La représentation syndicale dans l’industrie du pneumatique au Mexique: un conte de deux usines

Actuellement, les travailleurs de Goodyear sont « représentés » par le tristement célèbre sénateur Tereso Medina, un dirigeant syndical de la Confederación de Trabajadores de México (CTM) connue pour signer des « contrats de protection » avec les employeurs à l’insu des travailleurs.

Francisco Javier Cuestas, jeune opérateur employé à l’usine, a raconté:

Nous n’avons jamais vu ces soi-disant représentants. Ils ne savent rien de nous. Comme nous n’avons personne pour prendre la parole en notre nom, l’entreprise peut payer en toute impunité de très bas salaires – moins d’un dollar et demi par heure – pour un travail très dangereux et difficile.

Les conditions sont si mauvaises que l’entrée s’est transformée en une porte tournante. Pablo Reyes Medina Hernández, également employé dans cette usine, a indiqué:

Cela n’a pas de sens. L’entreprise investit considérablement dans la formation, mais les travailleurs nouvellement recrutés s’en vont après quelques semaines seulement parce que le travail est tellement mauvais. Ce n’est pas comme si Goodyear ne pouvait pas se permettre de payer des salaires décents et d’offrir de bonnes conditions de travail. Il le fait ailleurs, alors pourquoi pas ici?

Après avoir lu un article dans un journal sur la manière dont les syndicats indépendants représentant les travailleurs chez Audi, Bombardier, Bridgestone, General Tire, Nissan et Volkswagen se sont unis dans le cadre d’une initiative menée par IndustriALL pour protéger les droits des travailleurs dans le secteur automobile, les jeunes travailleurs ont décidé qu’il était temps que les choses bougent. Aussi, lorsque la compagnie a refusé d’écouter, ils ont arrêté de travailler pour revendiquer leur droit à une véritable représentation syndicale.

A l’usine de pneumatique Continental, située non loin, les choses sont très différentes. Federico González, Secrétaire général du syndicat indépendant à l’usine, SNTGTM, affilié à IndustriALL, a souligné:

Nous faisons le même travail, en utilisant la même technologie. Nous avons un syndicat démocratique qui participe aux négociations. Aussi, nous avons de biens meilleurs salaires et conditions de travail, ainsi qu’une main d’œuvre stable et motivée. Nous travaillons tous pour des compagnies de classe mondiale. Il n’y a donc pas de raison pour qu’ils gagnent beaucoup moins que nous. C’est aussi pour ça que nous les soutenons dans leur lutte.  

IndustriALL et certains de ses affiliés, dont des membres à Goodyear ou à sa chaîne d’approvisionnement, y compris le Syndicat des Métallos (USW) aux USA et au Canada, et CNM-CUT au Brésil, ainsi que d’autres syndicats indépendants au Mexique, ont écrit à la compagnie pour lui demander de respecter le droit fondamental de ses travailleurs à former un syndicat de leur choix et d’honorer son engagement de ne prendre aucune mesure de répression contre les grévistes. 

L’Accord du Bangladesh se prolongera jusqu’à ce que le gouvernement soit prêt à en reprendre les fonctions

Lors de cette conférence de presse, la BGMEA a exprimé sa gratitude pour le travail accompli par l’Accord en vue de rendre les usines de confection du Bangladesh plus sûres et a apporté son soutien intégral à sa prolongation jusqu’à ce qu’il puisse être remplacé par une autorité gouvernementale compétente.

Le Président de la BGMEA Siddiqur Rahman a déclaré :

Bien que nos entrepreneurs ont beaucoup souffert au cours du processus de remédiation, nous apprécions les efforts de l’ACCORD en vue de participer à l’élévation du niveau de conformité de notre industrie à celui des normes internationales. Sans son soutien, il aurait été difficile pour nous d’accomplir les progrès engrangés à ce stade.

Des progrès extraordinaires ont été faits au cours des cinq années écoulées depuis que l’Accord de 2013 a été signé dans le sillage de l’effondrement du Rana Plaza et des millions de travailleurs et travailleuses sont maintenant occupés dans des usines plus sûres :

Les usines de confection du Bangladesh sont également gagnantes au plan matériel, puisque les acheteurs reconnaissent qu’un site qui a effectué des travaux de sécurité présente bien mois de risques pour eux.

