Actions menées le 8 mars !

En Espagne, le 8 mars a vu un arrêt de travail de deux heures, à l’appel des affilés d’IndustriALL UGT et CCOO, pour souligner le fait que les salaires des femmes sont inférieurs à ceux des hommes ; dans les faits, les femmes travaillent gratuitement deux heures par jour.

Des manifestations ont également eu lieu dans les principales villes du pays.

En Allemagne, IG Metall a organisé une série d’activités, y compris des petits déjeuners pour les femmes et des débats en table ronde pour mettre en lumière ce qui a été réalisé et ce que le syndicat compte faire à l’avenir.

Le syndicat allemand a adopté l’engagement d’IndustriALL, par lequel il s’implique dans le combat contre la violence à l’égard des femmes.

Aux Philippines le comité des femmes d’IndustriALL fait campagne depuis plus de trois ans pour allonger l’indemnisation des congés de maternité de 60 à 120 jours. Grâce à ces efforts, un projet de loi correspondant a été adopté au Sénat en 2017, mais est toujours depuis lors en souffrance auprès de la Chambre des Représentants.

Les syndicats des Philippines ont appelé les législateurs à adopter sans délai cette disposition sur l’allongement du congé de maternité qui bénéficiera à toutes les femmes du pays.

“Nous appelons les instances de la Chambres des Représentants à nous accorder cet important outil législatif, qui serait une aubaine pour nous alors que nous célébrons la Journée internationale de la femme,” a déclaré Shirley Yorong, du Comité des Femmes d’IndustriALL aux Philippines.

Les syndicats du Guatemala et de Zambie se sont manifestés en force pour appeler à la fin des violences à l’égard des femmes sur les lieux de travail.

Le Syndicat de l’automobile des États-Unis a déclaré dans un communiqué adopter l’engagement :

“Le besoin de réagir à la violence et au harcèlement est urgent et l’engagement est clair. Pour aller plus loin vis-à-vis de notre objectif d’éradiquer la violence et le harcèlement des lieux et espaces de travail, nous rejoignons les affiliés d’IndustriALL du monde entier”.

À l’occasion d’un rassemblement au Japon, les affiliés d’IndustriALL se sont engagés à collaborer avec la CSI pour l’adoption lors de la Conférence de l’OIT d’une convention sur la violence et le harcèlement à l’égard des femmes et des hommes au sein du monde du travail.

Au Nigeria, des syndicats affiliés à IndustriALL ont organisé un rassemblement à Lagos sous le slogan “Faire pression pour le progrès”.

En Afrique du Sud, le NUMSA, Syndicat des métallurgistes, a adopté ce 8 mars l’engagement d’IndustriALL.

Petrol-Is, qui regroupe les travailleurs et travailleuses du pétrole de Turquie, a adopté l’engagement d’IndustriALL ce 8 mars, renforçant ainsi son engagement à combattre la violence à l’égard des femmes sur le lieu de travail.

Miguel Torres, président de la CNTM (Confédération nationale des métallurgistes) et vice-président de Força Sindical, au Brésil, a fait adopter l’engagement d’IndustriALL, en donnant l’assurance de mener des actions efficaces pour combattre la violence et le harcèlement à l’égard des femmes travailleuses.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Jenny Holdcroft a déclaré :

C’est formidable de voir les actions menées par nos syndicats de par le monde et il est particulièrement encourageant de voir nos affiliés adopter l’engagement d’IndustriALL pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes sur le lieu de travail.

La violence à l’égard des femmes est une problématique syndicale fondamentale et nous devons mener des actions et militer en faveur d’une législation internationale contraignante sur la violence fondée sur le genre.

Pakistan: les travailleurs renvoyés de chez GSK luttent pour la justice

IndustriALL Global Union soutient son affilié pakistanais, PCEM, dont les membres travaillant chez GSK manifestent devant les portes de l’usine du West Wharf du groupe, à Karachi.

GSK utilise depuis des années un simulacre de système de contrats en sous-traitance à son usine du West Wharf. Alors que 110 travailleurs ont des contrats à durée indéterminée, plus de 400 ont été recrutés sur une base contractuelle par l’entremise de sous-traitants. Un grand nombre de ces travailleurs occupés en sous-traitance travaillent à l’usine depuis 20 ans et méritent d’être employés directement par GSK à titre permanent conformément à l’ensemble des normes juridiques et éthiques existantes.  

