Les syndicats mondiaux unis font bloc pour soutenir les syndicats indépendants en Algérie

Le rassemblement, soutenu par IndustriALL Global Union, IUF, PSI, ITUC ainsi que des syndicalistes venus de nombreux pays, a eu lieu durant la Conférence internationale du travail (CIT), qui se tient à l’Organisation des Nations Unies du 28 mai au 8 juin. Le gouvernement algérien a subi un examen attentif de la Commission de l’application des normes de la CIT pour les violations répétées de la Convention n° 87 de l’OIT sur la liberté syndicale dans le pays. 

C’est la quatrième fois au cours de ces cinq dernières années que l’Algérie a été retenue pour faire l’objet d’une attention spéciale de la Commission de l’application des normes. En février de cette année, une mission de contacts directs de l’OIT, recommandée par la Commission en juin 2017, a dû être annulée après que le gouvernement algérien ait refusé d’en autoriser l’accès aux syndicats indépendants.

S’exprimant lors de la discussion sur l’Algérie de la Commission, Raouf Mellal, président de l’affilié à IndustriALL dans le secteur de l’énergie SNATEGS, a déclaré: 

« Nous avons été victimes d’une campagne de répression terrible et ce, malgré la ratification par l’Algérie de la majorité des conventions internationales consacrées aux libertés syndicales ». 

Il a révélé à la Commission que le Ministre du travail avait pensé dissoudre son syndicat deux fois, en contradiction directe avec le droit algérien. Plus de 223 dirigeants syndicaux ont été licenciés en 2017 en raison de leur engagement dans SNATEGS. Dans le même temps, Raouf Mellal et deux autres dirigeants de SNATEGS, M. Abdelkader Kouafi, Secrétaire général, et Bin Al-Zain Sulaiman, chef du syndicat des agents de sûreté affilié à SNATEGS, ont été condamnés à une peine d’emprisonnement sous des chefs d’accusations divers suite à des dénonciations et diffamations ainsi que pour avoir défendu une femme victime de harcèlement sexuel sur son lieu de travail.

La Commission de l’application des normes a également entendu le témoignage de la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie, qui attend en vain une reconnaissance juridique officielle depuis 2013 alors que, d’après la législation, la procédure ne nécessite pas plus de 30 jours. 

Le syndicat du secteur public, SNAPAP, a informé la Commission de la constitution par les autorités algériennes d’une organisation du même nom soutenue par l’Etat. Chaque fois que SNAPAP essaie d’organiser une section syndicale, l’administration locale et les forces de sécurité intimident les travailleurs pour qu’ils adhèrent plutôt à l’organisation clone.

Au cours de la discussion sur l’Algérie qui a eu lieu à la Commission de l’application des normes, le porte-parole du groupe des employeurs, Sonia Regenbogen, s’est dit déçue que la mission de l’OIT n’ait pas pu aboutir.   

Dans le projet de conclusions de la discussion sur l’Algérie de la Commission de l’application des normes, la Commission a recommandé que le gouvernement accepte maintenant une mission de haut niveau dans le pays conduite sans restriction par l’OIT avant novembre 2018. 

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré: 

« Nous demandons instamment au gouvernement algérien d’accepter sans condition une mission de haut niveau de l’OIT, pour permettre un véritable examen des libertés syndicales. La voix démocratique des travailleurs en Algérie ne sera pas réduite au silence et nous continuerons à apporter notre soutien aux syndicats indépendants dans le pays ». 

Vers une convention contre la violence sexiste au travail

IndustriALL s’est entretenue avec Rose Omamo, de notre affilié le Syndicat des métallurgistes du Kenya, membre du Groupe des Travailleurs, qui pousse pour l’adoption par la CIT de normes sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail.

“Les négociations ont été dures mais nous avons réellement reçu beaucoup de soutien de la part des Gouvernements qui ont véritablement épaulé les travailleurs en vue d’obtenir une convention. Nous sommes heureux, car nous avons une convention complétée d’une recommandation.”

Les gouvernements, les travailleurs et les employeurs se sont accordés pour que la nature du futur instrument sur la question soit une convention complétée d’une recommandation.

Les travailleurs ont obtenu beaucoup, nous avons l’expression “violence sexiste” dans le préambule, ainsi que la violence domestique dans le préambule et dans le cadre. Les définitions des travailleurs ont été étendues au monde du travail et pas seulement au lieu de travail,” indique Omamo.

