Au Mexique, les propositions de réforme du travail répondent aux intérêts des employeurs

Ces propositions de réforme du travail du gouvernement auraient été rédigées en secret par deux sénateurs mieux connus pour être de pseudo-dirigeants des principaux syndicats "jaunes" qui représentent les intérêts des employeurs plutôt que ceux des travailleurs : Tereso Medina Ramírez, de la Confederación de Trabajadores de México (CTM), et Isaías González Cuevas, de la Confederación Revolucionaria de Obreros y Campesinos (CROC).

Elles satisfont totalement aux revendications des avocats des entreprises qui veulent empêcher une reconnaissance explicite du droit fondamental à la liberté syndicale et bloquer l'initiative visant à éliminer le modèle dit "de protection" des conventions collectives prônées par les employeurs et qui permettrait d'améliorer l'administration de la juridiction du travail. Elles bénéficient financièrement aussi des contrats de protection des employeurs. Ces propositions vont à l'encontre de la récente réforme de la constitution et contreviennent à la convention n° 87 de l'Organisation internationale du travail (OIT), que le Mexique a ratifiée, et aux conventions fondamentales de l'OIT, dont la convention n° 98.

Parmi les éléments les plus controversés de ces propositions, on note :

1.   Elles permettent un recours illimité à l'externalisation et suppriment les articles et dispositions qui réglementent cette pratique. Les employeurs pourront externaliser à la seule condition de respecter les droits minimums établis par la loi et auront toute liberté d'utiliser des contrats d'emploi individuels pour fixer les conditions de travail. D'après l'avocat mexicain Arturo Alcade, spécialiste du droit du travail, cela veut dire que "le travail devient une marchandise dont le prix et les conditions seront fixés librement dans un contrat commercial. Elles protègent inconditionnellement les employeurs qui pourront externaliser le travail et éviter d'employer des travailleurs qui pourraient être appelés à la grève". Actuellement, la loi fixe des limites à l'externalisation. Par exemple, elle n'autorise pas les entreprises à organiser toute leur main-d’œuvre sur ce modèle, ni à recruter indirectement des travailleurs pour des tâches effectuées par des travailleurs employés directement. En outre, ces propositions ne prévoient rien s'agissant des pensions et de l'accès aux services de santé, ce qui veut dire que leur adoption serait une catastrophe pour la classe laborieuse.

2.   Elles suppriment des garanties qui, actuellement, imposent que le licenciement se fasse par préavis écrit. Elles introduisent des règles de procédure qui laissent les travailleurs sans défense face aux employeurs.

3.   Elles rejettent l'obligation d'une consultation préalable par la voie d'un vote à bulletin secret pour l'approbation d'une convention collective. Le gouvernement avait promis à la communauté internationale de supprimer les contrats de protection des employeurs, mais les nouvelles propositions permettent aux employeurs de continuer à choisir le syndicat qui a leur préférence.

4.   Elles proposent la création d'une nouvelle agence chargée d'enregistrer les syndicats et les conventions collectives, mais elle serait aux mains des syndicats jaunes et des employeurs. Elles perpétuent le même pseudo-tripartisme que la réforme de la constitution était précisément supposée éliminer et qui n'autorise que les syndicats jaunes à "représenter" les travailleurs. Elles proposent qu'ils aient chacun quatre représentants au conseil d'administration de la nouvelle agence.

5.   Elles instituent un mécanisme d'autorisation trompeur qui permettra d'enregistrer des conventions collectives, même si elles ne respectent pas les critères légaux minimums, lorsque l'agence ne réagit pas dans un délai donné à la demande d'enregistrement d'un employeur.

6.   Elles enfreignent des dispositions de la Loi sur la transparence et l'accès à l'information publique qui imposent aux pouvoirs publics de mettre les informations relatives aux syndicats et aux contrats d'emplois à la disposition du public. Ces propositions limitent ce droit et ne tiennent pas compte de la nouvelle loi.

Le décret reprenant les amendements à une série de dispositions de la constitution a été publié au Journal officiel le 24 février 2017. Il y est écrit que les modifications de la constitution prendront effet un an après cette date, ce qui implique le vote d'arrêtés d'application au 15 décembre 2017.

