Roumanie : manifestations contre le transfert des coûts de sécurité sociale sur les épaules des travailleurs

Les manifestations ont été déclenchées en réponse à l’annonce d’une révision du système d’imposition. Les mesures proposées dans le plan du gouvernement roumain prévoient l’augmentation du salaire minimum, mais les apports à un fond de pension privé obligatoire seront limités.

Les employeurs paieraient une taxe de 2,25% sur l’ensemble des salaires qu'ils versent et les petites entreprises avec un chiffre d’affaires de moins d’un million d’euros ne contribueraient que pour 1% du chiffre d’affaires au lieu des actuels 16% sur les bénéfices, diminuant ainsi les contributions des employeurs à la sécurité sociale pour en reporter toute la charge sur les salariés.

Il sera aussi de la responsabilité des employeurs de négocier individuellement avec leurs salariés au sujet d’une augmentation potentielle de leurs salaires pour compenser la différence en matière de contributions sociales.

Si elles sont approuvées, ces mesures entreraient en vigueur au 1er janvier 2018.

Le Comité exécutif d’IndustriALL Global Union lors de sa réunion à Colombo, au Sri Lanka, ces 8 et 9 novembre derniers, a adopté à l’unanimité une résolution spéciale de soutien aux travailleurs et travailleuses et leurs syndicats affiliés de Roumanie qui condamne le projet de révision fiscale proposé par le gouvernement roumain. Texte de la résolution en anglais et en roumain.

IndustriALL Global Union a également fait parvenir un courrier au gouvernement de Roumanie l’appelant à “renoncer à faire payer aux travailleurs la part des employeurs au niveau de leur sécurité sociale”.

Dans ce courrier, Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, disait :

“Partout en Europe, et au-delà, les contributions de sécurité sociale sont financées conjointement par les salariés et les employeurs. Il est pour le moins surprenant qu’un gouvernement soutenu par une majorité sociale-démocrate approuve une telle mesure qui va à l’encontre du principe de solidarité et de l’objectif visant à assurer des conditions de travail décentes et à améliorer le bien-être général. Faire passer tout le poids des prélèvements de sécurité sociale sur les épaules des salariés conduirait à une nouvelle chute du pouvoir d’achat, à une détérioration des conditions de vie des citoyens et pousserait par ailleurs encore davantage de jeunes à quitter le pays.”

“Cette mesure fait ouvertement fi des normes européennes et internationales. Elle est en contravention avec des droits humains et sociaux fondamentaux tels que définis, entre autres, au sein de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et des Conventions de l’Organisation internationale du Travail et de ses Recommandations ayant trait à la sécurité sociale, notamment la Convention 102, qui a été ratifiée par la Roumanie, et la Recommandation 202.”

Valter Sanches a aussi appelé le gouvernement roumain :

“à garantir les droits humains et syndicaux des travailleurs et travailleuses, à exécuter une politique sociale efficace et à s’assurer que le principe de la responsabilité partagée des contributions en matière de protection sociale soit maintenu.”

Les syndicats indiens mobilisent des milliers de travailleurs pour protester contre les politiques anti-ouvrières du gouvernement Modi

Ces rassemblements de masse étaient une réaction à la réponse timide du gouvernement au cahier de revendications en 12 points déposé par les syndicats le 7 novembre.

Les revendications des travailleurs comprennent des mesures pour contenir la hausse des prix, une application stricte des législations du travail, une couverture sociale universelle pour tous les travailleurs et travailleuses, un salaire minimum majoré, une pension pour tous les travailleurs et travailleuses ainsi que la ratification des Conventions 87 et 98 de l’OIT sur la liberté syndicale et la négociation collective.

“Les politiques inconsidérées du gouvernement de l’Inde sur la démonétisation et la mise en œuvre hâtive de la taxe sur les biens et services ont conduit à des pertes d’emploi et à une hausse des prix,” affirme un communiqué des syndicats.

Ces trois dernières années ont vu les salaires réels des travailleurs diminuer et l’Inde a connu un déclin de l’emploi. Le gouvernement continue également à proposer des amendements des législations du travail préjudiciables aux travailleurs et des privatisations de compagnies de service public y compris des chemins de fer et d’unités de production de matériel de défense.

