Le 28 avril, nous pleurons nos morts et combattons pour les vivants

Le 28 avril est un jour de tristesse et de colère, de deuil collectif pour commémorer tous les travailleurs décédés au travail, que ce soit à cause d'un accident soudain et violent, des suites d'une maladie lente et dégénérative, ou par un acte de suicide résultant d'un stress professionnel.

Ce sont les conditions de travail qui sont la cause de ces décès, pas les travailleurs. IndustriALL fait campagne pour la santé et la sécurité dans les mines, dans les industries textiles, pour la fin du sablage et l'interdiction de l'amiante, mais plus généralement pour la santé et la sécurité dans toutes les industries et les entreprises qui considèrent les travailleurs comme des marchandises qu'on peut sacrifier.

Le mythe qui veut que la plupart des accidents soient dus à la négligence des travailleurs est utilisé pour blâmer les victimes et justifier les programmes de sécurité fondés sur le comportement. Pourtant, pensons au rythme incessant des catastrophes minières ou aux quelque deux millions de travailleurs qui meurent chaque année d'une maladie professionnelle. Aucun n'est le fait de la négligence de travailleurs.

Exiger une vigilance de tous les instants ne relève pas d'une démarche de sécurité. C'est plutôt un outil de chantage qui suscite la crainte de signaler les accidents, un outil de propagande pour se soustraire à ses responsabilités.

La santé et la sécurité au travail est un thème syndical. Il ne faut plus le laisser aux forbans, aux consultants, aux apologistes, aux psychologues, aux entremetteurs et aux juristes qui se le sont approprié à nos dépens.

La santé et la sécurité au travail est une matière foncièrement liée aux droits des travailleurs de :

–           Connaître les risques liés au travail

–           Refuser ou arrêter le travail dangereux

–           Participer pleinement à la prise de décision sur la santé et la sécurité au travail

En tant que travailleurs, nous avons moralement le droit de connaître totalement les risques des matières premières, des outils et des matériels avec lesquels nous travaillons, s'agissant en particulier des substances chimiques. Les carences du savoir technologique doivent être comblées par une recherche indépendante. Le secret industriel, souvent invoqué pour couvrir la dissimulation, ne fait que priver les travailleurs et les consommateurs du droit de savoir; les concurrents connaissent déjà la composition des produits des autres.

Nous réclamons le droit absolu de refuser ou d'arrêter tout travail que nous considérons dangereux ou malsain sans devoir craindre des représailles ou des mesures disciplinaires, avec une enquête conjointe sur les raisons de ce refus et une décision de commun accord sur le traitement de ces recours.

Nous réclamons une participation pleine et entière à l'élaboration et à la mise en œuvre des politiques, programmes et procédures de santé et de sécurité, à l'évaluation des risques, aux inspections, aux audits et aux enquêtes.

La santé et la sécurité doivent être assurées avec nous, pas nous être imposées. Nos vies et notre santé sont en jeu, et l'autorité morale d'évaluer un risque appartient à ceux qui sont exposés.

Partout dans le monde, de nombreux travailleurs n'ont aucun droit en matière de santé et de sécurité. Même dans les régions privilégiées, ces droits fondamentaux font l'objet de compromis. Aucune concession ne peut plus être acceptée.

En fin de compte, c'est tout simple. Les travailleurs ont des droits, les employeurs ont des responsabilités, et les syndicats veillent à ce que le travail soit plus sûr. 

Liberté pour Lula !

S’adressant aux quelque 150 syndicalistes constituant le Comité exécutif d’IndustriALL et à des participants issus d’autres fédérations syndicales internationales, le Président d’IndustriALL Jörg Hofmann a souligné l’importance de montrer sa solidarité et d’exprimer son soutien à Lula.

Lula a droit à une révision impartiale de son procès. Nous appelons le gouvernement du Brésil à se conformer immédiatement aux lois internationales et à garantir les droits fondamentaux,

a déclaré Jörg Hofmann.

Et, c’est très important, Lula doit être autorisé à se présenter à la prochaine élection présidentielle.

Les attaques contre la démocratie connaissent une escalade au Brésil : cela va du sabotage systématique de l’élection présidentielle de 2014 au coup d’État parlementaire contre la Présidente Dilma Rousseff en 2016. Il y a eu des attaques contre des programmes sociaux et des droits fondamentaux des travailleurs.

Les politiques de Lula ont permis l’accès à des millions de Brésiliens à une vie meilleure et il est très largement l’homme politique le plus populaire du pays. Son arrestation arbitraire sape les fondements de la démocratie en privant le peuple brésilien du droit de choisir qui il veut pour Président.

Lula est un champion des droits du travail et une source d’inspiration dans d’autres pays,

a indiqué le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches.

Cette attaque envers Lula est une attaque envers tous les travailleurs et toutes les travailleuses qui luttent pour faire valoir leurs droits, c’est une attaque contre la démocratie et une attaque contre la constitution brésilienne.

À l’issue de la manifestation, IndustriALL, ensemble avec les fédérations syndicales internationales CSI, Uni Global Union, ISP et UITA, a remis une lettre à la mission du Brésil auprès des Nations Unies exigeant du gouvernement brésilien :

Le Comité des femmes d’IndustriALL poursuit sa campagne pour l’élimination des violences faites aux femmes

Avec un objectif de 40 pour cent de participation des femmes, la majorité des réunions sectorielles d’IndustriALL restent à la traîne. Depuis le dernier Comité des femmes, qui a eu lieu en novembre 2017, des mesures ont été prises pour accroître la représentation des femmes.

Le fait que « les questions relatives aux femmes sont des questions syndicales » faisant l’objet d’un consensus, les rapports régionaux affichent des mesures concrètes.

Hashmeya Alsaadawe, présidente du syndicat irakien, la Fédération syndicale de Bassora, a fait état de 30 pour cent de représentation des femmes en Irak, ce qui représente une prouesse alors qu’elles sont parties de rien.

Il est nécessaire que nos collègues syndiqués s’engagent plus fortement à renforcer la position des femmes,

a indiqué Lucineide Varjão, membre de l’affilié brésilien CNQUT.

Combattre les violences faites aux femmes sur le lieu de travail

La violence à l’égard des femmes sur le lieu de travail a lieu dans tous les secteurs d’IndustriALL. Cette question concerne tous les syndicats et tous les syndiqués, hommes et femmes.

La Confédération syndicale internationale (CSI) milite en faveur d’une Convention de l’OIT juridiquement contraignante sur la violence de genre sur le lieu de travail.

En juin, la Conférence internationale du Travail (CIT) lancera une discussion d’une durée de deux ans sur une possible adoption d’une convention et d’une recommandation sur la violence sexiste dans le monde du travail.

S’adressant au Comité des femmes, Raquel González, membre de la CIT, a souligné la nécessité pour les syndicats de faire pression sur les gouvernements et les employeurs pour que soit adoptée une convention juridiquement contraignante.

La campagne d’IndustriALL pour mettre fin aux violences faites aux femmes sur le lieu de travail, qui compte désormais plus de 50 syndicats affiliés engagés, a pris de l’ampleur depuis son adoption en novembre 2017.

Hashemya a insisté sur l’importance de cette campagne au Moyen-Orient où les agressions à l’égard des femmes se déroulent presque partout, dans toutes les structures, tant sur le lieu de travail qu’à la maison:

Nous nous efforçons de mettre fin à la violence et progressons dans la région.