À quelques jours de cette date, l'espoir que cette réforme apporte des changements significatifs pour les travailleurs mexicains a été étouffé par ces nouvelles propositions qui répondent aux intérêts du gouvernement, des employeurs et des chambres patronales et s'attaquent aux droits de l'homme et aux droits au travail les plus fondamentaux.

Des syndicats indépendants et des avocats progressistes se sont réunis d'urgence le 11 décembre pour préparer une riposte qui aura le soutien d'IndustriALL Global Union.

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL, a déclaré :

"Le Mexique s'inscrit dans la tendance mondiale des réformes du travail qui concrétisent la fausse promesse de nouveaux investissements mais ne font que rendre le travail encore plus précaire. On s'attendrait à ce que n'importe quelle réforme mise en œuvre au Mexique démocratise les relations du travail, fasse respecter la liberté syndicale et, en particulier, mette un terme aux contrats de protection. Les travailleurs ont le droit de s'organiser et de choisir eux-mêmes leur syndicat. Ils ont aussi le droit de ne pas faire l'objet de menaces, voire pire, comme récemment dans le cas des assassinats de travailleurs à la mine de Media Luna".

Il s'agit d'une réédition de l'article publié le 9 décembre 2017 dans le quotidien mexicain La Jornada sous le titre “Grotesca Iniciativa de Reforma Laboral”, par Arturo Alcalde Justiniani, diplômé en droit de l'Université nationale autonome du Mexique (Universidad Nacional Autónoma de Mexico) et en économie et technologie à Monterrey.

Pour plus d'information, voir l'article dans Sin Embargo "Iniciativa de senadores de CTM y CROC elimina derecho a pensión y salud de TODOS los trabajadores".

La Cour Suprême du Brésil prononce l’interdiction de l’usage et de la vente de l’amiante

“Tout type d’amiante provoque le cancer des poumons, le mésothéliome, le cancer du larynx et des ovaires ainsi que l’asbestose (fibrose des poumons)”, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

L’OMS indique que l’exposition à l’amiante se produit par inhalation de fibres présentes dans l’air de l’environnement de travail, l’air ambiant dans le voisinage d’usines où l’on manipule de l’amiante ainsi que celui à l’intérieur de maisons et bâtiments qui contiennent des matériaux friables à base d’amiante.

Plus de 100.000 personnes par an meurent de maladies liées à l’amiante. Des millions de tonnes d’amiante sont extraites et vendues chaque année. La plupart des exportations sont à destination des pays en développement.

Une étude de Francisco Pedra de la Fondation Oswaldo Cruz a conclu que 3.718 personnes au Brésil étaient mortes de mésothéliome, un cancer causé par l’amiante, entre 1980 et 2010. La décision de la Cour de ce 29 novembre est donc cruciale à la fois pour les travailleurs et travailleuses et pour les communautés qui vivent à proximité des usines au Brésil.

La Cour suprême a jugé que la loi fédérale qui autorise l’usage dit “sûr” de l’amiante est anticonstitutionnelle, car elle viole des droits fondamentaux liés à la santé et à l’environnement. La décision interdit l’extraction, l’utilisation dans des biens manufacturés et la vente du produit dans tous les États de la Fédération.

L’amiante a été interdit dans plus de 70 pays, dont l’Allemagne, l’Argentine, le Chili, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni et l’Uruguay en raison des dangers mortels qu’il comporte. Le Brésil rejoint cette liste après un long débat juridique et bien qu’il est l’un des plus grands producteurs et exportateurs d’amiante au monde.

Deux des plus grandes centrales syndicales du Brésil, la CUT et Força Sindical (les affiliés d’IndustriALL Global Union du Brésil appartiennent à l’une ou l’autre de ces deux centrales), ont fêté l’interdiction. Elles ont publié des communiqués de presse la décrivant comme une victoire majeure pour le mouvement syndical, qui a fait campagne contre l’amiante, pour la défense de la santé et de la vie des travailleurs et travailleuses.

IndustriALL Global Union mène une campagne mondiale contre l’amiante. Le Comité exécutif d’IndustriALL, composé d’affiliés d’IndustriALL, a décidé cette année de prendre des mesures immédiates pour élaborer des programmes d’action nationaux en vue de l’élimination des maladies liées à l’amiante, en suivant les recommandations du Bureau international du Travail et de l’Organisation mondiale de la Santé, et ce, dans tous les pays, qu’ils aient déjà prononcé ou non l’interdiction.

