En mémoire des mineurs de Vaal Reefs

Ce rassemblement faisait partie des commémorations de la Journée internationale de la santé et la sécurité au travail célébrée partout dans le monde le 28 avril.

À ce que l'on sait, la cage d'ascenseur qui remontait à la surface des mineurs ayant fini le travail a été percutée par une locomotive qui a précipité la cage dans une chute de 460 mètres dans le puits. L'enquête a attribué la cause de l'accident à de multiples manquements dus à la négligence et au non-respect des normes de sécurité. Une enquête menée par la Leon Commission a recommandé des poursuites pour homicide volontaire contre la Vaal Reefs Exploration and Mining Company, une filiale d'AngloAmerican devenue par la suite AngloGold puis AngloGold Ashanti. Bien que cela ne se soit pas fait, pour le NUM, un recours collectif reste possible.

Toutefois, cette commission est à l'origine de l'adoption de la Loi sur la santé et la sécurité dans les mines et d'une réglementation plus rigoureuse de l'industrie. Depuis, le nombre d'accidents mortels dans l'industrie minière sud-africaine a diminué et atteint son niveau le plus bas en 2024, lorsque 42 mineurs ont perdu la vie dans des accidents suivant les statistiques qui, selon le NUM, "montrent bien que l'industrie minière reste l'antichambre de la mort professionnelle".

Pour David Msiza, inspecteur-en-chef des mines au ministère des Ressources minérales et pétrolières, "l'Afrique du Sud doit continuer à promouvoir la prévention des accidents parce que les maladies et les accidents du travail continuent de faire des victimes."

Un fonds, le Vaal Reefs Disaster Trust, a été constitué pour venir en aide aux 431 proches de mineurs du Botswana, de l'Eswatini, du Mozambique, du Lesotho et d'Afrique du Sud et financer la scolarisation jusqu'au niveau supérieur. Le NUM, qui est affilié à IndustriALL Global Union, explique que le fonds, qui avait été constitué à l'initiative des organisations syndicales, a depuis été liquidé.

Nomthandazo Joni, qui a bénéficié du fonds, a fait des études de commerce avant de suivre une formation d'agent de santé et de sécurité, raconte la dévastation subie par les familles après l'accident :

"Nos mères ont subi le traumatisme de la perte de leur mari et la plupart ne leur ont pas survécu longtemps. Certaines familles ont éclaté. Pire encore, des bénéficiaires qui avaient achevé leurs études sont eux-mêmes toujours sans emploi."

Le président du NUM, Daniel Balepile, déclare :

"Le mandat du trust était, en premier, l'éducation, ce qui s'est fait puisque la plupart des bénéficiaires ont achevé un programme d'enseignement supérieur."

"La catastrophe de Vaal Reefs nous rappelle les dangers de négliger la sécurité dans les mines, et la leçon majeure à retirer de cette tragédie est de rester vigilants sur la santé et la sécurité. Nous insistons toujours sur le droit des travailleurs de refuser un travail dangereux, en particulier lorsque leurs vies sont en danger,"

commente Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines et de la SST.

Quand les luttes locales se mondialisent : comment les ACM engrangent de réels changements pour les travailleurs et travailleuses

Qu’est-ce qu’un accord-cadre mondial ?

Un ACM est un accord négocié entre une entreprise multinationale et une fédération syndicale internationale comme IndustriALL. Il vise à garantir que, quel que soit l’endroit où l’entreprise exerce ses activités, d’une usine en Inde à une papeterie en Pologne, ses travailleurs et travailleuses bénéficient des mêmes droits fondamentaux : se syndiquer, négocier collectivement, être en sécurité et être traités avec dignité.

“Considérez-le comme une convention transfrontalière qui donne aux travailleurs et aux syndicats un véritable moyen de pression lorsque les dispositions locales ne sont pas à la hauteur,”

explique Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Dans un monde où les activités des entreprises sont mondialisées mais où les lois restent nationales, les ACM permettent d’uniformiser les règles du jeu. Ils offrent aux syndicats une solution claire d’intensification des échanges lorsque le dialogue national est rompu, transformant une lutte locale en une lutte mondiale.

Mais les ACM ne sont pas de simples déclarations de principe. Ce sont des outils d’action. Lorsqu’ils sont soutenus par des syndicats organisés et une coordination constante, ils contribuent à résoudre des conflits, à les prévenir et à instaurer un dialogue durable entre main d’œuvre et direction.

Pourquoi les ACM sont-ils importants ?

Les multinationales opèrent sur tous les continents, mais les droits des travailleurs et travailleuses sont encore trop souvent limités par les frontières nationales. Les ACM contribuent à uniformiser les règles du jeu. Ils visent à garantir qu’un travailleur du Pakistan ou de Pologne bénéficie de la même dignité fondamentale qu’un travailleur de Suède ou d’Allemagne. Cela inclut le droit de se syndiquer, de négocier collectivement, d’évoluer au sein d’un lieu de travail sûr et d’être traité avec respect.

Pour IndustriALL et ses affiliés, les ACM sont un outil stratégique.

