Le gouvernement mexicain accusé une nouvelle fois devant l’OIT de violations du droit à la liberté syndicale

La Commission de l’application des normes a examiné les violations de la Convention (n° 87) de l’OIT sur la liberté syndicale commises par le gouvernement mexicain. Au cours de la session plénière, ayant eu lieu plus tôt dans le mois, les représentants des travailleurs ont signalé des actes de violence graves et répétés commis contre les syndicalistes, et blâmé le gouvernement pour le décès des quatre membres de l’affilié à IndustriALL, Los Mineros, lors des conflits survenus, en 2017 et en 2018, à la mine Media Luna, détenue par Torex Gold.

Les syndicats ont indiqué que les contrats de protection (équivalant à des conventions collectives illégitimes conclues entre un employeur et un syndicat dominé par l’employeur), favorisés par le gouvernement actuel, portent atteinte à la liberté syndicale et à l’établissement d’une véritable négociation collective.

« Un contrat de protection garantit les coûts salariaux les plus bas et n’a pas besoin d’être négocié avec les travailleurs. Au Mexique, les contrats de protection représentent un élément essentiel de la politique de l’Etat et du système économique depuis le début des années 1960. Le modèle, qui a prospéré, touche désormais tous les secteurs industriels », a déclaré Suzanna Miller, administratrice de projets et spécialiste des droits pour IndustriALL.

Néanmoins, le gouvernement mexicain et les complices qu’ils ont au sein des différents secteurs d’activité ont nié les faits et fait valoir que l’allégation selon laquelle cette pratique a été élaborée pour porter atteinte à la liberté syndicale et à la négociation collective ne repose sur aucun fondement objectif.

De la même façon, un représentant d’un employeur mexicain a souligné qu’au Mexique « le harcèlement et les licenciements n’existent pas, au contraire de la négociation collective ainsi que de la paix sociale et de la paix dans les relations de travail ». Perçue par les participants à la séance plénière comme une insulte pour les travailleurs mexicains, la declaration a déclenché des éclats de rire ironiques.

La Commission a fait observer avoir demandé au gouvernement de collaborer avec les partenaires sociaux depuis 2015 sur l’adoption de lois et de pratiques visant à résoudre les problèmes liés aux contrats de protection. Encore aujourd’hui néanmoins, chaque nouvel investissement dans n’importe quel secteur industriel renferme systématiquement un contrat de protection signé à l’avance.    

Le groupe des travailleurs a demandé qu’un paragraphe spécial soit inclus pour le Mexique demandant à l’OIT de nommer une mission de contacts directs; ce paragraphe n’apparaît toutefois pas dans les recommandations finales faites par la Commission.

Pour sa part, la Commission a demandé au gouvernement de fournir des informations détaillées sur les mesures prises en application des recommandations finales avant la prochaine réunion du Comité d’experts en novembre de cette année. Même en changeant de gouvernement, le Mexique demeurera sur la liste des pays faisant l’objet d’une surveillance de la part de la Commission de l’application des normes jusqu’en 2019.

Les autorités iraniennes font rouer de coups et mettre en détention des sidérurgistes qui manifestaient

La police et les forces de sécurité s’en sont pris aux travailleurs de la National Iranian Steel Industrial Company dans la ville d’Ahvaz lorsqu’ils se sont rassemblés pour manifester sur la place Kian Pars ; environ 60 d’entre eux ont été roués de coups et placés en détention.

Ces travailleurs étaient en grève depuis 17 jours à propos de l’absence de paiement de leurs salaires par la direction depuis des mois, ainsi que contre le non-versement des cotisations sociales qui les concernent, ce qui implique que ni les travailleurs, ni leurs familles ne peuvent bénéficier de soins de santé.

Selon le Syndicat des métallurgistes et mécaniciens d’Iran (UMMI), affilié à IndustriALL Global Union, 46 travailleurs ont été libérés sous condition dans la soirée du 13 juin, à la suite de vastes protestations contre leurs arrestation et détention prolongée.

Cependant, la Cour révolutionnaire d’Ahvaz a refusé de libérer sous condition un certain nombre de travailleurs, dont Karim Siyahi, Mohammad Ali Jamaati, Mohammad Falahi  et Javad Eskandari, au prétexte que des poursuites étaient engagées par des plaignants privés au sujet de bris de vitre dans des bureaux de Membres du Parlement au cours des premières manifestations dans la ville.

