Mexique : Des voyous de la CTM assassinent deux frères dans la mine de Media Luna

Les voyous de la CTM ont attaqué les travailleurs qui participaient depuis 17 jours à un mouvement de grève dans la mine de Media Luna, dans l’État mexicain de Guerrero. Deux frères, Victor et Sahuanitla Peña, ont perdu la vie à l’issue de l’attaque violente.

L’action collective avait été engagée à l’initiative de quelque 600 mineurs qui refusaient d'être affiliés au syndicat de la CTM qui, selon eux : « Manque de défendre leurs droits, les trahit, les offense, les agresse et les menace constamment et est entièrement à la merci des intérêts de l’entreprise. »

C’est la raison pour laquelle ils ont décidé d’adhérer au Sindicato Nacional de Trabajadores Mineros Metalúrgicos y Similares de la República Mexicana ( SNTMMSRM), affilié à IndustriALL Global Union.

« Les méfaits commis par les bandes armées de voyous à la solde de la CTM sont à inscrire parmi les pires actes de répression à l’encontre d'ouvriers mineurs et des communautés locales. Le Sindicato Nacional de Mineros responsabilise pour cette agression l’entreprise Torex Gold Resources, dont la maison-mère est basée au Canada, le ministère du Travail et de la Prévoyance sociale (STPS) et la section locale de la CTM et demande que des sanctions pénales soient prises à leur encontre afin que cette agression vile et lâche ne demeure pas impunie », a déclaré le syndicat dans un communiqué officiel.

Le Syndicat national des mineurs et l’entreprise participaient à un processus de négociation depuis le 13 novembre, après que le principal dirigeant de la société canadienne se fût engagé à trouver une issue au conflit. Les négociations n’ont, cependant, pas abouti.

Les dirigeants locaux de la CTM impliqués dans l’agression lâche furent identifiés et ensuite relâchés par la patrouille militaire N° 0827327 de la zone militaire d’Iguala Guerrero. Ce sont des membres de cette même patrouille qui étaient impliqués dans la disparition des 43 étudiants normaliens d’Ayotzinapa.

Pour sa part, le secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit une lettre adressée au président mexicain Enrique Peña Nieto, au ministre de l’Intérieur du Mexique et au STPS, où il condamne sans ambages l’assassinat des mineurs en grève dans la mine de Media Luna, dans l’état de Guerrero, et demande que justice soit rendue.

« IndustriALL Global Union demande instamment au gouvernement du Mexique de prendre immédiatement les dispositions qui s’imposent pour garantir la sécurité des travailleurs en grève et garantir le respect sans restriction des droits fondamentaux des travailleurs dans la mine de Media Luna, lesquels incluent la liberté syndicale, le droit d'organisation et de négociation collective, tels qu’établis dans les Conventions 87 et 98 de l’Organisation internationale du travail (OIT) », a demandé Valter Sanches.

Pour conclure, le secrétaire général d'IndustriALL a demandé au gouvernement du Mexique que des dispositions soient prises pour traduire en justice et condamner les auteurs de ces assassinats, mettre un terme définitif à la répression à l’encontre des travailleurs des mines et ouvrir une enquête sur l’implication possible de l’entreprise Torex Gold Resources dans les actes de violence.

Les affiliés d’IndustriALL célèbrent la Journée de l’industrialisation de l’Afrique 2017

D’abord, un intense débat syndical a eu lieu sur le thème des politiques industrielles durables et des implications d’Industrie 4.0 pour la région Afrique, ce 17 novembre 2017, au Nigeria.

On retrouvait parmi les participants des responsables syndicaux du Nigeria, d’Afrique du Sud, du Zimbabwe, et du Ghana. D’une manière générale, on s’est accordé à reconnaître que les impacts d’Industrie 4.0 pourraient être assez significatifs compte tenu du rôle de l’Afrique sur le marché mondial et de sa position au sein des chaînes de valeurs mondiales. Ceci est vrai en dépit du fait que de nombreuses industries en Afrique sont loin d’adopter directement des technologies avancées comme la numérisation ou l’intelligence artificielle. Bien sûr, de nombreux autres aspects des politiques industrielles durables, tels que le changement climatique, la question de l’énergie durable, le travail décent et un terme à mettre au travail précaire ainsi que le besoin d’une Transition juste, ont été également débattus.

