Les six mois de grève des travailleurs de Collie s'achèvent sur une victoire

Après cette grève victorieuse, 29 ouvriers de maintenance, tous membres de notre affilié Australian Manufacturing Workers' Union (AMWU), ont repris le travail à la mine Griffin Coal de Collie le 14 février, escortés par une haie d'honneur composée de membres de la communauté et d'autres affiliés du syndicat.

Pendant leur combat chez Griffin Coal, dont le propriétaire est la multinationale indienne Lanco, les travailleurs ont vu leurs salaires réduits de 43 pour cent et la valeur de leurs prestations légales cumulées, comme les congés annuels ou d'ancienneté, diminuée de moitié. Ils avaient été contraints d'accepter des horaires incompatibles avec la vie de famille, de travailler plus pour moins.

Steve McCartney, le Secrétaire de l'AMWU pour l'Australie-Occidentale, déclare :

C'est une victoire pour nos adhérents; ils se sont battus pour revenir à des horaires respectueux de la famille et récupérer les prestations qu'on leur avait volées. Ce conflit a mis en lumière des violations graves de la législation australienne du travail; il faut se débarrasser de la loi Fair Work Act et exiger un système qui respecte les travailleurs, respecte les familles et ne peut être utilisé comme une arme par des multinationales étrangères.

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL, déclare :

Nous félicitons les travailleurs de Griffin Coal, leurs familles et le syndicat qui ont revendiqué leurs droits et se sont battus pour eux.

Comment faire passer votre message syndical dans la presse de grande diffusion

“Les syndicats doivent être davantage conscients des problématiques du monde du travail par-delà les frontières, de sorte à ce que nous puissions construire au plan mondial une société qui pratique l’égalité et la justice pour tous et non pour quelques-uns.”

Terry Bell est un journaliste, chroniqueur et auteur exerçant en Afrique du Sud et qui compte plus de 50 ans d’expérience dans le domaine de l’analyse politique et économique ainsi que des questions qui concernent le monde du travail. Il était un des invités de l’atelier de formation à la communication d’IndustriALL qui s’est tenu au Cap en décembre 2017. Terry a abordé pour IndustriALL la question d’une communication efficace et de la manière pour les syndicats d’amener leur message au sein de la presse de grande diffusion.

En Afrique, les syndicats peinent à faire entendre leur message au sein de la presse de grande diffusion. Avez-vous un conseil à leur donner ?

“Les syndicats ne communiquent pas suffisamment à l’interne. Trop d’énergie a été consacrée à la communication avec les médias externes. Il y a également un manque de qualification et de formation au niveau des communicants, de nombreux syndicats n’ayant pas recours à des personnes employées à plein temps ou formées à la communication. Souvent, le secrétaire général ou le président d’un syndicat va faire une déclaration ou écrire un communiqué de presse à la grammaire boiteuse.

Il faut des communicants professionnels qualifiés et qui comprennent le secteur dans lequel ils évoluent, et par-dessus tout qui comprennent les principes du syndicalisme.”

Quel type de média devrions-nous utiliser, la radio, la presse écrite et la télévision ou les médias sociaux ?

"En Afrique, il est surtout question de la radio, parce qu’elle est la plus écoutée, ensuite la presse écrite, dans une certaine mesure et dans certaines régions, mais tout dépend de l’audience que vous tentez d’atteindre.

Vous devez aussi être bien conscient de la langue que vous utilisez dans certaines régions spécifiques. Il est significatif par exemple qu’en Afrique du Sud, parmi tous les sites syndicaux je n’en ai trouvé qu’un qui utilise davantage qu’une seule langue, or, nous comptons ici onze langues officielles. Certaines de ces langues étant réciproquement comprises, en utilisant au moins trois langues, vous pouvez atteindre la majorité de la population. Il faut donc réfléchir à l’usage des langues."

Quelle peut être une manière efficace de toucher la presse de grande diffusion ?