Ce qui a été crucial pour le succès de l’Accord sont ses caractéristiques uniques : le partenariat syndicats-entreprises qui se situe au cœur de cette entente, la reconnaissance par l’Accord du besoin de s’assurer que les propriétaires d’usines puissent supporter le coût de l’amélioration de la sécurité et enfin sa nature contraignante.

S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe aux côtés des affiliés d’IndustriALL au Bangladesh, la Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Jenny Holdcroft, a souligné l’évolution positive qui s’est matérialisée au niveau de la sécurité des bâtiments et de la protection incendie par le biais du travail des acteurs au plan national : les propriétaires d’usines, les syndicats, les travailleurs et travailleuses ainsi que les enseignes.

L’Accord représente une opportunité unique pour les directions d’entreprise, les travailleurs, travailleuses et leurs syndicats, les enseignes de stature mondiale et les fédérations syndicales internationales de rassembler leurs forces pour porter remède au problème systémique des déficiences en matière de sécurité des bâtiments et de protection incendie qui ont gangrené l’industrie bangladaise de la confection et du textile.

Si de nombreuses vies ont incontestablement été sauvées, il reste encore bien du travail à accomplir. Des failles de sécurité mortelles, telles que des sorties de secours, alarmes et dispositifs de protection incendie inadéquats, sont toujours présentes dans des centaines d’usines et le taux de remédiation n’est toujours que de 85%.

S’exprimant également au nom du Comité de Pilotage de l’Accord, Ted Southall, représentant des enseignes, a déclaré :

La sécurité des bâtiments et la protection incendie n’impliquent pas que des rénovations pour rendre les usines sûres, mais également des inspections rigoureuses et permanentes. À ce jour, il n’existe pas encore d’organe national de régulation disposant des moyens nécessaires pour reprendre cette tâche. C’est pourquoi les signataires de l’Accord ont pris la décision de signer l’Accord de Transition 2018 pour s’assurer que ce travail de sécurité vital se poursuive.

Cette semaine, le gouvernement du Bangladesh a confirmé qu’il prolongerait en faveur de l’Accord son autorisation à fonctionner au-delà de mai 2018. Un Comité de Suivi de Transition (CST) a été mis sur pied par le gouvernement aux fins de déterminer à quel moment les conditions convenues pour la remise des compétences de l’Accord à un organe de régulation national pleinement compétent et opérationnel seront réunies.

Le CST, qui se compose de représentants des enseignes, des fédérations syndicales internationales, de la BGMEA (Association des propriétaires d’usines du Bangladesh), de l’OIT et du gouvernement bangladais, qui sont les parties à l’Accord, s’est réuni le 6 mai et a statué que les critères convenus entre l’Accord et la BGMEA et reconnus par le gouvernement du Bangladesh n’étaient pas encore rencontrés.

Ces critères comprennent : la démonstration de la maîtrise des capacités d’inspection, la remédiation des risques, l’application de la force de la loi à l’égard des usines non-conformes, la transparence totale s’agissant des progrès en matière de gouvernance et de remédiation ainsi que l’instruction et la résolution équitable des plaintes formulées par les travailleurs et travailleuses.

Nous sommes heureux que la BGMEA soutienne le démarrage de l’Accord de Transition 2018 au 1er juin ainsi que la poursuite du travail jusqu’à ce que ces critères soient remplis.

a conclu Jenny Holdcroft.

Les syndicats éthiopiens du textile en campagne contre les salaires de misère

Pour mettre fin à ces salaires de misère, la Fédération industrielle des syndicats de travailleurs du textile, du cuir et de l'habillement (IFTLGWU), affiliée à IndustriALL Global Union, est un des syndicats qui militent pour de meilleurs salaires, pour le droit des travailleurs de s'organiser et de négocier collectivement.

Leur campagne cible les parcs d'activité industrielle créés par le gouvernement, dont celui de Bole Lemi, à Addis-Abeba, où l'entreprise de confection sud-coréenne Shints emploie 4.300 travailleurs, dont 3.800 sont syndiqués. Les autres parcs visés par la campagne sont ceux de Hawassa et Mekele.

