Les travailleurs de l'habillement du Bangladesh réclament une hausse du salaire minimum

Fin février, les affiliés d'IndustriALL du secteur de la confection du Bangladesh ont organisé une série d'actions, dont une conférence de presse commune le 25 février et une chaîne humaine le 28 février.

Sous la houlette du Conseil d'IndustriALL pour le Bangladesh (IndustriALL Bangladesh Council, IBC), les syndicats réclament une hausse du salaire minimum à 16.000 takas (192 $) par mois ainsi que d'autres mesures de protection sociale pour les travailleurs du secteur. Le 28 février, l'IBC a déposé un cahier de revendications au Conseil du salaire minimum, créé récemment.

Le salaire minimum n'a pas changé depuis près de cinq ans et les travailleurs bangladais de la confection réclament depuis longtemps sa revalorisation. En décembre 2016 et janvier 2017, les travailleurs et les syndicats ont subi une répression très dure du gouvernement lorsqu'ils ont demandé une hausse du salaire minimum.

Apoorva Kaïwar, le Secrétaire régional d'IndustriALL, déclare :

Le gouvernement bangladais a mis beaucoup de temps pour installer le Conseil du salaire minimum, et maintenant, nous espérons qu'il prendra rapidement des mesures pour répondre aux attentes des travailleurs. Une hausse du salaire minimum aura progressivement une incidence sur le niveau de vie et aussi, elle sera bénéfique pour le travail décent et pour l'économie du pays.

En plus d'un nouveau salaire minimum, l'IBC demande une rationalisation des catégories professionnelles, sur base desquelles sont calculés les salaires, et qui passeraient de sept à cinq. Ils proposent, s'agissant de la promotion, un critère absent du système actuel et par lequel les travailleurs de 5e catégorie seraient promus à la 4e catégorie au bout d'un an. Par la suite, les travailleurs monteraient chaque fois de catégorie après deux années de travail continu.

En outre, l'IBC réclame une hausse annuelle de 10 pour cent des paiements. Les travailleurs rémunérés à la pièce sont payés suivant la production de chaque unité, et le tarif à la pièce n'est souvent fixé qu'après qu'ils aient effectué un certain volume de travail, un système propre à générer des conflits. Pour les syndicats, il faut que le taux payé à la pièce soit fixé avant de commencer le travail.

L'IBC veut aussi réduire la période de formation des apprentis à trois mois contre les six mois pratiqués actuellement. Les salaires de ces apprentis devraient augmenter et passer de 4.180 takas (50 $) à 10.000 takas (120 $).

Le sponsor des équipes de la Bundesliga licencie des membres syndicaux

Roy Robson est un fabriquant de vêtements allemand connu pour ses costumes élégants ainsi qu’un important sponsor des ligues allemandes de football de la Bundesliga, du FC St Pauli, du Werder Bremen et du VfL Wolfsburg. Les joueurs portent les costumes fournis par l’entreprise lors de manifestations ou de leur déplacements.

Roy Robson fait fonctionner sa propre usine de fabrication de costumes et de vestes de sports à Izmir, en Turquie. L’usine, qui emploie environ 600 personnes, fait partie d’un complexe industriel abritant les usines d’autres marques de vêtements allemandes comme Hugo Boss.

L’affilié turc à IndustriALL Global Union,Teksif, tente d’organiser les employés à Izmir depuis un certain temps. Néanmoins, l’entreprise licencie tout travailleur qui adhère au syndicat. Onze membres syndicaux ont été licenciés cette année.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit au directeur général de l’usine Roy Robson à Izmir, Timur Şengezer, en janvier, pour lui indiquer:

« IndustriALL Global Union est outragé d’apprendre que les membres de Teksif sont congédiés par la direction de Roy Robson, à Izmir, dès qu’ils deviennent membres de notre affilié Teksif ».

Sanches a conjoint l’entreprise « … de réintégrer immédiatement les membres syndicaux, de respecter le droit des travailleurs à s’organiser et à devenir membre d’un syndicat, et d’engager des négociations constructives avec Teksif ».