Les manifestations se sont conclues avec la détermination que s’il n’y avait aucun changement au niveau de l’attitude du gouvernement, les centrales syndicales allaient envisager une grève nationale illimitée.

Entretemps, les syndicats ont décidé des actions suivantes :

IndustriALL Global Union, lors de la réunion de son Comité exécutif à Colombo, au Sri Lanka, les 8 et 9 novembre 2017, a adopté une résolution en solidarité avec ses affiliés en Inde et le mouvement syndical indien dans le cadre de leurs luttes menées pour la défense des droits des travailleurs.

 on 8-9 November 2017, passed a resolution in solidarity with its affiliates in India and the Indian trade union movement in their struggle to defend workers’ rights.

IndustriALL appelle le gouvernement d’Iran à libérer Mahmoud Salehi et Reza Shahabi

IndustriALL a reçu des informations de son affilié iranien UMMI (Syndicats des métallurgistes et mécaniciens d’Iran), ainsi que d’autres organisations libres et démocratiques de la société civile iranienne, concernant la persécution et la détention de travailleurs et leaders syndicalistes pour avoir exercé leurs droits syndicaux fondamentaux. L’UMMI mène une campagne de solidarité pour ces travailleurs emprisonnés et a publié un appel au soutien.

Le gouvernement iranien poursuit une stratégie de négligence homicide par rapport aux syndicalistes emprisonnés, en les soumettant à de graves tortures, à un délaissement médical, à des emprisonnements longs et répétés et à des maltraitances caractérisées.

Mahmoud Salehi, un syndicaliste de longue date qui est allé régulièrement en prison au cours des trente dernières années, a été à nouveau emprisonné le 28 octobre 2017. Le 3 novembre, M. Salehi a subi une crise cardiaque et a été transféré de la prison à l’hôpital ; cependant, de manière scandaleuse, il a été ramené à nouveau à la prison le 11 novembre en dépit du fait que son cœur ne fonctionne plus qu’à 30% de ses capacités. M. Salehi a perdu l’usage de ses deux reins au cours de son emprisonnement et doit subir des dialyses rénales à l’hôpital deux fois par semaine. La vie de Mahmoud Salehi sera en grave danger s’il reste en prison.

Reza Shahabi, un membre de l’exécutif de Vahed, le Syndicat des travailleurs des compagnies de bus de Téhéran, est allé régulièrement en prison depuis 2010. Il a été à nouveau emprisonné le 9 août 2017. M. Shahabi connaît également de graves problèmes de santé probablement consécutifs à des années de mauvais traitements et de torture au cours de ses interrogatoires.

Dans un message depuis sa prison, Reza Shahabi a déclaré :

“Le soutien des travailleurs et des défenseurs des travailleurs et des droits de l’homme en Iran et au plan international, sera le seul garant de ma liberté et de celle de mes collègues incarcérés.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a écrit au Président d’Iran, M. Rouhani, en ces termes :

“IndustriALL Global Union une fois encore exhorte le gouvernement d’Iran à ratifier la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la Convention 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective.

“Nous appelons le gouvernement d’Iran à mettre fin aux arrestations et à la répression des militants syndicaux et nous renouvelons notre appel à la libération immédiate et inconditionnelle de Mahmoud Salehi, Reza Shahabi et de tous les autres syndicalistes emprisonnés.”

Afrique du Sud : préavis de grève dans les charbonnages

Le NUM insiste également pour dire qu’il ne signera une convention de trois ans avec la Chambre des Mines que si elle maintient son engagement au sein du Forum de Négociation collective.

“Conclure des accords avec les syndicats au niveau des entreprises exacerbe la concurrence et  la rivalité entre les syndicats, aux dépens de l’unité des travailleurs. Cela divise les travailleurs et suscite parfois la violence entre syndicats, ce qui affaiblit ainsi le pouvoir syndical,” a indiqué le NUM dans un communiqué qui prend la défense de son combat permanent pour une négociation collective centralisée qui implique les syndicats, les employeurs et le gouvernement.

Lors des négociations, la Chambre des Mines représentait des compagnies charbonnières dont Anglo American, Glencore Operations SA, Msobo, Delmas, Exarro et Kangra, entre autres. Pourtant, rien n’est sorti des longs mois de négociations. Porter l’affaire devant la Commission de Conciliation, Médiation et Arbitrage n’a servi à rien non plus.