En 2015, 200 de ces travailleurs ont intenté une action en justice et obtenu une ordonnance du tribunal confirmant leurs droits en matière d’emploi. Fort de ce fondement juridique, ils ont demandé, par le biais de leur syndicat, à être couverts par une convention collective. Mais cette revendication leur a été refusée par la direction.

En décembre 2017, la direction de l’usine du West Wharf a dénoncé le contrat qui la liait au sous-traitant « Excellent Services » au profit d’une autre entreprise, HRSG, dans l’idée que l’ensemble des travailleurs poursuivent leur travail, tout en acceptant de perdre leurs droits et de mettre fin aux litiges en instance.

Bien que les travailleurs ayant refusé de signer ce simulacre de contrat aient continué, comme à l’accoutumé, d’effectuer leurs tâches, la direction a cessé de payer leurs salaires et avantages. Depuis le 1er mars 2018, elle a mis illégalement en lock-out les travailleurs et posté des forces de sécurité aux portes de l’usine.

Malgré l’importante force de sécurité déployée par l’entreprise, environ 150 travailleurs manifestent devant les portes de l’usine depuis le début du lock-out pour exiger leur réintégration.

Dans le courrier qu’il a adressé au directeur général de GSK Pakistan, Azizul Huq, le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a indiqué:

« Cette impasse et l’irrespect et donc le dénigrement de votre personnel sont fortement préjudiciables à la réputation internationale de GlaxoSmithKline. PCEM est un syndicat mature et responsable qui est bien relié au mouvement syndical mondial. 

« PCEM bénéficiera d’un soutien sans réserve tout au long du conflit qui l’oppose à vous au Pakistan. Je compte sur une réponse rapide et sérieuse de votre part afin que nous puissions travailler à une solution permettant de réparer l’atteinte à la réputation du groupe que votre direction a déjà causée ».

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Je serai au Pakistan cette semaine et je me tiendrai au côté de nos membres qui manifestent devant les portes de l’usine de GSK. La façon dont ce fabriquant de médicaments mondialement renommé traite les personnes qui fabriquent ses produits est scandaleuse ».

Journée internationale des femmes : les syndicats doivent agir pour que cesse la violence envers les femmes au travail

Les syndicats doivent agir contre la violence à l'encontre des femmes et réclamer une législation internationale contraignante qui réprime la violence fondée sur le sexe.

La violence envers les femmes est un thème essentiel pour les syndicats. Les affiliés d'IndustriALL du monde entier agissent pour combattre ces violations des droits humains, en prenant des mesures telles que des campagnes d'éducation de leurs adhérents, des dispositions protégeant les femmes contre la violence dans les conventions collectives et des congés rémunérés pour les femmes qui ont été victimes de violence et de harcèlement.

En souscrivant à l'engagement d'IndustriALL, les affiliés prennent l'engagement de poursuivre et de renforcer leurs actions pour mettre fin à la violence envers les femmes sur le lieu de travail et dans les syndicats.

IndustriALL exhorte tous ses affiliés à souscrire à cet engagement et à en faire la promotion par le biais de leurs structures syndicales afin qu'il débouche sur des actions concrètes.

Une action concertée des syndicats pour dénoncer la violence persistante et omniprésente contre les femmes dans nos secteurs dira haut et fort à ceux qui se rendent coupables de tels actes et à leurs employeurs que la violence contre les femmes, quelle qu'elle soit, est inacceptable.

Tarifs douaniers et surcapacités au centre de la réunion de l’OCDE sur l’acier

M. Trump a annoncé une taxe de 25% sur les importations d’acier aux États-Unis et de 10% sur l’aluminium, à peine quelques jours avant la réunion du Comité et bien que les détails soit toujours en train d’en être finalisés.

Les syndicats participants à la réunion comprenaient IndustriALL Global Union, industriAll Europe, Community et Unite du Royaume-Uni ainsi que la CFE-CGC Sidérurgie de France.

IndustriALL, à de nombreuses reprises, a exprimé sa préoccupation devant le Comité à propos de la délocalisation d’emplois en raison de surcapacités. IndustriALL consulte ses affiliés du secteur des métaux de base pour trouver une ligne commune à propos des nouvelles taxes annoncées.

