Turquie : Les syndicats, unis, réclament un salaire de subsistance dans le secteur du textile et de l'habillement

Cet engagement a été annoncé lors d'une réunion qui s'est tenue à Istanbul, où les entreprises signataires de l'ACT avaient rencontré IndustriALL et ses affiliés turcs – Teksif, Öz İplik İş, Disk/Tekstil et Deritek – pour discuter de sa mise en œuvre dans l'industrie de l'habillement en Turquie.

L'initiative ACT mène des campagnes semblables dans les principaux pays producteurs de textile et d'habillement dans le but de transformer l'industrie par des salaires de subsistance obtenus par une négociation collective à l'échelle de l'industrie et liée aux pratiques d'achat.

Dans la plupart de ces pays, dont la Turquie, les salaires des travailleurs sont bien inférieurs au salaire de subsistance. Il s'avère de plus en plus que les marques et les distributeurs ne pourront obtenir une augmentation des salaires des travailleurs de la chaîne d'approvisionnement de ce secteur en agissant seuls. L'ACT a pour but de rapprocher les marques mondiales, les distributeurs, les syndicats, les fabricants et les gouvernements afin d'imposer ensemble des salaires de subsistance.

Le secteur du textile, de l'habillement et du cuir est un moteur de l'économie turque et un de ses trois plus grands exportateurs. La Turquie figure au premier rang des pays producteurs de textile et de vêtements. Alors que les statistiques officielles font état de près d'un million de personnes employées dans le secteur, plusieurs études tenant compte de l'économie souterraine estiment ce chiffre à plus du double.

Le salaire minimum légal est fixé chaque année par le Conseil du salaire minimum, composé de représentants du gouvernement, des employeurs et des syndicats. Le Conseil prend ses décisions à la majorité des voix. En règle générale, le salaire minimum est fixé de commun accord par le gouvernement et les employeurs, malgré l'opposition des organisations syndicales.

Le salaire minimum légal brut pour 2018 est 2.029,50 livres (environ 500 $), soit un salaire net de 1.603,12 livres (environ 400 $). La plupart des travailleuses et travailleurs du textile et de l'habillement gagnent pratiquement ce salaire minimum, très inférieur à un salaire de subsistance.

Un des thèmes de la réunion était l'incapacité des mécanismes de détermination du salaire minimum à amener les rémunérations au niveau d'un salaire de subsistance et la manière dont l'ACT doit agir pour obtenir des conventions collectives sectorielles qui, à partir de ces mécanismes, permettront d'obtenir des salaires de subsistance négociés par les syndicats nationaux et les employeurs.

Les participants ont pris conscience que les pratiques d'achat ont une fonction essentielle pour ce qui est de l'obtention d'un salaire de subsistance. Les membres de l'ACT s'efforcent de faire en sorte que leurs pratiques d'achat respectives permettent l'octroi d'un salaire de subsistance.

Les affiliés turcs d'IndustriALL ont avancé plusieurs suggestions quant aux pratiques d'achat des marques impactant le plus négativement les salaires et les conditions de travail, comme par exemple la négociation des prix d'achat, la détermination des prix de la main-d’œuvre, sa planification et la prévision en la matière.

Avant la réunion avec les signataires de l'ACT, les affiliés turcs d'IndustriALL ont convenu d'élaborer leur dialogue et leur collaboration en publiant des positions communes et en menant des actions conjointes lorsque c'est possible. Ils ont aussi discuté de leur coexistence dans ces processus, des projets et structures relevant des accords-cadres mondiaux conclus par IndustriALL et de leur collaboration et leur action en commun dans le processus ACT.

"Nous exprimons nos plus vives félicitations à nos affiliés turcs du secteur du textile, de l'habillement et du cuir pour leur démarche authentique et sincère en vue d'une coopération entre eux," a déclaré la Secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Jenny Holdcroft.

