Éthiopie : une réunion suscite un débat sur le minimum vital

Avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert, les grands intervenants présents à Addis-Abeba le 22 mai, dont l'OIT, ont rappelé au gouvernement éthiopien son obligation d'appliquer intégralement la convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical. Par ailleurs, le gouvernement doit aussi mettre en pratique l'Agenda pour le travail décent et les Objectifs de développement durable. Le dialogue social doit également mettre fin aux tactiques de harcèlement antisyndical de certains employeurs consistant à licencier, transférer ou rétrograder ses dirigeants pour affaiblir le syndicat.

Notre affiliée, la Fédération industrielle des syndicats des travailleurs du textile, du cuir et de l'habillement (IFTLGWU), forte de 55.000 membres, dont 56 pour cent de femmes, demande que les travailleuses et travailleurs perçoivent des salaires décents pour leur permettre de vivre mieux et de subvenir aux besoins de leurs familles.

La Confédération des syndicats éthiopiens (CETU), à laquelle l'IFTLGWU est affiliée, appuie cette proposition et réclame des salaires minimums qui répondent aux besoins des travailleurs. Les représentants du gouvernement, de la Société éthiopienne d'investissement, de grandes marques mondiales et de la firme textile Ayka Addis présents à la réunion ont discuté des avantages de salaires décents pour les travailleurs. Le gouvernement a souligné l'importance d'un dialogue social qui implique les syndicats, les employeurs et le gouvernement.

Avec la multiplication des marques mondiales d'Amérique du Nord, d'Europe, de Chine et d'Asie s'approvisionnant en Éthiopie, et 20 marques, dont Peter Van Heusen, Quadrant Apparel, Epic Apparel et Ontex Hygiene Disposables, se fournissant déjà dans le Parc industriel de Hawassa, il est demandé que les salaires soient déterminés à partir de référentiels internationaux. Lorsque ce parc industriel sera pleinement opérationnel, 60.000 travailleurs y seront employés. Les syndicats contestent le fait qu'on leur refuse l'accès pour y recruter.

Masho Beriku, du département des relations extérieures et publiques de la CETU, explique : "Nous nous battons pour des salaires vitaux et pour les droits des travailleurs éthiopiens. Nous réclamons la levée des restrictions qui empêchent les syndicats de les organiser. Cela nous permettrait de faire passer l'effectif de la CETU, actuellement de 550.000 membres, à notre objectif de deux millions. Nous voudrions aussi une réforme de la législation du travail qui protège les droits des travailleurs."

La ministre éthiopienne du Travail et des Affaires sociales, Hirut Woldemariam, a déclaré : "Nous sommes dans une société et une économie soumises à la mondialisation. Le secteur du textile et de l'habillement est assurément mondialisé et emploie une forte proportion de femmes. Avec la création de parcs industriels, notre pays se positionne dans les chaînes d'approvisionnement du secteur de l'habillement".

À cette réunion assistaient des affiliés du Bangladesh et d'Afrique du Sud qui ont fait part de leur expérience en matière de campagne pour de meilleurs salaires et de négociation collective.

Le leader syndicaliste coréen Han Sang-gyun libéré de prison

Le camarade Han a passé deux ans, cinq mois et douze jours de détention sur les cinq années de sa condamnation pour des faits liés au mouvement de protestation contre la corruption du gouvernement de l’ancienne Présidente Park Geun-hye. L’ancienne Secrétaire générale de la KCTU, la camarade Lee Young-Joo reste en prison.

Le camarade Han avait été condamné à cinq ans de prison après avoir été accusé à tort d’avoir “fomenté des manifestations violentes” comme suite à son rôle dans l’organisation de mobilisations de masse ayant rassemblé 130.000 personnes contre le gouvernement Park en novembre 2015. Ces mobilisations avaient été l’étincelle d’une série de vastes manifestations qui ont culminé dans un mouvement de veillées aux chandelles et une manifestation d’un million de personnes un an plus tard, le 12 novembre 2016, dans laquelle IndustriALL été représentée par son Secrétaire général Valter Sanches. Cette mobilisation a mené à la destitution et à l’emprisonnement de la Présidente Park.

À plusieurs reprises, la direction d’IndustriALL a rendu visite en prison au camarade Han pour lui réaffirmer son engagement à lui rester solidaire.