Le NUM représente 70% des mineurs syndiqués dans les charbonnages. Selon la Chambre des Mines, le secteur du charbon emploie plus de 87.000 travailleurs et travailleuses et est le troisième plus gros employeur après ceux des secteurs de l’or et du platine et métaux apparentés.

StatsSA a également fait savoir que des emplois étaient créés en aval de la chaîne de valorisation du charbon y compris pour ce qui est du lignite dont le secteur emploie plus de 6.000 travailleurs et travailleuses. D’autres emplois se retrouvent aussi chez les producteurs qui transforment le charbon en produits chimiques, dont SASOL qui compte des milliers d’emplois.

D’autres emplois se retrouvent dans le secteur de l’énergie puisque 77% de l’énergie en Afrique du Sud est produite au départ du charbon.

Le NUM a indiqué que les employeurs ne se sentaient pas concernés par l’amélioration de la vie des mineurs.“La Chambre des Mines continue à être arrogante et à négocier de mauvaise foi. Le NUM est déterminé à forcer les compagnies à prêter l’oreille à ses revendications salariales”.

Fabian Nkomo, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne a déclaré :

“Nous continuons d’espérer que les négociations conduiront à des conventions collectives, mais si cela ne se produit pas, les travailleurs et travailleuses partiront en grève pour appuyer leurs revendications. Nous soutenons ces actions et sommes convaincus qu’il est de bon aloi pour les travailleurs et travailleuses de toujours lutter pour des salaires équitables et vitaux.”

Le Comité exécutif d’IndustriALL avalise la campagne Glencore

Cette campagne Glencore se situe dans la lignée de la campagne, couronnée de succès, menée contre le géant minier Rio Tinto.

“Glencore est une entreprise sans âme”, indique Tony Maher, Président national de notre affilié australien CFMEU (Syndicat de la construction, des industries forestières, des mines et de l’ingénierie).

“C’est une compagnie façon Frankenstein, constituée au départ de corps disparates recousus ensemble.”

L’impulsion directe de cette campagne sont des conflits en Australie, au Canada et en Afrique du Sud, dont le lock-out d’Oaky North dans le Queensland, en Australie et une grève de dix mois dans une raffinerie du Québec, au Canada. La campagne vise à résoudre ces trois conflits et à établir un dialogue mondial pertinent avec l’entreprise qui prenne en compte des préoccupations concernant les droits syndicaux ainsi que la santé et la sécurité sur les sites d’exploitation partout dans le monde.

L’entreprise, basée en Suisse, emploie un nombre restreint de travailleurs et travailleuses sur une poignée de sites en Europe. Ceux-ci sont généralement syndiqués et les conditions y sont bonnes, mais sur d’autres sites ailleurs dans le monde, les choses sont différentes, par exemple  au sein de deux mines en Colombie, l’entreprise a tenté de saper l’influence du syndicat et il n’y existe aucune disposition digne de ce nom en matière de soins de santé ou de sécurité ; les travailleurs qui tombent malades sont envoyés se refaire une santé dans une roulotte qu’ils surnomment “Guantanamo”.

Chez Oaky North en Australie, les syndiqués, représentés par le CFMEU, sont lock-outés depuis mai, après être partis en grève contre la tentative de l’entreprise de les remplacer par des sous-traitants.

À la raffinerie CEZinc au Québec, les travailleurs et travailleuses sont en grève depuis neuf mois contre des attaques en règle de leurs plans de pension.

Le Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud mène une campagne pour un salaire vital chez Glencore et prévoit des actions de masse contre l’entreprise. Le syndicat veut une négociation collective au plan national et une harmonisation des conditions d’emploi sur les sites de Glencore. L’entreprise a récemment refusé la présence de permanents syndicaux sur ses sites. Elle emploie 27.000 travailleurs et travailleuses en Afrique du Sud.

Glencore emploie environ 15.000 personnes en Australie, 18.000 en Colombie, 7.500 au Canada et compte des effectifs significatifs en Bolivie, en Zambie et au Congo (RDC). L’entreprise emploie directement 155.000 salariés de par le monde.

