Les syndicats agissent contre le travail précaire chez Shell

Les affiliés d’IndustriALL Global Union au Ghana, au Nigeria, en Irak et au Pakistan ont organisé des activités et des manifestations contre le travail précaire chez Shell, pendant qu’aux États-Unis, les Métallos USW ont sensibilisé leurs sections locales afin de conscientiser sur la menace que représente le travail précaire au sein de l’entreprise.

Aux Pays-Bas, la FNV a distribué des tracts à ses membres de Shell appelant la multinationale à appliquer les normes européennes à l’ensemble de ses activités dans le monde et à mettre en œuvre ce qu’elle prêche s’agissant des droits des travailleurs et de la durabilité. Le syndicat néerlandais a également écrit au PDG de Royal Dutch Shell, Ben van Beurden, ainsi qu’à Jeanine van Barlingen, Directrice RH du Département Production de Shell aux Pays-Bas.

Au Ghana, le Syndicat des travailleurs de la chimie et de l’industrie a uni ses forces aux affiliés d’IndustriALL présents dans le pays pour faire campagne contre le travail précaire et tous y ont intégré cette année Shell en tant que cible. Chaque année, les syndicats soumettent une nouvelle proposition législative pour combattre des problématiques telles que la médiocrité des agences de recrutement, l’emploi en sous-traitance et le travail temporaire. Ils ont également accordé des interviews aux radios, télévisions et organes de presse.

Ces syndicats sont convenus de prendre part à la campagne d’IndustriALL pour dire Stop au travail précaire à la suite de la réunion du réseau syndical mondial pour Shell qui s’était tenue les 25 et 26 septembre aux Pays-Bas. La réunion a mis en lumière le recours croissant à des travailleurs précaires et des sous-traitants, en particulier dans des pays comme le Nigeria, l’Argentine et les Pays-Bas. Au Nigeria, des études ont montré que Shell emploie plus de 50.000 travailleurs et travailleuses en sous-traitance, à comparer à seulement 4.500 salariés permanents.

Au Brésil, la Fédération des salariés de l’agriculture de l’État de São Paulo (FERAESP) a manifesté à São José do Rio Preto, où se tenait le Congrès brésilien sur la législation du travail agricole. Les réformes législatives en cours dans le pays ne vont faire qu’accroître fortement la précarité de l’emploi.

Le syndicat italien FEMCA CISL a saisi l’opportunité de la Journée mondiale pour le Travail décent pour lancer, par le biais des médias sociaux, un appel à dire Stop au travail précaire chez Shell qui a été largement diffusé et partagé.

La Directrice d’IndustriALL pour l’Énergie, Diana Junquera Curiel, a commenté :

“Nous sommes heureux que tant de participant(e)s de la réunion du Réseau syndical mondial pour Shell ont décidé d’agir ce 7 octobre pour revendiquer que soit mis fin au travail précaire au sein de l’entreprise. Nous avons acquis la conviction au départ de ces actions que nous avons là la base pour mener à l’avenir une campagne solide et unifiée contre Shell.”

Des travailleurs géorgiens battus par des vigiles

Le 4 octobre, trois travailleurs ont été passés à tabac par des agents de sécurité après avoir rencontré le chef du service de surveillance pour demander une révision du calcul de leurs salaires.

Les travailleurs ont posé l'outil en signe de protestation. Les agents de sécurité les ont alors provoqués en les insultant, avant d'appeler la police.

Le 6 octobre, le représentant de l'employeur a frappé un autre travailleur venu protester après un bref échange verbal. L'incident a été enregistré par une caméra de surveillance.

La police a ouvert une enquête et les travailleurs ont contacté notre affilié, le Syndicat des travailleurs de l'industrie métallurgique, minière et chimique de Géorgie. Celui-ci a averti la Confédération géorgienne des syndicats, le ministère du Travail, de la Santé et des Affaires sociales de Géorgie et fourni une assistance juridique aux travailleurs.

Tamaz Dolaberidze, le Président du Syndicat des travailleurs de l'industrie métallurgique, minière et chimique de Géorgie a déclaré que c'est la troisième fois dans sa carrière de syndicaliste que des représentants de la direction battent des travailleurs.

"Il est inacceptable que des employeurs croient pouvoir utiliser la violence contre des travailleurs en toute impunité. Notre syndicat appuie les revendications des travailleurs qui réclament la sécurité sur le lieu de travail."