Le camarade Han a été chaleureusement accueilli à sa sortie de prison par sa mère et des collègues de la KTCU. Des fleurs et des messages de solidarité sont arrivés du monde entier et une lettre émanant d’IndustriALL a été lue.

Remerciant le mouvement syndical international pour sa solidarité, le Président du KMWU Kim Ho-gyu a déclaré :

“Nous exprimons notre plus profonde gratitude à vous tous qui avez braqué le projecteur de la société internationale sur cette affaire par le biais d’actions de solidarité et de visites, pour rappeler au gouvernement de Corée du Sud que le monde n’avait pas oublié nos leaders syndicalistes emprisonnés.

“Ce coup de projecteur sur Han a permis à beaucoup de personnes de par le monde de se rendre compte de ce que c’est d’être un leader syndical en Corée du Sud et il est extrêmement émouvant pour une personne emprisonnée de recevoir l’expression de votre solidarité. Cependant, au-delà de Han, il reste encore de nombreux prisonniers de conscience dans les prisons de Corée du Sud.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union Valter Sanches a rappelé les actions menées avec le camarade Han en 2009 contre Ssangyong et a envoyé un message à la KCTU disant :

“Nous avons une longue histoire de luttes communes. Nous poursuivrons le combat jusqu’à ce que la camarade Lee et tous les autres syndicalistes soient sortis de prison.

“La solidarité que nous avons mobilisée au nom du peuple de Corée pour renverser le gouvernement antisyndical de Park Geun-hye se poursuivra jusqu’à ce que tous aient été sortis de prison.”

Le camarade Han est membre de l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat des métallurgistes coréens (KMWU). Il est à l’origine un travailleur de l’automobile qui a mené une importante grève chez Ssangyong Motor au cours de la crise mondiale de 2009, ainsi qu’ensuite un mouvement contre des licenciements de masse et le travail précaire.

Han avait ensuite été élu à la présidence du KCTU. Il a bâti une coalition avec des mouvements sociaux et a mené une vaste lutte contre les législations du travail régressives introduites par le gouvernement de Park en collusion avec de grandes entreprises, ainsi que pour résister contre la fermeture de l’espace démocratique.

Bien que le nouveau gouvernement du Président Moon s’attribue lui-même le titre de “gouvernement des chandelles” et qu’il a promis de respecter le mouvement syndical, la KTCU reste préoccupée par le fait que la camarade Lee, ainsi que d’autre syndicalistes et prisonniers de conscience restent en détention.

Le mouvement syndical international se joint aux 800.000 membres de la KTCU pour accueillir chaleureusement le retour du camarade Han dans un monde qui a été modifié par le mouvement des chandelles qu’il a initié.

Pakistan: début du versement des indemnités aux victimes de l’incendie de l’usine de confection Ali Enterprises

Un accord a été atteint en septembre 2016 après quatre ans de campagne intensive pour obtenir une indemnisation appropriée de la part du détaillant allemand KiK, seul acheteur connu d’Ali Enterprises. Selon l’accord, KiK a payé 5,2 millions d’US$ à titre de compensation aux victimes de l’incendie.

La campagne a été menée conjointement par les victimes représentées par l’affilié à IndustriALL, la Fédération syndicale nationale (NTUF), l’Institut pakistanais d’éducation ouvrière et de recherche (PILER), IndustriALL, la Campagne pour des vêtements propres ainsi que d’autres alliés, dont le syndicat UNI Global Union.

Le paiement des indemnités aux victimes a commencé et seront versées mensuellement par l’Institution de sécurité sociale des employés de la province du Sindh. A titre de réparation pour le retard de paiement, les victimes recevront dans un premier temps les compensations exigibles des 20 derniers mois en un versement unique, alors que les paiements mensuels commenceront en août de cette année.

Un comité a été créé pour suivre le processus de paiement. Le Ministre du travail de la province du Sindh dirige le comité dont les membres comprennent des représentants des victimes, la NTUF, PILER, l’Institution de la sécurité sociale des employés de la province du Sindh, la Fédération des employeurs et les représentants du gouvernement.

Lors d’un événement organisé à l’occasion de la distribution des chèques aux familles des victimes, le 19 mai, Saeeda Khatoon, membre de l’Association des victimes de l’incendie de l’usine de confection Ali Enterprise, et Nasir Mansoor, membre de la NTUF, ont indiqué:

Il s’agit d’un moment historique pour le mouvement des travailleurs au Pakistan. Le soutien international de l’OIT, d’IndustriALL et de la Campagne pour des vêtements propres a joué un rôle crucial dans l’obtention de l’indemnisation à vie des victimes.

