Un soutien sans faille au combat des métallos italiens pour une convention équitable

Le 20 juin, La FIOM, la FIM et l'UILM ont organisé une grève de 8 heures combinée à des manifestations régionales dans toute l'Italie. Cette action était indispensable pour mettre la pression sur les interlocuteurs, les deux plus grandes associations d'employeurs que sont Federmeccanica et Assistal, qui s'enferment dans leur attitude irresponsable et refusent de reprendre la négociation de la convention collective nationale de la métallurgie.

La grève a aussi été étendue aux petites et moyennes entreprises. Les syndicats ont relancé leur mobilisation avec un refus total des heures supplémentaires et de la flexibilité.

Des travailleurs ont défilé dans toutes les villes du pays pour faire entendre clairement qu'ils n'accepteront pas la stagnation ni des concessions qui affaibliraient les niveaux de vie. Leurs revendications portent sur la lutte contre la stagnation des salaires, l'insécurité de l'emploi et l'insuffisance des protections au travail.

Dès le départ, les trois syndicats de la métallurgie ont agi de manière responsable, invitant leurs membres à voter démocratiquement leurs revendications. Ils ont mis en place une plateforme représentant fidèlement les intérêts de leurs adhérents de la base. 

La FIOM, la FIM et l'UILM ont pris la tête du mouvement de grève contre le refus des employeurs de s'engager dans un dialogue digne de ce nom. Le refus d'une convention équitable par les employeurs compromet les salaires et les droits des travailleurs et suscite un mécontentement général.

La reconduction de la convention nationale permettrait de restaurer la stabilité et les relations professionnelles dans ce secteur essentiel pour l'emploi, le PIB et la balance commerciale de l'Italie. Une convention révisée doit faire en sorte que les familles de travailleurs, qui ont perdu du pouvoir d'achat pendant la crise du coût de la vie des dernières années reçoivent la part qui leur revient des bénéfices et de la productivité afin de pouvoir nouer les deux bouts. Les travailleurs de la métallurgie sont unis dans leur combat pour la reprise des négociations.

La secrétaire générale d'industriALL Europe, Judith Kirton-Darling, a assuré une nouvelle fois ses affiliés italiens du secteur de la métallurgie de la solidarité inébranlable de son organisation dans leur lutte pour la dignité et la justice.

"industriALL Europe appuie avec fermeté les revendications des travailleurs pour des hausses claires et tangibles de taux de salaires négociés collectivement, supérieurs à l'inflation, afin d'améliorer le pouvoir d'achat. Nous soutenons aussi leurs efforts pour l'amélioration qualitative de l'emploi par un meilleur équilibre entre travail et vie privée et par des droits à la formation."

Le secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Atle Høie, exhorte les employeurs à revenir à la table des négociations et à négocier de bonne foi.

"La révision de cette convention massive est attendue depuis longtemps. Il est de l'intérêt des entreprises comme des travailleurs de sortir de l'impasse et de lever l'incertitude actuelle."

Photo : industriALL Europe  

Les syndicats cartographient la transformation du secteur aérospatial lors de leur conférence mondiale

Négocier les turbulences : se préparer à la transformation dans un secteur en mutation

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Christina Olivier, a ouvert la conférence en appelant à réimaginer la syndicalisation face à l’IA, à l’automatisation et à la restructuration mondiale :

“Nous nous réunissons à un moment de tensions géopolitiques, d’inégalités croissantes et de changements technologiques rapides. L’automatisation et l’IA remodèlent le lieu de travail et nous devons repenser nos stratégies de syndicalisation.”

Bien que le secteur ait rebondi après la pandémie, les délégués ont souligné que les travailleurs et travailleuses sont toujours confrontés à une pression intense, à des chaînes d’approvisionnement fragmentées, à l’externalisation et à une demande croissante de nouvelles compétences. Christina Olivier a insisté sur le fait que les syndicats doivent renforcer leur pouvoir là où le secteur se développe, en particulier dans les pays du Sud.

Maria Perez, de Force ouvrière (FO), Coprésidente du secteur, a tenu à souligner ce qui suit :

“La reprise exerce une nouvelle pression sur les travailleurs et travailleuses. Les patrons, dont l’intérêt principal est d’augmenter le volume de production, utilisent des adaptations connexes dans les processus de fabrication pour limiter notre espace de négociation. Nous avons besoin d’unité et d’action pour défendre nos droits.”

Jody Bennett, de l’AIMTA et Coprésidente du secteur, a mis en garde contre la montée des forces anti-ouvrières :

“Les idéologies d’extrême droite tentent de réduire à néant des décennies de progrès obtenus par les syndicats. Nous devons continuer à être la voix de tous les travailleurs et toutes les travailleuses, y compris ceux et celles qui ne réalisent même pas qu’ils bénéficient de notre travail.”

Le Directeur d’UNIFOR Québec, Daniel Cloutier, a souhaité la bienvenue au Canada aux participants, soulignant que les luttes locales reflètent les défis mondiaux. Le Québec regroupe plus de la moitié de l’industrie aérospatiale du Canada, a-t-il souligné :

“Nous disposons d’une occasion unique. Les investissements massifs dans l’aérospatiale, via notamment des dépenses publiques, doivent être liés à des chaînes d’approvisionnement locales solides et à des conditions de travail décentes. Les transitions ne peuvent pas se faire sur le dos des travailleurs et travailleuses, elles doivent être façonnées avec nous, pas sans nous.”

