Un syndicat conteste le licenciement de 340 mineurs par Abosso Gold Fields, au Ghana

D'après le Syndicat des mineurs du Ghana (GMWU), affilié à IndustriALL Global Union, ces licenciements sont dirigés contre le syndicat parce que ce sont tous les travailleurs syndiqués qui ont été renvoyés à Tarkwa. Après ces licenciements, Abosso Gold Fields a proposé des contrats de six mois à deux ans à certains travailleurs.

Le syndicat voit dans ces licenciements une attaque contre les conventions 87 et 98 de l'Organisation internationale du travail (OIT). Ce sont par exemple la liberté syndicale et le droit de grève qui ont été violés lorsque des travailleurs ont été roués de coups par des militaires pendant une grève à Tarkwa, au mois de mars. Ces brutalités ont causé l'hospitalisation de certains travailleurs pour blessures. Le droit de s'organiser et de négocier collectivement est lui aussi menacé.

Pour le Prince William Ankrah, Secrétaire général du GMWU,

"La décision impitoyable de Gold Fields Ghana de licencier tous les salariés de la mine de Tarkwa, en dépit des affirmations de son P-DG (Nick Holland), relève de la mauvaise foi et est une attaque contre les droits fondamentaux des travailleurs à la liberté syndicale et la négociation collective. Sans aucune forme de protection, ces salariés sous soi-disant contrat à durée déterminée sont à la merci de l'entreprise."

Le syndicat est opposé à cette dévalorisation des contrats des travailleurs qui, de permanents, deviennent occasionnels. En optant pour le travail occasionnel, Gold Fields détruit des emplois récents et les remplace par des emplois précaires et des conditions de travail dégradées.

William Ankrah ajoute : "Le syndicat est persuadé que les impératifs commerciaux de la mine de Tarkwa de Gold Fields Ghana ne nécessite pas de recourir à de la main-d’œuvre contractuelle et que le licenciement de salariés en invoquant des sureffectifs est contestable. Les agissements de Gold Field sont une attaque calculée contre le syndicat et contre la négociation collective. En réalité, ses actions visent délibérément à supprimer toutes les avancées obtenues par la négociation collective et, de ce fait, vont à l'encontre de l'Agenda pour le travail décent de l'OIT."

Alors que les négociations se poursuivent, un comité du ministère du Travail, des Ressources foncières et naturelles est intervenu dans le conflit et le GMWU s'est pourvu devant la justice pour demander l'annulation des licenciements.

Paule France Ndessomin, la Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, estime que le GMWU a raison de réagir. "Il faut s'opposer au licenciement d'autant de travailleurs et Ghana Gold Fields ne doit pas être autorisée à licencier les travailleurs comme bon lui semble. L'emploi décent doit être préservé et pas remplacé par du travail précaire."

Les syndicats sud-africains rendent hommage à Winnie Madikizela-Mandela

Emprisonnée, arrêtée, astreinte à domicile et persécutée sous le régime de répression et d’intimidation notoire de l’apartheid, elle était parmi les figures de proue les plus courageuses de la lutte acharnée pour la démocratie en Afrique du Sud. Durant les années d’emprisonnement, à Robben Island, de son ex-mari Nelson Mandela ainsi que d’autres hauts dirigeants du Congrès national africain (ANC) et de la résistance, elle a dirigé la lutte depuis les tranchées en tant que l’une de ses égéries. Elle a en outre occupé les hauts postes de présidente de la Ligue des femmes et de membre exécutive du parti au pouvoir au sein de l’ANC; et a été vice-ministre des arts, de la culture, des sciences et de la technologie au sein du premier gouvernement démocratique d’Afrique du Sud.

A l’annonce de sa mort, les messages de condoléances ont afflué de toutes les couches de la société et des quatre coins du monde. Les syndicats ont également rendu hommage au rôle fondamental qu’elle a joué dans la lutte contre l’apartheid et l’Afrique du Sud post-démocratique. 

