Henkel a recours à des briseurs de grève aux États-Unis pour casser le mouvement des travailleurs

La grève chez Henkel Aerospace à Pittsburg, qui produit des adhésifs pour Boeing et autres compagnies aériennes, a débuté en réaction au blocage des négociations avec la direction, qui portent sur une nouvelle convention qui améliorerait les procédures de sécurité sur le site de Henkel.

Cependant, la réponse de l’entreprise face à ce conflit ont été des représailles et de la discrimination à l’égard des leaders et adhérents syndicaux de l’usine. Dans une tentative visant à détruire le syndicat, Henkel a recruté des briseurs de grève par le biais d’une société spécialisée en la matière, Strom Engineering. Selon nos informations, Henkel dépense maintenant des millions de dollars pour ces remplaçants temporaires.

Henkel est une entreprise où les syndicats sont bien représentés en Europe. Toutefois, la situation aux États-Unis est loin de ce qui est décrit dans le rapport de durabilité de Henkel pour 2016, au sein duquel l’entreprise déclare : “un échange de vue et des consultations en profondeur a lieu aussi bien au niveau opérationnel, par exemple avec les conseils d’entreprises locaux, que transversalement dans l’entreprise entre la direction et le syndicat.” Dans ce même rapport, l’entreprise se targue également de “promouvoir la santé et la vitalité des salariés afin de favoriser l’émergence d’une organisation souple et hautement performante.”

En 2013, David Eleidjian, un travailleur temporaire âgé de 26 ans, est décédé après avoir été happé et mortellement écrasé par un malaxeur de produits chimiques. À l’issue de l’enquête consécutive effectuée par la Branche californienne de l’Organisme de la Santé et Sécurité professionnelles des États-Unis (Cal/OSHA), de nombreuses infractions ont été constatées et l’entreprise a reçu une amende de 200.000 dollars.

Depuis lors, les travailleurs ont pu négocier leur première convention avec l’entreprise. Celle-ci, cependant, ne permet pas de prendre en considération de nombreuses problématiques de sécurité qui persistent à être ignorées et rejetées par Henkel.

Au cours des six derniers mois, plusieurs cas de brûlures importantes par la vapeur se sont produits, dus à l’absence de la maintenance régulière recommandée par les comités de sécurité actuels. Une de ces blessures a provoqué une brûlure au 3e degré sur plus de 30% de la peau d’un affilié de l’IAM.

Le syndicat IAM a déposé une série de plaintes officielles pour pratiques de travail déloyales et la Cal/OSHA a entendu et ensuite mis l’entreprise à l’amende. L'IAM rapporte que les plaintes en cours concernent des infractions au niveau des procédures de résolution des conflits, d’horaires de travail fixés de manière obligatoire à 5 journées de 12 heures par semaine et de la formation de non-syndiqués à des tâches revenant à des membres de l’IAM, alors que le syndicat négociait toujours. Le syndicat prépare également le dépôt de nouvelles plaintes.

L’affilié allemand d’IndustriALL, IG BCE, a été le premier à exprimer sa solidarité et son soutien envers ces travailleurs et travailleuses de Henkel. Michael Mersmann, Directeur pour la mondialisation et la politique européenne au sein d’IG BCE, commente la situation en ces termes :

“Le recours à des briseurs de grève est inacceptable et nous exprimons notre solidarité avec l’IAM. De concert avec le Conseil d’entreprise allemand, IG BCE a engagé des discussions avec la direction, mais une solution appropriée doit toujours être trouvée. Nous espérons que les deux parties vont retourner à la table des négociations pour trouver une solution adéquate, c’est ce que nous soutenons !”