Marie Nilsson, présidente du syndicat suédois IF Metall, a informé le Comité des femmes sur l’impact du mouvement #MeToo en Suède:

Nous avons discuté de la question du harcèlement sexuel avec les employeurs et créé un groupe de travail mixte afin de lutter ensemble contre ce fléau sur le lieu de travail.

Les participants ayant promis de s’engager contre les violences faites aux femmes et de mettre en œuvre cet engagement dans les structures syndicales, le Comité des femmes a renouvelé son engagement de mettre fin à la violence et au harcèlement à l’égard des femmes sur le lieu de travail.

Le Prix international des droits syndicaux décerné aux syndicats indépendants du Kazakhstan

Cette distinction a été créée par notre affilié Industri Energi et se compose d'un prix en espèces et d'un soutien à des projets syndicaux.

IndustriALL Global Union avait appuyé cette candidature et s'est félicité de la décision du comité d'attribution, composé de membres de premier plan du mouvement syndical norvégien. Hélas aucun des trois leaders syndicaux ne pourra venir en Norvège pour la cérémonie de remise du prix.

Le comité d'attribution a déclaré que "Les trois dirigeants syndicaux ont fait preuve de beaucoup de courage en poursuivant leur action. La situation précaire des lauréats n'est qu'un exemple parmi d'autres de la réalité féroce que vivent, non seulement les travailleurs au Kazakhstan, mais aussi beaucoup de travailleurs partout dans le monde."

Les droits syndicaux sont en fort recul au Kazakhstan. En 2017, IndustriALL et la Confédération syndicale internationale (CSI) ont porté le cas des violations des droits des travailleurs au Kazakhstan devant la Conférence internationale du travail de l'OIT, en Suisse.

LE 25 juillet 2017, Larisa Kharkova, l'ancienne présidente de la Confédération des syndicats indépendants (KNPRK), a été condamnée, sur de fausses accusations, à quatre ans de restriction de sa liberté de circulation, cent heures de travaux forcés et l'interdiction d'occuper pendant cinq ans un poste dans un organisme public ou une organisation non-gouvernementale.

Le Président du syndicat des travailleurs de la compagnie de services pétroliers OCC, Amin Yeleusinov, et l'inspecteur du travail Nurbek Kushakbayev avaient été arrêtés et jugés plus tôt dans l'année après une protestation de masse pacifique des travailleurs de la région de Mangystau, qui réclamaient le rétablissement de leur fédération, KNPRK.

Cherchant à prendre le contrôle des syndicats indépendants après le massacre de Zhanaozen, en 2011, les autorités avaient adopté une loi répressive limitant la liberté syndicale. Les poursuites pénales intentées contre les trois dirigeants se fondent sur cette loi. 

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL, déclare :

"Nous nous félicitons de l'attribution, cette année, du Prix international pour les droits syndicaux aux syndicats indépendants du Kazakhstan. Nous avons soutenu leur cause légitime dans le passé et nous continuerons à le faire à l'avenir, jusqu'à ce que tous les travailleurs de ce pays jouissent pleinement de leurs droits humains et syndicaux."

Parmi les précédents lauréats figurent le Syndicat sud-africain des travailleurs du commerce, de la manutention, de l'agriculture et assimilés (2017), LabourStart (2016), l'Association des enseignants de Bahreïn (2015), et Napoleón Gómez Urrutia, le Secrétaire général de Los Mineros, le syndicat national des mineurs et des métallurgistes du Mexique (2014).

Pour plus d'information, voir www.svenssonprize.com

Afrique du Sud : le syndicat proteste contre les malversations de Glencore

Cette marche s’inscrivait dans le cadre d’une grève nationale à l’appel de la Fédération des Syndicats sud-africains et qui a vu des dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses descendre dans les rues des principales villes du pays pour faire barrage à des amendements à la législation du travail qui compromettraient le droit de grève ainsi qu’à l’introduction d’un salaire minimum trop bas pour rencontrer les besoins des travailleurs et travailleuses.

Les manifestants ont appelé Glencore à cesser de saper les salaires et conditions d’emploi, à mettre un terme aux pratiques antisyndicales et au déni de liberté syndicale des travailleurs et travailleuses ainsi qu’à cesser de polluer l’environnement par le rejet sans scrupule de déchets acides sur ses sites d’activité.

Glen Mpufane, Directeur de la section des mines d’IndustriALL indique :

Des multinationales comme Glencore devraient montrer la voie en termes d’exploitation minière responsable, en respectant les droits humains et du travail, la négociation collective et la protection des intérêts et des droits des communautés affectées par l’exploitation minière. À cette fin, nous allons continuer notre campagne en vue de forcer Glencore à s’exécuter.

Le NUMSA revendique le réenregistrement des fonderies au niveau du Département du Travail d’Afrique du Sud et des poursuites pour les dirigeants impliqués dans des négociations collective en contravention avec les conventions de l’OIT. En outre, Glencore devrait se tourner vers le NUMSA et collaborer avec lui en tant que syndicat majoritaire au sein de la division charbon de l’entreprise. Les travailleurs et travailleuses en sous-traitance, ainsi que ceux et celles employés par des pourvoyeurs d’emploi devraient profiter de meilleures conditions au lieu de salaires inéquitables, de mauvaises conditions de travail et de déplorables normes de santé et sécurité.

Thabo Mogoroe, du NUMSA, a déclaré en remettant la pétition à des représentants de Glencore, qui sont restés derrière une grille d’acier pour recevoir le document :

Nous souhaitons informer Glencore qu’il s’agit ici du commencement d’une série d’actions que nous allons entreprendre pour contrer ses attaques à l’égard des travailleurs et travailleuses, des pauvres et de leurs familles. Nous sommes réunis pour protester contre les abus de la part de Glencore envers les travailleurs, les communautés auxquelles ils appartiennent et l’environnement, non seulement en Afrique du Sud, mais aussi au plan international.

Le NUMSA faisait partie de la mission d’IndustriALL en RDC en février dernier et condamne les abus en matière de droits humains et du travail au sein des activités de Glencore chez Mutanda Mine et Kamoto Copper Mine. On relève parmi ceux-ci des menaces permanentes de licenciement, des pratiques déplorables en matière de santé et sécurité, des maladies professionnelles, du racisme et de la discrimination, des classifications de postes injustes et inéquitables ainsi que des bas salaires, ceux-ci étant encore inférieurs pour les travailleurs congolais par rapport aux étrangers.

Le syndicat a également condamné le déversement de déchets acides dans les cours d’eau des environs de la raffinerie de cuivre de Luilu à Kolwezi. Il y a aussi des problèmes d’évacuation des déchets acides à Mpumalanga, en Afrique du Sud, où les communautés avoisinantes auront à souffrir de la pollution des eaux longtemps encore après que les activités minières auront cessé.

Bienvenue dans Global Worker

La durabilité future de l’industrie dépend de la faculté des gouvernements à formuler des choix stratégiques. Les syndicats élaborent leur propre vision de la manière dont nos industries et nos emplois devraient être transformés pour répondre à ces objectifs de durabilité.