“Nous nous battons pour eux, nous les suivons et nous les utilisons pour renforcer notre pouvoir au départ de la base. Et bien que certains critiques affirment que les ACM ne tiennent pas toujours leurs promesses, les faits indiquent qu’ils y parviennent souvent, lorsque les syndicats s’engagent activement dans leur mise en œuvre et que les entreprises sont mises face à leurs responsabilités”,

affirme Atle Høie

Siemens : un ACM qui résout les conflits en Inde

L’ACM de Siemens, signé avec IndustriALL, a prouvé sa valeur lorsque les syndicats locaux en Inde ont été confrontés à de sérieux défis. Dans l’un des cas, le Syndicat des travailleurs de Siemens (SWU) était aux prises avec un conflit qui était au point mort depuis des années. Grâce à l’accord mondial, IndustriALL et IG Metall (Allemagne) ont pu intervenir, impliquer la direction mondiale de Siemens et contribuer à la recherche d’une solution. Ce canal direct, de l’atelier en Inde au siège en Allemagne, n’aurait pas existé sans l’ACM.

Dans un autre cas, le même cadre a permis un accord négocié entre les dirigeants syndicaux locaux et les représentants de l’entreprise, mettant fin à une impasse préjudiciable. Comme le rapportent IG Metall et IndustriALL, ces cas montrent que l’ACM a fonctionné exactement comme il était prévu : non pas comme une solution miracle, mais comme un outil permettant une collaboration syndicale transfrontalière réelle et persistante.

Essity : un dialogue sur le long terme et des résultats tangibles

L’ACM avec le géant papetier suédois de l’hygiène et de la santé, Essity, a créé une culture de résolution proactive des problèmes. Un comité de coordination régulier, comprenant les syndicats suédois, IndustriALL et la direction de l’entreprise, se réunit fréquemment, à la fois en ligne et au siège. Grâce à cette structure, l’ACM a contribué à résoudre des cas en Nouvelle-Zélande, en Pologne, en Turquie et au Pakistan, entre autres. On compte notamment de victoires en matière de syndicalisation, de résolutions de lock-out et d’amélioration des relations entre les syndicats et la direction.

Il s’agit d’une référence. L’entreprise sait que sa réputation mondiale dépend de la manière dont elle traite les travailleurs et travailleuses, non seulement chez elle, mais dans le monde entier.

H&M : responsabilité des fournisseurs, formation des syndicats et contrôle local

L’ACM entre H&M et IndustriALL a conduit à de réelles améliorations pour les travailleurs et travailleuses dans les usines des fournisseurs, notamment par la création de comités nationaux de suivi (CNS) dans des pays clés tels que l’Inde, le Bangladesh et la Turquie, notamment.

Ces comités réunissent les syndicats locaux et les représentants de H&M pour résoudre les conflits, suivre la mise en œuvre de l’accord et s’attaquer à des problèmes tels que la violence sexiste sur le lieu de travail. En Inde, des formations conjointes sur la résolution pacifique des conflits ont déjà permis d’éviter de graves escalades.

Pour en savoir plus sur le fonctionnement de ces comités : Améliorer ensemble l’accord-cadre mondial de H&M

Inditex : sortir des impasses de la chaîne d’approvisionnement

Inditex, propriétaire d’enseignes telles que Zara et Bershka, a créé un comité syndical mondial avec IndustriALL dans le cadre de son ACM. Cette plateforme a joué un rôle clé dans la résolution d’un problème de longue date à l’usine Tanex de Roumanie, où les relations entre les syndicats et la direction s’étaient détériorées. Grâce à un dialogue ouvert et à la pression des syndicats, l’ACM a permis de relancer les négociations et d’améliorer le dialogue social.

Pour en savoir plus sur ce cas en Roumanie, cliquez ici.

Solvay / Syensqo et Anglo American : suivi et engagement

Dans les secteurs de la chimie et de l’exploitation minière, des entreprises telles que Solvay/Syensqo et Anglo American ont signé des ACM solides et participé à des missions de suivi menées par IndustriALL et ses affiliés. Ces missions obligent la direction à rendre des comptes et maintiennent les accords en vie, non seulement sur le papier, mais aussi dans la pratique.

Enel : victoire du syndicat grâce au soutien de l’ACM en Italie

En 2024, les travailleurs et travailleuses du géant italien de l’énergie Enel ont obtenu une victoire importante sur les questions liées au travail à distance et au bien-être en entreprise. Les syndicats italiens ont réussi à faire changer les choses en se référant à l’accord-cadre mondial de l’entreprise. Avec le soutien d’IndustriALL et de l’Internationale des Services Publics (ISP), les syndicats ont mis l’accent sur les engagements mondiaux d’Enel et ont appelé à ce que l’entreprise rende des comptes. Le résultat a été un accord renouvelé qui a amélioré la consultation et la participation des travailleurs et travailleuses dans les processus de prise de décision, notamment en ce qui concerne les nouvelles technologies et les politiques de travail flexibles.

Lire l’article complet ici.

PSA/Stellantis : les syndicats gagnent du terrain au Maroc et au Brésil

Au Maroc, un affilié d’IndustriALL chez PSA a utilisé l’ACM pour renforcer le pouvoir du syndicat à l’usine de Kenitra et recevoir la reconnaissance officielle de l’entreprise en tant que partenaire social.

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Dans le même temps, au Brésil, le syndicat local de l’usine Jeep de Stellantis à Pernambuco a fait part de ses inquiétudes quant à la mise à l’écart du syndicat et au manque de dialogue. Grâce à une action coordonnée impliquant IndustriALL et la direction locale et celle de l’entreprise, le conflit a été résolu et une nouvelle convention collective a été signée, améliorant de manière significative l’accès à la syndicalisation et au dialogue social sur l’ensemble du site, y compris dans le parc des fournisseurs.