"Nous avons déjà accompli un travail fructueux et exemplaire en Turquie en utilisant des accords-cadres mondiaux pour recruter des adhérents et développer le dialogue social chez plusieurs fournisseurs. Le moment est venu de mettre en œuvre l'initiative ACT pour de meilleurs salaires dans le secteur. Je suis certaine que nous y arriverons".

Du carton au plastique: les travailleurs de Sainte-Lucie menacés de perdre leurs emplois

La menace de perte d’emplois a surgi après que l’exportateur de bananes Winfresh ait annoncé vouloir remplacer les cartons fabriqués par Winera, à Sainte-Lucie, par des caisses en plastique importées des USA en réponse à une tendance de l’ensemble de l’industrie des supermarchés britanniques de passer des caisses en carton à des caisses en plastique recyclable IFCO.

Ce changement supprimera 150 emplois, avec des conséquences considérables sur les travailleurs, leurs familles et l’économie dans ce petit pays des Caraïbes.

« Les entreprises décident souvent sans autre considération », a déclaré NUW. « Mais, lorsque les emplois sont en jeu, les employeurs et le gouvernement doivent faire plus pour protéger les travailleurs et l’économie locale ».

Le syndicat fait pression sur l’entreprise pour qu’elle investisse pour répondre aux demandes de ses clients et appelle le gouvernement à intervenir pour aider l’entreprise à se diversifier.

« La participation dans les chaînes de valeur mondiales doit être basée sur l’emploi et la qualité de l’emploi », a indiqué le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani. « Aussi, nous demandons à Winera et au gouvernement de Sainte-Lucie de s’engager avec NUW pour fortifier l’industrie locale et maintenir les emplois ».

Les travailleurs irakiens de l’électricité combattent le travail précaire

Au cours des dix dernières années, le gouvernement irakien a augmenté son recours aux travailleurs et travailleuses temporaires et contractuels, qui sont maintenant plus de 30.000 dans le secteur de l’électricité. Leur travail est le même que celui des salariés permanents, mais leur rémunération est moité moindre et le versement en est parfois retardé. Cette catégorie de salariés est également exclue du bénéfice de la sécurité sociale et des plans de pension.

En 2009, les travailleurs temporaires dépendant du ministère de l’électricité ont entamé une lutte pour revendiquer des emplois permanents et leur inclusion dans les dispositifs de sécurité sociale et les plans de pension. Pendant des années, l’État a fait des promesses, mais celles-ci ne se sont jamais matérialisées.

Les syndicats d’Irak se sont battus contre une interdiction des syndicats dans le secteur de l’électricité en 2010, et en 2017 ont connu le succès dans leur campagne en vue de voir l’Irak accéder à la ratification de la Convention de l’OIT n°87 sur la Liberté syndicale.

En avril 2017, les travailleurs et travailleuses temporaires se sont organisés en un syndicat qui comptait 3.000 membres. Il s’est joint à la Fédération générale des travailleurs irakiens et, en décembre 2017, a fusionné avec le Syndicat général des ouvriers et techniciens de l’électricité pour former le GTUESE.

Nombre de travailleurs et travailleuses temporaires n’ont pas été payés depuis cinq mois. Le 24 février 2018, le GTUESE a rencontré des représentants du Ministère de l’électricité et a présenté ses revendications. Le 15 mars, des travailleurs et travailleuses, sous la conduite du GTUESE, ont organisé des manifestations au sein de dix gouvernorats différents, dont celui de Bagdad. Le 28 mars, le GTUESE a organisé de nouvelles manifestations.

En représailles, le ministère a mis fin le lendemain aux contrats de 100 temporaires, arguant de leur absence au travail pendant les manifestations. Un bon nombre comptait plus de dix années de service. C’est une violation de la législation du travail irakienne, de leur contrat de travail, de la Constitution irakienne et de la Convention n° 87 de l’OIT.

Le 2 avril, les travailleurs ont entrepris des occupations illimitées de centrales électriques à travers tout le pays.

