Guinée : les mineurs lancent un préavis de grève

La grève à la mine d’or de Siguiri, dans la région de Kankan et à Conakry, se poursuivra jusqu’à acceptation des revendications des travailleurs et travailleuses.

Les travailleurs et travailleuses de SAG, qui appartiennent à la Confédération Nationale Travailleurs de Guinée (CNTG), une affiliée d’IndustriALL Global Union, revendiquent d’être payés à un niveau comparable pour un travail de valeur égale aux autres mineurs d’AngloGold Ashanti de par le monde, y compris un 13e mois. De plus, les travailleurs et travailleuses guinéens s’inquiètent qu’il n’y a pas eu de progrès enregistrés au niveau des négociations salariales annuelles depuis le mois d’août ; il s’agit de la première fois où l’entreprise ne semble pas pressée de conclure un accord.

Les travailleurs ont également dénoncé les données salariales erronées transmises par AngloGold Ashanti au syndicat, qui étaient gonflées de plus de 30%. L’entreprise devrait communiquer des données exactes et mettre à l’écart ceux qui ont fourni ces fausses informations.

Les salariés revendiquent également que leurs allocations journalières en cas d’évacuation sanitaire soient réinstaurées en vertu de l’ancienne convention avec la direction. Ils mettent également en cause le choix fait par la direction de la clinique où ils seraient transférés en cas d’évacuation médicale.

Les travailleurs soupçonnent un possible conflit d’intérêts dans le choix de la clinique PIIMEL, qui n’avait pas la préférence du syndicat. Ils sont surpris par le revirement de l’entreprise et le non-respect de leur choix s’agissant de la clinique. Lors de précédentes réunions, AngloGold Ashanti avait marqué son accord avec les travailleurs sur la clinique de Conakri où ils seraient transférés en provenance de Siguiri, qui est environ à 850 km.

Glen Mpufane, Directeur des mines d’IndustriALL a déclaré :

“Nous appelons au renouvellement de l’Accord-Cadre mondial qui permettra aux mineurs de Guinée d’être payés à un niveau comparable à celui de leurs collègues d’autres pays. AngloGold Ashanti devrait respecter les accords existants avec les travailleurs et doit cesser de vouloir revenir en arrière.”

Le SACTWU manifeste pour la défense de la production locale

L’industrie de la confection d’Afrique du Sud a connu une vague de pertes d’emploi et de fermetures d’usines ces deux dernières années. Selon le SACTWU, une des raisons principales en a été l’arrivée et la croissance de grands détaillants internationaux comme Zara et H&M, qui ne vendent aucun produit fabriqué en Afrique du Sud.

Le 4 novembre, le SACTWU a organisé des manifestations devant les boutiques H&M et Zara partout dans le pays, pour mettre en lumière “les dégâts qui sont faits à notre industrie nationale de l’habillement”, a indiqué le syndicat dans une déclaration.

“Ces détaillants étrangers sont à l’origine de la baisse des commandes auprès des usines sud-africaines, ce qui contribue à des pertes d’emplois et des fermetures d’usine locales.”

Par ces manifestations, le SACTWU appelle ces détaillants suédois et espagnol à se fournir en  produits locaux et a proposé son assistance pour identifier des fournisseurs locaux de qualité.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, a déclaré :

“Les entreprises multinationales ont une responsabilité à s’assurer que leur commerce mondialisé n’affecte pas négativement les travailleurs et travailleuses. Soutenir la production locale fait partie de cette responsabilité et nous exhortons H&M et Inditex à ouvrir des discussions avec le SACTWU sur la manière dont ils peuvent se fournir en produits locaux pour leurs magasins.”

Maurice: des agents de nettoyage remportent une victoire durement gagnée

La lutte contre la précarité de l’emploi est une priorité de la Confédération des Travailleurs du Secteur Publique et Privé (CTSP) de Maurice, affiliée à IndustriALL Global Union.