Les manifestations contre les versements sans cesse reportés des salaires, et la grave pression financière que cela entraîne pour les travailleurs et leurs familles, ont débuté en décembre 2017, et depuis lors, des négociations sont en cours pour le versement des arriérés de salaire ainsi que pour assurer que les employeurs paient une prime de fin d’année (à verser le 21 mars pour coïncider avec le Nouvel An iranien) et pour que soient rencontrées leurs obligations par rapport aux prélèvements sociaux.

Début mars, certains ont reçu, en partie ou en totalité, les salaires qui leur étaient dus, mais ceci ne concernaient donc par tous les travailleurs. Ainsi donc, le modèle consistant à ajourner, au moins en partie dans le meilleur des cas, le versement des salaires ainsi que la situation concernant les versements en matière de sécurité sociale de la part des employeurs, perdurent.

En octobre 2017, la Banque Nationale d’Iran a vendu le complexe sidérurgique à un magnat iranien, Abdolreza Mousavi, dans le cadre de démarches visant à couvrir ses dettes. L’entreprise, qui emploie 4.000 travailleurs, a été gravement mal gérée et fonctionne à une fraction de sa capacité. Les travailleurs font état du fait que des machines et de l’outillage ont été vendus. Le mois dernier, la propriété de l’entreprise aurait été rétrocédée à la Banque Nationale, mais les travailleurs indiquent que Mousavi se présenterait toujours à l’usine et que l’identité du propriétaire n’est pas claire.

Un porte-parole de l’UMMI déclare :

“L’UMMI appelle à la libération immédiate et inconditionnelle des sidérurgistes manifestants qui restent en détention. Ils sont innocents de tout délit et n’ont rien fait pour mériter d’être privés de liberté. De plus, nous appelons les autorités et la direction de l’entreprise à engager un dialogue avec les syndicats indépendants qui relaient les revendications des travailleurs, afin que le conflit puisse se régler rapidement et dans les règles. L’UMMI condamne également l’arrestation, l’emprisonnement, les mauvais traitements et la torture de travailleurs qui avancent de légitimes revendications quant au versement de leurs salaires.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, déclare :

“Nous appelons le gouvernement iranien à intervenir d’urgence pour porter remède à la situation précaire de la National Iranian Steel Company. Nous revendiquons la libération de tous les travailleurs emprisonnés et que l’Iran se conforme aux conventions 87 et 98 de l’OIT qui garantissent aux travailleurs de pouvoir exercer leurs droits à poursuivre des activités syndicales légitimes et à négocier collectivement.”

***UPDATE***

Ce 21 juin, l’UMMI a fait savoir que six militants connus étaient toujours détenus alors que le reste des manifestants a été relâché.

Les syndicats sud-africains rejettent la décision d’Eskom de ne pas augmenter les salaires

Face à l’augmentation du coût de la vie due aux hausses fiscales et à la flambée des prix des carburants, les syndicats sud-africains soutiennent qu’Eskom se sent peu concernée par le bien-être des travailleurs et de leurs familles.

Les affiliés à IndustriALL Global Union, le syndicat national des mineurs et le syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud collaborent pour obliger Eskom à abandonner cette décision salariale, et ont convenu de continuer à manifester au niveau national.

Les syndicats se sont résolus à manifester après que les négociations avec Eskom aient abouti à une impasse et que l’issue relève désormais de la procédure d’arbitrage à la Commission de conciliation, de médiation et d’arbitrage. Le ministre chargé des entreprises publiques, Pravin Gordan, a indiqué, lors d’une réunion avec le Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu) et d’autres parties prenantes, que les négociations sur les salaires seraient rouvertes.

Les syndicats, qui sont contre la privatisation de l’entité publique, qui produit 95 pour cent de l’électricité d’Afrique du Sud, affirment que la plupart des malheurs d’Eskom proviennent des prêts du FMI et de la Banque mondiale, de la mauvaise gestion et de la corruption, ainsi que de la décision d’intégrer les producteurs d’électricité indépendants (IPPs-Independent Power Producers) dans le réseau électrique national. Eskom est impliquée dans des affaires de corruption selon le rapport « Captation de l’Etat » (« State of Capture ») du protecteur du citoyen Thuli Madonsela.