Airbus : victoire en matière de santé et sécurité en Tunisie

Sur le site d’Airbus en Tunisie, un syndicat local a fait part de ses préoccupations en matière d’ergonomie et de sécurité au travail. Soutenu par l’ACM et le Comité d’entreprise européen, le problème a été traité et résolu, ce qui a conduit à un investissement majeur dans des équipements plus sûrs, de nouvelles installations et de meilleures conditions générales de travail.

Les luttes sont réelles, mais les victoires également.

C’est vrai : toutes les entreprises ne respectent pas pleinement leurs engagements au titre des accords-cadres mondiaux. Dans certains cas, la direction locale peut ignorer ou saper les principes convenus au niveau mondial. Lorsque cela se produit et que les salariés sont privés de leurs droits à la syndicalisation, à la négociation collective ou à évoluer sans crainte de représailles, la frustration est tout à fait justifiée.

Ces luttes nous rappellent que même les accords les plus solides nécessitent une pression, une coordination et une vigilance constantes pour être efficaces. Mais il est important de se rappeler qu’il s’agit là d’exceptions et non de la norme.

Trop souvent, les échecs isolés éclipsent les nombreux résultats discrets et fructueux. C’est pourquoi il est important de partager les réussites des ACM. Ils fonctionnent lorsque les syndicats les mettent en œuvre et lorsque les affiliés collaborent au-delà des frontières avec persévérance et solidarité. Ils nécessitent une utilisation active, une mobilisation et un suivi permanents pour accéder aux protections qu’ils sont censés fournir.

Aller de l’avant : ce que les affiliés peuvent faire

Les ACM ne sont pas réservés aux centrales syndicales ou à leurs dirigeants. Ce sont des outils à la portée de tout syndicat local. Voici comment les affiliés peuvent en tirer le meilleur parti :

“IndustriALL continuera à négocier, à défendre et à étendre les ACM. Nous croyons en leur potentiel parce que nous en avons vu les résultats. Mais les ACM ne s’imposent pas d’eux-mêmes, ils vivent grâce au travail quotidien de nos affiliés et à la solidarité qui nous unit.

Utilisé avec force et persévérance, un ACM peut transformer un combat local en une victoire mondiale. Continuons à développer ce pouvoir, ensemble,”

a martelé Atle Høie.

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Mettre en œuvre la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme dans les chaînes d’approvisionnement automobile de Turquie

Comme la réunion précédente de novembre de l’année dernière, cette rencontre a été organisée par IndustriALL, avec le soutien du syndicat allemand IG Metall, du gouvernement allemand, par l’intermédiaire de l’Agence allemande pour la coopération internationale (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit, GIZ), et du dialogue du secteur allemand de l’automobile.

Lancé par le ministère fédéral du travail et des affaires sociales en 2020, le dialogue sur le secteur automobile réuni le gouvernement fédéral, les constructeurs automobiles, les fournisseurs, les syndicats, les associations professionnelles, les ONG et les institutions de défense des droits de l’homme pour faire progresser la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme (HDDR) dans les chaînes d’approvisionnement. Pendant cinq ans, le forum multipartite a élaboré des orientations pratiques et encouragé la collaboration dans tout le secteur. Bien que le financement gouvernemental prenne fin, les participants ont accepté de poursuivre le travail dans le cadre du réseau allemand du Pacte mondial des Nations unies, désormais autofinancé par les membres.

L’atelier a réuni des représentants des syndicats, de l’organisation des employeurs, des constructeurs automobiles, des fournisseurs, des gouvernements, des universités et de l’Organisation internationale du travail (OIT). Si les participants à l’atelier ont confirmé qu’il était urgent de s’attaquer aux violations systémiques des droits en matière de liberté syndicale et de négociation collective, ils élargiront également l’analyse des risques et se pencheront sur d’autres domaines tels que la santé et la sécurité au travail, les conditions de travail et la diversité.

“Nous devons construire une économie fondée sur les droits et la justice sociale”,

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

“Des conditions de travail saines et équitables sont fondamentales si nous voulons construire ensemble des secteurs durables”.

Le Président de Turkmetal, Uysal Altundağ, dont le syndicat a accueilli la réunion, a déclaré :

“Notre syndicat est organisé autour des secteurs de Turquie axés sur l’exportation. Nous visons à trouver un juste équilibre entre les droits des travailleurs et les intérêts des entreprises, mais avec la baisse continue des salaires, cet équilibre est de plus en plus difficile à maintenir.”

Florence Göckeritz, de Daimler Truck, a noté que les plaintes des dénonciateurs en provenance de Turquie indiquaient que les travailleurs et travailleuses rencontraient des obstacles lorsqu’ils tentaient d’adhérer à un syndicat. Les informations relatives à des comportements potentiellement non conformes ont été prises très au sérieux et examinées avec soin. D’une manière générale, ces cas soulignent la nécessité de mettre en place des mécanismes solides pour traiter les problèmes liés aux droits du travail et prévenir les conflits.

“Des actions concrètes visant à rendre possible la syndicalisation dans les entreprises de Turquie sont nécessaires et cette initiative présente un potentiel important pour nous permettre de défendre les droits des travailleurs”,

a déclaré Özkan Atar, Président de Birlesik Metal-Is.

Les chaînes d’approvisionnement de l’industrie automobile turque souffrent actuellement d’un manque notable de dialogue structuré. De nombreux problèmes concernant les droits du travail sont portés directement devant les tribunaux, contournant ainsi les mécanismes qui pourraient autrement résoudre les conflits par une implication réciproque. Consciente de cette situation, la plateforme multipartite étudie les moyens de renforcer le dialogue social afin de prévenir les conflits, d’instaurer la confiance et de favoriser des améliorations durables des conditions de travail.

