la mode a évolué extrêmement rapidement et les stratégies du passé ne sont plus de mise aujourd’hui, c’est pourquoi IndustriALL est prête à changer de stratégie afin de faire entendre sa voix au plan mondial, a indiqué Christina Hajagos-Clausen, Directrice du département textile, habillement, cuir et chaussures d’IndustriALL.

Les titulaires des coprésidences du secteur, Akiko Gono et Athit Kong, ont souligné le besoin pour les syndicats d’unir leurs forces.

“Nous devons avoir une vision commune pour lutter pour le droit des travailleurs et travailleuses à former des syndicats et améliorer les salaires et conditions de travail dans le secteur et notre région,” a déclaré Kong.

“Nous sommes confrontés à des défis, mais nous sommes tous dans le même bateau. En partageant nos expériences, nous pouvons développer notre sens de la solidarité : notre arme la plus efficace est notre force unifiée,” a indiqué Gono.

Une étude de cas sur l’Accord-cadre mondial H&M a été réalisée et présentée par des représentants des Comités nationaux de suivi (NMC) du Cambodge, du Myanmar, du Bangladesh et d’Indonésie. Il a été fait rapport sur le processus de création de relations sociales qui fonctionnent bien par le biais des mécanismes de l’ACM H&M.

Au sein d’une industrie en croissance qui comporte des chaînes d’approvisionnement complexes, la transparence est vitale.

"Nous voulons que les usines publient des informations sur leurs chaînes d’approvisionnement,” a déclaré Aruna Kashyap de Human Rights Watch, en présentant notre Campagne sur Pacte pour la Transparence.

Ce Pacte a reçu le plein soutien des participants, car une transparence accrue signifie que les violations des droits syndicaux peuvent être identifiées.

IndustriALL uni régulièrement ses forces à celles d’acteurs pertinents engagés en faveur d’une industrie du vêtement durable. Sarah Ditty de Fashion Revolution a évoqué ses stratégies de communication et la manière dont le fait de s’associer à IndustriALL pouvait aider à amplifier et partager des luttes syndicales dans le secteur en propageant ses messages auprès d’un large public de consommateurs, une audience qu’IndustriALL peine à atteindre.

L’emploi précaire est monnaie courante dans le secteur du vêtement, en particulier dans la région Asie-Pacifique. Exprimant leur volonté de dire STOP au travail précaire le 7 octobre, les participants ont présenté leur matériel pour cette campagne.

Les syndicats intensifient la lutte mondiale contre Shell

Les syndicats représentant les travailleurs de Shell de 14 pays étaient réunis les 25 et 26 septembre à Vlaardingen pour le Réseau syndical mondial Shell. Les participants veulent que Shell :

Cette réunion, financée par la fondation FES, se tenait en face de l'énorme raffinerie Shell du pays. Shell est la plus grande entreprise des Pays-Bas et est présente dans 140 pays. Prenant la parole le deuxième jour de la réunion, Tuur Elzinga, membre du Conseil exécutif de notre affilié néerlandais FNV, a déclaré :

"Le capital mondial est organisé à l'échelle planétaire; le mouvement syndical doit faire de même. Oui, nous sommes fiers de Shell, mais nous sommes parfois honteux de ce que fait sa direction."

Shell a refusé à plusieurs reprises d'entamer le dialogue avec le Réseau, en prétendant qu'elle ne négocie qu'avec des organisations syndicales nationales. Les syndicats veulent que ça change. Pour Tuur Elzinga, si les conditions des travailleurs sont bonnes dans certains pays, il faut "un socle minimum de normes dans tous les pays où Shell est présente – sinon le nivellement par le bas ne finira jamais. Nous devons aider nos collègues du monde entier. Il faut agir ensemble."

Le travail précaire est un sujet de préoccupation grave et croissant pour les participants de nombreux pays comme le Nigeria, l'Argentine et les Pays-Bas. Ailleurs, des affiliés d'Irak ont illustré les conditions extrêmes des travailleurs exposés à des températures de 50 degrés qui peuvent être mortelles. Le syndicat des ouvriers agricoles FERAESP a expliqué les difficultés qu'il rencontre pour organiser ses membres qui récoltent la canne à sucre pour la production de bioéthanol Shell.