En avril, le ministre de l’énergie a signé un accord avec 27 producteurs d’électricité indépendants pour produire de l’électricité à partir de sources d’énergie renouvelable, notamment solaire et éolienne. Alors que les syndicats s’accordent sur l’utilisation de l’énergie renouvelable, ils soulignent l’absence de mise en place d’un plan de Transition juste visant à protéger les 92 000 emplois qui seront perdus après l’éventuelle fermeture des cinq centrales électriques au charbon implantées à Mpumalanga. Doit figurer également dans le plan, la formation et l’absorption des travailleurs dans le secteur des énergies renouvelables.

Les syndicats ont indiqué dans un communiqué de presse commun: « C’est un fait qu’Eskom a une masse salariale importante mais les travailleurs pauvres qui reçoivent les gains les plus bas ne peuvent pas être rendus responsables ou blâmés pour cela »; les travailleurs et les communautés ne figurant pas parmi ceux ayant obtenu des contrats d’énergie renouvelable.

Diana Junquera Curiel, Directrice d’IndustriALL pour l’énergie, a déclaré:

« L’annonce d’Eskom selon laquelle les travailleurs n’obtiendront pas de hausses salariales parallèlement à l’augmentation de l’inflation est ridicule. L’entreprise doit au contraire négocier avec les syndicats sur les augmentations salariales. Un dialogue avec les syndicats concernant le plan de Transition juste et les contrats avec les producteurs d’électricité indépendants est également nécessaire ».

Pérou : les travailleurs et travailleuses protestent contre les abus de Protisa

Sutraprotisa, affilié à la FETRMAP (Fédération péruvienne des travailleurs des manufactures), elle-même affiliée à IndustriALL Global Union, a organisé une manifestation pour dénoncer une persécution anti-syndicale, pour réclamer le versement dans les temps des salaires ainsi qu’un changement dans la gestion des ressources humaines.

Les travailleurs et travailleuses se sont rassemblés devant les grilles de l’usine Protisa (Compañía de Productos Tissue Perú SA) dans la province de Lima. Les manifestants soutiennent que le département des ressources humaines s’est rendu coupable d’abus répétés à l’encontre de travailleurs et travailleuses syndiqués.

Comme le dénonce les adhérents, l’entreprise opère une claire distinction entre les personnes selon qu’elles sont ou non syndiquées. Par exemple, on attend des premières qu’elles portent des charges allant de 80 à 90 kg, ce qui représente un risque de santé et provoque des maux de dos, de l’arthrose aux genoux ainsi que des problèmes cardiovasculaires.

De plus, cette attente est en contravention avec la Recommandation 128 de l’OIT s’agissant du poids maximum qu’un travailleur est censé porter et qui ne devrait pas excéder 55 kg.

Le syndicat indique également que des accidents du travail, allant de l’électrocution à la perte de membres, se produisent tous les mois en raison de médiocres pratiques en matière de sécurité professionnelle. De plus, le département RH met la pression pour que de longs temps de travail soient prestés.

En complément de son action de protestation, le syndicat a annoncé que le Secrétaire général de la CGTP (Confédération générale des travailleurs péruviens), Gerónimo López, présenterait le dossier à la Commission du Travail du Congrès pour attirer l’attention sur les mauvaises pratiques de l’entreprise.

Protisa est une entreprise chilienne qui opère au Pérou depuis 1995 et fabrique des produits du domaine des mouchoirs. Elle fait à son tour partie de la CMPC (Compañía Manufacturera de Papeles y Cartones), le plus grand producteur mondial de pâte à papier et l’une des plus grandes entreprise d’Amérique latine.

Des syndicats affilés à IndustriALL en Argentine, au Brésil, au Chili, au Pérou et en Uruguay font tous partie du réseau syndical CMPC.

Tom Grinter, responsable pour la pâte et le papier chez IndustriALL, indique :

Les syndicats du secteur de la pâte et du papier de la région, ainsi qu’IndustriALL, soutiennent les actions de Sutraprotisa.

Le réseau syndical CMPC d’IndustriALL a demandé à la multinationale chilienne de mettre en place des relations sociales officielles. Cependant, si l’entreprise continue à afficher un manque de respect pour ses membres, le réseau est prêt à adopter une approche plus conflictuelle. Nous exprimons notre solidarité avec nos camarades de Sutraprotisa.