Le porte-parole du Congrès des syndicats d’Afrique du Sud, Sizwe Pamla, a déclaré: « Elle a affronté et courageusement combattu le régime criminel de l’apartheid auquel elle a survécu. Tout au long de sa vie, elle a combattu pour la justice sociale et n’a jamais hésité à défendre la vérité devant le pouvoir, même après la percée démocratique de 1994. Elle a été une voix intrépide et une défenseuse courageuse des intérêts de la classe ouvrière, et s’est prononcée contre la perpétuation de la ségrégation de l’apartheid, le creusement des inégalités et l’aggravation de la pauvreté. Elle a défendu sans crainte et parti pris la transformation économique, et s’est toujours exprimée contre l’injustice sociale ».

Zwelinzima Vavi, Secrétaire général de la Fédération sud-africaine des syndicats, a déclaré: « Nous avons perdu une vaillante combattante dans la lutte de notre peuple pour l’émancipation. C’était une femme révolutionnaire, qui n’a jamais été préparée à être seulement l’épouse de Nelson Mandela mais une combattante intrépide forgée dans la lutte contre l’apartheid et un modèle pour les femmes actuelles. Elle restera toujours une source d’inspiration pour les générations futures de femmes révolutionnaires ».

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL Global Union pour l’Afrique sub-saharienne, s’est rappelée de son exceptionnelle bravoure. « L’héritage de Winnie Madikizela-Mandela est celui d’une femme qui a combattu courageusement contre la répression de l’apartheid. Son combat, qui l’a amené à faire d’énormes sacrifices personnels, est une source d’inspiration pour nous tous. C’est l’héroïne du peuple, ce qui lui a valu son nom de Mère de la Nation ».

Indignation après que le convoi de la campagne électorale de l’ex-président Lula a essuyé des coups de feu

Onze Fédérations syndicales internationales ont écrit à Maria Nazareth Farani Azevêdo, l’Ambassadrice du Brésil auprès des Nations Unies à Genève et au Ministre de la Sécurité publique du Brésil pour exhorter les autorités à prendre cette affaire au sérieux.

“Nous appelons les autorités brésiliennes à enquêter et punir les auteurs de ces attaques criminelles et à assurer un exercice normal et pacifique du processus politique, afin que le Brésil puisse retrouver une coexistence démocratique,” a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union.

On connaît une escalade des attaques contre la démocratie au Brésil, allant du sabotage systématique de l’élection présidentielle en 2014 au coup d’État parlementaire contre la Présidente Dilma Rousseff en 2016. Il y a eu des attaques à l’encontre des programmes sociaux et des droits fondamentaux des travailleurs. Les autorités judiciaires du Brésil cherchent à poursuivre l’ancien président Lula, sans aucune preuve, dans le cadre de l’enquête pour corruption qui touche la compagnie pétrolière étatique Petrobras.

“S’ils pensent qu’ils peuvent nous intimider, ils se trompent. Tout ceci ne fait que nous rendre plus forts,” a déclaré Lula.

“Nous sommes indignés et extrêmement préoccupés par l’annonce que le convoi de l’ancien Président Lula a été victime d’une attaque criminelle. Nous sommes pleinement solidaires de l’ancien Président Lula et des centaines de milliers de personnes qui ont participé aux différentes manifestations démocratiques et pacifiques pour le soutenir partout dans le pays,” a déclaré Sharran Burrow, Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI).

Ce courrier a été avalisé par toutes les Fédérations syndicales internationales, qui représentent plus de 200 millions de travailleurs et travailleuses de par le monde : la Confédération syndicale internationale, IndustriALL Global Union, l’Internationale des Travailleurs du Bâtiment et du Bois, l’Internationale de l’Éducation, IAEA Global Union, la Fédération internationale des journalistes, UNI Global Union, la Fédération internationale des ouvriers du transport, l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes, l’Internationale des services publics ainsi que la Commission consultative syndicale auprès de l’OCDE.

