Ukraine: manifestation des travailleurs de l’industrie nucléaire

La Commission nationale de régulation de l’énergie et des services publics a fixé le tarif des entreprises publiques produisant de l’électricité à 0,02 US$ par kilowatt. Avec un montant de 0,07 US$ par kilowatt, le tarif des centrales thermiques privées sont 3,5 fois plus élevés.

L’entreprise publique Energorynok ne paie pas la totalité de l’électricité fournie par Energoatom. Le montant non versé pour 2017 s’élève à 45,9 millions de US$; celui des arriérés généraux de la production d’électricité à 482 millions de US$. Ce non-paiement a des répercussion sur les niveaux de salaire, entraînant une perte de personnel qualifié.  

Lors d’une conférence de presse sur la situation critique à laquelle fait face l’industrie nucléaire ukrainienne, Valery Matov, président d’Atomprofspilka, a déclaré:

« L’industrie nucléaire ukrainienne joue un rôle de premier plan, non seulement en matière énergétique, mais également au niveau de l’économie. La politique tarifaire discriminatoire appliquée aux entreprises publiques, notamment Energoatom, constitue la principale cause d’inquiétude ».

Selon le président du syndicat représentant les travailleurs à Energoatom, Alexey Lich, le nombre requis de travailleurs agréées pour l’exploitation des installations nucléaires est clairement déterminé. Le manque de personnel conduira à la fermeture de ces installations.

Atomprofspilka réclame:

Si les demandes ne sont pas satisfaites dans un délai d’un mois, les travailleurs organiseront un rassemblement dans la capitale ukrainienne Kiev.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Nous espérons que le gouvernement répondra immédiatement aux revendications des travailleurs. Nous ferons preuve de fermeté en solidarité avec Atomprofspilka, et sommes prêts à accroître le soutien au niveau mondial ».

IndustriALL se mobilise contre une grotesque réforme de la législation du travail au Mexique

Le Président du Sénat a jusqu'au 30 avril pour mettre la proposition de loi au vote. Si elle est adoptée, la réforme dénaturerait totalement la réforme de la constitution adoptée en février dernier après des années des pressions d'organisations syndicales mexicaines et internationales et d'autres militants des droits au travail.

Les changements historiques de l'an dernier, qui visaient à remédier aux énormes carences de l'administration de la justice sociale au Mexique, devaient être mis en œuvre par des décrets d'application supposés donner enfin aux travailleurs les moyens d'exercer leurs droits fondamentaux de s'organiser et de négocier collectivement.

Or, au dernier moment on a vu apparaître deux propositions grotesques de réforme du travail qui sapent de fond en comble l'esprit et le but poursuivi par la réforme de la constitution. Ces propositions privent les travailleurs de leurs droits fondamentaux au travail et protègent les intérêts catégoriels des employeurs et des syndicats "charro", des organisations fantômes supposées représenter les travailleurs sans qu'ils en soient informés et sans leur consentement, une pratique que les syndicats indépendants mexicains et le mouvement syndical international tentent d'éradiquer depuis des années.

IndustriALL appel au respect des droits des travailleurs et à l’offre d’emplois permanents en Côte d’Ivoire

IndustriALL, accompagné de la Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, et de l’affilié à IndustriALL en Côte d’Ivoire, le Secrétaire général du syndicat SYNTEPCI, Jeremy Wondje, s’est réuni avec le ministre de l’énergie, du pétrole et des mines de la Côte d’Ivoire, Thierry Tanoh, et le ministre de l’emploi et de la protection sociale, Jean Claude Kouass.

Sanches a réclamé l’arrêt du recours abusif à des travailleurs occupés en sous-traitance dans le secteur pétrolier et indiqué que les accords-cadres mondiaux d’IndustriALL signés avec les compagnies multinationales, y compris Total, constituent des outils efficaces pour y parvenir. Les accords-cadres mondiaux renferment des dispositions relatives au travail décent, au respect des droits des travailleurs et à la liberté syndicale dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

SYNTEPCI a contesté les licenciements et les mauvaises conditions de travail à Klenzi et à Petroci. Avec un peu de chance, ces questions seront réglées dans le cadre des promesses faites par les ministres.

