La Grèce paralysée par une grève générale

Les ferries et les vols ont été suspendus, les transports en commun ont été restreints et les hôpitaux se sont uniquement occupés des cas d’urgence, les médecins s’étant joints aux grévistes dans l’ensemble du pays. Environ 50 manifestations contre les mesures d’austérité ont eu lieu dans toute la Grèce.

Les syndicats demandent au gouvernement de stopper les coupes budgétaires, celles-ci ayant conduit à la pauvreté, aggravé le chômage et limité les droits des travailleurs. Alors que le troisième plan de sauvetage doit prendre fin en août 2018, le pays a décidé de continuer de réduire les salaires et les retraites à l’arrêt du financement extérieur.

« La grève générale de 24 heures qui s’est déroulée le 14 décembre 2017, ainsi que toutes les autres grèves organisées au cours de ces dernières années en Grèce pour manifester contre l’accord de sauvetage, ont visé également à lutter contre l’atteinte aux droits des travailleurs. Le programme de sauvetage a laissé les travailleurs, les retraités et les personnes socialement vulnérables dans une situation très précaire », a déclaré l’affilié à IndustriALL Global Union, la Fédération panhellénique de l’énergie, suite à la grève.

Le syndicat lutte contre les mesures gouvernementales visant à supprimer les conventions collectives, à vendre les entreprises énergétiques et à modifier la législation pour limiter le droit de grève au profit des employeurs.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a indiqué:

« Les mesures d’austérité ne doivent pas être le prétexte de porter atteinte aux droits des travailleurs en Grèce. Les travailleurs souffrent depuis trop longtemps déjà et les gens ordinaires ne doivent pas assumer le poids de l’endettement du pays. Nous sommes solidaires de nos affiliés grecs et demandons au gouvernement de protéger leurs citoyens contre toute aggravation de la pauvreté ».

Des travailleurs de l’industrie du textile privés d’emplois et de salaires à Madagascar

Tout juste 15 jours avant la pause de Noël et du Nouvel An, les travailleurs de l’entreprise malgache CLASSIC KNITWEAR, représentés par l’affilié à IndustriALL Global Union, Syndicalisme et Vie des Sociétés (SVS), ont été notifiés de leur mise au chômage technique sous le prétexte d’un manque de commandes.

Le 11 décembre 2017, les travailleurs ont été informés qu’ils seraient en congés durant 30 jours puis au chômage technique du 8 janvier au 5 mars 2018.

Selon le syndicat, l’inspection nationale du travail a approuvé la décision de l’entreprise sans mener une véritable enquête sur les causes de cette décision. Ainsi, les travailleurs qui n’ont plus de jours de vacances n’auront pas de véritable statut pendant 30 jours minimums puis feront face à une sorte de situation de « zéro contrat » durant au moins deux autres mois, sans être autorisés à chercher un nouvel emploi alors qu’ils ne toucheront pas de salaires.

Selon la situation au 9 décembre 2017, l’employeur refuse toujours de payer les travailleurs durant leurs congés et le chômage. Ces derniers ont tenté en vain de résoudre la question par la réconciliation à deux reprises, dont la dernière le 21 décembre.

Le même jour, les travailleurs ont entamé une grève illimitée. Le syndicat SVS demande à ce que les représentants du gouvernement, à savoir l’inspection du travail et le ministère du Travail, interviennent et règlent le problème.

Les revendications des travailleurs sont les suivantes:

  • rester au chômage technique, tout en touchant la part de leur salaire encore impayée – y compris l’allocation congé et un paiement de sécurité mensuel non remboursable d’un montant de 200 000 MGA (62 US$) -, et en ayant la garantie de reprendre le travail le 5 mars 2018; ou
  • la résiliation de leur contrat, comprenant un préavis de licenciement et couvrant tous les paiements dus, à savoir le versement du salaire impayé, le paiement des congés non pris ainsi qu’une indemnité de licenciement de 10 jours par année d’ancienneté.