C’est une avancée significative, car cela signifie que travailleurs et travailleuses sont protégés non seulement sur le lieu de travail, mais également en dehors (par exemple à l’arrêt de bus ou à la maison).

“Nous espérons pouvoir rassembler ce que nous n’avons pas pu obtenir pour nous y atteler l’an prochain. Nous sommes contents du résultat, nous travailleurs et travailleuses qui voulions vraiment une norme valable au plan mondial et nous sommes heureux de ces avancées. Nous allons continuer à travailler sur ces défis au cours des années à venir,” a conclu Omamo.

Indice CSI des droits dans le monde 2018 : réduction de l’espace démocratique et montée de la cupidité des entreprises

L’Indice CSI des droits dans le monde 2018 classe 142 pays selon des critères reconnus au plan international, qui évaluent où les droits des travailleurs et travailleuses sont les mieux protégés en termes de législation et en pratique.

Les trois tendances mondiales identifiées par l’Indice des droits dans le monde 2018, s’agissant des droits des travailleurs et travailleuses, sont la réduction de l’espace démocratique, l’influence débridée des entreprises et l’importance de la législation.

La démocratie est assiégée dans des pays qui faillissent à garantir à leur population le droit de s’organiser syndicalement, de s’exprimer et de mener des actions. Le Brésil a promulgué des législations qui nient la liberté syndicale, la Chine a restreint la liberté d’expression et l’armée a été utilisée pour réprimer des conflits sociaux en Indonésie,

indique Sharan Burrow, Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale.

Davantage de pays excluent des travailleurs et travailleuses du cadre du droit du travail, allant des migrants aux salariés des plateformes commerciales en passant par les employés du secteur public, 65% des pays excluant des catégories entières de travailleurs et travailleuses du cadre du droit du travail.

Le travail décent et les droits démocratiques s’affaiblissent pratiquement dans tous les pays, alors que les inégalités ont continué de croître.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches déclare :

Malheureusement, les violations des droits des travailleurs et des syndicats sont davantage la règle que l’exception. La semaine dernière, nous avons pris la défense de groupes de travailleurs et travailleuses d’un certain nombre de pays au cours de la Conférence internationale du Travail, où seuls les cas les plus graves sont débattus entre les parties de l’OIT. Nous allons continuer à pousser les organisations multilatérales à jouer un rôle à cet égard et à mobiliser la solidarité internationale lorsque cela s’avérera nécessaire.

Conclusions clés du rapport :

Les syndicats africains condamnent le commerce mondial des vêtements usagers qui asphyxie le secteur textile

L’Afrique importe 32 pour cent des vêtements usagers mondiaux dont la valeur est évaluée à 1 milliard de dollars américains; les principaux acheteurs étant les personnes pauvres ne pouvant pas s’acheter des vêtements neufs. Le commerce mondial engrange 3,7 milliards de dollars américains.

Le Cameroun, le Ghana, la Guinée, le Kenya, Madagascar, le Mozambique, l’Ouganda, la République démocratique du Congo et la Tanzanie figurent parmi les plus grands marchés de vêtements usagers. Dans ces mêmes pays, les industries de l’habillement et du textile ont fait faillites ou connaissent des difficultés, ayant engendré la perte de milliers d’emplois.

Les gouvernements ont essayé d’interdire ou d’imposer des droits de douane exorbitants sur les vêtements usagers, sans grand succès néanmoins du fait que les vêtements traversent les frontières souvent en contrebande, comme au Zimbabwe.

Les syndicats affiliés à IndustriALL au Nigeria, en Ouganda et au Zimbabwe, pour qui ce commerce menace la croissance des industries de l’habillement et du textile, sont opposés à l’importation des vêtements usagers. Ces deux industries ont déjà subi des coups durs dans les années 1980 et 1990 avec l’adoption de programmes d’ajustement structurels néolibéraux sous la houlette du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Or, selon ces syndicats, la croissance du secteur a le potentiel de créer des emplois pour des centaines de milliers de jeunes femmes et d’autres travailleurs le long de la chaîne de valeur. Ils ont également signalé que les importations bon marché en provenance de la Chine rendent les produits fabriqués localement plus chers.