Selon Kouassi, le fait que la Côte d’Ivoire soit favorable aux investissements ne doit pas se faire au détriment des travailleurs. Les bas salaires et les conditions de travail sont inacceptables. Les investisseurs doivent payer des salaires décents, se conformer aux normes de santé et de sécurité, et garantir une protection sociale. Les compagnies ayant investi dans le pays tirent également des avantages pécuniaires de meilleures conditions de travail. Le ministre a indiqué qu’il organiserait une conférence pour examiner la question du travail en sous-traitance dans le but de trouver des « solutions et [de parvenir à] une compréhension commune » pour régler la question des conditions de travail précaires.

En réponse, Sanches a indiqué:

Nous saluons l’initiative prise par le ministre. Bien qu’IndustriALL comprenne le recours au travail en sous-traitance dans certains cas particuliers, le remplacement des travailleurs permanents par des travailleurs occupés en sous-traitance – qui équivalent à des emplois à caractère permanent – est inacceptable, et doit être examiné. J’espère que le dialogue social sera le moyen de parvenir à une solution.

Les Accords-cadres mondiaux d'IndustriALL

Ils instaurent les normes les plus exigeantes en matière de droits syndicaux, de santé, de sécurité et de pratiques environnementales, ainsi que des principes de qualité du travail dans tous les sites d'activité de l'entreprise où qu'ils soient situés, même si ces normes ne sont en vigueur que dans un seul pays.

Pour IndustriALL, la priorité est de conclure, vérifier et améliorer des ACM avec des entreprises multinationales.

Vous pouvez trouver ici toutes les informations relatives à ces ACM, notamment une liste complète des accords signés, ainsi que notre Charte de solidarité.

Changer les comportements : syndiquer au Myanmar

Il existe toujours des réticences parmi les travailleurs et travailleuses à rejoindre un syndicat au Myanmar, par crainte des représailles, et les syndicats sont souvent considérés avec scepticisme par les employeurs.

Nous avons de bons rapports avec la direction et nous nous voyons une fois par mois,

indique Win Thegyi Soe, qui était opératrice sur machine mais est maintenant présidente à plein temps du syndicat en conservant son salaire. Son syndicat est affilié à la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar, elle-même affiliée à IndustriALL.

Des relations sociales fonctionnant bien n’avaient pas cours sous l’ancienne direction de l’entreprise. En 2016, après différentes tentatives visant à engager des discussions fructueuses entre la direction et le syndicat au sujet des conditions de travail, les travailleurs et travailleuses sont partis en grève pendant deux semaines.

Après un changement de direction, le syndicat a négocié une convention collective qui couvre les 1.200 salariés. En plus d’un temps de travail réglementé, d’un salaire minimum garanti et de primes, ainsi que l’accès à la sécurité sociale, les travailleurs et travailleuses bénéficient d’un transport entre leur domicile et leur travail ainsi que d’un dispensaire avec une infirmière.

La semaine de travail dans la confection au Myanmar est de 44 heures, souvent complétée par 19 heures supplémentaires.

Le nouveau salaire minimum au Myanmar est au 1er avril de 4.800 kyats.

Ce n’est pas suffisant : ce nouveau salaire minimum est loin d’être un salaire vital pour un travailleur isolé, sans parler de ceux et celles qui ont des personnes à charge,

indique Khaing Zar, Secrétaire générale de l’IWFM.

Les syndicats ont acquis une existence légale au Myanmar en 2012. En décembre 2014, la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM) et la Fédération des mineurs du Myanmar (MWFM) ont rejoint IndustriALL Global Union. Ces deux syndicats sont affiliés à la Confédération des Syndicats du Myanmar (CTUM), une des trois centrales du pays.