Après une manifestation devant les grilles de l'usine, le 7 octobre, les travailleurs et le syndicat ont été invités à une négociation qui a donné les résultats suivants :

À l'annonce de l'accord, les travailleurs ont décidé de reprendre le travail et de collaborer dorénavant avec le syndicat.

La société Albatross fabrique des portes et des fenêtres dans quatre sites de production à Tbilissi où elle emploie environ 250 personnes.

Inde: les travailleurs auxiliaires de l’aciérie Tata agressés par la police

Alors qu’ils manifestaient devant les portes de l’aciérie Tata à Jamshedpur, les travailleurs et leurs familles ont été frappés brutalement par un groupe de policiers, qui se sont également servis d’un canon à eau. Environ 40 manifestants ont été blessés lors de l’agression.

La police a aussi engagé des poursuites contre un grand nombre de travailleurs sous de fausses accusations.

Les travailleurs manifestants exigent:

Le Secrétaire régional d’IndustriALL Global Union, Apoorva Kaiwar, a indiqué:

L’attaque des travailleurs par la police est totalement inacceptable. IndustriALL appelle la direction à entamer des négociations pour résoudre le problème et prendre des mesures immédiates pour que soient retirées les plaintes policières contre les employés qui manifestent pour préserver les intérêts des travailleurs et de leurs familles.

En septembre 2016, Tayo Rolls Limited (TAYO), filiale de Tata Steel Limited, a fait une demande de mise en liquidation pour obtenir l’autorisation du gouvernement de fermer l’unité. L’entreprise emploie actuellement quelque 399 travailleurs permanents et environ 700 travailleurs contractuels.

Par ailleurs, l’entreprise a offert un régime d’indemnisation des départs volontaires aux travailleurs en tant que compensation pour mettre fin volontairement à leur emploi. Alors que de nombreux travailleurs ont accepté ce régime, quelque 284 travailleurs réguliers l’ont refusé alléguant de l’insuffisance du montant de la compensation de 18 mois de salaires de base et de la prime de cherté de la vie initialement offertes via ce régime.

En guise de contestation de la fermeture, les travailleurs ont adressé une requête au ministère du travail, de l’emploi et de la formation pour demander au gouvernement de rejeter la demande de mise en liquidation, en avançant que les actes de corruption des responsables de la société avaient causé des pertes à l’entreprise, que cette dernière devrait être relancée et un emploi fourni à tous les travailleurs. L’entreprise étant une filiale de l’aciérie Tatal, les travailleurs pourraient être replacés dans d’autres unités.

Le 27 octobre 2016, le premier Secrétaire du ministère du Travail de Jharkhand a promulgué un arrêté rejetant la mise en liquidation.

L’entreprise a arrêté de payer les salaires en octobre 2016. Le gouvernement ayant rejeté la mise en liquidation, les travailleurs réclament que celle-ci continue de verser les salaires selon la loi sur le paiement des salaires.

Les travailleurs n’ont pas été payés depuis au moins de 11 mois. En juin 2017, ils ont porté le litige devant le Tribunal des prud’hommes, lui demandant d’enjoindre l’entreprise de s’acquitter de ses dus. La question est en examen.

Parallèlement, l’entreprise a fait appel de la décision de la Haute Cour sur la fermeture. Les délibérations sont actuellement en cours.

Rakeshwar Pandey, membre du syndicat des travailleurs de Tayo, a déclaré:

Nous condamnons l’attaque de la police contre les manifestants pacifiques. Le litige est devant les cours de justice à différents niveaux. Cependant, de telles représailles ne sont pas attendues de la part de la direction de Tata et du gouvernement. La direction de Tata doit se manifester pour régler le problème par des moyens démocratiques.

IndustriALL publie un document d’information sur Freeport à l’intention des investisseurs

Freeport et le gouvernement d’Indonésie négocient de longue date sur le contrôle de la mine de Grasberg. Le gouvernement veut prendre une participation de 51 pour cent dans la mine et a suspendu la licence d’exportation de Freeport pour obliger la compagnie à céder ses parts sociales.

Freeport a dès lors procédé à des licenciements pour raisons économiques, à l’origine d’une grève. Les travailleurs sont en grève depuis le 1er mai; 4 200 ont été licenciés par l’entreprise.

Les travailleurs se sont mobilisés pour la dernière fois, le 7 octobre, lors de la Journée mondiale pour un travail décent, pour souligner le problème persistant du travail précaire à Grasberg et exiger le rétablissement dans leur emploi des travailleurs licenciés.