Sanofi: la solidarité syndicale se répand grâce au réseau syndical mondial

La réunion a été organisée dans les locaux de Sanofi immédiatement après celle du Comité d’entreprise européen. La veille, la direction mondiale de Sanofi a accueilli les participants internationaux, et le directeur mondial des ressources humaines, souligné combien et pourquoi les échanges au niveau mondial sont importants. Ces interventions ont été considérées comme encourageantes pour une future coopération.

IndustriALL Global et European Trade Union ont coopéré avec succès durant la phase de préparation de la réunion mondiale. François Perniola, coordinateur de Sanofi pour IndustriALL Europe, a rappelé l’importance de collaborer avec les compagnies multinationales telles que Sanofi.

IndustriALL Global Union a créé le réseau syndical régional de Sanofi en Asie Pacifique en 2014. Le réseau s’est réuni en 2015 et 2016. Il a été le lieu d’échanges réguliers d’informations et d’expériences sur les activités de Sanofi dans la région. Atsushi Sawaguri, coordinateur du réseau, a expliqué de quelle façon celui-ci a joué un rôle dans les moments difficiles qu’ont connus les syndicats dans différents endroits de la région. Initialement membre de l’affilié japonais à IndustriALL, UA Zensen, Sawaguri a cité des exemples aux Philippines et en Indonésie.

IndustriALL Global Union a également fondé, en 2016, le réseau syndical latino-américain de Sanofi qui englobe tous les syndicats des pays où l’entreprise a d’importantes activités dans la région. Ademar José Oliveira, membre du syndicat CNQ-CUT, a évoqué les relations du travail et le dialogue social au Brésil et sur l’ensemble du continent latino-américain.

Les membres du Comité d’entreprise européen ont fait part de leurs expériences à propos des échanges qu’ils ont régulièrement avec la direction de l’entreprise en Europe. Le Comité d’entreprise européen de Sanofi a été créé en 2005. Il compte 40 membres, englobant la plupart des pays de l’Union européenne.

L’objectif de la réunion mondiale était de créer un Comité d’entreprise mondial. La réunion a permis d’initier un dialogue sur le sujet. Les participants ont partagé leurs expériences en Europe, en Asie Pacifique et en Amérique latine, et ce faisant analysé la situation économique actuelle de Sanofi et l’état des relations du travail au sein de l’entreprise. La question de « La coopération syndicale dans l’industrie pharmaceutique et Sanofi dans le monde » a compté parmi les principaux thèmes abordés. Le cadre des négociations préliminaires vers la création d’un Comité d’entreprise mondial a été discuté et approuvé. La voie à suivre sur la façon de renforcer le réseau mondial a également été arrêtée.

Le réseau mondial sera coordonné par la Secrétaire du Comité d’entreprise européen, avec l’assistance des coordinateurs des réseaux régionaux d’Asie Pacifique et d’Amérique latine.

Aline Eysseric, Secrétaire nouvellement élue du Comité d’entreprise européen, a indiqué:

« C’est un grand moment dans la construction de notre réseau mondial, à laquelle je suis particulièrement fière d’avoir contribué! C’est un grand moment pour les participants européens, asiatiques et latino-américains à cette réunion et, à travers eux, pour tous les employés de Sanofi! Il nous appartient désormais de faire grandir ce réseau ».

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a déclaré:

« Avec la création de notre réseau syndical mondial, nous voulons ouvrir une nouvelle étape dans les relations du travail et le dialogue social touchant à toutes les activités de Sanofi dans le monde entier. Le signe que nous avons reçu de la direction de la compagnie est prometteur. Je suis certain qu’avec l’aide de notre réseau mondial nous ferons progresser de manière importante les conditions de travail des employés de Sanofi ».

Sanofi est une entreprise pharmaceutique présente dans environ 100 pays et comptant plus de 100 000 employés.

Les travailleurs de Renault au Chili victorieux d’une grève de 15 jours

Le syndicat Union Nº1 de Cormecanica Renault Chile (affilié à Industrial Chile-Constramet, lui-même affilié à IndustriALL Global Union) a obtenu un accord avec l’entreprise pour l’usine de Los Andes et a mis fin à la grève ainsi qu’aux autres actions entamées le 4 décembre.

Industrial Chile-Constramet a constamment apporté son soutien et sa solidarité au syndicat local en participant à une série de rassemblements de masse et de manifestations des travailleurs et travailleuses devant les grilles de l’entreprise.