Le 19 novembre, les syndicats ont tenu une conférence de presse bien suivie pour souligner le besoin d’un plan, une politique industrielle durable, pour l’Afrique. Ce plan doit prendre en compte les réalités actuelles : énergie et développement durables, tendances du commerce international, changement climatique ainsi que le besoin de programmes de Transition juste, d’éducation et de formation et les impacts de ce qu’il est convenu d’appeler Industrie 4.0, la transformation rapide de la production avec la numérisation, l’intelligence artificielle, l’impression 3D, etc.

Il n’existe pas de solutions toutes faites qui conviennent pour tout. Bien qu’IndustriALL Global Union puisse aider à fournir un cadre pour réfléchir à ces domaines, elle compte sur ses affiliés, aux plans national et régional, pour porter ces idées.

Brian Kohler, Directeur d’IndustriALL pour la Santé, la Sécurité et la Durabilité, a déclaré :

“L’environnement, l’économie et la société doivent être considérés comme un ensemble intégré. Tout est dans tout. Mais en tant que syndicats, nous sommes bien entendu très focalisés sur la dimension sociale et en particulier sur les emplois, le travail décent. Notre but est de créer une économie saine, comportant de nombreux emplois de qualité tout en minimisant les impacts environnementaux négatifs et en mettant en avant les intérêts de la société dans son ensemble.”

“Les gouvernements doivent intervenir pour s’assurer que les richesses soient partagées ; la libre concurrence à elle seule n’assurera pas la durabilité. Le rôle et la crédibilité des gouvernements doivent être étendus,” a ajouté Kohler.

La Journée de l’industrialisation de l’Afrique, qui a lieu le 20 novembre, a été proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1989 et est principalement organisée par l’UNIDO, l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel. Un très grand événement s’est tenu pour souligner le besoin de développement industriel, qui a vu la participation de ministres et fonctionnaires gouvernementaux, de capitaines d’industrie, d’ambassadeurs et, bien sûr, de centaines de syndicalistes qui se sont rendu sur place en cortège en chantant et en brandissant pancartes et banderoles.

À la fois Issa Aremu, Vice-président d’IndustriALL pour la région Afrique et organisateur principal des manifestations marquant la Journée de l’industrialisation de l’Afrique, et Brian Kohler, Directeur d’IndustriALL pour la Santé, la Sécurité et la Durabilité, ont souligné le besoin d’un dialogue social et d’une place pour les travailleurs et travailleuses à la table des négociations lorsque l’on réfléchit à d’importantes orientations politiques qui affectent des milliers, pour ne pas dire des millions, de travailleurs et travailleuses.

Ce message a été bien reçu. Lors de la cérémonie, l’Honorable Dr. Enelamah, Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement du Nigeria, s’est engagé auprès d’Issa Aremu à ce que les syndicats soient partie prenante aux futures discussions.

Issa Aremu a conclu :

“En dépit des défis que sont Industrie 4.0, le changement climatique, le commerce et la finance, l’Afrique doit et va réussir. Avec ses vastes ressources naturelles et humaines, l’Afrique a besoin et mérite mieux que d’être un simple fournisseur de matières premières destinées à être transformées ailleurs. Avec le soutien d’IndustriALL, ce message est passé.”

Les syndicats de l’industrie du pétrole et du gaz travaillent à l’amélioration de la qualité de vie dans le Nord de la Russie

La conférence a rassemblé environ 200 représentants du gouvernement, de compagnies pétrolières et gazières, et de syndicats.