“Je pense qu’il n’y a rien de mieux qu’une bonne entente avec un journaliste particulier. Naturellement, c’est plus difficile de nos jours, car il y a eu beaucoup de coupes budgétaires à tous niveaux au sein de la presse écrite et numérique.

Vous avez également un tas de gens qui sont soumis à une énorme pression, qui sont souvent très jeunes et mal payés, qui doivent produire une grande quantité de matière. Mais il est d’une importance vitale que les communicants syndicaux établissent des contacts personnels avec ces journalistes pour avoir une entente et confiance mutuelle, parce que ce sont tous des travailleurs après tout.”

Quel message les syndicats doivent-ils avoir envers la société ?

“L’avantage que constituent les syndicats pour les travailleurs en général. J’ai tendance à utiliser l’expression “vendeur de force de travail”. Vous entendrez parfois un journaliste ou quelqu’un qui travaille dans une banque dire “oh, je ne suis pas un travailleur, je suis un col blanc et j’exerce donc une profession intellectuelle.” Non, chacun est un vendeur de force de travail et, cela doit être souligné, partage un intérêt commun. La vaste majorité de la population composant une communauté ou un pays, et ceci partout dans le monde, est composée de travailleurs et travailleuses et c’est le premier point qui doit être souligné par les syndicats.

En Afrique du Sud, par exemple, nous avons la Charte des Droits, qui est un fantastique document qui dit que “la dignité de chacun doit être vénérée”. Les syndicats doivent indiquer clairement qu’une société égalitaire est une société meilleure, cela doit être souligné comme étant un principe sous-jacent.

Les syndicats ne doivent pas simplement s’engager dans un conflit salarial et dire nous voulons autant, mais plutôt souligner ce que gagent certains en comparaison avec d’autres, qui perçoit quoi et l’iniquité entre les revenus des PDG et ceux des travailleurs et travailleuses."

Les syndicats doivent avoir une perspective davantage mondialisée, nous devons conscientiser les syndicats sur ce qui se passe ailleurs. Les syndicats en Afrique du Sud devraient savoir immédiatement ce qui s’est passé à Rana Plaza, où un bâtiment s’est effondré en tuant 1.135 personnes. Les syndicats doivent être davantage conscients des problématiques du monde du travail par-delà les frontières, de sorte à ce que nous puissions construire au plan mondial une société qui pratique l’égalité et la justice pour tous et non pour quelques-uns.”

Pérou: un syndicat proteste contre les violations des droits des travailleurs

Les négociations entre le syndicat, affilié à la fédération FETRIMAP – CGTP, elle-même affiliée à IndustriALL Global Union, et le laboratoire d’analyse des minéraux Alfred H Knight ont été interrompues suite à l’absence de propositions de la part de l’entreprise.

Le 13 février, les travailleurs ont commencé à protester, affirmant que l’entreprise ne s’était pas conformer aux décisions de l’inspection nationale du travail, SUNAFIL, de convoquer des élections des comités de santé et de sécurité au travail dans ses sites localisés à Lima, Arequipa et Callao. Selon le syndicat, les mauvaises conditions de travail seraient à l’origine de plusieurs accidents et de maladies professionnels.  

En sa qualité de médiateur dans ce litige, le ministère du Travail a convoqué l’entreprise et le syndicat le 19 février pour tenter de débloquer les négociations sur la convention collective.

Pendant ce temps, la CGTP a annoncé l’organisation, avec ses syndicats affiliés, d’une manifestation en faveur des droits des travailleurs et du travail décent qui aura lieu le 1er mars. Les manifestants marcheront jusqu’au ministère du Travail pour exiger non seulement qu’une solution soit trouvée au processus de négociation collective dans plusieurs entreprises, dont Alfred H Knight, et aux problèmes rencontrés avec les processus d’enregistrement des syndicats, mais aussi pour qu’il soit mis fin aux licenciement collectifs.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, appelle Alfred H Knight, au Royaume-Uni, à intervenir dans sa filiale péruvienne afin que soit garanti le plein respect des droits fondamentaux des travailleurs:   

« Il est impératif que l’entreprise accompagne ses activités de mesures sanitaires et sécuritaires strictes afin d’empêcher la survenue d’accidents, et de négocier une nouvelle convention collective avec le syndicat qui prenne en considération les revendications des travailleurs ».