Roy Robson a rejeté la proposition du Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, de tenir une réunion avec Mr Şengezer pour nouer un dialogue constructif au motif que, par principe, l’entreprise ne se réunit jamais avec les syndicats. Par la suite, l’entreprise a accru sa pression sur les travailleurs en organisant de grands rassemblements afin de les empêcher d’adhérer à Teksif.

S’exprimant après les licenciements, Özkan a déclaré:

« Roy Robson a marqué un but contre son propre camp en licenciant leur meilleure équipe. Les onze syndiqués sont déterminés à obtenir de meilleures conditions de travail dans l’entreprise. Roy Robson doit respecter le droit des travailleurs à se syndicaliser ».

L’entreprise Roy Robson est fière de son association avec les équipes de la Bundesliga, indiquant que « les joueurs, les entraîneurs et le personnel ont vraiment de l’allure dans leurs nouvelles tenues ». Elle affirme posséder des normes sociales élevées, soutenant qu’« en tant qu’employeur, l’entreprise garantit le maintien d’une législation du travail et de normes sociales élevées dans la production… ». Roy Robson invoque aussi le système de rotation, le transport, le repas et les primes en plus des salaires qu’elle offre aux travailleurs. Les travailleurs qui se syndicalisent continuent néanmoins d’être licenciés.

La politique antisyndicale est particulièrement ironique parce que les fans du FC St Pauli se flattent de soutenir des politiques progressistes. St Pauli est renommé à travers l’Europe pour son sens des responsabilités sociales, clairement exposées dans ses principes fondamentaux.

Roy Robson fabrique près de 9 pour cent de ses vêtements en Europe, en Turquie, en Bulgarie, en Roumanie, en Macédoine et au Portugal.

Royaume-Uni : les travailleurs et travailleuses de GKN exhortent le gouvernement à bloquer l’OPA fondée sur l’endettement

Entreprise spécialisée dans l’automobile et l’aérospatial, GKN, dont les racines remontent à 1759, à l’aube de la révolution industrielle, fait face à une offre de rachat hostile et financée par la dette de la part de Melrose, un spécialiste des “redressements”. L’offre laisserait à GKN une dette d’1,3 milliards de livres, alors que les conseillers de Melrose engrangeraient jusqu’à 140 millions de livres d’honoraires. Les travailleurs et travailleuses sont convaincus qu’on attendra d’eux qu’ils remboursent la dette à coup d’économies drastiques et de restructurations.

GKN emploie 6.000 travailleurs et travailleuses sur 14 sites à travers le Royaume-Uni. Ce 28 février, les travailleurs et travailleuses des secteurs de l’aérospatial, de l’automobile et de la défense issus de sites répartis dans tout le pays se sont rendus au Parlement pour faire pression sur les Représentants et appeler le gouvernement à bloquer la prise de pouvoir sur leur entreprise.

Unite, affilié d’IndustriALL Global Union, exhorte le gouvernement à bloquer l’offre de Melrose au nom de l’intérêt public, sur base de la sécurité nationale, GKN fournissant et assurant la maintenance de matériel militaire britannique.

Unite est convaincu que l’offre de Melrose s’appuie sur d’énormes prêts destinés à leurrer les actionnaires avec un “dividende exceptionnel” pour ensuite faire porter la charge de la dette sur les épaules de GKN. L’objectif de la reprise ne va pas beaucoup plus loin que des rémunérations aux actionnaires, banques et cadres dirigeants de Melrose qui se pressent au portillon pour se partager 280 millions de livres en primes. Melrose n’a aucun plan sérieux sur le long terme, s’agissant du futur de GKN, qui repose sur des investissements permettant de défendre ses milliers d’emplois hautement qualifiés.

Une reprise par Melrose pourrait mener GKN a être revendu par morceaux avec à la clé des emplois perdus ou délocalisés.

Le Secrétaire général adjoint de Unite, Tony Burke, en charge du secteur manufacturier, a déclaré :

“GKN est un acteur de classe mondiale, essentiel pour la stratégie industrielle du gouvernement et l’un de joyau de la couronne du secteur manufacturier britannique.