Nous encourageons les syndicats partout dans le monde à élaborer des politiques industrielles durables, ce qui est un défi pour tous. En Amérique latine et aux Caraïbes, nombre de nos affiliés présentent des propositions de politiques industrielles durables à leurs gouvernements. Au Chili, par exemple, les affiliés font campagne pour faire du lithium une ressource stratégique nationale. C’est là une excellente initiative syndicale en vue de réguler et conditionner la production et l’utilisation de ressources naturelles du pays. Voyez l’article complet en pages 16-17.

Organiser syndicalement pour accroître nos effectifs est essentiel si les syndicats veulent avoir leur mot à dire et être entendus. Voyez en page 23 comment l’affilié d’IndustriALL, le MMTUK (Syndicat des mines et de la métallurgie du Kirghizstan) a réussi à presque doubler ses effectifs sur une période de cinq ans.

Pendant que certains s’épanouissent, d’autres sont confrontés à de graves attaques de la part d’entreprises et de gouvernements. Des États-Unis à la Corée du Sud et de l’Algérie aux Philippines, l’anti-syndicalisme est répandu et devient de plus en plus sophistiqué. Mais nos syndicats contre-attaquent. Voyez notre dossier complet en pages 18-22.

Trop de pouvoir concentré dans les mains de multinationales a un impact négatif sur les communautés et les sociétés. Les gouvernements doivent résister à la cupidité des entreprises et cela implique de défendre la liberté syndicale par des actes forts. Après des années de tentatives infructueuse pour engager le dialogue avec le géant minier Glencore, IndustriALL a lancé une campagne qui a pris son plein envol. Il existe de sérieuses problématiques de droits des travailleurs ainsi que de santé et sécurité au sein de ses activités de par le monde. Il faut faire quelque chose. Voyez en pages 5-10 comment Glencore est devenue ce qu’elle est aujourd’hui.

Une délégation d’IndustriALL s’est rendue en RDC en février 2018 pour rencontrer les syndicats qui représentent les mineurs sur place. Nos affiliés sont confrontés à un énorme défi pour organiser syndicalement dans un pays aussi vaste, où les ressources du sous-sol ont contribué à la guerre et au chaos. L’Affilié d’IndustriALL, le TUMEC (Travailleurs Unis des Mines, Métallurgie, Énergie, Chimie et Industries Connexes), est dévoué à se battre pour les droits des travailleurs, de meilleurs salaires, une amélioration de la santé et de la sécurité ainsi que pour la syndicalisation des femmes travailleuses. Voyez leur profil syndical en page 11.

En novembre de l’année dernière, IndustriALL a lancé une campagne pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes sur le lieu de travail. Dans le sillage du mouvement #MeToo (#MoiAussi), nous devons saisir l’opportunité pour pousser à un réel changement et pour combattre la violence et le harcèlement sexuel. Rendez vous en pages 14-15 pour en savoir plus sur ce que font les syndicats partout dans le monde pour matérialiser ce changement.

En 2017 trois femmes ont été élues à des postes de responsabilité de premier plan dans des syndicats affiliés : Nora Garofalo de la FEMA CISL et Francesca Re David de la FIOM CGIL en Italie ainsi que la Présidente d’IF Metall Marie Nilsson en Suède, qui est interviewée en pages 12-13 ; elle parle, entre autre choses, de ce que fait son syndicat pour

Valter Sanches

Secrétaire général

DOSSIER SPÉCIAL: Glencore, un géant des matières premières dénué d’âme

Texte: Walton Pantland

Lorsqu’IndustriALL Global Union s’est rendue en RDC en février 2018 pour rencontrer les sections syndicales des mines de Glencore, l’entreprise nous a interdit l’accès à ses sites et des forces de sécurité ont tenté d’interrompre une réunion syndicale dans une église et d’en arrêter les organisateurs. Qu’ont-ils à cacher ?

L’an dernier, les Paradise Papers ont révélé que Glencore avait versé des sommes énormes à un intermédiaire corrompu pour obtenir des interets minièrs en RDC. S’ajoutant à sa réputation de corruption, d’abus des droits humains et de dégradation de l’environnement, la manière dont Glencore traite sa main d’œuvre, en RDC et sur plus de 150 sites d’exploitation de par le monde, est un scandale qui n’a pas attiré l’attention qu’il mérite.

L’entreprise emploie directement 83.679 personnes dans le monde, pour un total de 145.977 en ajoutant les sous-traitants. Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour le secteur des mines, déclare :

“Pour Glencore, les travailleurs sont une ressource jetable et remplaçable, comme une autre.”

Ceux-ci comprennent les mineurs du site Oaky North de Glencore en Australie qui ont été lock-outés pendant 230 jours, ceux de CEZinc au Canada qui ont dû faire grève pendant neuf mois pour empêcher une razzia sur leurs pensions, la perte de milliers d’emploi par la précarisation en Zambie, une vague d’accidents évitables à la mine du Cerrejón en Colombie et les conditions de travail impitoyables en RDC.

Campagne Glencroe d’IndustriALL

Lors de la réunion de son Comité exécutif au Sri Lanka en octobre 2017, IndustriALL a lancé une campagne contre Glencore. Cela faisait suite à des années de tentatives infructueuses d’établir un dialogue mondial avec l’entreprise pour résoudre des crises liées aux droits des travailleurs et à la santé et la sécurité au sein de ses activités partout dans le monde.

S’exprimant lors du lancement de la campagne, Tony Maher, Président national de notre affilié australien, le CFMEU (Syndicat de la Construction, des industries forestières, des mines et de l’ingénierie), a déclaré :

“Glencore en tant qu’entreprise est dénuée d’âme. C’est une compagnie façon Frankenstein, constituée au départ de corps disparates recousus ensemble.”

Glencore est une sorte d’hybride dont le seul but est de faire de l’argent, un colosse du monde des affaires avec une mainmise sur des ressources mondiales. L’entreprise a bâti un réseau extrêmement complexe de quatre-vingts filiales ou davantage sur les cinq continents, en ayant recours à des sociétés écrans, des partenariats et des comptes offshore pour rendre les transactions opaques et éluder les taxes, tout en travaillant avec des intermédiaires corrompus pour avoir accès à certaines ressources.

Les syndicats qui représentent les travailleurs et travailleuses en Argentine, en Australie, en Bolivie, au Canada, au Chili, en Colombie, en RDC, en Allemagne, en Italie, en Norvège, au Pérou, en Afrique du Sud, au Royaume-Uni et en Zambie se sont rassemblés pour coordonner leurs actions contre l’entreprise : beaucoup ont été confrontés à l’arrogance et à l’intransigeance de Glencore dans leurs pays respectifs.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, déclare : 

“Le but de la campagne est de confiner le monstre, de l’empêcher de faire davantage de dégâts. Les affiliés d’IndustriALL cherchent à négocier avec l’entreprise à niveau mondial, afin de créer un mécanisme transparent pour résoudre les conflits quand ils se présentent.”

Profil d’entreprise

Le passé criminel de Glencore (son fondateur a figuré sur la liste des dix personnes les plus recherchées par le FBI pendant près de 20 ans) et son mépris permanent pour la loi font que l’entreprise essaie de conserver un profil bas et de rester loin des projecteurs. Mais récemment, depuis son passage en bourse en 2011 ainsi que les fuites des Panama Papers, des Paradise Papers et des courriels d’Hilary Clinton, davantage d’informations sur l’entreprise ont éclaté au grand jour.

