Royaume-Uni : solidarité avec l’opposition du syndicat Unite à l’OPA hostile sur GKN

GKN est un équipementier “de premier rang” des secteurs de l’automobile et de l’aérospatiale, comptant près de 60.000 salariés de par le monde, actuellement menacé de prise de contrôle de la part de Melrose Industries.

IndustriAll Europe et IndustriALL Global Union partagent la profonde préoccupation de Unite par rapport à Melrose, qui est une entreprise “opportuniste” qui rachète des firmes pour en gonfler le cours des actions et ensuite prendre son bénéfice en les revendant. Melrose n’a aucune expérience de gestion d’une affaire de la taille de GKN, ni de plan sérieux quant aux investissements à long terme qui sont nécessaires.

Dans un communiqué de presse publié le 5 février, Unite a appelé Commission de la stratégie commerciale, énergétique et industrielle de la Chambre des Communes à se pencher sur l’offre d’achat de GKN, que Melrose financerait par l’endettement. Cela se situe dans un contexte où l’on craint que cette transaction puisse mettre à mal la stratégie industrielle du gouvernement et ses intérêts en matière de défense.

En tant que plus grand syndicat de Grande-Bretagne, Unite a également fait savoir sa préoccupation à la Commission de la Défense de la Chambre des Communes. Unite est d’avis que si cette OPA aboutit, les investissements à long terme pourraient s’assécher et entraîner des coupes budgétaires dans la recherche et le développement, ce qui ferait du tort aux capacités de défense actuelles et à venir du Royaume-Uni et mettrait également des emplois en danger.

Les Secrétaires généraux d’IndustriALL Global Union et d’industriAll Europe, Valter Sanches et Luc Triangle, ont réagi rapidement à la demande de soutien formulée par Unite en rédigeant une lettre de solidarité qui soutient fermement sa position :

“Il est extrêmement inquiétant que l’offre de Melrose soit financée par une dette qui servirait à verser aux actionnaires de GKN un “dividende exceptionnel.” GKN se retrouverait alors avec le fardeau de la dette, ce qui signifie qu’il n’y a aucun risque pour Melrose, dont les patrons retireraient dans l’aventure 284 millions de livres sous forme de bonus.

"Cette offre se focalise purement et simplement sur le prix de l’action, et non sur la performance de GKN, qui est solide tant dans le département de l’automobile que celui de l’aérospatiale. Ce dont ces départements ont besoin, en réalité, ce sont des investissements à long terme, pas deux équipes de direction qui se font concurrence pour gagner l’affection des fonds d’investissement en stimulant le cours de l’action à coup de restrictions et de restructurations.

Eu égard à tout ceci, IndustriALL Global Union et industriAll Europe exhortent leurs réseaux à l’échelle européenne et mondiale, composés de millions de travailleurs et travailleuses des industries minières, énergétiques et manufacturières en Europe et dans le monde, à également marquer leur opposition à l’OPA hostile de Melrose sur GKN.

IndustriALL et les Syndicats mondiaux protestent contre les procès de dirigeants syndicaux algériens

Cette démarche a eu lieu la veille du procès d'Abdelkader Kawafi, le Secrétaire général de l'affilié de l'énergie d'IndustriALL, SNATEGS, et de Kaddour Chouicha, le Coordinateur national du syndicat des enseignants, SESS. Tous deux doivent comparaître demain, mardi 6 février, pour répondre de chefs d'inculpation de "diffamation" et d'"incitation à un rassemblement non autorisé", alors qu'ils exerçaient des activités syndicales légitimes.

Benzine Slimane, le Président du syndicat des agents de sécurité et de protection SNATEGS, licencié précédemment, passera lui aussi en jugement cette semaine, le 8 février. D'après le syndicat, il est accusé par la compagnie d'énergie d'État Sonelgaz de diffamation pour avoir parlé de travail précaire dans l'entreprise et avoir appelé à la fin du harcèlement sexuel envers les femmes.

En outre, le Président du SNATEGS, Raouf Mellal, a introduit des recours contre plusieurs condamnations représentant un total de 17 mois de prison et de 10.000 euros (12.300 $) d'amendes.