“Le dialogue social n’est pas seulement souhaitable, il est essentiel”, a déclaré Yasser Hassan de l’OIT. “Le dialogue, tant au niveau de l’entreprise qu’au niveau sectoriel, peut instaurer la confiance, réduire les conflits sur le lieu de travail et garantir le respect des normes internationales du travail”.

Les pays de l’UE, en particulier l’Allemagne, étant parmi les principales destinations des exportations, les fournisseurs de Turquie devront se conformer à la législation sur la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme. Les droits des travailleurs et des syndicats sont soumis à cette législation. Les lois exigent non seulement une analyse des risques et des mécanismes de réclamation adéquats, mais encouragent également les parties prenantes à s’attaquer aux causes profondes des violations des droits.

L’atelier s’est penché sur les implications de la directive de l’Union européenne relative au devoir de diligence raisonnable en matière de développement durable des entreprises, qui demande aux entreprises d’identifier et de traiter les impacts sur les droits de l’homme tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement. Miriam-Lena Horn, de la Confédération allemande des syndicats (DGB), a souligné l’importance d’impliquer les parties prenantes, y compris les syndicats, dans le processus de diligence raisonnable afin de garantir une mise en œuvre et une responsabilisation efficaces.

“La diligence raisonnable en matière de développement durable des entreprises prévoit la consultation des acteurs concernés tout au long des chaînes d’approvisionnement, ce qui renforcera l’implication des syndicats”,

a déclaré Miriam-Lena Horn.

Les participants ont travaillé au sein de trois groupes thématiques axés sur la prévention des conflits et leur résolution ainsi que sur la gouvernance. Les groupes ont identifié des domaines clés à améliorer, notamment la mise en place de mécanismes transparents de règlement des plaintes, l’amélioration de la formation sur la HDDR et le développement de structures de gouvernance claires pour superviser la mise en œuvre des mesures convenues.

Les parties prenantes ont exprimé leur ferme volonté de poursuivre le dialogue et de mettre en œuvre les stratégies définies lors de la réunion. Le dialogue se poursuivra au cours des prochains mois, des groupes de travail étant chargés de mettre en œuvre la feuille de route et de réaliser des progrès concrets d’ici la fin de l’année.

Georg Leutert, Directeur d’IndustriALL pour le secteur automobile, a souligné les progrès réalisés :

“Nous disposons désormais d’une feuille de route commune”,

a conclu Georg Leutert.

“Mais les prochaines étapes doivent transformer nos bonnes intentions en changements structurels durables, à commencer par un nouvel élan en faveur des droits syndicaux. Avec cette initiative multipartite, nous avons l’opportunité de nous éloigner du cas par cas et de nous attaquer aux défis systémiques des droits du travail d’une manière qui crée une solution durable pour les droits des travailleurs, les conditions de travail et tous les autres domaines de la HDDR dans les chaînes d’approvisionnement de l’automobile en Turquie.”

À propos du dialogue sectoriel allemand

Lancé par le gouvernement allemand en 2020, le dialogue sectoriel de l’automobile réunit les constructeurs automobiles, les fournisseurs, les syndicats, des ONG et des institutions de défense des droits de l’homme pour faire progresser la HRDD dans les chaînes d’approvisionnement. En cinq ans, l’initiative a permis de publier des orientations pratiques et de favoriser la collaboration au sein du secteur. Bien que le financement gouvernemental prenne fin, les participants, y compris les constructeurs automobiles, IG Metall, IndustriALL, les ONG et d’autres, ont accepté de poursuivre le travail volontairement dans le cadre du Pacte mondial des Nations unies pour l’Allemagne, désormais autofinancé par les membres.

La direction d’IndustriALL réaffirme sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses pakistanais

Lors de la réunion de leur Conseil à Islamabad, les dirigeants des affiliés ont eu une discussion approfondie avec le secrétaire général, Atle Høie et le secrétaire général adjoint, Kemal Özkan, sur les questions syndicales urgentes. Les dirigeants syndicaux se sont inquiétés de l’augmentation continue du travail précaire et des réformes proposées du droit du travail qui menacent d’affaiblir davantage les droits des travailleurs et travailleuses.

Alors que les travailleurs et travailleuses du secteur du textile et de la confection revendiquent depuis longtemps des salaires vitaux et de meilleures conditions de travail, certaines garanties ont été introduites grâce à la mise en œuvre de l’Accord. Toutefois, la lutte pour des lieux de travail sûrs se poursuit, en particulier dans le secteur minier, où les protections restent insuffisantes.

Les affiliés ont soulevé ces questions auprès des employeurs et des gouvernements des États fédérés et certaines victoires ont été remportées, comme l’arrêt de la Cour suprême de l’année dernière, qui a accordé à 55 salariés en sous-traitance d’IFFCO Pakistan un statut permanent.

“IndustriALL apporte son soutien total à tous les travailleurs et travailleuses du Pakistan en lutte. Nous sommes avec vous dans cette lutte. Si nous voulons nous assurer que les droits des travailleurs et travailleuses progressent, nous devrons nous serrer les coudes et nous faire entendre de manière unie. L’unité est notre plus grande force et personne ne peut nous vaincre dans notre lutte pour la justice tant que nous restons unis,”

a déclaré Atle Høie.