Relier les points : construire des réseaux mondiaux

Alors que les multinationales de l’aérospatiale se restructurent et déplacent leur production, la coordination syndicale doit suivre le mouvement. Georg Leutert, Directeur d’IndustriALL pour le secteur aérospatial, a appelé à des réseaux mondiaux plus profonds et plus agiles, en particulier autour des grands acteurs que sont Airbus, Boeing et Embraer, mais aussi en ce qui concerne le secteur de l’approvisionnement et des entreprises telles que GE Aerospace et Safran, afin de garantir que les travailleuses et les travailleurs puissent faire entendre leur voix partout où ces entreprises opèrent. Cela signifie qu’il ne suffit pas de renforcer les centres existants en Europe et en Amérique du Nord, mais qu’il faut aussi développer activement notre pouvoir dans des régions en croissance comme l’Afrique du Nord, l’Inde et l’Amérique latine.

L’accent a été clairement mis sur la nécessité de relier les points sur la mappemonde et d’agir localement avec précision.

Georg Leutert a invité les participants à cesser de parler en termes généraux. Les nouveaux modèles d’avions, les fusions ou les délocalisations ne font pas seulement les gros titres, ce sont des signaux pour que les syndicats analysent les impacts, identifient les travailleurs et travailleuses concernés et coordonnent les actions au-delà des frontières. Le message est le suivant : “Faisons de notre réseau mondial une réalité”, par le biais de campagnes ciblées, d’informations partagées et d’une solidarité qui évolue avec le secteur.

Voler vers l’avenir : négocier pour des technologies au service des travailleurs

Les échanges sur la numérisation et l’IA ont révélé à la fois l’urgence et l’opportunité. Les délégués ont reconnu que si ces technologies transforment l’industrie, les syndicats peuvent encore influencer leur trajectoire, s’ils agissent promptement et de manière stratégique.

Kaylie Tiessen, économiste d’Unifor, a souligné que l’IA n’est pas intrinsèquement bonne ou mauvaise, mais qu’elle dépend de la manière dont elle est mise en œuvre et gérée sur le lieu de travail. Elle a souligné comment les syndicats peuvent influencer ces résultats par la négociation :

“Les outils de protection des travailleurs et travailleuses existent déjà dans de nombreuses conventions collectives, il suffit de les utiliser de manière stratégique.”

Elle a appelé les syndicats à négocier des clauses sur le recyclage, la protection des salaires, la sécurité et les droits en matière de données. Elle a également souligné que les changements technologiques arrivaient souvent sans prévenir et qu’ils devaient être anticipés dans les conventions collectives.

Mark Porter, du syndicat Unite, a ajouté que l’IA ne peut être séparée de la question plus large des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance). Alors que les entreprises utilisent l’IA pour poursuivre des objectifs climatiques et rationaliser leurs activités, les travailleurs risquent d’être exclus de décisions cruciales :

“IA et ESG sont liés. Ces outils nous aideront à atteindre le net zéro, mais ils représentent aussi une grave menace si les travailleurs et travailleuses ne sont pas présents à la table des négociations. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être à mis l’écart.”

Chaînes d’approvisionnement et mondialisation équitable

Les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales restent l’un des défis communs les plus pressants. Les délégués ont décrit comment l’externalisation, la délocalisation et la lassitude des fournisseurs compromettent la sécurité de l’emploi et la stabilité de la production, en particulier lors du lancement de nouveaux modèles d’avions.

Frank Bergmann, d’IG Metall, a averti que les restrictions commerciales dictées par la politique déstabilisent de plus en plus le secteur, transformant les chaînes d’approvisionnement en “armes géopolitiques”. Les risques sont élevés : une rupture de la coopération entre les États-Unis et l’Union européenne sur des composants tels que les moteurs ou les boîtes de vitesse pourrait entraîner l’arrêt de la production.

S’impliquer auprès de l’OACI : influencer les normes aéronautiques

Les syndicats ont souligné la nécessité de s’impliquer auprès de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), où les politiques mondiales en matière d’automatisation, de sécurité et de climat sont débattues et approuvées. Gabriel Mocho Rodriguez, de la Fédération internationale des transports (ITF), a souligné que l’action de l’OACI touche de plus en plus le monde du travail, même si elle ne le réglemente pas directement.

IndustriALL s’est engagée à collaborer plus étroitement avec l’ITF pour s’assurer que la voix des syndicats soit entendue dans les processus de l’OACI : “Si les syndicats ne sont pas à la table lorsque les règles mondiales sont écrites, nous risquons de nous voir imposer des normes sans que nous ayons notre mot à dire.”

Repenser le plan de vol : DEI et égalité des sexes dans l’aérospatiale

Une session dynamique sur la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) a suscité une discussion franche, rendue plus urgente par le manque visible de femmes dans la salle. Alors qu’IndustriALL s’est engagé à atteindre un objectif de 40 % de participation des femmes, cette conférence a rappelé le chemin qui reste à parcourir dans le secteur, tant au niveau de la pratique que de la représentation.