Raouf  Mellal subit des pressions croissantes depuis qu'il a joué le rôle de lanceur d'alerte en dénonçant le gonflement illicite des factures d'électricité par la Sonelgaz depuis une dizaine d'années, au détriment de huit millions de foyers algériens.

Cette action de protestation précède une mission de contacts directs que l'Organisation internationale du travail (OIT) doit effectuer à la fin du mois en Algérie. En juin 2017, la Commission de l'application des normes de l'OIT a prié le gouvernement algérien de mettre fin à toutes les pratiques d'intimidation et aux violences policières contre les dirigeants syndicaux, ainsi que de procéder sans délai à l'enregistrement des syndicats indépendants et à la réintégration des travailleurs licenciés en raison de leur activisme syndical.

Dans la lettre au ministre algérien du Travail, Mourad Zemali, qu'ils ont remise aujourd'hui à la mission permanente, les dirigeants des Syndicats mondiaux écrivent :

"Au nom de tous nos membres du monde entier, nous appelons le gouvernement à abandonner toutes les procédures judiciaires contre les représentants élus et les syndicalistes du SNATEGS, à réintégrer immédiatement et inconditionnellement tous ceux qui ont été licenciés pour motif d'affiliation syndicale et à se conformer aux recommandations de l'OIT pour assurer la liberté syndicale en Algérie."

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, qui, avec les dirigeants de l'ISP et de l'UITA, a rencontré le représentant de la mission permanente d'Algérie, déclare :

"Nous leur avons dit clairement que si le gouvernement n'entame pas le dialogue avec nous, nous allons agir."

Biélorussie : les chômeurs paieront davantage pour les services publics

Ce nouveau décret n°1 “Sur la promotion de l’emploi pour la population”, adopté le 25 janvier 2018, remplace le tant décrié décret n°3 “Sur la prévention de la dépendance sociale”, surnommé “le décret sur les parasites sociaux”, qui avait débouché sur des manifestations de masse au début de l’année dernière.

Les affiliés d’IndustriALL Global Union de Biélorussie saluent l’abolition de la taxe sur les chômeurs, mais soulèvent des préoccupations par rapport à ce nouveau décret.

Celui-ci annule la taxe d’un équivalent de 240 dollars prélevée précédemment auprès des citoyens biélorusses au chômage s’ils travaillaient mois de 183 jours par an. Cependant, à dater de 2019, les travailleurs et travailleuses sans emploi devront payer le coût intégral des services publics subsidiés par l’État. La liste de ces services sera fixée par le gouvernement d’ici à avril 2018. Dès lors, le concept qui vise à punir les citoyens qui ne parviennent pas à trouver un emploi en Biélorussie reste une caractéristique clé du nouveau décret. Il va plus que vraisemblablement appauvrir davantage encore les personnes qui souffrent déjà d’être sans emploi.

Certains sont cependant d’avis que ce nouveau décret pourrait stimuler l’emploi, car il simplifie le processus d’enregistrement des entrepreneurs indépendants. Grâce à ce décret, entend-on dire, il sera plus simple pour les Biélorusses de trouver un emploi dans le secteur des services. Allant de pair avec ceci et sachant que les autorités devront fournir une garantie d’emploi, en cas de licenciements au sein d’une entreprise, les syndicats seront en mesure d’exiger des autorités locales un stage de recyclage et un emploi pour les travailleurs et travailleuses licenciés.

Cependant, la plupart des syndicats sont d’avis que le nouveau décret ne va pas prendre en compte de manière appropriée les préoccupations des travailleurs et travailleuses biélorusses et va en fait les priver de leur protection sociale et les démotiver par rapport à la recherche d’un salaire décent et de bonnes conditions de travail.

Selon un affilié d’IndustriALL : “Le gouvernement semble être prêt à employer tout le monde, mais pas un mot sur le salaire. Juste le principe d’avoir un job. Ce décret ne donne pas de motivation en vue d’emplois de qualité et visant de hautes performances. Dans quelle catégorie doit-on verser les plus de 700.000 citoyens qui travaillent à l’étranger et rapatrient l’argent ainsi gagné pour leurs familles ? Que faire des femmes au foyer qui élèvent leurs enfants ? Auparavant, ces personnes n’étaient-elles pas qualifiées de “parasites” ?