Un syndicat du Swaziland condamne une entreprise textile pour son non-respect des droits des travailleurs

Bien qu’ATUSWA représente plus de 80 pour cent des travailleurs des entreprises Tex Ray, parmi lesquelles Union Industrial Washing, Kasumi Apparels, TQM textiles et Katat, la compagnie refuse de reconnaître le syndicat qu’elle cherche à remplacer par un syndicat fictif.

En essayant de recruter les travailleurs en portant des accusations contre ATUSWA et en utilisant des pots-de-vin pour les inciter à adhérer, le syndicat dirigé par l’enreprise vise à obtenir la reconnaissance nécessaire à la Commission de médiation, d’arbitrage et de conciliation (CMAC) avant que les formalités pour la reconnaissance d’ATUSWA ne soient finalisées.

Si les acheteurs continuent de s’approvisionner en vêtements auprès des entreprises textiles du groupe Tex Ray sans veiller à ce que le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective soit respecté, ils collaborent dans les faits avec Tex Ray et portent préjudice à nos droits en tant que travailleurs.

Nous appelons l’Autorité de promotion des investissement du Swaziland (Swaziland Investment Promotion Authority-SIPA) et le ministère du Travail à inciter en permanence les employeurs à  tenir compte de l’importance de respecter les droits des travailleurs. La compagnie Tex Ray ne devrait pas être autorisée à ramener notre pays dans le passé dont nous voulons échapper,

a déclaré le Secrétaire général d’ATUSWA, Wander Mkhonza.

« Nous sommes solidaires d’ATUSWA dans sa lutte pour obtenir la reconnaissance et la réaffirmation du droit des travailleurs d’établir leur propre syndicat. Les employeurs ne devraient pas s’efforcer d’affaiblir un syndicat déjà en place en soutenant la création d’un syndicat fictif. Nous demandons à la CMAC de conclure d’urgence à la reconnaissance d’ATUSWA », a indiqué Paule France Ndessomin, Secrétaire générale pour l’Afrique sub-Saharienne.

Une série de suicides et de décès dans les filatures d'Inde du Sud

Onze jours à peine avant son 14e anniversaire, cette enfant du village de Kalkudi, dans le district de Puthukottaï, s'est suicidée dans sa chambre du foyer. La veille, Dharshini avait travaillé 16 heures, en deux pauses continues de 8 heures à minuit.

Après son travail, on lui avait demandé de revenir pour la pause du matin, à 8 heures. Lorsque le gardien a frappé à sa porte, à 8h15, il n'a pas eu de réponse et elle a été trouvée pendue au ventilateur du plafond.

Dharshini, qui avait perdu sa mère et vivait avec son père et un frère, avait été recrutée par l'intermédiaire d'un agent et s'était installée au foyer de l'usine il y a trois mois à peine. Avant d'emménager dans une chambre avec ventilation et une fenêtre donnant sur l'extérieur, elle avait passé deux mois et demi dans un sous-sol avec quatre autres filles du même village.

Elle était payée 260 roupies (4 $) par jour. Habituellement, les filles séjournant dans le foyer doivent travailler en continu pour remplacer les absentes.

Des représentants du syndicat Tamilnadu Textile and Common Labour Union déclarent qu'on a dénombré récemment de nombreux décès de travailleuses. T Manjula serait décédée à 33 ans dans un accident à la firme SMP Textiles à Nilakottaï, dans le district de Dinidigul. Elle vivait avec un fils de 12 ans et deux filles de 11 et 9 ans.