Ensemble avec les organisations donatrices SASK et Mondiaal FNV, IndustriALL mène un projet au Myanmar qui vise à construire des syndicats plus forts dans le pays en identifiant et en dépassant les obstacles à la syndicalisation.

Valter Sanches exhorte à reconsidérer les stratégies concernant le développement en Afrique

Valter Sanches s’exprimait ce 12 avril lors de la réunion de l’Exécutif régional pour l’Afrique sub-saharienne, à Dakar, au Sénégal, en présence d’affiliés du Burkina Faso, de République Démocratique du Congo, du Kenya, du Ghana, de Côte d’Ivoire, de Maurice, du Mozambique, de Namibie, du Nigeria, du Sénégal, d’Afrique du Sud, de Tanzanie, d’Ouganda, de Zambie et du Zimbabwe.

Il a souligné que les syndicats devaient se préparer face à une économie mondiale qui évolue vers de nouvelles technologies qui ont besoin de différentes matières premières en provenance d’Afrique. Le déclin de la demande pour certains minerais ainsi que pour le pétrole et le gaz signifie que des emplois seront perdus dans ces secteurs, ce qui implique que les gouvernements verront leurs revenus baisser. Investir davantage dans la production manufacturière est une stratégie essentielle pour l’avenir.

Valter Sanches a déclaré : “Des opportunités existent toujours, car le continent possède des minerais tels le cobalt, le lithium, le zinc et le nickel dont la demande est élevée. Cependant, ceux-ci doivent être exploités de manière responsable et cela fait écho à notre campagne contre le comportement de Glencore au sein de ses sites miniers de cobalt en République Démocratique du Congo et en Zambie”.

Valter Sanches a également rencontré le Ministre du Travail et du Dialogue social, Samba Sy, pour lui livrer le même message. Il était accompagné de la Secrétaire régionale pour l’Afrique sub-saharienne, Paule France Ndessomin, ainsi que des Secrétaires généraux des affiliés du pays Seyne Ndiaye (SUTIDS), Ousmane Diop (SYNTICS) et Doudou Cisse (SNTIC).

L’évolution récente montre que dans quelques années, à mesure que le monde va passer aux véhicules électriques, la demande de voitures à moteurs thermiques va chuter. Certaines villes européennes ont déjà annoncé des mesures pour bannir les véhicules dotés de moteurs à combustion.

La stratégie de développement post-colonial de l’Afrique a été axée sur l’extraction de matières premières à destination de l’Europe, de l’Amérique et, plus récemment, de la Chine. Cette stratégie a été dirigée par des multinationales en laissant peu de place pour les gouvernements, ce qui a conduit à d’énormes bénéfices aux dépens des communautés affectées et de travailleurs exploités par le biais de salaires de misère. Il leur a été facile de violer les droits syndicaux et de mettre à mal les moyens d’existence de millions de personnes.

En mars, 44 chefs d’État et de gouvernement africains se sont rencontrés à Kigali, au Rwanda et ont ratifié la création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). S’exprimant au sujet de cette initiative, Valter Sanches a indiqué :

“L’annonce de la création de la ZLECA est à saluer, mais IndustriALL croit en un multilatéralisme où les syndicats et les mouvements sociaux sont impliqués. Cela signifie que les gouvernements devraient les avoir associés en tant que parties prenantes au niveau des consultations concernant cet accord de libre-échange. S’il en est autrement, nous aboutirons à un accord de libre-échange qui ne mettra pas en avant le travail décent mais des conditions d’emploi précaires et de maigres salaires”.

La transition énergétique est un autre point clé pour l’Afrique, ce qui demande l’élaboration de politiques industrielles durables qui ne soient pas dépendantes des combustibles fossiles, dont le pétrole et le gaz. Des plans visant à la Transition juste doivent être mis en place pour protéger les droits des travailleurs et travailleuses ainsi que leur bien-être et également prévoir la reconversion de ceux et celles qui perdront leur emploi avec la fermeture des mines de charbon.