“Les affiliés d’lndustriALL ont une bonne représentativité au sein de Glencore”, indique le Directeur d’IndustriALL pour les mines, Glen Mpufane.

“Une campagne coordonnée est une façon efficace de faire changer la manière dont cette entreprise se comporte. À court terme, nous voulons résoudre les conflits actuels. Mais notre objectif à long terme est d’établir un dialogue mondial sérieux avec l’entreprise.”

L’assemblée a également débattu des révélations des Paradise Papers et de la conduite des affaires inavouable ainsi que l’évasion fiscale de la part de Glencore. L’entreprise a fourni un prêt de 45 millions de dollars à un intermédiaire pour les droits sur une mine au Katanga, au Congo, un site dangereux avec de médiocres normes de sécurité.

“Glencore a essayé au cours des dernières années d’améliorer son image. Mais l’entreprise possède une mauvaise réputation acquise au fil d’années émaillées de magouilles et de mauvais traitements à l’égard des communautés riveraines,” a indiqué le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan.

“Ses travailleurs et travailleuses de par le monde revendiquent que Glencore se montre à la hauteur de son ambition d’être une entreprise responsable en commençant par respecter les droits des travailleurs.”

La grève des métallurgistes tunisiens débouche sur une hausse salariale

Ce 3 novembre, lors d’une réunion au siège du Ministère des Affaires sociales de Tunisie, la Fédération des employeurs des fonderies et de l’ingénierie mécanique a signé une convention sectorielle avec le syndicat de la métallurgie FGME-UGTT et le gouvernement qui apporte aux travailleurs une augmentation salariale de 6% avec effet rétroactif pour l’année 2016. La hausse pour 2017, qui aurait dû être fixée en juillet dernier sera établie en janvier 2018.

En mars 2017, le Chef du Gouvernement de Tunisie, le Président de la Fédération des Employeurs et le Secrétaire général de la centrale syndicale UGTT ont signé une convention collective sectorielle pour augmenter les salaires. Normalement, cette convention est automatiquement signée par toutes les fédérations d’employeurs. Pourtant, la Fédération des fonderies et de l’ingénierie mécanique a refusé de signer cette convention, qui permet d’augmenter les salaires dans le secteur privé en Tunisie pour les années 2016 et 2017.

Ceci a conduit la FGME-UGTT à mener une grève nationale le 26 septembre, qui a reçu le soutien de 90% des travailleurs et travailleuses du secteur. Voyant le manque d’engagement sérieux de la part des employeurs, le syndicat a annoncé qu’il mènerait une grève nationale de trois jours du 14 au 16 novembre en l’absence de signature de la convention de leur part.

“Le facteur le plus important de cette lutte est qu’elle a rallumé la détermination de nos adhérents et les a encouragés à poursuivre le combat pour leurs droits. Elle a servi à rappeler que lorsque nous ne sommes pas contents de notre entreprise ou de nos employeurs, nous pouvons nous battre pour faire valoir nos droits,” a indiqué Tahar Berberi, Secrétaire général de la FGME-UGTT, s’exprimant lors de la réunion du Comité exécutif d’IndustriALL à Colombo, au Sri Lanka.

“Cette convention doit maintenant être mise en œuvre. Certaines entreprises ne veulent pas appliquer la hausse des salaires et nous continueront donc la lutte au niveau des entreprises, mais nous sommes en bonne position pour négocier avec les employeurs qui ne veulent plus de soucis. Les employeurs comprennent maintenant que cette hausse salariale est un droit.”

Tahar Berberi a souligné que les travailleurs et travailleuses ont besoin d’une hausse salariale immédiate, les prix à la consommation ayant augmenté de plus de 100% en Tunisie. “Nous sommes parvenus à augmenter les salaires pour 2016 et 2017. Ensuite, nous allons nous concentrer sur 2018,” a-t-il ajouté.

Les affiliés à IndustriALL manifestent contre la précarité de l’emploi au Sri Lanka

Plus d’une centaine de représentants des affiliés à IndustriALL, ainsi que les travailleurs membres des syndicats sri-lankais, sont descendus dans les rues de la capitale, Colombo, pour demander au gouvernement de mettre en œuvre les amendements à l’article 59A de l’ordonnance portant création des commissions salariales.