N Kalaiyarasi, une jeune-fille de 14 ans qui avait repris le travail à l'usine Dindigul Cotton Spinning Mills alors qu'elle souffrait de pneumonie, est décédée le 3 octobre 2017 à l'hôpital. Elle était retournée au travail après une visite à l'hôpital pour éviter de perdre la prime de 2.700 roupies (41,52 $) payée à ceux qui acceptaient de travailler pendant le festival de Diwali.

Un travailleur activiste de 24 ans, Sebastin Inbaraj, assistant monteur chez Prabhu Spinning Mills, se serait suicidé le 15 mai 2017 après que la direction de l'usine l'ait accusé de vol et qu'il ait été insulté et battu devant ses collègues. Apparemment, il soutenait des travailleuses dans leur combat pour leurs salaires et pour le respect de leurs droits.

Le 10 mars 2017, une jeune-fille de 17 ans a été trouvée morte dans sa chambre de la résidence des Ganapathy Spinning Mills, à Vellakoil, dans le district de Tirupur.

D'autres décès suspects ont été signalés en 2016. Une petite fille a été retrouvée morte dans une filature de Vellakoil, le 10 mars, et Azhagu Sumathi le 14 mars dans le village de Vadipatti.

La plupart étaient issues de familles de travailleurs agricoles pauvres. Les agents versent une avance à la famille pour recruter des filles pour les filatures. Même si elles veulent rentrer chez elles, elles ne le peuvent pas tant qu'elles n'ont pas remboursé cette avance.

Les conditions de travail sont dures, les conditions de santé mauvaises et elle subissent du harcèlement sexuel au travail. Faute de contrôle des autorités, les employeurs bafouent la loi et les travailleuses n'ont aucune possibilité de recours. Les employeurs opposent une résistance farouche aux syndicats et profitent de la pauvreté des familles pour clôturer l'affaire en leur versant une maigre indemnisation.

Apoorva Kaiwar, la Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, déclare :

"Il est inacceptable que des travailleuses de filatures subissent des conditions de travail dangereuses. Le nombre des décès suspects signalés est alarmant. Le gouvernement devrait intervenir immédiatement pour s'attaquer à ce problème."

Plus de 100 enseignes signent l’Accord de Transition du Bangladesh 2018

À ce jour, 101 enseignes ont signé l’Accord de Transition 2018, qui entrera en vigueur à l’expiration, en mai, de l’Accord du Bangladesh de 2013. L’accord de 2018 concerne actuellement plus de 1.200 usines et au moins 2 millions de travailleurs et travailleuses. Alors que de nouvelles enseignes ajoutent chaque jour leur signature, ces chiffres croissent rapidement. Une mise à jour de la liste des signataires est disponible ici.

Le mois dernier, IndustriALL et UNI ont obtenu en vertu de l’accord 2013 un règlement de 2,3 millions de dollars de la part d’une marque multinationale de vêtements pour porter remède à des risques mortels présents sur des lieux de travail. C’était le second accord de ce genre et l’un des versements les plus importants consentis par une enseigne pour porter remède à des risques présents sur les lieux de travail au sein de sa chaîne d’approvisionnement.

“Les enseignes qui ont signé l’Accord de Transition 2018 affichent leur engagement envers la transparence et la sécurité pour les travailleurs et travailleuses au Bangladesh,”

a indiqué Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union.

“L’Accord est un cadre juridiquement contraignant qui représente la seule manière crédible de garantir qu’il soit porté remède en temps voulu aux dangers mortels que sont les risques d’incendie et les défauts structurels au sein des usines de textile et de prêt-à-porter.”

Christy Hoffman, Secrétaire générale adjoint d’UNI Global Union, a déclaré :

“Nous étions persuadés que la vaste majorité des signataires de 2013 apposeraient leur signature sur l’Accord de Transition 2018 et maintenant que nous avons dépassé la barre des 100 signataires, nous y sommes presque.”

“Nous avons apporté des améliorations au secteur et revenir en arrière n’aurait simplement aucun sens. Il est également important de rendre durables ces avancées en matière de sécurité professionnelle par le biais de Comités de Santé et Sécurité qui soient fonctionnels, et l’Accord de Transition mettra la priorité sur ce travail.”