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Apparemment, il n’y a pas de changement significatif apporté par le décret nouvellement adopté, car sa structure principale reste la même que précédemment. Il est honteux que les travailleurs et travailleuses biélorusses continuent à souffrir de décisions insensées prises par le gouvernement.

“Nous affichons notre solidarité avec tous les travailleurs et toutes les travailleuses de Biélorussie, Nous soutenons avec force les droits syndicaux fondamentaux et la démocratie dans le pays. Par ailleurs, des syndicats indépendants, en particulier le REPAM et ses dirigeants, sont toujours soumis à des poursuites sur base de leur opposition démocratique à ces politiques et décisions, qui, nous en sommes convaincus, ne mènent le pays nulle part.”

Victoire pour les travailleurs de Bajaj Auto en Inde

Le 29 janvier, le syndicat avait lancé une action contre les licenciements abusifs, la révision des salaires et les tactiques dilatoires de la direction et il avait entamé une grève de la faim. Les travailleurs des usines de Chakan et d'Akurdi avaient participé en masse, suivis par leurs familles.

Après une négociation entre les travailleurs et la direction dans les bureaux du Commissaire au travail, le 2 février, la direction a accepté d'appliquer la hausse de salaires rétrospectivement à l'usine d'Akurdi et a également accepté de négocier avec le syndicat. Elle s'est aussi engagée à réintégrer six salariés qu'elle avait licenciés en 2016 et à entamer des pourparlers avec le syndicat à propos des huit autres licenciés en 2013.

Apoorva Kaiwar, la Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du sud, déclare :

C'est une grande victoire et nous félicitons les travailleurs de Bajaj Auto et leur syndicat, Vishwakalyan Kamgar Sanghatana. Ce combat et cette détermination ont permis de sortir de l'impasse dans laquelle étaient les négociations tripartites. Nous resterons solidaires des affiliés d'IndustriALL pour défendre leurs droits.

Afrique du Sud : revendications pour une meilleure sécurité alors que près de 1.000 mineurs sont restés bloqués

L’ensemble des 955 mineurs avait pu être remontés à la surface vers six heures du matin ce vendredi 2 février après avoir été bloqués au fond de la mine à la suite d’une tempête dans la nuit du 31 janvier qui avait provoqué une panne d’électricité.

“Ils sont tous en bonne santé mais sont tout bonnement épuisés et se reposent chez eux,” a indiqué l’affilié d’IndustriALL Global Union, le Syndicat national des mineurs (NUM). “Le NUM s’inquiète qu’il n’y ait pas eu de mesures ou de plan d’urgence prévu pour traiter ce genre d’incident.”

Rien que la semaine dernière, au moins 30 mineurs ont été pris au piège pendant douze heures à la mine Harmony Phakisa, également en État-Libre. Tous les ans depuis 2012, plus de 70 personnes sont mortes sous terre en Afrique du Sud à la suite d’accidents miniers. Le nombre de décès dans les mines sud-africaines a augmenté en 2016 et 2017 après des années de diminution.

“Le NUM est extrêmement préoccupé par les mesures de sécurité au sein de l’ensemble des compagnies minières d’Afrique du Sud. Nous appelons le Département des Ressources Minières, en tant que régulateur du secteur, à conduire un audit des infrastructures au sein de toutes les entités minières pour voir si elles sont en état de traiter ce type d’incidents lorsqu’ils surviennent.”

Entretemps, l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud  (NUMSA), exige que la mine Sibanye-Stillwater Beatrix reste fermée dans l’attente d’une enquête exhaustive.

“Nous appelons le Département des Ressources Minières à conduire une enquête rigoureuse avant d’autoriser la mine à poursuivre ses activités habituelles. Il doit également enquêter sur la raison pour laquelle la mine ne possédait apparemment pas de générateur de secours lorsque la coupure d’électricité s’est produite.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a déclaré :

“Nous sommes alarmés par le nombre croissant de morts au sein de l’industrie minière sud-africaine et ce dernier incident doit servir d’avertissement clair aux compagnies minières qui doivent passer en revue et renouveler leurs procédures de sécurité afin de prévenir une possible catastrophe à l’avenir.”