Les modifications apportées à l’article visent à limiter et à restreindre l’emploi des travailleurs précaires en sous-traitance à des postes de base des entreprises, et où le travail à un caractère régulier et permanent. Les syndicats au Sri Lanka exigent que les amendements soient appliqués pour mettre fin à la prévalence du travail intérimaire précaire dans le pays. 

« Nous sommes ici pour soutenir le combat visant à limiter le recours à la main-d’œuvre et aux travailleurs contractuels mené par nos collègues au Sri Lanka », a indiqué le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches.

Le président d’IndustriALL, Jörg Hofmann, s’est également adressé à la foule, déclarant que le travail précaire était une maladie contemporaine touchant les travailleurs au niveau mondial. Il a déclaré:

« Le monde entier est solidaire avec les travailleurs sri-lankais. Le mouvement syndical mondial soutient vos revendications en matière de travail et de salaires décents. Le travail intérimaire, le travail contractuel, les emplois à court-terme accroissent l’insécurité de tous les travailleurs. Nous voulons mettre fin à cette pratique au Sri Lanka. Nous voulons mettre fin à cette pratique en Asie. Nous voulons mettre fin à cette pratique dans le monde entier ».

Bien que l’amendement ait été proposé en 2009, il s’agissait de la première grande manifestation revendiquant sa mise en œuvre. Les cinq affiliés syndicaux à IndustriALL au Sri Lanka ont participé à la manifestation.

Valter Sanches a également profité de cette occasion pour appuyer le statut SPG+ du Sri Lanka qui permet aux exportations nationales vers l’Union européenne de bénéficier d’un régime tarifaire préférentiel.

« Nous sommes ici pour soutenir le gouvernement en matière de maintien du statut SPG+ tant qu’il garantit le respect de toutes les conditions de travail, le droit du travail et le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective ».

La réunion du Comité exécutif d’IndustriALL, à laquelle ont participé des affiliés provenant de pays allant du Brésil au Bélarus et de la Norvège au Népal, a eu lieu les 8 et 9 novembre, à Colombo.

Le Comité des femmes d’IndustriALL appelle les syndicats à s’engager à combattre les violences faites aux femmes sur le lieu de travail

Les violences faites aux femmes au travail sont réelles et se produisent chaque jour. Elles prennent différentes formes: du harcèlement verbal aux agressions sexuelles en passant par les sévices. Toutes les formes de violence sont inacceptables et IndustriALL fait campagne contre les violences faites aux femmes sur le lieu de travail.

La campagne d’IndustriALL visant à attirer l’attention sur ce problème invite les syndicats à prendre position contre toutes les formes de violence sur le lieu de travail sous le slogan « les syndicats disent non à la violence ».

Michele O’Neil, coprésidente du Comité des femmes, a indiqué que le combat contre les violences est un travail difficile qui ne permettra pas d’aboutir à des changements du jour au lendemain:

« Comment pouvons-nous envisager de parvenir à l’égalité des sexes sans mettre fin aux violences faites aux femmes qui sont un obstacle à l’égalité entre les hommes et les femmes?

« Mais, j’ai confiance que si IndustriALL et ses affiliés prennent ce combat au sérieux, nous obtiendrons des changements ».

Les délégués sont tombés d’accord sur un engagement et une résolution stipulant clairement que toutes les formes de violences faites aux femmes sont inacceptables. Les deux documents seront soumis au Comité exécutif d’IndustriALL pour adoption.

La campagne comprendra des actions de mobilisation le 25 novembre, le 8 mars et en juin, à une date proche de la tenue de la Conférence internationale du travail. Les données sur les violences faites aux femmes dans les secteurs d’IndustriALL seront recueillies en continue et les violences faites aux femmes exposées.

Monica Voloso, coprésidente du Comité des femmes, a insisté sur l’importance qu’il y a à ce que la campagne atteigne tous les affiliés dans le monde pour que des changements garantissant aux femmes un lieu de travail sûr puissent se produire.

« La campagne contre les violences faites aux femmes se renforce grâce au soutien mondial d’IndustriALL. Si tous les syndicats concernés disent NON aux violences, nous bénéficions d’alliés puissants pour lutter contre les violences ».