Une réunion recommande l’élaboration de politiques visant à éliminer les violations des droits des travailleuses en Afrique subsaharienne

La protection de la maternité faisait partie des questions soulevées à la réunion du Comité exécutif des femmes d’Afrique subsaharienne ayant eu lieu à Dakar, au Sénégal, les 10 et 11 avril. Ont participé à la réunion, les délégués de l’Afrique du Sud, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, du Ghana, du Mozambique, de Namibie, du Nigeria, de l’Ouganda, du Sénégal, de la Tanzanie, de la Zambie et du Zimbabwe. La réunion a prié les syndicats d’adopter des politiques visant à éliminer la discrimination fondée sur le sexe et le harcèlement sexuel sur les lieux de travail.

Les campagnes en faveur des droits des femmes sur le lieu de travail réalisées par les affiliés à IndustriALL présents à la réunion ont porté sur les violences corporelles, la violence morale et la cruauté mentale ainsi que la discrimination fondée sur le sexe et le harcèlement sexuel. Des campagnes ont également eu lieu dans les communautés où vivent les travailleurs. Par exemple, au Sénégal, la violence dirigée contre le sexe féminin comprend les viols, les mariages forcés et les mutilations génitales féminines.

Beauty Zibula, présidente régionale du Comité exécutif des femmes d’IndustriALL, a déclaré:

Les femmes décèdent des blessures qui leurs sont infligées lors des violences sexistes qu’elles subissent. Afin d’y mettre un terme, nous devons utiliser la législation nationale et les conventions internationales pour protéger les travailleuses et les femmes syndiquées.

La réunion a encouragé les syndicats à élaborer des politiques d’orientation en matière de parité des sexes sur la façon de stopper le harcèlement sexuel et la violence à l’égard des femmes. Par exemple, les affiliés au Ghana et au Zimbabwe ont déjà élaborés des politiques en faveur de l’égalité des sexes.

En outre, les participants à la réunion ont recommandé qu’IndustriALL appuie et élabore une politique en faveur de l’égalité des sexes pouvant être utilisée et adaptée par les affiliés selon leurs contextes nationaux. Une politique anti-harcèlement est également nécessaire.

Les participants à la réunion sont aussi convenus sur la nécessité de former et d’intégrer davantage de femmes dans les négociations collectives.

Adds Zibula:

Les syndicats devraient cesser d’exclure les femmes formées à la négociation de la négociation collective. Cela a souvent donné lieu à la signature de conventions collectives omettant les besoins particuliers des travailleuses.

Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale pour l’Afrique subsaharienne, a indiqué:

Nos affiliés en Afrique subsaharienne ont la responsabilité fondamentale de travailler à l’élimination de la violence à l’égard des femmes non seulement au niveau institutionnel mais également par la formation de leurs membres et de l’ensemble de la communauté, la sensibilisation à cette cause et la négociation collective. Nous devrions rendre hommage aux femmes qui brisent le silence et sont promptes à s’exprimer sur la façon dont elles sont contraintes à avoir des relations sexuelles avec leurs supérieurs.

Des responsables gouvernementaux, dont les ministères du commerce et des mines et le ministère du travail, ainsi que des dirigeants syndicaux, ont signé l’engagement d’IndustriALL en faveur de l’élimination de la violence faite aux femmes et du harcèlement des femmes.

100 emplois perdus dans un secteur du textile dont le déclin se poursuit au Nigeria

Le Syndicat national des travailleurs du textile, de l'habillement et de la confection du Nigeria (NUTGTWN), affilié à IndustriALL Global Union, est préoccupé par les pertes d'emplois et les fermetures d'ateliers auxquelles, selon lui, le gouvernement pourrait remédier s'il prenait des mesures pour protéger le secteur du textile. Acheter des marchandises en quantité à ces entreprises, par exemple, et promouvoir l'achat de produits textiles fabriqués dans le pays plutôt que ceux importés pourraient aider le secteur à se relever.