Défense des droits des travailleurs lors de la CIT 2018

La CIT a mené un débat général sur “une coopération efficace de l’OIT pour le développement à l’appui des Objectifs de développement durable”, fournissant des lignes directrices sur la stratégie de coopération au développement de l’OIT au-delà de 2018, avec pour but de formuler la vision d’avenir de l’OIT s’agissant de la coopération au développement.

Soutenant ses dix-sept objectifs, qui vont des actions concernant la pauvreté et les famines, l’énergie propre et les préoccupations climatiques, le travail décent et la croissance économique, la paix et la justice, IndustriALL Global Union a communiqué :

Ce qu’il faut, c’est un plan. La seule réponse moralement défendable est de garantir une Transition juste pour les travailleurs. Si nous voulons qu’ils soutiennent ces transformations urgemment requises, il faut qu’ils y trouvent leur compte.

Un Sommet du Monde du Travail s’est tenu avec la participation des gouvernements, des partenaires sociaux ainsi que d’éminents experts afin d’examiner des problématiques d’importance capitale et de prendre en compte le travail décent pour garantir la paix et la résilience.

IndustriALL Global Union a déclaré :

En tant que travailleurs et travailleuses des manufactures, de l’énergie et des mines, nous ressentons déjà fortement les impacts de la numérisation et de ce qu’il est convenu d’appeler Industrie 4.0, l’étiquette que l’on place sur une série de technologies de production avancées et perturbantes, au sein de nos secteurs et de nos emplois. À mesure que la numérisation du lieu de travail progresse, divers points doivent être acquis :

• le droit à l’information et à la consultation de la part des représentants des travailleurs, aux niveaux régional, national et international ;

• le droit à l’éducation et à la formation ;

• le droit à un niveau défini de vie privée, au travail et au domicile.

Un débat important a eu lieu sur le dialogue social et le tripartisme, faisant suite à la Déclaration de l’OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable.

IndustriALL a déclaré :

le dialogue social requière le respect et la mise en œuvre sans restrictions de droits fondamentaux au travail, cependant que nous observons avec grand regret et beaucoup d’indignation une tendance croissante à la violation des droits des travailleurs aux quatre coins du monde.

Des délégués des gouvernements, des travailleurs et des employeurs se sont réunis pour négocier la nature et la portée d’un futur instrument sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail. La commission soutient une convention complétée d’une recommandation.

Commission de l’Application des Normes

La Commission s’est penchée sur les objectifs de production et les temps de travail excessifs et le sous-paiement des heures supplémentaires qui ne sont rien d’autre qu’un vol salarial en Haïti ; des travailleurs tués, menacés ou mis à la porte au Mexique pour avoir revendiqué un scrutin syndical équitable ; des travailleurs précaires employés par Shell au Nigeria forcés de signer des courriers où ils s’engagent à ne pas former de syndicat ; la criminalisation des syndicats en Biélorussie lorsqu’ils exercent leurs droits ; des licenciements de masse dans le secteur des mines au Botswana, sans négociations ni indemnités.

Le Brésil s’est retrouvé devant la CAN pour des violations de la C98, sur le droit de négocier collectivement. D’une seule voix, l’ensemble des six centrales syndicales brésiliennes a dénoncé la réforme régressive de la législation du travail votée par un gouvernement illégitime. IndustriALL, ensemble avec les autres fédérations syndicales internationales ISP, ITF et IE, a condamné l’impact de cette réforme du travail sur 100 millions de travailleurs et travailleuses. Dans sa réponse, le ministre brésilien du travail est parvenu à réunir la plénière contre lui en voulant discréditer la Commission des Experts de l’OIT, l’accusant d’avoir placé le Brésil “sur la vilaine petite liste pour des motifs politiques”.

S’agissant du Brésil et du Mexique, dans les deux cas le porte-parole du Groupe des Travailleurs a revendiqué un paragraphe particulier et une mission de contact direct de l’OIT. Le rapport a conclu que les deux gouvernements devraient faire rapport à l’OIT pour la réunion des Experts de novembre, ce qui signifie qu’ils restent sur la liste de la CAN pour être réexaminés en 2019.

Soutenant ses affiliés, IndustriALL a dénoncé le démantèlement de l’inspection du travail en Ukraine, les restrictions posées à la formation de syndicats capables de fonctionner au Myanmar ainsi que la répression brutale de la liberté syndicale et de la liberté de parole en Algérie, ayant conduit à la persécution de son affilié, le SNATEGS.