Peter Greenberg, de l’AIMTA, a reconnu le manque de leadership des syndicats :

“Nous voyons davantage de femmes dans le secteur, mais pas assez dans les rôles syndicaux. Nous avons lancé le programme LEADS au sein de l’AIMTA pour encadrer les femmes, mais ce n’est qu’un début.”

Carmen Perry, d’UNIFOR, a lancé un défi personnel :

“Tout le monde n’est pas bruyant, je suis italienne, je parle fort, mais de nombreux travailleurs et travailleuses restent silencieux parce qu’ils ne voient de voie à suivre. Trouvez ce diamant brut, encadrez-le et montrez-lui qu’il a sa place.”

Elle a exhorté les participants à ne plus utiliser la prise en charge d’un proche comme excuse pour l’exclusion.

Sophie Albert, d’UNIFOR, a ajouté :

“Trop souvent, les femmes qui dirigent différemment s’entendent dire qu’elles le font mal. Nous devons redéfinir la culture et non demander aux femmes de s’adapter à des normes dépassées.”

En l’absence d’équilibre entre les sexes, la session est devenue un moment de réflexion nécessaire. Les participants sont repartis avec un sentiment renouvelé d’urgence pour intégrer l’équité entre les sexes dans tous les aspects de la stratégie, non pas comme un ajout, mais comme un principe fondamental de la transformation des syndicats.

Orientation stratégique et prochaines étapes

La conférence s’est achevée sur une feuille de route ciblée pour le travail d’IndustriALL dans l’aérospatial :

Le message fut clair : il est temps de passer des idées générales à une action coordonnée. Avec ces résultats, qui alimenteront le Congrès d’IndustriALL à Sydney en novembre prochain, le secteur aérospatial ouvre un nouveau chapitre, guidé par la solidarité, la stratégie et la transformation menée par les travailleurs et travailleuses.

Les syndicats promeuvent le monde du travail au niveau de la transition énergétique lors de la conférence mondiale sur l’efficacité énergétique

Lors de la séance d’ouverture de la conférence, les intervenants ont souligné l’urgence de placer l’efficacité énergétique au cœur des politiques visant à lutter contre la crise climatique, à réduire la pauvreté énergétique, à renforcer la sécurité énergétique et à améliorer la compétitivité industrielle.

L’efficacité énergétique a été présentée comme le “premier carburant” avant toute autre source d’énergie, avec des rendements économiques importants : chaque euro investi dans l’efficacité peut se traduire par une économie de 12 euros pour les ménages. La crise énergétique résultant de la guerre en Ukraine a également été présentée comme ayant accéléré la nécessité de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, en particulier au gaz russe, pour partie grâce à des mesures d’efficacité énergétique.

Lors de la réunion du Conseil syndical sur les énergies propres, coprésidé par Luc Triangle, Secrétaire général de la CSI, et Zingiswa Losi, Présidente du Congrès des syndicats sud-africains (COSATU), l’accent a été mis sur la nécessité de veiller à ce que la transition énergétique soit juste, inclusive et centrée sur les personnes. Luc Triangle a insisté sur la nécessité d’un cadre de transition qui garantisse des emplois de qualité, les droits du travail et la protection sociale, soulignant que sans une véritable participation des syndicats et une approche fondée sur la justice, le processus n’obtiendra pas le soutien nécessaire des travailleurs et travailleuses.

Dans son intervention, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“Il y a des gens dans cette salle qui ont été persécutés pour leurs activités syndicales, ce qui signifie qu’ils n’auraient même pas la moindre chance de s’approcher de la salle ou l’on décide de ce qui va se passer en termes de transition. Si des pays décident de persécuter des syndicalistes qui font leur travail de protection de la population, comment pouvons-nous espérer que les travailleurs et travailleuses seront présents à la table des négociations ? Il y a tant de choses à faire en même temps, et nous n’avons pas le temps de nous tromper.”

Deux documents clés ont été présentés lors de la réunion, fournissant des recommandations concrètes pour traduire les principes d’une Transition juste en actions nationales et internationales, en vue des processus du G20 et de la COP30 au Brésil :

IndustriALL œuvre au sein de ces forums pour s’assurer que les transitions énergétiques mondiales sont construites sur un engagement ferme en faveur de la justice sociale et du respect des droits des travailleurs et travailleuses.

Des protections historiques à la Conférence internationale du travail 2025

Une grande réalisation de la CIT de cette année a été l'adoption d'une toute première norme internationale du travail pour prévenir l'exposition aux risques biologiques dans le milieu de travail. La Convention 192, accompagnée de sa recommandation, institue un cadre général pour la protection des travailleuses et des travailleurs contre les risques biologiques, existants et émergents, dans tous les types de milieu de travail. Cette nouvelle norme devrait jouer un rôle crucial par une amélioration générale de la santé et la sécurité au travail.

La CIT a eu sa première discussion normative sur le travail décent dans l'économie des plateformes, un jalon dans la lutte pour les droits des travailleurs des plateformes numériques. Les normes à venir prendront la forme d'une convention, appuyée par une recommandation, qui seront finalisées à la 114e CIT, en 2026. Entre autres choses, les instruments proposés couvriront les droits fondamentaux au travail, l'équité de la rémunération et la protection sociale, la santé et la sécurité au travail ainsi que la protection des données et de la vie privée.