Les participants se sont aussi intéressés à la durabilité et à la numérisation de l'industrie pétrolière et gazière. Le secteur de l'énergie est celui qui peut créer le plus d'emplois verts, a déclaré la directrice d'IndustriALL en charge de l'énergie, Diana Junquera Curiel. "Nous voulons que Shell soit une entreprise durable, qui se tourne vers la production d'énergie propre, tout en respectant les droits des travailleurs et en assurant une transition juste pour les travailleurs et leurs communautés," a-t-elle ajouté.

La crise cachée de la violence au travail contre les femmes

Pour IndustriALL Global Union, qui représente 50 millions de travailleurs dans 140 pays, aucune forme de violence n'est acceptable et il apporte son soutien à ses affiliés qui militent pour qu'il y soit mis fin.

Trop souvent, les femmes qui travaillent dans les secteurs d'IndustriALL – la mine, le textile, l'industrie manufacturière – ont peur de dénoncer les abus auxquels elles sont confrontées de crainte de perdre leur emploi, d'être stigmatisées ou de subir un ostracisme social, au travail comme chez elles. Et, lorsqu'elles le font, on ne les croit pas ou on rejette la responsabilité sur elles.

Une dirigeante syndicale d'une compagnie minière multinationale en Colombie a non seulement subi des invectives verbales et de la discrimination de la part de ses collègues masculins, mais elle a aussi été agressée sexuellement par un de ses supérieurs. Lorsqu'elle s'est plainte à la direction, une autre femme a décidé elle aussi de dénoncer le même homme pour de mêmes faits. Malgré la promesse de prendre les choses en main, la direction n'a rien fait.

Très souvent, la complicité de l'entreprise permet aux auteurs de ces actes d'agir en toute impunité. Lorsqu'une jeune femme travaillant dans le secteur aérospatial au Maroc s'est plainte d'être harcelée sexuellement par son contremaître, la direction l'a accusée d'affabuler. Elle a ensuite fait pression sur elle pour qu'elle abandonne ses accusations, invoquant l'impact négatif que cette affaire aurait sur l'entreprise si elle éclatait au grand jour. La jeune femme n'avait aucune preuve de ce harcèlement et c'était sa parole contre la sienne. Elle a fini par démissionner.

Ces témoignages d'abus et de harcèlement sont révélateurs du pouvoir que les hommes exercent sur les femmes. Lorsqu'il est contesté, cela peut générer d'autres problèmes. Une travailleuse d'une compagnie minière colombienne a accusé un collègue masculin qui refusait d'accepter qu'elle est son égale de faire de sa vie un "véritable enfer". Ce n'est qu'après qu'une procédure ait été lancée par l'intermédiaire du syndicat que le harcèlement et les abus de langage ont finalement cessé.

Dans le secteur minier d'Afrique du Sud, dominé par les hommes, le harcèlement sexuel n'est que trop fréquent. Des femmes expliquent que ça commence dès qu'elles pénètrent dans l'ascenseur qui doit les amener au fond; leurs collègues masculins profitent de la promiscuité pour les toucher ou pour écraser leur poitrine contre les parois de la cage.

Toléré, le harcèlement sexuel peut déboucher sur les pires violences. En 2012, une mineur sud-africaine de 27 ans, Pinky Mosiane, a été retrouvée dans une mare de sang, avec un préservatif usagé à proximité, après avoir été agressée par un collègue. Cette jeune maman, qui travaillait sous terre dans un secteur isolé, est décédée peu de temps après. Une autre, Cynthia Setuke, a été violée et assassinée par un collègue masculin alors qu'elle travaillait dans un puits de mine faiblement éclairé en 2013. Une étude publiée par Médecins sans Frontières en 2016 montre qu'une femme sur quatre vivant dans la région d'extraction du platine en Afrique du Sud a été violée.

Or, la violence contre les femmes ne se limite pas aux secteurs où les hommes sont majoritaires. Des représentants syndicaux et des travailleurs du textile et de l'habillement d'Amérique latine, d'Asie et d'Afrique du Nord indiquent que la violence contre les femmes est courante dans leurs secteurs aussi.