L’amiante est utilisé dans la fabrication de plus de 3.000 produits, dont des matériaux de construction (tuiles, citernes, plaques) et des pièces de véhicules motorisés (freins, embrayage). Il est également utilisé pour l’isolation thermique.

Le Responsable régional d’IndustriALL, Marino Vani, fait le commentaire suivant sur la décision de la cour :

“Malheureusement, justice est faite seulement après de nombreuses années et de nombreux décès. C’est une victoire syndicale et un pas en avant pour la société brésilienne. Nous espérons que le gouvernement brésilien ainsi que ceux d’autres pays de la région, développeront des emplois et des revenus alternatifs pour les travailleurs et travailleuses employés dans les mines d’amiante et assureront les soins de santé pour tous ceux et toutes celles qui souffrent de maladies liées à l’amiante ou en contracteront à l’avenir".

Remontée à la surface des mineurs d’ArcelorMittal Temirtau

Le 15 décembre, environ 400 mineurs sont remontés volontairement à la surface suite à la décision du Tribunal de Shakhtinsk de suspendre la grève. 154 mineurs étaient déjà remontés à la surface après la réunion avec le gouverneur de la région de Karaganda, le 13 décembre; et 100 autres, le 14 décembre.
 
Les travailleurs revendiquaient une augmentation salariale de 100 pour cent, une retraite anticipée à 50 ans et de meilleures conditions de travail. La direction d’ArcelorMittal Temirtau a accepté une hausse salariale de 30 pour cent pour tous les travailleurs employés pour les travaux réalisés sous terre. Cette décision a été prise au cours d’une conversation téléphonique entre le Premier ministre du Kazakhstan et Lakshmi Mittal, propriétaire d’ArcelorMittal Temirtau.

Korgau, le syndicat des mineurs affilié à IndustriALL via le syndicat des mineurs et des métallurgistes de la République du Kazakhstan, s’efforçait de négocier un accord devant aboutir à une hausse salariale de 20 pour cent début novembre. Cet accord est désormais remplacé par un nouvel accord comprenant l’augmentation salariale de 30 pour cent.
 
Le pourcentage de hausse des salaires des personnes chargées des travaux à la surface sera examiné par une commission spéciale formée de membres des groupes d’initiative, de représentants des comités syndicaux, du bureau du procureur, des administrateurs des mines, de l’administration régionale et de la direction de la compagnie.

Tous les employés du département minier de la compagnie recevront également une indemnité forfaitaire équivalent à un salaire mensuel.

Quelques mineurs ont été convoqués par le tribunal pour leur participation à la grève. Dans une lettre adressée au procureur régional, ArcelorMittal Temirtau a assuré que la compagnie ne cherchera pas à licencier ou à intenter un procès contre les grévistes, et qu’elle retirera, le 15 décembre, son action en justice contre les travailleurs.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« IndustriALL Global Union se réjouit de l’engagement pris par ArcelorMittal de ne pas licencier ou poursuivre en justice les grévistes. De la même manière, nous demandons au Gouvernement du Kazakhstan d’accepter de ne pas user de représailles contre les travailleurs et d’encourager un dialogue social pacifique jusqu’à la résolution de l’ensemble des problèmes ».

Un arbitrage dans l'Accord du Bangladesh débouche sur un règlement à l'amiable avec un géant de la mode

Ce règlement à l'amiable fera en sorte que les fournisseurs de ce grand nom de la mode réhabilitent leurs ateliers et que des fonds importants soient libérés pour ces travaux de réhabilitation, conformément à l'Accord du Bangladesh de 2013.

Les fédérations syndicales mondiales IndustriALL et UNI avaient entamé des procédures en arbitrage contre deux grandes marques de la mode en 2016. L'accord en question s'applique à l'un de ces deux cas.

La question était de savoir si les grandes marques concernées respectaient les prescriptions de l'Accord du Bangladesh qui leur impose d'obliger leurs fournisseurs à réhabiliter leurs ateliers dans des délais prescrits et de négocier des conditions commerciales qui leur permettent de supporter le coût des travaux.

La Cour permanente d'arbitrage de La Haye interdit de dévoiler l'identité de ces marques.