Les agents de nettoyage des écoles publiques sont parmi les travailleurs les plus pauvres du pays. Le gouvernement a commencé en 2006 à sous-traiter ces emplois à des entrepreneurs, payant les travailleurs, composés principalement de femmes, moins de 1,50 US$ par jour, les emprisonnant ainsi dans l’extrême pauvreté avec des salaires atteignant seulement 42 US$ par mois.

La CTSP est parvenue à un accord avec le gouvernement en août dernier, faisant de toutes les personnes contractées par des entrepreneurs pour travailler dans les écoles publiques des employés permanents.

Cependant, le 13 octobre, le gouvernement est revenu sur l’accord, décevant et frustrant les 333 travailleuses qui en auraient bénéficié. Le président, Reeaz Chutto, et la Secrétaire générale, Jane Ragoo, de la CTSP, ainsi que six femmes de ménage ont alors entamé, le 16 octobre, une grève de la faim pour sensibiliser le public et obtenir son soutien.

Après dix jours éprouvants, la grève de la faim a été stoppée lorsque le gouvernement a cédé, et un accord a été atteint en vertu duquel les femmes de ménage recevront une rémunération et des avantages sociaux complets durant un mois ainsi que des contrats permanents sans interruptions de travail.

Les citoyens, les églises et d’autres employeurs de Maurice ont massivement soutenu la grève. La CTSP a indiqué que la victoire a été rendue possible grâce au soutien local et international:

« Nous remercions chaque personne ayant souffert avec nous durant ces dix longues journées de lutte. Nous avons porté à la connaissance du public la question des entrepreneurs qui font affaire avec le gouvernement et engrangent des bénéfices colossaux grâce à l’exploitation de travailleurs vulnérables. Nous sommes déterminés à faire adopter des amendements à la législation du travail dans le cadre du mouvement qui a été créé ».

Des milliers de manifestants pour réclamer de meilleurs salaires en Bulgarie

Des affiliés d’IndustriALL Global Union de partout dans le monde ont exprimé leur soutien aux travailleurs et travailleuses de Bulgarie lors de la Conférence mondiale sur Industrie 4.0 que l’Internationale tenait à Genève les 26 et 27 octobre. La conférence comptait la présence de représentants des affiliés bulgares FOSIL-CITUB et Metalicy.

Fort du soutien de travailleurs et travailleuses de tous les secteurs, le Président de la CITUB, Plamen Dimitrov, a remis lors de la manifestation une déclaration au gouvernement et aux employeurs.

“Chacun doit recevoir une augmentation salariale mensuelle d’au moins 100 BGN (59 dollars) pour cette année, quel que soit le domaine d’activité : une école, un hôpital, une administration, une mine, un magasin. Voilà ce que veulent dire les gens aujourd’hui,” a déclaré Dimitrov. La manifestation s’est également attachée à défendre les allocations sociales.

Les versements additionnels pour expérience et durée de service (primes d’ancienneté) n’ont pas permis de compenser la chute de la valeur des salaires en Bulgarie.

“Notre pays manque déjà de bras, parce que les gens fuient la misère,” nous dit une représentante de l’industrie du textile et de l’habillement présente à la manifestation de la CITUB. “Nous travaillons pour des cacahuètes. Les petites villes sont déjà dépeuplées et les gens fuient à l’étranger.”

La déclaration de protestation de la CITUB a été lue lors du rassemblement avant d’être remise au Ministre des Affaires sociales, Biser Petkov ainsi qu’à des représentants du monde des affaires présents à une réunion du Conseil national pour la coopération tripartite tenue dans les bâtiments du Conseil des Ministres.

“Nous voulons l’engagement personnel du Premier Ministre pour inclure notre pays dans ce qui sera prochainement l’Alliance de l’UE pour la convergence salariale à la hausse,” a annoncé Plamen Dimitrov.

Les syndicats de Bulgarie déclarent qu’ils veulent que les salaires équivalent à ceux d’autres pays d’Europe, comme la France, l’Allemagne, la Suède et les Pays-Bas et ne pas rester l’arrière-cour de l’Europe.

“Nous voulons une solution de la part du Premier Ministre Borisov maintenant. Notre lutte sur la voie de salaires plus élevés continue,” a martelé Dimitrov.