“La pression exercée par les travailleurs et travailleuses est venue à bout d’une situation très compliquée et difficile. L’entreprise a marqué son accord sur une augmentation salariale d’environ 4% et une prime de fin de conflit d’un équivalent de 2.000 dollars,”

a expliqué Miguel Soto, Secrétaire général d’Industrial Chile-Constramet.

Le syndicat et l’entreprise négociaient depuis six mois. Les 373 travailleurs et travailleuses de l’usine demandaient une augmentation salariale, une amélioration des prestations et de meilleurs conditions de travail.

L’offre initiale de l’entreprise était bien en-deçà des revendications syndicales et elle n’est parvenue à un accord qu’après les actions menées par le syndicat.

Les travailleurs et travailleuses avaient indiqué leur ouverture au dialogue et leur volonté de négocier de bonne foi en vue d’atteindre un accord et de mettre fin à la grève.

Marino Vani, Responsable régional auprès d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes a rendu hommage à la victoire des travailleurs et déclaré :

“Nous félicitions les travailleurs et travailleuses de Cormecanica Renault Chile pour leur lutte juste et stratégique, ainsi que notre affilié, Industrial Chile-Constramet, pour le soutien apporté à cette grève légale”.

IndustriALL compte un Accord-cadre mondial avec le groupe Renault, qui détaille les engagements de l’entreprise vis-à-vis des normes du travail de l’OIT, dont la liberté syndicale et la neutralité par rapport au fait syndical. Il contient un certain nombre d’avancées majeures, en particulier en ce qui concerne les qualifications, la formation, la santé et la sécurité ainsi que la diversité.

Tenaris s’en prend aux droits des travailleurs en Colombie

Tenaris TuboCaribe poursuit ses efforts en vue d’affaiblir le syndicat pendant le round actuel de négociation collective. Elle a récemment licencié Walberto Marrugo, Jairo del Rio et Jorge Buenos dans le cadre de ses tentatives visant à briser le syndicat.

Walberto Marrugo et Jairo del Rio sont les président et vice-président du Sindicato de Trabajadores de Tubos del Caribe (SINTRATUCAR), le syndicat des travailleurs de Tenaris en Colombie. Tenaris TuboCaribe les a renvoyés tous deux le 6 décembre, après 20 jours de négociations. L’entreprise a refusé de négocier une nouvelle convention et le syndicat est en train d’étudier les options à sa portée quant à la manière de procéder.

“Nous dénonçons face à l’opinion publique nationale et internationale les violations perpétrées par Tenaris-TuboCaribe à l’encontre du droit à la liberté syndicale et à la négociation collective. L’entreprise dit qu’elle ne négociera pas tant que le syndicat n’est pas dissout,” a indiqué le syndicat dans un communiqué officiel.

Avec le soutien d’autres organisations, le SINTRATUCAR a tenu une série de manifestations et un rassemblement de masse de ses adhérents aux grilles de l’entreprise le 17 décembre. L’assemblée a appelé les travailleurs et travailleuses partout dans le monde à accentuer leur pression sur l’entreprise en rejoignant la campagne sur Facebook.

Le 19 décembre, il a exhorté les salariés de l’entreprise à réaliser une vidéo illustrant les activités anti-syndicales de Tenaris et à exiger la réintégration des travailleurs licenciés.

La situation est extrêmement grave, parce que les travailleurs et travailleuses courent le risque de perdre des droits obtenus par le biais de luttes au sein desquelles la solidarité internationale a joué un rôle.

Le vécu des travailleurs et travailleuses en Colombie reflète ce qui arrive au syndicat des travailleurs de Teneris au Guatemala. Dans ce pays, le groupe Tenaris Ternium refuse de négocier et s’est embarqué dans une attaque frontale vis-à-vis du syndicat, intimidant les travailleurs et renvoyant les leaders syndicalistes.