“Dans les mains de Melrose, tout cela serait mis en péril et la vision de nos ministres voulant faire du Royaume-Uni un leader en matière de véhicules électriques pourrait se retrouver en lambeaux.

“Une offre reposant sur l’endettement, comme celle de Melrose, ne pourrait pas se produire en France ou en Allemagne. Theresa May a dit qu’elle agirait dans l’intérêt national. Il est temps qu’elle le fasse et sauve des emplois britanniques en s’assurant que son gouvernement bloque la reprise de GKN.”

IndustriALL et IndustriAll Europe avait précédemment écrit à Unite, pour exprimer leur soutien par rapport à sa position. S’exprimant en prévision du rassemblement au Parlement, notre Secrétaire général adjoint Kemal Özkan avait déclaré :

“Melrose ne montre aucune intention d’investir dans GKN ni de pérenniser ses milliers d’emplois qualifiés. Ce coup, fondé sur l’endettement, n’est destiné qu’à créer un profit à court terme pour les actionnaires et des primes pour des cadres dirigeants.

“Nous soutenons Unite dans son opposition aux spéculateurs qui se repaissent aux dépens de l’économie productive.”

Les travailleurs géorgiens exigent une meilleure sécurité au travail

Environ 2 000 travailleurs venus de différentes régions de la Géorgie ont défilé le 23 février sur l’avenue centrale de Tbilissi munis de banderoles sur lesquelles on pouvait lire des slogans tels que « Je suis un travailleur qui n’est pas encore mort. Sécurisez le travail ». L’action de protestation contre la nouvelle loi « sur la sécurité au travail », devant entrer en vigueur le 1er janvier 2019, s’est poursuivie devant le bâtiment du Parlement.
 
Depuis que le gouvernement géorgien a supprimé les inspections du travail en 2006, les travailleurs ont été exposés à des niveaux de risque élevés sur leurs lieux de travail. Selon les statistiques du Ministère de l’intérieur, 359 travailleurs sont morts et 947 autres ont été blessés au cours de ces onze dernières années dans un pays comptant 3,7 millions d’habitants. Ces chiffres terribles sont fort probablement plus bas que les chiffres réels, selon les syndicats géorgiens.
 
Bien que le projet de loi du travail proposé au Parlement en février 2018 contienne des règles de sécurité plus strictes, ces dernières ne s’appliquent qu’aux lieux de travail soumis à des conditions particulièrement dangereuses. En outre, le projet de loi limite l’accès des inspecteurs du travail aux entreprises, en les autorisant à effectuer des inspections régulières une fois par an seulement. Dans le cas des contrôles inopinés, les experts devront saisir le tribunal, ce qui prendra plus de temps et ne permettra pas une réponse immédiate aux violations. Selon TUMMCIWG, les faibles montants des sanctions pécuniaires prévues ne correspondent pas à la gravité des violations et n’auront aucun effet.
 
Les travailleurs ayant participé à la dernière manifestation demandent que le gouvernement adopte le projet de loi du travail établi par la Confédération des syndicats géorgiens.
 
Les syndicats ont déjà menés plusieurs mouvements de protestation de masse dans le but d’attirer l’attention du public sur le mauvais bilan sanitaire et sécuritaire du pays. La dernière action de protestation a eu lieu en mai 2017.
 
IndustriALL Global Union demande aux affiliés de soutenir la campagne LabourStart lancée par les syndicats géorgiens et de s’associer à leurs revendications en matière d’adoption d’une loi sur l’inspection du travail réellement efficace et conforme aux normes internationales du travail.
 
Tamaz Dolaberidze, président du syndicat TUMMCIWG, a déclaré:

« Le gouvernement n’a pas examiné les recommandations proposées par les syndicats. Si elle est adoptée telle que, la loi « sur la sécurité au travail » et l’inspection du travail n’améliorera pas la situation sanitaire et sécuritaire difficile actuelle. Les syndicats géorgiens entendent lutter jusqu’à obtenir une meilleure loi ».