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches a envoyé une lettre de solidarité à l’IAM,

“IndustriALL Global Union soutient pleinement cette grève, qui est le résultat d’une posture intransigeante adoptée par Henkel Aerospace. Vos 80 salariés attachés à la production ont parfaitement le droit d’exiger un environnement de travail sûr et sain ainsi qu’un dialogue social constructif dans l’entreprise. Aucune entreprise ne doit être en mesure de nier sa responsabilité par rapport à la santé et au bien-être de ses travailleurs et travailleuses et refuser de prendre ses responsabilités par rapport à une mort tragique survenue dans ses installations.”

“Nous exigeons que Henkel Aerospace négocie une convention équitable avec le syndicat, qui prenne en compte les problématiques fondamentales et urgentes en matière de santé et sécurité, des procédures efficaces de résolution des conflits ainsi que la mise en œuvre d’un système négocié de promotion et de formation. De plus, Henkel Aerospace doit agir pour mettre bon ordre dans toute pratique de travail déloyale et se conformer pleinement aux décisions de la Cal/OSHA.” 

Les syndicats demandent à Unilever de bons emplois qui soient également sûrs

Unilever cherche à vendre ses activités de pâtes à tartiner et devrait annoncer le nom de l’acheteur dans les prochaines semaines.

Alors que la vente touchera directement plus de 1 000 employés en Europe, le syndicat conteste sa non-participation au processus.

Le Comité d’entreprise européen a indiqué dans un communiqué qu’il espérait que les questions du maintien des emplois et des conditions de travail, y compris des pensions de retraite versées par la compagnie, fassent partie des discussions.

« La vente ne devrait pas reposer uniquement sur le fait de connaître laquelle des parties intéressées est disposée à payer le prix le plus élevé. Un acheteur devrait avoir un plan d’activités basé sur la croissance durable des marques et être également en mesure d’offrir aux employés de bonnes perspectives ».

La filière agroalimentaire faisant l’objet d’un examen attentif, la situation devient de plus en plus difficile pour les salariés d’Unilever. Les sites implantés en Europe font l’objet d’audits; certains ont même été vendus. La centralisation des services en 2016 est venue aggraver les problèmes. Par ailleurs, les plans d’épargne stricts mis en place ont fait surgir des problèmes d’approvisionnement qui pourraient avoir des conséquences contre lesquelles le Comité d’entreprise européen a lancé plusieurs mises en garde.

Aussi, les syndicats et le Comité d’entreprise européen demandent à Unilever de réévaluer les décisions prises au cours de ces derniers mois:

« L’objectif principal d’Unilever doit être celui d’offrir aux gens de bons produits, de protéger l’environnement et de prendre en considération les besoins des employés dans l’ensemble de la chaîne de valeur tout en maintenant de bons emplois qui soient également sûrs en Europe ».

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a déclaré:

« Unilever prétend être un défenseur du développement durable en intégrant dans le concept à la fois les droits de l’Homme et des travailleurs, et le développement économique et la protection de l’environnement.

« Mais la dimension sociale n’est pas moins primordiale que la dimension économique: on ne peut pas parvenir au développement durable sans des emplois durables ».

Mission accomplie ! Les Métallos canadiens neutralisent l’attaque de Glencore au bout de neuf mois de grève

Les travailleurs et travailleuses sont partis en grève à la raffinerie CEZinc de Salaberry-de-Valleyfield, Québec, le 12 février, après que l’entreprise a tenté de diminuer ses coûts en dévalisant leurs plans de pension.

Les membres de la section locale 6486 de l’USW ont voté à 82% en faveur de l’acceptation de la nouvelle convention collective, qui protège leurs droits en matière de pension. Le travail reprendra le 3 décembre.

Luc Julien, au nom des Métallos USW, a déclaré :

“Les membres rentrent la tête haute. Ils se sont battus fièrement, pendant plus de neuf mois, pour préserver les conditions de retraite pour eux-mêmes oui, mais aussi pour les prochaines générations. Le mouvement syndical a le devoir de préserver de bonnes conditions pour les prochaines générations, c’est ce qu’ont fait les grévistes.”