L’Accord du Bangladesh, qui concerne 2,5 millions de travailleurs et travailleuses du secteur du prêt-à-porter du pays, a été mis en place par IndustriALL et UNI en 2013 à la suite de la catastrophe de Rana Plaza qui a tué plus de 1.100 travailleurs et travailleuses de la confection et en a blessé plus de 2.000. C’est le premier accord avec des dispositions juridiquement contraignantes qui requière des enseignes de la mode qu’elles imposent à leurs sous-traitants d’éliminer les problèmes liés à la sécurité incendie, structurelle et électrique.

Les inspecteurs mandatés par l’Accord ont jusqu’ici mené des missions dans plus de 1.800 usines qui fournissent plus de 200 enseignes. Plus de 118.500 risques liés à l’incendie, à l’électricité et aux défauts structurels ont été identifiés.

Quatre-vingt-trois pourcents des dangers identifiés au cours de la première vague d’inspection de l’Accord ont trouvé remède et 699 usines concernées par l’Accord ont réalisé plus de 90% des mesures correctives.

L’Accord de Transition 2018 a été signé en juin de l’année dernière. Ce document juridiquement contraignant entrera en vigueur lorsque l’accord d’origine expirera en mai et étendra les mesures de protections de l’Accord jusqu’au 31 mai 2021, sauf si un comité conjoint de suivi, composé d’enseignes signataires, de syndicats signataires de l’Accord, de la BGMEA (Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh), de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et du gouvernement du Bangladesh reconnaissent à l’unanimité qu’une série de conditions rigoureuses pour un passage de témoin vers un organe national de régulation sont rencontrées avant cela.

L’industrie minière doit respecter les droits des travailleurs et des communautés riveraines : c’est le message d’IndustriALL

L’Indaba réunit dans cette ville depuis 20 ans, venus du monde entier, les investisseurs, les compagnies minières, les gouvernements et les autres parties prenantes du secteur. Pour la première fois, l’édition de cette année comprenait une Journée du Développement durable avec pour mot d’ordre : “Transformer le secteur pour faire fonctionner les mines en faveur des gens”.

Ceci fait écho au thème de l’an dernier, “Ne laisser personne de côté”, suggérant qu’un consensus se fait jour entre le monde du travail, la société civile, les industriels et les gouvernements sur le fait qu’un dialogue est fondamental pour prendre en charge les défis pressants du secteur.

En différents endroits en ville, l’Indaba alternatif des mines (AMI) se tenait avec pour thème : “Exploiter les ressources naturelles en faveur des gens : vers des réformes politiques, institutionnelles et législatives justes”. L’AMI était constitué de près de 600 représentants d’organisations de la société civile, parmi lesquelles des associations religieuses, des communautés riveraines, des réseaux pan-africains, des syndicats, des organisations féminines, des militants des droits de l’homme, des médias et des étudiants.

Dans une pétition adressée aux compagnies minières et aux gouvernements, l’AMI a appelé à ce que les intérêts des communautés concernés par l’activité minière soient placés avant le profit. Ceci pourrait être réalisé par le biais de la propriété publique, qui assurerait la durabilité et l’équité des opérations minières. Des réformes politiques devraient mettre fin à l’exploitation en abrogeant les législations injustes et en remplaçant l’usage de la force par le dialogue. La corruption devrait être prise pour cible, car il est courant que des compagnies minières corrompues travaillent de concert avec les élites et excluent les communautés riveraines.

Lors de l’AMI, il y a eu également des appels lancés vers les gouvernements pour qu’ils adoptent la Vision pour l’industrie minière en Afrique qui appelle à “Un secteur minier durable et à la bonne gouvernance qui engrange et redistribue de manière efficace la rente issue des ressources naturelles et qui soit sûr, sain, inclusif du point de vue du genre et de l’ethnie, respectueux de l’environnement, socialement responsable et apprécié des communautés riveraines”.