Le président de ROGWU, Aleksander Korchagin, a fait observer que les deux tiers du territoire de la Russie se situent dans le Nord. 90 pour cent du gaz naturel et environ 75 pour cent du pétrole sont produits dans cette région où ils constituent le socle de l’économie russe. Néanmoins, malgré des conditions climatiques difficiles, tels que des hivers longs et rigoureux, et des températures basses, le salaire moyen dans les régions pétrolières et gazières est devenu égal au salaire moyen en Russie ces dernières années provoquant un exode des travailleurs des régions du Nord du pays.

Sergeyus Glovackas, administrateur pour l’Europe et l’Asie centrale du Bureau des activités des travailleurs de l’OIT, a indiqué que les efforts actuellement déployés par les syndicats et leur position détermineront l’avenir du travail, et qu’il est essentiel que les travailleurs signent des contrats à durée indéterminée.

Les experts de l’OIT, Rafael Pils et Harri Taliga, ont présenté les statistiques sur les salaires dans différents pays et secteurs.

Les participants à la conférence ont examiné la structure du salaire minimum et la formule de rémunération appliquées dans les régions du Nord. Tous les participants ont convenu que le salaire minimum est un montant de base qui ne devrait inclure aucuns paiement, prime et coefficient régionaux. IndustriALL a suggéré d’utiliser la terminologie « salaire décent », défini comme le salaire minimum nécessaire aux travailleurs pour satisfaire leurs besoins essentiels, en lieu et place de « salaire minimum ».

La directrice du département de l’énergie d’IndustriALL, Diana Junquera Curiel, a déclaré:

« Les salaires ont augmenté dans les pays dont les économies sont en développement au cours des dernières années, mais la croissance des salaires a ralenti dans les pays dont les économies sont développées. Nous voyons se creuser les inégalités en matière de salaires dans tous les pays. Les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. Nous assistons dans le monde entier au phénomène du travailleur-mendiant qui est un travailleur qui possède un emploi à plein temps mais demeure en dessous du seuil de pauvreté. Que peuvent faire les syndicats? Nous devons être plus solidaires, construire des alliances internationales, accroître le nombre d’adhérents, négocier des conventions collectives sectorielles. Nous sommes plus forts ensemble ».

Le député de la Douma d’Etat de la Fédération russe, Mikhail Tarasenko, a fait part des difficultés rencontrées en matière de promotion des revendications justes des travailleurs dans le corps législatif. Il a encouragé les participants à inclure dans la résolution de la conférence les impératifs non seulement que les autorités mais également les employeurs devraient observer au moyen d’un accord tarifaire sectoriel.  

Les participants de la conférence ont fait part de l’existence des inégalités croissantes entre les différentes régions de la Russie où les entreprises verticalement intégrées opèrent, et la capitale Moscou, où les sièges sociaux sont implantées et paient tous leurs impôts. Si les compagnies versaient leurs impôts au budget des régions où elles ont leurs activités, cela augmenterait le salaire moyen dans les régions et donnerait un argument supplémentaire pour revendiquer des hausses salariales pour les travailleurs de l’industrie du pétrole et du gaz dans les négociations avec les employeurs.

Vadim Borisov, Secrétaire régional d’IndustriALL, a souligné l’importance de la question des salaires:

« Nous pensons que le salaire des travailleurs de l’industrie du pétrole et du gaz en Russie est élevé par rapport aux salaires versés aux travailleurs dans les autres secteurs. Mais dès que nous commençons à comparer les salaires des travailleurs du pétrole de Russie avec les salaires des travailleurs du pétrole, par exemple, de la Norvège, la situation change radicalement. Les travailleurs russes reçoivent des salaires nettement inférieurs alors qu’ils travaillent dans les mêmes conditions et avec les mêmes équipements. L’aspect international revêt donc une grande importance dans les discussions sur les salaires décents ».

La conférence s’est terminée avec l’adoption de recommandations à l’attention des autorités nationales et des employeurs visant à améliorer la qualité de vie des habitants du Nord. 

Les syndicats agissent pour soutenir des industries nationales et régionales durables

Ce séminaire a donné l’occasion d’analyser, de débattre et de planifier des actions sur les industries nationales et régionales. Le constat de départ des syndicats est que l’industrie est un moteur important pour l’emploi et le développement économique national et qu’ils ont besoin de politiques industrielles durables pour promouvoir une durabilité sociale, économique et environnementale.

