Mines meurtrières du Pakistan : 23 tués la même journée

Selon nos informations, 16 mineurs ont été tués dans une exploitation de la région de Marwar lorsque la galerie de sortie s’est effondrée à la suite d’un coup de grisou. C’est une compagnie privée du nom de Pir Ismael qui exploite le charbonnage et on estime que de 25 à 30 mineurs étaient occupés sur les chantiers au moment de l’accident.

Au cours d’un autre accident survenu le même jour, sept mineurs d’un site de l’entreprise nationalisée Pakistan Mineral Development Corporation (PMDC), dans la région Sur, ont été tués par un glissement de terrain.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

Ce massacre aurait pu être évité. Au cours d’une mission menée au Pakistan en mars, IndustriALL a rencontré le gouvernement pour l’exhorter à ratifier la Convention 176 de l’OIT sur la Santé et la sécurité dans les mines.

Dans le même temps, nous avons lancé une campagne pour la santé et la sécurité dans les mines au Pakistan. Le gouvernement doit prendre des mesures immédiates pour améliorer la sécurité dans les mines et stopper les accidents mortels.

Condamnant les décès survenus et protestant contre la négligence et l’apathie des propriétaires d’exploitations minières ainsi que du gouvernement, les syndicats pakistanais, dont l’affilié d’IndustriALL, le PCMLF, ont organisé des actions de protestation à Quetta, le jour suivant.

Les syndicats ont appelé à la prise de mesures immédiates pour faire rendre des comptes aux responsables et pour une indemnisation adéquate des victimes. Les syndicats ont également appelé à la stricte application des législations en matière de sécurité minière et à la ratification immédiate de la C176 de l’OIT.

Afrique du Sud: une mine fait de nouvelles victimes en prenant la vie de 4 travailleurs

Sibanye-Stillwater présente un très mauvais bilan en matière de sécurité. En mars, deux travailleurs sont morts à la mine Kloof. Avant cela, 1 000 travailleurs avaient été piégés sous terre en raison d’une panne d’électricité. Ils avaient pu être ramenés à la surface en toute sécurité lorsque celle-ci avait été rétablie.

Vingt-six mineurs sont morts dans des accidents miniers depuis le début de l’année. En 2017, 30 pour cent des accidents ont été provoqués par des activités sismiques dans les mines d’or, devenus des lieux de travail dangereux. Alors que les accidents miniers avaient baissé dans le pays, la donne a changé depuis l’année dernière.

Les lois et les règlements semblent incapables d’arrêter le nombre de morts provoqués par les accidents miniers. La Loi sur la santé et la sécurité dans les mines, qui a mis en place un service d’inspection chargé de contrôler les normes de sécurité et d’empêcher leurs violations, semble avoir améliorer la sécurité au cours des années avant que la situation ne commence à se renverser.

L’affilié à IndustriALL Global Union, le Syndicat national des mineurs (NUM – National Union of Mineworkers), se dit « préoccupé par le rythme avec lequel les accidents miniers se produisent à Sibanye Stillwater ».

Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL en charge du secteur minier, a déclaré:

« Les mines sud-africaines deviennent de plus en plus de dangereux pièges mortels pour les mineurs et on ne peut pas permettre que cette situation continue. La santé et la sécurité des travailleurs, qui travaillent dur chaque jour pour nourrir leurs familles, sont essentielles. Les compagnies minières ont la responsabilité de veiller à ce que les normes de sécurité visant à protéger la vie précieuse des mineurs soient respectées ».

Gwede Mantashe, Ministre des ressources minérales, a indiqué que les compagnies minières devraient porter une « plus grande attention aux questions de sécurité, en particulier à la protection de la vie des travailleurs plutôt que de rechercher à tout prix à produire ». Il a promis que le gouvernement d’Afrique du Sud constituera une équipe d’experts chargée d’enquêter sur les activités sismiques.

Qu'est-ce que la CIT?

Qui va à la Conférence internationale du Travail?

Chaque Etat membre peut envoyer une délégation composée de:

Chaque délégué dispose d’une voix à la Conférence plénière. Les délégations comprennent également des conseillers mais ceux-ci n’ont pas de droit de vote.

Les délégués travailleurs sont invariablement issus des centrales syndicales nationales, alors que les délégués gouvernementaux sont souvent des ministres du Travail. Les chefs d’Etat ou les Premiers ministres se rendent également la Conférence. Les organisations internationales, comme IndustriALL Global Union, assistent à la Conférence en qualité d’observateurs.