Les syndicats voient dans les salaires minimums un point de départ pour inverser la tendance aux bas salaires et demandent qu'ils soient inclus dans la nouvelle législation du travail actuellement à l'étude. Ultérieurement, ils se proposent d'axer leur campagne sur les salaires de survie.

Les syndicats réclament des salaires minimums supérieurs à 3.373 birrs (121 $). Ils pourraient être calculés sur la base du salaire minimum officiel de 1.800 birrs (64 $) ou sur l'indice des prix à la consommation, 2.400 birrs (86 $). Actuellement, les salaires ne dépassent pas en moyenne 50 $.

Des réunions ont eu lieu entre la Confédération des syndicats éthiopiens (CETU) et diverses parties prenantes, dont l'OIT. Il y a aussi eu des entrevues avec le Premier ministre et le ministre du Travail et des Affaires sociales pour discuter des salaires minimums.

La Directrice d'IndustriALL en charge du secteur du textile et de l'habillement, Christina Hajagos-Clausen, qui prendra la parole à un atelier sur la syndicalisation dans la chaîne d'approvisionnement à Addis-Abeba, plus tard dans le mois, déclare :

Nous soutenons les syndicats éthiopiens pour l'instauration de salaires minimums au niveau d'un salaire de survie. Nous voulons aussi que les travailleurs soient payés autant que les autres travailleurs de l'habillement ailleurs dans le monde.

C'est pourquoi nous préconisons des accords-cadres mondiaux dans le secteur, afin que les grandes marques ne puissent plus exploiter une main-d’œuvre bon marché dans les pays en développement. Des salaires de survie peuvent sortir les travailleurs de la pauvreté.

La grève du Syndicat des machinistes se poursuit en Virginie-Occidentale, aux États-Unis

Trente membres hautement qualifiés de la section locale 818 de l’IAM se sont engagés dans une grève le 9 avril au sein de l’entreprise, spécialisée au plan mondial en couvercles et capsules, après que Tecnocap a effectué des modifications unilatérales aux conditions d’emploi. Légalement, l’entreprise aurait dû négocier avec l’IAM en tant que représentant dans un cadre collectif.

“Tecnocap, qui est d’origine italienne, a récemment lock-outé l’autre syndicat présent dans l’usine (GMP) et a maintenant posé des termes de négociation illégaux à l’IAM de sorte que cela ne laisse d’autre choix à ses membres que de voter à l’unanimité en faveur d’une grève et de déposer une plainte pour pratiques de travail déloyales contre leur employeur,” indique T. Dean Wright Jr de l’IAM.

La proposition illégale formulée par Tecnocap impliquerait la perte pour l’IAM d’un tiers de ses membres éligibles et les primes de couverture santé pour un salarié augmenteraient à 50% du coût total de son plan santé.

L’entreprise a commencé à utiliser des travailleurs de remplacement venus d’autres sites en Italie et Espagne, qui sont maintenant occupés sur celui de Virginie-Occidentale sur base de visas de travail.

“Les représentants de l’IAM restent pleinement disposés à rencontrer à tout moment des mandataires officiels de Tecnocap, dès lors qu’ils seraient prêts à entrer dans une négociation se situant dans le cadre légal,” ajoute un porte-parole de l’IAM.

Dans un courrier au Président de l’IAM, Robert Martinez, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a exprimé notre solidarité envers les grévistes de Tecnocap :

“IndustriALL Global Union exige que Tecnocap vienne s’asseoir à la table des négociations pour discuter en toute bonne foi avec l’IAM en vue d’atteindre un accord juste et équitable.

Nous faisons bloc avec nos camarades travailleurs et travailleuses de la section locale 818 de l’IAM chez Tecnocap à Glen Dale dans leur lutte pour la négociation d’une convention collective équitable.”

Un réseau syndical ouvre des portes à Deere

Pour la première fois, le réseau syndical mondial, créé en 2012, en Suisse, est parvenu à échanger avec l’état-major de la compagnie. Les affiliés d’IndustriALL Global Union, à savoir les travailleurs unis de l’auto (UAW- United Auto Workers), ont dû déployer de nombreux efforts et avoir de nombreuses discussions pour gagner la confiance de la direction et franchir à une telle étape, montrant l’engagement ferme de la compagnie à poursuivre le dialogue avec ses employés et leurs syndicats dans le monde entier.