Alors qu’à l’occasion de la réunion du Comité Acier de l’OCDE en 2017 l’attention s’était focalisée sur le rôle de la Chine dans les surcapacités mondiales, la critique lors de cette réunion s’est concentrée sur les plans de M. Trump visant à aborder le problème avec des mesures unilatérales.

Les représentants des gouvernements du Brésil, du Canada, de Chine, d’Inde, d’Italie, du Japon, du Mexique, des Pays-Bas, de Russie, d’Afrique du Sud, de Corée du Sud, de Turquie et du Royaume-Uni, ainsi que la Commission européenne, se sont exprimés contre les taxes envisagées par M. Trump à l’occasion d’une session sur le commerce de l’acier. Les associations patronales européennes et latino-américaines ont également exprimé leur opposition.

Un représentant du gouvernement américain a indiqué que M. Trump n’avait pas encore émis de plans définitifs et qu’en conséquence, il ne répondrait pas. Cependant, il s’est accordé à dire avec les autres participants que l’excès de capacités était la racine du problème et a ajouté que les mesures appliquées jusqu’ici n’avaient pas permis de l’aborder de manière adéquate.

Le Secrétariat du Comité Acier de l’OCDE a indiqué qu’il faudrait 30 ans de croissance de la demande pour absorber le niveau actuel de surcapacité. Le gouvernement chinois a demandé au Président du Comité d’acter formellement que l’Asie était le principal responsable des récentes et modestes réductions de capacités d’acier, notamment d’un repli de l’ordre de 1% en 2017. La Déclaration du Président indique que la réduction s’est “principalement produite en Asie en chiffres absolus” mais a été “proportionnellement significative” en d’autres endroits.

Le Comité a débattu du rôle des entreprises étatisées au niveau de la surcapacité et a exprimé sa préoccupation par rapport au fait que celles-ci reçoivent des avantages inéquitables de la part des gouvernements en comparaison avec les entreprises privées.

Le Forum mondial sur les capacités excédentaires d’acier s’est réuni immédiatement après le Comité. Il a été mis sur pied par le G20 en 2016 pour collaborer avec le Comité Acier de l’OCDE afin de faire face à la crise des surcapacités. Aussi bien le Comité que le Forum mondial encouragent les pays à travailler ensemble à élaborer une interprétation commune des subsides d’État pour le secteur de l’acier et de partager les informations à leur sujet.

IndustriALL a prévenu que l’accroissement rapide de la production d’acier au Moyen-Orient combiné à l’absence de respect des droits fondamentaux des travailleurs dans cette région sont profondément préoccupants et a illustré son propos par la récente arrestation de 10 sidérurgistes iraniens pour avoir protesté contre le non-versement de salaires.

“Nous exhortons le Comité Acier de l’OCDE à exprimer sa préoccupation auprès des gouvernements du Moyen-Orient s’agissant à la fois des surcapacités et de la violation des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses,” a indiqué lors de la réunion le Directeur d’IndustriALL pour le secteur des métaux de base, Adam Lee.

Pourquoi les syndicats doivent agir contre la violence et le harcèlement à l’égard des femmes

La violence et le harcèlement à l’égard des femmes sont des phénomènes très répandus

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 35 pour cent des femmes au niveau mondial, soit 818 millions d’entre elles, âgées de plus de 15 ans ont souffert de violence sexuelle et physique dans leur milieu familial, dans leurs communautés ou sur leur lieu de travail. Les syndicats doivent continuer à sensibiliser sur la réalité de la violence à l’égard des femmes et sa présence dans tous les milieux.   

La violence à l’égard des femmes constitue une violation des droits de la personne humaine

Selon la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les termes « violence à l’égard des femmes » désignent « tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. » Alors que cette Déclaration reconnaît que la violence à l’égard des femmes viole les droits et les libertés fondamentales des femmes, la Déclaration et le Programme d’action de Vienne reconnaissent que l’élimination de la violence à l’égard des femmes dans la vie publique et dans la vie privée est une obligation découlant des droits de la personne humaine.