Le document d’information à l’intention des investisseurs attire l’attention sur la situation, en soulignant les conflits, et la non perception de revenus par les travailleurs licenciés ainsi que leur impossibilité d’accéder à un crédit, à un logement, à l’éducation ou aux soins médicaux durant quatre mois. Plusieurs personnes en seraient mortes.

Le document énonce le risque que la situation pourrait poser aux investisseurs et appelle les actionnaires à:

Selon les informations disponibles, le gouvernement indonésien est proche d’arriver à un accord avec Freeport sur la cession des parts sociales. On ignore quelle partie aura le contrôle opérationnel de la mine et quelles seront les conséquences de la transaction sur la force de travail.

Le secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Les investisseurs de Freeport doivent connaître la situation explosive créée à Grasberg et enjoindre la compagnie à régler la situation.

« Le mépris irresponsable de Freeport pour les droits des travailleurs a provoqué une crise des droits de l’homme à Grasberg. IndustriALL continuera à lutter jusqu’à ce que tous les travailleurs licenciés soient rétablis dans leur fonction ».

Ukraine : nouvelle vague de protestations contre les salaires impayés

Ce 9 octobre, 70 mineurs de Volynvuhillia ont mené une action de protestation au point de contrôle international de Yahodyn à la frontière entre la Pologne et l’Ukraine. Les manifestants ont bloqué la route à partir de 11h30, perturbant le trafic. Les travailleurs ont ensuite accepté de laisser passer les voitures particulières une par une mais le trafic des camions a été bloqué jusqu’en soirée.

Avant cela, 1.600 mineurs de Buzhanska et Novovolinskaya n° 9 avaient refusé de descendre dans les tailles pendant près d’une semaine, exigeant de recevoir leurs arriérés de salaires. À la suite de cela, le Ministère de l’Énergie et de l’Industrie du Charbon a versé des salaires pour juillet, mais seulement aux mineurs de fond.

Les 8 et 9 octobre, plus de 40 mineurs de la mine Kapitalnaya, qui appartient à l’entreprise étatique Myrnohradvugilly, ont refusé de regagner la surface. Ils avaient seulement perçu globalement 17 millions de hryvnias ukrainiennes (640.000 dollars) sur les 49 millions (1,8 million de dollars) qui leurs sont dus.
 
Mychailo Volynets, Président du NPGU, a déclaré :

“Un des mineurs a fait un malaise et a perdu connaissance. Des conditions difficiles et du stress affectent la santé de ces personnes qui réclament justice. Les mineurs ont décidé de protester sous terre en alternance, pas plus d’une journée à la fois. Les militants du syndicat fournissent de la nourriture et de l’eau aux manifestants”.

Valery Mamchenko, Président adjoint du Syndicat des mineurs de charbon d’Ukraine a déclaré :

“Le problème principal est le retard de paiement des salaires, la dette totale s’élevant à ce stade à 340 millions de hryvnias ukrainiennes (12,8 millions de dollars). Nous faisons de notre mieux pour aider à ce que ces mineurs soient payés”.

Auparavant, une importante grève avait eu lieu en juillet 2017 à l’entreprise étatique Lysychanskvugillya dans la région de Lugansk. 91 mineurs issus de deux mines étaient restés au fond pour protester contre des retards de paiement remontant à 2015.

Valery Mamchenko rapporte qu’un groupe de travail spécial sur le règlement des situations de crise au sein de l’industrie du charbon a été créé en août 2017, grâce aux efforts déployés par les syndicats. Il va poursuivre ses réunions. À côté de cela, le syndicat mène un dialogue social avec des représentants du parlement, la Verkhovna Rada, partiellement couronné de succès, et se prépare pour l’action générale du 14 novembre.

Le P-DG de Ternium n'est pas le bon candidat pour le prix Steelie Awards

Le P-DG de Ternium, Daniel Novegil, est un des quatre candidats retenus pour l'attribution du prix de "Communicateur de l'industrie de l'année" qui sera décerné aux 8e Steelie Awards, le lundi 16 octobre à Bruxelles.

Or, à plusieurs reprises, l'entreprise de Daniel Novegil a traité par le mépris et refusé de communiquer avec Sitraternium, le syndicat qui représente les travailleurs de l'usine Ternium au Guatemala.