Cette campagne était soutenue par les communautés locales ainsi que par le mouvement syndical international. IndustriALL a agi au plan mondial pour soutenir la grève, lors de l’AG de Glencore en Suisse, en mai, ainsi qu’à l’occasion de la réunion du réseau mondial pour Glencore, en septembre. IndustriALL a également fait directement pression sur la haute direction de Glencore dans toute une série d’occasions. Notre affilié australien, le CFMEU, qui est impliqué dans un âpre conflit avec Glencore à la mine Oaky North, a également tendu une main amicale et solidaire.

Lors de sa réunion à Colombo, au Sri Lanka, le 9 novembre dernier, le Comité exécutif d’IndustriALL a entériné une campagne mondiale à l’intention de Glencore. Celle-ci vise à établir un dialogue au plan mondial avec l’entreprise aux fins d’améliorer les conditions faites partout aux travailleurs et travailleurs et se poursuivra jusqu’à ce qu’elle change d’approche par rapport aux syndicats.

La campagne sera active au plan mondial lors de la Journée internationale des Droits de l’Homme, le 10 décembre, pour souligner les violations de l’entreprise à l’égard des droits des travailleurs de par le monde.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a ajouté :

“Ceci constitue une manière encourageante d’entamer notre campagne contre Glencore. Nous espérons que cela établisse un précédent pour d’autres victoires à venir.

“La solidarité, les sacrifices ainsi que l’engagement des Métallos et des valeureux grévistes ont permis d’engranger cette victoire au bout de neuf mois difficiles. Nous leur rendons hommage et poursuivons leur combat afin que, partout, les travailleurs et travailleuses de Glencore puissent obtenir des conditions décentes.”

L’Iraq approuve la ratification de la Convention n° 87 de l’OIT sur la liberté syndicale

Selon une source parlementaire, la Chambre des représentants a voté, le 20 novembre, en faveur d’un projet de loi permettant à la République d’Iraq d’adhérer aux principes de liberté syndicale et de protection du droit syndical inscrits dans la:

Convention n° 87 de 1948.

IndustriALL Global Union a été l’un des premiers à demander à ce que l’Iraq ratifie la Convention n° 87 de l’OIT, qui défend les libertés syndicales, lors d’une mission en 2013 au Conseil irakien des représentants.

« La ratification de cette Convention est un événement historique pour le mouvement syndical en Iraq, qui s’est longtemps battu pour ce résultat. Elle pose les jalons vers l’élaboration de la loi sur les droits syndicaux et les libertés, dont l’adoption exigera un travail considérable de la part des syndicats irakiens », a indiqué Hashmeya Alsaadawe, présidente du syndicat général des travailleurs et des techniciens de l’électricité, et membre du Comité exécutif d’IndustriALL.

« Malgré la situation instable en Iraq, la lutte menée par le mouvement syndical, les efforts des bonnes gens d’Iraq, ainsi que le soutien et la solidarité des organisations internationales et des fédérations, dont IndustriALL Global Union, ont permis ce succès », a-t-elle ajouté.

Les syndicats espèrent qu’avec l’approbation de la ratification de la Convention, la Chambre des représentants rejettera le projet de loi syndicale vivement critiqué par les syndicats du fait qu’il demeure en deçà des normes de l’OIT.

IndustriALL et ses affiliés irakiens demandent au parlement d’examiner à la place le projet de proposition intitulé « Libertés syndicales » soumis par les syndicats irakiens au Ministre du Travail et des Affaires sociales.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Nous félicitons les syndicats irakiens pour leur importante victoire qui contribuera grandement à protéger les droits des travailleurs à se syndiquer en Iraq. Le gouvernement irakien doit tout mettre en œuvre maintenant pour s’assurer que les libertés prévues par la Convention n° 87 soient respectées, s’agissant notamment de la nouvelle loi sur les syndicats ».   