“La violence fondée sur le genre est inacceptable et ne relève pas du travail”

Pourquoi avons-nous besoin d’une norme internationale du travail sur la violence fondée sur le genre ?

Je pense que les hashtags #MeToo et #TimesUp démontrent exactement pourquoi il faut que l’OIT travaille sur un fondement juridique international qui prenne en compte la violence et le harcèlement, et en particulier fondés sur le genre, au sein du monde du travail.

Le déballage dans les médias sociaux montre qu’aucun pays n’a réussi à traiter la problématique de manière satisfaisante, même là où des législations peuvent être en place. Si cela a pris tant de temps à des femmes qui travaillent sur des plateaux de cinéma ou dans des salles de presse pour s’exprimer, essayez d’imaginer combien plus difficile cela doit être pour du personnel domestique occupé derrière des portes closes ou pour une personne travaillant derrière une machine dans l’industrie de la confection.

Je pense qu’il est d’une importance critique que nous adoptions un instrument qui dise à la face du monde que la violence fondée sur le genre est inacceptable et ne relève pas du travail. Cela va à l’encontre de la notion de travail décent et nous devons agir.

Nous ne pouvons pas nous contenter d’un instrument générique qui conseille de “prendre telle ou telle mesure” sans nous pencher sur le fait que les femmes et les hommes ne vivent pas le monde du travail de la même manière. Si nous voulons vraiment traiter ce problème avec le sérieux et l’urgence qu’il requiert afin de briser le cercle de silence et de violence, il nous faut toute la force de l’État de droit. S’agissant de l’OIT, cela veut dire une convention complétée par une recommandation.

Pourquoi est-ce une question syndicale ?

Cela touche au cœur de ce que nous faisons en tant que syndicat. Notre mission est d’atteindre le travail décent et la dignité sur le lieu de travail et la question de la violence et du harcèlement s’y trouve réellement au cœur.

Que peuvent faire nos syndicats ?

Augmenter les activités de recrutement syndical autour de la violence fondée sur le genre, avant même que la question ne soit débattue à la Conférence internationale du Travail.

Nous devons également nous adresser à nos gouvernements et employeurs pour expliquer pourquoi c’est si important. Grâce au débat public, il ne s’agit plus d’un problème caché comme cela a pu l’être auparavant. Il faut donc tirer parti de cette dynamique et nous assurer que les gouvernements soient conscients que, partout, les femmes disent que trop c’est trop. Le temps de l’action est venu ! Pratiquement tout ce qui a été révélé au travers des hashtags #metoo et #timesup implique le monde du travail.

En l’occurence, collaborer avec les employeurs est important. Nous savons que les employeurs sont préoccupés par ce problème et qu’ils ne sont pas nécessairement contre une convention de l’OIT complétée par une recommandation. Les instruments contraignants apparaissent parfois comme moins attractifs pour les employeurs, mais nous savons qu’en ce qui concerne cette problématique, il existe un soutien de la part de certains employeurs. Nous encourageons ces employeurs qui seraient susceptibles de soutenir nos positions à s’exprimer et à mettre en évidence leurs meilleures pratiques en la matière.

Les deux prochaines années seront importantes. La deuxième discussion à la CIT se tiendra probablement en 2019, qui marquera également le centenaire de l’OIT. Ce serait magnifique si, en 2019, les employeurs, les travailleurs et les gouvernements pouvaient adopter un ensemble fort d’instruments qui bannissent la violence fondée sur le genre et montrent qu’après cent ans d’existence de l’OIT, c’est comme cela que le dialogue social engendre des lieux de travail décents.

Afrique du Sud: le combat mené par les métallurgistes contre le travail précaire porté devant la Cour constitutionnelle

En Afrique du Sud, les agences d’intérim ou les courtiers de main-d’œuvre embauchent des travailleurs qu’ils placent dans des entreprises « clientes ». NUMSA est attaqué par un de ces courtiers, Assign Services, qui souhaite continuer d’employer des travailleurs sur une base contractuelle de plus de trois mois.