Le 14 septembre 2017, IndustriALL, Sitraternium et l'United Steelworkers ont déposé plainte à l'OCDE contre Ternium pour ses violations des Principes directeurs de l'Organisation pour les entreprises multinationales s'agissant des droits des travailleurs au Guatemala.

Dans une lettre adressée au Directeur général de worldsteel, Edwin Basson, Carlos De Sanctis, du Conseil mondial des travailleurs de Tenaris Ternium, écrit que le conseil "a exprimé ses préoccupations et recherché le dialogue avec l'entreprise à de multiples reprises, sans avoir reçu de réponse de M. Novegil ou de quiconque chez Ternium. Bien que les tribunaux aient jugé à de multiples occasions que son entreprise avait agi illégalement pour empêcher des travailleurs d'exercer leurs droits fondamentaux, le P-DG ne s'est pas prononcé publiquement sur la question et l'entreprise a poursuivi ses violations des droits en toute illégalité".

Il ajoute "nous estimons que, dans les circonstances actuelles, M. Novegil "ne donne pas la meilleure image de l'industrie sidérurgique à la face du monde", que ce prix est censé distinguer."

Au cours des quatre dernières années, Ternium International Guatemala a licencié des dirigeants syndicaux et ne les a réintégrés que sur injonction de la justice; elle a refusé de rémunérer le congé syndical alors que la législation guatémaltèque l'y oblige; et elle a repoussé toutes les propositions du syndicat de négocier une convention collective, même lorsque le vice-ministre du Travail du Guatemala a proposé ses services en tant que médiateur.

Les candidats au titre de "Communicateur de l'industrie de l'année" sont choisis par worldsteel et élus par des représentants des médias. Daniel Novegil est membre du conseil d'administration de worldsteel tandis que Paulo Rocca, le Président de Ternium, siège à son Comité exécutif.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

"Nous exhortons M. Novegil à se montrer à la hauteur de sa candidature au prix de Communicateur de l'industrie de l'année et à entamer dès que possible un dialogue avec ses salariés du Guatemala. En tant que P-DG de Ternium, il lui incombe de communiquer avec les travailleurs et de les écouter. Nous invitons une nouvelle fois Ternium à reconnaître Sitraternium et à négocier avec lui."

Ternium, dont le siège est au Luxembourg, est une des plus grandes firmes sidérurgiques d'Amérique latine où elle emploie 19.000 personnes dans des usines implantées au Guatemala, au Mexique, en Argentine, au Brésil, en Colombie ainsi qu'aux États-Unis.

Sitraternium est affilié à IndustriALL par l'intermédiaire de la fédération syndicale guatémaltèque FESTRAS.

Thaïlande : l'équipementier automobile Y-Tec licencie des travailleurs pour recrutement syndical

Y-Tec épie les adhérents au moyen de caméras de surveillance, les soumet à des tests de dépistage de drogues inopinés, a licencié certains et forcé d'autres à démissionner, et porté plainte pour diffamation contre le président du syndicat pour des propos postés dans des médias sociaux.

Le fabricant, installé à Prachinburi, en Thaïlande, appartient à Yamashita Rubber. Il emploie près de 2.000 personnes pour produire des durites, des silentblocs, des coussinets de suspension et des amortisseurs dynamiques pour Daihatsu, Isuzu, Suzuki, Sanyo et d'autres entreprises. Il a deux usines à Prachinburi, inaugurées en 1997 et 2013.

Les usines de Prachinburi font partie d'un complexe industriel composé de plusieurs entreprises-sœurs constituant une même chaîne d'approvisionnement. Les syndicats ne sont pas reconnus, mais les travailleurs organisent parfois des grèves sauvages et des actions de protestation contre leurs conditions de travail.

La Confédération des travailleurs thaïs des appareils électriques, de l'électronique, l'automobile et la métallurgie (TEAM), affilié à IndustriALL Global Union, a aidé leurs travailleurs à constituer et faire enregistrer un syndicat.

Début décembre 2016, le mécontentement a commencé à gronder parmi les travailleurs qui n'avaient pas reçu une prime qui leur avait été promise. La situation s'est dégradée après une provocation du DRH et la police, l'armée et des agents de sécurité ont été appelés pour faire revenir le calme.

Sept travailleurs ont été désignés en tant que négociateurs et ils ont fait enregistrer le Syndicat des travailleurs des pièces automobiles de Prachinburi le 26 décembre, ont recruté des adhérents et demandé sa reconnaissance par Y-Tec.