La violence à l’égard des femmes est un obstacle à l’égalité entre les hommes et les femmes au travail

Les femmes ont moins de chances de pénétrer sur le marché du travail que les hommes. La violence sexuelle et le harcèlement demeurent des obstacles à l’entrée et à l’évolution des femmes sur les marchés du travail ou à l’exercice de certaines fonctions. En outre, la ségrégation continue des femmes dans les emplois et postes précaires, mal rémunérés et peu valorisés, contribue à accroître les risques encourus par ces travailleuses.

Les syndicats ont un rôle fondamental dans la prévention et l’élimination de la violence à l’égard des femmes en milieu du travail

Le rapport du Bureau des activités pour les travailleurs (ACTRAV) de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la violence à l’égard des hommes et des femmes dans le monde du travail montre qu’il existe un lien étroit entre l’accès à un travail décent, la non-discrimination et le fait d’être protégé par un syndicat dans la prévention de la violence à l’égard des femmes et des hommes au travail. Les syndicats jouent un rôle clé dans la sensibilisation de leurs membres sur le harcèlement sexuel, dans la négociation des politiques et des accords établissant les procédures de dépôt et de traitement des plaintes, ainsi que dans la prévention contre le harcèlement sexuel.

Nous avons besoin d’une convention de l’OIT sur la violence fondée sur le genre

Il n’existe encore aucune loi au niveau international qui établisse une règle de base permettant de prendre des mesures pour éliminer la violence et le harcèlement, notamment la violence et le harcèlement fondés sur le genre, dans le monde du travail. Nous avons besoin d’une Convention de l’OIT globale, complétée par une Recommandation, portant principalement sur la question de prévenir, traiter et remédier aux violences sexistes au travail.

IndustriALL invite tous ses affiliés à se mobiliser le 8 mars pour montrer la détermination des syndicats à réaliser l’égalité des genres et dire non à la violence à l’égard des femmes.  

Ghana: un syndicat appelle à la grève pour protester contre les licenciements fondés sur des exigences opérationnelles de 2 150 mineurs

GMWU, affilié à IndustriALL Global Union, conteste les raisons des licenciements avancées affirmant que l’unique objectif de Gold Fields est de remplacer les travailleurs permanents par des travailleurs en sous-traitance. Bien que la Division du travail de la Haute Cour de justice d’Accra n’ait pas statué en faveur de l’arrêt les licenciements demandé par le GMWU, le syndicat a fait appel de la décision.

Gold Fields ne respecte pas la législation sur le travail du pays et les deux conventions collectives que la compagnie a signées avec le GMWU, dont le contenu est clair en matière de licenciements non abusifs.

Le Secrétaire général du GMWU, Prince William Ankrah, a déclaré:

Comme il est typique du caractère impitoyable des multinationales dont elle fait partie et de leur inclination à faire preuve d’un mépris pour le cadre juridique du pays hôte et le caractère sacré des contrats, la compagnie a de façon unilatérale fait fi de la Loi du travail de 2003 et des conventions collectives, et est allée de l’avant pour mettre à exécution les licenciements économiques des travailleurs ». La compagnie refuse également de négocier les ajustements salariaux de 2018.

Le syndicat s’inquiète de l’arrivée de militaires à la mine dont la présence provoque une telle pression sur les travailleurs que certains ont signé les lettres de licenciement.

Ankrah a indiqué:

En raison de l’importante présence armée et militaire, un climat d’insécurité, de peur et de panique a submergé les travailleurs dont la plupart ne savent pas vraiment à quoi s’attendre.

Les travailleurs qui ont signé les lettres de licenciement ont reçu un contrat d’un mois seulement peu de temps après, dont les clauses n’ont pas été communiquées au syndicat. Ceux qui ont refusé de signer ont été mis en lock-out tandis que les responsables syndicaux qui ont essayé de se rendre à la mine ont été arrêtés ou se sont vus interdire son accès.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré:

Gold Fields Limited doit ordonner à la direction de Gold Fields Ghana Limited responsable de la mine Tarkwa de revenir  immédiatement sur la décision de résilier les contrats permanents de plus de 2 150 travailleurs, d’entamer des négociations de bonne foi avec le syndicat des mineurs du Ghana – par conséquent, de répondre à ses demandes répétées de participer aux négociations, entre autres, sur les ajustements salariaux de 2018 et la révision de la convention collective – et de respecter les droits fondamentaux des travailleurs et des responsables syndicaux.