Des négociations avec le gouvernement sont en cours, sous la direction d’Hashmeya Alsaadawe, présidente de la Fédération des Syndicats de Bassora et membre du Comité exécutif d’IndustriALL, ainsi que du président du GTUESE, Tahseen Elsaadie. Les revendications du syndicat sont :

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a écrit au Premier Ministre irakien ainsi qu’au Ministre de l’Électricité, pour appeler à la réintégration des travailleurs et travailleuses licenciés et à l’octroi de contrats permanents aux travailleurs et travailleuses temporaires. Il a déclaré :

“IndustriALL Global Union est profondément préoccupée par les graves violations des droits syndicaux au sein du Ministère de l’Électricité. De nombreux travailleurs et travailleuses temporaires et contractuels n’ont pas reçu leur salaire depuis plus de cinq mois. Leurs revendications de se voir accorder des contrats fixes, certains salariés étant au service du Ministère de l’Électricité depuis plus de dix ans, et d’avoir le bénéfice de la sécurité sociale et de plans de pension, n’ont pas encore été rencontrées.”

Inde : Les syndicats du ciment veulent une amélioration de la santé et de la sécurité dans les multinationales

Cette réunion de planification stratégique rassemblait des représentants de l'Indian National Cement Workers’ Federation et du Pragatisheel Cement Shramik Sangh, tous deux affiliés à IndustriALL et dont les adhérents travaillent dans des cimenteries de tout le pays.

Les syndicats indiens du ciment soulignent que les accidents mortels de travailleurs précaires survenus récemment dans des cimenteries exploitées par des multinationales requièrent une attention accrue à la SST. Il faut que les entreprises se soucient de la vie des travailleurs et agissent promptement pour améliorer la sécurité dans les cimenteries. Outre les accidents mortels, d'autres problèmes pour la santé, dont le poids des sacs que doivent porter les travailleurs et la poussière cristalline, réclament une réaction d'urgence. Les syndicats ont décidé que chacun aurait son expert de la santé et la sécurité.

Pour les syndicats, il incombe aux entreprises de dispenser une formation adéquate aux politiques et procédures de santé et de sécurité et de sensibiliser tous les travailleurs à leurs droits en la matière, y compris les travailleurs contractuels. Les directions doivent mettre en place des mécanismes institutionnels appropriés et s'engager à impliquer les représentants des travailleurs dans la recherche de solutions pour mettre un terme aux accidents mortels et améliorer les pratiques de santé et de sécurité. En outre, les syndicats du ciment ont décidé de renforcer leur participation à des actions et campagnes nationales et internationales pour améliorer la SST dans l'industrie du ciment.

Mathias Hartwich, le Directeur d'IndustriALL en charge des industries de l'ingénierie et des matériaux, déclare :

"Les travailleurs du ciment sont des êtres humains et ils ont droit à des lieux de travail sûrs, à des conditions de travail équitables et à une rémunération correcte. Qu'ils soient contractuels ou statutaires, tous les travailleurs qui font vivre les entreprises ont droit à un traitement équitable. IndustriALL demande que les cimentiers, producteurs locaux comme multinationales, respectent la vie des travailleurs !"

Les syndicats du ciment ont décidé de resserrer la coordination entre travailleurs permanents et précaires et d'intensifier les initiatives de recrutement, dans les multinationales comme dans les cimenteries indiennes, afin d'étendre la protection syndicale à plus de travailleurs précaires. Ils ont ajouté qu'ils sont ouverts à un dialogue social constructif avec la direction dans le but d'améliorer les relations professionnelles et de protéger les intérêts des travailleurs.

Apoorva Kaïwar, qui dirige le bureau régional d'IndustriALL en Asie du sud, se félicite de ces résultats qu'elle commente en ces termes :

"La coopération entre nos affiliés du secteur du ciment est notre force dans la lutte contre des employeurs puissants. Nous allons stimuler une vaste coalition de syndicats du ciment afin d'améliorer les conditions de santé et de sécurité ainsi que les salaires, à la fois des travailleurs permanents et des contractuels." 