Coup de projecteur d’IndustriALL sur les luttes dans les industries des matériaux

Ce rapport porte sur trois secteurs industriels : le ciment, le verre et la céramique. Cette publication a lieu à l’occasion de la conférence quadriennale sur les industries des matériaux tenue les 2 et 3 novembre à Brême, en Allemagne.

Il présente un panorama de l’environnement économique et l’évolution de la situation au sein des industries du ciment, du verre et de la céramique au cours de ces dernières années, depuis la dernière conférence mondiale des industries des matériaux en 2013 à Bangkok, en Thaïlande.

La publication concentre son attention sur les activités qui ont eu lieu en vertu du Plan d’Action adopté à Bangkok, où les syndicats des industries des matériaux étaient convenus de ce qui suit :

Cependant, les changements au sein de ces industries, y compris les méga-fusions et les désinvestissements, ont également affecté l’approche d’IndustriALL, puisque l’internationale doit être là où les travailleurs et travailleuses sont.

Ces quatre années de lutte des syndicats pour les droits des travailleurs se sont déroulées sur fond de changement rapide au sein des industries des matériaux. Au cours de ces années, de nombreuses MNE ont changé de profil, des acteurs principaux ont changé de base industrielle et des fusions et acquisitions ont créé de nouveaux groupes et de nouveaux défis pour les syndicats, indique le rapport.

Le rapport offre une analyse exhaustive des trois secteurs en soulignant les points communs à chacun d’eux. Il porte une attention particulière à l’extension du travail précaire au sein des industries des matériaux où l’externalisation est largement utilisée et où il existe des indicateurs de recours au travail des enfants au niveau de l’extraction.

Les conditions de travail difficiles, la prévention insuffisante des accidents, des environnements qui provoquent des maladies et le nombre atroce de décès sont abordés dans le chapitre spécial consacré à la santé et la sécurité professionnelles au sein des industries des matériaux.

Une grande partie du rapport est consacrée aux réseaux syndicaux et aux accords-cadres mondiaux.

Enfin, le rapport raconte l’histoire des campagnes et des activités au sein du secteur en portant une attention particulière à la campagne LafargeHolcim, avec énormément de luttes et de dévouement de la part des militants et militantes, travailleurs et travailleuses partout dans le monde.

Le rapport se conclut par ces mots :

“Où que les multinationales aillent, quoi qu’elles fassent, nous seront là. Il y aura toujours des syndicalistes prêts à les défier et à lutter pour les droits de nos collègues.”

Le rapport est téléchargeable ici en format PDF.

Les syndicats australiens luttent contre des coupes d’un sous-traitant au sein d’une raffinerie de gaz

Des membres des syndicats australiens affiliés à IndustriALL, AMWU, AWU et ETU, font campagne depuis juin pour sauvegarder leurs emplois et la pérennité des communautés dont ils font partie.

Ce sous-traitant, UGL, utilise des tactiques sournoises et des failles de la législation australienne pour essayer d’obliger 200 travailleurs et travailleuses à accepter une convention approuvée par une poignée à peine de travailleurs de l’ouest de l’Australie, sans lien avec eux et physiquement éloignés.

En cas d’acceptation, il en résulterait une diminution salariale de 30% pour les travailleurs et travailleuses du site de Longford ainsi qu’une réduction de leurs prestations sociales et congés annuels. Un roulement des prestations pénible et pénalisant pour les familles pourrait voir les travailleurs passer d’un système où l’on travaille une semaine sur deux à cinq semaines de prestations suivies de cinq semaines de repos.

Les syndicats australiens en lutte pour leurs adhérents déclarent dans un communiqué :

Une fois de plus, des multinationales viennent en Australie pour exploiter nos ressources, sans payer de taxes et en sabrant dans nos salaires. La région de Victoria se ressent déjà durement d’énormes pertes d’emplois, sabrer dans les salaires de ces travailleurs et travailleuses serait dévastateur pour l’économie locale.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL déclare :

Le fléau qu’est le travail précaire tente d’étendre son emprise sur les travailleurs et travailleuses, mais les syndicats contre-attaquent. IndustriALL soutient cette campagne et appelle Esso à prendre ses responsabilités par rapport à sa chaîne d’approvisionnement et à engager de toute urgence un dialogue constructif.