Etablissement des normes

La Conférence internationale du Travail adopte les conventions et recommandations de l’OIT, qui sont élaborées par les représentants des gouvernements, des travailleurs et des employeurs. Les conventions sont des traités internationaux juridiquement contraignants pouvant être ratifiés par les Etats membres. Les recommandations consistent en des directives non contraignantes. Pour être adoptée, une convention doit recevoir le soutien de la majorité des deux tiers des parties votantes à la Conférence. Une fois adoptée, les Etats membres sont tenus par la Constitution de l’OIT de soumettre la convention à l’autorité compétente, généralement leur parlement, pour examen en vue de sa ratification.  

Rôle de contrôle  

Tous les Etats membres doivent remettre, tous les trois à cinq ans selon la convention, un rapport à la Conférence détaillant la façon dont ils respectent les conventions et recommandations fondamentales de l’OIT (ratifiées ou pas).

La Commission d’experts a été créée en 1926 pour examiner le nombre croissant de ces rapports. Elle est composée d’éminents juristes nommés par l’organe directeur pour une période de trois ans.

Le rapport annuel de la Commission d’experts est habituellement adopté en décembre et soumis à la conférence en juin, où il est examiné par la Commission de l’application des normes de la Conférence.

Qu’est-ce que la Commission de l’application des normes de la Conférence?

La Commission de l’application des normes de la Conférence est une composante essentielle du système de contrôle de l’OIT en ce qu’elle vérifie la façon dont les normes de l’OIT sont appliquées par les Etats membres. Elle est composée de délégués des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, et est un Comité permanent de la Conférence internationale du Travail.

Les représentants du groupe des travailleurs négocient avec ceux des employeurs pour arrêter une liste d'une vingtaine de pays où sont constatées des violations graves des conventions de l'OIT qu'ils ont ratifiées. Les gouvernements sont invités à répondre et à fournir des informations sur les problèmes soulevés et leurs cas sont examinés durant la séance plénière de la Conférence.

La liste préliminaire de 40 cas susceptibles d'être soumis à la discussion devant la CAN de 2018 (liste longue), telle qu'elle a été préparée par les partenaires sociaux, est maintenant disponible sur le site Web de l'OIT. Sur ces 40 cas, 24 seront retenus pour la discussion à la CAN.

La Commission de l’application des normes de la Conférence formule des recommandations invitant les gouvernements à prendre des mesures pour apporter une solution aux problèmes, et peut conseiller l’OIT d’entreprendre des missions d’enquête ou de fournir une assistance technique.

La Commission de l’application des normes de la Conférence publie ses conclusions chaque année dans un rapport.

Rapport global

La Conférence internationale du Travail examine le Rapport global, qui est préparé par le Bureau international du Travail comme l’exige la Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail. Le Rapport mondial examine, sur un cycle quadriennal, les quatre droits fondamentaux de l’OIT que sont:

Fixation de la stratégie et du forum de discussion

Les délégués à la Conférence internationale du Travail adoptent des résolutions visant à orienter la politique et les activités de l’OIT. Chaque année, le Directeur général de l’OIT (actuellement Guy Ryder) présente un rapport à la Conférence, qui sert souvent de base de discussion. Le thème choisi pour l’année 2017 est: Travaill et changement climatique: L’initiative verte.

Pourquoi la Conférence internationale du travail est importante pour les syndicats?

La Conférence internationale du Travail rassemble les représentants des travailleurs, des gouvernements et des employeurs sur un pied d’égalité. Par l’entremise du groupe des travailleurs, les syndicats nationaux et mondiaux peuvent influencer les politiques des gouvernements et des employeurs, par exemple au niveau de l’élaboration des Conventions, ainsi qu’à celui du suivi de leur mise en œuvre dans les Etats membres. La Conférence est également importante pour les syndicats parce qu’elle:

Pour de plus amples informations, prière de consulter www.ilo.org 

Glencore : les syndicats font entendre leurs préoccupations et leurs revendications auprès des actionnaires

Des délégués syndicaux en provenance d’Australie, du Canada, de Colombie, de République Démocratique du Congo, d’Italie, d’Afrique du Sud, d’Espagne, de Suisse et de Zambie ont manifesté devant le lieu où se tenait l’assemblée et y ont ensuite assisté. Ils ont été rejoints par des représentants d’ONG et se sont rassemblés pour construire une Alliance Bleu-Vert en vue de combattre l’entreprise.