Construire une puissance syndicale au niveau du pétrole et du gaz dans la région MENA

Des délégués syndicaux d’Algérie, du Bahreïn, d’Égypte, du Liban, du Maroc, de Palestine, d’Irak, de Tunisie et du Yémen se sont rencontrés afin de renforcer leur coopération dans le cadre d’une réunion soutenue par la FES (Fondation Friedrich Ebert).

Les réserves d’hydrocarbure existantes et nouvelles de la région ont le potentiel d’apporter un développement économique et une grande prospérité aux populations. Pour en tirer parti, la région a besoin d’un contexte politique stable. Les revenus doivent être obtenus de manière juste et redistribués équitablement.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a fait mention de l’instabilité dans la région et des conflits en Syrie, au Yémen et Palestine. Il a déclaré :

“Dans ce contexte, la chose la plus utile que nous puissions faire et de nous concentrer sur le renforcement de la puissance des syndicats. Des syndicats forts, reposant sur des réseaux, peuvent faire en sorte que la richesse issue des ressources naturelles soit utilisée pour améliorer la vie des gens ordinaires. Cela supprimerait de nombreuses causes de troubles et de conflits.”

La Directrice du département de l’énergie d’IndustriALL Diana Junquera Curiel avait préparé un aperçu détaillé du secteur au plan mondial, reprenant les positions financières des principaux acteurs, la situation au plan de la syndicalisation et les relations avec les compagnies. Elle a indiqué que les femmes devaient être mieux représentées au sein des syndicats de la région.

Le responsable régional d’IndustriALL, Ahmed Kamel, a évoqué la croissance du réseau syndical dans la région et l’importance de combattre le travail précaire. La réunion s’est intéressée de près à des campagnes et des luttes syndicales clés dans la région, dont la campagne contre le travail précaire chez Shell.

Mellal Raouf du SNATEGS, Algérie, s’est exprimé sur la persécution incessante des syndicats indépendants. Il a indiqué que la répression en cours était susceptible de déboucher sur un soulèvement des travailleurs et travailleuses.

Anees Alhetari du syndicat DNO du Yémen et Espen Løken d’Industri Energi de Norvège, se sont penchés sur l’affaire concernant la compagnie pétrolière DNO, qui a abandonné sa main d’œuvre yéménite lorsque la guerre a éclaté. DNO refuse de se conformer à une décision de justice à son encontre. Industri Energi soutient le syndicat yéménite dans sa campagne.

Abdelhak Loukili s’est exprimé au sujet de la crise en cours à propos de la faillite de la raffinerie Samir au Maroc.

Un axe majeur de la réunion était l’importance du dialogue social avec les entreprises. IndustriALL possède des accords-cadres mondiaux avec un certain nombre d’employeurs du secteur et ceux-ci se sont avérés être le mécanisme le plus efficace de résolution des conflits. Deux employeurs étaient représentés à la réunion.

Le Directeur général de Total Liban, Philippe Amblard, et Dieter Keller du syndicat allemand IG BCE et membre du Conseil d’Entreprise européen de Total, ont évoqué auprès de l’assemblée l’efficacité du dialogue. Les participants ont pu soulever des questions concernant les infrastructures de Total en Tunisie, en Algérie, en Égypte et au Yémen, que M. Amblard s’est engagé à examiner.

Davide Calabro, du Département des relations sociales d’ENI et Marcellino Tufo, représentant auprès de son Conseil d’Entreprise mondial, se sont joints à l’assemblée par vidéo-conférence. Des participants irakiens ont soulevé des questions relatives à la santé, la sécurité et l’environnement ainsi qu’aux droits des travailleurs, que l’entreprise s’est engagée à examiner.

Hassan Juma a expliqué comment les syndicats du pétrole irakiens s’étaient rassemblés sous une seule bannière pour contrer le pouvoir des multinationales et leurs licences d’exploitation inéquitables. Il a exhorté les autres syndicats de la région à faire de même.