Les travailleurs et travailleuses de Victoria assurent la maintenance et les opérations sur les plateformes terrestres et en mer. En dépit d’une richesse immense et de bénéfices qui s’envolent, Esso n’a payé aucune taxe sur les 8,5 milliards de dollars australiens engrangés en Australie l’an dernier.

Voici comment vous pouvez soutenir les actions de protestations de ces travailleurs et travailleuses :

La Commission indonésienne des droits de l’homme demande la réintégration des travailleurs de Grasberg

Plus de 4 200 travailleurs ont été licenciés pour s’être mis en grève après que PT Freeport ait refusé de négocier la mise à pied des travailleurs à la plus grande mine d’or du monde et la seconde plus grande mine de cuivre, détenue par la société Freeport-McMoRan établie aux Etats-Unis.

La recommandation faite par la Commission au Président de l’Indonésie, et dans laquelle IndustriALL Global Union a été copiée, prévoit:

La Commission « recommande à PT Freeport Indonesia de réintégrer tous les travailleurs (aussi bien les employés de PT Freeport Indonesia, privatisée, que les travailleurs contractuels et sous-traitants) touchés par les licenciements, et de payer toutes les pertes subies par la politique menée ».

La Commission a conclu que ces renvois violent les droits de l’homme, en particulier celui à devenir prospère.  

La Commission a également fait part de « l’importance de donner suite à la recommandation pour que le droit au bien-être lié au droit à la vie ainsi que le droit des citoyens à survivre, garantis dans l’article 36, paragraphe 1, et l’article 9, paragraphe 1, de la loi no.39 de 1999 sur les droits de l’homme, soient respectés ».

Les membres de la mission d’IndustriALL en Indonésie, effectuée en août dernier, ont constaté qu’un grand nombre des travailleurs licenciés ne touchent pas de revenus et se sont vus refuser l’accès au crédit, au logement, à l’éducation et aux soins médicaux, ce qui aurait causé la mort de plusieurs personnes.

PT Freeport Indonesia, qui emploie des dizaines de milliers de travailleurs permanents et contractuels, négocie de longue date avec le gouvernement indonésien sur le contrôle de la mine de Grasberg. Le gouvernement, qui veut prendre une participation de 51 pour cent dans la mine, a suspendu la licence d’exportation de Freeport pour obliger la compagnie à céder ses parts sociales. Le syndicat pense que les licenciements font partie de la stratégie de négociation de la compagnie avec le gouvernement visant à réduire l’emploi direct et accroître l’utilisation du travail précaire.

L’affilié à IndustriALL, le syndicat des travailleurs de la chimie, de l’énergie et des mines (CEMWU SPSI PTFI), représente les travailleurs à Grasberg. Le mois dernier, il a publié une note relative à l’extension de la grève, qui a commencé le 1er mai, jusqu’au 30 novembre.

IndustriALL poursuit son programme de sensibilisation des investisseurs de Freeport-McMoRan sur les violations des droits commises par la compagnie et les informera sur l’évolution de la situation concernant la recommandation de la Commission nationale des droits de l’homme.

La sécurité à la mine où s’est produit, le 17 octobre, un incident mortel, au cours duquel un travailleur contractuel a été tué et deux de ses collègues blessés, est également préoccupante.  

La zone située autour de la mine est instable. Du 21 au 23 octobre, des tirs isolés ont eu lieu à proximité de la mine, blessant six policiers et en tuant un. La police prétend que ces tirs sont liés aux groupes séparatistes qui pensent que l’exploitation de la mine ne rapporte rien à la population locale.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« La Commission a clairement indiqué que PT Freeport Indonesia a violé les droits de l’homme à la mine de Grasberg. Nous exhortons la compagnie à se conformer aux recommandations de la Commission et à réintégrer immédiatement les travailleurs licenciés. Nous demandons également au Président de l’Indonésie de veiller à ce que PT Freeport Indonesia s’y conforme ».