La réunion, organisée au siège de Deere & Company, situé à Moline, dans l’Illinois (USA), a commencé par la visite d’une ferme, où les travailleurs de Deere ont pu voir leurs matériels en service et la manière dont leur travail facilite celui du client final, l’agriculteur.

La compagnie a fait une visite guidée de son installation à Davenport, dans l’Iowa, où la plupart des machines de construction et sylvicoles sont assemblées. Une session conjointe avec les cadres supérieurs et les syndicats a suivi. Au cours de cette session, Max A. Guinn, président du secteur construction et foresterie au niveau mondial de John Deere, a fait un exposé et répondu aux questions des syndicats.

Samuel R. Allen, président et PDG de la compagnie, a rejoint les délégués au dîner organisé avec la direction et s’est exprimé au sujet du long processus de création du respect et de la confiance mutuels entre la direction de la compagnie et la direction du syndicat. Allen a également évoqué les bonnes relations de travail de longue durée avec le président de l’UAW, Dennis Williams, sur le point de partir à la retraite, présent à l’événement.

Dennis Williams a indiqué:

« Je me réjouis de voir le succès auquel est parvenu ce réseau aujourd’hui et à quel point il s’est développé. Tout le monde est ici; mes collègues brésiliens et d’autres collègues venus du monde entier. John Deere accueille cette réunion qui sera, j’en suis sûre, une réussite ».

Matthias Hartwich, directeur d’IndustriALL pour le génie mécanique, a déclaré:

« Pour certaines compagnies, comprimer le personnel est la façon la plus facile de générer des profits. Ces entreprises pensent que les revenus des travailleurs sont toujours trop élevés et doivent être diminués, c’est pourquoi ils tentent de tenir à l’écart les syndicats. Ce n’est pas le cas à Deere.

J’espère que nous pourrons poursuivre le processus lancé cette année. Instaurer la confiance entre les syndicats et le patronat prend toujours beaucoup de temps, mais je pense que nous avons fait un énorme pas en avant cette année ».  

Les participants ont unanimement demandé que le réseau continue de tenir ses réunions régulières annuelles, et ont également exprimé leur engagement syndical.

Deere and Company est une des multinationales leaders dans le secteur. La compagnie fabrique des équipements agricoles et sylvicoles ainsi que du matériel de construction sous la principale marque John Deere.

Kazakhstan : le leader indépendant devrait bientôt être libéré

Le président du Syndicat des travailleurs d’OCC, Amin Yeleusinov, ainsi que l’inspecteur du travail Nurbek Kushakbayev avaient été arrêtés et jugés début 2017 à la suite d’une manifestation pacifique et d’une grève de la faim de travailleurs et travailleuses qui revendiquaient le rétablissement de leur centrale syndicale indépendante, la Confédération des Syndicats indépendants (KNPRK), dissoute par les autorités le 4 janvier 2017.

En mai 2017, Yeleusinov avait été condamné à deux de prison après avoir été reconnu coupable d’un prétendu détournement de fonds syndicaux, ainsi que d’insultes publiques et de voies de fait ou encore de refus de se conformer aux injonctions de la police.

En juillet de la même année, Larisa Kharkova, ancienne présidente de la FNPRK, avait également été condamnée sur de fausses accusations à quatre ans de restriction de sa liberté de mouvement, à 100 heures de travaux forcés et à cinq ans d’interdiction d’exercer toute fonction au sein d’une organisation publique ou non-gouvernementale. Son appel à la justice avait été rejeté par les autorités.

Condamné à deux ans et demi de prison pour instigation à la grève illégale, l’autre leader indépendant Nurbek Kushakbayev reste à ce jour emprisonné. Selon nos informations, une audience concernant sa possible libération se tiendrait le 10 mai 2018.

La décision de libérer Yeleusinov est intervenue juste avant l’annuelle Conférence internationale du Travail de l’Organisation internationale du Travail (OIT), qui se tiendra en juin 2018 à Genève, en Suisse. Le Kazakhstan a été la cible de sévères critiques durant la dernière CIT en raison de dissolutions forcées de syndicats, d’arrestations arbitraires et de la criminalisation de mouvements de protestation dans le pays.