S’exprimant en dehors du lieu de l’assemblée, qui se tenait au casino, sur les berges du Lac de Zoug, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union Kemal Özkan a déclaré :

“Glencore joue avec la vie et les moyens d’existence des gens. Il n’est pas étonnant que des capitalistes se réunissent dans un casino ! Nous sommes ici pour dire que Glencore est pourri jusqu’à la moelle.”

“Nous sommes outrés, en colère et préoccupés face au comportement de Glencore sur le terrain, avec ses violations des droits humains et syndicaux, ses mauvaises conditions de santé et sécurité ainsi que l’augmentation de l’externalisation et du travail précaire. Nous sommes ici pour montrer le vrai visage de l’entreprise, plutôt que celui qu’elle souhaite que vous voyiez.”

Les dirigeants syndicaux ont livré aux actionnaires un aperçu soulignant les risques en matière de droit du travail, de responsabilité sociale, de gouvernance et d’environnement que le comportement de Glencore impliquait, avec des informations qui ne figurent pas dans le rapport annuel de l’entreprise. Par exemple, le lock-out à la mine Oaky North en Australie a coûté à l’entreprise 450 millions de dollars et les relations sociales irrespectueuses et tendues créent des conflits qui menacent les performances de l’entreprise et ne sont pas bénéfiques pour les actionnaires.

La délégation a posé un certain nombre de questions embarrassantes au cours de la réunion. Pierre Tshinguz du TUMEC, syndicat de République Démocratique du Congo affilié à IndustriALL, a soulevé les conditions de vie et de travail effroyables des travailleurs et travailleuses des mines de Mutanda et Kolwezi, tandis que Claudia Blanco de Sintracarbón, Colombie, a évoqué les médiocres conditions de santé et sécurité ainsi que les persécutions à l’égard des syndicalistes de la mine Prodeco. Claude Kabemba de Southern Africa Resource Watch a soulevé des questions pertinentes à propos de l’exploitation au départ de cette région d’une immense richesse en termes de minerais avec très peu de retombées pour les communautés locales.

Au cours d’une conversation avec la délégation syndicale à l’issue de l’assemblée, le PDG Ivan Glasenberg a promis d’organiser une mission conjointe syndicat-direction en RDC pour enquêter sur les problématiques soulevées. IndustriALL avait auparavant fait parvenir à Glencore un rapport sur sa mission en RDC en proposant la mise sur pied d’une mission conjointe ayant pour but d’améliorer la situation.

Réseau syndical Glencore

Dans les jours qui ont précédé l’assemblée, le Réseau syndical Glencore s’était réuni à Zurich pour coordonner la campagne. Les leaders syndicaux se sont exprimés à propos de leurs expériences : John Silungwe, du Syndicat des mineurs de Zambie, a indiqué qu’alors que les emplois de 4.300 mineurs avaient été supprimés à la mine de Mopani, les objectifs de production étaient restés inchangés, forçant certaines catégories de personnel à passer des périodes excessives, parfois supérieures à 24 heures, sous terre.

Stephen Smyth, président de la section du Queensland de l’affilié australien d’IndustriALL. CFMEU Mines et Énergie, a évoqué avec amertume les 238 jours de lock-out à la mine Oaky North, où l’on a vu des agents de sécurité de l’entreprise suivre les femmes et les enfants d’adhérents syndicaux en ville et en prendre des photos.

Des thématiques communes sont ressorties des témoignages des travailleurs et travailleuses, notamment à propos de la dégradation de l’environnement, de l’intimidation des militants syndicaux, de l’approche désordonnée des questions de santé et sécurité et de l’affirmation fréquente de la part de Glencore de ne pas être bénéficiaire dans ses activités.

S’exprimant sur la question de l’environnement, Pierre Tshinguz a indiqué qu’après le rejet de produits chimiques toxiques à Mutanda, une espèce de poisson avait disparu et d’autres décliné de manière spectaculaire. Il a exprimé sa préoccupation quant aux enfants du voisinage qui se lavent dans ces eaux.