Ils ont également souligné la nécessité pour le Pakistan de se doter d’une disposition identique à l’Accord du Bangladesh, un accord juridiquement contraignant signé entre les syndicats et les marques mondiales pour garantir la sécurité au travail dans l’ensemble des usines de confection.

Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré:

Nous sommes reconnaissants à toutes les personnes impliquées dans cette lutte collective. L’indemnisation à long terme apportera une certaine justice et consolation aux familles des victimes et des survivants. Nous saluons KiK pour assumer sa responsabilité et payer l’indemnité conformément aux normes internationales.

Nous devons maintenant renforcer nos efforts pour une industrie du vêtement plus sûre au Pakistan, comme nous le faisons à travers l’Accord du Bangladesh.

Selon l’accord d’indemnisation des victimes, les modalités des paiements mensuels à vie seraient les suivantes:

Ukraine : Les travailleurs d'ArcelorMittal protestent contre l'insécurité de leurs conditions et les bas salaires

Le 16 mai, ils ont arrêté le travail en signe de soutien avec le personnel d'Ukrzaliznytsia, la société publique des chemins de fer d'Ukraine, en grève depuis le 14 mai pour réclamer des conditions de travail sûres.

L'essentiel du matériel roulant d'Ukrzaliznytsia date des années 1960 et est usé à 90 pour cent. Une enquête menée par le bureau de la santé et la sécurité du gouvernement a relevé 83 violations, certaines locomotives n'ayant pas de freins en état de fonctionnement.

Les travailleurs d'Ukrzaliznytsia demandent une remise en état de tout le matériel roulant pour répondre aux normes techniques, une augmentation des salaires aux niveaux européens, un régime de retraite anticipée et la démission du conseil d'administration d'Ukrzaliznytsia.

Les travailleurs de l'atelier ferroviaire d'ArcelorMittal ont adressé à la direction de l'entreprise une déclaration officielle disant qu'ils refusent de travailler sur du matériel défaillant qui met leur vie en danger. Ils ont entamé une grève du zèle qui paralyse le transport par rail et bloque la production.

Des travailleurs qui étaient en congé le 16 mai ont bloqué pendant plusieurs heures les passages pour piétons du site de l'entreprise. En plus d'une amélioration de la sécurité, ils réclament une hausse des salaires des 400 euros actuels à 1.000 euros par mois.

C'était aussi une revendication centrale de tous les salariés qui ont participé au conflit collectif du travail déclenché par notre affilié, le Syndicat des travailleurs des industries de la métallurgie et de la mine d'Ukraine (PMGU), fin mars. La direction d'ArcelorMittal avait essayé de saboter une assemblée des travailleurs destinée à discuter de leurs revendications en annonçant un changement de lieu de réunion. L'assemblée s'est finalement tenue, mais la direction a intenté un recours en justice contestant sa légitimité.

Elle a également porté plainte à la police en accusant les travailleurs de mener une grève illégale. Toutefois, la police n'a pas donné suite, les travailleurs agissant dans le respect de la loi. La législation ukrainienne sur la santé et la sécurité au travail permet à des travailleurs de refuser de travailler en cas de risque élevé pour leur vie.

La direction a constitué une commission spéciale avec la participation d'un représentant du PMGU pour évaluer l'état du matériel roulant.

Natalia Marinyuk, la Présidente du comité syndicat du PMGU chez ArcelorMittal Kryvyi Rih, déclare :

"Le PMGU a souligné à plusieurs reprises que les retards apportés à la négociation et aux procédures de conciliation en général engendrent une situation critique et poussent les travailleurs au désespoir."

Le 14 mai, le PMGU a envoyé au P-DG d'ArcelorMittal Kryvyi Rih une lettre répétant sa demande pour l'ouverture d'un dialogue social constructif avec l'organe de représentation des travailleurs afin de prévenir des mouvements de protestation spontanés qui entraîneraient des arrêts de travail.