Le NUTGTWN se félicite aussi du plan de relance du secteur de l'habillement et du textile mis en place par le gouvernement. Les politiques du gouvernement, comme le Programme de développement du textile en coton au Nigeria, devraient bénéficier d'un plus grand soutien. Ce programme vise notamment à promouvoir la culture du coton par la distribution de plants aux agriculteurs.

Pour le Président du syndicat, John Adaji,

"Il faut que soit immédiatement mise en application l'ordonnance présidentielle sur l'achat de marchandises fabriquées au Nigeria et qu'il soit mis fin à la contrebande et à la contrefaçon irresponsables de textiles. Il faut que soit appliquée dans les faits la politique sur le coton, le textile et l'habillement. Il faut aussi que le gouvernement lance une campagne semble à la campagne Wear South African qui a sauvé des emplois et des usines de la faillite en Afrique du Sud." Cette campagne avait été initiée par un autre affilié d'IndustriALL, le Syndicat des travailleurs de l'habillement et du textile d'Afrique australe.

Les importations de vêtements bon marché et leur contrebande ont eu un effet délétère sur le secteur et, pour John Adaji, de meilleures infrastructures et une distribution d'électricité fiable et à des prix abordables sont essentielles si l'on veut changer le cours des choses.

Selon Paule France Ndessomin, la Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne :

"Le redressement d'industries en déclin dans le secteur de l'habillement et du textile est important pour le développement industriel du Nigeria. Ce n'est possible que si les usines restent ouvertes et continuent à produire."

Ce secteur, qui était un des principaux acteurs de l'économie du pays, est en déclin depuis les années 1980 et a perdu plus de 500.000 emplois. Plus de 278 millions $ ont été investis dans l'industrie de l'habillement et du textile en 2010.

Yémen : DNO ne se conforme pas à la décision de la Cour Suprême

En avril 2015, après que la guerre civile a éclaté, DNO a mis à pied sa main d’œuvre yéménite par texto et a quitté le pays. Ce faisant, elle a violé sa licence de production du gouvernement yéménite, ainsi que la législation du travail, DNO ne versant aux travailleurs et travailleuses ni salaires, ni indemnités de rupture.

Le Syndicat DNO du Yémen s’est battu pour que justice soit rendue aux travailleurs et travailleuses, en premier lieu par le biais du système judiciaire. Le syndicat s’est tourné vers le Ministère du Pétrole après les mises à pied illégales, et celui-ci a conclu que les contrats d’emploi étaient toujours valables et que les salariés avaient droit à leur paie complète. La compagnie a ignoré les injonctions du ministère et a été traînée au tribunal.

DNO a ensuite perdu une série de procès et a fait appel des verdicts dans tous les cas. En août 2016, le tribunal du travail s’est prononcé en faveur des travailleurs. DNO a fait appel et en février 2017, la cour d’appel a statué que DNO devait verser 75% des salaires et primes en souffrance. Au lieu de se conformer à cette décision, DNO est allée en appel devant la Cour Suprême.

Le 18 février 2018, la Cour Suprême de Sana’a a rejeté l’appel et soutenu le verdict de la cour d’appel. DNO ne s’est pas conformée à cette décision.

Entretemps, les 175 travailleurs et travailleuses attendent que justice leur soit rendue et font face à de multiples problèmes, notamment :

Le Syndicat DNO du Yémen a reçu l’aide d’IndustriALL Global Union et de son affilié norvégien Industri Energi. Lors d’une récente réunion à Beyrouth, Espen Løken du syndicat Industri Energi a expliqué les mesures que son organisation avait prises pour soutenir le Syndicat DNO du Yémen. En décembre 2016, Industri Energi a déposé une plainte auprès du Point de Contact national chargé de s’assurer que les entreprises norvégiennes se conforment aux principes directeurs de l’OCDE en matière de pratiques commerciales responsables.

Le point de contact de l’OCDE a remis son rapport final le 9 avril 2018, et a conclu que DNO ne s’était pas conformée aux principes directeurs de l’OCDE en matière de notification et de consultation.