Lutter contre l'informalité

Une autre grande réalisation de la CIT a été l'adoption d'une Résolution relative à la transition de l'emploi informel vers l'emploi formel qui réaffirme les principes de la Recommandation 204 et exhorte les pays à mettre en œuvre des stratégies nationales pour la formalisation.

Le groupe des travailleurs a joué un rôle essentiel dans l'élaboration de cette résolution, réclamant un libellé plus ferme sur la liberté syndicale, la négociation collective et les droits au travail de la population active partout dans le monde.

Les éléments essentiels de la résolution sont : 

Les droits des travailleurs sont des droits de l'homme

Par une décision très politique, la CIT a voté l'octroi du statut d'observateur non-membre à la Palestine, qui était considérée précédemment comme un mouvement de libération. Cela lui permet de participer aux réunions de l'OIT en tant qu'État observateur non-membre, dans la foulée de sa reconnaissance internationale croissante.

La CIT a adopté une résolution sur le Myanmar au titre de l'article 33 de la Constitution de l'OIT qui dénonce la junte militaire du Myanmar. Cette mesure, que l'OIT n'avait appliquée que deux fois auparavant, enjoint aux autorités militaires d'appliquer intégralement les recommandations de la Commission d'enquête de l'OIT, en particulier pour la liberté syndicale et l'élimination du travail forcé. La résolution appelle à un soutien et un examen internationaux plus approfondis afin de promouvoir les droits des travailleurs du Myanmar.

La Commission de l'application des normes (CAN) a examiné 24 cas individuels de pays. Pendant la session spéciale sur le Bélarus, IndustriALL a condamné la répression du syndicalisme démocratique, soulignant la dissolution de ses affiliés et l'emprisonnement de dirigeants syndicaux sur des chefs d'accusation politiques. IndustriALL a réclamé la libération immédiate et inconditionnelle d'activistes emprisonnés, dont Henadz Fiadynich, Vatslau Areshka, et cinq dirigeantes comme Volha Brytsikava, dont beaucoup sont mis à l'isolement, victimes de mauvais traitements et voient leur santé se dégrader. Une surveillance internationale doit être entretenue jusqu'à ce que le gouvernement bélarusse mette en œuvre des progrès significatifs.

Dans la session sur la Hongrie, IndustriALL a interpelé le gouvernement hongrois qui sape les droits syndicaux au moyen de textes de loi vagues, d'une surveillance numérique des travailleurs et d'un affaiblissement du dialogue social. IndustriALL a condamné la suppression du prélèvement automatique des cotisations syndicales, qui a causé un déclin prononcé des taux d'affiliation et des finances des syndicats, et il a réclamé des réformes urgentes afin de protéger la liberté d'expression, de simplifier l'enregistrement des syndicats, d'amender la Loi sur la grève et de rétablir la négociation collective sectorielle.

IndustriALL a aussi évoqué les cas de la Géorgie, de l'Irak, du Kirghizistan et de la Malaisie, où les travailleurs se voient imposer des limites à leur liberté de s'organiser et sont confrontés à un affaiblissement des lois sur le travail.

Selon Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL :

"La Conférence internationale du travail de cette année a marqué un tournant pour les travailleurs et les syndicats du monde entier. L'adoption de la Convention sur les risques biologiques instaure une nouvelle référence en matière de sécurité au travail, tandis que l'ouverture de négociations pour le travail décent dans l'économie des plateformes est une grande avancée pour les travailleurs précaires.

"Et surtout, l'application au Myanmar des sanctions prévues à l'article 33 envoie un message fort : la poursuite par la junte militaire d'une répression violente contre les syndicats et les travailleurs aura des conséquences au sein de la communauté internationale. IndustriALL continuera à défendre ses affiliés et leurs droits fondamentaux au travail."

Photo de couverture : Violaine Martin /ILO

Inde : des travailleurs et travailleuses de la confection défient la fermeture illégale de leur entreprise

CFL est un important exportateur de prêt-à-porter d’Inde et l’imposition d’une fermeture unilatérale par l’entreprise viole les lois indiennes relatives au droit du travail et à la fermeture d’usines.

Sous la conduite du Syndicat des travailleurs de l’habillement et de la mode (GAFWU), affilié à IndustriALL par l’intermédiaire de Unions United, les salariés licenciés illégalement, dont une majorité de femmes, ont organisé des sit-in de protestation pendant des jours et des nuits jusqu’à ce que la direction soit contrainte de négocier avec eux. Le GAFWU s’est également adressé au bureau du Commissaire adjoint au travail et a déposé une plainte auprès du tribunal du travail pour obtenir réparation.

Le 13 juin, un accord a été conclu entre les travailleurs et la direction, selon lequel toutes les personnes concernées recevront leur salaire intégral en juin, ainsi qu’une prime et une indemnité de congés payés (en compensation des congés payés non utilisés) d’ici le 7 juillet. En lieu et place de la gratification (paiement pour un certain nombre d’années de service), les travailleurs et travailleuses ayant trois ans de service recevront 45 jours de salaire d’ici le 30 juillet et ceux ayant au moins un an de service recevront 15 jours de salaire d’ici le 10 juillet.