La Communauté de l’Afrique de l’Est a annoncé l’application d’une interdiction sur les vêtements usagers, qui a été suivie par le Rwanda malgré les menaces proférées par les Etats-Unis selon lesquelles l’interdiction viole la Loi sur la croissance et les perspectives économiques de l’Afrique (AGOA – African Growth and Opportunity Act ), dont le Rwanda est signataire avec 40 autres pays africains. De fait, ce dernier a été suspendu de l’AGOA suite à la requête adressée par l’Association pour les matières secondaires et des textiles recyclés au représentant américain au commerce soulignant que l’interdiction mise en place par ce pays coûterait 40 000 emplois aux Etats-Unis.

Malgré la pression des Etats-Unis, le Rwanda a affirmé, en avril, qu’il ne lèvera pas une interdiction qui permet aux citoyens du pays de retrouver leur « dignité » et de créer plus de 25 000 emplois domestiques. Pour leur part, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie ont choisi de conserver les avantages de l’AGOA et n’ont, par conséquent, pas appliqué l’interdiction.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré:

Nous appelons les gouvernements à élaborer des politiques durables qui favorisent le développement des secteurs de l’habillement et du textile ainsi que l’emploi des jeunes travailleurs. Les accords commerciaux internationaux devraient donner la priorité aux intérêts des pays en développement au lieu de promouvoir le dumping des vêtements usagers sur ce continent.

Glencore doit s’expliquer pour les décès non-répertoriés au sein de ses mines de Zambie

IndustriALL a été informée de trois décès au niveau des activités de Glencore en Zambien en 2017. Glencore n’a fait état que d’un décès et sa filiale zambienne prétend qu’il n’y en a eu aucun.

Glencore exploite des mines de cuivre en Zambie par le biais de son actionnariat majoritaire au sein de Mopani Copper Mines.

Le Président-directeur général de Glencore Ivan Glasenberg, en présentant les résultats du premier trimestre 2018, a parlé du bilan de l’entreprise en 2017 au niveau de la santé et de la sécurité en indiquant “le domaine dans lequel nous avons beaucoup de succès est le cuivre en Afrique, au niveau duquel nous n’avons enregistré qu’un seul décès en 2017, ce qui représente le plus faible bilan de tous les temps dans une de ces régions et pour lequel nous avons consenti beaucoup d’efforts. Il semble que nous connaissions le succès là-bas…”

Au cours de l’assemblée générale annuelle de Glencore, ce 2 mai, après que le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a exprimé des inquiétudes au sujet de l’exactitude du rapport de l’entreprise en matière de santé, sécurité et environnement (SSE), le Président de Glencore Tony Hayward a déclaré “Je suis en complet désaccord avec vous en ce qui concerne la qualité de notre rapport SSE… Je réfute complètement votre affirmation selon laquelle il ne serait pas représentatif de ce qui se passe sur nos sites d’activité.”

IndustriALL a mené une mission auprès des mines de cuivre de Glencore en Zambie en mars 2018 et interrogé un grand nombre de salariés de Mopani. IndustriALL a enregistré des témoignages de travailleurs et de responsables concernant ces trois décès en 2017.

Un de ces accidents professionnels mortels a impliqué un travailleur qui a succombé le 14 juillet 2017 à un caillot de sang après qu’une structure de soutènement en acier qu’il était en train d’ériger s’est écroulée en lui brisant la jambe. Glencore a conclu son rapport d’enquête en estimant la cause de l’incident imputable à un manque de planification de la tâche, à l’absence d’évaluation des risques, au fait qu’aucune personne qualifiée n’a été impliquée dans la tâche à accomplir et à l’absence d’autorisation d’effectuer le travail de la part d’un ingénieur qualifié.

Un deuxième cas a impliqué un travailleur qui, selon nos informations, était un ancien salarié de Mopani revenu chez Glencore en tant que sous-traitant après l’âge normal de sa pension. Il s’est effondré et est mort sous terre alors qu’il travaillait à la mine Mufulira de Mopani en 2017. La cause de la mort n’a apparemment pas été déterminée avec certitude bien que ses compagnons ont suspecté un coup de chaleur. Mopani le dément, mais aucune autopsie n’a été pratiquée.