Les travailleurs du secteur du ciment lance un réseau syndical mondial à HeidelbergCement

Quarante délégués syndicaux, en provenance d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, d’Amérique du Nord, d’Asie-Pacifique et d’Asie du Sud, se sont réunis les 1er et 2 novembre à Brême, en Allemagne. Les employés de HeidelbergCement se rassemblaient pour la première fois pour tenir une discussion mondiale sur les défis mondiaux auxquels font face les travailleurs dans la compagnie.

La réunion a été organisée par IndustriALL Global Union avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert et la participation également de l’organisation apparentée à IndustriALL, Building and Wood Workers’ International.

En dépit des invitations reçues, la direction de la compagnie au niveau mondial n’a pas participé à la réunion, ratant ainsi l’occasion de discuter avec les travailleurs au cours de ce forum.

Les évolutions récentes dans le secteur du ciment, y compris les progrès technologiques, l’expansion et la restructuration de la compagnie, s’accompagnent d’une augmentation du travail précaire ainsi que des problèmes de santé et de sécurité des travailleurs, et de la détérioration des conditions de travail. Les travailleurs subissent une pression croissante. En France, un travailleur sous-traitant de HeidelbergCement aurait tenté de se suicider en raison de sa surcharge de travail.

Les délégués se sont fortement exprimés sur le besoin urgent de renforcer leurs rangs par des actions de syndicalisation et le renforcement de la capacité des syndicats à attirer davantage de travailleurs jeunes et de femmes.

En raison de sa très grande taille, les impacts de la compagnie sur la nature, le stockage et l’utilisation du CO2 sont importants, et doivent également être correctement traités. Si la compagnie veut vraiment réduire ses incidences sur la nature et atteindre les objectifs de durabilité de HeidelbergCement pour 2030, elle ne pourra le faire qu’avec l’implication directe des travailleurs, des syndicats, des délégués syndicaux et des comités d’entreprises.

Pendant la conférence, les délégués ont également discuté des réalisations des autres secteurs. Ils ont porté une attention particulière à l’expérience des syndicats mondiaux et nationaux interagissant avec la direction d’un autre géant de l’industrie du ciment, LafargeHolcim.

A la fin de la réunion, les délégués ont adopté à l’unanimité la déclaration de Brême et ont élu un Comité de pilotage du réseau, qui coordonnera les activités entre ses réunions mondiales.

Matthias Hartwich, Directeur chargé de l’industrie des matériaux à IndustriALL, a indiqué:

« Avec la création du réseau syndical HeidelbergCement, nous ouvrons la porte au dialogue social si la direction y est disposée, et nous espérons que les militants syndicaux contribueront fortement à la promotion des droits et des intérêts des travailleurs au sein de la compagnie. A cette fin, le Comité de pilotage sera en relation étroite avec les syndicats nationaux. Enfin, nous croyons fermement que HeidelbergCement gagnera seulement grâce à la participation et à l’engagement actifs des travailleurs ».

Les travailleurs de la construction navale et de la démolition de navires affirment leur solidarité à Rotterdam

Cette réunion avait pour hôte l’affilié néerlandais d’IndustriALL Global Union, FNV Metaal, et s’est tenue à bord du SS Rotterdam, un paquebot de ligne ancré dans le port de Rotterdam. Anciennement navire étendard de la compagnie Holland America Line, le SS Rotterdam a été converti en hôtel et centre de conférence.

Cette rencontre a rassemblé des militants des syndicats de la construction navale et de la démolition des navires en vue de bâtir la solidarité autour de toute la durée de vie d’un navire. Les travailleurs et travailleuses de la construction navale venaient des pays suivants : Argentine, Australie, Brésil, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Italie, Japon, Corée, Pays-Bas, Norvège, Singapour, Royaume-Uni et États-Unis.

Les travailleurs et travailleuses de la démolition des navires étaient représentés par la Fédération des travailleurs de la sidérurgie, de la métallurgie et de l’ingénierie d’Inde et la Fédération nationale des syndicats du Pakistan.