Kemal Özkan a déclaré :

“Nous voulons que les populations bénéficient des richesses de la région. Nous voulons une économie durable et une société stable. Construire une puissance syndicale au niveau du secteur du pétrole et du gaz est d’une importance critique pour y parvenir.”

Les travailleurs de Fresenius Kabi au Chili ont appelé à l’arrêt de la grève après avoir obtenu un accord

L’usine, qui produit des fournitures médicales, emploie 540 personnes, dont 355 sont membres du syndicat, affilié à IndustriALL Global Union par l’entremise de CONSFETEMA.

Des manifestations à grande échelle avaient été organisées à l’extérieur de l’usine pour appuyer les revendications de hausse salariale. Les travailleurs avaient également fait clairement savoir qu’ils désiraient développer de bonnes relations de travail.  

IndustriALL est intervenu après le début de la grève en envoyant des lettres à la direction du laboratoire Sanderson et à sa société mère, en Allemagne, dans l’espoir de trouver une solution immédiate au litige.

Le Secrétaire générale d’IndustriALL, Valter Sanches, a exprimé sa satisfaction à l’égard de l’accord atteint par les parties.

« Nous sommes heureux de voir que la compagnie et le syndicat sont parvenus à négocier un accord. Cela prouve une fois de plus que la négociation collective est le moyen le plus efficace à disposition des travailleurs pour gagner une vie décente et recevoir une part équitable de la richesse qu’ils créent ».

Le groupe Fresenius Kabi a été fondé en Allemagne et emploie plus de 36 000 personnes à travers le monde. En Amérique latine, ses activités se répartissent entre l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Equateur, le Mexique et l’Uruguay.

Pakistan : 11 travailleurs tués dans une série d'accidents miniers

La crise meurtrière de la sécurité dans les mines continue de faire des victimes parmi les travailleurs au Pakistan. Six auraient été tués dans la nuit du 4 au 5 avril après une explosion survenue dans un charbonnage de Sorab, dans la région de Kalat, qui a libéré un gaz mortel qui les a suffoqués.

Citant l'Inspecteur en chef  du Département des mines du gouvernement provincial du Baloutchistan, un journal révèle que cette mine était exploitée illégalement, sans la licence que délivre obligatoirement le gouvernement.

Le 1er avril, une explosion chez Ali Mines, dans le district de Jhelum, a provoqué un effondrement de voûte qui a piégé six travailleurs sous les débris. D'après notre affilié All Pakistan Federation of United Trade Unions, deux travailleurs ont pu être ramenés à la surface, mais les quatre autres sont morts dans l'accident. Les victimes sont Rehmatullah, Sabir Rehman et deux frères prénommés Naseebzada et Naseebullah, tous originaires du district de Shangla, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa.

La Pakistan Central Mines Labour Federation, affiliée à IndustriALL, indique que le 27 mars 2018, un mineur du nom de Faïz Ullah a été tué pendant qu'un autre, Ubaïd Ullah, a été secouru après avoir été grièvement blessé dans un accident au charbonnage Sharigh Coal Mine.

Glen Mpufane, le Directeur d'IndustriALL en charge des mines, a déclaré :

"Nous sommes choqués de l'apathie et la négligence qui entourent la sécurité du secteur minier au Pakistan. En l'espace de dix jours, les décès de onze mineurs montrent que ni le gouvernement ni les propriétaires des mines ne se soucient vraiment de la sécurité. Pour empêcher la répétition de ces accidents mortels, le Pakistan doit agir promptement pour améliorer la sécurité dans les mines, renforcer les mécanismes de contrôle et châtier les responsables de ces accidents. Le gouvernement devrait aussi collaborer avec les représentants des travailleurs pour améliorer la situation."

Le 15 mars 2018, IndustriALL et ses affiliés pakistanais ont lancé une campagne pour la santé et la sécurité dans les mines du Pakistan et appelé le gouvernement pakistanais à ratifier et appliquer immédiatement la convention 176 de l'OIT sur la sécurité et la santé dans les mines.