Pour le Secrétaire régional d'IndustriALL Vadim Borisov :

"IndustriALL Global Union exhorte l'employeur à cesser de retarder les travaux de la commission de conciliation et à s'asseoir à la table de négociation. Rester sourd aux revendications des travailleurs et à leurs intérêts entraîne toujours des actions de protestation. Les gens ne peuvent plus tolérer le mépris de leurs problèmes. Par conséquent, la responsabilité incombe totalement à la direction de l'entreprise."

La marque française de cosmétiques Yves Rocher licencie des adhérents syndicaux

Le syndicat Petrol-Is est ses membres ont constitué un piquet devant l’usine et mènent des actions, malgré le Ramadan en cours. Les actions entreprises par le syndicat reçoivent une attention soutenue de la part du public. Tous les cas de licenciement ont été portés en justice, car la résiliation de contrat en raison d’une appartenance syndicale est injustifiée.

À l’origine, après s’être joints à l’affilié d’IndustriALL Petrol-Is, 85 travailleurs et travailleuses de la filiale turque de l’entreprise de cosmétiques française Yves Rocher, Kosan Kozmetik Pazarlama ve Ticaret AS, avaient été licenciés.

À l’issue d’une intense campagne de recrutement menée en mars par Petrol-İş, le syndicat du pétrole, de la chimie et du caoutchouc de Turquie, un nombre suffisant de travailleurs et travailleuses de la filiale turque de la firme Yves Rocher, Kosan Kozmetik, ont choisi, en exerçant leur libre arbitre, d’adhérer au syndicat. Dès lors que la preuve que le syndicat détenait une majorité a été obtenue, la direction de Petrol-İş a tenté de construire un dialogue social constructif et a approché l’entreprise avec une offre pour discuter de négociations collectives. L’entreprise a rejeté cette offre et a contesté devant un tribunal la certification accordée par le Ministère du Travail, en utilisant des arguments sans fondement et des failles au sein de la législation nationale pour mettre des bâtons dans les roues de la négociation collective.

En avril, la direction locale a licencié 14 membres de Petrol-İş en raison de leur appartenance syndicale. De plus, la direction a continué à mettre la pression sur les salariés et à les intimider, sapant en cela leur droit légitime à s’affilier à un syndicat dans leur usine. Alors que les travailleurs et travailleuses refusaient de renoncer à leur affiliation à Petrol-İş, la direction a licencié le 11 mai six autres membres du syndicat. Le 15 mai, Kosan Kozmetik a mis dehors 65 travailleurs et travailleuses en raison de leur implication dans des activités syndicales, ce qui porte le nombre total de licenciés à 85.

Dans un courrier à l’entreprise, IndustriALL Global Union a appelé la direction à respecter les droits syndicaux, à réintégrer les syndiqués licenciés et à entamer un dialogue avec Petrol-İş. Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL écrit :

“Le comportement de Kosan Kozmetik constitue une infraction flagrante à la législation turque du travail, tout autant que des normes internationales du travail, dont la Convention n°87 concernant la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la Convention n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).”

L’affilié français d’IndustriALL, la FCE-CFDT, a approché la direction centrale de l’entreprise à Paris pour qu’elle intervienne urgemment.

Petrol-İş et ses membres ont formé un piquet devant l’usine, qui recueille un large soutien de la part d’autres lieux d’activités et de la société civile.

“Il est totalement inacceptable de la part d’une marque bien connue au plan mondial de ne pas respecter les droits fondamentaux au sein de ses filiales,”

a indiqué Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

“Nous attendons l’ouverture par Yves Rocher de canaux de communication permettant de régler la situation à Gebze. Autrement, nous aurons recours à des moyens différents par le biais d’une vaste campagne.”

Originaire de Rennes, en France, Yves Rocher est une marque de cosmétiques et de produits de beauté de stature mondiale. L’entreprise est présente dans 88 pays et emploie 13,500 personnes, sans compter les plus de 215.000 concernées par des emplois indirects. Kosan Kozmetik emploie 400 travailleurs et travailleuses et produit la marque Flormar, numéro un des produits de maquillage en Turquie avec une part de marché de 21%. L’usine exporte aussi des produits sur 104 marchés, principalement de pays en développement.

DowDuPont : n’aliénez pas les droits des travailleurs !

Des membres de syndicats affiliés à IndustriALL qui représentent les travailleurs et travailleuses de DowDuPont en Amérique du Nord et du sud, en Europe et en Asie sont confrontés à de grands bouleversements alors que l’entreprise nouvellement fusionnée se scinde en trois segments séparés. La revendication est d’avoir une place à la table où se prendront les décisions au cours de cette période de changements.