Les Fédérations syndicales internationales défendent le droit constitutionnel de l’ancien président Lula à prouver son innocence en faisant appel des condamnations prononcées par les juridictions ordinaires ainsi que son droit constitutionnel de liberté de mouvement, de parole et de se présenter à la prochaine élection présidentielle.

Le mouvement syndical international rend hommage à l’importante contribution, qui va au-delà du Brésil, des anciens gouvernements du Président Lula dans la mise en œuvre d’un paradigme international de croissance économique prévoyant l’inclusion sociale par la création d’emploi et de revenus pour des millions de brésiliens, en combinant la souveraineté nationale et la solidarité internationale.

Les mines sud-africaines continuent de faire des victimes

Les mines sud-africaines, qui sont les plus profondes du monde, se transforment en pièges mortels pour les mineurs. La majorité des accidents sont causés par l’activité sismique et les roches qui explosent sous la pression.

Selon la Chambre des mines, 82 mineurs sont morts en 2017 contre 73 en 2016. Les efforts précédemment entrepris pour parvenir à « zéro blessure » selon le Cadre de transformation de la culture du secteur minier sud-africain semblent avoir été réduits à néant. Le Cadre met l’accent sur l’importance d’avoir une industrie minière « sûre, saine et productive, et où les risques sont contrôlés à leur source grâce à l’action concertée de tous les partenaires tripartites ».

L’affilié à IndustriALL, le syndicat national des mineurs (NUM – National Union of Mineworkers) a indiqué que les accidents et les décès ainsi que l’aggravation des conditions de sécurité dans les mines sont dus au fait que les compagnies minières se préoccupent moins de préserver la vie des travailleurs que d’engranger des bénéfices.

Peter Bailey, président de la santé et de la sécurité du NUM, a indiqué:

Depuis le début de l’année, 17 mineurs ont trouvé la mort, et cinq accidents mortels se sont produits à Sibanye-Stillwater. Nous demandons que l’on intervienne plus sérieusement dans  les activités de Sibanye-Stillwater en Afrique du Sud. Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation où il devient normal que des travailleurs trouvent la mort dans l’exercice de leur fonction.

Craignant que les mineurs travaillent de longues heures et manquent de temps de repos, le NUM a lancé un appel au gouvernement d’Afrique du Sud pour qu’il enquête sur les conditions de travail dans les mines, y compris sur les heures de travail effectués et les jours de congé octroyés. Une formation adéquate sur la santé et la sécurité ainsi qu’une meilleure communication entre les compagnies minières et les travailleurs devraient également figurer au nombre des mesures à développer.

Glen Mpufane, directeur d’IndustriALL pour le secteur minier, a déclaré:

Il est inacceptable que les travailleurs continuent de mourir d’accidents évitables du fait qu’ils travaillent dans des conditions dangereuses dans les mines. Les compagnies minières doivent se conformer aux normes de sécurité les plus élevées et faire preuve d’une diligence raisonnable pour protéger la vie des travailleurs. Faute de quoi, l’industrie minière réalise des profits aux dépens de la vie des travailleurs.

Les métallurgistes célèbrent une hausse salariale au Japon

À l’issue de la traditionnelle session de négociations salariales du printemps, connue au Japon sous l’appellation Shunto, “Offensive syndicale de printemps”, les plus importants syndicats qui composent le Conseil des Syndicats de Métallurgistes du Japon (JCM), un affilié d’IndustriALL, ont reçu pour le 14 mars des réponses à leurs revendications en vue d’augmentations salariales. La plupart des syndicats sont déjà occupés à conclure de nouvelles conventions collectives.

Cette année, 52 syndicats membres du JCM ont obtenu une augmentation salariale supérieure à celle de l’an dernier. À partir du 19 mars, les travailleurs et travailleuses bénéficieront en moyenne d’une augmentation de 1.541 yens en plus de la hausse normale et proportionnelle. La hausse de cette année est d’environ 500 yens plus élevée que celle de l’an dernier.