IndustriALL a également rencontré des représentants du gouvernement, soulevant des questions clés concernant la mise en œuvre de la Convention de Hong Kong, la réforme du droit du travail et la sécurité dans les mines. Les discussions ont reflété l’engagement permanent d’IndustriALL à améliorer la santé et la sécurité au travail dans tous les secteurs.

Le Pakistan doit encore ratifier la Convention 176 de l’OIT, un instrument clé pour améliorer la sécurité dans les mines. IndustriALL a soulevé cette question lors d’une réunion avec des fonctionnaires fédéraux, qui ont confirmé que des mesures étaient prises pour ratifier cette convention d’ici la fin de l’année.
Le Pakistan a récemment ratifié trois instruments de l’OIT : le protocole de 2014 de la Convention sur le travail forcé, la Convention du travail maritime et la Convention sur les statistiques du travail.

Le gouvernement a exprimé son intention de ratifier trois autres conventions fondamentales dans un avenir proche : la Convention 155 sur la sécurité et la santé au travail, la Convention 187 sur le cadre promotionnel pour la sécurité et la santé au travail et la Convention 176 sur la sécurité et la santé dans les mines. Ces ratifications devraient être effectives au début de l’année prochaine et représentent une victoire majeure pour IndustriALL et ses affiliés au Pakistan, l’exemple même d’années de plaidoyer et de travail syndical pour pousser à des protections plus solides pour les travailleurs et travailleuses.

“Comme d’autres pays d’Asie du Sud, le Pakistan est confronté à de nombreux défis, qu’ils soient politiques, économiques ou sociaux. Pour garantir la protection des droits des travailleurs et travailleuses et l’amélioration des conditions de travail, il est impératif que les syndicats mènent une lutte forte et unie. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons faire avancer la lutte des travailleurs et travailleuses. Nous devons rester unis dans la défense des salaires vitaux, de la sécurité sociale et de lieux de travail plus sûrs, y compris la ratification de la Convention C176 de l’OIT pour garantir la sécurité dans les mines,”

 a déclaré Kemal Özkan.


 

Une lutte unifiée est essentielle pour faire progresser les droits des travailleurs

Le 1er mai, IndustriALL a défilé dans les rues de Dacca, aux côtés de milliers de travailleurs et travailleuses, célébrant les luttes et les victoires du mouvement ouvrier. À l’occasion de la fête internationale du travail, les affiliés ont accueilli chaleureusement les dirigeants d’IndustriALL. S’adressant à un large rassemblement de travailleurs et travailleuses, le secrétaire général Atle Høie a déclaré :

“Nous sommes totalement solidaires des travailleurs et travailleuses du Bangladesh et nous nous engageons à faire avancer la lutte pour des lieux de travail sûrs et sécurisés ainsi qu’un salaire vital pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses. Nous devons lutter ensemble pour garantir et faire respecter le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective pour tous. Les affiliés d’lndustriALL à travers le monde sont à vos côtés dans la lutte pour faire avancer les droits des travailleurs et travailleuses au Bangladesh.”

Au cours de cette visite, les dirigeants d’IndustriALL ont rencontré les affiliés pour discuter en détail de la mise en œuvre de la feuille de route de l’OIT et du rapport de la Commission de réforme du travail mise en place par le gouvernement intérimaire. Atle Høie et le secrétaire général adjoint Kemal Özkan ont également rencontré le président de la Commission pour discuter des questions clés du rapport et explorer les solutions possibles.

L’une des principales préoccupations soulevées par les dirigeants syndicaux concerne le salaire minimum extrêmement bas des travailleurs et travailleuses de l’industrie de la confection dans le pays, qui, malgré les promesses du gouvernement intérimaire, n’a toujours pas été revu. Les salaires de misère poussent les travailleurs et travailleuses à faire des heures supplémentaires, ce qui a un impact sur leur santé et leur sécurité sur le lieu de travail.

Les dirigeants ont également fait savoir que le droit à la liberté syndicale est toujours menacé dans les zones franches d’exportation, tandis que l’enregistrement des syndicats est entravé par des formalités administratives et des processus bureaucratiques fastidieux. Les employeurs ont recours à l’inscription de travailleurs et travailleuses sur des listes noires pour les punir de leur participation à des activités syndicales, dans le but de les dissuader d’adhérer à des syndicats.

“Les défis à venir ne peuvent être relevés que si les affiliés opèrent dans l’unité. La division est perçue comme une faiblesse, elle est exploitée par le gouvernement et les employeurs et ne sert pas les millions de travailleurs et travailleuses qui ont besoin de protection. Nous exhortons nos affiliés à aplanir leurs divergences et à s’unir derrière un ensemble commun de priorités et d’objectifs,”

a déclaré Kemal Özkan.

Au cours de cette visite, les dirigeants ont également rencontré des représentants du gouvernement pour discuter des recommandations de la Commission de réforme du travail, de la mise en œuvre de la feuille de route de l’OIT, ainsi que de la préparation du pays à la mise en œuvre de la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires, qui doit entrer en vigueur en juin de cette année. Selon les affiliés, le Bangladesh devrait ratifier les conventions 155 et 187 de l’OIT d’ici à la fin de 2025.
 

Les syndicats du secteur de l’énergie en Amérique latine œuvrent en faveur d’une transition juste tenant compte de la dimension de genre

Le séminaire faisait partie d’une série de trois rencontres de ce type organisées par IndustriALL avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert (FES). L’objectif est de renforcer la mise en œuvre du guide syndical de pratiques pour une transition juste.