L'Accord du Bangladesh, qui a été signé en 2013 après la catastrophe industrielle du Rana Plaza, couvre 2,5 millions de travailleurs du secteur de la confection au Bangladesh. C'est le premier accord ayant force exécutoire qui impose à des marques de prêt-à-porter d'aider leurs sous-traitants à éliminer les risques d'incendie et les défaillances structurelles de leurs bâtiments.

À ce jour, les inspecteurs mandatés par l'Accord ont contrôlé 1.800 ateliers fournissant plus de 200 marques ayant souscrit à l'Accord. Ces ingénieurs ont décelé plus de 118.500 anomalies présentant des risques électriques, d'incendie et de structure dans ces bâtiments.

Près de 80 pour cent de ces anomalies dangereuses relevées au cours du premier cycle d'inspections ont été éliminées et 500 ateliers couverts par l'Accord ont effectué 90 pour cent au moins des réparations nécessaires.

Un second Accord a été signé en juin de cette année. Il entrera en vigueur lorsque l'accord originel arrivera à expiration, en mai 2018, et prolongera les protections garanties jusqu'en 2021.

Les syndicats mènent des actions contre Glencore avant sa communication aux investisseurs

Ces actions ont été menées autour du 10 décembre, pour coïncider avec la Journée internationale des Droits humains. Elles ont attiré l’attention sur des violations de droits de la part de l’entreprise au moment où elle cherche à mettre en place une image positive vis-à-vis des investisseurs.

Le 12 décembre, Glencore a effectué une communication à l’intention des investisseurs pour faire le point sur les stratégies de croissance de l’entreprise. Après s’être remis de la profonde crise des matières premières de 2015, Glencore a rebondi en 2017, damant le pion à nombre de ses pairs.

Mais tout ceci a un coût terrible, au détriment des travailleurs et travailleuses qui extraient et traitent les matières premières qui font de Glencore une entreprise prospère.

Pour coïncider avec la Journée internationale des Droits humains, les syndicats partout dans le monde ont mené des actions pour exiger que Glencore respecte les droits humains des travailleurs. On relève parmi les faits marquants :

Au cours de sa communication aux investisseurs, Glencore a annoncé son intention de doubler sa production de cobalt au cours des prochaines années. Le cobalt est un composant essentiel des batteries utilisées dans les smart phones et les véhicules électriques. L’entreprise a l’intention de tisser des accords avec les principaux constructeurs automobiles et fabricants d’électronique, dont Volkswagen, Tesla et Apple, pour leur fournir du cobalt.

Glencore a obtenu la concession de l’extraction du cobalt au sein de la République Démocratique du Congo après avoir consenti un prêt de 45 millions de dollars à un intermédiaire, comme cela a été révélé par les Paradise Papers.

L’entreprise exploite les matières premières de manière agressive et est un producteur majeur de cuivre, cobalt, nickel, zinc et charbon destiné aux centrales thermiques. Le PDG Ivan Glasenberg a souligné la rentabilité pour Glencore de ses “actifs à faible coûts ", et a loué la “croissance efficace et rentable” de son entreprise.

Notre Secrétaire général adjoint Kemal Özkan a déclaré :

“Glencore veut convaincre les investisseurs que son avenir est rose. Mais les violations de droits humains à l’encontre de ses salariés de la part de Glencore, sur ses sites d’exploitation de par le monde, constituent un passif qui va provoquer des conflits de travail permanents.

“IndustriALL et ses affiliés feront campagne jusqu’à ce que Glencore respecte les droits des travailleurs et travailleuses et se mette à prendre en considération les nombreuses problématiques soulevées par ses salariés et les communautés dont ils font partie.”

Grève des mineurs d’ArcelorMittal au Kazakhstan

Plusieurs centaines de mineurs d’ArcelorMittal Temirtau se sont mis en grève à Shakhtinsk, au Kazakhstan.

La grève a démarré le 11 décembre, jour durant lequel environ 200 mineurs employés dans quatre mines détenues par ArcelorMittal ont décidé de ne pas remonter à la surface après la fin de leur quart. Les mineurs sont représentés par l’affilié à IndustriALL, le syndicat des mineurs et des métallurgistes de la République du Kazakhstan.

Le Ministre du travail du Kazakhstan a confirmé la grève le jour suivant et annoncé que 684 grévistes se trouvent actuellement sous terre dans les 8 mines de charbon détenues par ArcelorMittal au Kazakhstan. Selon le syndicat, le nombre de travailleurs participant au conflit serait toutefois plus élevé. Les grévistes sont ravitaillés par leurs partisans et les membres de leurs familles.