Bien qu’Assign Services ait perdu son recours contre l’affilié à IndustriALL Global Union, NUMSA, devant la Cour d’appel pour les questions de travail, l’agence est déterminée à poursuivre sa campagne contre les travailleurs tout en espérant que les jugements précédents seront infirmés. Le syndicat soutient qu’aussi bien le courtier de main-d’œuvre que l’entreprise cliente où le travailleur est placé sont des employeurs.

Au contraire, un seul employeur existe selon NUMSA, comme indiqué dans l’argumentaire des avocates du syndicat, Suzanna Harvey et Tembeka Ncgukaitobi, soumis à la Cour constitutionnelle:

L’interprétation parallèle de l’employeur n’est pas exacte parce qu’elle n’aboutit pas à la protection recherchée. La seule interprétation qui protège correctement les travailleurs précaires est celle selon laquelle le client devient le seul employeur aux fins de respecter la Loi sur les relations de travail.

La Cour constitutionnelle, qui représente la plus haute juridiction en Afrique du Sud, a remis à plus tard sa décision sur la l’affaire.

Dans une déclaration, NUMSA a indiqué que:

L’année dernière, NUMSA a remporté une décision à la Cour d’appel pour les questions de travail qui confirme que les travailleurs temporaires et occasionnels doivent devenir des travailleurs permanents après trois mois, avec les mêmes droits et avantages. Assign Services a porté l’affaire devant la Cour pour pouvoir continuer de porter atteinte aux droits de la classe ouvrière en offrant des contrats temporaires, de mauvaises conditions de travail et des salaires peu élevés. Il est seulement possible de le faire si ce type de contrats sont continuellement offerts.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a indiqué:

Nous sommes solidaires de NUMSA dans sa lutte contre les conditions de travail précaires supportées par les travailleurs temporaires et contractuels. En portant l’affaire devant la Cour constitutionnelle, les courtiers de main-d’œuvre sont déterminés à continuer d’exploiter les travailleurs mais NUMSA leur montre combien les travailleurs sont tout aussi déterminés de lutter contre ce type d’agences.

République Démocratique du Congo : le syndicat organise des creuseurs artisanaux de cobalt

Les communautés locales ont été déplacées contre leur volonté et relogées sans recevoir de compensation adéquate. Leurs terres ont été bouclées et les gens sont retournés travailler comme creuseurs dans les exploitations artisanales et les mines à petite échelle qui étaient auparavant les leurs. Leurs jardins sont devenus des mines, maintenant aux mains des compagnies chinoises CDM, MKM et Cicomin, indique le TUMEC, l’affilié d’IndustriALL Global Union en RDC.

IndustriALL s’est rendue dans la région dans le cadre d’une mission visant à enquêter sur les conditions en vigueur au sein de la chaîne d’approvisionnement du cobalt et pour faire campagne afin que le géant des matières premières Glencore respecte les droits de l’homme et du travail à Kolwezi.

Les creuseurs artisanaux des mines à petite échelle contribuent de manière significative à la production de cobalt en RDC. Cela se constate par le nombre de sites de collecte de cobalt que l’on rencontre le long des routes à l’approche de Kolwezi en venant de Lubumbashi. Les mineurs concernés sont soumis à la réglementation de la division de l’Exploitation artisanale et à petite échelle du Ministère des mines.

Le TUMEC collabore avec les mineurs pour améliorer la santé et la sécurité et prendre en compte les rudes effets de l’exploitation des mines sur l’environnement et les communautés locales.

“C’est une question de commerce équitable, car certains parmi les acheteurs de cobalt ont des pratiques inéquitables, achètent notre cobalt à bon marché et nous mentent en prétendant qu’il est de faible qualité alors que ce n’est pas le cas,”

nous a déclaré un travailleur lors d’une interview.

Glen Mpufane, directeur pour le secteur des mines d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous soutenons les initiatives de nos affiliés qui tendent la main aux communautés locales et nous sommes d’avis que les compagnies minières ont une responsabilité sociale vis-à-vis des communautés locales au sein desquelles se déroulent leurs activités.