Le directeur du secteur pour IndustriALL, Kan Matsuzaki, a présenté une vue d’ensemble de ces industries. De manière générale, il y a eu une récession au niveau de la construction navale depuis la crise financière de 2008. La production a commencé à reprendre, mais il y a un transfert de l’Europe vers l’Asie.

Il y a également une récession dans la démolition des navires en raison de la crise de l’acier. Cependant, il existe une masse de bâtiments qui naviguent pour l’instant mais devront être démolis à l’avenir.

De nombreux délégués du secteur de la construction navale ont abordé les défis que représentent la réponse à donner par le secteur à la récession, qui a entraîné des licenciements et de la précarisation. Tae Jung Kim du KMWU a évoqué la difficulté de syndiquer les travailleurs et travailleuses occasionnels au sein de Hyundai Heavy Industries, tandis que Marry van der Stel de la FNV Metaal a souligné l’exploitation aux Pays-Bas de migrants venus d’Europe de l’Est.

Redonner des qualifications et procéder à un redéploiement industriel sont importants, a indiqué Thomas Søby de CO-industri, Danemark. Lorsque le chantier de Lindø a fermé, 3.000 emplois ont été perdus. Mais de nombreux travailleurs et travailleuses ont eu de nouvelles formations et ont été redéployés. Maintenant on les emploie à la production d’éoliennes au sein d’un nouveau parc industriel établi sur le site.

Thorsten Ludwig a expliqué qu’en Allemagne, IG Metall avait négocié pour l’obtention de 6% d’augmentation salariale et une réduction de la durée hebdomadaire du travail tandis qu’Elspeth Hathaway d’IndustriAll Europe a évoqué le besoin de développement des compétences. Ce point a été renforcé par la visite de Royal IHC à Kinderdijk, une entreprise qui se sert du développement de produits dédiés de haute technologie pour rester compétitive.

Les normes de santé et sécurité dans le secteur sont dépassées, a indiqué Caspar Edmonds de l’OIT et un Comité d’experts va se réunir à Genève en janvier pour mettre au point un nouveau Recueil de Directives.

Le 1er novembre marquait le premier anniversaire de l’explosion au sein du chantier de démolition de navires de Gadani, au Pakistan, qui a tué 28 travailleurs, deux jours à peine après qu’ils avaient tenu une manifestation pour réclamer de meilleures conditions de sécurité.

Un outil normatif international est nécessaire pour rendre le recyclage des navires sûr et durable du point de vue écologique. Les syndicats font dès lors campagne pour la mise en œuvre de la Convention de Hong Kong, la Convention internationale pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires élaborée par l’Organisation maritime internationale, l’agence de l’ONU compétente en la matière.

La convention de Hong Kong entrera en vigueur lorsqu’au moins 15 pays l’auront ratifiée et si ceux qui le font représentent plus de 40% de la flotte marchande en tonnage brut et 3% des sites de recyclage. Actuellement six pays l’ont ratifiée, la Turquie devant le faire prochainement, ce qui représente 21% du tonnage.

Le gouvernement japonais a apporté un soutien à l’amélioration des conditions au sein des chantiers navals et l’Inde, en particulier, a bien progressé avec 29 chantiers maintenant en conformité avec la Convention et 31 en passe de l’être.

Les délégations d’Inde et du Pakistan ont évoqué les progrès accomplis en matière de syndicalisation au sein des chantiers navals, mais le Bangladesh reste un véritable défi, parce que la syndicalisation sectorielle ou au niveau des pôles industriels n’est pas permise, ce qui signifie que chaque chantier doit être syndiqué par une organisation différente.

Kan Matsuzaki a déclaré :

“La période écoulée a été pleine de défis pour la construction navale, mais le secteur devrait rester solide et nous, les syndicats, allons concentrer notre attention sur une politique durable en vue de protéger nos emplois pour le futur.