Les travailleurs revendiquent une hausse de 100 pour cent de leurs salaires, un ensemble intégré de soins, une retraite anticipée à 50 ans contre actuellement 63 ans, de meilleurs équipements, des mesures de sécurité plus élevées, ainsi que l’amélioration des infrastructures de la ville de Shakhtinsk où ils résident. Ils exigent également de parler à Lakshmi Mittal, le milliardaire indien, propriétaire d’ArcelorMittal Temirtau.

ArcelorMittal Temirtau possède huit mines de charbon et quatre mines de minerai de fer au Kazakhstan, et fait fonctionner une usine sidérurgique à Temirtau. L’année dernière, la compagnie a produit environ 4 millions de tonnes d’acier au Kazakhstan.

Il est rare qu’une action collective se déroule au Kazakhstan, dont la législation répressive criminalise le travail des syndicats et des militants syndicaux. Fin 2016, une grève, déclarée illégale par les autorités, a eu lieu dans une entreprise de services de construction pétroliers (OCC) du Kazakhstan pour manifester contre la dissolution du syndicat: http://www.industriall-union.org/fr/deux-dirigeants-syndicaux-du-secteur-petrolier-arretes-dans-le-kazakhstan. Les travailleurs y ayant participé ont reçu de fortes amendes et subis des répressions.

Maurice: les syndicats remportent une victoire en matière de salaire minimum

Le nouveau salaire minimum mensuel, annoncé au parlement le 8 décembre, s’élève à 8 140 Rs (232 US$). Néanmoins,  les travailleurs devraient ramener à leur domicile 9 000 Rs en raison des diverses indemnités compensatoires qui leur seront versées par le gouvernement ou l’administration fiscale de Maurice.

« Je peux vous garantir que les employés recevront au minimum 9 000 roupies en 2019 », a déclaré le Ministre du Travail de Maurice, Soodesh Callichurn, à propos de cette décision qui devrait profiter à près de 120 000 travailleurs dans le pays.

Il s’agit d’une augmentation importante pour de nombreux travailleurs, notamment ceux employés dans l’industrie du textile, dont certains perçoivent en moyenne seulement 4 000 Rs (114 US$) par mois, selon les syndicats. Quatre-vingt-dix pour cent des travailleurs employés dans l’industrie du textile et de l’habillement mauricienne sont des femmes. Les conditions sont pénibles, beaucoup travaillant debout toute la journée.

Une fois que le nouveau salaire minimum entrera en vigueur, les travailleurs du textile seront payés 9 000 Rs pour une semaine de 45 heures. Ils ne devraient donc plus travailler d’aussi longues heures pour parvenir tout juste à subsister.

Cependant, ce montant reste en deçà de ce que les syndicats jugent être un salaire décent, calculé à environ 14 500 Rs (414 US$) en 2014.

Reeaz Chuttoo, membre de l’affilié à IndustriALL Global Union à Maurice, le syndicat des employés de l’industrie chimique, manufacturière et des autres industries et services liés (Chemical, Manufacturing and Connected Trades Employees Union – CMCTEU), a indiqué:

« C’est un pas dans la bonne direction. Je me réjouis également de la décision du gouvernement d’englober les 20 000 travailleurs employés dans la zone de libre-échange (à Maurice) ».

Les syndicats ont milité pour un nouveau salaire minimum durant les négociations tripartites avec le gouvernement et les employeurs à Maurice.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, a déclaré:

« C’est une victoire importante pour les syndicats à Maurice. Les années de campagne qu’ils ont menées ont porté leurs fruits. Le nouveau montant du salaire minimum changera de manière significative la vie de milliers de travailleurs, en particulier des femmes. Nous félicitons nos affiliés à Maurice pour cette réussite alors qu’ils poursuivent leur lutte pour un salaire décent ».

IndustriALL réclame la libération de dirigeants syndicaux algériens

IndustriALL Global Union réclame la libération immédiate de deux dirigeants de son affilié algérien, le SNATEGS, qui ont été arrêtés aujourd'hui, mardi 12 décembre.