Glencore, appelée à l’origine Marc Rich + Co, a été fondée en 1974 par Marc Rich, un négociant en matières première belgo-américain. Avant Rich, la production et le commerce du pétrole étaient dominés par de grosses entreprises bien établies comme BP et Exxon, qui passaient des marchés à long terme avec des gouvernements stables. Rich s’est rué dans des zones de conflit avec de l’argent emprunté pour conclure des marchés avec des notables pour acheter du pétrole en direct. Rich a apporté deux grandes innovations dans le commerce mondial des matières premières : le défi aux lois internationales et l’utilisation de l’effet de levier, à savoir acheter avec de l’argent emprunté et revendre avec un bénéfice, pour accaparer des marchés lucratifs.

La fortune de l’entreprise s’est construite sur l’évasion fiscale et le contournement des sanctions : Rich a défié les embargos commerciaux internationaux pour commercer avec des régimes parias de tout l’éventail politique, y compris l’Iran durant la crise des otages, la Libye de Kadhafi, le Chili de Pinochet et l’Afrique du Sud sous l’apartheid. Rich a également conclu des marchés avec la Corée du Nord de Kim Il Sung, la Yougoslavie de Slobodan Milosevic et les Philippines de Ferdinand Marcos ainsi que, par le biais de Gilbert Chagoury, convaincu de blanchiment d’argent, avec Sani Abacha au Nigeria.

Jamais regardant quant aux origines de sa richesse, Rich a affirmé que briser l’embargo de l’ONU sur l’Afrique du Sud a conduit au “plus important et plus rentable” de tous ses marchés jamais conclus.

Dans les années 1980, Rich a travaillé avec les services secrets israéliens, le Mossad, pour mettre sur pied un oléoduc secret pour vendre du pétrole iranien à Israël. En 1983, Rich a été mis en accusation aux États-Unis pour évasion fiscale, escroquerie, commerce avec l’ennemi et pratiques de commerce illégales. Fugitif aux yeux de la justice, et pendant près de deux décennies sur la liste des dix personnes les plus recherchées par le FBI, il a fuit en Suisse.

Bien que Rich a été amnistié de manière controversée par Bill Clinton au dernier jour de son mandat en 2001, le siège de Glencore reste dans le canton de Zoug, en Suisse. Quoi qu’elle soit la plus grande entreprise de Suisse et au 16e rang du classement Fortune Global 500 des plus grandes entreprises, Glencore préfère conserver un profil bas.

En 2011, l’entreprise est passée en bourse et est cotée sur trois places : Londres, Hong Kong et Johannesburg. La cotation en bourse a obligé à un plus haut degré d’éthique et les transactions opérées par Glencore sont maintenant plus largement suivies. Le prospectus de l’entreprise était sans détours quant à sa stratégie qui consiste à opérer dans des environnements volatiles et à hauts risques.

Laura Carter, responsable régionale d’IndustriALL pour l’Amérique latine, a beaucoup d’expérience avec Glencore :

Glencore profite de la misère d’autrui. C’est un ogre aux pieds de ballerine, qui fond sur les pénuries et les catastrophes avec une précision chirurgicale.

Le modèle d’entreprise est d’emprunter de l’argent pour acheter des parts de blocage de matières premières, pour en influencer le prix et potentiellement faire d’énormes bénéfices. Glencore pratiquait à l’origine essentiellement le négoce du pétrole, mais s’est ensuite dirigé vers le charbon, le zinc, le cuivre, le plomb, le nickel, les ferro-alliages, le fer, l’aluminium et les produits agricoles.

Voyant un intérêt à contrôler aussi bien la production que le commerce, Glencore a commencé à investir dans la compagnie minière Xstrata en 1990. En 2013, Glencore a fusionné avec Xstrata, qui était alors la plus grande compagnie charbonnière au monde, et a fait l’acquisition d’un nombre significatif d’activités minières. L’entreprise s’est installée sur les chaînes d’approvisionnement des matières premières, contrôlant l’extraction primaire ainsi que le traitement à valeur ajoutée et la logistique et a acheté des intérêts majoritaires dans des mines, des terminaux de charbon et des cargos, des raffineries, des fonderies et des entrepôts. Glencore s’est également dirigée vers l’agriculture, avec des intérêts dans les céréales, les huiles, le coton, le sucre et les sites d’entreposage.

Mépris de la loi

En 2015, Glencore a été mis à l’amende en Afrique du Sud pour avoir fourni du charbon de médiocre qualité à l’entreprise de fourniture d’énergie Eskom, et accusée par le gouvernement du Ghana en 2017 d’importation et de revente illégale de produits pétroliers.

La mine McArthur River en Australie n’a pas versé de droits d’exploitation aux autorités depuis son ouverture en 1995 et, en 2017, le fisc a estimé que Glencore avait triché sur ses revenus imposables en détournant 190 millions de dollars vers l’étranger. L’entreprise a aussi été accusée d’évasion fiscale en Zambie en 2011, et en 2018, un tribunal d’appel du Royaume-Uni a confirmé des sanctions contre Glencore pour évasion fiscale

La filiale Xstrata est confrontée à des poursuites au Royaume-Uni pour avoir selon des témoignages payé des forces de police au Pérou pour attaquer des manifestants. En 2017, la Bourse des métaux de Londres a imposé une amende de 1,4 millions de dollars à Glencore pour avoir falsifié des documents d’entreposage.

La filiale Katanga en RDC est sujette à des poursuites aussi bien aux États-Unis qu’au Canada pour avoir fourni des rapports financiers falsifiés à des investisseurs.

L’entreprise a également la réputation de persécuter certains gouvernements, après avoir poursuivi la Bolivie et la Colombie par le biais de mécanismes de règlement des différends entre états et investisseurs et avoir utilisé des prêts adossés à des actifs pétroliers pour contrôler des ressources naturelles au Tchad, ce qui a plongé le pays dans une crise financière.

Le modèle de Glencore, consistant à emprunter de l’argent pour négocier ses achats l’a pratiquement menée à la faillite en 2015, lorsqu’un krach au niveau des cours mondiaux des matières premières a conduit à une sur-exposition de l’entreprise, engluée dans la dette.

Pour s’assurer des sources mieux gérables et à plus long terme de financement d’achat de matières premières, Glencore a commencé à former des partenariats avec des fonds d’investissement souverains, comme la Qatar Investment Authority (QIA), qui détient 8,2% des parts de Glencore. En 2017, QIA et Glencore ont acheté 19,5% de Rosneft, l’entreprise étatique russe de l’énergie. D’autres fonds d’investissement souverains, de Norvège, des Émirats Arabes Unis, de Singapour et de Chine ont également été de gros investisseurs de Glencore.

Le PDG de Glencore, Ivan Glasenberg, détient 8,4% des actions de l’entreprise, liant sa fortune personnelle à celle de la compagnie.

Le réseau opaque des sociétés écrans et d’intermédiaires de Glencore lui permet de rapporter des pertes dans les pays où elle exploite le produit brut et de le vendre pour une misère à des filiales situées dans des paradis fiscaux.

Droits humains et des travailleurs

Glencore a été accusée de d’abus de droits humains et des travailleurs dans de nombreux pays. En plus de l’affaire au Pérou, en Colombie, la filiale de Glencore Prodeco est accusée d’avoir financé un groupe paramilitaire durant le conflit armé dans le pays, entre 1996 et 2006, dans le cadre d’une tentative de contrôler l’industrie du charbon.