La direction a immédiatement riposté en isolant les membres du syndicat du reste du personnel en les affectant au travail de nuit. Quelque 90 travailleurs qui avaient participé à l'action de protestation ont été convoqués à une réunion et priés de démissionner pour "destruction de la relation de travail".

Après leur refus, la direction a forcé 32 adhérents à démissionner en raison d'une "restructuration". De l'argent leur a été offert sous la menace d'être renvoyés s'ils n'acceptaient pas.

Bien que 22 travailleurs aient accepté l'offre de la direction, le syndicat a déposé plainte auprès du Comité des relations de travail (CRT), l'organisme d'arbitrage officiel. L'entreprise a accentué la pression sur le syndicat, proposant des pots-de-vin au président pour le dissoudre, installant des caméras pour enregistrer les adhérents et les soumettant à des tests de dépistage de drogues.

L'entreprise a aussi voulu soudoyer des adhérents pour qu'ils incitent d'autres à démissionner. Devant l'échec de la manœuvre, l'entreprise a porté la somme à 6.000 $ chacun. Quatre travailleurs ont accepté l'offre. 

À ce moment, le CRT a statué en faveur des travailleurs et ordonné leur réintégration. L'entreprise n'a pas obtempéré et elle s'est pourvue en appel.

Le président du syndicat, Ruangsak Klaimala, a été transféré de son poste de contremaître à un emploi manuel nouvellement créé et moins bien rémunéré. Lorsqu'il a déposé plainte au CRT, la direction l'a assigné en diffamation pour un message posté sur des médias sociaux, puis elle l'a licencié en invoquant son inculpation au pénal.

Elle a aussi porté plainte en diffamation contre une personnalité du monde académique auteur d'un article critiquant ses pratiques.

IndustriALL a envoyé une lettre à Yamashita pour demander à la société-mère d'intervenir.

Le Secrétaire général Valter Sanches a écrit :

"IndustriALL Global Union appelle d'urgence Yamashita Rubber à intervenir auprès d'Y-Tec pour que soient mises en place les nécessaires structures de dialogue et de coopération entre la direction et le syndicat, pour qu'elle collabore pleinement avec le Comité thaï des relations de travail dans la procédure de médiation, et assure le respect total des droits fondamentaux de l'homme."

En 2015, IndustriALL a déposé plainte à l'OIT contre la Thaïlande pour non-respect des normes du travail.

Les syndicats mondiaux exhortent davantage de marques à signer le nouvel Accord du Bangladesh

Jusqu’à présent, près de 50 marques fournies par 1 173 usines de confection se sont engagées à signer l’Accord de 2018 avec IndustriALL et UNI. Cet Accord reconduit sur trois ans l’engagement juridiquement contraignant sur la sécurité dans les usines au Bangladesh.

Beaucoup de marques n’ont pas répondu à l’appel à signer l’Accord de 2018 d’ici au 7 octobre, Journée mondiale pour le travail décent, lancé par IndustriALL et UNI, montrant leur manque d’engagement à maintenir le cap pour prévenir une autre tragédie comme celle du Rana Plaza.

La liste complète des 46 marques signataires de l’Accord de 2018 est disponible ici, et celle des marques N’ayant PAS signé cet Accord ici.

Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Gobal Union, a déclaré:

« L’Accord a permis d’améliorer la sécurité dans 1 800 usines de confection. Cependant, jusqu’à la mise en place d’un système de réglementation fiable au Bangladesh, il n’est pas sûr que tout le bon travail réalisé lors de ces dernières quatre années ne soit pas réduit à néant ».

Le premier Accord du Bangladesh, qui expire en mai prochain, a été lancé à la suite de l’effondrement du Rana Plaza survenu en avril 2013 et au cours duquel 1 134 travailleurs ont été tués et 2 500 autres blessés.

L’Accord de 2018 prend appui sur les acquis du premier accord. Il offre aux travailleurs de nouvelles protections, et garantit l’inspection et la rénovation d’un nombre plus importants d’usines en s’appliquant aux fournisseurs des marques signataires.

La Secrétaire générale adjointe d’UNI, Christy Hoffman, a indiqué:

« Il serait irresponsable d’abandonner les acquis de l’Accord. Comme l’on montré les deux incidents tragiques survenus au cours des derniers mois, nous devons poursuivre le travail réalisé aux termes de l’Accord et élargir son champ d’application. A l’approche des fêtes de fin d’année, nous pensons qu’il est nécessaire que les consommateurs commencent à transmettre ce message aux marques ».