Les participants ont exposé la situation économique des pays de la région, dont l’Argentine, le Brésil, le Chili, l’Uruguay et le Venezuela, pointé les parentés au sein de leurs économies respectives et conçu un agenda commun. Les pertes d’emploi, les chutes de production et les violations des droits des travailleurs du chef des multinationales ont constitué un fil rouge à tous ces débats.

Les participants ont également découvert les initiatives prises par les syndicats d’autres pays en vue de défendre des industries nationales durables. Par exemple, Miguel Soto du Syndicat Industrial Chile a évoqué un plan destiné à constituer une compagnie étatique pour produire du lithium dans les plaines salées d’Atacama. Le Chili possède plus de la moitié (54%) des réserves mondiales de lithium et le carbonate de lithium est utilisé dans la production des batteries destinées aux véhicules électriques.

La Présidente de la CNQ/CUT (affiliée à IndustriALL) et coprésidente du Comité exécutif d’IndustriALL, Lucineide Varjão, a expliqué la manière dont les syndicats membres de la CUT travaillent ensemble :

“Nous avons décidé de constituer un institut pour l’industrie afin d’y débattre de politiques durables pour le tissu industriel du Brésil et nous allons présenter un programme commun,” a-t-elle expliqué.

Les participants ont également pu découvrir la façon dont certains pays européens collaborent pour promouvoir la durabilité. Juan Blanco des CC.OO. (affiliées à IndustriALL) a présenté le projet conjoint de son organisation avec le syndicat allemand IG METALL (affilié à IndustriALL) en vue de promouvoir la reprise économique et l’emploi décent.

“Nous avons formé une “Alliance pour l’industrie”, soit un accord tripartite en vue de promouvoir l’innovation technologique et d’identifier de nouvelles stratégies destinées à assurer la sécurité de l’emploi. Nous devons concevoir des stratégies mondiales qui vont nous aider à élaborer des politiques industrielles durables,” a indiqué Blanco.

Les syndicats latino-américains sont convenus de continuer à concevoir des politiques industrielles comprenant des mesures destinées à sauvegarder et créer des postes de travail bien rémunérés et stables, à garantir de l’emploi durable et à s’assurer qu’ils aient leur mot à dire dans le processus de décision au sein de leurs secteurs industriels respectifs.

“Quand nous disons “Nous agissons”, cela signifie nous opposer à l’asservissement de la main-d’œuvre et avoir un débat syndical plus profond pour pouvoir réfléchir ensemble, combiner nos idées, formuler des propositions en vue d’un développement durable et élaborer une réponse à opposer aux multinationales,”

a indiqué le Responsable régional pour IndustriALL, Marino Vani, à l’issue de la réunion.

 

Ethiopie: un degré de priorité élevé doit être donné aux droits des travailleuses dans l’industrie textile et de la confection

Les femmes sont organisées par l’affiliée à IndustriALL Global Union, la Fédération industrielle des syndicats éthiopiens du textile, du cuir et de l’habillement (IFETLGTU).

Figurait parmi les activités visant à renforcer les capacités des travailleuses, une formation des formateurs sur les droits des travailleuses, à laquelle 13 femmes ont participé plus tôt cette année. Selon quatre d’entre elles, les questions discutées lors de la formation portaient sur la protection de la maternité, l’organisation des travailleurs contre la discrimination fondée sur le sexe et le harcèlement sexuel, la reconnaissance des responsabilités familiales par les employeurs ainsi qu’un salaire égal pour un travail de valeur égale.

Il a été indiqué que les conditions étaient si mauvaises en matière de protection de la maternité que certaines travailleuses, n’ayant personne pour s’occuper de leur nourrisson, n’ont pas repris le travail après leur congé maternité. Ce problème a conduit à réclamer à ce que les entreprises offrent des services de garde d’enfants.