Finlande : 10.000 personnes manifestent contre les restrictions du gouvernement en matière d’assurance chômage

Au moins dix mille travailleurs, travailleuses et syndicalistes se sont réunis à Helsinki pour protester contre la nouvelle législation qui pourrait voir les demandeurs d’emploi perdre 4.65% de leurs allocations s’ils étaient considérés comme n’étant pas suffisamment en recherche d’emploi.

La nouvelle législation signifierait que les demandeurs d’emploi devraient soit avoir trouvé 18 heures de travail sur une période de trois mois, avoir perçu un revenu professionnel d’au moins 241 euros, participé à une formation de cinq jours ou avoir été disponibles pour d’autres services proposés par l’agence pour l’emploi.

Les syndicats se sont opposés dès le début à cette proposition, qui est également en contradiction avec le Pacte de Compétitivité national et tripartite de 2016. Ce pacte avait été accepté du bout des lèvres par les syndicats à la condition qu’il n’y ait pas d’autres mesures restrictives concernant l’assurance chômage.

Jorma Malinen, président de l’affilié d’IndustriALL, le syndicat Pro, déclare dans un communiqué que les syndicats ont tenu leurs engagements, mais pas le gouvernement.

Le gouvernement a déjà fait des déclarations indiquant que les prochaines problématiques sur sa liste sont le caractère généralement contraignant des conventions collectives et la volonté de flexibiliser les salaires à la baisse. Nous sommes ici sur l’esplanade du Sénat pour nous y opposer.

Les travailleurs contractuels de Shell, laissés pour compte de la foire aux profits

Le géant du pétrole et du gaz a fait état, le 1er février, d'un bénéfice de 13 milliards $ pour 2017, contre 4,5 milliards en 2016.

"Shell a promis à ses actionnaires un dividende en espèces, mais les 190.000 travailleurs contractuels de Shell dans le monde ne peuvent même pas compter sur un emploi sûr," déclare Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, qui représente 50 millions de travailleurs de l'énergie, de la mine et des secteurs manufacturiers.

Les travailleurs contractuels de Shell sont plus de deux fois plus nombreux que les permanents. Les derniers chiffres donnés par la compagnie sont de 190.000 contractuels pour 85.000 permanents.

Shell elle-même reconnaît que ce sont les sous-traitants qui effectuent les travaux les plus dangereux et qui ont les taux les plus élevés de blessures et d'accidents mortels.

En Irak, les temporaires peinent plus longtemps que les autres par des températures délétères, et au Pakistan, ils doivent travailler par équipes de 12 heures au lieu de 8, et 6 heures par semaine sans primes.

Les travailleurs employés indirectement par Shell au Nigéria sont licenciés avec une indemnité d'un mois de salaire, alors que certains ont travaillé pour elle 25 à 30 ans.

"Nous appelons Shell à renoncer à sa politique de travail précaire et à assumer l'entière responsabilité de tous ses travailleurs. Shell est tributaire des travailleurs temporaires et ces temporaires devraient pouvoir compter sur Shell. Ils ont droit à un emploi permanent et à un avenir sûr," ajoute Kemal Özkan.

Sources :

Partout dans le monde, les syndicats demandent à LafargeHolcim d'honorer son engagement en signant un accord mondial

Dans leur lettre, les dirigeants de syndicats représentant les travailleurs de LafargeHolcim rappellent à la direction de la firme un mémorandum d'accord signé en juillet 2017 avec IndustriALL Global Union et l'Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois dans lequel elle prenait l'engagement ferme de conclure un accord-cadre mondial en janvier 2018. Or, par la suite, LafargeHolcim a informé les syndicats mondiaux qu'elle "avait réexaminé la nécessité d'un accord-cadre mondial formel".

Les dirigeants syndicaux, soutenus par les travailleurs qu'ils représentent, écrivent :

"Nous sommes scandalisés par le fait que LafargeHolcim rompe sa parole et refuse d'honorer sa promesse de signer un ACM. Ce genre d'accord contribuerait à instaurer des relations professionnelles positives dans toute l'entreprise et à régler certains des problèmes les plus graves que connaît l'entreprise, comme une dépendance excessive du travail précaire et le nombre élevé de travailleurs tués chaque année dans vos sites d'exploitation."