Le premier Accord couvre les installations de prêt-à-porter, alors que le deuxième Accord s’étend aux fournisseurs produisant du linge de maison, des fils, des tissus et autres produits connexes. La mort de six personnes dans l’incident survenu dans une usine de textile le mois dernier illustre l’importance de cette disposition. En outre, des discussions visant à élargir la portée de l’Accord à la sécurité des chaudières ont été engagées après que dix personnes aient été tuées et 50 autres blessées dans l’explosion d’une chaudière dans une usine de confection en juillet dernier.

Actuellement, l’Accord de 2013 couvre 2,5 millions de travailleurs dans les usines de confection et a permis de réaliser  des inspections en matière de sécurité incendie et de sécurité des bâtiments dans 1 800 installations fournissant plus de 200 marques signataires. Les ingénieurs de l’Accord ont identifié plus de 118 500 risques d’incendie, électriques et structurels dans ces usines.

Près de 80 pour cent des dangers sur le lieu de travail découverts dans la première série d’inspections réalisées en application de l’Accord ont été supprimés, et plus de 90 pour cent des réparations nécessaires ont été réalisées dans 500 usines visées par l’Accord.

Pour de plus amples informations, prière de contacter: Leonie Guguen, responsable de la communication, IndustriALL Global Union. Email: [email protected] Tél: +41 79 137 5436.

Stop au travail précaire !

Le tribunal kazakh rejette l’appel à la justice de la dirigeante syndicale

Lors de l’audience en appel de Kharkova du 28 septembre dernier, le juge a refusé de faire venir à la barre des spécialistes possédant les connaissances requises sur les spécificités du travail syndical ainsi que quelque autre témoin et a maintenu le verdict précédent.

Larisa Kharkova, ancienne Présidente de la Confédération des syndicats indépendants du Kazakhstan (KNPRK) avait été condamnée le 25 juillet, sur base de fausses accusations, à quatre ans de restriction de sa liberté de circulation, 100 heures de travail obligatoire et à une interdiction de cinq ans d’exercer des fonctions dans toute organisation publique ou non gouvernementale. Il est interdit à Kharkova de changer de lieu de résidence et de travail. La dirigeante syndicale ne peut pas se rendre dans certains endroits et n’est pas autorisée à quitter sa ville de résidence sans autorisation.

Kharkova est convaincue que ses droits ont été bafoués en raison d’une mauvaise connaissance de la part du procureur et des enquêteurs de la législation nationale sur les syndicats. L’avocat de Kharkova a également émis l’opinion qu’il y a eu beaucoup d’anomalies et d’irrégularités au cours de son procès, les accusations n’étant pas étayées par des preuves et ayant dû être du ressort d’un tribunal civil ou commercial.

Le procès contre Kharkova a fait suite à des manifestations de grévistes de la Compagnie de Construction pétrolière du Kazakhstan (OCC), en lutte contre la cessation des activités du KNPRK. Nurbek Kushakbayev et Amin Yeleusinov ont été identifiés par les autorités comme étant les responsables de cette grève estimée illégale et condamnés respectivement à deux ans et demi et deux ans de prison.

Dans le même temps, les militants du KNPRK ont fait part d’actes d’intimidation. La famille de Kharkova elle-même a été soumise à de l’intimidation. Le 14 septembre, la voiture de son fils a été incendiée. D’autre représentants du KNPRK ont également rapporté des actes malveillants sur leurs véhicules et le vol de leurs documents d’identité.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a commenté les événements :

“IndustriALL est inquiète à propos de ce verdict inéquitable prononcé par le tribunal, qui a condamné Kharkova sur base d’accusation non-fondées. Et maintenant, comme si ce n’était pas assez, en plus d’une inquiétante criminalisation du travail syndical au Kazakhstan, nous sommes également témoins de nouveaux actes d’intimidation contre des dirigeants et adhérents de la base du KNPRK, qui mettent leurs vies en danger.

"Nous exigeons que les autorités kazakhes entament immédiatement une enquête sérieuse sur toutes les affaires liées aux membres du KNPRK, mettent un terme aux poursuites contre Kharkova et les dirigeants du KNPRK et restaurent la liberté syndicale et l’État de droit au Kazakhstan. La première mesure dans cette voie est de libérer les dirigeants Kushakbayev et Yeleusinov, emprisonnés plus tôt.”