En septembre 2017, IndustriALL Global Union a déposé une plainte contre la multinationale de la sidérurgie Ternium auprès du Point de Contact national de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Économique (OCDE), pour son refus de reconnaître le syndicat et de négocier avec lui au sein de ses usines de production au Guatemala.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Les syndicats appartenant au Conseil d’Entreprise mondial de Tenaris Ternium sont choqués du traitement réservé par l’entreprise aux syndicats du Guatemala et de Colombie, sachant que Ternium et Tenaris, en général, ont des relations normales avec les syndicats au sein des usines des autres pays.

Le comité appelle les syndicats des autres pays à se joindre aux initiatives de soutien et de solidarité.”

Soutenez un syndicat algérien attaqué par le gouvernement !

La guerre que livre le gouvernement algérien contre le SNATEGS, le syndicat des travailleurs de la compagnie publique de l'énergie Sonelgaz, affilié à IndustriALL, est montée d'un cran. Des centaines d'adhérents, de délégués et de syndicalistes ont été licenciés, sont harcelés et persécutés avec des chefs d'accusation montés de toutes pièces pour avoir exercé leurs droits fondamentaux.

La semaine dernière encore, Abdelkader Koufi, le Secrétaire général du SNATEGS, et Mohamed Al Amin Sulimani, le Président du comité national Jeunesse du syndicat, ont été arrêtés alors qu'ils participaient à une action de protestation pacifique contre la dissolution illégale et frauduleuse du syndicat par le gouvernement. Ils ont été remis en liberté le lendemain.

En mai dernier, le gouvernement a privé le SNATEG de la personnalité juridique et condamné son Président, Raouf Mella, à six mois de prison pour avoir dénoncé la corruption et les fraudes massives commises depuis plus de dix ans chez SONELGAZ et répercutées sur les factures d'énergie de millions d'Algériens.

Maintenant, le gouvernement tente d'éliminer carrément le syndicat. Le 3 décembre, le ministre du Travail a annoncé que le SNATEGS avait organisé une réunion pour prononcer sa dissolution. Aucune réunion de ce genre n'a été autorisée et, selon les statuts du syndicat, seul un congrès national est habilité à prendre une telle décision. Depuis l'annonce de sa dissolution par le ministère, les comptes bancaires du syndicat sont bloqués. 

Dans une lettre au Directeur général de l'Organisation internationale du travail, Guy Ryder, les trois fédérations syndicales mondiales et la CSI demandent à l'OIT d'intervenir d'urgence auprès du gouvernement algérien :

Nous vous prions instamment d'exhorter le gouvernement à respecter la liberté syndicale. Nous vous prions en particulier de l'exhorter à cesser sa guerre contre le SNATEGS, à respecter les droits syndicaux et la personnalité juridique du syndicat, à abandonner tous les chefs d'accusation contre Raouf Mellal, les adhérents et les représentants poursuivis en justice uniquement en représailles pour leur engagement syndical, et à réintégrer tous ceux qui ont été licenciés pour avoir eu des activités syndicales et avoir exercé leurs droits.

Le Secrétaire général d'IndustriALL a réitéré le soutien résolu au SNATEGS et au mouvement syndical libre et démocratique en Algérie :

Nous sommes vivement préoccupés par le bellicisme du gouvernement algérien qui va en s'intensifiant. IndustriALL sera aux côtés du SNATEGS tant que le gouvernement algérien harcèlera et intimidera ses membres et jusqu'à ce qu'il accepte qu'un mouvement syndical fort et indépendant est vital dans une société démocratique.

Soutenez la campagne de LabourStart et envoyez un message aux autorités algériennes pour leur dire d'arrêter leur guerre contre le SNATEGS, de respecter les droits syndicaux et la personnalité juridique du syndicat, d'abandonner tous les chefs d'accusation contre Raouf Mellal et contre les adhérents et les représentants poursuivis uniquement en représailles de leur engagement syndical et de réintégrer tous ceux qui ont été licenciés pour avoir eu des activités syndicales et exercé leurs droits.