En avril, les syndicats indépendants du Kazakhstan, représentés par Larisa Kharkova, Nurbek Kushakbaev et Amin Yeleusinov, ont reçu le prix international Arthur Svensson pour les droits syndicaux. Cette prestigieuse récompense, connue pour être le prix Nobel syndical, a été créée par l’affilié norvégien d’IndustriALL, Industri Energi, et se compose à la fois d’une somme d’argent et d’un soutien à des projets syndicaux. La motivation de l’octroi du prix précise : “Les trois dirigeants syndicaux ont fait preuve de beaucoup de courage en poursuivant leur action. La situation précaire des lauréats n’est qu’un exemple parmi d’autres de la réalité féroce que vivent, non seulement les travailleurs au Kazakhstan, mais aussi beaucoup de travailleurs partout dans le monde.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré :

“La nouvelle de la libération du camarade Amin Yeleusinov est encourageante et nous espérons que les autorités vont prendre de nouvelles mesures pour retirer toutes les fausses accusations contre les dirigeants et militants des syndicats indépendants et libérer également Nurbek Kushakbaev.”

“Cependant, nous sommes toujours préoccupés par de nouvelles attaques à l’encontre des syndicats indépendants, en particulier par la tentative de dissoudre le Syndicat des travailleurs d’OCC. Nous suivons de près cette affaire et les autres événements concernant le monde du travail au Kazakhstan et nous nous assurerons que la communauté internationale en reste informée.”

Les syndicats indiens de l'automobile déterminés à combattre le travail précaire

Des représentants syndicaux des fabricants d'automobiles et de pneus de Madras, de Bangalore, de Pune, de la Région de Delhi, du Madhya Pradesh, de l'Odisha et du Jharkhand étaient rassemblés les 3 et 4 mai à Pune pour discuter de ce défi.

Apoorva Kaiwar, la Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du sud, y a déclaré que le volume énorme de travail précaire dans l'industrie automobile indienne est lourd d'implications en termes de développement durable.

Le fossé entre les salaires et les conditions de travail des travailleurs permanents et des précaires de l'industrie automobile indienne est profond.

Des représentants de l'affilié allemand d'IndustriALL, IG Metall, étaient également présents et ils ont décrit l'ampleur du travail précaire dans l'industrie automobile allemande, ainsi que les stratégies adoptées afin de le ramener à des niveaux acceptables.

Georg Leutert, le Directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie automobile, a dit à propos des perspectives mondiales en matière de travail précaire dans cette industrie :

Les constructeurs automobiles recourent au travail précaire pour gagner en flexibilité, réduire les coûts et contourner la législation sur la protection du travail. Pour l'essentiel, les travailleurs précaires effectuent des tâches similaires à celles des permanents mais sont en situation d'inégalité s'agissant des salaires, des conditions de travail et des droits syndicaux.

Les syndicats doivent combattre le travail précaire et organiser tous les travailleurs pour instaurer le développement durable, renforcer la force de négociation des syndicats et asseoir l'unité des travailleurs. Toutes les tentatives pour lutter contre le travail précaire dans le secteur automobile en Inde envoient un message fort qui ne peut être passé sous silence.

Les participants ont décidé de renforcer la solidarité pour défendre les droits des travailleurs précaires. Ils ont convenu de discuter du travail précaire dans les réunions des comités syndicaux, de recenser les bonnes pratiques et dénoncer les mauvaises pour sensibiliser à ce problème et trouver des ripostes.

Il a été convenu de prendre des mesures afin de réduire l'écart entre travailleurs précaires et permanents par des activités sociales, culturelles et sportives. Les possibilités de créer des syndicats de branche pour les travailleurs contractuels dans les entreprises concernées seront explorées.

Les représentants des syndicats ont convenu d'intensifier les efforts de solidarité pour défendre les droits des travailleurs précaires et de prendre des mesures pour obtenir aux travailleurs intérimaires et contractuels le statut de salariés de l'entreprise, l'objectif à long terme étant leur reconnaissance en tant que salariés permanents.

En outre, il a aussi été convenu de stimuler une participation active des femmes et des jeunes à toutes les activités syndicales.