IndustriALL a contribué par des commentaires à l’Étude d’ensemble sur la durée du travail au sein de la CAN.

IndustriALL conclut :

La violation des droits des travailleurs doit cesser, le monde ne peut pas continuer comme cela. C’est ici que se prennent des engagements communs pour atteindre progrès et justice sociale et ces violations des droits syndicaux et humains doivent cesser immédiatement.

Nous devons promouvoir le travail décent par le biais d’une approche coordonnée, respectant les principes et les droits fondamentaux du travail. En tant que travailleurs et travailleuses des manufactures, de l’énergie et des mines du monde entier, nous réaffirmons notre engagement et attendons et revendiquons la même chose de la part des gouvernements et des employeurs.

Le rapport de la Commission de l’Application des Normes (CAN) peut être consulté ici.

Libération de la dirigeante syndicale coréenne Lee Young-joo!

Bien qu’elle ait été libérée, Lee a été reconnue coupable, lors de son procès, le 12 juin, de tous les chefs d’accusation retenus. Les juges l’ont condamnée à trois ans de prison, assortis de quatre ans de peine avec sursis et d’une amende de 500 000 KRW (460 US$) pour avoir organisé le rassemblement de masse du 14 novembre 2015. Le procureur a affirmé que la manifestation avait bloqué la circulation et que 100 000 manifestants ne s’étaient pas dispersés, résistant aux canons à eau de la police anti-émeute et à la répression de la démonstration publique, et avaient empêché le déroulement des activités officielles.  

La mobilisation, qui a eu lieu contre la réforme du travail répressive, est devenue le catalyseur du mouvement de masse en Corée ayant conduit à la mise en accusation de l’ancien Président coréen Park Geun-hye. Celui-ci purge actuellement une peine de prison de 24 ans; ironiquement dans le même centre où étaient détenus les dirigeants syndicaux.

Bien que le nouveau gouvernement du Président Moon s’attribue le titre de « gouvernement de la révolution des bougies » et ait promis de respecter le mouvement syndical, l’incarcération de l’ancien Président coréen n’a, jusqu’à présent, pas nécessairement changé l’attitude des autorités coréennes à l’égard des libertés et des droits syndicaux.

Le collègue de Lee, Han Sang-gyun, président de la KCTU, a été libéré en mai de cette année. Il avait été emprisonné en décembre 2015.

Le mouvement syndical international a toujours porté une attention particulière à la situation des droits syndicaux en Corée. Par solidarité, IndustriALL a rendu plusieurs fois visite aux dirigeants syndicaux durant leur détention. Dans le même temps, IndustriALL a organisé, conjointement avec la CSI et d’autres syndicats mondiaux, des manifestations par solidarité envers les syndicats coréens.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint, a indiqué:

« Nous célébrons la libération de prison de notre collègue Lee Young-joo. Néanmoins, nous déplorons le maintien par le tribunal de l’ensemble des charges retenues contre elle. Le Président Moon devrait accorder une attention particulière à cette affaire et faire tout ce qui est en son pouvoir pour inscrire les intérêts des travailleurs au haut de la liste des priorités de la Corée ».

Afrique du Sud: un syndicat exige l’amélioration des conditions de santé et de sécurité après le décès de quatre mineurs à la mine d’or Sibanye Stillwater

Quatre mineurs ont été tués et un mineur est toujours porté disparu dans un autre accident survenu à la mine d’or Kloof Ikamva de Sibanye Stillwater, située à environ 60 kms de Johannesburg. Les quatre mineurs seraient décédés d’épuisement dû à la chaleur.

Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL en charge du secteur minier, a déclaré:

Les conditions dangereuses auxquelles Sibanye Stillwater continue de soumettre ses travailleurs sont inacceptables et désormais proche de la négligence. La compagnie doit s’efforcer de garantir en permanence la santé et la sécurité des mineurs avant de penser à engranger des bénéfices.

Dans une requête adressée à la Chambre des Mines le mois dernier, après le décès de sept travailleurs à la mine Masakhane, détenue par Sibanye Stillwater, le syndicat national des mineurs (NUM – National Union of Mineworkers) a exhorté la compagnie à élaborer un plan de mise en œuvre des exigences du Mines Health and Safety Council (Conseil sur la sécurité et la santé dans les mines).