Le directeur des campagnes d’IndustriALL Adam Lee nous dit :

“Les travailleurs et travailleuses sont des denrées consommables aux yeux de Glencore. Sur les sites d’activité en Europe, où Glencore emploie peu de gens, dans un environnement où les organisations syndicales et les réglementations sont fortes, les conditions offertes sont généralement conformes aux normes du secteur. Mais dans de nombreux autres pays, l’entreprise soit a négligé sa main d’œuvre, soit s’en est pris brutalement à elle.”

Santé et sécurité

“Glencore prétend vouloir être un leader du secteur dans le domaine de la santé et de la sécurité et a fièrement annoncé n’avoir tué que neuf personnes en 2017,” dit le directeur d’IndustriALL pour la santé, la sécurité et la durabilité, Brian Kohler. “Mais nos affiliés de par le monde nous font part d’une attitude laxiste par rapport à la santé et la sécurité.”

En Bolivie, les travailleurs se plaignent que l’équipement de sécurité est de qualité médiocre. Parce qu’ils sont payés en fonction de ce qu’ils produisent, des réglementations de santé et sécurité plus strictes ont ralenti la production et ont conduit à une chute considérable des rémunérations. Les syndicats indiquent que les travailleurs en sous-traitance ne sont pas formés convenablement, ce qui conduit à des accidents mortels. Selon le rapport annuel de Glencore, deux travailleurs ont été tués en 2017. Après qu’un travailleur a été tué à la mine San Lorenzo en 2014, l’entreprise a mis la pression sur sa main d’œuvre, menaçant de fermer la mine s’il y avait le moindre nouvel accident.

En août 2017, en Colombie, le syndicat Sintracarbón a rapporté qu’en moins d’un mois il y avait eu 13 accidents du travail sur le site d’exploitation de charbon à ciel ouvert du Cerrejón, dont cinq en une seule journée. Tragiquement, et inévitablement, ce n’était qu’une question de temps avant que quelqu’un ne soit tué. Le 25 janvier 2018, Carlos Urbina Martinez est mort d’un accident dans cette mine.

Les problèmes au Cerrejón ne datent pas d’aujourd’hui. La Colombie est un autre de ces pays, richement dotés en ressources naturelles et déchirés par les conflits qu’affectionne Glencore. Déjà en 2006, il y avait des soupçons de corruption et de graves violations de droits humains, le syndicat local accusant la compagnie d’expropriations forcées et d’avoir évacué des villages entiers pour permettre d’extension de la mine, avec la complicité des autorités colombiennes.

Externalisation et sous-traitance

Comme de nombreux autres employeurs, Glencore précarise ses salariés pour éluder ses responsabilités, laissant 62.000 de ses travailleurs et travailleuses, ainsi que leurs familles, en dehors de la sécurité d’un contrat permanent, de la perspective d’une pension et d’une couverture santé. Au cours des dernières années, la proportion des sous-traitants par rapport aux salariés permanents a grimpé alors que l’emploi global est en diminution.

En 2016, le Cerrejón a reçu une amende de 2 millions de dollars pour recours illégal et excessif à la sous-traitance. Les syndicats de Bolivie rapportent que l’entreprise emploie des sous-traitants alors que c’est illégal et engage des travailleurs sous la classification “salariés de confiance” pour limiter leurs possibilités de se syndiquer ou de faire grève.

Selon le Syndicat des mineurs de Zambie, environ la moitié des travailleurs et travailleuses de l’exploitation de cuivre Mopani de Glencore en Zambie sont des précaires qui perçoivent en moyenne un tiers du salaire d’un salarié permanent. Ceci en dépit de l’affirmation de Mopani selon laquelle elle vise à verser pour chaque salarié sous-traitant 80% d’un salaire de permanent.

Briser les relations sociales

Une plainte fréquente des travailleurs et travailleuses de Glencore est que l’entreprise refuse de négocier de manière centralisée, même à niveau d’un pays, et qu’il n’y a aucune cohérence au niveau des conditions d’emploi sur les différents sites. L’entreprise dispose d’une série de sites en Afrique du Sud où les syndicats locaux font campagne pour une convention au niveau de l’entreprise.

Bien que Glencore prétend être “engagée à travailler honnêtement et ouvertement avec les syndicats sur nos sites et à traiter les salariés avec respect”, la réalité est très différente.

Au lieu de négocier de bonne foi avec eux en tant que représentants de sa main d’œuvre, Glencore tente activement de briser les syndicats.

En Australie, les travailleurs et travailleuses de la mine Oaky North ont été lock-outés par l’entreprise pendant plus de 230 jours pour avoir résisté à un plan visant à remplacer les salariés permanents par des sous-traitants. Plutôt que de faire une offre équitable, l’entreprise a choisi le lock-out de sa main d’œuvre.

Les travailleurs ont été punis et ont subi des intimidations pour s’être opposés aux vues de l’entreprise. L’organe officiel de médiation du travail australien, la Fair Work Commission, a dû ordonner à l’entreprise de cesser son espionnage des travailleurs et son refus de leur permettre de porter des T-shirts aux couleurs du syndicat. Les travailleurs et leurs familles étaient suivis en ville jusqu’à leurs habitations et filmés lors d’événements publics par des agents de sécurité privés employés par l’entreprise. Des travailleurs ont dit que des agents de sécurité avaient filmé leurs enfants à la plaine de jeu.

Glencore utilise ses salariés comme outil politique. En 2017, la société Copperbelt Energy, qui fournit l’électricité aux compagnies minières en Zambie, a augmenté ses prix. Mopani a cessé ses activités et menacé le gouvernement zambien de licencier 4.700 salariés, arguant que la hausse des tarifs de l’électricité aurait un énorme impact sur son budget. 

La quête du cobalt : Glencore en RDC 

L’exemple le plus cru de la manière dont Glencore traite ses salariés se trouve probablement en RDC. Immense pays souvent sans foi ni loi, la RDC produit un éventail de minerais extrêmement précieux, dont le cobalt et le cuivre. La RDC est au centre de la fortune retrouvée de Glencore et une grande partie des récents succès de l’entreprise dépend des activités qu’elle y mène.

En 2012, Glencore a été mise à l’index pour avoir acheté du cuivre extrait par de la main d’œuvre enfantine. Elle a beaucoup travaillé depuis à améliorer son image, mais la condition des travailleurs qui extraient ces minerais parmi les plus précieux de la planète reste misérable.

Selon les fuites des Paradise Papers, Glencore a prêté 45 millions de dollars au controversé milliardaire israélien Dan Gertler pour son aide dans l’obtention de concessions minières à bon prix de la part de la compagnie étatique Gécamines, permettant à Glencore d’épargner 440 millions de dollars.

Glencore lui a encore versé 960 millions de dollars supplémentaires pour racheter ses parts dans ces mines. Gertler est lié à toute une série d’accusations de corruption et est sous le coup de poursuites criminelles en Suisse. Le Trésor américain l’a sanctionné en décembre 2017, affirmant que la corruption dont il était responsable avait coûté 1,3 milliard de dollars à la RDC.

Depuis qu’elle a acquis ces parts, Glencore emploie environ 15.000 personnes en RDC, par le biais de ses filiales Mutanda Mining et Katanga Mining. Elle a l’intention de doubler sa production de cobalt au cours des toutes prochaines années.