Le GAFWU a revendiqué que les enseignes qui s’approvisionnent auprès de CFL assument la responsabilité de leur chaîne d’approvisionnement et veillent à ce que la direction de CFL applique son code de conduite et respecte les droits des travailleurs. Il a également revendiqué que le gouvernement du Tamil Nadu intervienne sans délai et veille à ce que les dispositions de la législation indienne soient respectées et à ce que les travailleurs et travailleuses reçoivent une indemnité de fermeture.

Gautam Mody, membre du Comité exécutif d’IndustriALL et recruteur syndical auprès de Union United, a déclaré :

“Il s’agit d’un nouveau cas où la loi est du côté des travailleurs, mais où le gouvernement permet aux employeurs de fermer des usines en toute impunité, en profitant de personnes qui gagnent à peine l’équivalent de 115 dollars par mois et qui n’ont tout simplement pas la capacité de tenir le coup. Le syndicat fera tout ce qui est en son pouvoir pour s’assurer que l’entreprise paie aux travailleurs et travailleuses ce qui leur est dû. Toutefois, cette situation ne changera pas tant que nous n’aurons pas instauré la transparence dans la chaîne d’approvisionnement des multinationales.”

Christina Hajagos Clausen, Directrice pour l’industrie textile et la confection auprès d’IndustriALL, a déclaré :

“IndustriALL salue la lutte du GAFWU et exprime sa totale solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Celebrity Fashions. Nous exhortons les enseignes qui s’approvisionnent auprès de cette entreprise à se pencher immédiatement sur la question et à régler le problème des pratiques de travail déloyales dans l’usine de leur fournisseur.”

Les travailleurs et travailleuses de Digel en Turquie luttent contre les pratiques antisyndicales

Le conflit a débuté le 17 janvier 2025, alors que des membres du syndicat textile turc Teksif ont été licenciés après que le syndicat a obtenu la majorité légale parmi les travailleurs et travailleuses de Digel. Le ministère turc du travail et de la sécurité sociale a confirmé le statut de Teksif en tant que représentant légitime pour la négociation collective. Mais au lieu de s’impliquer avec le syndicat, Digel a contesté cette certification et a lancé une série de manœuvres juridiques pour bloquer le processus.

Digel a contesté la certification du ministère en affirmant que Teksif n’avait pas la majorité. L’entreprise a d’abord intenté une action en justice auprès d’un tribunal qui ne pouvait pas en être saisi et qui a transmis l’affaire à l’instance compétente, la Cour d’appel. Depuis, Digel a porté l’affaire devant la Cour suprême de Turquie, une démarche qui, selon les syndicalistes, vise à retarder la reconnaissance jusqu’à ce que Teksif perde le soutien de sa base. “Une justice retardée n’est pas une justice”, affirment les travailleurs et travailleuses.

Entre-temps, Digel a licencié sept travailleurs et travailleuses en raison de leur engagement syndical. Une procédure judiciaire est en cours pour leur réintégration.

Dans une lettre commune adressée à la direction de Digel, IndustriALL Global Union et industriAll Europe ont demandé la réintégration immédiate des travailleurs et travailleuses licenciés et ont exhorté l’entreprise à entamer des négociations avec Teksif. La lettre exhorte Digel à “respecter strictement le droit du travail national et international, à réintégrer immédiatement les sept membres du syndicat licenciés, à respecter les droits syndicaux fondamentaux, à cesser d’intimider et de menacer les travailleurs et travailleurs et à engager des négociations de bonne foi avec Teksif en tant que représentant légitime pour la négociation collective”.

“Nous demandons à la direction de Digel d’être ouverte au dialogue avec IndustriALL et industriALL Europe, ainsi qu’avec Teksif et IG Metall,”

a indiqué Atle Hoie, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union.

“La liberté syndicale et le droit de négociation collective sont des lignes rouges. Nous continuerons à nous battre et jamais nous n’abandonnerons ces droits chez Digel.”

Digel n’a toujours pas réagi ni entamé de dialogue, que ce soit au niveau local ou national. Au lieu de cela, le conflit s’est encore aggravé. Huit autres membres de Teksif, représentants du comité syndical et témoins dans les procès en cours, ont été licenciés, accusés d’avoir refusé les tâches qui leur étaient assignées. Teksif affirme que ces licenciements constituent des représailles pour le militantisme syndical et une tentative de réduire au silence des figures clés du mouvement de syndicalisation.

En réponse, les travailleurs et travailleuses de Digel ont annoncé une marche de protestation de 700 kilomètres, de Izmir à Ankara, le 21 juin. Se déplaçant entièrement à pied, leur intention est de sensibiliser l’opinion publique à leur lutte et de présenter leurs revendications directement au ministère du travail et de la sécurité sociale. Ils affirment qu’ils resteront dans la capitale jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites.

“Cette situation est en totale contradiction avec les valeurs et les règles défendues en Europe,”

a déclaré Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’industriAll Europe.

“Nous sommes aux côtés de ces travailleurs et travailleuses bafoués et fermement déterminés à prendre toutes les mesures nécessaires pour que l’ensemble des travailleurs et travailleuses de Digel puissent exercer pleinement leurs droits syndicaux fondamentaux.”

Les produits de Digel sont vendus en ligne ainsi que dans plus de 40 pays à travers le monde.