Dans son discours d’ouverture, Oliver Dalichau, directeur de la branche colombienne de la FES, FESCOL, a souligné le lien entre une transition juste et la santé et la sécurité au travail.

“Ce n’est pas un hasard si nous commençons ce séminaire le 28 avril, Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail”, a-t-il déclaré. “Le changement climatique entraîne des défis majeurs pour la santé des travailleurs et travailleuses. Nous devons veiller à ce que tous les emplois soient décents, sûrs et sains.”

La situation en Colombie a servi de point de départ aux débats sur les défis auxquels le secteur de l’énergie est confronté dans la région. La directrice des projets de FESCOL, Alejandra Trujillo, a expliqué comment une coalition syndicale avait été créée en Colombie pour assurer une transition juste tenant compte de la dimension de genre, en réponse au manque de femmes impliquées dans les activités de plaidoyer sur cette question.

La secrétaire régionale adjointe d’IndustriALL, Laura Carter, a évoqué la multinationale Glencore, filiale de Prodeco, qui a unilatéralement renoncé à ses concessions minières sans s’acquitter pleinement de ses responsabilités en matière sociale. Elle a déclaré qu’il était à craindre que Glencore n’adopte une stratégie similaire pour sa mine de Cerrejón.

L’avocate Ana Catalina Herrera a exposé les stratégies du syndicat pour contrer les actions de Glencore, notamment les efforts juridiques visant à protéger les droits syndicaux et une pétition adressée à la Commission interaméricaine des droits de l’homme. La décision qui en a résulté a mis l’accent sur la nécessité d’obtenir des réparations complètes et de mettre en place des mécanismes de dépôt de plaintes indépendants afin de garantir la fermeture des mines de manière responsable.

Diana Junquera Curiel, Directrice de l’énergie d’IndustriALL, a mis en lumière les principales tendances mondiales en matière d’énergie, l’évolution du marché, l’énergie en tant qu’outil géopolitique et le regain d’intérêt pour le nucléaire, tout en soulignant l’imprévisibilité du secteur, à l’exemple de la panne d’électricité qui a touché l’Espagne et le Portugal.

“En l’espace de quelques heures, la panne du 7 mai, toujours inexpliquée, a bouleversé tout un pays. Ce type d’incident peut modifier la façon dont nous envisageons la stratégie énergétique d’un pays tout entier. En tant que syndicats, nous devons penser à long terme, essayer d’anticiper différents scénarios et développer des stratégies pour protéger les travailleurs et travailleuses,” 

a déclaré Diana Junquera Curiel.

Elle a également souligné la nécessité de disposer de données sur les emplois futurs et les compétences qu’ils exigeront. “Nous devons nous organiser pour que les travailleurs et travailleuses qui occuperont ces nouveaux emplois soient syndiqués et bénéficient de conditions de travail décentes. Nous devons également veiller à mettre en place des solutions pour les travailleurs et travailleuses qui perdront leur emploi; lorsqu’une porte se ferme, une autre doit s’ouvrir.”

Les participantes ont présenté des plans d’action adaptés à leur secteur et à leur pays. Ces plans comprennent la réalisation de campagnes de sensibilisation, l’analyse du marché du travail et la défense de politiques publiques, la création de réseaux de femmes membres de syndicats, la mise en place de coalitions tripartites et l’inclusion de clauses de transition juste dans les conventions collectives.

Les participantes ont insisté sur l’intégration des besoins des femmes dans les processus de transition en garantissant l’accès à la formation, à des emplois de qualité, à la prise de décision et à l’infrastructure sociale, en s’appuyant sur des données ventilées par sexe et sur des efforts visant à éliminer les obstacles structurels.

Diana Junquera Curiel a également souligné que la négociation collective est un outil essentiel pour garantir une transition juste aux travailleurs et travailleuses. Les bonnes pratiques à cet égard comprennent la retraite anticipée, la relocalisation, la formation professionnelle et les investissements auprès des communautés touchées. Les organes tripartites et la négociation collective sont également essentiels pour atteindre ces objectifs.

Le séminaire comprenait un exercice de jeu de rôle sur la négociation collective, donnant aux participantes l’occasion d’exercer leurs compétences en termes de définition des priorités, de présentation des revendications et de réponse aux tactiques et arguments de l’employeur.

IndustriALL continuera à soutenir les participantes dans la mise en œuvre de leurs plans d’action au cours de l’année à venir.

Le syndicat interpelle le Parlement sur les violations des droits des travailleurs de Fine Spinners

travailleurs et des droits de l’homme chez Fine Spinners Uganda.
L’UTGLAWU, affilié à IndustriALL, “demande une enquête immédiate et une remédiation à la violation flagrante des droits des travailleurs et travailleuses chez Fine Spinners Uganda Limited.”

Dans sa requête datée du 14 avril, le syndicat a fermement rappelé à l’employeur sa responsabilité, car les travailleurs et travailleuses “méritent de travailler dans des conditions qui respectent leur dignité et leurs droits.”