La formation a également renforcé la confiance des femmes, qui désormais ne craignent plus de s’adresser à la direction de leur entreprise. Préparées pour participer activement aux activités syndicales, y compris à des fonctions de leadership, elles se réjouissent à la perspective de former leurs collègues dans les usines implantées à Addis Ababa, à Bishoftu et dans d’autres lieux.

Comme dans les autres pays d’Afrique subsaharienne, les femmes représentent la majorité des travailleurs dans l’industrie textile et de la confection. Le faible montant de leurs salaires, qui s’élèvent à 40 US$ par mois, ne leur permet pas de sortir de la pauvreté et se situe au-dessous du minimum nécessaire pour satisfaire leurs besoins essentiels. Ce problème a incité le IFETLGWU à mettre la question des salaires minimums à l’ordre du jour des futures négociations avec les employeurs. Le syndicat a également considéré les conventions collectives, qui ont permis de garantir des salaires justes, comme des outils importants pour revenir sur le montant des salaires de subsistance. 

Les accords-cadres mondiaux qu’IndustriALL a signé avec les marques mondiales, dont H&M et Tchibo, propriétaires d’usines en Ethiopie, se sont avérés utiles pour protéger les travailleurs contre le versement de salaires de misère.

S’assurer que les employeurs respectent les normes de santé et de sécurité ainsi que le droit du travail permettrait également de réduire les accidents et d’améliorer les conditions de travail.

Paule-France Ndessomin, responsable régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a indiqué:

« Nous sommes déterminées à améliorer l’égalité entre les hommes et les femmes, et à veiller à ce que la direction du syndicat reflète sa composition. Les travailleuses présentent mieux les problèmes rencontrées à leurs usines lorsqu’elles ont l’opportunité de s’exprimer par elles-mêmes ».

Turquie : licenciés de l’aciérie Posco Assan pour s’être syndiqués

Ils ont été licenciés à l’issue d’une campagne de recrutement syndical de l’affilié d’IndustriALL Global Union Birleşik Metal-İş. Le syndicat a fait cette tentative de recrutement des 420 travailleurs et travailleuses du site de Kocaeli après avoir entendu l’expression de leur insatisfaction à propos des salaires et des conditions de travail.

Lorsque la direction a eu vent de ces efforts de syndicalisation, elle a organisé des réunions individuelles avec les salariés pour les intimider et les amener à quitter le syndicat. Ceux qui ont refusé de démissionner du syndicat ont été jetés dehors.

La main d’œuvre a stoppé la production pour protester contre les renvois et Birleşik Metal-İş a organisé une manifestation de masse hier.

Birleşik Metal-İş a rempli les obligations légales pour obtenir la reconnaissance syndicale. Le syndicat a obtenu la majorité légalement requise et a fait la demande d’une certification auprès du Ministère du Travail et de la Sécurité sociale afin d’obtenir le droit de négocier collectivement au nom de ses adhérents.

Posco Assan Steel Industry Incorporated est un partenariat entre Posco de Corée, Kibar Holding en Turquie et Daewoo International. L’usine produit de l’acier inoxydable de haute qualité utilisé pour les rayonnages industriels, les chaudières, les équipements de cuisine et les composants automobiles.

Posco est la cinquième plus grande entreprise sidérurgique du monde. Elle ne compte pas de représentation syndicale au sein du pays d’origine, la Corée, en raison de la posture anti-syndicale de l’entreprise.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit au PDG de l’entreprise turque, Haeil Jeong, en ces mots :

“La conduite de Posco Assan TST Steel Industry Inc. constitue une violation flagrante de la législation turque ainsi que des normes fondamentales internationales du travail.

“Il appartient à Posco Assan TST Steel Industry de se conformer strictement aux législations nationales et internationales du travail. En conséquence, IndustriALL Global Union exhorte fermement Posco Assan TST Steel Industry Inc. à réintégrer immédiatement les quarante salariés concernés, à reconnaître Birleşik Metal-İş comme partenaire légitime de négociation collective, sachant qu’il a obtenu la majorité légalement requise, et à cesser d’interférer avec les droits fondamentaux des travailleurs, dont celui de rejoindre un syndicat de leur choix et de négocier collectivement.”