Abdelkader Koufi, Secrétaire général du syndicat du pétrole et de l'électricité SNATEGS, et Mohamed Al Amin Sulimani, Président du comité national Jeunesse du syndicat, ont été arrêtés ce jour, alors qu'ils participaient à une manifestation pacifique contre la dissolution illégale et frauduleuse du syndicat par le gouvernement.

D'après des témoins, les deux hommes ont été agressés par des policiers qui les ont frappés avec des matraques électriques et les ont fait éteindre leurs téléphones.

Cette action de protestation s'est produite alors que le ministre du Travail donnait une conférence de presse pour justifier son annonce du 3 décembre selon laquelle le SNATEGS s'était dissous spontanément lors d'une assemblée de ses membres.

Or, la direction du SNATEGS conteste cette affirmation avec virulence. Aucun de ses dirigeants n'a connaissance d'une telle assemblée. En outre, elle n'aurait pas été habilitée à dissoudre le syndicat, une décision qui, suivant ses statuts, ne peut être prise qu'en congrès national.

Depuis l'annonce de sa dissolution par le ministère, les comptes bancaires du syndicat sont bloqués. 

Le Président du SNATEGS, Raouf Mellal, a déclaré :

"La vérité est que le ministère du Travail veut à tout prix dissoudre notre syndicat parce que le SNATEGS est le premier syndicat indépendant créé dans le secteur économique en Algérie. Nous nous battons pour la liberté des travailleurs de l'économie et de l'industrie en Algérie."

IndustriALL a écrit le 11 décembre au ministre algérien du Travail et de la Sécurité sociale en appelant le gouvernement à annuler la dissolution illicite du syndicat. L'action du ministère ne fait pas qu'enfreindre la législation nationale, elle témoigne aussi d'une ingérence manifeste du gouvernement dans les affaires intérieures du syndicat, violant ainsi la convention n° 87 de l'OIT que l'Algérie a ratifiée en 1962.

Pour le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches :

"Nous réclamons la libération immédiate de nos affiliés algériens qui n'ont rien fait qui justifie cette décision. Il faut que leur sécurité personnelle et les droits de l'homme soient garantis. IndustriALL soutiendra le SNATEGS tant que le gouvernement algérien harcèlera et intimidera ses membres et jusqu'à ce qu'il accepte qu'un mouvement syndical fort et indépendant est vital dans un société démocratique."

Depuis deux ans, le SNATEGS fait l'objet d'attaques incessantes des autorités algériennes. Le gouvernement a tenté de lui retirer son homologation en mai 2017 tandis que son Président, Raouf Mella, est sous le coup d'une condamnation à une peine de prison pour ses activités syndicales et de lanceur d'alerte contre la corruption à la compagnie publique d'électricité Sonelgaz. 

Les travailleurs du Honduras exigent le recomptage transparent des bulletins de vote

Les résultats de l’élection du 26 novembre ne sont pas encore connus, plus d’une semaine après le vote.

La Commission électorale (TSE) a attendu près de 10 heures avant de publier les premiers résultats plaçant Salvador Nasralla, le candidat de l’Alliance de l’opposition contre la dictature, en tête contre Juan Orlando Hernández, Président sortant et candidat du Parti national à sa réélection.

De façon étonnante, après le recomptage du 28 novembre, la TSE a annoncé l’avance de Hernández sur son adversaire. Ce changement ainsi que le retard pris dans sa communication ont conduit à des accusations de fraude électorale; et le climat d’incertitude a entraîné de nombreuses manifestations de rue. Le gouvernement a dès lors imposé un couvre-feu, accompagnée d’une répression ayant déjà causé la mort de dix personnes.

« Le pays se trouve dans une situation très difficile parce que la Constitution a été violée. L’ampleur de la fraude électorale est considérable. Le résultat devait être annoncé mais le système est tombé en panne et a redémarré seulement dix heures après », a déclaré Joel López, un représentant de la FITH à San Pedro Sula.

Napoleón Villacillas, de la FETRAMIMH, a indiqué « s’élever totalement contre la fraude massive et la négation de la démocratie ». Il s’exprimait depuis la ville de El Progreso, située près de San Pedro Sula, où les manifestants continuent à braver le couvre-feu mis en place depuis 4 jours.

Le 5 décembre, Nasralla a appelé la TSE à procéder à un nouveau décompte de tous les bulletins de vote, ce que le Président Juan Orlando Hernández a fini par accepter.