“Dès lors, elles doivent améliorer les infrastructures au sein de ces communautés en construisant des routes, des cliniques et des logements. Au contraire, des conditions de vie sordides, la pauvreté et les maladies sont monnaie courante au sein des communautés riveraines de ces concessions”.

Un exemple d’exploitation minière responsable peut être observé auprès de l’entreprise d’État Gécamines, qui a investi dans l’éducation et la santé. Cependant, Gécamines a réduit l’étendue de ses opérations et cédé des parts à des entreprises privées, dont Glencore. La mission internationale a visité certaines infrastructures mises en place par Gécamines qui contrastent fortement avec les installations chinoises de Kasulo.

Nouvelle action de protestation des mineurs ukrainiens contre les salaires impayés

Les grévistes de la faim, dont cinq dirigeants du Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine (SIMU), affilié à IndustriALL Global Union, et quatre mineurs de la compagnie d'État Selidovuhillya, ont entamé leur action après l'échec des négociations avec le ministre de l'Énergie et du Charbon, le 21 février.

Quelques jours plus tôt, 7.000 mineurs de Selidovuhillya avaient mené une grève de trois jours, du 14 au 16 février, pour réclamer le paiement de leurs arriérés de salaires. Le gouvernement a réagi en versant 13,5 millions $ au secteur charbonnier, dont 3,4 millions aux mineurs de Selidovuhillya. Or, 4,5 millions manquent encore. Le total de la dette salariale envers l'ensemble de l'industrie charbonnière d'Ukraine est estimé à 18,7 millions $.

Les protestataires réclament le versement intégral des arriérés de salaires, une hausse des salaires correspondant à l'inflation, et des investissements dans la santé et la sécurité, en particulier pour des équipements de protection individuelle. Selon le SIMU, 18 mineurs ont perdu la vie dans les charbonnages ukrainiens l'an dernier.

Ils réclament aussi la restitution des réserves de charbon "volées" après de récentes informations suivant lesquelles l'État a vendu des bassins houillers parmi les plus rentables à une compagnie privée ayant des liens avec le fils de l'ancien Président ukrainien Viktor Ianoukovitch.

D'autres mineurs de Selidovuhillya, dont le siège est situé dans la région de Donetsk, en Ukraine, entendent protester dans les villes de Selidovo et Novogrodivka.

Les affiliés d'IndustriALL, le Syndicat des travailleurs de l'industrie charbonnière d'Ukraine et le SIMU, appellent le gouvernement à entamer un dialogue social sérieux.

Mychaïlo Volynets, le Président du SIMU, déclare :

"La réunion avec le ministre a montré que nous sommes dans une impasse. Il est essentiel que les salaires soient versés en totalité, d'arrêter la corruption dans cette industrie, de nommer les gérants des compagnies et de mines sur le mérite uniquement, et d'instaurer un dialogue social effectif avec les syndicats."

Valery Mamchenko, le Vice-président du Syndicat des travailleurs de l'industrie charbonnière d'Ukraine, déclare :

"Un développement des mines de l'État est possible dans un environnement stable, mais les salaires doivent être payés dans les délais. L'an dernier, 2,8 milliards de hryvnia (100 millions $) ont été alloués au développement de l'industrie charbonnière, notamment au fonds salarial; mais cette année, c'est moins de la moitié."

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, a écrit dans sa lettre au Premier ministre d'Ukraine :

"Nous exhortons le gouvernement ukrainien à relancer le dialogue social avec les syndicats et à prendre des mesures effectives pour résoudre les problèmes de l'industrie charbonnière. Nous sommes solidaires de nos affiliés et de nos camarades mineurs d'Ukraine; nous appuyons leurs revendications légitimes et demandons que soient prises les dispositions légales nécessaires pour protéger les droits des travailleurs."