"Les contremaîtres nous crient, nous hurlent après et ils nous donnent des ordres en tous sens, même lorsque nous sommes occupées à un travail. Ils nous traitent comme du bétail, nous disent que notre travail est mal fait, nous contrôlent lorsque nous allons aux toilettes et ne permettent pas aux femmes enceintes d'aller à leurs visites médicales", déclare une travailleuse du textile au Pérou.

Les contraintes de la production forcent aussi les contremaîtres à maltraiter les travailleuses. Au Maroc, des travailleuses de l'habillement disent être agressées physiquement et verbalement, empêchées d'aller aux toilettes, pincées, giflées ou frappées avec les vêtements qu'elles confectionnent si on estime qu'elles ne travaillent pas assez vite. Les syndicats ripostent; ils envoient des lettres à l'inspection du travail et aux employeurs et portent plainte à la police.

Parfois, des femmes sont visées uniquement parce qu'elles sont enceintes, ce qui fait alors courir des risques à la mère comme à l'enfant à naître. Une ouvrière du vêtement raconte qu'au Pérou, ont lui a refusé à plusieurs reprises de consulter un médecin alors qu'elle se sentait mal au travail. Malgré une extrême fatigue, la direction l'a forcée à continuer de travailler des postes de 12 heures de nuit, de 19 à 7 heures du matin, augmentant en réalité sa charge de travail de 50 pour cent. Lorsque sa productivité a commencé à diminuer, elle a été suspendue. L'entreprise a fini par la renvoyer quelques mois après la naissance et a même contrefait sa signature sur une lettre de démission. Son syndicat a intenté une action en justice pour licenciement illégal.

Les femmes moins qualifiées, les mères célibataires et les travailleuses intérimaires ou externalisées sont davantage exposées à la violence fondée sur le sexe. Mais les travailleuses cols-blancs, plus instruites, sont également victimes d'abus. Notre affilié suédois Unionen a aidé une jeune femme travaillant dans une firme d'électricité qui l'employait à traîner son directeur devant les tribunaux pour harcèlement sexuel après des attouchements à la fête de Noël de l'entreprise. La police lui avait dit qu'elle manquait de preuves pour le poursuivre devant la justice pénale. Dans une enquête auprès de 1.000 de ses membres, Unionen a constaté qu'une femme sur quatre avait été harcelée sexuellement au travail.

Comme le dit la Secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Jenny Holdcroft :

La lutte pour l'éradication de la violence envers les femmes au travail doit être reprise partout par les syndicats; ils doivent utiliser tous les moyens, tous les outils et ne ménager aucun effort. Nous ne pouvons prétendre réclamer les droits des femmes, l'égalité ou le travail décent sans combattre cette violation la plus primaire des droits humains.

Qu'est ce que le travail précaire ?

Afrique du Sud : des milliers de travailleurs et travailleuses soutiennent la grève nationale

La notion de captation de l’État fait référence à l’ingérence par la corruption d’intérêts commerciaux dans les affaires de l’État. La famille Gupta a été visée en particulier par un rapport de celle qui était alors Médiatrice de la République, Thuli Madonsela, comme étant impliquée dans la nomination de ministres et dans l’adjudication de contrats publics. Le COSATU, qui exige qu’une commission d’enquête judiciaire se penche sur la captation de l’État soutient l’argument selon lequel la corruption menace les droits socio-économiques des travailleurs. De plus, elle sape “L’État constitutionnel et propice au développement qui tente de rencontrer la détresse des pauvres et des travailleurs.”

Dans un tract du Cosatu on lit :

“La captation de l’État et le cancer que représente la corruption sont des actes immoraux et criminels, qui spolient le peuple d’Afrique du Sud de ses moyens d’existence, volent ses ressources naturelles, provoquent des pertes d’emplois et perpétuent la pauvreté.”

À Johannesburg, des pétitions ont été remises à la Ville de Johannesburg, à des banques et institutions financières ainsi qu’à la Chambre des Mines, dans lesquelles les pertes d’emploi sont condamnées. Les syndicats se sont engagés à poursuivre leur combat contre la fermeture de cinq centrales électriques au charbon. Ceci démontre que la politique du gouvernement en matière d’énergies renouvelables ne promeut pas une Transition juste, mais sacrifie des emplois. Promouvoir des producteurs indépendants du secteur des énergies renouvelables revient à privatiser l’entreprise étatique d’énergie ESKOM.