Un débat plus large sur la survie du secteur et de ses entreprises, face au changement structurel, a eu lieu par le biais de négociations entre syndicat et direction au sein de chaque entreprise. Pour cette raison, les négociations sur l’augmentation salariale se sont tendues lors de leur phase finale. Après avoir marqué leur accord sur la hausse de cette année, les entreprises du secteur automobile ont exprimé une certaine préoccupation quant à de possibles prochaines augmentations en raison de la concurrence croissante par rapport au développement de véhicules électriques et autonomes.

Dans l’industrie de l’électronique, les syndicats ont obtenu de bons résultats dans 13 grandes entreprises, dont Panasonic et Hitachi ; les travailleurs et travailleuses du secteur bénéficieront d’une hausse de leur salaire de base de 1.500 yens, soit 500 de plus que l’an dernier.

Commentant les résultats obtenus lors de l’Offensive syndicale de printemps en 2018, le Président du JCM, Akira Takakura, a déclaré :

“Nous sommes convaincus que ce résultat va contribuer à renforcer le socle industriel ainsi que la motivation et la vitalité de nos adhérents syndicaux, dans la lignée de notre revendication visant à “investir dans les gens”. Nous espérons que ce résultat va également donner le ton aux négociations à venir dans les petites et moyennes entreprises et avoir un effet positif pour l’amélioration des conditions de travail des travailleurs et travailleuses non-permanents.”

Une application effective des ACM dans l'industrie de l'habillement

Ces ateliers étaient centrés sur le renforcement des relations professionnelles et du dialogue social par une mise en œuvre effective des ACM dans la chaîne d'approvisionnement de la confection.

Cela implique de planifier et d'évaluer le processus de mise en application des ACM, les mécanismes de règlement des litiges et la gestion conjointe, ainsi que d'organiser des ateliers syndicaux afin de sensibiliser aux ACM et de former des délégués d'atelier qui veilleront à la bonne utilisation des dispositions des divers ACM.

Le Comité national de surveillance (National Monitoring Committee, NMC), qui a en charge la mise en application de l'ACM chez H&M, a discuté des difficultés auxquelles se heurte le processus actuel et des améliorations à y apporter. Les participants ont envisagé la mise en place de nouveaux mécanismes d'application des dispositions de l'ACM qui permettraient de régler les problèmes dans l'atelier même, d'améliorer la sécurité, les conditions de travail et de protéger la liberté syndicale et le droit de négocier collectivement des travailleurs dans la chaîne d'approvisionnement du prêt-à-porter.

Les participants ont aussi passé en revue les initiatives et stratégies de recrutement afin d'améliorer le taux de syndicalisation dans l'industrie du vêtement. Ces ateliers offrent aux travailleurs une tribune unique qui leur permet d'appréhender le cadre institutionnel et le processus de règlement des litiges des ACM et de discuter des problèmes propres à leur lieu de travail avec des représentants de la direction.

Christina Hajagos-Clausen, directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie du vêtement, nous dit :

Nous renforçons les relations professionnelles et le dialogue social dans l'industrie du vêtement et nos ACM y contribuent. Nous nous efforçons de relever les défis et d'améliorer les mécanismes institutionnels tout en sensibilisant les travailleurs et les employeurs à l'existence de ces accords. Grâce à la participation active des travailleurs, nous jetons les jalons d'une nouvelle amélioration des relations professionnelles et du dialogue social.

Des représentants de H&M et d'Inditex, de l'Accord sur la sécurité incendie et la sécurité des bâtiments au Bangladesh et des directions de marques d'habillement ont également participé.

IndustriALL et l’IBB portent plainte devant l’OCDE contre BHP Billiton et Vale

L’affilié à l’IBB, le syndicat des industries de la construction, du génie-conseil et des concessions de l’Etat du Minas Gerais (SITICOP) ainsi que l’affilié syndical brésilien à IndustriALL, CNQ-CUT, ont également signé la plainte.