Mopani a réduit ses effectifs de quatre mille unités en 2015 et certains des mineurs restants doivent couramment prester 24 heures d’affiliée sous terre.

Un enfant qui n’était pas employé par le site s’est noyé le 11 juin 2017 dans une retenue d’eau de Mopani, à proximité d’un bassin de résidus. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un décès professionnel, il s’agit à coup sûr d’une mort qui aurait dû être mentionnée dans le rapport de Glencore.

Les salariés de Glencore en Zambie ont fait état du fait que Mopani prétend qu’il n’y a eu aucun décès en 2017. Ils rapportent également que Glencore a menacé de fermer la mine s’il y avait un décès en 2017. Glencore a fait état en février d’un total au plan mondial de neuf décès consécutifs à autant d’accidents miniers, dont un en Zambie.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a déclaré dans un courrier adressé au PDG de Glencore Ivan Glasenberg :

“Glencore doit faire état publiquement des trois décès dans ses mines zambiennes en 2017 et expliquer pourquoi elle n’en a rapporté qu’un pendant que sa filiale n’en comptabilisait aucun. Aussi, Glencore devrait mettre un terme à sa pratique répandue qui consiste à menacer de conséquences négatives lorsqu’il est fait état d’incidents en lien avec la santé et la sécurité, sachant que cela ne fait que promouvoir des sous-déclarations plutôt que prévenir les décès.”

“Des travailleurs des mines de Glencore en Bolivie, où Glencore a fait état de deux décès en 2017, ont également indiqué à IndustriALL que Glencore avait menacé de fermer les mines s’il y avait de nouveaux accidents. Nous encourageons Glencore à mener une étude exhaustive sur la manière dont les décès sont pris en compte en Zambie, Bolivie et les autres endroits où elle a muselé la déclaration des accidents en menaçant de conséquences négatives s’il y en avait.”

“Le fait que les deux travailleurs de Glencore qui sont morts à Mopani en 2017 étaient des sous-traitants soulève de sérieuses questions concernant la gestion de la sous-traitance par Glencore, en particulier s’agissant de celui décédé sous terre dont des témoignages indiquent qu’il avait passé l’âge de la pension. Les questions concernant la gestion des entrepreneurs externes sont significatives, sachant que le pourcentage de sous-traitants par rapport à la main d’œuvre totale de Glencore a

Des mécanicien(ne)s de Boeing en Caroline du Sud se prononcent pour rejoindre le Syndicat des Machinistes

Une section de mécanicien(ne)s aéronautiques, qui ont pour mission de s’assurer que les Dreamliner 787 construits dans cette usine sont en ordre de vol, a voté pour rejoindre l’IAM. Ces 176 travailleurs et travailleuses constituent une partie des 7.000 personnes qui sont occupées sur le site de Caroline du Sud et cette victoire ouvre une tête de pont significative dans la bataille de longue haleine en vue de syndiquer l’endroit.

Cette décision entérinée par l’autorité nationale compétente pour les relations sociales, le NLRB, signifie que des groupes particuliers, des “micro-unités”, peuvent négocier des conventions collectives via leur syndicat si leurs conditions d’emploi remplissent certains critères. Le syndicat espère avoir marqué avec cette micro-unité un précédent qui encouragera d’autres catégories de personnel à se syndiquer.

L’IAM représente 35.000 travailleurs et travailleuses de Boeing au sein de 24 sites aux États-Unis, mais l’entreprise avait toujours réussi jusqu’ici à repousser avec succès les efforts en vue de syndiquer en Caroline du Sud. Le Sud des États-Unis est tristement réputé pour son anti-syndicalisme et la Caroline du Sud possède la plus faible densité syndicale du secteur privé des États-Unis. Des tentatives précédentes en vue de syndiquer l’usine avaient échoué, dont une effectuée en 2015, alors que la campagne anti-syndicale avait été menée par le Gouverneur de l’État, Nikki Hailey, actuellement Ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies.

Boeing a également combattu la campagne de syndicalisation actuelle, en engageant des consultants spécialisés en anti-syndicalisme et en forçant les salariés à assister à des réunions anti-syndicales. L’entreprise a déposé en dernière minute une requête à l’encontre du scrutin et tenté de faire saisir les urnes. Lorsque le résultat a été annoncé, l’entreprise a exprimé sa déception et s’est jurée de tenter de faire déclarer ce scrutin illégal.