RDC : la mission d’IndustriALL constate que Glencore maltraite gravement ses salariés des mines de cobalt

Des violations de droits humains et du travail systémiques comprenant des menaces constantes de renvoi, des pratiques déplorables en matière de santé et sécurité, des maladies professionnelles, de la discrimination et du racisme, des classifications de poste inéquitables et injustes, de faibles rémunérations et des salaires inférieurs pour la main d’œuvre locale en comparaison avec les travailleurs étrangers faisaient partie des doléances soulevées lors d’une réunion tenue mi-février dans le cadre de la mission avec environ 80 travailleurs et travailleuses de ces mines à la Cathédrale de Kolwezi.

Glencore vient tout juste de publier des bénéfices record pour 2017 et indique qu’il prévoit d’augmenter sa production de cobalt de 133% au cours des trois prochaines années, en grande partie en réponse à la demande croissante de batteries de véhicules électriques de la part d’entreprises comme Renault, Volkswagen et Volvo. Le cobalt des mines de Glencore en RDC est également utilisé dans les batteries qui équipent les téléphones d’Apple et de Samsung.

Les travailleurs et travailleuses de Glencore, qui sont membres de l’affilié d’IndustriALL, le TUMEC, ont décrit le traitement reçu et leurs conditions d’emploi comme étant “ni plus ni moins que de l’esclavage”, comparable à “Guantanamo”. Les travailleurs et travailleuses rapportent que leurs familles sont exposées à des maladies professionnelles parce que leurs vêtements de travail sont ramenés à la maison, ne disposant sur le lieu de travail d’aucune infrastructure pour faire laver leurs vêtements ni se doucher.

“Nous sommes si sales en rentrant à la maison que nous ne pouvons même pas prendre nos enfants dans les bras” a indiqué un travailleur.

Les travailleurs se sont plaints du fait que les 750 ml d’eau potable qu’ils reçoivent par poste n’étaient pas suffisants. Ils ont évoqué le fait que leurs familles n’avaient pas accès à l’hôpital de Glencore en raison de la distance séparant cette infrastructure de leur communauté.

Les travailleurs ont décrit les différences entre les traitements et conditions d’emploi chez Glencore Mutanda et KCC comme des tentatives délibérées de l’entreprise de diviser et affaiblir les syndicats.

IndustriALL a organisé du 14 au 17 février une mission d’enquête en réponse à une demande urgente du TUMEC visant à se pencher sur les conditions affligeantes auxquelles sont confrontés les mineurs des sites d’exploitation de Glencore de Kolwezi, dans la province de Lualaba, richement dotée en cobalt. Cette mission internationale était dirigée par le Directeur d’IndustriALL Global Union pour le secteur des mines, Glen Mpufane, et comprenaient des délégués syndicaux du NUM (Syndicat national des mines) et du NUMSA (Syndicat national des métallurgistes) qui travaillent chez Glencore en Afrique du Sud, ainsi que de représentants du Bureau régional d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne.

Glencore a rejeté la demande du TUMEC de donner accès à la mission à ses mines en RDC.

Glen Mpufane a déclaré en réaction à un récent article paru sur la mission :

“Glencore a parlé à la presse de son engagement par rapport à un dialogue ouvert avec IndustriALL et de sa relation positive avec le TUMEC. En réalité, Glencore a refusé de laisser visiter ses mines par la mission d’IndustriALL et les membres du TUMEC lui ont déclaré que Glencore les maltraite gravement.”

Le NUM et le NUMSA ont dit leur préoccupation quant à la manière dont Glencore traite ses salariés en RDC et exprimé leur solidarité par rapport à la lutte visant à améliorer les choses.

La mission internationale va envoyer un rapport détaillé au Siège central de Glencore à Zurich, en Suisse, en revendiquant qu’une attention immédiate soit portée aux conditions de travail déplorables en vigueur sur ses sites de RDC. IndustriALL va également partager ces informations avec les investisseurs de Glencore et ses clients pour le cobalt.

“Les violations endémiques des droits humains fondamentaux des travailleurs de RDC de la part de Glencore représentent un risque grave au niveau de la chaîne d’approvisionnement du marché mondial du cobalt,” a ajouté Mpufane.