La mort de travailleurs mexicains cristallise le débat sur le monde du travail au sein de l’ALENA

Le cinquième round de négociations entre les États-Unis, le Mexique et le Canada sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) à Mexico s’est terminé le 21 novembre sans accord sur les questions les plus controversées.

Parmi les problématiques non-résolues, ont retrouve les appels envers le Mexique pour qu’il améliore ses normes du travail afin que les trois pays puissent négocier avec des règles du jeu identiques.

Le débat sur cette question est devenu plus conflictuel après que soit tombée la nouvelle de l’assassinat de deux salariés mexicains de l’entreprise canadienne Torax Gold Resources à la mine Media Luna. L’affilié canadien d’IndustriALL UNIFOR, ainsi que United Steelworkers (USW), l'affilié nord-américain représentant les travailleurs américains et canadiens et l’affilé mexicain Los Mineros ont appelé de manière vigoureuse le gouvernement mexicain à faire cesser ces attaques ininterrompues à l’égard de la liberté syndicale.

Jerry Dias, Président d’UNIFOR et Conseiller à l’occasion des pourparlers sur l’ALENA, a appelé le Président mexicain Enrique Peña Nieto à améliorer les conditions de travail et à prévenir les violations de la liberté syndicale s’il souhaite poursuivre le traité de libre-échange :

Je mets au défi le Président mexicain Enrique Peña Nieto de montrer du courage et de faire ce qui est juste en acceptant les réformes du travail proposée au sein de l’ALENA en vue de garantir le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective. UNIFOR ne soutiendra jamais l’ALENA en l’absence de réformes au niveau du droit du travail au Mexique.

Le dirigeant syndical a également fait référence à la récente augmentation du salaire minimum au Mexique, qui le porte à 88 pesos par jour (6 dollars), ce qui est bien en deçà des revendications syndicales et maintient les travailleurs et travailleuses du Mexique sous le seuil de pauvreté.

Ceci ne permet en rien d’aboutir à des relations commerciales équilibrées. Il n’est absolument pas possible que les travailleurs et travailleuses du Canada et des États-Unis puissent concurrencer leur homologues si ceux-ci sont payés à peine quelques centimes de l’heure.

L’USW a demandé au gouvernement canadien de revendiquer l’amélioration des normes du travail au cours des négociations de l’ALENA et a l’exhorté à demander aux autorités mexicaines et à l’entreprise de reconnaître les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses du Mexique et d’éviter toute nouvelle forme de violence.

"Nous exhortons une fois de plus que le gouvernement canadien intervienne auprès des autorités mexicaines et de l'entreprise afin de reconnaître les droits fondamentaux des travailleurs mexicains et de prévenir d'autres actes de violence."

Enfin, le Président du syndicat Los Mineros, Napoléon Gómez Urrutia, a condamné l’attaque lâche perpétrée à la mine Media Luna, en exigeant que ses auteurs soient poursuivis et que le gouvernement révoque la concession minière accordée à l’entreprise étrangère.

Les gouvernements du Canada et du Mexique doivent agir rapidement pour s’assurer que la justice prévale dans ce conflit, qui intervient au moment où l’Accord de Libre-échange nord-américain est en cours de renégociation.

IndustriALL a donné une impulsion à la campagne pour le recyclage sûr des navires lors d’une série de réunions récentes tenues aux Pays-Bas.

La démolition des navires est le plus dangereux métier du monde. Cela fait un an que 28 travailleurs sont décédés sur le chantier naval de Gadani au Pakistan lors de l’explosion du navire qu’ils démantelaient sur la plage. IndustriALL fait campagne depuis longtemps pour le recyclage sûr des navires et a tenu une série de réunions avec les parties prenantes de l’industrie aux fins d’élaborer une réponse collective pour améliorer le secteur.