Le scandale impliquant les Gupta a éclaboussé et terni l’image d’entreprises internationales comme Bell Pottinger et KPMG.

Fabian Nkomo, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, a déclaré :

“Nous saluons les travailleurs et travailleuses sud-africains qui se dressent contre la captation de l’État et la corruption. Les politiques néo-libérales qui promeuvent un recul de l’emploi et le contrôle des entreprises étatiques par des intérêts privés doivent se heurter à la résistance des travailleurs et travailleuses.”

Les syndicats des métaux de base s’engagent à lutter pour les droits et la dignité des travailleurs

Pendant deux jours, les délégués ont débattu de réponses à donner à des problématiques brûlantes comme les pratiques de commerce déloyales et la surcapacité d’acier, les défis d’Industrie 4.0 et la numérisation, ainsi que de questions d’importance fondamentale pour les syndicats sur la manière de bâtir une puissance syndicale et de renforcer la solidarité mondiale.

Cette réunion était une suite logique au plan d’action adopté en 2016 lors de la Conférence mondiale des métaux de base tenue à Duisburg, en Allemagne.

La question de la solidarité mondiale a été au centre des préoccupations de l’assemblée, les militants exprimant leur solidarité avec Sitraternium, le syndicat qui représente les travailleurs et travailleuses de l’entreprise sidérurgique Ternium au Guatemala. En réponse au refus de l’entreprise de reconnaître le syndicat et de négocier avec lui, IndustriALL Global Union a récemment déposé une plainte auprès de l’OCDE.

Aussi, au cours de la réunion, les délégués ont adopté une revendication commune en vue d’une plus grande collaboration et coordination au niveau de l’une des plus grandes entreprises sidérurgiques au plan mondial, ArcelorMittal. Cette déclaration sera présentée lors de la prochaine réunion avec la direction mondiale à Burns Harbor, aux États-Unis, au début du mois d’octobre.

Les participants ont également renouvelé leur soutien à la revendication du Comité syndical mondial de Gerdau que l’entreprise reconnaisse les syndicats aux plans national et mondial, y compris en s’engageant dans un partenariat avec le Comité en vue d’améliorer les pratiques de Gerdau en matière de santé et sécurité. Quatre salariés sont décédés à la suite d’un incident à l’usine de Gerdau de Ouro Branco en août.

Sanjyot Vadhavkar, coprésidente de la section des métaux de base d’IndustriALL, indique :

“Nos efforts coordonnés vont nous aider à combattre les pratiques déloyales de dumping et renforcer la participation syndicale à la création d’instruments commerciaux de défense et de politiques en matière commerciale. Nous avons souligné à nouveau le besoin de poursuivre le recrutement syndical des femmes, des jeunes et des travailleurs et travailleuses précaires afin de bâtir une puissance syndicale et de pouvoir lutter ensemble pour la justice ainsi que pour l’égalité et la dignité de tous les travailleurs et travailleuses.”

Thomas Conway, coprésident de la section des métaux de base d’IndustriALL, a déclaré :

“Les syndicats de la section des métaux de base d’IndustriALL se sont réunis en conférence au cours de ces deux derniers jours et sont plus déterminés que jamais à pousser leurs employeurs et gouvernements respectifs à œuvrer de concert avec les syndicats pour prendre toutes les mesures nécessaires afin de traiter de la question de la surcapacité mondiale d’acier qui a des répercussions sur nous tous. Nous nous sommes de plus engagés à mettre collectivement nos employeurs face à leurs responsabilités là où les relations sociales et les conditions de santé et sécurité sont défaillantes et nous ne tolérerons pas de lieux de travail où nos membres ne sont pas en sécurité ni où la direction est insensible à ces questions.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous sommes confrontés à des changements politiques spectaculaires dans le monde : le Brexit, le changement climatique, la montée des forces de droite et d’extrême droite en Europe. Cela affecte grandement le secteur des métaux de base. Mais notre lutte continue, nous nous battons pour un modèle économique et politique fondé sur les droits sociaux et la dignité dans toutes les parties du monde et nous devons pour cela pouvoir compter sur le soutien de syndicats forts.”

Des photos de la réunion sont disponibles sur Flickr. Une partie des débats de la réunion est évoquée sur notre page Facebook @IndustriALLGlobalUnion.