Chaque année, des dizaines de travailleurs sont tués chez LafargeHolcim. Au moment même où la lettre était envoyée, un autre perdait la vie en Inde. Une fois encore, la victime est un travailleur contractuel. Le représentant du syndicat a signalé que, même après ce décès, un accident similaire s'est reproduit à la même place exactement, heureusement sans faire de blessé.

LafargeHolcim est réputée pour son recours excessif au travail précaire dans ses sites d'exploitation. Elle doit encore publier ses statistiques de mortalité pour 2017 mais, en 2016, 86 travailleurs ont été tués dans le monde, la plupart des travailleurs précaires et du personnel de tiers.

Les syndicats proposent une solution à l'employeur dont le programme, "objectif zéro victime", ne donne clairement pas de résultats en l'absence d'une consultation des syndicats digne de ce nom et de la participation des travailleurs et de leurs représentants à la problématique de la santé et la sécurité. La solution réside en totalité dans un accord-cadre mondial.

Devant l'intransigeance de LafargeHolcim, qui refuse de dialoguer raisonnablement avec les syndicats, et qui trahit sa promesse de signer un accord-cadre mondial, les syndicats se demandent si cette entreprise "peut être considérée comme un partenaire fiable dans n'importe lequel des pays où nos syndicats représentent les travailleurs de LafargeHolcim." Ils terminent leur lettre en formulant l'espoir que l'entreprise honorera ses engagements et ne nécessitera pas d'autres mesures.

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, déclare :

"Cette lettre montre que le personnel de LafargeHolcim ne laissera pas la direction se soustraire à sa promesse. On ne peut pas continuer à tuer les gens et dire qu'on respecte les droits de l'homme. LafargeHolcim, il est temps d'honorer tes engagements ! LafargeHolcim, respecte les droits des travailleurs !"

Pour Ambet Yuson, le Secrétaire général de l'Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois :

"Il est temps pour LafargeHolcim de mettre de l'ordre chez elle. Les règles inefficaces et les paroles creuses sur la santé et la sécurité ne font absolument rien pour empêcher les accidents et les problèmes de santé dans l'entreprise. Il y a incontestablement un énorme problème s'agissant du nombre, de la sélection et de la gestion des sous-traitants de LafargeHolcim.

L’OIT va adopter une version améliorée du recueil de directives pratiques pour la construction et de la réparation navales.

Au cours des 43 dernières années, depuis que le recueil actuel a été publié en 1974, le secteur a évolué de manière spectaculaire en termes de conception et de technologies de construction. Il a également été confronté à de graves surcapacités qui sont à l’origine de distorsions des marchés, de sérieuses concurrences en matière de coûts et d’une augmentation du nombre des travailleurs précaires. Dans ces conditions, la santé et la sécurité ont souvent été négligées et de nombreux accidents graves sur les chantiers navals ont été rapportés à IndustriALL Global Union.

Sachant que la construction navale requière l’intégration d’un large éventail de techniques et aptitudes manufacturières, les normes de santé et sécurité de ce secteur doivent couvrir de nombreuses activités et professions.

IndustriALL, chapeautée par la Confédération Syndicale Internationale, a coordonné la participation des experts syndicaux, issus des six pays suivants : Australie, Chili, Italie, Pays-Bas, Norvège et Singapour.

L’approche du groupe de travailleurs auprès de l’OIT s’est basée sur le principe fondamental que le projet de recueil de directives devait relever le seuil minimum de santé et sécurité professionnelles pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses de la construction et réparation navales et assurer la représentation des travailleurs, comme notamment :

Au cours de la réunion, les experts ont souligné l’importance de l’amélioration de la santé et sécurité professionnelles au niveau de la construction et de la réparation navales. De meilleures performances en la matière vont réduire les taux de mortalité et d’invalidité ainsi que les coûts associés pour les familles affectées et nos sociétés. Cela contribuera également à de plus grandes productivité et croissance ainsi qu’à un secteur plus sûr et plus écologique. Cela réduira par la même occasion la souffrance humaine liée aux incidents de santé et sécurité.