Lors de la réunion du 30 octobre facilitée par le syndicat néerlandais FNV, une délégation syndicale, formée de représentants des syndicats des démolisseurs de navires en Inde et au Pakistan, a rencontré les représentants des banques néerlandaises ABN AMRO, ING et NIBC Direct NL.

Les banques néerlandaises financent la construction de nouveaux navires et, avec la banque norvégienne DNB et l’organisme norvégien de financement des crédits à l’exportation Eksport Kreditt, sont préoccupées par les impacts environnementaux et humains de ce secteur.

Rikjan van Zalingen, responsable des questions de durabilité à ING, et Robin Willing, directeur du département durabilité, ont présenté conjointement les normes bancaires relatives au recyclage responsable des navires, qui visent à appliquer des conditions à l’octroi des prêts à la construction ou au refinancement des navires sur la base des meilleurs efforts consentis afin de garantir la prise de dispositions pour le recyclage sûr des navires à la fin de leur cycle de vie.

Vidyadhar Vasudeo Rane, membre de la Fédération des travailleurs de l’industrie de l’acier, des métaux et de l’ingénierie d’Inde, a proposé qu’une taxe soit prélevée sur les navires nouvellement construits pour financer le recyclage sûr des navires en fin de vie.

A l’avenir, les banques pourraient vouloir que les propriétaires s’engagent à démolir les navires dans des chantiers placés dans des listes blanches par les règlementations européennes de recyclage des navires, et disposant d’un inventaire des substances dangereuses. Les syndicats estiment que les règlementations européennes constituent des normes élevées qui pourraient coûter des emplois puisqu’aucun chantier au Bangladesh, au Pakistan ou en Inde ne se trouvent sur de telles listes.

130 000 travailleurs démolissent des navires sur les plages d’Asie du Sud, et des millions d’autres sont employés en aval. Le démantèlement des navires est une source très importante d’acier dans la région. Bien que le travail soit dangereux et écotoxique, les gens ont besoin de travailler.

Les syndicats croient que la Convention de Hong Kong: la Convention internationale pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires, élaborée par l’agence maritime onusienne, l’Organisation maritime internationale (OMI), est le mécanisme le plus universel et le plus efficace pour améliorer les conditions actuelles dans le secteur. La Convention offre des règles du jeu équitables de telle sorte que les chantiers dangereux ne peuvent pas offrir des conditions plus avantageuses que celles des chantiers sûrs.  

Le 2 novembre, la délégation syndicale s’est réunie avec l’Association Royale des Armateurs néerlandais (KVNR), dont le siège social se situe à Rotterdam, pour examiner la manière la plus efficace d’introduire la pensée de l’économie circulaire dans le cycle de vie des navires. La KVNR est particulièrement concernée par les problèmes relatifs aux droits humains et environnementaux en matière de démantèlement des navires.

Niels van de Minkelis, de la banque KVNR, a suggéré d’avoir une approche commune avec les syndicats, invitant fermement le gouvernement néerlandais à ratifier la convention. La Convention de Hong Kong entrera en vigueur dès qu’elle sera ratifiée par 15 pays, représentant 40 pour cent du tonnage brut et 3 pour cent des installations de recyclage. Actuellement, la Convention a été ratifiée par 6 pays représentant 21 pour cent du tonnage brut, en comptant la Turquie attendue de ratifier sous peu.

Le soir du 2 novembre, IndustriALL et le FNV ont tenu une réunion publique à Rotterdam pour discuter de la démolition des navires. Joop van Oord, membre du FNV Metaal et ancien constructeur de navires, a parlé de son travail de formation à la sécurité des démolisseurs de navires en Asie du Sud.

« J’ai construit certains de ces navires », a-t-il indiqué. « Par conséquent, je sais comment ils doivent être démolis sans risque ».

Le directeur d’IndustriALL pour la construction et la démolition des navires, Kan Matsuzaki, a déclaré:

« De nombreux acteurs du secteur sont préoccupés par les conditions terribles qui existent sur les plages d’Asie du Sud. La meilleure façon de sécuriser le démantèlement des navires est de réunir tout le monde et d’élaborer une approche conjointe.