Appels au sauvetage de l'emploi pour 907 travailleurs licenciés par Goodyear Tyres en Afrique du Sud

Goodyear a annoncé la fermeture le 2 juin, optant pour un modèle basé sur l'importation et dans lequel elle ne conservera que l'activité de distribution.

Le Syndicat national des travailleurs de la métallurgie d'Afrique du Sud (NUMSA), qui est affilié à IndustriALL Global Union, s'est dit consterné par cette annonce; il a reçu des avis de licenciement de 907 travailleurs et va entamer des consultations avec le fabricant de pneus devant la Commission de conciliation, de médiation et d'arbitrage (CCMA).

"Nous sommes extrêmement préoccupés quant aux conséquences pour les travailleurs et leurs familles. Bien que les perspectives soient sombres, nous sommes prêts, en tant que syndicats, à défendre les emplois de nos membres et à négocier des primes de licenciements équitables,"

a déclaré Mziyanda Twani, le secrétaire régional du NUMSA pour le Cap-Oriental.

Le NUMSA craint que Kariega, appelée autrefois Uitenhage, devienne une ville-fantôme après la fermeture d'autres usines de pneus de ContiTech et Bridgestone. Pour le syndicat, cela aggravera la pauvreté dans une province qui a le taux de chômage le plus élevé du pays, soit 41,9 pour cent selon Statistics South Africa.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, déclare :

"Nous souscrivons aux stratégies du NUMSA qui réclame du gouvernement des mesures d'incitation pour soutenir la fabrication locale et sauver des emplois. C'est essentiel pour la survie des industries du pneu et pour l'industrialisation de l'Afrique du Sud. Les modèles basés sur l'importation ne créent pas beaucoup d'emplois et détruisent la valorisation locale."

L'industrie du pneu d'Afrique du Sud se concentre dans des centres tels que Gqeberha, Brits et Kariega et fournit principalement le marché de la deuxième monte pour les voitures individuelles et les gros camions. Elle approvisionne aussi les fabricants d'équipements d'origine, dont BMW, Ford, Mercedes Benz, Nissan, Toyota, Volkswagen et Isuzu. Mais elle se heurte à une forte concurrence des importations de pneus à bas coût de Chine et de pneus rechapés importés, ce qui a incité la Commission du commerce international et de l'administration (ITAC) à imposer des taxes anti-dumping sur les pneus chinois en 2023.

Le Plan d'action sud-africain pour l'automobile (SAAP) 2021-2035, principal programme industriel de soutien à la fabrication de pneus, préconise la localisation, les incitants à l'investissement, la création d'emplois et le développement des compétences, ainsi que des mesures de protection des échanges commerciaux afin de raviver la chaîne de valeur de l'automobile. Les mesures d'incitation sont fournies dans le cadre du Programme pour la production et le développement automobiles (APDP).

Photo : Shutterstock  

Créer une dynamique en vue du 4e Congrès d’IndustriALL

En ouverture de la réunion, la Présidente d’IndustriALL, Marie Nilsson, a appelé à l’unité, à la résilience et à un engagement renouvelé en faveur de la solidarité mondiale.

“Nous prônons le changement, pas la division. Notre travail consiste à rassembler les gens, à lutter pour des salaires décents et des conditions de travail sûres. Si nous recrutons sur tous les lieux de travail, nous pourrons retrouver notre dignité et provoquer un véritable changement.”

Dans le cadre du rapport du secrétariat, les conditions difficiles pour les travailleuses et travailleurs du monde entier ont été évoquées par le Secrétaire général Atle Høie, qui a mis en garde contre la diminution du respect de la liberté syndicale et de la liberté d’expression, ainsi que de l’État de droit dans de nombreuses régions. Soulignant l’impact des fluctuations des droits de douane américains, il a insisté sur le fait que l’incertitude économique affecte les travailleuses et travailleurs partout dans le monde.

“Le commerce doit être au service des travailleuses et des travailleurs et de la société et non pas détruire des emplois dans les pays en développement,”

a déclaré Atle Høie. Il a réaffirmé l’appel d’IndustriALL en faveur d’accords commerciaux équitables, comprenant des clauses exécutoires sur les droits des travailleurs, et a proposé une résolution conjointe au Congrès. Au cours de la discussion qui a suivi, les délégués ont souligné la nécessité d’inclure dans les accords commerciaux des dispositions strictes en matière de travail et de respect des droits fondamentaux des travailleuses et travailleurs.

Instantanés par pays

Au Bangladesh, le gouvernement nouvellement élu s’implique auprès des syndicats et promet de s’aligner sur les normes internationales du travail. IndustriALL, en collaboration avec son bureau régional et ses affiliés, fera pression pour une mise en œuvre complète de la feuille de route de l’OIT.

Les efforts déployés depuis une dizaine d’années au Pakistan, qui ont été marqués par des progrès et des reculs, connaissent un nouvel élan puisque les représentants du gouvernement ont promis de ratifier les principales conventions de l’OIT cette année et, si possible, la convention C176 sur la santé et la sécurité dans les mines l’année prochaine.

L’invocation de l’article 33 par l’OIT la semaine dernière à propos du Myanmar marque une étape importante. IndustriALL intensifiera sa campagne exhortant les enseignes à quitter le pays de manière responsable, afin de contribuer au démantèlement du pouvoir économique de la junte militaire.