Claudia Blanco a également rapporté qu’en avril, l’entreprise avait rejeté des eaux usées qui avaient tué des poissons. Les travailleurs et travailleuses sont pointés du doigt en cas d’accident et s’ils tombent malades, ils sont soit mis à pied, soit envoyés travailler dans de terribles conditions dans une mine que les travailleurs surnomment Guantanamo.

“Nous ferons campagne jusqu’à ce que l’entreprise s’engage à un dialogue significatif en vue de prendre en compte les graves infractions perpétrées au sein de ses activités”

a déclaré Kemal Özkan.

LafargeHolcim, tenez parole, respectez la vie des travailleurs!

Au cours des deux dernières années, plus de 150 personnes ont été tuées et beaucoup d’autres blessées tandis qu’elles travaillaient pour LafargeHolcim. Pourtant, la compagnie continue d’exposer davantage de travailleurs à des substances dangereuses qui provoquent à terme des maladies débilitantes et mortelles.

Plusieurs travailleurs, dont au moins deux en Inde et un en Belgique, ont déjà perdu la vie cette année. Aussi, les syndicats posent la question de savoir combien de travailleurs doivent encore mourir avant que LafargeHolcim ne se décide à s’engager dans un véritable dialogue social et à discuter avec les travailleurs et les syndicats sur les questions de santé et de sécurité.

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour le secteur des matériaux de construction, a déclaré:

Nous pensions que la compagnie avait un minimum de décence en affirmant être un leader  vis-à-vis des employés et de leurs droits. Mais nous savons que c’est faux parce que 35 000 travailleurs ont perdu leur emploi et plus de 150, leur vie. Les dividendes annuels élevés des actionnaires de 2 CHF par action sont payés avec le sang, la sueur et les pleurs des travailleurs.

La majorité des manifestations et des actions ont été organisées le 28 avril, le jour de commémoration des travailleurs morts et blessés, afin de se souvenir de ceux qui ont payé de leur vie en travaillant pour LafargeHolcim.

Les manifestations se sont déroulées, en autres, en Autriche, en Belgique, au Canada, aux Etats-Unis, en France, en Grèce, en Islande, en Inde, en Indonésie, en Italie, au Liban, en Ouganda et en Suisse. Pris dans leur totalité, ces manifestations permettent de mesurer le niveau de mobilisation des travailleurs qui luttent pour le droit humain fondamental à la vie.

Alors que LafargeHolcim tente de calmer à chaque instant les travailleurs en autorisant seulement les activités se déroulant en dehors des heures de travail, en Indonésie, la direction a déclaré que les travailleurs ne pouvaient pas pleurer et prier leurs collègues tués dans le monde entier car cela n’avait rien à voir avec le travail.

Les syndicats réclament que LafargeHolcim:

Les syndicats du ciment d'Amérique du Nord prêts à défier les multinationales du secteur

Le réseau du ciment d'Amérique du Nord d'IndustriALL a discuté de la situation des pays voisins de la Chine qui a commencé à exporter ses excédents de production. Actuellement, la Chine représente plus de la moitié de la production mondiale de ciment et pèse de plus en plus par sa politique de prix sur d'autres pays producteurs d'Asie.

Les délégués ont prêté une attention particulière à la coordination entre les syndicats quant à la manière de traiter les multinationales qui dominent les marchés américain et canadien du ciment et du béton préparé. La discussion a largement porté sur les grandes multinationales, dont LafargeHolcim, HeidelbergCement et CRH.

Matthias Hartwich, Directeur d'IndustriALL en charge des industries des matériaux, a évoqué la promesse non tenue de LafargeHolcim qui s'était engagée l'an dernier à améliorer le dialogue social en concluant un accord-cadre mondial avec un volet important sur la santé et la sécurité au travail.

Il a expliqué que cette entreprise est sur la mauvaise pente en ce qu'elle réduit ses activités à l'échelon mondial par des désinvestissements et des ventes d'actifs. À sa fusion en 2015, elle comptait 115.000 salariés contre 80.000 aujourd'hui. Ses ventes nettes annuelles ont diminué de près de 25 pour cent.

Cependant, les dividendes de 2 CHF par action et le nombre des accidents mortels chez LafargeHolcim restent élevés. Depuis que LafargeHolcim a mis fin au dialogue social et à la participation des travailleurs à la discussion sur la santé et la sécurité, les conditions de travail se dégradent.