Mike Evans de l’IAM, qui est la personne qui a dirigé la campagne de syndicalisation sur le site, a déclaré :

“Ce vote n’a jamais concerné que les salaires uniquement. Ces hommes et ces femmes voulaient de la dignité et de la cohérence sur leur lieu de travail. Et ce scrutin les rapproche de cet objectif. Nous espérons que Boeing va agir comme il se doit en acceptant de s’asseoir à la table pour négocier de bonne foi avec ces dévoués techniciens préparateurs de vol.” 

Le Directeur d’IndustriALL pour le secteur aérospatial, Georg Leutert, indique :

“Dans le Sud, les employeurs, le gouvernement et les Membres du Congrès collaborent pour créer un environnement très hostile aux syndicats. Boeing a tout essayé pour empêcher ces travailleurs et travailleuses de se syndiquer, cependant leur décision a été de se ranger du côté de la dignité et du respect au travail. C’est une avancée majeure et nous espérons que d’autres suivront. Nous félicitons l’IAM.

“Il est temps pour Boeing de faire preuve de maturité et de mettre en place une relation productive avec le syndicat.”

L’IAM représente 600.000 adhérents au sein d’entreprises parmi lesquelles figurent Boeing, Lockheed-Martin, General Electric, United Airlines et Harley-Davidson.

Déclaration d’IndustriALL Global Union sur l’évolution récente des droits de douane sur l’acier et l’aluminium

Dans ces conditions, IndustriALL intensifiera son action en matière de lutte contre le problème mondial persistant de surcapacité de production d’acier et d’aluminium. Bien que nous soutenons vigoureusement les efforts déployés en matière de sauvegarde et de création d’emplois dans la sidérurgie et l’industrie de l’aluminium, nous désapprouvons l’application des droits de douane qui, comme en l’espèce, sont appliqués sans discernement, décidés de manière unilatérale et injustes, et pourraient provoquer une guerre commerciale qui pourrait, à son tour, menacer des milliers d’emplois dans plusieurs pays.

Nos gouvernements doivent coordonner les efforts déployés dans les forums internationaux, tels que le Comité de l’acier de l’OCDE et le Forum mondial sur les surcapacités de production d’acier, en vue de faire pression sur la Chine pour l’obliger à réduire sa capacité de production et à mettre fin aux pratiques déloyales qui génèrent les surcapacités de production, ainsi que pour empêcher d’autres pays de surproduire. IndustriALL Global Union continuera de soutenir ces efforts, de participer au Comité de l’acier de l’OCDE et d’œuvrer à l’ouverture à la participation syndicale du Forum mondial sur la surcapacité de production d’acier.

En outre, nous nous engageons à renforcer la collaboration entre nos syndicats en matière de lutte contre le problème de surcapacité de production mondiale d’acier et d’aluminium. Cette collaboration contribuera au renforcement de notre puissance et de notre solidarité syndicales au niveau mondial. Dans ce sens, IndustriALL Global Union participera à la réunion sur les métaux de base d’IndustriALL Europe, qui se tiendra à Bruxelles, la semaine prochaine, pour examiner cette question.

Nous continuerons de collaborer dans un esprit de solidarité avec l’ensemble de nos affiliés œuvrant dans la sidérurgie et le secteur de l’aluminium afin que les décisions gouvernementales prises de manière unilatérales ne menacent pas les emplois à travers le monde.

Exxon : travailleurs interdits d’entrée à l’assemblée des actionnaires

Deux cents travailleurs et travailleuses sont en grève depuis environ un an contre une entreprise de maintenance sous-traitante qui travaille pour la filiale australienne d’ExxonMobil, Esso Australia. Ce sous-traitant a radicalement diminué les salaires et avantages et a imposé des horaires de travail plus contraignants.

Steven Soloman, un des quatre travailleurs australiens à avoir fait le déplacement à Dallas a assisté à l’assemblée, déterminé à interpeller l’entreprise au sujet des centaines de millions de dollars qu’elle a dépensé pour financer son anti-syndicalisme. Les responsables de l’entreprise ont toutefois refusé qu’il puisse s’exprimer.