« Les banques et l’association des armateurs ont pris des engagements remarquables pour améliorer l’industrie. Nous pensons que la ratification et la mise en œuvre de la Convention de Hong Kong constituent  le moyen le plus réaliste et le plus complet pour recycler les navires de manière sure et comme premiers pas en avant ».

Les violences faites aux femmes au travail: une question syndicale

Les violences faites aux femmes au travail est une question syndicale fondamentale qui touche aux droits, à la sécurité, à la santé et à la dignité des travailleurs. La violence sexiste est également un des principaux obstacles à l’égalité entre les hommes et les femmes.

IndustriALL a récemment adopté une nouvelle campagne: Pas dans mon syndicat, pas sur mon lieu de travail, encourageant tous les affiliés à IndustriALL à prendre cet engagement et à s’engager à agir pour stopper les violences faites aux femmes.

Les violences faites aux femmes restent l’une des violations des droits humains les plus tolérées et les syndicats ont la responsabilité de défendre et de promouvoir les droits des femmes.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, a déclaré:

« IndustriALL s’engage à éliminer les violences faites aux femmes, avec le soutien des syndicats affiliés à IndustriALL du monde entier. Nous invitons fermement tous nos syndicats à s’engager et à appeler à stopper les violences dans les syndicats et au travail ».

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Le réseau syndical Saint-Gobain fait progresser et promeut le dialogue mondial avec la direction

Le groupe Saint-Gobain, qui est multi-sectoriel, emploie environ 170.000 salariés directs de par le monde. De plus, l’entreprise se prévaut de fournir plus de 550.000 emplois au plan mondial dans l’ensemble de sa chaîne de valeur par ses acquisitions, sa sous-traitance, etc. Les conditions de travail sont généralement meilleures pour les salariés directs du groupe, mais la responsabilité sociale va au-delà de cela. Le réseau syndical mondial a fait une première estimation concernant le travail précaire chez Saint-Gobain. Les syndicats participants ont confirmé qu’ils continueraient à travailler sur cette question au cours des prochaines années.

Au cours de la réunion, les délégués syndicaux ont eu l’opportunité de débattre avec M. Régis Blugeon, Directeur des Affaires sociales du Groupe Saint-Gobain, sur les chances de pouvoir développer le dialogue social avec le groupe au plan mondial.

Au cours de leurs discussions avec ce représentant de la direction, les syndicats ont soulevé des questions en suspens au plan des relations sociales dans divers pays, en particulier la Turquie, où l’affilié d’IndustriALL Kristal-IS se bat pour être reconnu depuis des années pendant que la direction locale s’efforce de ralentir le processus par le recours à des failles législatives. Au nom des syndicats qu’ils représentent, les participants ont demandé à l’entreprise d’aider à la résolution de ces problèmes. Pour certains cas, M. Blugeon a indiqué que l’entreprise était disposée à le faire.

Saint-Gobain est une entreprise qui connaît un processus permanent de transformation. L’attention portée par le groupe à la numérisation et Industrie 4.0 représente un défi pour les travailleurs et travailleuses au plan mondial et la collaboration avec les syndicats est cruciale pour le relever.

M. Blugeon a confirmé que bien que Saint-Gobain est présent au plan mondial, le groupe préfère agir sur ses sites d’activité en fonction des réalités locales. L’entreprise maintient un dialogue social fort au niveau européen, avec un attachement à son identité française et aux traditions européennes de dialogue social et d’implication des salariés. Les participants ont relevé comme un point positif le fait qu’un représentant de l’entreprise a participé à la réunion et a noué un dialogue avec les syndicats en dehors de l’Europe.