En 2016 et 2017, plus de 150 travailleurs ont perdu la vie en travaillant pour LafargeHolcim. Les revendications des syndicats restent inchangées :

Feliciano Gonzalez, le nouveau DRH de LafargeHolcim, a participé à la réunion par voie téléphonique. Il a répondu à des questions sur le comportement abusif de la direction aux États-Unis et au Canada. Dans certains cas, il a promis de porter la question à l'échelon mondial puis de revenir auprès de la direction locale à la recherche de solutions.

Les participants ont aussi discuté de la situation chez HeidelbergCement et CRH. Bien que les stratégies de ces entreprises diffèrent, il faut néanmoins que les syndicats canadiens et américains coordonnent leurs efforts pour améliorer leur impact. L'essentiel est une meilleure coordination entre les syndicats du réseau lorsqu'il s'agit de négociations collectives et de renégociations.

Les délégués ont exprimé leur soutien aux travailleurs de LafargeHolcim dans une action de solidarité pour la journée d'action mondiale du 28 avril.

Matthias Hartwich a conclu la réunion en déclarant :

Je suis très heureux que nos affiliés du Canada et des États-Unis travaillent ensemble pour faire entendre la voix des travailleurs dans les multinationales du ciment et ailleurs. Ils envoient un message fort et clair qui dit que, où qu'elles aillent, les entreprises ne peuvent pas nous échapper. Avec nos affiliés, nous contestons les politiques hostiles aux travailleurs dans ce secteur.

Le Comité exécutif appelle à une plus grande solidarité

L’assemblée a entendu des dirigeants syndicaux qui sont directement concernés par l’oppression de leurs gouvernements, en Biélorussie et en Algérie. Des appels ont également été lancés en vue de mieux mettre en œuvre les accords-cadres mondiaux (ACM) au sein d’entreprises qui contreviennent aux droits fondamentaux des travailleurs.

“Nous devons nous servir des ACM pour confronter ces entreprises à leurs déclarations publiques par rapport à la manière dont elles se comportent. Quoi qu’il en soit, ils ne constituent pas une garantie, nous devons dans le même temps faire preuve de solidarité,” a déclaré le Président d’IndustriALL Jörg Hofmann.

À la lumière de l’imposition récente par le Président Trump de tarifs douaniers élevés sur l’acier et l’aluminium, Jörg Hofmann a appelé à des politiques commerciales qui bénéficient au plus grand nombre et non à quelques privilégiés :

“Le protectionnisme n’est pas la solution pour protéger l’emploi et les moyens d’existence… Nous souhaitons que le commerce soit libre mais aussi qu’il soit équitable. Nous devons définir ce qu’est le commerce équitable et, aussi, comment y parvenir.”

De faibles taux de croissance, un accroissement du travail précaire ainsi que la numérisation continuent à affecter les syndicats. Les débats sur Industrie 4.0 ont souligné le besoin de stratégies nationales et internationales en vue de préparer les travailleurs et travailleuses d’aujourd’hui aux emplois de demain.

“Une politique forte est nécessaire en faveur de la transition énergétique qui soit une Transition juste, en particulier pour les secteurs du pétrole, du gaz et du charbon,” a indiqué le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches.

Il a également souligné le besoin pour IndustriALL d’adopter une approche intersectorielle au sein de son travail et de se concentrer sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, où les secteurs s’entremêlent de plus en plus, en particulier dans le cadre d’Industrie 4.0.

L’assemblée a adopté deux résolutions. La première, en soutien à l’ancien Président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, a fait suite à une manifestation de la part du Comité exécutif devant les Nations Unies, pour revendiquer sa libération de prison. La résolution désavoue son incarcération, qui est destinée à l’empêcher de se présenter à la présidentielle.

Au cours de cette semaine, qui était celle du cinquième anniversaire de l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh le 24 avril 2013, tuant 1.134 travailleurs et travailleuses de la confection, le Comité exécutif a adopté une deuxième résolution sur la santé et la sécurité au travail, marquant le 28 avril, Journée internationale de commémoration des travailleurs morts et blessés.

La résolution appelle IndustriALL à renouveler ou poursuivre ses campagnes en faveur de la santé et de la sécurité sur les lieux de travail au bénéfice de l’ensemble des travailleurs et travailleuses au sein de toutes les industries, et notamment ses campagnes en faveur de la ratification de la Convention de l’OIT sur la Sécurité dans les mines (C176), de lieux de travail sûrs au Bangladesh, ainsi que ses campagnes contre l’amiante, le sablage et les cancers professionnels.