Sept ouvriers sont morts chez Katanga en 2016 lors de l’éboulement de la paroi d’une mine à ciel ouvert. Une mission menée en février 2018 par IndustriALL sur les activités de Glencore dans la région de Kolwezi a mis en lumière une situation horrifiante. Les travailleurs disent être traités comme des esclaves, livrés aux dangers et exposant leurs familles à des maladies professionnelles, car ils n’ont pas d’installations pour se laver.

“Nous sommes si sales lorsque nous rentrons chez nous que nous ne pouvons pas prendre nos enfants dans les bras,” a confié un travailleur.

L’abjecte pauvreté de la région sautait aux yeux. Le cobalt, essentiel à la production de nombreux produits de haute technologie, est très précieux et pourtant, presque toute cette richesse est absorbée par des entreprises étrangères, ou sur place par le biais de la corruption et avec la complicité des entreprises étrangères.

Glen Mpufane précise :

Nous avons été frappés par la pauvreté désespérante de la population de Kolwezi et le manque de développement et d’infrastructures. Le contraste avec l’immense richesse de Glencore est net. Il est d’une grande ironie que les acheteurs de voitures électriques, conscientisés aux problèmes d’environnement, dépendent d’une chaîne d’approvisionnement bâtie sur le pillage environnemental et social de Glencore.

Glencore a interdit à IndustriALL l’accès à ses sites et lorsque la section locale du TUMEC a organisé une réunion dans une église, des forces de sécurité ont tenté de la disperser et d’en arrêter les organisateurs.

Il est possible de produire du cuivre et du cobalt en en tirant du bénéfice, tout en respectant les droits des travailleurs. Umicore, dont le siège est en Belgique, est un concurrent de Glencore, produisant également du cobalt, du lithium et d’autres minerais précieux.

Mais cette entreprise a signé un accord-cadre mondial sur le développement durable avec IndustriALL, qui couvre 14.000 travailleurs dans 38 pays. Cet accord couvre également la durabilité, l’entreprise augmentant son implication dans l’extraction de matériaux par le recyclage d’équipement électronique.

PROFIL: TUMEC – syndiquer les travailleurs et travailleuses congolais et défendre leurs droits

Syndicat: Travailleurs Unis des Mines, Métallurgies, Energie, Chimie et Industries Connexes (TUMEC)

Pays: République Démocratique du Congo (RDC)

Texte: Elijah Chiwota

La RDC est richement dotée en cobalt, cuivre, or et autres minerais. Au plan mondial, environ 65% du cobalt, dont les prix ont flambé en raison de la demande des fabricants de batteries de véhicules électriques et de smartphones, sont extraits en RDC. Cependant, le poids du passé n’a pas rendu les choses faciles pour le TUMEC en termes de syndicalisation, car les multinationales ont pris l’habitude d’y exploiter les travailleurs et travailleuses.

La RDC est souvent citée en exemple de pays souffrant de la “malédiction des ressources” en vertu de laquelle les richesses naturelles financent les guerres et les bains de sang plutôt que de participer au développement du bien-être et des infrastructures du pays, dont des routes et des hôpitaux, pour ainsi inverser la courbe de la pauvreté.

Organiser syndicalement dans un pays au tel passé et au territoire aussi vaste que la RDC n’a pas été une tâche facile pour le TUMEC, mais la lutte en faveur de la diligence raisonnable, de l’exploitation minière responsable et de la syndicalisation de toujours davantage de travailleurs continue.

Le TUMEC se bat pour s’assurer que les employeurs se conforment aux pratiques de travail qui ont été élaborées au sein des conventions collectives de travail, qui sont protégées par la loi. Actif dans les secteurs des mines, de l’énergie et de la chimie, y compris en ce qui concerne les travailleurs en sous-traitance et ceux des mines artisanales, le TUMEC compte plus de 12.000 adhérents au niveau d’entreprises qui comprennent la multinationale des mines Glencore et la compagnie minière d’État, Gécamines.

Le TUMEC est engagé dans la campagne Glencore d’IndustriALL, qui vise à faire valoir le respect des travailleurs au sein des activités de l’entreprise chez Mutanda et Kamoto Copper Company à Kolwezi, dans la province de Lualaba.

Par le biais du recrutement et de la syndicalisation, il est maintenant un syndicat bien en place à Kolwezi, Lubumbashi, Doko, Kisangani, Mbuji-Mayi, Kinshasa, Lukala, Matadi et Muanda. Le TUMEC a fait campagne par le biais des élections syndicales sur les lieux de travail, conformément aux législations du travail. Le syndicat qui emporte le plus grand nombre de voix lors du scrutin devient le syndicat majoritaire, tandis que celui qui en compte moins est un syndicat de représentation. Cette année, le TUMEC vise à devenir un syndicat majoritaire, qui a le pouvoir de négocier avec l’employeur.

Une grande partie du travail du TUMEC au cours des dernières années a reçu le soutien d’un projet de développement syndical d’IndustriALL financé par l’organisation de soutien solidaire syndical néerlandaise Mondiaal FNV.

Au cours des quelques dernières années, des problèmes au niveau de la hiérarchie du TUMEC de Kolwezi ont handicapé la progression des effectifs. Cependant, à l’issue du congrès de l’an dernier, une nouvelle équipe dirigeante a été élue et des plans pour le recrutement et la syndicalisation ont été mis en place. Entre autres, le TUMEC vise Mutanda et Kamoto. Chez Mutanda, il compte seulement 200 membres sur un effectif total de 6.500 personnes et chez KCC, 175 sur 5.800 salariés permanents. Le syndicat travaille d’arrache-pied pour inverser la tendance.

“La stratégie de recrutement et de syndicalisation du TUMEC se concentre sur les problèmes auxquels les travailleurs et travailleuses sont confrontés quotidiennement sur leurs lieux de travail. Nous essayons alors de solutionner ces problèmes par des voies participatives qui les impliquent. Nous n’attirons pas des membres vers le syndicat avec de l’argent ou des vêtements. Ils rejoignent plutôt le syndicat parce qu’ils ont la garantie que le TUMEC se battra pour leurs droits,” indique le Secrétaire général Didier Okonda.

En 2017, le Comité des femmes d’IndustriALL pour la RDC a été mis sur pied pour traiter des problématiques qui affectent les femmes du syndicat. Le comité recrute davantage de femmes au sein du syndicat et met sur pied des comités des femmes au sein des entreprises où le TUMEC recrute. Des perspectives existent en vue d’ateliers de formation sur les droits et conditions de travail pour les femmes, une campagne contre le harcèlement sexuel, sur la liberté syndicale, la santé et la sécurité, les législations qui concernent les femmes ainsi que l’amélioration de la compréhension des problématiques de genre.

“On espère que cette formation va déboucher sur une stratégie pour faire cesser les violations des droits des femmes travailleuses sur les lieux de travail en RDC et augmenter leur implication et leur capacité à occuper des postes dirigeants,” indique Olga Kabalu, présidente du Comité des Femmes.

RENCONTRE: Marie Nilsson

Syndicat: IF Metall

Pays: Suède

Texte: Petra Brännmark

Marie Nilsson dit que, clairement, il y a un avant et un après #MeToo, et que IF Metall a réagit rapidement lorsque le débat a atteint les syndicats.