« Nous voulons que tous les bulletins de vote soient recomptés. Nous pensons que c’est la seule façon de résoudre la crise. Dans le cas contraire, le peuple n’acceptera pas le résultat », a indiqué le dirigeant syndical Joel López.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a publié une déclaration de solidarité avec les travailleurs du Honduras dans laquelle il indique:

« IndustriALL Global Union appelle la TSE à immédiatement accepter les revendications légitimes des travailleurs et de la société civile, et à s’assurer que les bulletins de vote soient décomptés sans autres délais, irrégularités ou manipulations ».

Il a ajouté:

« IndustriALL s’élève contre la décision du gouvernement Hernández d’imposer un couvre-feu de 10 jours. Nous demandons que le gouvernement respecte le droit du peuple à manifester pacifiquement, sans craindre de subir des répressions ou des violences ».

Nos affiliés irakiens du pétrole et du gaz forment un réseau syndical

Avec le soutien d’IndustriALL, quelque 38 syndicalistes et experts du secteur se sont rencontrés dans la principale cité portuaire d’Irak pour débattre du travail syndical du secteur, en insistant sur le fait que les travailleurs et travailleuses du pétrole et gaz ainsi que leurs syndicats ont un rôle fondamental de soutien de l’économie nationale.

Le pétrole constitue l’épine dorsale de l’économie irakienne. Cependant, le gouvernement a autorisé des compagnies étrangères à entrer sur le marché, qui se focalisent sur le profit et dont les politiques en matière de droits des travailleurs sont inconnues.

Hassan Juma, Président de l’IFOU :

“Une de nos plus importantes priorités est l’unité du mouvement syndical en Irak et nous avons fait le premier pas dans le secteur le plus important, à savoir celui du pétrole et du gaz. La mise en place de ce réseau atteste d’une force syndicale unifiée capable de défendre les droits des travailleurs et de maintenir la production. Nous travaillons maintenant à l’élaboration d’un vaste plan d’action en coordination avec les syndicats du pétrole et du gaz d’Irak.”

Trois syndicats non-affiliés ont assisté à la réunion et se sont également joints au Réseau syndical national du pétrole et du gaz en Irak, qui fera partie du Réseau d’IndustriALL des syndicats du pétrole et du gaz de la région MENA.

L’ensemble de ces syndicats a entériné les six objectifs communs du réseau, qui sont :

  1. Protéger partout dans le pays les droits fondamentaux des travailleurs du secteur du pétrole et du gaz d’Irak
  2. Protéger la richesse nationale au profit des générations futures contre les compagnies capitalistes qui ne respectent pas les droits et les opinions des citoyens
  3. Établir une coordination avec les autorités centrales et locales afin d’exhorter les compagnies étrangères à prendre leurs responsabilités par rapport à l’entretien des infrastructures des régions voisines des champs pétrolifères exposées à des émissions toxiques
  4. Établir une coordination avec les autorités centrales afin définir une priorité pour les travailleurs et travailleuses du secteur pétrolier au regard du service immense rendu à l’Irak et compte tenu que leurs rémunérations sont inférieures à celle de leur homologues des pays voisins
  5. Exhorter le Ministère irakien du pétrole à garantir sérieusement les droits des travailleurs migrants occupés dans différentes compagnies étrangères et obliger celles-ci à appliquer les lois irakiennes
  6. Obliger le Ministère du pétrole à exhorter les compagnies étrangères à respecter les droits de leurs salariés irakiens en vertu des conventions syndicales.

Dans un message adressé au nouveau réseau syndical, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Nous saluons l’unité montrée par les syndicats du pétrole et du gaz en Irak. Les difficultés dans ce secteur sont immenses, mais en travaillant ensemble, unis par des objectifs communs, les syndicats irakiens seront dans une position plus favorable pour relever ces défis. IndustriALL sera prêt à vous soutenir en toute circonstance.”

Les membres du Réseau national sont :

La formation du réseau a obtenu le soutien des centrales syndicales irakiennes, sachant qu’un certain nombre de dirigeants des fédérations nationales ont assisté à la réunion et y ont livrés des discours de solidarité et de soutien. Le Conseil national des syndicats irakiens d’IndustriALL s’est réuni le lendemain, le 25 novembre, et a également exprimé son soutien à cette initiative.