Cette dernière porte sur les conséquences de la rupture du barrage Fundão, situé près de Mariana, dans l’Etat de Minas Gerais, au Brésil, le 5 novembre 2015. Le barrage, qui retenait des millions de litres de résidus provenant de la mine de minerai de fer Germano, est exploité par Samarco Mineração S.A., une joint-venture entre les compagnies minières BHP Billiton et Vale S. A. La rupture du barrage a causé la mort de 19 personnes, dont 14 travailleurs.  En outre, 700 familles ont perdu leurs logements et plus de 2 000 travailleurs employés dans les secteurs minier, de la construction, du commerce, de l’électricité et agricole se sont retrouvés sans emploi.

Ambet Yuson, Secrétaire général de l’IBB, a déclaré: « Malgré les efforts constants déployés par les syndicats pour que Samarco accorde un dédommagement adéquat aux familles, mette en œuvre des mesures visant à empêcher la survenue d’autres catastrophes et garantisse sa conformité avec l’ensemble des normes du travail et de sécurité, la compagnie a refusé.  C’est inacceptable. Les travailleurs et leurs familles ont assez souffert; et des mesures immédiates doivent être prises pour mettre fin à cette tragédie qui a frappé les victimes de la rupture du barrage ».  

La plainte mentionne les violations aux Lignes directrices de l’OCDE pour les entreprises multinationales commises par Vale S.A. et BHP Billiton concernant leur défaut: 1) d’accorder un dédommagement adéquat et d’établir un processus de dépollution légitime auquel les collectivités et travailleurs affectés seront associés, 2) de respecter les droits syndicaux, 3) de garantir des normes en matière de sécurité et de santé adéquates, y compris le respect de la législation sur le temps de travail et 4) d’exercer une diligence raisonnable à laquelle les parties prenantes, y compris les syndicats, participeront.

« La catastrophe de la rupture du barrage Fundão est une histoire d’horreur de la production à n’importe quel prix. Samarco a ignoré les mises en garde techniques et fait fi des protocoles fondamentaux relatifs aux résidus et à la sécurité du barrage avec les résultats catastrophiques que nous connaissons. Samarco ne s’est pas préparée non plus aux situations d’urgence, ce qui fait que les travailleurs et les résidents n’étaient eux-aussi absolument pas préparés à la rupture du barrage, provoquant la perte de vies et des dégâts. En déposant plainte au titre des Lignes directrices de l’OCDE, nous voulons que la compagnie soit tenue responsable de sa négligence devant les syndicats représentatifs », a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union.

IndustriALL et l’IBB ont déposé plainte auprès des points de contact nationaux de l’OCDE au Brésil, en Australie et au Royaume-Uni le 26 mars 2018. 

Déclaration d’IndustriALL sur les événements récents concernant les droits de douane sur l’acier et l’aluminium

Les affiliés d’IndustriALL représentent des millions de travailleurs et travailleuses des métaux de base au sein de pays de premier plan du secteur, parmi lesquels l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, toute l’Union Européenne, l’Inde, le Japon, le Kazakhstan, la Corée, le Mexique, la Russie, l’Afrique du Sud, la Turquie, l’Ukraine et les États-Unis.

Voici la déclaration intégrale :

Le 2e Congrès d’IndustriALL Global Union, tenu à Rio de Janeiro en octobre 2016, a débattu de manière intensive des problématiques commerciales. En vertu de la Résolution politique, adoptée à l’unanimité, “IndustriALL doit jouer son rôle au sein du mouvement syndical mondial et de la société au sens large afin de développer notre vision d’un commerce mondial équitable qui satisfasse toutes les parties.”

Cette Résolution politique ajoute : “Le commerce doit assurer une meilleure redistribution des richesses entre les pays et en leur sein et il doit rejeter l’idéologie économique néolibérale qui a échoué, fondée sur la déréglementation, la libéralisation et la privatisation encore prônées par cette nouvelle génération d’accords commerciaux. Nous appelons un nouveau débat mondial autour d’un cadre commercial équitable qui préserve les normes démocratiques et l’intérêt public, et qui présente suffisamment de latitude pour inclure des politiques sociales plaçant l’individu au premier plan”

Le gouvernement des États-Unis a annoncé début mars qu’il allait imposer des droits de douanes de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium de sorte à garantir la sécurité nationale du pays. À dater du 23 mars, jour où ces droits de douane entrent en application, les États-Unis en ont exempté, souvent pour des raisons floues, pour une période non déterminée et sans connexion évidente avec la sécurité nationale, les pays suivants, étant entendu que ces exemptions pourraient prendre fin si les gouvernements de ces pays n’offraient pas certaines concessions indéterminées au gouvernement des États-Unis lors de négociations séparées : l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la Canada, l’Union Européenne, le Mexique et la Corée du Sud.