L’entreprise a également recouru à la mesure extrême d’interdire aux trois autres travailleurs australiens l’accès à l’assemblée, ceci en dépit des commentaires du PDG d’ExxonMobil Darren Woods reconnaissant que l’entreprise aurait besoin de sa main d’œuvre de classe mondiale pour atteindre son objectif de doubler sa productivité dans les secteurs de l’aval et des produits chimiques, ainsi que de la tripler au niveau des activités de l’amont, d’ici à 2025.

L’entreprise a déclaré que les travailleurs avaient été interdits d’entrée pour garantir la sécurité des actionnaires. Cependant, aucun des trois syndicalistes exclus n’a été accusé de quelque infraction que ce soit en lien avec la grève légale en Australie.

Les trois syndicalistes exclus ont pu donner à connaître leur présence en dehors de l’assemblée en distribuant aux actionnaires des tracts qui expliquaient leur lutte ainsi qu’en s’exprimant face à une foule d’autres organisations présentes.

La Directrice d’IndustriALL pour l’énergie Diana Junquera Curiel a déclaré que l’interdiction par Exxon de l’accès à l’assemblée aux quatre syndicalistes porteurs des documents requis était inacceptable.

Il n’y a pas de négociation en cours avec ESSO/UGL et les 200 grévistes ; leurs familles méritent mieux. IndustriALL appelle Exxon à trouver une solution à ce conflit qui dure depuis un an, à établir un dialogue avec les syndicats et à cesser l’externalisation.

Des membres de l’affilié américain d’IndustriALL, l’USW, ont rejoint l’assemblée des actionnaires pour confronter Exxon au traitement appliqué par ses sous-traitants australiens et pour plaider en faveur d’une plus grande transparence de la part de l’entreprise concernant ses dépenses à caractère politique.

Membre de l’USW et salarié d’ExxonMobil, Ricky Brooks, qui préside la section locale 13-2001, a présenté aux actionnaires une proposition de la part de l’USW et de 25 autres déposants, visant à obliger ExxonMobil a établir un rapport annuel qui détaillerait les dépenses de l’entreprise en matière de lobbying politique, aussi bien à titre individuel que par le biais de groupes industriels, Cette proposition a reçu 26% des votes des actionnaires.

En plus d’avoir défendu la proposition sur la transparence, Brooks s’est exprimé sur les problématiques de sécurité de son site de Baytown, dans le Texas, et a attiré l’attention sur les dispositions injustes qu’ExxonMobil soutient à l’encontre des syndicalistes en grève en Australie.

Le gouvernement haïtien dénoncé par l’OIT

La Responsable d’IndustriALL Global Union pour les projets et les droits Suzanna Miller déclare :

“Pour les travailleurs et travailleuses de l’industrie haïtienne de la confection, y compris les membres de notre affilié GOSTTRA, les normes de l’OIT sur le temps de travail et sur la semaine des 48 heures sont des concepts creux. Non pas par indifférence à propos de leurs droits, mais parce que tout ce à quoi il leur est possible de penser sont les heures qu’il faut prester pour survivre avec des salaires de misère.“

En théorie et typiquement, les travailleurs et travailleuses du secteur de la confection à Haïti commencent leur journée de travail vers 7h et la terminent vers 16h. En pratique, toutefois, c’est une autre histoire, car souvent les travailleurs et travailleuses prestent plusieurs heures au-delà de leur horaire pour atteindre leurs quotas de production journalière.

Miller explique :

“Ne pas atteindre le quota de production journalière peut avoir un impact dévastateur. Sans lui, les travailleurs et travailleuses se retrouvent avec seulement le salaire minimum de 350 gourdes par mois, un tiers de ce qui est nécessaire pour survivre.

“Des objectifs excessivement élevés, du travail au-delà de l’horaire normal, des heures supplémentaires sous-payées : tout cela n’est rien moins qu’un vol salarial. L’échec du gouvernement haïtien à faire appliquer les normes internationales aussi bien que les législations nationales donne aux employeurs et aux multinationales qui sont leurs clients les coudées franches pour spolier des travailleurs et travailleuses qui comptent parmi les plus pauvres du monde.

“À présent, pire encore, le gouvernement a introduit une nouvelle législation sur le temps de travail qui dénonce les normes existantes en matière d’heures supplémentaires, de repos hebdomadaire, de salaire du dimanche et de barèmes pour travail de nuit.