Aya Matsuura, spécialiste de la problématique hommes-femmes à l’OIT, a présenté au Comité des femmes le processus normatif appliqué par l’OIT pour mettre fin aux violences et au harcèlement à l’égard des femmes et des hommes dans le monde du travail.

Le Comité des femmes est favorable au projet de convention globale de l’OIT, comprenant un important volet sur les violences sexistes et qui est complétée par une recommandation. Néanmoins, avec seulement 38 Etats-membres de l’OIT sur 187 en faveur de cette convention, celle-ci risque d’aboutir à une recommandation non contraignante.

Le Comité des femmes a souligné l’importance pour les syndicats de prendre des mesures et de faire pression sur leurs gouvernements pour défendre l’adoption de la Convention.

Les femmes dans les secteurs à prédominance masculine

Les objectifs généraux du travail d’IndustriALL sur la question des femmes visent à accroître leur participation et leur représentation au sein d’IndustriALL et de ses affiliés, ainsi qu’à promouvoir, à renforcer et à protéger les droits des femmes et l’égalité des sexes. Seuls l’intégration du travail des femmes dans tous les secteurs, les réseaux, le travail et les projets régionaux, ainsi que le traitement de la question de la participation et de la représentation des femmes permettront d’atteindre ces objectifs.

En 2018, les activités porteront sur les secteurs occupés traditionnellement par les hommes, à savoir les secteurs des mines, des métaux de base, des matériaux et de l’énergie, ainsi que sur l’élaboration de plans d’action visant à s’attaquer aux problèmes relatifs aux femmes au sein des syndicats et des entreprises dans ces secteurs.

L’atteinte de l’objectif de 40 pour cent de femmes représentées au sein des structures d’IndustriALL est une priorité du Comité des femmes. Les objectifs des travaux d’IndustriALL portant sur la jeunesse sont plus élevés, 50 pour cent, et posent l’égalité comme un fait et non pas comme un but.  

La Secrétaire générale adjointe d’IndsutriALL, Jenny Holdcroft, a indiqué:

« Il est clair que si aucun changement notable ne se produit au sein des syndicats, l’objectif de 40 pour cent en matière de représentation des femmes ne sera pas atteint.

« Nous continuerons à soutenir les travaux du Comité des femmes en conseillant nos affiliés sur les mesures qu’ils doivent prendre pour inclure les femmes dans leurs structures et processus décisionnels ».

Les affiliés d’IndustriALL revendiquent le respect des droits des travailleurs dans les industries des matériaux

Ces industries évoluent rapidement, l’ensemble du secteur étant en constante consolidation et transformation. Les fusions, les acquisitions et les consolidations au sein de ces industries ont modifié le profil, l’implantation industrielle et les stratégies des principales multinationales. Comme dans bien d’autres industries manufacturières, le problème de la surcapacité massive due au maintien par la Chine de ses plus hauts niveaux de production reste une épée de Damoclès au-dessus des emplois sur tous les continents. Industrie 4.0 est également sur le point d’affecter les emplois et la vie des travailleurs et travailleuses de manière très sérieuse.

À l’ouverture de la conférence, Newton B. Jones, Président du Syndicat nord-américain IBB et coprésident de la section des matériaux a indiqué :

“Nous voyons la patte du capitalisme mondial, à l’œuvre partout dans le monde, au sein de toutes les économies et dans toutes les étapes de leur développement. Par ailleurs, les menaces sont les mêmes : travail précaire, nivellement par le bas des salaires et rémunérations des travailleurs et travailleuses, des modèles industriels non-soutenables, des conditions de travail contraires à la santé et à la sécurité et une automatisation ayant peu d’égards quant à ses impacts sur la vie des travailleurs et travailleuses.”

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union s’est également adressé aux délégués :

“L’industrie des matériaux est devenue un secteur avec une énorme concentration, en raison des fusions et acquisitions des dernières années. Par le biais de ces tactiques, les multinationales sont devenues extrêmement puissantes et nous, en tant que syndicats, sommes les seuls à pouvoir défier leur pouvoir.”