Alors que leur pays subit des attaques continues de la part de la Russie, les syndicats d’Ukraine voient également leur espace se rétrécir avec l’affaiblissement de la législation du travail et la confiscation des bureaux syndicaux.
 
Mykhailo Volynets, dirigeant syndical ukrainien, a décrit la réalité brutale de la guerre.

“Nous perdons des gens tous les jours. Les syndicats se sont réorientés vers l’aide humanitaire. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à entrer sur le marché du travail. Lorsque la guerre sera terminée, nous devrons leur assurer des conditions de travail décentes.”

Mykhailo Volynets s’est inquiété des réformes financées par l’UE qui affaiblissent le droit du travail ukrainien et contournent les syndicats.

“Il n’y a plus de processus de dialogue social, mais nous savons comment le reconstruire à la fin de la guerre.”

La situation humanitaire à Gaza est insupportable et dans son rapport au Comité exécutif, Atle Høie a répété la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et d’une solution à deux États.

Sahar Abdo, de Palestine, a remercié IndustriALL pour l’aide apportée aux travailleuses et travailleurs, qui a eu un impact majeur.

Dans leurs prises de parole, plusieurs délégués ont souligné les attaques croissantes contre les droits des travailleurs, qui se traduisent dans de nombreux pays par l’annihilation de victoires acquises de longue date.

Syndiquer pour un avenir juste

Le renforcement du pouvoir des syndicats par la syndicalisation est l’outil le plus puissant pour affronter le capital mondial. IndustriALL, ainsi que ses affiliés, sont impliqués dans un certain nombre de campagnes. La Secrétaire générale adjointe Christina Olivier a présenté les campagnes d’IndustriALL, de l’appel au désinvestissement au Myanmar à la sécurisation des mines du Pakistan.

La campagne sur Glencore a été relancée en 2022, maintenant la pression sur la société minière suisse pour qu’elle respecte les droits des travailleurs.

La campagne pour l’assainissement du secteur de la démolition des navires a franchi une étape importante avec l’entrée en vigueur de la Convention de Hong Kong dans le courant du mois. Cette industrie étant l’une des plus meurtrières au monde, IndustriALL continuera à faire pression pour obtenir des normes plus sûres.

Le Comité exécutif a réaffirmé son engagement en faveur des campagnes sur la violence fondée sur le sexe et de la Convention 190 de l’OIT.

Nous sommes TOUS engagés pour l’égalité

Faisant rapport sur le Comité des femmes de mai, la Coprésidente a évoqué la Conférence des femmes, prévue pour se tenir en deux demi-journées en ligne en septembre et une journée en personne à Sydney, le 3 novembre. La conférence offrira une occasion importante d’examiner les progrès réalisés depuis le Congrès de 2021, d’évaluer les impacts et d’identifier les principaux enseignements à tirer, ainsi qu’une feuille de route stratégique pour 2025-2029 afin de mettre en œuvre les objectifs d’égalité des sexes du plan d’action d’IndustriALL.

Les délégués se sont engagés dans un deuxième débat stratégique sur l’intelligence artificielle, soulignant les risques d’exacerbation des inégalités et des discriminations par l’IA. Un appel a été lancé en faveur d’un dialogue social solide et d’une préparation proactive ; nous devons discuter des changements et nous y préparer.

Des lignes directrices actualisées pour les accords-cadres mondiaux (ACM) ont été introduites, mettant l’accent sur l’accès à la syndicalisation, la neutralité de l’entreprise face au fait syndical et l’amélioration de la mise en œuvre et du suivi, renforçant les ACM en tant qu’outils pour protéger les droits des travailleurs et promouvoir la durabilité, ainsi qu’une nouvelle procédure de mandat, qui servira de référence sur la mise en route, la conduite et la conclusion des négociations.

En route pour Sydney

A cinq mois du 4e Congrès d’IndustriALL, le Comité Exécutif s’est penché sur les préparatifs : les amendements proposés aux statuts ont été examinés et des recommandations ont été faites au Congrès. Le projet de plan d’action recommandé par le Comité préparatoire du Congrès en vue de guider IndustriALL pour la période à venir a été approuvé avec ses quatre parties stratégiques : lutter pour l’égalité et les droits des travailleurs, renforcer le pouvoir des syndicats, demander des comptes au capital et façonner notre avenir à travers la Transition juste.

“En collaboration avec nos affiliés et dans la compréhension des défis et des besoins de nos membres sur le terrain, nous abordons le 4eCongrès avec un plan clair et ciblé,”

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint.

Le Congrès promet d’être un moment fort de réflexion, de mobilisation et de réengagement en faveur des objectifs généraux du mouvement : commerce équitable, transition juste, égalité des sexes et travail décent pour tous.

Marie Nilsson a pour sa part déclaré :

“Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir, pour nos membres, pour notre mouvement et pour l’avenir du travail lui-même.”