“En mai de l’année dernière, les travailleurs et travailleuses de 22 usines de confection étaient partis en grève pour revendiquer de meilleurs salaires. Des dizaines de dirigeants et membres de notre affilié GOSTTRA attendent toujours d’être réintégrés, en dépit de recommandations très claires formulées à la suite d’une enquête du programme Better Work de l’OIT. Non seulement les personnes concernées n’ont pas été réintégrées, mais elles ont également été placées sur liste noire. Pendant ce temps, le gouvernement continue de se croiser les bras.

“Il y a dix jours à peine, des milliers de travailleurs et travailleuses de la confection sont à nouveau descendus dans les rues de Port-au-Prince pour revendiquer une hausse de salaire. Avec leurs leaders licenciés, leurs droits bafoués et le recul de leurs législations, leurs enfants affamés et leurs dettes qui s’accumulent, il n’y avait simplement plus d’autre choix.“

Miller conclut :

“Sans de meilleurs salaires et le respect des droits syndicaux, les Conventions de l’OIT sur le temps de travail resteront purement académiques. Et sans ces droits, il n’y aura pas de paix sociale durable au sein de l’industrie de la confection en Haïti.“

Les syndicats de RDC serrent les rangs contre Glencore

Nos affiliés se sont mis d’accord pour ne pas se faire concurrence mais pour collaborer et se donner le soutien mutuel nécessaire au cours des élections sociales à venir, qui désigneront les représentants syndicaux dans les entreprises et qui se tiennent tous les trois ans en vertu de la législation du travail de RDC.

Les doléances soulevées par les travailleurs et travailleuses auprès de la mission d’enquête d’IndustriALL concernant les mines de cuivre et de cobalt de Glencore en RDC, qui s’est rendue à Kolwezi en février, ont été lues et adoptées en tant que réalité qui prévaut au sein des mines. Celles-ci comprennent des violations des droits des travailleurs par le biais de constantes menaces de licenciements, un médiocre respect des normes de santé et sécurité, des maladies professionnelles, du racisme et de la discrimination, des classifications d’emploi injustes et inéquitables, des bas salaires et des rémunérations inférieures pour les Congolais par rapport aux étrangers. De plus, les travailleurs se sont plaints d’une mise à disposition insuffisante d’eau potable pendant les postes ainsi que du fait que les mines ne disposaient pas de blanchisseries, de blocs sanitaires ni de douches. Le dispensaire est également trop éloigné pour les familles des travailleurs.

Ce sont les doléances qu’IndustriALL a rapportée lors de l’AG de Glencore à Zoug, en Suisse, au cours de ce moi de mai, et où le TUMEC a été rejoint par des représentants syndicaux venus d’Australie, du Canada, d’Italie, d’Afrique du Sud, d’Espagne, de Suisse et de Zambie, ainsi que des ONG, qui ont manifesté devant le lieu où se tenait l’assemblée pour ensuite y assister.

Les affiliés se sont accordés pour soutenir la CSC, qui est le syndicat majoritaire et qui préside actuellement la représentation syndicale de la Mine de Mutanda, où dix syndicats sont présents. Ils se soutiendront également mutuellement en élaborant des positions communes chez KCC et en présentant les mêmes candidats dans les deux mines pour les élections sociales.

Lors de leurs campagnes de syndicalisation et de recrutement, les affiliés ne se feront pas concurrence, mais travailleront plutôt ensemble de manière unitaire et collaboreront pour renforcer la puissance de leurs organisations.

La réunion a mis sur pied un Comité provincial d’IndustriALL pour Lualaba composé de six membres afin de coordonner la campagne Glencore ainsi que les autres sujets pressants auxquels les syndicats sont confrontés.

Charles Kumbi, Responsable pour IndustriALL des projets pour l’Afrique sub-saharienne, indique :

“Ce qui a été souligné lors de la réunion est le besoin pour les directions syndicales d’impliquer les travailleurs et travailleuses dans quelque décision qu’elles prennent. Il est important que les travailleurs et travailleuses participent au processus de décision, car cela promeut la démocratie participative au sein des syndicats, ce qui est primordial pour bâtir des syndicats forts en RDC. Cela permettra également de contrer les pratiques des compagnies minières qui consistent à monter les travailleurs les uns contre les autres.”