Des syndicats du monde entier relaient l'engagement d'IndustriALL à mettre fin à la violence contre les femmes

IndustriALL a récemment lancé une nouvelle campagne : "Les syndicats disent non à la violence faite aux femmes". Chaque jour depuis l'adoption par le Comité exécutif d'IndustriALL d'une résolution en ce sens à sa réunion de novembre, de plus en plus d'affiliés reprennent cet engagement à leur compte. C'est ce qu'on fait tous les affiliés du Myanmar, de Thaïlande, des Philippines et du Cambodge et la SMEFI en Inde, tandis qu'en Amérique latine, des affiliés du Guatemala, d'Argentine, du Panama, du Nicaragua et du Brésil ont pris le même engagement et ont commencé à le diffuser par le biais de leurs structures, comme par exemple UTICRA, FESTRAS, FESITEX et SINATRAPROFITECC. En Afrique, la FID au Burkina Faso et le ZEWU au Zimbabwe ont manifesté leur volonté de s'engager. En Europe et en Amérique du Nord, les affiliés qui ont pris cet engagement à ce jour sont l'USW, Fellesforbundet, le Syndicat des métallurgistes de Croatie – Syndicat de l'industrie (SMH-IS), et Nezavisnost IER en Serbie.

La violence faite aux femmes est un thème fondamental de l'action syndicale. Partout sur la planète, des affiliés d'IndustriALL agissent pour empêcher et combattre ces violations des droits humains, notamment par des campagnes d'éducation de leurs adhérents et par l'insertion dans les conventions collectives de dispositions protégeant les femmes contre la violence et prévoyant un congé rémunéré pour les femmes qui ont été victimes de violence et de harcèlement.

Par cette prise de position, les affiliés s'engagent à poursuivre et intensifier leur action.

Tous les feux des médias portent maintenant sur la conjuration du silence qui entourait les violences sexuelles contre les femmes avec la révélation trop tardive de nombreuses affaires retentissantes dans l'industrie du spectacle et le monde de la politique. Des milliers de femmes dans des dizaines de pays brisent le silence sur les réseaux sociaux avec #moiaussi. La violence contre les femmes n'existe pas que dans les industries sous les phares de l'actualité, elle est partout, dans tous les secteurs d'IndustriALL, dans tous les pays. IL FAUT QUE CELA CESSE !

IndustriALL invite tous ses affiliés à reprendre cet engagement à leur compte et à en faire la promotion dans leurs structures syndicales, à susciter la discussion et le débat pour faire en sorte que l'engagement pris par les dirigeants ou par les instances du syndicat soit bien compris et prôné par et dans le syndicat.

Une action concertée mettant en lumière la violence permanente et omniprésente contre les femmes dans nos secteurs dira haut et fort aux auteurs de ces actes et à leurs employeurs que toutes les formes de violence contre les femmes sont inacceptables.

Pertes d'emplois massives dans la restructuration d'une grande firme pharmaceutique israélienne

Teva est en crise, lourdement endettée après sa désastreuse acquisition de sa rivale Allergan pour 40 milliards de dollars.

Cette restructuration coûtera près de 1.700 emplois dans plusieurs sites d'Israël, ce qui sonne le glas de près d'un quart du personnel de Teva dans le pays. Cela concerne aussi l'usine de Jérusalem où 320 travailleurs seront licenciés l'an prochain et 500 autres en 2019, lorsqu'elle fermera ses portes. Les travailleurs de Teva sont membres du Syndicat de l'alimentation et de la pharmacie, affilié à la Fédération israélienne du travail Histadrout.

Ces pertes d'emplois massives chez Teva ont suscité une grève générale à l'appel de l'Histadrout, le 17 décembre. Elle a notamment frappé des services du gouvernement, des municipalités, la Knesset, les aéroports d'Israël, le ministère des finances, la bourse, les autorités portuaires, la Compagnie d'électricité d'Israël, des hôpitaux, des universités, des musées, des sociétés de cartes de crédit, des compagnies d'assurance, des fabricants de téléphones mobiles, des entreprises de haute technologie et de l'Internet, des compagnies de transport, des banques, etc.

Avant et pendant la grève, de nombreuses actions de protestation ont été organisées par les travailleurs de Teva, dans le pays et à l'étranger. Dans tous les sites de Teva, l'activité s'est arrêtée et des manifestations ont eu lieu devant les bâtiments dans plusieurs villes israéliennes.