Un tribunal donne gain de cause à des travailleurs chimiques de Rustavi Azot en Géorgie

Cette victoire juridique a été obtenue avec le soutien du syndicat des travailleurs des industries métallurgique, minière et chimique de Géorgie (TUMMCIWG), un affilié à IndustriALL Global Union.

Les 56 travailleurs avaient été illégalement licenciés au début de l’année 2017 lors de non-renouvellement des contrats de travail de 335 employés sur 2 000 au cours du changement de propriétaire de l’entreprise. 

Au cours de l’audience, l’entreprise a nié toute responsabilité à l’égard des travailleurs licenciés au motif que les licenciements avaient été effectués par l’ancien propriétaire.

Les avocats de la Confédération syndicale géorgienne ont néanmoins prouvé que la nouvelle direction était comptable des licenciements massifs survenus le 25 janvier 2017 comme elle avait repris l’entière responsabilité de l’usine depuis le 1er janvier 2017.

Alors que 279 personnes ont accepté de recevoir une indemnité de la compagnie, 56 travailleurs ont décidé d’obtenir justice en recourant au processus judiciaire.

Tamaz Dolaberidze, président du TUMMCIWG, a indiqué:

« La décision du tribunal municipal de Rustavi est juste; il ne pouvait pas en être autrement. Le désir et l’attrait de devenir militant syndical ont maintenant considérablement augmenté parmi les employés qui ont attendu de connaître le résultat du procès durant toute une année ».

La direction a annoncé son intention de faire appel du jugement du tribunal sans toutefois avoir encore pris des mesures pour le faire.

Tamaz Dolaberidze a ajouté:

« Nous exhortons l’entreprise à réintégrer les travailleurs pour prouver sa bonne volonté plutôt que d’avoir recours à nouveau au processus judiciaire qui ne fera que bloquer les réintégrations ».

En février 2017, TUMMCIWG a dénoncé l’oppression dont sont victimes les travailleurs syndiqués dans l’usine et IndustriALL a mené une action de solidarité internationale en soutien aux travailleurs de Rustavi Azot. Plus tard, en novembre 2017, le syndicat et IndustriALL ont lancé une campagne en ligne à LabourStart contre les mesures antisyndicales de la compagnie.

Vadim Borisov, Secrétaire régional d’IndustriALL, a commenté:

« Nous félicitons notre affilié géorgien pour cette victoire et espérons qu’elle encourage les employés de Rustavi Azot à adhérer au syndicat, qui a prouvé sa capacité à protéger efficacement les droits et les intérêts des travailleurs ».

Mozambique : un syndicat outré par les conditions épouvantables dans une usine de plastiques

Le syndicat a visité IPED Plastics, une usine produisant des sacs en plastique dans la province de Maputo, où il a trouvé des travailleurs en sueur, exposés à la chaleur dégagée par les machines, dans des températures dépassant les 40 degrés. Aucun système de refroidissement et pas de douches pour permettre aux travailleurs de se rafraîchir après le travail.

Les travailleurs n'ont pas non plus de système de sécurité individuelle adapté et les blessures et coupures profondes sont fréquentes. En outre, si l'usine est équipée de barrières électroniques et de caméras de surveillance, aucune issue de secours en cas d'incendie n'est prévue et les travailleurs risquent leur vie. Il n'y a pas d'examens médicaux pour contrôler la santé du personnel de cette usine qui fonctionne au Mozambique depuis plus de 10 ans.

IPED verse à tous les travailleurs le salaire minimum de 5.965 Meticals (MZN), soit 98 $, quel que soit le type de travail ou le niveau de qualification de la personne. Le SINTIQUIAF réclame la fin de ce régime inéquitable. Il veut que les travailleurs soient payés plus que le salaire minimum qui ne représente même pas le panier de la ménagère, c’est-à-dire 16.000 MZN (264 $). Le syndicat accuse l'entreprise d'exploiter les travailleurs pour faire plus de profit alors qu'elle pourrait payer de meilleurs salaires.