Le réseau a pris plusieurs décisions importantes :

Dominique Bousquenaud, de l’affilié d’IndustriALL Fédération Chimie Énergie CFDT, sera le coordinateur du réseau pour la période qui s’ouvre. Le comité de pilotage existant, comprenant d’autres affiliés présents dans le secteur, sera à la manœuvre au nom du réseau à l’avenir.

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour les industries des matériaux, a ajouté :

“Le réseau a prouvé qu’il était prêt à entrer dans un dialogue empreint de maturité avec Saint-Gobain. De son côté, l’entreprise a montré qu’elle était disposée à également discuter avec les syndicats non-européens. Les défis de la révolution numérique dans une entreprise comme Saint-Gobain exigent l’implication des syndicats à niveau mondial. Si Saint-Gobain veut rester l’un des 100 premiers employeurs au plan mondial, nous devons avoir un dialogue social qui implique également les travailleurs et travailleuses au sein de l’ensemble de sa chaîne de valeur.“

Mort, destruction et indigence dans les mines de charbon du Pakistan

Alors que la mort, la destruction et l’indigence affectent cruellement les mineurs des charbonnages du Pakistan, IndustriALL Global Union lance une campagne pour arrêter le massacre et appelle à la ratification de la Convention 176 de l’OIT sur la Sécurité et la santé dans les mines de la part du gouvernement pakistanais.

Avec des réserves de charbon parmi les plus vastes au monde, l’économie du Pakistan repose sur son “or noir”, avec un lourd tribut humain payé par ceux qui produisent de quoi satisfaire les besoins énergétiques du pays.

Les 21 et 22 novembre, l’Organisation internationale du Travail a réuni une Consultation tripartite nationale sur la Santé et la sécurité professionnelles dans le secteur des mines, une première en son genre au Pakistan. L’assemblée s’est entendue dire combien ce secteur est potentiellement l’un de plus dérégulé du monde. Le morcellement de la propriété est caractéristique du secteur, avec à la fois des intérêts publics et privés, de nombreux individus concernés et des mines détenues illégalement.

Sur fond de la litanie des noms des mineurs décédés rassemblés par IndustriALL, des délégués ont rappelé la manière dont le gouvernement continue à trahir les mineurs par sa pure négligence et la faillite systémique de sa gouvernance. Les conditions de travail dans des charbonnages mal conçus sont déplorables et rendues pires encore par le recours à des procédures d’un autre âge caractérisées par des méthodes d’exploitation manuelles et semi-mécanisées inefficaces qui exposent les mineurs à des risques d’accidents, mortels ou non, ainsi qu’à de graves maladies professionnelles respiratoires.

L’inefficacité et l’échec du gouvernement à mettre en œuvre les législations relatives aux mines au Pakistan sont clairs et ont des conséquences désastreuses. Parmi les préoccupations les plus pressantes et graves, on relève un système d’inspectorat surchargé, alors qu’il est le garant législatif de la vie des mineurs de charbon. Les lois et réglementations sont de la compétence du gouvernement fédéral alors que leur application relève des provinces.

Cette situation expose les mineurs à une application inconséquente et inégale de la loi dans différentes provinces, sans pratiquement aucune suite en cas de violations, sachant que l’inspectorat des mines est dépourvu de moyens. Les rapports rédigés par l’inspectorat des mines sont ignorés, en toute impunité. Il n’existe pas de registre des mineurs qui descendent sous terre et en remontent. Il n’existe pas non plus de banque de données nationale reprenant les mineurs.

Le recours généralisé et non-réglementé à l’externalisation et à la sous-traitance de l’externalisation, les bas salaires, l’absence de santé et sécurité et la maigre indemnisation des familles des mineurs qui décèdent au travail sont des facteurs aggravants derrière ce carnage.

“Le gouvernement doit placer la vie des mineurs au-dessus des profits. Nous appelons le gouvernement à prendre des mesures immédiates pour améliorer la sécurité dans les mines du Pakistan en y faisant appliquer la législation du pays en matière de sécurité et de réglementation,” a déclaré Glen Mpufane, Directeur des mines pour IndustriALL.