“Les questions sur le harcèlement sexuel ont toujours fait partie de nos enquêtes sur les lieux de travail mais n’en ont jamais été une part substantielle. Cependant, lorsque nous avons réalisé l’étendue de #MeToo, nous avons posé les questions de manière différente et les réponses ont été différentes, en particulier de la part des jeunes femmes.

“J’ai été frappée par l’étendue du harcèlement sexuel, même en sachant que nous évoluons dans un environnement où les hommes sont majoritaires. Et j’ai été consternée : nous voulons syndiquer les femmes et si nous ne faisons rien, elles quitteront le syndicat.

“Il existe un cadre légal et des directives en Suède, mais ce n’est pas d’une grande utilité c’est pour prendre la poussière sur une étagère sans être utilisé. Les salarié(e)s doivent connaître vers qui se tourner en sachant que leurs préoccupations vont être prises au sérieux. Aussi, employeurs et syndicats partagent cette responsabilité.”

IF Metall a rencontré les employeurs pour discuter du problème du harcèlement sexuel sur le lieu de travail et nous prenons des mesures ensemble. Un certain nombre de conférences communes avec une organisation patronale sont prévues pour débattre du sujet, avec la section syndicale et la direction locales du lieu de travail concerné.

“Je suis heureuse de pouvoir réaliser cela en commun avec les employeurs. Ceci démontre que nous sommes d’accord sur le principe fondamental de combattre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail et que nous prenons la chose au sérieux.”

Que peuvent faire les syndicats ?

“Ce qui se passe sur le lieu de travail relève de l’employeur, mais en tant que syndicats, nous devons être présents et prendre nos responsabilités. Chez IF Metall, nous nous assurons que nos structures régionales et locales sachent comment traiter des cas de harcèlement sexuel.”

Certaines catégories professionnelles se sont tournées vers les médias sociaux pour parler de leur expérience sur les lieux de travail. Par exemple les journalistes, les actrices et le personnel hospitalier ont partagé leurs témoignages sur le harcèlement sexuel. Et le hashtag #InteFörhandlingsbart (non-négociable) a mis l’accent sur le harcèlement sexuel au sein du mouvement syndical.

“Nous avons eu des cas de délégués syndicaux se comportant de manière inappropriée, ce qui est une situation difficile pour toutes les personnes concernées. Quand tout le monde connaît tout le monde, il faut des instructions claires sur la manière de procéder et, peut-être, faire appel au niveau régional plutôt que local.

“Le débat sur ce qui est correct et ne l’est pas a été très important. Même s’il est parfois difficile d’en parler lorsque le harcèlement sexuel se produit en interne, nous avons une responsabilité à cet égard en ne pouvons en apparaître complice.

“C’est pourquoi IF Metall a appelé ses partenaires sociaux du secteur à considérer cela comme un coup de pied dans la fourmilière. Toutes les entreprises devraient avoir une politique pour travailler activement à combattre le harcèlement sexuel et la discrimination fondée sur le genre. Il faut une tolérance zéro.”

Quelle est l’approche d’IF Metall à l’égard d’Industrie 4.0 ?

“Industrie 4.0 est, sans nul doute, notre défi le plus important. Nous considérons l’évolution technique comme quelque chose de positif. Nous savons que certains postes vont disparaître, mais nous savons aussi qu’il y en aura de nouveaux.

“Bien que la numérisation a d’énormes effets, ce n’est pas vraiment une nouveauté pour nous. Nous sommes déjà passés par là. Mais aujourd’hui, ça va plus vite et ça touche la société dans son ensemble.

“Nous pensons que les percées les plus importantes auront plus ou moins lieu au cours des cinq prochaines années. Ceci affectera non seulement ceux qui arrivent sur le marché de l’emploi, mais aussi ceux qui y sont déjà présents. En tant que syndicat, nous avons un rôle au sein de ce parcours, comme partenaire sur qui on peut compter dans cette transformation.

“Nous travaillons donc à nous assurer que nos adhérents auront les compétences voulues pour être employables à l’avenir. La plupart de nos membres évoluent dans des industries d’exportation et devons avoir une transition en douceur.”

Les effectifs syndicaux se réduisent en Suède, pays qui compte traditionnellement une forte densité syndicale. Que fait IF Metall pour contrer cette tendance ?

“Depuis 2006, nous avons perdu 10.000 membres par an, mais en 2017, nous avons en réalité augmenté nos effectifs de 800 nouvelles unités.

“Syndiquer est clairement une priorité. Et ce n’est pas seulement recruter de nouveaux membres, mais aussi nous assurer que les adhérents existants ne quittent pas IF Metall. Nous devons leur parler et comprendre pourquoi ils veulent s’en aller.

“Ne pas savoir pourquoi ils devraient être syndiqués, ne pas en voir les avantages, sont souvent cités comme raison de s’en aller. Ils ont l’impression que personne ne se soucie d’eux, ils sont déçus de nous en tant qu’organisation, nous n’avons pas été suffisamment présents et ils n’ont pas reçu le service qu’ils attendaient ou dont ils avaient besoin.

“Pour grandir, nous devons nous assurer qu’il soit demandé à chaque nouveau salarié d’adhérer à IF Metall. Les jeunes ne sont pas toujours intéressés, mais il faut leur poser la question et les motiver : rejoindre un syndicat n’est plus seulement qu’une question de solidarité.

“Nous voulons aussi informer sur les syndicats dans les écoles. Nous savons que si nous pouvons atteindre les gens lorsqu’ils sont toujours à l’école, ils sauront ce qu’est un syndicat une fois au travail et ils seront davantage susceptibles d’en devenir membres.”

Avec des liens historiquement étroits avec le parti au pouvoir en Suède, le Parti social-démocrate et le Premier Ministre Stefan Löfvén qui est ancien président d’IF Metall, nous avons là un syndicat hautement politisé. Comment vous préparez-vous pour les élections législatives de septembre ?

“Les élections retiennent une grande part de notre attention cette année, d’autant que les sondages montrent actuellement les sociaux-démocrates et le bloc conservateur au coude-à-coude.

“D’ici à septembre, le travail politique occupera une part importante de ce que nous faisons. Avant le gouvernement actuel, nous avons connu huit années de pouvoir conservateur et nous étions marginalisés en tant que syndicat. Durant la récession et la crise économique, l’industrie suédoise s’est contractée et 48.000 de nos membres ont perdu leur emploi. En dépit de nos démarches auprès des ministres et départements compétents pour trouver des solutions, nous apparaissions comme dispensables.

“Nous savons des expériences en Allemagne et en Belgique qu’il existe des manières de traiter la crise économique où le gouvernement, les employeurs et le monde du travail partagent le fardeau, en réduisant le temps de travail, par exemple. Mais on nous a ignoré lorsque nous essayions de protéger nos membres. Nous savons donc ce qu’un gouvernement conservateur pourrait signifier pour nos membres, et nous voulons un gouvernement qui soutient le développement industriel.

“Nous avons produit des documents à distribuer sur les lieux de travail et 36 de nos sections locales ont désigné des référents pour les élections, qui amèneront le débat sur le lieu de travail à propos de ce que les élections signifient pour le marché du travail, l’industrie et le syndicat.