L’entreprise a été constituée en août de l’an dernier à la suite d’une fusion de 150 milliards de dollars entre DuPont, originaire du Delaware et Dow Chemicals, originaire du Michigan. Les trois nouvelles entités issues de la scission se profileront dans les trois secteurs suivants : produits spécialisés, science des matériaux et agriculture. Chacune des trois réduit ses coûts d’environ 1 milliard de dollars.

Par le biais de cette restructuration, l’objectif de réduction des coûts de la direction est de 3,3 milliards de dollars. L’entreprise l’appelle “le chiffre de la synergie des coûts”. Le réseau argumente pour dire que ceci ne peut pas venir des salariés.

DowDuPont rapporte des augmentations énormes en termes de revenus, avec des ventes en hausse de 13%.

Le président de la section locale 12075 des Métallos USW Kent Holsing de l’usine DowDuPont de Midland, dans le Michigan, préside le Conseil syndical nord-américain de DowDuPont. Kent indique :

“Nous nous exprimons non seulement au nom des salariés syndiqués de DowDuPont, mais aussi pour les non-syndiqués qui n’ont pas cette faculté de se faire entendre. Notre but est d’utiliser cette pétition comme plateforme pour nous assurer que les salariés et les communautés dont ils font partie soient représentés et entendus.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

“La fusion DowDuPont crée la plus grande entreprise chimique et a déclenché d’autres restructurations majeures dans le secteur. À présent, la scission de l’entreprise en trois segments séparés va à nouveau avoir des répercussions partout dans le monde sur les femmes et les hommes qui y travaillent. La revendication des syndicats de ces travailleurs et travailleuses et de leur fédération syndicale internationale, IndustriALL, est de pouvoir faire entendre leur voix tout au long de cette restructuration.”

“Les représentants des travailleurs doivent jouer un rôle central dans les processus de décision qui les affecteront, eux et les communautés auxquelles ils appartiennent. Notre réseau international des syndicats de DowDuPont est prêt à collaborer dans ce contexte et revendique une place digne de ce nom à la table.”

Un réseautage syndical DowDuPont au plan international est en cours depuis la fusion et va se poursuivre. Une grande réunion du réseau aura lieu du 9 au 12 octobre.

Cliquez ici pour avoir accès à la pétition en ligne qui appelle DowDuPont à respecter ses travailleurs et travailleurs, et pas seulement ses actionnaires, durant cette période importante.

Irak: les travailleurs du secteur électrique obtiennent l’inclusion de 150 000 travailleurs précaires dans le régime de sécurité sociale et de retraite

Les travailleurs du secteur électrique ont mené une action militante sans précédent, interrompant leur travail et occupant les centrales électriques et les terminaux gaziers pour lutter contre l’utilisation croissante des contrats temporaires dans le secteur électrique et l’exclusion des travailleurs précaires du régime de sécurité sociale.

Le gouvernement avait précédemment soutenu que la loi sur la sécurité sociale ne s’appliquait pas aux travailleurs du secteur public, ce que le Ministère du travail et des affaires sociales a contredit dans un communiqué publié cette semaine, permettant à 150 000 travailleurs non encore couverts de bénéficier d’une protection juridique.

Il s’agit d’une victoire majeure pour les travailleurs irakiens et leurs syndicats.

S’adressant au Comité exécutif d’IndustriALL Global Union, réuni à Genève, le 27 avril, Hashmeya Alsaadawe, présidente de la Fédération syndicale de Bassora, a énoncé les faits à l’origine du litige et indiqué qu’un accord de principe avait été obtenu. L’annonce de cette semaine confirme la victoire du syndicat.

Elle a déclaré:

« Quand les manifestations ont commencé, 100 personnes ont été licenciées, ce qui a conduit les travailleurs à occuper les sites à travers le pays. Leur action a eu l’effet désiré. Tous les travailleurs licenciés ont retrouvé leur poste et tous les travailleurs précaires se sont vus promettre la sécurité sociale. Aussi, les travailleurs ont-ils décidé d’arrêter l’occupation. Nous attendons de voir si les promesses faites seront tenues ».