A 100 jours de l’expiration de l’accord actuel, les signataires représentant les travailleurs exhortent les marques à signer l’Accord de 2018

L’Accord de transition de 2018 vise à poursuivre les activités d’inspection des usines au Bangladesh, en identifiant les dangers et en veillant à leur correction. A ce jour, 109 entreprises textiles ont signé l’Accord de 2018, couvrant plus de 2 millions de travailleurs.

Néanmoins, de nombreuses entreprises textiles doivent toujours réaffirmer leur engagement envers la sécurité des travailleurs bangladais dans leurs chaînes d’approvisionnement. Figurent parmi les entreprises faisant preuve de mauvaise volonté, Marks and Spencer, Next, Sainsbury’s, Metro Group, Abercrombie & Fitch et Dansk Supermarked.

Les syndicats mondiaux signataires de l’Accord, IndustriALL et UNI, et les quatre signataires témoins, la Campagne pour des vêtements propres, International Labor Rights Forum (Forum international pour les droits des travailleurs), Maquila Solidarity Network et Worker Rights Consortium (le Consortium pour les droits des travailleurs), exhortent les entreprises textiles n’ayant toujours pas signé l’Accord de 2018 à le faire dès que possible.

Ne pas signer l’Accord de 2018 signifie que, d’ici à 100 jours, les travailleurs travailleront dans des usines non contrôlées. Par conséquent, les marques de vêtements manqueront à leur devoir de diligence visant à maintenir la sécurité des travailleurs dans leurs chaînes d’approvisionnement,

a déclaré Ineke Zeldenrust, Coordinatrice internationale de la Campagne pour des vêtements propres.

L’Accord du Bangladesh initial est entré en vigueur en mai 2013, à la suite de l’effondrement du Rana Plaza, en avril 2013, au cours duquel 1 134 travailleurs ont été tués. L’Accord a établi un système crédible de surveillance et de réparation des usines appartenant aux marques signataires, ainsi que de formation des travailleurs dans le domaine de la sécurité. Ce travail se poursuivra en vertu de l’Accord de 2018.

Il n’existe toujours pas d’alternative crédible à l’Accord pour protéger la sécurité des travailleurs au Bangladesh. Les marques ne peuvent tout simplement pas revenir aux programmes menés par les entreprises qui n’ont visiblement pas su empêcher les tragédies de grande ampleur survenues dans les usines. Signer l’Accord de 2018 est le seul moyen pour les entreprises d’honorer leur devoir de diligence et veiller à ce que les travailleurs de la confection au Bangladesh travaillent dans des usines sans danger,

a indiqué Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Global Union.

Cela est tout aussi urgent pour les entreprises qui ne se sont toujours pas acquittées de leurs obligations au titre du premier Accord ainsi que pour les entreprises qui ont réparé tous les défauts de sécurité découverts dans leurs usines en application de ce même Accord.

La nécessité d’avoir des comités de sécurité et un programme d’inspection est permanente parce qu’une usine peut être sûre un jour et puis les portes coupe-feu sont bloquées le jour suivant. Tant que le gouvernement du Bangladesh n’est pas prêt à assumer cette responsabilité, l’Accord continuera à offrir les structures de formation, d’expertise en ingénierie et de responsabilisation indispensables à l’amélioration de la sécurité du travail dans les usines textiles,

a signalé Christy Hoffman, Secrétaire générale adjointe du syndicat UNI global.

Le préavis de 100 jours vise également à inciter les entreprises textiles non signataires de l’Accord actuel, y compris celles qui ont rejoint l’Alliance pour la sécurité des travailleurs au Bangladesh – un programme de sécurité dirigé par les entreprises – à signer l’Accord de 2018.

Nous invitons vivement les entreprises faisant partie de l’Alliance ainsi que celles qui n’ont signé aucun programme de signer l’Accord de 2018 aussi vite que possible pour afficher leur volonté de s’engager de manière constructive avec les syndicats bangladais et internationaux, et confirmer leur engagement à maintenir la sécurité dans les usines au Bangladesh,

a indiqué Judy Gearhart, Directrice exécutive du Forum international pour les droits des travailleurs.