"Nous devons renforcer nos fermes actions de solidarité syndicales en vue d’appuyer la ratification de la Convention de Hong Kong afin d’assurer la sécurité et les emplois des travailleurs et travailleuses des chantiers de démolition de navires.”

IndustriALL définit les stratégies pour Industrie 4.0

Un large groupe d’affiliés à IndustriALL se sont exprimés sur la manière dont Industrie 4.0 et la numérisation influent sur les affiliés dans différents pays et secteurs. Les participants ont établi un plan d’action visant à relever les défis à venir.   

« La mutation industrielle n’est pas un phénomène nouveau mais le rythme des changements provoqués par Industrie 4.0 est sans précédent », a indiqué le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, dans son allocution d’ouverture. « Nos secteurs vont changer et nous allons devoir nous adapter ».

Les principaux sujets de discussion durant la Conférence ont porté sur l’avenir de la production et du travail, ainsi que les implications d’Industrie 4.0 pour l’ensemble de la société.

« On ne peut pas laisser les plus riches récolter les bénéfices d’Industrie 4.0 », a noté Brian Kohler, Directeur en charge des questions touchant à la santé, à la sécurité et à la durabilité à IndustriALL. « La réduction des coûts est le moteur d’Industrie 4.0, ce qui mettra en danger les emplois. Si nous ne parvenons pas à nous assoir à la table des négociations, nous figurerons au menu », a indiqué Kohler en insistant sur la nécessité pour les syndicats de participer au processus décisionnel visant à définir une politique industrielle durable.

« Même le travailleur le plus exploité ne peut pas rivaliser avec un robot », a averti Kohler, ajoutant que les femmes sont particulièrement vulnérables parce que de nombreux emplois à prédominance féminine sont précaires et mal rémunérés.

Francisco Betti, du Forum économique mondial, a indiqué que les 850 millions d’emplois existant dans la production à travers le monde doivent être sauvegardés. Il a ajouté que la plupart des entreprises ne réussissent pas à mettre en œuvre la numérisation du fait que les travailleurs ne participent pas aux premières étapes d’implantation.

Sharan Burrow, Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, a souligné la nécessité pour les secteurs industriels d’être solidaires entre eux face à Industrie 4.0. Elle a également appelé à une Transition juste pour les travailleurs, indiquant que les entreprises doivent rendre des comptes pour les travailleurs et leurs impacts sur l’ensemble de la société. « Les entreprises doivent exercer leurs activités en application d’une licence sociale afin de s’assurer qu’elles paient des impôts, offrent des emplois sûrs et contribuent aux systèmes de protection sociale ».

Lors de son discours liminaire, Deborah Greenfield, adjointe du Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a affirmé que « l’optimisme réside dans notre capacité à élaborer des politiques pour l’avenir du travail ». Elle a souligné les évolutions positives ayant eu lieu durant ces dernières décennies, telles que la baisse du taux d’extrême pauvreté, la hausse du nombre de femmes au sein du marché du travail et l’augmentation du nombre de ratifications des conventions de l’OIT. Néanmoins, elle a souligné que les gains de productivité passent dans les bénéfices et les placements à court terme (à savoir dans la spéculation) et, par conséquent, ne profitent pas aux travailleurs et à l’augmentation des salaires.

Industrie 4.0 doit aller de pair avec Travail 4.0, a déclaré Wolfgang Lemb, membre de l’affilié allemand à IndustriALL, IG Metall, avec un droit d’accès à l’éducation et à l’apprentissage permanent. Seule la main-d’œuvre qualifiée sera en mesure de réagir à l’évolution des marchés, a indiqué Lemb. Il a également noté que la hausse du nombre de syndiqués était essentielle pour relever les défis de l’avenir.

Au terme des deux jours de discussions éclairées, les participants ont approuvé le plan d’action d’IndustriALL qui appelle à « un avenir de travail qui englobe les impacts positifs qu’Industrie 4.0 peut apporter à l’ensemble de la société, tout en s’assurant que le paiement des dettes sociales des entreprises ne soit pas laissé aux travailleurs, alors que les gouvernements sont réticents à faire cette transition socialement responsable ».

Figurent dans les actions du plan:

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