De manière plus importante, nous voulons que chacun vote. Comme dans de nombreux autres pays, la Suède a vu une montée de la droite politique, et ces idéologies sont favorisées en cas de faible taux de participation des votants.”

IF Metall

DOSSIER: À la recherche de politiques industrielles durables pour l’Amérique latine

Région: Latin America and the Caribbean

Texte: Kimber Meyer

Atteindre la durabilité implique d’œuvrer pour un présent et un futur où les besoins sociaux et économiques sont satisfaits sans mettre l’environnement en danger.

À cette fin, IndustriALL s’est attelée depuis 2013 à élaborer une politique industrielle durable. L’objectif est de rechercher des solutions à des situations qui affectent tout un chacun, en particulier le changement climatique ainsi que la crise environnementale, économique et sociale.

En 2015, 195 pays ont signé l’Accord de Paris afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter le changement climatique au niveau mondial. Tous les secteurs d’IndustriALL ont des impacts significatifs sur l’environnement, mais les réglementations les concernant à cet égard sont vagues.

En s’impliquant activement, les syndicats peuvent empêcher que des décisions sur l’avenir des secteurs, des emplois et de la planète restent exclusivement aux mains des gouvernements, des entreprises multinationales et des forces du marché.

Au contraire, ils peuvent s’assurer que la voix des travailleurs et travailleuses de l’industrie soit entendue au moment d’élaborer une politique industrielle qui permette une Transition juste vers un avenir durable, c’est-à-dire en recherchant des mesures qui sauvegardent les emplois existants, en créent de nouveaux et assurent des postes de travail décents et durables.

“Il faut se rappeler que la Transition juste n’est pas une fin en soi, c’est une voie vers un avenir socialement, économiquement et environnementalement durable,” indique le directeur d’IndustriALL pour la santé, la sécurité et la durabilité, Brian Kohler.

Néolibéralisme contre Transition juste en Amérique latine et aux Caraïbes

Actuellement, de nombreux pays de la région comptent des gouvernements néolibéraux qui placent les intérêts du monde des affaires au-dessus des droits sociaux et environnementaux et font ainsi obstacle à une Transition juste vers la durabilité.

En Argentine, le gouvernement de Mauricio Macri met en œuvre une politique économique “d’ajustement” qui a conduit à une avalanche de licenciements. Macri promeut la privatisation des entreprises étatiques et la flexibilisation de l’emploi dans le but de faire de l’Argentine un pays de cocagne pour les investisseurs.

La même chose se passe au Brésil, où le gouvernement de Michel Temer, après un coup d’État parlementaire, poursuit un agenda favorable au monde des affaires et aux marchés financiers, tout en soutenant des réformes qui s’en prennent aux droits des travailleurs. Temer a par exemple essayé sans succès de faire passer un décret qui aurait permis aux compagnies minières d’exploiter une immense réserve en Amazonie.

Inutile de le dire, ces exemples ne mèneront pas à une durabilité sociale, économique ou environnementale. Au contraire, ils vont mener à davantage de catastrophes environnementales et de détresse sociale. Les travailleurs et travailleuses, leurs familles et les communautés qui en dépendent, seront forcées d’en payer le prix.

En plus des exemples qui précèdent et qui n’augurent rien de bon pour l’avenir, il y a les accords de libre échange (ALE). Les négociations se poursuivent en vue de la signature d’un ALE entre le Marché commun du Sud (Mercosur) et l’Union Européenne (UE), un accord auquel s’opposent les syndicats du Mercosur.

“Le but de tels accords commerciaux et de consacrer les intérêts du monde des affaires et de le déréguler, en particulier s’agissant de la finance, pour les placer au-dessus des lois nationales et au-dessus de tout autre intérêt humain ou environnemental. Que cela soit bien compris : il n’y a rien au sein des marchés financiers qui puisse mener à un avenir durable,” ajoute Brian Kohler.

Les syndicats du Mercosur soutiennent que se qui se profile n’est pas un accord d’association authentique, équitable et équilibré, mais plutôt un ALE préjudiciable aux industries nationales et, de fait, à la durabilité à long terme des pays les moins développés.

De plus, selon les syndicats, l’ALE favoriserait le chômage au sein des pays du Mercosur, puisqu’en abaissant les droits de douanes sur les produits fabriqués en Europe, les entreprises latino-américaines seraient incapables de soutenir la concurrence et tomberaient en faillite.

En parallèle, des négociations sont en cours pour le renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entre le Mexique, le Canada et les États-Unis.

Les syndicats des trois pays s’accordent à dire que depuis son instauration en 1994, l’Accord a fait du tort aux droits des travailleurs, en particulier au Mexique. Il a également porté préjudice à l’environnement et mis les protections sociales sous pression. Les syndicats des trois pays font pression sur le gouvernement mexicain pour qu’il améliore ses normes du travail et ses salaires afin d’éviter une concurrence déloyale avec les travailleurs et travailleuses du Canada et des États-Unis.

Réplique des syndicats : alternatives et luttes

Confrontés à cette situation, les syndicats ont consacré leurs efforts à proposer des alternatives et continuent à contre-attaquer.

Ensemble avec le Centre de coordination des confédérations syndicales du cône sud, la Confédération syndicale internationale, UNI Americas et d’autres organisations à vocation sociale, les affiliés d’IndustriALL ont participé à des mobilisations contre l’Organisation mondiale du commerce qu’ils considèrent être uniquement intéressée à débattre d’un ordre du jour qui défend les intérêts des grandes entreprises multinationales.

Les syndicats d’Amérique latine affiliés à IndustriALL ont également tenu un débat sur la démocratie et les droits du travail fondamentaux de par le monde le 12 décembre 2017 à Buenos Aires, en Argentine, où ils se sont attelés à œuvrer sur des alternatives politiques, sociales, économiques, féministes et environnementales qui donnent la priorité aux droits humains et à l’harmonie avec l’environnement.

Les syndicats affiliés à IndustriALL en Argentine, au Brésil et en Uruguay ont également participé à la Journée 2017 de Mobilisation pour la démocratie et contre le néolibéralisme, le 16 novembre, en Uruguay, à l’initiative de la Confédération syndicale des travailleurs et travailleuses des Amériques (CSA).

Dans le cadre de ces activités, IndustriALL a organisé un séminaire pour la défense d’une industrie nationale et régionale durable, dans le but de démontrer que tous les pays de la région continuent à souffrir de pertes d’emploi, d’une baisse de la production industrielle et de violations des droits des travailleurs et que le temps est venu de chercher une solution.

Ensemble, les syndicats ont réaffirmé leur engagement à s’opposer aux politiques d’emploi précaire et socialement nuisibles de ceux qui prétendent les asservir. Ils ont décidé de continuer à collaborer avec IndustriALL en vue d’élaborer des politiques industrielles durables, notamment des mesures pour préserver et créer des emplois sûrs, bien rémunérés, pour assurer un emploi durable et pour avoir voix au chapitre dans les décisions prises au sein de leurs secteurs respectifs.

“Nous devons agir ensemble et nous opposer aux politiques qui encouragent le travail précaire. Nous devons approfondir nos expériences et nos débats entre syndicats pour pouvoir réfléchir ensemble, fusionner et construire des syndicats forts ayant la capacité de générer des propositions et de négocier sur le développement durable,” a déclaré le Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Marino Vani.

Montrer la voie vers un avenir durable :  la Transition juste