Alsaadawe, qui faisait partie des négociateurs syndicaux, a expliqué que les élections en Irak a créé un climat dans lequel la population réclame de pouvoir bénéficier de la richesse pétrolière nationale.

« Les travailleurs ont des attentes élevées », a-t-elle indiqué. « Ils ont été très actifs lors des manifestations et sur les médias sociaux pour revendiquer leurs droits ».

L’élection a été remportée par une coalition s’étant engagée à stopper l’ingérence étrangère – principalement des USA et de l’Iran – dans la politique irakienne, et à répondre aux besoins sociaux de la population.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a souligné:

« Une fois de plus les syndicats irakiens ont créé un précédent remarquable pour la région. En prenant cette mesure, les travailleurs du secteur électrique ont remporté une grande victoire pour tout le secteur public. 150 000 travailleurs peuvent désormais adhérer à un régime de sécurité sociale et de retraite. 

« L’Irak regorge de richesses pétrolières dont la population doit bénéficier. Le mouvement syndical irakien est un fervent défenseur de la justice sociale dans le pays ».

Belarus : des dirigeants de syndicats indépendants menacés de longues peines de prison

Gennady Fedynich est le président du Syndicat biélorusse de l'industrie de la radio et de l'électronique (REP), affilié à IndustriALL Global Union, dont Ihar Komlik est le trésorier. Ils ont eu un mois pour préparer leur défense avant de passer en jugement. Tous deux risquent des peines pouvant aller jusqu'à sept ans de prison, assorties de la confiscation de leurs biens.

L'instruction a duré dix mois et 550 membres du REP au moins ont été interrogés par le Comité d'investigation du Belarus. D'après des informations, ils ont surtout été interrogés sur leurs activités syndicales plutôt que sur les finances du syndicat.

Selon Gennady Fedynich :

"Je ne plaiderai pas coupable et ne me verrai jamais en coupable. Cette affaire est politique et le but véritable est de faire pression sur moi en tant que dirigeant syndical, sur le REP et sur le mouvement syndical en général."

Le procès des deux dirigeants est clairement en représailles contre l'engagement des syndicats sur des questions touchant les travailleurs, comme la taxe sur les chômeurs adoptée par un décret que les pressions ont obligé le Président à abroger.

Entretemps, une nouvelle version du décret a été publiée, et elle pénalise toujours les chômeurs. Son texte accorde beaucoup de prérogatives aux autorités, notamment de pouvoir consulter les données personnelles de tous les travailleurs du pays. Le REP ne cache pas ses critiques à l'encontre du décret, qu'il accuse de contenir des éléments assimilables au travail forcé et qui, s'il est appliqué tel quel et combiné avec les contrats à durée déterminée, forcera les travailleurs à accepter de bas salaires et de mauvaises conditions de travail.

Du 17 au 19 avril, IndustriALL Global Union et la Confédération syndicale internationale (CSI) ont organisé une mission conjointe au Belarus qui a exprimé au gouvernement ses préoccupations devant les persécutions incessantes des syndicats indépendants et les violations des droits des travailleurs.

Gennady Fedynich a déjà été désigné en tant que délégué d'IndustriALL à la Conférence internationale du travail (CIT) qui se tiendra du 28 mai au 8 juin à Genève. Toutefois, sa participation reste sujette à caution puisqu'il ne peut pas quitter le pays dans le courant d'une enquête.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan, déclare :

"Nous appelons les autorités biélorusses à mettre un terme aux persécutions des syndicats indépendants et à abandonner tous les chefs d'accusation contre Gennady Fedynich et Ihar Komlik. Il est temps que ce gouvernement démontre sa volonté politique d'engager le Belarus sur la voie de la démocratie, prenne des mesures en vue d'un dialogue digne de ce nom avec les syndicats et instaure la paix sociale dans le pays".

Afrique du Sud: un syndicat condamne le licenciement de 1 722 mineurs employés à la mine d’or Evander

La compagnie, qui a suivi les processus relatifs à la compression des effectifs conformément à la Loi sur les relations de travail, a indiqué que le puits de mine 8 sera fermé pour réduire de nouvelles pertes causées par les faibles prix de l’or et une monnaie forte, due aux récentes appréciations du rand sud-africain.