“Nous sommes confrontés à des défis en matière de santé et sécurité dans le secteur et nous avons trop souvent été les témoins de pertes de vies humaines,” a déclaré Deborah Vallance, la vice-présidente représentant le groupe des travailleurs. “Ce Recueil de Directives est exhaustif et de bon aloi ; il est maintenant de notre responsabilité commune de nous assurer qu’il soit appliqué.”

Kan Matsuzaki, Directeur pour la construction et la démolition des navires auprès d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous saluons ce recueil de directives amélioré qui couvre maintenant les travailleurs externes et en sous-traitance. Chose importante, beaucoup de ce qui y est repris peut être utilisé en faveur des démolisseurs de navires.”

Le Recueil de directives pratiques sur la sécurité et la santé dans le secteur de la construction et de la réparation navales sera soumis à l’adoption du Conseil d’Administration en octobre-novembre2018.

L’ensemble des participants à la réunion a observé une minute de silence en signe de condoléance pour les travailleurs qui ont perdu la vie le 16 janvier en inhalant des émanations toxiques alors qu’ils nettoyaient un four de l’usine Lamina en Italie, qui fournit des produits métalliques pour la construction navale.

Inde : Les travailleurs de Bajaj Auto agissent contre les tactiques dilatoires de la direction

Suivant le syndicat des travailleurs de Bajaj, la direction ne cesse de reporter la discussion des questions soulevées par les travailleurs.

Aucun progrès tangible n'a été fait en vue de la réintégration des huit travailleurs renvoyés en 2013.

En 2016, la direction est revenue unilatéralement sur sa promesse de revoir les salaires, une révision pourtant prévue, tous les trois ans et en concertation avec le syndicat, par la convention collective pour la période 2010-2019. Au lieu de cela, la direction a revu unilatéralement les salaires, à un niveau très en deçà des revendications du syndicat. En outre, cherchant à semer la division chez les travailleurs syndiqués, elle a pris l'initiative de verser les salaires révisés sur les comptes bancaires des travailleurs de l'usine de Chakan et des travailleurs non syndiqués de celle d'Akurdi. Par contre, les travailleurs syndiqués de l'usine d'Akurdi n'ont pas reçu la hausse de salaire.

Sur la même période, la direction a transféré six travailleurs – des syndicalistes actifs – en octobre 2016. Le syndicat a contesté cette mesure abusive devant la justice du travail et le tribunal a rendu une ordonnance favorable aux travailleurs. La direction a réagi en licenciant ces six personnes.

Le syndicat a eu 40 réunions avec la direction mais, comme celle-ci a refusé toute concession et a utilisé des tactiques dilatoires devant les tribunaux, rien n'a pu être obtenu.

Dilip Pawar, le Président du Vishwakalyan Kamgar Sanghatana, le syndicat qui représente les travailleurs des usines de Chakan et d'Akurdi de Bajaj Auto Ltd, a entamé une grève de la faim pour appuyer les revendications de longue date du syndicat.

En signe de solidarité, les travailleurs des deux usines boycottent les petits-déjeuners et déjeuners distribués par l'entreprise.

Pour Dilip Pawar, le syndicat a recherché une solution par le dialogue :

Devant l'absence de résultats, c'est la frustration et le découragement qui nous ont poussés à entamer cette grève de la faim illimitée. Nous exhortons la direction à aborder les véritables problèmes soulevés par les travailleurs.

Georg Leutert, le directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie automobile, déclare :

Il est choquant que Bajaj Auto, un des principaux constructeurs automobiles d'Inde, recoure à des licenciements et des transferts abusifs et refuse des hausses de salaires aux travailleurs syndiqués.

Bajaj Auto doit respecter les droits des travailleurs de négocier collectivement et prendre immédiatement des mesures pour régler les problèmes par le dialogue et préserver la paix sociale.

Le syndicat des travailleurs de Bajaj, Vishwakalyan Kamgar Sanghatana, est affilié au Shramik Ekta Mahasangh (SEM), lui-même affilié à IndustriALL.