Dans ces circonstances, IndustriALL Global Union et ses syndicats affiliés du secteur des métaux de base réitèrent une fois encore leur appel à un commerce mondial équitable qui satisfasse toutes les parties et à des efforts accrus pour combattre le problème mondial persistant que sont les surcapacités en matière d’acier et d’aluminium. Bien que nous soutenions fermement les efforts visant à préserver et créer des emplois dans les industries de l’acier et de l’aluminium, nous critiquons la mise en place de droits de douane qui sont, comme dans le cas présent, appliqués sans discrimination, unilatéraux et injustes et peuvent provoquer une guerre commerciale. IndustriALL Global Union réitère son appel en faveur d’un système de commerce mondial équitable qui satisfasse toutes les parties et soit bâti sur le principe de la solidarité trans-frontalière entre les travailleurs.

Bien que les marchés mondiaux de l’acier et de l’aluminium se soient améliorés quelque peu depuis que les syndicats ont publié leur Déclaration sur la crise mondiale de l’acier lors de la Conférence mondiale d’IndustriALL Global Union sur les métaux de base en novembre 2016, les travailleurs et travailleuses de l’acier et de l’aluminium partout dans le monde continuent à être menacés par les surcapacités. Ces surcapacités se trouvent de manière écrasante en Chine, qui continue à subsidier de façon inéquitable ses industries de l’acier et de l’aluminium, et qui continue à déverser de l’acier et de l’aluminium dans nos pays, en le faisant parfois transiter par des pays tiers.

Nous réitérons dès lors, au départ de la Déclaration, notre “appel à prendre des mesures urgentes pour protéger nos emplois et nos communautés de la vague actuelle de destruction qui raye de la carte nos emplois industriels à l’échelle mondiale en érodant systématiquement les droits des travailleurs et les conditions de travail.”

Alors qu’il est évident que des initiatives pragmatiques, prises au jour le jour ne peuvent pas constituer des solutions durables, “seules des initiatives politiques multilatérales sont en mesure de venir à bout des problèmes politiques complexes”, comme il est dit dans la Résolution politique de notre 2e Congrès. Dans ce contexte, il est d’une importance critique de rechercher des dispositions et réglementations durables pour le commerce mondial au lieu de chercher des échappatoires temporaires comme des exemptions. Il ne sera jamais possible de trouver une manière adéquate d’aller de l’avant entre le protectionnisme et le dumping.

Nous sommes dévoués à encourager des négociations multilatérales et à faire tous les efforts nécessaires pour éviter de déclencher une guerre commerciale mondiale dans laquelle les travailleurs et travailleuses partout dans le monde sont ceux qui ont le plus à perdre.

Nos gouvernements doivent coordonner leurs efforts au sein des forums internationaux, comme le Comité acier de l’OCDE et le Forum mondial sur la capacité excédentaire de production de l’acier, pour mettre la pression sur la Chine afin qu’elle réduise ses capacités, qu’elle mette fin aux pratiques inéquitables qui sont à l’origine des surcapacités et pour prévenir l’émergence ou l’accroissement de surcapacités dans d’autres pays. IndustriALL Global Union va continuer à soutenir ces efforts, continuer à participer au Comité acier de l’OCDE et continuer à tenter d’ouvrir le Forum mondial sur la capacité excédentaire de production de l’acier à la participation des syndicats.