Un appel a été lancé pour la reconnaissance des travailleurs occupés dans des mines artisanales et de petite échelle en les incluant dans les politiques et législations gouvernementales. Un dialogue des travailleurs et des communautés riveraines avec les gouvernements et les compagnies minières a également été revendiqué.

IndustriALL était représentée au niveau de ces deux rencontres. En tant que partie prenante de premier ordre, IndustriALL a été invitée à participer à différents panels ainsi qu’à la session de clôture de l’Indaba du secteur des mines en Afrique.

S’exprimant lors d’un panel sur les droits des travailleurs et des communautés riveraines, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a mis en exergue les droits des travailleurs et les questions de santé et sécurité.

“Reconnaître et respecter les droits des travailleurs est un point clé. Cela comprend le droit à rejoindre un syndicat et une protection par le biais de conventions collectives de travail.

“Les droits fondamentaux en matière de santé et sécurité, ceux de savoir, de refuser et de participer, doivent être à la base de la démarche. Les travailleurs sont des experts quant à ce qui se passe sur leurs lieux de travail. Dès lors, ils doivent être impliqués dans la santé et la sécurité.”

“Nous devons également atteindre les normes internationales de la Convention 176 sur la Santé et la sécurité dans les mines ainsi que celles des autres recommandations de l’OIT et instruments ratifiés”.

Il a ajouté que bâtir la confiance entre les compagnies minières, les syndicats et les communautés riveraines ainsi qu’agir avec la diligence voulue était important.

En marge des deux Indabas, l’Initiative pour une Certification Responsable de l’Exploitation Minière (IRMA), dont IndustriALL est une des parties prenante clé en tant que représentante des travailleurs, a été lancée. L’IRMA a élaboré une norme pour une exploitation minière responsable, qui comprend un approvisionnement responsable tout au long de la chaîne logistique.

IndustriALL et Rio Tinto envoient une mission conjointe à Madagascar

La mine QMM connaît de gros problèmes en matière de santé et sécurité et de droits au travail, sans que la direction locale et les syndicats arrivent à trouver une solution. Ces problèmes viennent d'un recours excessif et anarchique aux sous-traitants, trois fois plus nombreux que le personnel permanent. Les travailleurs des sous-traitants occupent des postes précaires et ne peuvent prétendre à des conditions d'emploi normales. Il n'existe chez QMM aucune forme institutionnalisée de représentation des travailleurs en matière de santé et sécurité et leur droit à la liberté syndicale est, au mieux, ténu.

À cette mission conjointe à Madagascar participaient la direction de Rio Tinto, des représentants des syndicats parmi lesquels Piet Matosa, du National Union of Mineworkers d'Afrique du Sud, Steve Hunt, Alain Croteau et Steeve Arsenault, de l'United Steelworkers/Métallos du Canada, Glen Mpufane d'IndustriALL, et des représentants du Bureau régional d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne et de syndicats locaux. Le groupe a visité le site avant de rencontrer des dirigeants de la communauté locale.

Les participants se sont penchés sur les pratiques de la mine en matière d'emploi et de sous-traitance. La direction locale a été incapable de confirmer ou d'infirmer les affirmations de nos affiliés suivant lesquelles les rémunérations des salariés des sous-traitants ne dépassent pas 45 $ par mois, alors que le salaire minimum est de 53 $ par mois. En règle générale, les travailleurs travaillent de 15 à 16 heures par jour. Le salaire de subsistance est estimé à 400 $ par mois et 80 pour cent de la population vivent sous le seuil de pauvreté.

Les communautés et les petits propriétaires connaissent aussi des difficultés systématiques, et qui ne sont pas propres à l'industrie minière, relatives aux déplacements et aux indemnisations, qu'aggravent encore la pauvreté endémique du pays. Selon la Banque mondiale, 70 pour cent des 22,6 millions d'habitants du pays vivent avec moins de 2 $ par jour et 59 pour cent avec moins de 1,25 $, ce qui fait de ce pays un des plus pauvres au monde.