Le syndicat a également annoncé envisager lancer une campagne internationale pour dénoncer à des bourses internationales où la compagnie est cotée: Johannesburg, New York et Suisse, les manœuvres d’intimidation des travailleurs de Gold Fields et le mépris de leurs droits. Une pétition sera envoyée à l’OIT, et les syndicats sud-africains et les syndicats mondiaux seront contactés pour en appeler à leur solidarité.

“100 jours à snober les travailleurs et travailleuses du Zimbabwe,” déclare la centrale syndicale

Comme aucune tentative n’a été faite pour rencontrer les travailleurs ou les syndicats, que ce soit dans les secteurs formel ou informel, la centrale syndicale dit que cela montre clairement qu’il n’y a aucun engagement à améliorer le sort des travailleurs et travailleurs du Zimbabwe. Le ZCTU dit que l’inclinaison du gouvernement est de poursuivre l’austérité néo-libérale et les politiques de libre concurrence en ignorant les droits des travailleurs.

Les licenciements et les conditions de travail précaires sont choses courantes au Zimbabwe. Les allocations sociales, y compris les pensions, ont été laminées durant la période d’hyperinflation qui a connu son apogée en 2008 et le chômage est estimé à plus de 90%. Avec un chômage des jeunes élevé, les chances pour les personnes âgées de moins de 35 ans de trouver un emploi sont minces.

Les rares travailleurs qui ont un emploi sont soit payés partiellement, soit payés avec retard. Le piquet formé par 300 femmes qui revendiquent le versement des salaires de leurs époux auprès de la compagnie des charbonnages Hwange, dont l’État est l’actionnaire majoritaire, et qui a débuté le 27 janvier, illustre la gravité de la situation. Les arriérés de salaires remontent à cinq ans. Dans l’intention d’évincer les femmes qui campaient dans les emprises de la compagnie depuis un mois, sans avoir donné suite à leurs doléances, Hwange Colliery a même porté l’affaire devant une haute juridiction, qui l’a déboutée. La Ministre du travail, Petronella Kagonye, est actuellement sur place pour résoudre le conflit.

De plus, il est difficile pour ceux qui ont un emploi de retirer leurs maigres émoluments en raison du manque d’argent liquide. Ainsi, les travailleurs passent de longues heures à faire la queue pour ne recevoir au bout du compte que de faibles montants qui ne sont pas suffisants pour leurs besoins.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne fait ce commentaire :

Tandis que nous saluons les déclarations sur les plans de redressement économiques qui concernent les entreprises et les investisseurs, ceci ne peut pas se faire à l’exclusion des travailleurs et des syndicats qui sont des acteurs clés. Le rôle que les travailleurs et travailleuses jouent au niveau du développement économique est critique et ne doit pas être sapé par le gouvernement du Zimbabwe.

Les affiliés d’IndustriALL au Zimbabwe qui appartiennent au ZCTU sont le Syndicat national des travailleurs de l’ingénierie, le Syndicat national des mineurs du Zimbabwe, le Syndicat national des industries du vêtement, le Syndicat national du métal et des industries connexes du Zimbabwe, le Syndicat des travailleurs de la chimie, du plastique et des secteurs connexes du Zimbabwe ainsi que le Syndicat des travailleurs du textile du Zimbabwe.

Mnangagwa a pris les rênes du pouvoir en novembre 2017, après une intervention militaire qui a déclenché les événements ayant mené à l’éviction de l’ancien président Robert Mugabe, au pouvoir pendant 37 ans depuis l’indépendance à l’endroit du régime colonial britannique en 1980.

IndustriALL exhorte Shell à intervenir dans le cas des leaders syndicaux licenciés au Brésil

Rivael Marcos Batista, le président, Denilson Ramalho da Silva, le trésorier, et Orlando Monegato, le directeur suppléant du Syndicat des travailleurs ruraux de Boa Esperança do Sul (affilié à IndustriALL par le biais de la FERAESP), ont été licenciés aux unités de production d'Araraquara et Bocaina de Raízen Energia, dans l'État de São Paulo.

Ces trois syndicalistes récemment élus disent avoir été victimes de discrimination de la part de la direction de Raízen Energia en raison de leur affiliation syndicale. Ils ont ensuite été licenciés en décembre 2017 et janvier 2018, alors que la législation du travail brésilienne garantit la sécurité d'emploi aux responsables syndicaux.