Le syndicat a expliqué comment le fabricant de vêtements Fine Spinners viole les droits des travailleurs protégés par la législation nationale du travail. Il s’agit notamment de violations de la liberté syndicale, en refusant de signer un accord de reconnaissance avec l’UTGLAWU, qui a pourtant syndiqué plus de 50 % des travailleurs et travailleuses. L’employeur refuse de signer depuis plus de 10 ans et a même ignoré une injonction du ministère du travail et de l’emploi lui imposant de se conformer à la loi.
Fine Spinners ne verse pas non plus les salaires à temps, ce qui rend la vie difficile aux travailleurs et travailleuses ainsi qu’à leurs familles, car ils ne parviennent pas à payer les frais de scolarité, les loyers et autres dépenses de base. En outre, l’entreprise paie beaucoup moins bien que d’autres. Selon le syndicat, les travailleurs et travailleuses de Fine Spinners reçoivent 150.000 shillings ougandais par mois (équivalent à 41 dollars), alors que les salaires dans l’industrie sont d’environ 800.000 shillings par mois (217 dollars). Les travailleuses enceintes ne bénéficient pas de protection, notamment du congé de maternité, et doivent travailler en équipe de nuit. L’employeur ne verse pas non plus les retenues du fonds national de sécurité sociale. En outre, des travailleuses ont informé le syndicat qu’elles étaient enfermées dans des usines dépourvues d’issues de secours. 

Une travailleuse a fait état du harcèlement sexuel auquel elle a été confrontée et des agressions physiques subies lors d’une tentative de viol qui lui a causé de graves blessures au cou et aux dents. La travailleuse, qui était enceinte de sept mois, a fait une fausse couche à cause de cette violente agression. Elle a signalé la tentative de viol à la police et l’affaire est actuellement devant le tribunal de première instance de Nakawa. Mais la réponse de Fine Spinners à l’action en justice a été de mettre fin à son contrat, alors qu’elle comptait cinq ans de service, tandis que l’auteur de l’agression, qui est un cadre, reste en poste.

“Il existe des rapports alarmants de violence et de harcèlement basés sur le genre, y compris l’exploitation sexuelle et le viol par certains managers, qui ont été signalés à la police et dont les auteurs ne sont pas punis,”

 a déclaré Eli Peter Bendo, secrétaire général de l’UTGLAWU.


Dans des lettres adressées à Fine Spinners, Byakatonda Abdulhi, Parlementaire ougandais chargé des travailleurs, a déclaré qu’il facilitait le dialogue entre l’entreprise de confection et l’UTGLAWU afin de répondre aux préoccupations du syndicat. La centrale syndicale, l’Organisation nationale des syndicats, est également impliquée. Par l’intermédiaire de ses avocats, Fine Spinners a fait part de sa volonté de dialoguer avec les syndicats.

La secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré:

“Nous nous félicitons de la facilitation du dialogue par le député des travailleurs et nous demandons instamment à Fine Spinners de cesser les abus à l’encontre de sa main d’œuvre et de respecter les droits des travailleurs et les droits de l’homme, ainsi que de verser des salaires vitaux.”

Une syndicaliste porte la voix des travailleurs au parlement namibien

Dans son premier discours, le 9 avril dernier, elle a appelé le gouvernement namibien à finaliser la modernisation des lois, notamment la loi sur le travail, la loi sur la sécurité sociale et la loi sur l’action positive (emploi), afin de s’assurer que les employeurs s’y conforment. En outre, elle a indiqué que les travaux de la Commission pour l’équité en matière d’emploi devaient inclure l’égalité des sexes ainsi que les travailleuses et travailleurs sous-représentés. Elle a également demandé au gouvernement de

“veiller à ce que les grèves légales soient respectées et à ce que les travailleurs et travailleuses ne perdent pas leur revenu au moment d’exercer leur droit de grève, conformément à la constitution, dans le cadre d’une négociation collective équitable.”

Justina Jonas, du Syndicat namibien de la métallurgie et des secteurs connexes (MANWU), est députée du parti au pouvoir, la SWAPO. Elle a travaillé dans l’économie formelle et informelle en tant qu’agent de sécurité, vendeuse de nourriture dans la rue et coiffeuse. Elle est une syndicaliste active depuis 2003 et a accédé au poste de Secrétaire générale. Elle a également travaillé au sein du département de l’éducation du syndicat, où elle a mis en œuvre des programmes sur la santé et la sécurité, les droits des travailleurs et l’égalité des sexes et a fait campagne pour l’emploi des jeunes ainsi que le salaire vital.

Le MANWU est un affilié d’IndustriALL et représente les travailleurs et travailleuses des secteurs de la construction, de la métallurgie, de l’ingénierie, de la construction automobile ainsi que d’autres secteurs industriels.

Justina Jonas a soutenu les plans de la déclaration budgétaire nationale visant à créer 500.000 emplois, à fournir une éducation et des soins de santé de qualité, à assurer un accès équitable à la terre, au logement et à la collecte des déchets, ainsi qu’à éradiquer la pauvreté.

Elle a participé à des campagnes pour la ratification de la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail (OIT) visant à mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail. En 2020, la Namibie est devenue le premier pays africain à ratifier cette convention. Depuis, elle participe à des campagnes visant à mettre en œuvre des politiques sur le lieu de travail conformément à la Recommandation 206 de l’OIT (recommandation sur la violence et le harcèlement).

“Je suis en quelque sorte une détachée des travailleurs et travailleuses. Pendant trop longtemps, les aspirations des travailleurs et travailleuses ont été absentes de l’organe législatif de l’État, d’où l’adoption au Parlement de nombreux projets de loi qui parfois compromettaient les droits des travailleurs. Grâce à mon expérience du monde du travail, je veillerai à ce que les projets de loi qui seront débattus au cours de mon mandat de députée tiennent compte des aspirations des travailleurs et travailleuses”,

a-t-elle déclaré dans une interview accordée à IndustriALL.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a pour sa part déclaré :

"Nous célébrons l’élection de Justina Jonas au Parlement de Namibie. C’est une double victoire, à la fois pour le monde du travail et pour la représentation des femmes dans les assemblées législatives en Afrique. Elle est un brillant exemple de la réussite de nos campagnes régionales en faveur de l’égalité des sexes et de la promotion du leadership féminin.”