Les participants ont eu des échanges constructifs à propos du nouveau Code de bonne conduite des fournisseurs de Rio Tinto et de la manière dont il peut être mis en pratique chez QMM pour tenter de surmonter ces difficultés. De l'avis général, son application serait une bonne chose et améliorerait le bien-être des travailleurs.

Michael Gavin, le Directeur des relations avec le personnel, a dit de cette mission : "Cette rencontre a été l'occasion pour l'entreprise et pour les dirigeants syndicaux de montrer comment, au niveau de l'exploitation, les représentants des travailleurs et de la direction peuvent travailler ensemble dans le respect mutuel et dans l'intérêt de tous."

Steve Hunt, Directeur du District 3 de l'United Steelworkers et co-Président de la Division de l'industrie du diamant, de la pierre précieuse, ornementale et du bijou d'IndustriALL, qui dirigeait la mission, a déclaré : "Nous avons parcouru beaucoup de chemin depuis notre campagne sur Rio Tinto. L'acrimonie a cédé la place au dialogue et à la coopération. Cette réunion démontre que Rio Tinto et ses principaux syndicats collaborent dans le but d'améliorer l'existence des salariés de l'entreprise."

IndustriALL et Rio Tinto ont ensuite évoqué cette mission en tant qu'exemple d'un dialogue mondial à la conférence sur l'investissement minier "Investing in Africa Mining Indaba" qui s'est tenue au Cap, en Afrique du Sud, du 5 au 7 février 2018. 

ArcelorMittal poursuit des syndicats kazakhs à la suite de leur manifestation sous terre

Le Syndicat des travailleurs de la métallurgie Zhaktau, affilié à IndustriALL par le biais du Syndicat des travailleurs des mines et de la métallurgie de la République du Kazakhstan, a reçu aujourd’hui une citation à comparaître devant le tribunal de Temirtau le 13 février. Le syndicat est accusé d’avoir incité les mineurs à poursuivre leur grève en décembre 2017 et à défendre leurs revendications en toute circonstance. L’entreprise soutient que cela a déstabilisé le fonctionnement de la mine, empêché la grève de se terminer, entravé les négociations entre les salariés et l’employeur et bloqué leur retour à la surface.

Les personnes occupant la présidence de l’organisation de défense La Famille des Mineurs, fondée par des veuves de mineurs décédés, ainsi qu’une section du Syndicat des salariés des secteurs des combustibles et de l’énergie, un affilié de la Confédération des Syndicats indépendants (KNPRK) qui avait été dissout par les autorités, ont toutes deux reçu la même convocation.

Le Président du Syndicat des travailleurs de la métallurgie Zhaktau, Viktor Shchetinin, a déclaré :

“Cette action en justice a été une totale surprise pour nous. Notre syndicat représente les travailleurs du département de l’acier d’ArcelorMittal Temirtau alors que la grève concernait le département du charbon, L’entreprise veut nous punir pour le soutien moral affiché envers nos collègues, parce que nous leur avons apporté, à une seule occasion, de la nourriture. C’est la première fois qu’une entreprise poursuit un syndicat pour une matière liée à la solidarité syndicale.

Selon le Syndicat des mineurs Korgau, l’autre syndicat d’ArcelorMittal Temirtau, quatre mineurs occupés à durée déterminée ont été licenciés immédiatement après la grève, l’entreprise refusant de renouveler leurs contrats. Ces travailleurs ont cherché de l’aide auprès du syndicat. À l’heure actuelle, Korgau essaie de trouver une solution pour les faire réintégrer.