Les pertes d'emplois chez Teva sont lourdes de conséquences sociales et politiques en Israël, où elles affectent de nombreuses familles. Tous les médias se sont fait l'écho des manifestations et actions organisées par les travailleurs de Teva.

Dans une interview, le Président de l'Histadrout, Avi Nissenkoren, a déclaré :

"Cette grève de solidarité pour sauver l'industrie israélienne envoie un message clair. L'heure est grave, mais dans le combat pour le modèle social de l'État israélien, nous sommes tous déterminés et unis dans la lutte pour la défense des salariés de Teva et pour garantir l'avenir de cette firme en Israël."

Les Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré :

"Les travailleurs ne sont pas responsables de la situation actuelle de Teva. Pourtant, des travailleurs du monde entier vont devoir payer la facture des mauvaises décisions de la direction. C'est injuste et inacceptable. Nous félicitons l'Histadrout pour le succès de cette grande grève et exprimons notre solidarité avec tous les travailleurs de Teva en ces temps difficiles."

Plus tôt dans l'année, notre affilié hongrois VDSZ a connu une situation similaire lorsque Teva a annoncé la suppression de 500 postes à l'usine de Gödöllő, qui devrait arrêter la production à la mi 2018. La restructuration ne devrait pas affecter les sites de Debrecen et Csongrád, qui emploient plus de 2.000 personnes, ni les services commerciaux de Teva en Hongrie.

Côte d’Ivoire : combat permanent pour les droits des travailleurs du secteur du pétrole

Klenzi a mis à pied huit travailleurs pour avoir refusé de renoncer à leur appartenance syndicale, ce qui est une violation flagrante de leur liberté syndicale ainsi que de la législation du travail du pays.

Cependant, les juristes de l’entreprise nient les violations et le ministère du travail demande au SYNTEPCI d’apporter des preuves. Le syndicat en est surpris, car il a donné des preuves de ces violations il y a longtemps déjà et voit cette nouvelle demande comme une perte de temps. Pendant ce temps, les travailleurs et travailleuses sont toujours en attente de recevoir les prestations qui leur sont dues et ont du mal à s’en sortir. Par exemple, l’un des travailleurs licenciés, Verbier Gautier, n’a nulle part où loger depuis qu’il a été expulsé pour n’avoir pu payer son loyer.

Libya Oil, qui a licencié huit travailleurs, refuse de se plier aux conditions reprises dans une convention signée. Celle-ci stipule clairement qu’une indemnisation équitable doit être versée aux travailleurs en cas de licenciement.

Petroci est également en contravention avec la loi en employant des travailleurs temporaires pour des périodes de plus de six mois. Quelque 200 travailleurs sont sous contrat temporaire depuis cinq et parfois même jusqu’à quinze ans et ne bénéficient d’aucune prestation.

Jérémie Wondje, Secrétaire général du SYNTEPCI déclare : “En août, lorsque nous avons établi un piquet devant les locaux de Klenzi à Abidjan contre sa posture ouvertement anti-syndicale, l’entreprise a fait appel à la police et à l’armée pour disperser les travailleurs. Cependant, ces forces ont quitté les lieux sans incidents après s’être rendues compte que le piquet résultait d’un conflit de travail.

Nous exigeons la réintégration des travailleurs. Ces entreprises ne se sentent pas concernées et c’est frustrant ; ce problème devrait déjà être résolu à l’heure qu’il est.

Fabian Nkomo, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne ajoute :

Nous sommes solidaires du SYNTEPCI, qui est resté déterminé en dépit d’intimidations constantes, et nous avons écrit au gouvernement de Côte d’Ivoire et à son Ministre du Travail pour exprimer notre déception face aux tactiques anti-syndicales de Klenzi. Il faut que les compagnies pétrolières en Côte d’Ivoire respectent les droits des travailleurs.

Le syndicat est soutenu par la confédération UGTCI, la Ligue ivoirienne des Droits de l’Homme et la Commission nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire.