Dans une lettre à Jorrit Van der Togt, le Vice-président exécutif en charge de la stratégie RH, le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, écrit :

"Il est impératif que Raízen Energia réintègre ces dirigeants syndicaux injustement licenciés, arrête de persécuter des travailleurs en raison de leur affiliation syndicale et instaure un dialogue digne de ce nom avec le syndicat afin de garantir le respect total des droits des travailleurs de Raízen Energia."

Raízen Energia est une coentreprise fondée en 2010 et détenue pour moitié par Shell et le producteur de bioéthanol, de sucre et d'énergie Cosan. Elle est devenue une des plus grandes entreprises du Brésil en termes de recettes et emploie près de 30.000 personnes dans 26 usines. Raízen Energia est le premier producteur du pays d'éthanol obtenu à partir de la canne à sucre et le premier exportateur de sucre de canne sur le marché international; c'est aussi un des principaux acteurs de la distribution et de la vente de carburants au Brésil.

En réponse à cette lettre, M. Van der Togt a écrit le 1er mars :

"Vous savez sans doute que Raízen Energia est une entreprise indépendante du groupe Royal Dutch Shell qui n'a aucune autorité sur elle. Elle a toutefois une éthique sociale et des normes de déontologie équivalentes à celles de Royal Dutch Shell."

M. Van der Togt ajoute que la lettre d'IndustriALL sera transmise au département des ressources humaines de Raízen Energia pour qu'il apporte des éclaircissements.

Or, d'après le site web de Shell, "Les entités et les structures non constituées en société sur lesquelles Shell exerce un contrôle partagé sont généralement appelées "coentreprises" et "sociétés communes" respectivement", dont il faut conclure que Shell contrôle effectivement Raízen Energia.

La FERAESP affirme que Raízen Energia pose de graves problèmes s'agissant des conditions de travail des travailleurs ruraux, notamment en matière de non-respect des normes internationales, en particulier celles relatives aux syndicats. Le syndicat fait aussi état de vives préoccupations en matière de santé et de sécurité après les décès de trois travailleurs aux unités de Barra Bonita, Dois Córregos et Tarumã.

"Les conditions de travail dans ces usines qui dépendent de Raízen Energia se sont dégradées," déclare le Président de la FERAESP, Jotalune Dias dos Santos, qui fait remarquer que "les cadences imposées par l'industrie sont cause d'accidents, parfois mortels."

IndustriALL a lancé une campagne mondiale contre Shell, réclamant de cette entreprise qu'elle applique les mêmes valeurs et les mêmes droits au travail dans tous ses sites, partout sur la planète.

Iran: arrestation de 10 travailleurs après les manifestations sur les salaires impayés de 4 000 sidérurgistes

Les dix travailleurs auraient été arrêtés par la police à leur domicile dans la nuit du 1er au 2 mars dans le cadre de l’exécution des mandats d’arrêt délivrés par le bureau du procureur d’Ahvaz. Le motif de leur arrestation n’a pas été donné.

Les travailleurs de l’aciérie ont organisé une série de grèves et de manifestations depuis la fin du mois de janvier et n’ont pas été payés depuis trois mois.

Suite aux arrestations, des centaines de travailleurs ont défilé dans les rues d’Ahvaz le 3 mars, en exigeant la libération des travailleurs emprisonnés et le paiement des salaires au slogan de: « Nous avons besoin de pain, d’un traitement médical et de médicaments ».

Dans une lettre au Président iranien, Hassan Rouhani, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Nous vous demandons d’intervenir immédiatement pour garantir le versement des salaires impayés des 4 000 travailleurs de la compagnie Iranian National Steel Industrial Group à Ahvaz, d’assurer la libération des travailleurs et de protéger les droits fondamentaux des travailleurs, dont leurs droits à devenir membres du syndicat de leur choix et à mener des négociations collectives ».

En octobre 2017, la Banque nationale iranienne a vendu le complexe sidérurgique au magnat iranien, Abdolreza Mousavi, dans l’espoir de recouvrer ses créances. L’entreprise a été mal gérée et fonctionne actuellement à 10 pour cent de sa capacité réelle. Considérée en faillite, il lui est impossible d’acheter des matières premières.