La réunion du secteur automobile débat de la transition vers l’e-mobilité

La réunion, organisée conjointement avec notre hôte, le Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud, avait lieu à peine une semaine après la Conférence d’IndustriALL sur Industrie 4.0, tenue à Genève, en Suisse. Elle a débattu de la manière dont il serait souhaitable que les syndicats se préparent à répondre aux changements qui devraient avoir lieu lorsque le moteur à combustion interne sera remplacé par une nouvelle génération de moteurs électriques. Les participants ont effectué un “tour du monde” pour découvrir les évolutions actuelles et attendues, s’agissant de l’introduction de véhicules hybrides, électriques et autonomes, en entendant les rapports à ce sujet issus de partout dans le monde.

Les participants ont souligné que de nombreux fournisseurs traditionnels d’équipements d’origine se basaient sur le modèle d’Industrie 3.0 en augmentant l’automatisation. Les véritables concepts relevant d’Industrie 4.0 sont au contraire amenés par des nouveaux-venus dans le secteur dont les salariés sont rarement syndiqués. Le Groupe de Travail est convenu d’assurer un suivi de ce débat au sein des réseaux syndicaux d’entreprise au niveau mondial.

Un accent particulier a aussi été mis sur les stratégies visant à syndiquer tout au long des chaînes de valeur. Un groupe d’expert a été constitué pour élaborer un projet pilote concret pour le secteur dans les douze prochains mois.

Enfin, le Groupe s’est penché sur les pays et les régions, le Sud des États-Unis, la Turquie, le Mexique, l’Inde, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, la Thaïlande ainsi que la Chine, où les droits syndicaux et ceux des travailleurs sont souvent menacés par les gouvernements et les entreprises. Les délégués ont décidé de porter une attention particulière à ces pays et de préparer et soutenir des activités de solidarité avec les travailleurs et travailleuses qui s’y battent pour leurs droits.

Georg Leutert, Directeur d’IndustriALL pour les industries automobiles et aérospatiales, a indiqué :

“Les syndicalistes présents à la réunion ont tenu un débat ouvert et franc sur le travail précaire dans le secteur et sont convenus de se pencher sur des exemples de la manière de le combattre efficacement”.

Pas une vie dorée : le coût humain de la crise à la mine de Grasberg

Des milliers de travailleurs et travailleuses de la mine Freeport de Grasberg en Papouasie, Indonésie, sont sans travail depuis leur licenciement pour avoir fait grève en mai 2017. On leur fait payer le prix d’un conflit entre l’entreprise et le gouvernement indonésien à propos du contrôle de la plus grande mine d’or du monde.

IndustriALL a réalisé un documentaire, lancé ce 9 novembre à l’occasion du Comité exécutif réuni à Colombo, au Sri Lanka, concernant les effets de la grève sur les travailleurs et travailleuses ainsi que sur leurs familles.

Les travailleurs et travailleuses ont perdu leur revenu, l’accès aux soins de santé et à l’éducation ainsi que dans certains cas leur logement.

Récemment, un travailleur s’est suicidé après qu’on lui a refusé des soins de santé.

La Commission nationale des droits de l’homme d’Indonésie a estimé que le licenciement de milliers de travailleurs et travailleuses constituait une violation des droits de l’homme. Elle appelle à leur réintégration.

Violence à l’égard des femmes : pas dans mon syndicat, pas sur mon lieu de travail

La violence à l’égard des femmes au travail est une problématique syndicale fondamentale. Le Comité exécutif d’IndustriALL appelle ses affiliés à prendre l’engagement de combattre la violence à l’égard des femmes et de prendre des mesures proactives pour le mettre en œuvre.

La violence à l’égard des femmes constitue une violation des droits humains. C’est un obstacle à l’égalité des genres. Selon un rapport de l’ONU, aujourd’hui, 35% des femmes ont connu la violence physique, psychologique ou sexuelle. Dans certains pays, cette proportion atteint 70%.