Ukraine: les travailleurs d’ArcelorMittal luttent pour leurs droits

Après 26 heures de négociations, le syndicat et la direction de la compagnie ont signé, le 4 mai, un accord visant à créer une commission de conciliation. La question des rapports publics reste la pierre d’achoppement. La direction souhaite que les discussions se tiennent à huit clos, ce qui a été refusé par le syndicat. Celui-ci a été stoppé par les services de sécurité et la police après avoir demandé à parler avec le PDG de l’usine Kryvyi Rih d’ArcelorMittal à la place.  

Environ 400 travailleurs se sont réunis devant les locaux de la direction de l’usine pour soutenir le syndicat. Les deux parties ont convenu que soit inclus dans l’accord un engagement de faire une déclaration commune à la fin de chaque réunion. Dans le cas contraire, les médias publieront les deux déclarations côte à côte pour que les employés puissent voir les différences.

La commission de conciliation tiendra sa première réunion sur le fond dans six jours.

Natalia Marinyuk, présidente du comité syndical du PMGU à l’aciérie Kryvyi Rih d’ArcelorMittal, a indiqué:

« Nous n’appelons pas à une action illicite pour satisfaire nos exigences. Par conséquent, j’exhorte l’employeur de cesser de contourner les procédures de conciliation et de commencer les négociations avec le syndicat pour élaborer et prendre une décision commune sur les revendications collectives professionnelles ».

Selon la convention collective actuelle, les négociations sur les hausses salariales devaient commencer durant le quatrième trimestre de 2017. Néanmoins, la direction les a jusqu’ici éludées.  

De plus, le 27 mars, cette dernière a tenté de perturber une assemblée générale du syndicat en annonçant un autre lieu de réunion. La conférence est toutefois parvenue à approuver les revendications des employés ainsi que la structure de l’organe habilité à représenter leurs intérêts dans le différend.

Les travailleurs réclament des hausses salariales allant de 400 à 1 000 euros par mois. Actuellement, un appel au PDG a été signé par près de 12 000 personnes, soit plus de la moitié des employés.  

Les travailleurs insistent également pour que soit réalisée une inspection détaillée de tous les bâtiments et constructions en raison de l’accident tragique survenu le 3 mars lors de l’effondrement d’un toit, tuant un employé sous-traitant de 25 ans.

En outre, les travailleurs exigent que la direction, en particulier sa directrice des ressources humaines, mette fin à sa politique antisociale et antisyndicale. 

IndustriALL Global Union et ses syndicats affiliés, représentant des dizaines de milliers de travailleurs d’ArcelorMittal dans le monde entier, ont envoyé une lettre de solidarité au PMGU en soutien de leur lutte.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, et les dirigeants de ces syndicats ont déclaré:

« Nous soutenons pleinement les revendications du PMGU, à savoir que la direction de Kryviy Rih d’ArcelorMittal mette un terme à sa politique antisyndicale, remplace Olena Pylypenko en sa qualité de directrice des ressources humaines, arrête de négocier de mauvaise foi sur les salaires et les autres questions, améliore la sécurité et entame un véritable dialogue social ».

Les syndicats demandent à LafargeHolcim de tenir parole et de respecter la vie des travailleurs

IndustriALL Global Union, l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), la Fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois, et l’affilié suisse, Unia, ont été rejoints par les représentants des travailleurs employés par LafargeHolcim en Allemagne, en Belgique, au Canada, en France, en Inde, en Indonésie, en Italie, en Ouganda et aux USA.

En 2017, LafargeHolcim avait accepté de signer un accord-cadre mondial garantissant les droits des travailleurs et dont faisaient partie intégrale les questions de santé et de sécurité au travail. Néanmoins, en janvier 2018, la compagnie a renié sa parole en faisant à nouveau passé les profits avant les droits et la vie des travailleurs.

Depuis la fusion opérée en 2015, LafargeHolcim a supprimé 35 000 emplois et des centaines de travailleurs ont perdu la vie. En 2016, 86 travailleurs ont été tués et 65, en 2017. La baisse des effectifs a provoqué l’augmentation du taux de mortalité par 100 millions d’heures travaillées. D’autres travailleurs sont décédés en  2018.

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour le secteur des matériaux de construction, a déclaré:

« Plusieurs travailleurs, dont au moins deux en Inde et un en Belgique, ont déjà perdu la vie en 2018. Combien faut-il encore de morts pour que LafargeHolcim entame un véritable dialogue social?