Le Comité exécutif a aussi approuvé une proposition des syndicats sud-africains d’accueillir le Congrès d’IndustriALL en 2020.

Le Comité exécutif a entendu les déclarations de Raouf Mellal, Président de notre affilié algérien de l’énergie SNATEGS, qui a décrit la persécution politique des syndicalistes en Algérie. Mellal est sous la menace de 17 mois de prison du fait d’accusations montées de toutes pièces.

Gennady Fedynich, Président du Syndicat des travailleurs de l’industrie biélorusse de la radio et de l’électronique (REP) et membre du Comité exécutif d’IndustriALL, s’est joint à la réunion par visioconférence, s’étant vu refuser l’autorisation de quitter le pays. Fedynich a indiqué que le gouvernement biélorusse essayait de démanteler son syndicat parce qu’il jouit d’un grand respect parmi les travailleurs et travailleuses cols bleus.

IndustriALL a récemment conduit une mission en Biélorussie destinée à faire cesser les poursuites criminelles à l’encontre des dirigeants du REP et à apporter sa solidarité. “Ce n’est que par nos efforts communs que nous allons parvenir à protéger les droits de nos adhérents et de nos organisations,” a déclaré Fedynich.

La prochaine réunion du Comité exécutif se tiendra à Mexico City les 29 et 30 novembre 2018.

Pakistan: des démolisseurs de navires remportent une victoire en matière de droits syndicaux

Les laminoirs situés en aval du chantier de démantèlement des navires implanté à Gadani utilisent l’acier récupéré des navires démantelés. Environ 15 000 travailleurs employés dans 20 aciéries distinctes bénéficieront de l’enregistrement du centre syndical « Rerolling Mills General Workers Union Hub ».

La direction de la protection du travail de la province du Baloutchistan a aussi reconnu officiellement le syndicat en qualité d’agent de négociation collective au service de tous les travailleurs employés dans les laminoirs de la région. Le syndicat a également ouvert un bureau pour assister les travailleurs sur leurs questions quotidiennes.

Tous les employés des laminoirs sont des travailleurs précaires qui ne détiennent aucun contrat écrit et ne sont pas couverts par un régime de sécurité sociale. La majorité d’entre eux sont payés au-dessous des salaires minimums légaux et sont obligés de travailler pendant de longues heures. Sans équipement de protection, ils font également face à de graves problèmes de santé et de sécurité. En outre, ils courent en permanence le risque d’être licenciés sans bénéficier d’une procédure régulière.

Nasir Mansoor, membre de l’affilié à IndustriALL, la Fédération syndicale nationale (NTUF), a déclaré:

La reconnaissance officielle du syndicat des travailleurs employés dans les laminoirs est un succès important et ouvrira la voie au syndicat pour améliorer les conditions de travail, la santé et la sécurité, la sécurité sociale ainsi que les salaires. Nous allons intensifier nos efforts pour organiser davantage de travailleurs employés dans les laminoirs d’autres villes.

Kan Matsuzaki, Directeur d’IndustriALL en charge de la question du démantèlement des navires, a indiqué:

Nous félicitons la NTUF pour cette avancée majeure en matière d’organisation des travailleurs précaires dans les laminoirs. Nous espérons que la formation d’un syndicat permettra aux travailleurs de défendre efficacement leurs droits et de revendiquer leur droit à un environnement de travail sûr.

Afrique du Sud : Zara accusé de plagiat

Zara a admis sa culpabilité en retirant certains de ces produits. Ceux-ci étaient apparus dans des boutiques d’Afrique du Sud, des États-Unis et du Royaume-Uni. Au lieu de jouer les plagiaires, le SACTWU exhorte Zara à collaborer avec les créateurs et ateliers de confection locaux pour générer davantage d’emplois dans le secteur de l’habillement.

Selon le SACTWU, ce “copier-coller” de créations par les multinationales se moque des “petites gens” dont les activités, vulnérables à ce type de pratiques, peuvent de ce fait péricliter. Le syndicat soutient que ce marché de niche est vital pour les petites enseignes qui peuvent facilement être anéanties par les productions de masse des gros détaillants comme Zara. Ceci va faire disparaître les marchés locaux et internationaux pour les créateurs du cru.