Nous nous engageons à exiger que nos gouvernements prennent des mesures fortes pour défendre nos membres contre un acier ou un aluminium dont le commerce est inéquitable, tout en exhortant nos gouvernements à s’assurer que ces actions ne portent pas préjudice aux travailleurs et travailleuses de l’acier et de l’aluminium, qui sont également menacés par ces surcapacités.

Nous revendiquons également de nos gouvernements qu’ils mettent en place des politiques industrielles pour préserver et créer des emplois dans les industries de l’acier et de l’aluminium. Nous devons œuvrer à renforcer la consommation interne, dans certaines régions du monde où la consommation par habitant est faible, de sorte à minimiser la dépendance aux décisions internationales et à promouvoir le développement local.

Nous nous engageons encore à augmenter la collaboration entre syndicats afin de combattre la problématique des surcapacités mondiales d’acier et d’aluminium. Cette collaboration permettra de s’assurer que ces surcapacités ne servent pas à nous diviser et donc à nous affaiblir, mais bien à renforcer notre puissance et notre solidarité syndicales au plan mondial.

Fin du communiqué

Afrique du Sud : les amendements à la loi sur le travail à la poubelle, disent les syndicats

Vêtus de T-shirts rouges, armés de sifflets, entonnant des chants de lutte diffusés à plein volume depuis un camion et dansant la toyi-toyi, des milliers de travailleurs ont défilé jusqu'aux bâtiments du gouvernement provincial et du ministère du Travail. Ce défilé a eu lieu le 23 mars, qui est aussi la Journée des droits de l'homme, qui commémore la résistance contre l'apartheid qui a conduit, en 1960, au massacre de Sharpeville, pendant lequel 69 personnes ont été abattues par la police parce qu'elle protestaient contre la loi sur les laissez-passer.

Le NUMSA et une coalition de vingt autres organisations, dont la Fédération sud-africaine des syndicats, à laquelle le NUMSA est affilié, le Bureau d'assistance aux travailleurs occasionnels et le Syndicat des travailleurs des industries diverses d'Afrique du Sud, affirment que ces amendements sont "une attaque concertée contre les travailleurs" qui exige une "contre-attaque".

Si ces amendements sont votés, les travailleurs vont perdre le droit de grève, le salaire vital et la négociation collective. D'autres droits extrasalariaux, en matière de logement notamment, qui font partie des prestations liées au salaire minimum de branche fixé par le ministère du Travail, en souffriront aussi. Ils diminueront aussi le droit à un mécanisme efficace et équitable de règlement des litiges.

La coalition réclame l'abandon des amendements sur le scrutin de grève, la réglementation des piquets de grève et l'allongement des procédures de conciliation et d'arbitrage obligatoires. Le droit de grève contre les licenciements abusifs doit être rétabli et il faut interdire aux employeurs d'utiliser des "jaunes" pour casser les grèves.

La prorogation des conventions collectives ne doit être possible que lorsque la majorité des travailleurs d'un secteur sont syndiqués. Les travailleurs doivent aussi être associés aux décisions sur le salaire minimum national. Une fois le salaire minimum arrêté, il faut que les inspecteurs du travail vérifient qu'il est bien appliqué.

Le NUMSA a aussi condamné l'instauration d'un salaire minimum national de 3.500 rands (294 $). Ce salaire minimum devait entrer en vigueur le 1er mai, mais il a été reporté.

Pour Paule France Ndessomin, la Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne :

Les droits des travailleurs sont des droits constitutionnels qui ne peuvent leur être enlevés et il faut s'opposer à toute tentative allant en ce sens. Nous nous rallions au NUMSA pour défendre le droit de grève. Nous défendons aussi le salaire minimum vital parce que c'est un des moyens pour les travailleurs et leurs familles d'échapper à la pauvreté.

IndustriALL avise l’industrie automobile des abus dont sont victimes les travailleurs des mines de cobalt de Glencore

IndustriALL, qui représente les travailleurs et travailleuses des industries des mines et de l’automobile, met à contribution son réseau mondial syndical de centaines de syndicats de l’automobile pour conscientiser le secteur sur les mauvais traitements infligés par Glencore à ses mineurs de cobalt, au sein de la chaîne d’approvisionnement de l’automobile.