« Les dividendes annuels élevés des actionnaires de 2 CHF par action sont payés au prix du sang, de la sueur et des pleurs des travailleurs ».

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« La compagnie a signé un protocole d’accord pour un accord-cadre mondial avec nous en juillet 2017. Il est grand temps maintenant qu’ils tiennent parole et établissent des structures opérationnelles pour sauver la vie des travailleurs et améliorer le dialogue social ».

Lena Yuliana, une employée de LafargeHolcim en Indonesie, co-présidente pour le secteur et membre de la Fédération du syndicat des travailleurs du secteur du ciment d’Indonésie (FSP ISI), a pu participer à la réunion et s’adresser aux actionnaires. Elle leur a indiqué:

« La sécurité devient un problème qui inquiète les travailleurs. Au lieu de leur venir en aide lorsqu’un accident survient, la direction blâme le directeur régional ou les travailleurs, leur adressant une lettre d’avertissement sans mener une véritable enquête ou faire appel au syndicat. La sécurité et la santé ne sont pas qu’une question de comportement; leur élaboration doit faire l’objet d’une concertation entre la direction, le syndicat et les travailleurs. Une approche imposée d’en haut ne donnera rien de bon.

« Nous, les travailleurs de la majorité des entreprises de LafargeHolcim sont unis à travers les syndicats. Nous étions contents lorsque la direction a annoncé l’année dernière qu’il y aurait un accord-cadre mondial entre les syndicats mondiaux et LafargeHolcim, en tant que nouvelle compagnie établie.

« Mais, depuis lors, nous avons appris que la direction a changé unilatéralement d’avis au début du mois de janvier 2018 et est revenue sur son engagement de signer l’accord-cadre mondial. Cela a été un choc ».

Les syndicats exigent que LafargeHolcim:

Un Forum des jeunes travailleurs lancé en Afrique du Sud

La situation des jeunes sud-africains est dramatique. D'après les chiffres de l'Enquête sur la main-d’œuvre du quatrième trimestre de 2017 de Statistics South Africa, 2,3 millions de jeunes âgés de 25 à 34 ans sont sans emploi et 2,4 millions de plus sont "économiquement inactifs". Certains sont devenus des demandeurs d'emploi découragés qui ne trouvent pas d'emploi ou de travail correspondant à leurs compétences. Il n'est pas surprenant que certains aient "perdu l'espoir de trouver un travail quel qu'il soit." Cela veut dire que la plupart des jeunes vivent dans la pauvreté dans un des pays les plus inégalitaires au monde. Sur les 4,9 millions ayant un emploi pèsent d'énormes responsabilités, notamment de subvenir aux besoins de la fratrie et des autres membres de la famille. Parfois, cette charge s'ajoute à celle de leurs femme et enfants.

Le COSATU estime que, pour que les idées des jeunes portent, il faut qu'ils aient leur propre forum lié à la fédération. Il s'intéresserait à des questions telles que la manière d'intégrer les jeunes dans le syndicat par l'éducation des travailleurs, la participation à la négociation collective et la formation à la santé et la sécurité entre autres aspects de la vie syndicale.

Pour le forum des jeunes travailleurs :

Les jeunes constituent une part importante des pauvres, des sans-emploi, des sous-employés et des précaires. Ils sont confrontés au travail informel et dangereux et ont peu de possibilités d'évolution de carrière. Ils sont piégés dans le travail à temps partiel et l'emploi saisonnier, leurs lieux de travail sont les plus dangereux et ils sont les moins bien protégés par les normes internationales du travail.

Sarah Flores, la responsable des projets pour les jeunes d'IndustriALL Global Union, explique :

Il est important de prendre conscience du rôle critique des jeunes pour l'avenir des syndicats. Alors que les générations précédentes de dirigeants syndicaux ont jeté les fondations de syndicats forts, les jeunes travailleurs doivent maintenant assumer leur responsabilité qui est de modeler le syndicat pour l'avenir.

Avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert, IndustriALL va organiser des ateliers de développement des capacités des jeunes syndicalistes en Afrique du Sud et une conférence régionale pour l'Afrique australe se tiendra plus tard dans l'année.