Le Secrétaire général du SACTWU, Andre Kriel, indique :

“Ils semblent à l’aise à se comporter comme des colonialistes, en exportant simplement l’argent qu’ils accumulent en Afrique du Sud vers l’Espagne, en portant préjudice aux usines et aux travailleurs et travailleuses d’ici. Maintenant, voilà qu’ils pillent notre patrimoine culturel et portent atteinte par la même occasion à un créateur de niche”.

Kriel poursuit :

“l’enseigne internationale Zara semble s’être appropriée des créations d’un talent sud-africain bien de chez nous, le créateur local inspiré Laduma Ngxokolo et sa marque maXhosa. Si cela est vrai, et c’est certainement ce que suggère la “coïncidence” de style entre certains produits Zara et des créations iconique de maXhosa, il s’agirait de la pire forme de colonialisme en matière de mode : la spoliation par des grosses machines internationales de la vente au détail, basées au sein du monde développé, d’un patrimoine intellectuel et culturel au détriment de créateurs bien moins puissants issus du monde en développement”.

Le SACTWU dit que Zara est plus intéressé à la valeur commerciale qu’au droit de propriété intellectuelle.

“La culture, la création et le style sont réduits à un simple jeu où l’on peut piller ou copier-coller, plus encore si les créations sont considérées comme étant exotiques, différentes ou traditionnelles. Il n’y a aucun égard pour les origines des créations, leur contexte, leur histoire ou leur signification”.

Pour Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale adjointe d'IndustriALL pour l’Afrique sud-saharienne,

“les créations et usines locales devraient être promues plutôt que d’être détruites par les grandes enseignes. Pour cette raison, nous soutenons le SACTWU et sa campagne en vue d’un accord avec Zara.”

Le SACTWU essaye depuis l’an dernier de faire en sorte que la maison-mère de Zara, Inditex,  se fournisse en Afrique du Sud afin de sauver de la fermeture des usines locales, mais l’entreprise rechigne à prendre des engagements.

eSwatini: un syndicat célèbre sa victoire judiciaire

Aussi, les deux syndicats n’existent plus mais font partie d’ATUSWA, un syndicat enregistré auprès du Commissaire au travail.

La décision du Tribunal se lit comme suit: « A la lumière des éléments contenus dans le dossier présenté au Tribunal, l’application adéquate de la loi veut que tous les syndicats ayant fusionné aient cessé d’exister et, par conséquent, aient disparu. Les adhésions, les droits et les devoirs ont été repris par le syndicat nouvellement créé, ATUSWA ». Ainsi, cette décision met fin aux tentatives des syndicats ayant fusionné de reprendre leurs anciens noms et autonomie. Avec le soutien des employeurs et de certains fonctionnaires gouvernementaux, ceux-ci étaient décidés à diviser et à affaiblir ATUSWA.

Le recours judiciaire a néanmoins eu des conséquences négatives sur les finances d’ATUSWA qui n’a pas été en mesure de percevoir les cotisions des membres réclamées par les anciens syndicats. C’est pourquoi le syndicat a été soulagé de cette victoire judiciaire. En outre, le Tribunal a ordonné que les frais de justice soient payés par les syndicats contestataires.

ATUSWA a remercié le Congrès syndical du Swaziland pour son appui durant le recours judiciaire. Le syndicat a également exprimé sa reconnaissance à IndustriALL pour « être resté  aux côtés de notre organisation lorsqu’il n’était pas de bon ton de le faire. Nous avons pu maintenir la flamme allumée grâce au soutien que nous avons reçu d’IndustriALL ».

Wander Mkhonza, Secrétaire général d’ATUSWA, a indiqué:

« Nous disons notre honte aux employeurs qui ont profité de la situation pour porter atteinte au droit à la liberté syndicale et à la négociation collective. Les travailleurs qui ont pris leur décision en connaissance de cause pour créer ce gigantesque syndicat et qui ont soutenu sa direction, resteront dans les mémoires pour avoir défendu leurs droits quand la chance n’était pas de leur côté ».

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a indiqué:

« Les actions en justice font souvent perdre du temps aux syndicats dans la mesure où leurs activités principales souffrent de l’incertitude générée par ces recours judiciaires. C’est pour cela que nous nous sommes joints à ATUSWA pour célébrer cette victoire judiciaire et mettre à profit ce moment pour centrer nos efforts sur le travail important qu’il nous reste à faire en matière de recrutement et d’organisation d’un nombre plus important de travailleurs ».