Depuis la dernière conférence en 2013 à Bangkok, en Thaïlande, les syndicats du secteur des matériaux ont mené une série de luttes et de combats qui ont abouti à des victoires pour les travailleurs et travailleuses. Que ce soit en Inde, en Indonésie ou au Canada, les travailleurs et travailleuses des industries des matériaux et leurs syndicats sont restés fermes quant à leurs droits et ont toujours exprimé et reçu une solidarité exemplaire.

Un autre acquis fort de ces quatre dernières années est le Protocole d’entente signé entre LafargeHolcim, IndustriALL et son organisation sœur, l’Internationale des Travailleurs du Bâtiment et du Bois, qui prévoit davantage de négociations et la conclusion d’un Accord-cadre mondial pour mieux protéger les droits des salariés directs et indirects de l’entreprise.

Le sénateur en charge du travail, de l’emploi, de l’économie et des installations portuaires du gouvernement de Brême, M. Günthner s’est exprimé face aux délégués de la conférence et a rappelé l’importance de syndicats forts aux plans national et international.

Les participants ont adopté un ambitieux Plan d’Action axé sur les cinq principaux objectifs d’IndustriALL.

Clôturant la conférence, Lena Yuliana, de la Fédération des syndicats du ciment d’Indonésie FSP ISI, qui a été élue coprésidente du secteur (en compagnie de Newton B. Jones), a déclaré :

“Nous devons bâtir une puissance syndicale et renforcer la solidarité, échanger et partager l’information avec nos membres. Ce n’est que par ce travail que nous serons en mesure d’atteindre des résultats tangibles pour nos membres.”

La conférence a été précédée d’une première réunion où les syndicats qui représentent les travailleurs et travailleuses d’HeidelbergCement ont mis sur pied leur réseau syndical. Il a déjà entamé son travail et adopté une déclaration spéciale qui définit ses activités pour le plus proche avenir.

Commentant les résultats de la conférence, Matthias Hartwich, Directeur pour les industries des matériaux d’IndustriALL a déclaré :

“Les travailleurs et travailleuses de ce vaste secteur sont confrontés à de nombreux défis, dont de mauvaises conditions de santé et sécurité et le travail précaire. Nous avons conjointement décidé de nos priorités et de là où nous voulons agir au cours des quatre prochaines années. C’est un plan très ambitieux et nous devrons mobiliser toutes nos forces pour l’exécuter. Mais nous voulons que nos syndicats soient forts et prêts à défier la puissance des multinationales ; nous nous dressons fermement pour exiger le respect des droits des travailleurs et travailleuses !”

Des photos de la conférence sont disponibles sur le compte Flickr d’IndustriALL.

Défendez les syndicats géorgiens

Le 2 novembre, IndustriALL a lancé, en partenariat avec TUMMCIWG, une campagne en ligne sur le site de LabourStart. Veuillez signer la pétition pour dénoncer les actions antisyndicales manifestes de la compagnie comprenant:

Les affiliés à IndustriALL d’Arménie, de Biélorussie, du Kirghizstan et de Russie ont envoyé une lettre de protestation à la direction de Rustavi Azot, indiquant que la compagnie avait été l’un des meilleurs exemples de partenariat social en Géorgie et que la convention collective conclue avec le précédent propriétaire respectait les normes internationales ainsi que celles figurant dans la Charte sociale européenne. La situation a radicalement changé en 2017.

Le syndicat TUMMCIWG a été également encouragé à recevoir des photos des militants syndicaux originaires de la région de la Communauté d’Etats indépendants (CEI) tenant dans les mains un écriteau de solidarité où ils s’engagent à défendre les syndicats géorgiens: #DefendGeorgianUnions. Vous pouvez participer à la campagne dès maintenant et envoyer une photo de vous, accompagnée de l’écriteau joint, par courrier électronique à [email protected].

Le président de TUMMCIWG, Tamaz Dolaberidze, a déclaré:

« Chers collègues! Je vous remercie sincèrement pour chaque photo, chaque lettre et chaque minute que vous nous avez consacrés. Votre soutien nous a permis de continuer de lutter. Même si nous perdons cette bataille nous sommes sûrs que nous avons jeté les bases de la victoire future. Nous sommes reconnaissants à IndustriALL qui, à travers ses activités, est parvenu à tous nous coordonner pour que nous menions une bataille mondiale ».