La violence à l’égard des femmes reste l’une des violations des droits humains les plus tolérées. Les syndicats ont une part de responsabilité dans la promotion et la défense des droits des femmes. La violence à l’égard des femmes au travail affecte les droits, la sécurité, la santé et la dignité des travailleuses.

Syndicats, dites non à la violence à l’égard des femmes

Prenez l’engagement !

Le Comité exécutif d’IndustriALL adopte une posture ferme contre la cupidité des entreprises et la violence à l’égard des femmes

Des syndicalistes de près de 50 pays se sont rencontrés et ont fait montre de toute la force du mouvement syndical international.

Un important débat a eu lieu sur ce à quoi les femmes font face quotidiennement dans leur vie professionnelle, avec ensuite l’adoption par le Comité exécutif d’une résolution sur la violence et le harcèlement à l’égard des femmes sur le lieu de travail. La violence à l’égard des femmes sur le lieu de travail est une réalité qui se manifeste chaque jour. Elle prend de nombreuses formes, allant du harcèlement verbal aux abus physiques et sexuels.

Il a été demandé aux délégués de prendre attitude ainsi que de soutenir et promouvoir un engagement au niveau de leurs syndicats qui affirme clairement que toute forme de violence à l’égard des femmes est inacceptable.

IndustriALL est une organisation qui fait campagne. Le Comité exécutif a soutenu le lancement de deux nouvelles campagnes d’entreprise : contre le géant pétrolier Shell et contre Glencore, spécialisé dans les matières premières.

La campagne contre Shell appelle à l’égalité des droits pour tous les travailleurs de Shell. À l’heure actuelle, il existe d’énormes différences dans la manière dont l’entreprise traite sa main d’œuvre suivant l’endroit où l’on se trouve.

La campagne contre Glencore revendique que l’entreprise respecte les droits des travailleurs, améliore la santé et la sécurité et fasse la démonstration de sa bonne foi au niveau des négociations à la fois directes et indirectes avec ses salariés.

L’impulsion pour cette campagne provient des conflits en Australie, au Canada et en Afrique du Sud, dont le lock-out au Queensland, en Australie et une grève de dix mois dans une raffinerie au Québec, au Canada. Cette campagne a pour but de résoudre ces conflits et d’établir avec l’entreprise un dialogue sérieux au plan mondial qui prenne en compte les préoccupations au sujet des droits syndicaux ainsi que la santé et sécurité sur ses sites d’activité de par le monde.

Être mineur peut être une profession perfide. Le combat d’IndustriALL en faveur des travailleurs et travailleuses de la mine de cuivre Freeport de Grasberg, en Indonésie, se poursuit. La Commission nationale des droits de l’homme d’Indonésie a estimé que le licenciement par l’entreprise de milliers de travailleurs et travailleuses viole les droits de l’homme et recommande leur réintégration.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, déclare :

Les travailleurs et travailleuses sont confrontés à l’injustice dans tous les pays du monde. Nous devons répliquer en utilisant les leviers à notre disposition.

Combattre le travail précaire est important pour IndustriALL. À l’issue de la première journée du Comité exécutif, les délégués ont rejoint les affiliés du Sri Lanka dans une manifestation pour exiger que le gouvernement prenne des mesures pour stopper la propagation du travail précaire.

Politique commerciale et industrielle

Industrie 4.0 a un gros impact sur certaines industries qui concernent les affiliés d’IndustriALL. Cela modifie le travail et la production, élimine ou modifie des emplois.

Le Comité exécutif a entériné le plan d’action pour Industrie 4.0.

Le groupe de travail d’IndustriALL sur le commerce revendique la nécessité d’avoir, pour tout traité commercial, des négociations ouvertes et transparentes, y compris sur les droits des travailleurs. Ce problème doit être débattu au plan mondial et tous les affiliés doivent prendre part à la discussion.

Le Comité exécutif a adopté une série de résolutions de solidarité :

Les textes de toutes ces résolutions se trouvent dans les liens à côté de cet article.