Bartolomew Passado, le secrétaire du SINTIQUIAF en charge de l'organisation et des questions juridiques, sociales et de travail, qui a visité IPED Plastics, déclare :

"Bien que le SINTIQUIAF, comme d'autres organisations mozambicaines, se félicite de l'investissement étranger parce qu'il contribue à la création d'emplois et réduit le sous-emploi, il met en garde contre les soi-disant investisseurs qui engrangent des bénéfices en exploitant les travailleurs et en leur imposant des conditions malsaines et dangereuses pour de bas salaires."

À cela, Paule France Ndessomin, la Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, ajoute :

"La santé et la sécurité des travailleurs doit primer sur les profits. Ce qui se passe chez IPED Plastics est inacceptable et doit être condamné. Nous soutenons le SINTIQUIAF dans sa campagne pour l'amélioration des normes de santé et de sécurité et l'augmentation des salaires."

Des mineurs ukrainiens bloqués sous terre suite à une coupure d’électricité

L’alimentation électrique de secours a maintenu la ventilation et le pompage de l’eau dans la mine. Finalement, l’électricité a été rétablie pendant 80 minutes afin de permettre à l’ensemble des mineurs de remonter sains et saufs à la surface.

Les 2 et 3 avril, l’électricité a été également coupée dans 16 autres mines de charbon, dont celles situées à Lisichanskuhillya, Selidovuhillya et Mirnograduhillya, mettant en péril le succès des opérations. D’autres pannes de courant pourraient se produire le 11 avril.

Les affiliés ukrainiens à IndustriALL Global Union appellent le Ministère de l’énergie et de l’industrie houillère d’Ukraine, responsable de l’approvisionnement en électricité, à traiter en urgence la question des pannes de courant délibérées.  

Viktor Turmanov, président du syndicat des travailleurs de l’industrie du charbon d’Ukraine, a déclaré:

« En ce moment, plusieurs entreprises ne paient pas leurs factures d’électricité par manque de ressources financières pour s’en acquitter. Nous ne sommes pas d’accord avec ce qui se passe à la mine Gorskaya. Nous pensons que le Ministère devrait élaborer un mécanisme qui protège les entreprises et les mineurs. Il est vital de trouver des capitaux pour payer l’électricité et éviter les ennuis ».

Mychailo Volynets, président du syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine (NPGU), a indiqué:

« Les centrales thermiques ont également du retard dans le paiement des salaires des mineurs. Le Ministre ukrainien de l’énergie et du charbon, Igor Nasalik, est chargé des mines publiques et des réseaux électriques régionaux. Par conséquent, les coupures d’électricité ne peuvent pas être effectuées sans qu’il le sache. Aussi, cette situation est criminelle: vous ne pouvez pas envoyer des gens travailler à la mine et arrêter le fonctionnement des engins de levage ».

Selon le syndicat des mineurs de l’industrie du charbon d’Ukraine, le montant total de l’endettement des entreprises publiques, comprenant non seulement les dettes relatives à la consommation d’électricité mais également celles relatives aux salaires, aux contributions à l’assurance-santé et aux cotisations de retraite, se monte à 24 milliards d’UAH (915 millions de USD). Les fonds pour la reconstruction et la modernisation des entreprises sont uniquement affectés aux besoins actuels.

L’approvisionnement en électricité a également été coupé en décembre 2017 pour cause de dettes à la mine Kurakhovskaya, appartenant à l’entreprise publique Selidovuhillya. Les 220 mineurs qui se trouvaient dans le puit ont dû marcher 4,5 kilomètres le long d’une voie inclinée avant d’atteindre la surface.

Kemal Ozkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré:

« IndustriALL Global Union exhorte les autorités ukrainiennes à faire attention à la situation critique à laquelle fait face l’industrie houillère et à écouter les recommandations des syndicats. Les mineurs ne doivent pas être exposés à un risque déraisonnable en raison des dettes des entreprises ».