Les travailleuses et travailleurs d’ArcelorMittal Québec obtiennent une convention solide de cinq ans

En vertu du nouvel accord, les travailleuses et travailleurs verront leurs salaires augmenter de 26 à 30 % sur cinq ans, en fonction de leur classification. Pour les travailleurs de la catégorie médiane, le salaire horaire passera de 46 à 51 dollars à partir de mars 2025, pour atteindre 59,14 dollars en mars 2029. Les travailleuses et travailleurs les mieux rémunérés verront leur taux horaire passer de 53,78 à 59,60 dollars en 2025, pour grimper à 68,09 dollars à la fin de la durée de la convention. Ces gains représentent une correction importante de l’érosion des salaires et une reconnaissance forte de la main-d’œuvre qualifiée qui porte les activités d’ArcelorMittal.

L’accord prévoit également une meilleure compensation pour le travail de nuit. La prime de travail de nuit, qui s’élève actuellement à 1,50 dollar par heure, passera à 2 dollars en 2025, puis à 2,50 dollars en 2029. Ces augmentations tiennent compte des défis et des sacrifices associés aux prestations en dehors des heures normales.

Les pensions sont également améliorées de manière significative. Le multiplicateur utilisé pour calculer les prestations de retraite augmentera de 10 dollars par mois pour chaque année de service dans toutes les catégories d’ancienneté. Les travailleuses et travailleurs ayant moins de 15 ans de service verront leur pension passer de 69,50 $ à 79,50 $ par mois et par année de service. Pour les travailleurs ayant entre 15 et 30 ans de service, le montant passe de 71 à 81 dollars et pour les travailleuses ayant plus de 30 ans de service, de 72 à 82 dollars. D’ici à 2029, cela se traduira pour beaucoup par un revenu de retraite supplémentaire de 300 dollars par mois.

Une avancée majeure dans la reconnaissance de la santé au travail est la mise en place d’une nouvelle prime annuelle pour les travailleuses et travailleurs des sites de concentration et de concassage du minerai de fer. Ces travailleuses et travailleurs, qui sont exposés à la silice cristalline et doivent porter des masques de protection, recevront désormais une prime de risque qui sera de 1.000 dollars en 2025 et passera à 4.000 dollars par an d’ici 2028.

L’accord prend également en compte le coût élevé et l’isolement que représentent la vie dans le nord du Québec. L’allocation nordique pour les travailleuses et travailleurs résidant à Fermont passera de 1.200 $ à 1.300 $ par mois. Associé à plusieurs améliorations du régime d’assurance groupe, à l’ajout de jours de congé mobiles et à l’augmentation du nombre de jours fériés, l’accord renforce à la fois la sécurité du revenu et l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée.

Le coût total de l’accord pour ArcelorMittal est estimé à 414 millions de dollars sur cinq ans. Les dirigeants syndicaux ont souligné que ces avancées ont été rendues possibles grâce à une forte solidarité des travailleurs et à un leadership local unifié sur l’ensemble des sites.

“Cet accord montre ce que les travailleuses et travailleurs peuvent gagner en montrant force et solidarité. Il ne s’agit pas seulement de salaires, mais aussi de respect, de sécurité et d’un avenir meilleur pour tous,”

a déclaré Patrick Correa, Directeur d’IndustriALL pour les métaux de base.

Illustration : Shutterstock

Un pas historique vers la justice : l'OIT adopte une résolution de l'article 33 sur le Myanmar

Ce n'est que la troisième fois de son histoire que l'OIT use de son instrument de contrainte le plus fort, réservé aux violations les plus sérieuses des droits fondamentaux, soulignant ainsi la gravité de la situation au Myanmar.

Depuis la prise de pouvoir par la force du 1er février 2021, la junte pratique une répression féroce contre les syndicalistes, les activistes et la société civile. Des travailleurs sont emprisonnés, poussés dans la clandestinité et dépouillés de leurs libertés les plus essentielles.

À aucun moment, le régime n'a suivi les recommandations de la commission d'enquête de l'OIT de 2023. Celle-ci avait réclamé l'arrêt immédiat de la violence et des tortures contre les dirigeants syndicaux, la libération inconditionnelle de tous les syndicalistes emprisonnés, l'abandon des poursuites pénales et la fin du recours au travail forcé et au travail des enfants par l'armée.

L'adoption de la résolution du 5 juin est un pas important sur la voie de la justice pour la population du Myanmar, mais le combat est loin d'être terminé.

"L'adoption de l'article 33 envoie un message fort à la junte militaire du Myanmar : le monde ne restera pas silencieux devant les violations systématiques et persistantes des droits de l'homme et des travailleurs.

"Maintenant, cette résolution doit être suivie de conséquences concrètes. Nous appelons tous les gouvernements et tous les employeurs rompre leurs liens avec la junte, à soutenir les forces démocratiques légitimes du Myanmar ainsi que les travailleurs qui mettent tout en jeu pour s'organiser pour un avenir meilleur,"

déclare Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL.

"Nous nous sommes battus avec acharnement pour l'adoption de l'article 33; nous avons risqué nos vies en dénonçant l'oppression. Cette résolution est un signe que le monde entend nos voix et est à nos côtés. Mais maintenant, il faut plus que des mots; nous avons besoin d'actes concrets pour affaiblir la junte et soutenir les travailleurs,"

déclare Khaing Zar, le président de l'IWFM, affilié à IndustriALL.

L'article 33 avait déjà été invoqué contre le Myanmar en 2000, pendant le précédent régime militaire, sur la question du travail forcé, et ensuite encore, en 2023, contre le Bélarus, à propos de la répression contre les syndicats indépendants.

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