La compagnie a indiqué vouloir donner la priorité aux opérations à faible coût, y compris l’usine de traitement des résidus Elikhulu dans laquelle elle investit 1,74 milliard de rand (139 millions de US$) et qui créera 250 emplois. En revanche, Pan African Resources affectera seulement 160 millions de rand (12,8 millions de US$) aux licenciements et a indiqué que certains des travailleurs licenciés seront formés pour travailler dans les nouvelles opérations.

Selon le NUM, la compagnie n’enregistrerait pas de pertes mais sacrifierait les travailleurs aux profits, comme avec ses investissements en matière de résidus. Cet argent aurait pu être investi dans la mine souterraine touchée par la fermeture et sauver les emplois. Le syndicat a fait remarquer que la mine donne la priorité à l’exploitation minière à ciel ouvert où elle emploie une main-d’œuvre contractuelle bon marché plutôt qu’aux opérations souterraines.

Le NUM a souligné:

Il y a largement assez de corps de minerai pour une possible exploitation durant les prochains 40 ans. Par conséquent, il est irrationnel que Pan African Resources ferme ce type d’opérations où des emplois peuvent être créés.

Les travailleurs ne bénéficient que d’un court délai pour libérer les maisons dans lesquelles ils vivent et que la compagnie a l’intention de vendre. Selon le NUM, 80 pour cent des travailleurs sont originaires d’autres régions d’Afrique du Sud et des pays voisins. Certains ont vécu dans ces maisons durant des années et leurs enfants fréquentent les écoles locales.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a indiqué:

Plutôt que de licencier des milliers de travailleurs, il faudrait préserver les emplois. Il ne faudrait recourir aux licenciements qu’en dernier recours aux fins de protéger les intérêts des travailleurs et de leurs familles.

Selon les statistiques d’Afrique du Sud, le secteur minier est le plus grand employeur à Mpumalanga. Bien que l’extraction d’or soit en déclin, les ventes de ce métal précieux se classent au troisième rang en valeur après le charbon et les métaux platinoïdes.

Les syndicats vont agir ensemble contre General Electric

General Electric (GE) est une des plus grandes multinationales mondiales, présente dans 170 pays, et qui compte plus de 310.000 salariés. Elle met fièrement en avant ses références en matière de responsabilité sociale, ayant remporté plusieurs distinctions internationales telles que celles de Meilleur employeur, Entreprise la plus éthique, et son classement dans les 100 meilleures entreprises pour les mamans.

Or, les syndicats qui participaient à la réunion ont révélé que GE a pris ses distances par rapport aux travailleurs et aux communautés qui l'ont bâtie, a détruit des emplois et la possibilité d'un travail garanti pour les générations à venir, et a laissé derrière elle des foyers de maladie, des désastres écologiques et des économies locales dévastées, en particulier en Amérique du Nord et en Europe.

En Europe par exemple, les syndicats ont indiqué que GE semble prête à ruiner tout ce qu'elle et ses travailleurs ont construit aux seules fins de dégager des liquidités à court terme et des dividendes pour les actionnaires. En Amérique du Nord, Unifor et UE se sont unis pour lancer la campagne Engagement de General Electric envers nos communautés qui vise à transformer un mouvement syndical fondé sur le syndicalisme démocratique, social et la coopération internationale entre travailleurs américains et canadiens (voir Les travailleurs unis veulent agir contre General Electric).

Les participants à la réunion ont aussi étudié les conséquences des activités de GE sur la santé et la sécurité au travail et sur l’environnement. Les délégués d'Unifor ont présenté un rapport qui montre que les travailleurs d'une usine GE de Peterborough, dans l'Ontario, ont été exposés à plus de 3.000 produits chimiques toxiques, dont au moins 40 substances cancérigènes connues. Les délégués ont convenu d'étudier la possibilité d'activités et de campagnes communes sur des thèmes tels que la santé et la sécurité au travail et une politique industrielle durable.

Les syndicats présents à la réunion ont répété que la direction de GE doit collaborer avec les syndicats qui représentent ses travailleurs pour mettre en place un modèle d'entreprise équitable et juste. Les délégués ont adopté à l'unanimité une déclaration pour une action commune contre General Electric dans le but d'élaborer une stratégie claire pour appuyer une action collective de tout le réseau afin d'atteindre nos objectifs, notamment par des mesures concrètes pour mettre en œuvre le Plan stratégique 2018-2020 du Réseau syndical GE.

Le Réseau syndical GE se concentrera sur les activités suivantes :