L’Iran est le 14e plus important producteur d’acier au monde. Sa capacité de production sidérurgique a plus que triplé depuis 2007 pour atteindre 37 millions de tonnes par an et le gouvernement iranien a annoncé son intention d’accroître cette capacité à 55 millions de tonnes d’ici à 2025.

Durant la session plénière du Comité de l’acier de l’OCDE à Paris, le 5 Mars, le Directeur d’IndustriALL pour les métaux de base, Adam Lee, a averti que cette hausse de la production d’acier en Iran et au Moyen-Orient conjuguée avec le non-respect des droits fondamentaux du travail dans la région est profondément préoccupante, citant l’arrestation des dix sidérurgistes à Ahvaz.

« Nous exhortons le Comité de l’acier de l’OCDE à attirer l’attention des gouvernements du Moyen-Orient sur les questions préoccupantes de la surcapacité sidérurgique et de la violation des droits fondamentaux des travailleurs », a indiqué Lee. 

RDC : IndustriALL soutient le nouveau code minier en revendiquant une plus grande part pour les travailleurs

La RDC va couler demain en force de loi un nouveau code minier, approuvé par le parlement en janvier 2018 et dévoilé lors de l’Indaba du secteur des mines en Afrique, qui s’est tenu au Cap début février et auquel IndustriALL a participé pour représenter les syndicats.

Les syndicats de RDC sont d’avis que ce code est un progrès, car il vise à prendre en compte les failles qui ont permis à des compagnies minières d’accumuler des bénéfices aux dépens des travailleurs et travailleuses et des communautés riveraines. Bien que la RDC soit richement dotée en ressources naturelles, ses 80 millions de citoyens font partie des plus pauvres au monde. En dépit de milliards de dollars d’investissements privés dans les mines, il y a eu très peu de bénéfice pour la population du pays.

Il n’est que normal que la population de RDC bénéficie du boum actuel sur les matières premières généré par le cobalt. La demande de cobalt, alimentée par celle pour les batteries de smartphones et de véhicules électriques, a fait grimper en flèche sa valeur à 75.000 dollars la tonne en un an, soit de 127%, et celle du cuivre au-delà des 7.000 dollars.

Ce code augmente les taxes et les redevances perçues des compagnies minières et prend en compte les préoccupations environnementales ainsi que les droits des communautés riveraines, en particulier de celles dont les moyens d’existence dépendent de l’agriculture, et qui sont affectées par l’exploitation des mines.

Le code augmente les redevances de 2 à 3,5% pour le cuivre et le cobalt. Celles-ci sont supérieures dans les pays voisins : Zambie (6 pourcents), Ghana (5) et Tanzanie (4). La part de l’État augmente également pour passer de 5 à 10%, qui doivent revenir à la compagnie minière publique Gécamines. Le code vise également à augmenter l’impôt sur les sociétés de 30 à 35%.

L’introduction de ce nouveau code se heurte à l’opposition des compagnies minières Randgold, Glencore, China Molybdenam et Ivanhoe. Des PDG de compagnies minières se sont rendus en RDC pour pratiquer un lobbying contre le code auprès du Président Joseph Kabila.

Lors d’une récente visite en RDC, IndustriALL a été témoin d’un contraste frappant entre les conditions déplorables rapportées par les travailleurs des sites de Glencore et des mines artisanales des entreprises chinoises et les infrastructures disponibles sur les sites de Gécamines. Cependant, Gécamines ne dispose pas du capital pour développer le potentiel minier de la RDC. La légère augmentation des redevances va donner à la RDC le capital nécessaire pour développer son potentiel minier, créer des emplois et améliorer les infrastructures, y compris en termes de routes, d’écoles et d’hôpitaux.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a écrit au Président Kabila en ces termes pour soulever les problématiques syndicales :

“Nous sommes attristés et scandalisés par ce que nous avons découvert : les abus et violations au quotidien des droits fondamentaux du travail que connaissent les mineurs congolais occupés sur ces sites sont un mépris total des législations du pays et des dispositions en matière de conventions collectives.

“Compte tenu des conditions de travail affligeantes en vigueur au niveau de certaines compagnies minières multinationales au sein du pays, nous attachons une importance extrême à la mise en application effective de ce nouveau code minier.”