“Il est clair que DNO n’a pas notifié les travailleurs ni ne les a consultés, eux ou leurs représentants, avant qu’il ne soit procédé aux mises à pied et que la production soit suspendue au Yémen.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

“DNO fait traîner le processus en longueur parce qu’elle souhaite venir à bout de ses adversaires par une guerre d’usure. Cela prendra peut-être du temps, mais nous obtiendrons justice pour les travailleurs et travailleuses du Yémen. Nous allons également renforcer la présence syndicale sur les sites de DNO dans la région afin que les travailleurs et travailleuses puissent mieux se défendre contre cette entreprise au comportement honteux.”

Les travailleurs en bas du classement dans l’indice minier responsable

L’Indice minier responsable 2018, lancé à Genève, en Suisse, le 11 avril, évalue 30 compagnies minières mondiales sur plusieurs questions économiques, environnementales, sociales et de gouvernance, y compris les conditions de travail.

« Alors que nul ne sort gagnant de ce classement, les travailleurs sont clairement les perdants », a indiqué le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, lors du lancement de l’indice. « L’indice confirme ce que nous savions déjà depuis longtemps, à savoir que bien que les compagnies minières s’engagent fréquemment à faire mieux, leurs bonnes intentions ne se traduisent pas en actes ».

L’indice, qui fonctionne indépendamment du secteur, classe les compagnies minières selon six domaines thématiques, à savoir les conditions de travail, le développement économique, la conduite des affaires, la gestion du cycle de vie, le bien-être des communautés et la responsabilité environnementale.

En collaboration avec ses affiliés du secteur minier, IndustriALL a pris l’initiative sur la question des conditions de travail et apporté son concours sur plusieurs sujets de préoccupation se recouvrant partiellement, comme le bien-être des communautés et la responsabilité environnementale. Peter Colley, Directeur national de recherche au CFMEU, affilié australien d’IndustriALL, ayant participé à l’élaboration de l’indice, a déclaré:

« Au lieu de simplement rechercher les déclarations de principe et d’intention des compagnies sur un sujet déterminé, l’indice vise à examiner ce dernier en profondeur à la recherche de documents probants sur les pratiques adoptées puis sur les performances et le suivi en cours ».

Le rapport montre que bien que la majorité des compagnies minières évaluées affichent des politiques et des pratiques responsables dans six aspects, très peu d’entre elles agissent de façon systématique sur plusieurs questions clés.

Peu voire aucune action ne ressort même sur les questions telles que surveiller les impacts des activités minières sur les enfants, contrôler s’il est répondu de façon appropriée aux griefs des communautés ou si les salaires des travailleurs répondent aux normes exigeant le versement d’un salaire de subsistance ou vont plus loin que celles-ci.

Trop souvent, les compagnies n’ont pas mis en pratique certains de leurs propres engagements sur l’exploitation minière responsable tels que la gestion des questions relatives aux droits de l’homme.

« Le fait que les compagnies minières obtiennent de si mauvais résultats sur les sujets clés relatifs aux conditions de travail ne nous surprend pas. Pour nous, ce résultat n’est que la confirmation de notre conviction, acquise de longue date, selon laquelle l’industrie minière, malgré ses protestations contraires, continue d’ignorer les aspirations de ses travailleurs, quand bien même elle veut nous faire croire que les travailleurs sont ses plus importants atouts », a indiqué Glen Mpufane, Directeur des mines à IndustriALL.

Les 30 compagnies minières évaluées dans l’indice opèrent dans plus 700 mines réparties dans plus de 40 pays et représentant un quart de la production mondiale des matières premières issues de l’extraction minière.  

En conclusion, Kemal Özkan, a déclaré:

« Nous nous félicitons de l’élaboration de l’indice minier responsable que nous accueillons comme un instrument supplémentaire dans notre boîte à outils pour améliorer les conditions de travail des mineurs dans le monde entier. Nous le considérons comme une initiative importante visant à promouvoir le dialogue nécessaire dans cette industrie.