2017: une année marquée par la solidarité mondiale dans le secteur du textile et de l’habillement

L’année 2017 a débuté avec la répression massive de travailleurs dans l’industrie exportatrice du Bangladesh, qui a résulté dans l’emprisonnement de 35 responsables syndicaux, la fermeture définitive des bureaux de syndicats et le licenciement illégal de plus de 1 000 travailleurs ayant collectivement fait entendre leurs voix pour obtenir de meilleurs salaires et conditions de travail. A l’autre bout du monde, au Nicaragua, des travailleurs ont été licenciés et emprisonnés pour avoir fait grève.

Néanmoins, les syndicats de l’industrie de l’habillement du monde entier se sont mobilisés. De New York à Tokyo en passant par Amsterdam, les marques de solidarité en faveur de ces luttes ont pris la forme de lettres adressées aux gouvernements et aux marques mondiales, de manifestations et de pétitions.

Le partage des expériences

L’affilié nord-américain à IndustriALL, Workers United, organise chaque été un séminaire de formation destiné à tous les représentants des travailleurs nouvellement élus. A l’origine, Workers United a été fondé par des travailleurs de l’industrie de l’habillement ayant immigré aux Etats-Unis et au Canada en quête d’une vie meilleure pour eux-mêmes et leurs familles, mais où ils ont été exploités et travaillé dans la pauvreté.   

Cet été, IndustriALL a tenu une session consacrée à l’industrie mondiale du textile, de l’habillement, du cuir et de la chaussure où il a été question de l’importance de la solidarité mondiale et des liens étroits entre l’histoire de Workers United et la chaîne d’approvisionnement mondiale du textile et de l’habillement. Les membres de Workers United ont formé des syndicats ayant amélioré leur vie et contribué à la réforme sociale de leurs pays, elle-même à l’origine de l’amélioration de la vie de millions de personnes.

David Melman, membre de Workers United, a résumé:

L’histoire de ces travailleurs immigrés permet à notre syndicat de maintenir un lien avec les travailleurs de l’industrie de l’habillement dans le monde entier. Leur histoire est notre histoire, leur combat est notre combat.

Tyrell Milton, membre de Workers United représentant les travailleurs à Fantatics, une entreprise fabricant des tenues de baseball, a ajouté:

Les travailleurs ayant contribué à fonder les syndicats devenus Workers United ont travaillé dans des ateliers de misère où ils ont fait face à des conditions de travail horribles. Ils ont néanmoins été capables de former un syndicat, toujours en activité.  

Il est incroyable de voir, qu’en 2017, les travailleurs du secteur de l’habillement dans le monde entier continuent de subir le même type d’exploitation. J’ai été ravi d’apprendre que nous aidons nos collègues à former des syndicats et à lutter pour leurs droits.

En novembre, des représentants des affiliés à IndustriALL du Honduras, du Nicaragua, du Bangladesh, du Sri Lanka et du Népal se sont rendus à Silkebog, l’ancien centre d’activité textile du Danemark, dans le cadre d’un échange international sur la manière d’obtenir des conditions de travail décentes dans l’industrie du textile, de l’habillement, du cuir et de la chaussure.

La section locale de l’affilié danois à IndustriALL, 3F, a organisé l’échange avec les représentants internationaux et les délégués syndicaux locaux des marques mondiales danoises Mascot, le plus grand fabricant de vêtements de travail en Europe, et Egetaepper, un fabricant mondial de tapis.

Tony Nielson, membre du comité international de 3F pour la section de Silkebog, a déclaré:

Nous voulons lutter afin que tous les travailleurs aient des droits égaux. Les travailleurs danois ont combattu pour y parvenir. Nous devrions faire en sorte que ce combat et ce résultat profitent à d’autres. Les aider nous sera bénéfique.

Les travailleurs de Mascot ont fait un pas de plus en matière de solidarité mondiale. Par la négociation, les membres de la section locale de l’entreprise ont obtenu, dans le cadre de leur régime salariale, le versement de 50 øre (0,08 US$) par heure à un fonds mondial.

Shervin Firouzian, membre du syndicat 3F représentant les travailleurs à Mascot, a indiqué:

Lorsque j’entends parler de ce que certains travailleurs ont enduré pour avoir un travail décent, cette petite somme représente un des moyens par lequel nous pouvons soutenir le combat mené au niveau mondial pour les droits des travailleurs.