Son Excellence, la Présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah est la première femme chef d’État de Namibie et plus de 50 % de son cabinet est composé de femmes. La Vice-présidente est Lucia Witbooi et huit des 14 ministres du pays sont des femmes. Le parlement namibien compte également plus de 40 % de députées et c’est une femme, Saara Kuugongelwa-Amadhila, qui préside le parlement.

Les syndicats indonésiens lancent un centre d’alerte sur la santé et la sécurité au travail

Ce centre d’alerte servira de plateforme d’échange sur les maladies professionnelles pour les travailleurs et travailleuses victimes de l’industrie manufacturière en Indonésie. Le centre est soutenu par des médecins du travail, des avocats spécialisés dans le droit du travail et des ONG travaillant sur les questions de SST.

Les affiliés d’IndustriALL en Indonésie s’engagent à activer leurs départements SST pour s’impliquer auprès du centre d’alerte, visant à signaler au moins trois cas au gouvernement en 2025.

Le nombre de cas de maladies professionnelles déclarés en Indonésie reste particulièrement faible, avec seulement 91 cas en 2023, contre 8.155 en Malaisie et 1.229 à Singapour. Néanmoins, les adhérents syndicaux soulèvent fréquemment des préoccupations concernant des douleurs lombaires, des maladies pulmonaires, l’insuffisance rénale et les cancers lors des réunions sur la SST.

À l’avenir, le centre d’alerte organisera un dialogue tripartite afin de promouvoir de meilleures pratiques en matière de SST, notamment en ce qui concerne les maladies professionnelles. Le Conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie se réunira également tous les mois pour assurer la bonne coordination du centre d’alerte.

Le président du conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie, Iwan Kusmawan, a déclaré :

“Il est du devoir des syndicats d’intensifier la surveillance des maladies professionnelles et de défendre les droits des travailleurs et travailleuses touchés par la maladie sur les lieux de travail. La ligne d’assistance téléphonique du centre d’alerte montre que le Conseil indonésien prend la question très au sérieux. Des procédures ouvertes et transparentes doivent être suivies en cas de découverte d’une maladie professionnelle et les entreprises ainsi que l’agence de sécurité sociale doivent fournir des solutions rapides.”

Le secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, Ramon Certeza, a déclaré :

“Je félicite les affiliés indonésiens pour la mise en place de ce centre d’alerte, qui constitue une étape remarquable pour améliorer les normes de santé et de sécurité dans les secteurs manufacturiers en Indonésie. Cela montre le rôle indispensable des syndicats dans l’amélioration de la santé et du bien-être des travailleurs et travailleuses.”

Environ 70 syndicalistes ont assisté à ce lancement, rejoints par des représentants du ministère de la main-d’œuvre (Muhammad Idham), du ministère de la santé (Dr. Inne Nutfiliana), du Conseil indonésien de la sécurité sociale et de l’équipe de travail nationale sur la santé au travail, qui soutiennent l’initiative.

Cette activité est soutenue par Union to Union et les affiliés suédois d’IndustriALL.
 

IndustriALL et Sintracarbón appellent Glencore à un dialogue constructif sur les réductions de production au Cerrejón, en Colombie

Glencore a annoncé qu’elle réduirait la production de charbon de sa mine du Cerrejón en Colombie de 5 à 10 millions de tonnes cette année. Cerrejón affirme que ces réductions n’auront aucun impact sur les engagements sociaux et environnementaux de l’entreprise, mais Sintracarbón et les communautés environnantes s’inquiètent néanmoins des effets qu’elles auront.

Le syndicat et les communautés environnantes ont demandé à Cerrejón de fournir des informations plus détaillées sur les conséquences des réductions annoncées, mais n’ont pas obtenu de réponse. La direction de Cerrejón affirme qu’elle ne dispose pas de ces informations, car toutes les décisions sont prises par Glencore en Suisse.

Igor Diaz, membre du Comité exécutif national de Sintracarbón, a indiqué que tout s’était passé soudainement, l’annonce des réductions par l’entreprise ayant pris les travailleurs et travailleuses par surprise :

“Nous voulons savoir ce que Glencore prévoit pour Cerrejón, sa filiale en Colombie. Nous voulons savoir ce qu’elle a l’intention de faire, car ces décisions pourraient créer toute une armée de chômeurs.”

“Nous voulons savoir si cela fait partie du plan de fermeture de la mine du Cerrejón prévu pour 2034. Nous avons travaillé sur la diversification économique, mais nous n’avons pas encore de solutions alternatives,”

 a déclaré Igor Diaz.

Le secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a écrit un courrier au PDG de Glencore en Suisse, Gary Nagle, pour lui demander plus d’informations sur la manière dont il s’attend à ce que ces réductions chez Cerrejón n’aient pas d’impact sur l’emploi et sur les engagements environnementaux de l’entreprise.
Atle Høie termine sa lettre comme suit :

“Glencore a par le passé montré sa capacité, au niveau d’autres entités confrontées à des conditions similaires, à engager un dialogue significatif avec les travailleurs et les communautés concernées. Dans un souci de cohérence dans l’application de ses politiques, nous demandons à Glencore de veiller à ce que ses projets pour Cerrejón soient marqués du sceau de la transparence.”