Environ 700 travailleurs étaient en grève, sous terre, au sein des huit charbonnages détenus par ArcelorMittal au Kazakhstan, entre le 11 et le 15 décembre 2017. Ils revendiquaient une augmentation salariale de 100%, une retraite anticipée et de meilleures conditions de travail. La direction d’ArcelorMittal Temirtau avait marqué son accord sur une augmentation de salaire de 30% pour tous les travailleurs occupés au fond et avait indiqué être également disposée à négocier une hausse salariale pour les travailleurs occupés au jour. ArcelorMittal Temirtau a déclaré dans un courrier adressé au procureur régional que l’entreprise ne sanctionnerait pas les grévistes.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a fait ce commentaire :

“IndustriALL Global Union a salué la déclaration d’ArcelorMittal selon laquelle elle ne va pas poursuivre les travailleurs pour leur participation à la grève. L’entreprise devrait, de la même manière, ne pas poursuivre de syndicat pour de simples gestes de solidarité. Nous exigeons qu’ArcelorMittal Temirtau retire les actions en justice contre les personnes qui occupent la présidence de l’organisation de défense La Famille des Mineurs ainsi que contre le Syndicat des travailleurs de la métallurgie Zhaktau et le Syndicat des salariés des secteurs des combustibles et de l’énergie.”

Une grande victoire pour IG Metall crée un précédent en matière d'équilibre entre travail et vie privée

IG Metall a imposé sa revendication majeure, à savoir que les travailleurs aient le droit de réduire leur semaine de travail normale de 35 heures à 28 heures sur une durée pouvant aller jusqu'à deux ans pour des obligations familiales ou pour prendre soin de proches. C'est la première fois qu'un grand accord conclu par un syndicat met en avant le temps de travail plutôt que les salaires.

La convention collective, qui couvre l'ensemble du secteur, a été conclue pour une durée de deux ans par le syndicat avec l'organisation des employeurs de l'Allemagne du Sud-ouest, Südwestmetall, après plusieurs cycles de négociations tendues et une série de grèves d'avertissement de 24 heures, les premières depuis 34 ans.

Ces grèves ont coûté à des constructeurs tels que Porsche, Daimler, BMW et Airbus près de 200 millions € en perte de production. IG Metall avait menacé de demander à ses adhérents de voter un élargissement de l'action collective en l'absence d'une offre sérieuse des employeurs.

L'accord couvre 900.000 travailleurs du cœur industriel de l'Allemagne. Il faut s'attendre à ce que des organisations patronales d'autres régions acceptent les mêmes conditions; ce seront alors 3,9 millions de travailleurs qui seront concernés.

La nouvelle convention prévoit une hausse des salaires de 4,3 pour cent pendant 27 mois, plus des prestations supplémentaires. Au départ, IG Metall réclamait 6 pour cent tandis que les employeurs n'offraient que 2,3 pour cent. Par la suite, le syndicat a décliné une offre de 6,8 pour cent, maintenant sa revendication d'une réduction du temps de travail.

Cet accord sonne la fin d'une décennie d'austérité salariale en Allemagne, sur fond de forte reprise économique et de taux de chômage le plus bas depuis la réunification du pays en 1990. Les employeurs et la Banque centrale européenne attendaient anxieusement les résultats de ces négociations qui influenceront les conventions salariales et les prévisions économiques sur tout le continent.

"Cette convention collective est un jalon sur la voie d'un monde du travail moderne d'autodétermination", a déclaré le Président d'IG Metall et d'IndustriALL, Jörg Hofmann.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, déclare :

"Dans le passé, les entreprises réclamaient de la flexibilité des travailleurs, et pas l'inverse. La situation s'est inversée. Donner aux travailleurs le droit de réduire leur temps de travail et de déterminer l'équilibre qu'ils veulent entre travail et vie privée est une réaction excellente des syndicats à Industrie 4.0.

"Avec les nouvelles technologies, la productivité continue à augmenter sans qu'il faille créer de nouveaux emplois. Le droit de travailler moins, tout en gagnant suffisamment, est une contrepartie essentielle. Les gains de productivité obtenus par Industrie 4.0 doivent être partagés avec la société et les travailleurs, et la réduction du temps de travail est une manière d'éviter davantage de concentration des richesses dans les poches d'une minorité.

"La hausse des salaires va aussi stimuler l'économie allemande par le bas."

Avec près de trois millions d'adhérents, IG Metall est un des plus grands et des plus puissants syndicats au monde.