L’industrie automobile est de plus en plus dépendante du cobalt, un métal essentiel pour les batteries, alors qu’elle dynamise sa production de véhicules électriques. Glencore est le plus gros fournisseur mondial de cobalt.

Un rapport d’une mission d’enquête d’IndustriALL en RDC en février 2018 révèle que les travailleurs des mines de cobalt des entreprises Kamoto Copper Company et Mutanda Mines, appartenant à Glencore, ne reçoivent que 750ml d’eau potable par poste de 12 heures et que l’entreprise fournit de la nourriture périmée et ne prévoit aucun endroit décent où manger à l’abri des éléments.

Il n’y a à disposition aucune douche ou lavabo sur les sites miniers, ce qui fait courir le risque de contamination et de maladies respiratoires professionnelles aux mineurs ainsi qu’à leur famille : “Nous sommes si sales quand nous rentrons chez nous que nous ne pouvons pas prendre nos enfants dans les bras,” a confié un travailleur.

La mission a également révélé que les travailleurs et leurs familles doivent parcourir 42 kilomètres pour se rendre au centre de santé de Glencore, ce qui oblige à partir de bon matin pour ne pouvoir rentrer qu’à la nuit tombée et, dans certains cas, sans avoir reçu de traitement.

La mission a eu lieu sur requête en urgence de l’affilié d’IndustriALL de RDC, le TUMEC, qui représente les travailleurs aussi bien de la compagnie Kamoto Copper que des mines de Mutanda.

Le TUMEC envisage de mener des actions de grève sur les disparités de salaire dans les mines de Glencore en RDC où, par exemple, un responsable blanc gagne 4.000 dollars par mois et ses assistants directs congolais 600 dollars par mois.

Le rapport souligne l’irrespect affiché par Glencore pour la convention collective avec le TUMEC et son refus de négocier. La mission a également révélé qu’il n’y avait eu aucune adaptation de salaire en cinq ans.

Plus de 60% de l’approvisionnement mondial en cobalt provient de RDC, qui est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Glencore, entreprise basée en Suisse, s’attend à ce que la demande pour ce métal, qui est également un composant essentiel des batteries de smartphone, augmente de 67% au cours des trois prochaines années. Les prix du cobalt ont plus que doublé au cours de l’année écoulée.

À la fin de l’année dernière, le partenariat Drive Sustainability, un groupement de constructeurs automobile de premier plan, dont BMW, Volkswagen et Ford, a lancé une nouvelle initiative afin d’identifier et de prendre en compte des questions éthiques, environnementales, humaines et de travail associées à l’approvisionnement en matières premières. IndustriALL appelle tous les constructeurs automobiles à faire preuve de diligence raisonnable dans l’approvisionnement du cobalt pour leur secteur.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

“Les entreprises automobiles doivent être à la hauteur des attentes de leurs clients, qui sont que les véhicules électriques qu’ils leur vendent soient produits de façon responsable. Le cobalt de Glencore, qui est essentiel pour les batteries de ces véhicules électriques, est tout sauf cela.

“Nous ne leur demandons pas de ne pas acheter à Glencore, nous leur demandons de faire pression sur l’entreprise pour qu’elle se montre à la hauteur de ce dont elle se prévaut elle-même concernant la production responsable et le respect des droits des travailleurs et des communautés au sein desquelles elle développe ses activités.”

IndustriALL a adressé par écrit au PDG de Glencore, Ivan Glasenberg, un cahier de revendications pour porter remède à la situation des travailleurs et travailleuses de ses mines de RDC.

Glencore emploie 15.000 personnes en RDC, par le biais de ses filiales Mutanda Mining et Katanga Mining, à qui appartient la compagnie Kamoto Copper. En 2016, sept travailleurs sont morts chez Katanga à la suite de l’effondrement de la paroi d’une mine à ciel ouvert.