Sultan Mohammad Khan, Secrétaire général de la Fédération syndicale centrale des mines du Pakistan, a exhorté le gouvernement du Pakistan à “s’engager de toute urgence à la ratification et la mise en œuvre de la Convention 176 de l’OIT et à interdire ou réglementer le recours généralisé et non-réglementé à l’externalisation et à la sous-traitance”.

La Montagne Noire : mineurs de charbon au Pakistan

Un film sur les conditions qui prévalent dans les charbonnages du Pakistan

Décès de sept personnes à la mine de Grasberg après la suppression de la couverture médicale par Freeport

Les travailleurs sont entrés en grève en mai à la mine de Grasberg détenue par Freeport en Papouasie, Indonésie. La compagnie a riposté en licenciant 4 220 travailleurs ainsi qu’en supprimant leur assurance santé, l’accès à l’éducation et d’autres avantages. Comme il ressort de notre documentaire, les travailleurs et leurs familles luttent désespérément pour survivre après la perte de leur source de revenus.

Sept travailleurs de Freeport sont décédés à la suite de la suppression de leur couverture santé par Freeport. Nous nous souvenons des morts et nous luttons pour les vivants.  

Abrianto Rombe, qui avait neuf ans d’ancienneté à Grasberg, travaillait comme mécanicien dans le service d’entretien du souterrain. Il laisse une femme et deux enfants à Makassar, en Sulawesi du Sud.

Zeth Makisanti était camionneur dans le groupe de travail du service des opérations #2. Il a travaillé à Grasberg durant sept ans et était originaire de Sorong en Papouasie occidentale. Il laisse une femme et trois enfants.

Nicolas Karbes, qui avait 17 ans d’ancienneté à Grasberg, travaillait dans le service de la construction souterraine en qualité d’opérateurs de lots. Avec la mort de sa femme survenue en 2016, il laisse ses cinq enfants orphelins.

Karolus Kasamol était camionneur dans le groupe du travail du service des opérations #4. Il a travaillé à Grasberg durant neuf ans. Il laisse une femme à Timika, en Papouasie occidentale.

Sattu Saung faisait partie du personnel civil dans le service de la construction souterraine. Il a travaillé à Grasberg durant six ans et habitait à Timika, en Papouasie occidentale. Il laisse une femme et trois enfants.

Marcel Sualang était électricien dans le groupe de travail du service de maintenance des foreuses et des pelles électriques. Il s’est pendu dans sa ville natale de Manado, en Sulawesi du Nord, après que son enfant malade n’ait pu obtenir des soins hospitaliers suite au refus de sa carte d’assurance maladie du Conseil d’organisation de la sécurité sociale bloquée par la compagnie.

Irwan Dahlan, qui avait 20 ans d’ancienneté à Grasberg, travaillait dans le service d’entretien du tramway. Il laisse une femme et trois enfants à Blitar, à l’est de Java.

Ces sept décès évitables témoignent de la souffrance qui existe à Grasberg. Des milliers de personnes se trouvent dans une situation d’extrême précarité. La crise minière de Grasberg a généré des tensions et une situation instable dans la région, où des attaques armées ont lieu sur la principale route d’accès à la mine.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Nous avons appris avec une très grande tristesse ces décès, dont chacun constitue une tragédie pour les amis et les familles laissées derrière eux. IndustriALL Global Union leur adresse ses condoléances.

« Ces hommes sont morts parce que Freeport a supprimé leur accès aux soins de santé pour les punir d’avoir fait grève. Il s’agit d’une violation abominable des droits de l’homme infligée aux travailleurs à Grasberg.

« Freeport utilise la vie de ses travailleurs pour marquer des points politiques dans le conflit qui l’oppose au gouvernement indonésien sur le contrôle de la mine ».