Ce faisant, l’entreprise progresserait vers l’atteinte de l’objectif « zéro blessure ». De plus, la compagnie minière doit permettre aux travailleurs d’exercer leurs droits à l’information, l’éducation et la formation; à être représentés; et à refuser d’exercer un travail dangereux ou de pénétrer dans des lieux de travail dangereux. Le syndicat a également demandé à ce que l’industrie minière sud-africaine arrête de rappeler les représentants de la santé et de la sécurité dont le travail à plein-temps est nécessaire pour renforcer le contrôle exercé par les mineurs sur les questions de santé et de sécurité, ainsi que pour réduire le nombre d’accidents et de décès dans les mines.

Peter Bailey, président de la santé et de la sécurité du NUM, appelle le ministère des ressources minérales à prendre des mesures contre la compagnie minière et pour que des inspecteurs fassent des visites de contrôle de conformité des opérations détenues par la compagnie minière:

NUM est fortement bouleversé et indigné par ces morts. Ces décès sont inacceptables; nous ne vendons pas nos vies, nos membres ou nos poumons à l’industrie mais notre travail pour subvenir aux besoins de nos familles.

Un syndicat indonésien de la pâte et du papier appelle à une grève de 3 jours

Ces travailleurs sont employés par cinq sous-traitants de main-d’œuvre de PT. Tanjungenim Lestari Pulp and Paper. Leur action collective du travail durera du 13 au 15 juin 2018 dans deux sites des provinces de Sumatra du Sud et de Lampung.

Les travailleurs externalisés de la société Tanjungenim Lestari Pulp and Paper, filiale de la société commerciale générale japonaise Marubeni, sont membres de la Fédération indonésienne des syndicats de la pâte et du papier (FSP2KI), qui est affiliée à IndustriALL Global Union. Cette entreprise emploie près de 2.500 personnes, dont plus de 1.700 part l'intermédiaire de sous-traitants.

Ceux qui feront grève sont employés par cinq firmes d'externalisation, à savoir PT. Inti Bumi Mas, PT. Wira Putra Perkasa, PT. Mayapada Clinic Pratama, PT. Fajar Muara Indah, et PT. Kaliguma Transindo.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, Kemal Özkan, déclare :

"Nous soutenons notre affilié FSP2KI qui s'élève contre les mauvaises pratiques illégales des sous-traitants de PT. Tanjungenim Lestari Pulp and Paper. Nous appelons cette entreprise à assumer la responsabilité de travailleurs dont l'intervention est essentielle à son bon fonctionnement.

DOSSIER: Pourquoi les syndicats doivent prendre l’initiative pour faire cesser la violence à l’égard des femmes

Texte: Armelle Seby & Petra Brännmark

La violence et le harcèlement à l’égard des femmes sont répandus

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 35% des femmes de 15 ans ou plus au plan mondial, soit 818 millions de femmes, ont connu la violence physique ou sexuelle chez elles, au sein de leurs communautés ou au travail. Les syndicats doivent continuer à conscientiser au fait que la violence à l’égard des femmes est une réalité et qu’elle a lieu partout.

Les affiliés d’IndustriALL de par le monde mènent des actions pour prévenir cette violation des droits humains par des mesures comprenant des campagnes d’éducation auprès de leurs adhérents, des dispositions au sein des conventions collectives pour protéger les femmes de la violence et en prévoyant des congés de maladie indemnisés pour celles qui ont souffert de violence ou de harcèlement.

En adoptant l’engagement d’IndustriALL, les affiliés font le serment de poursuivre et renforcer leurs actions pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes sur les lieux de travail et au niveau des syndicats.

“C’est une question sur laquelle les syndicats peuvent travailler au sein de leurs propres structures, ce n’est pas qu’une revendication adressée aux employeurs,” indique la Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Jenny Holdcroft. “Il est difficile pour les syndicats d’adresser aux employeurs des revendications dans des domaines qu’ils ne gèrent pas eux-mêmes de manière adéquate, et les gérer les mettra dans une position plus avantageuse.”

La violence à l’égard des femmes est une violation des droits humains

Selon la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, “la violence à l’égard des femmes" sont “tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée.” Cette déclaration reconnaît que la violence à l’égard des femmes viole leurs droits et leurs libertés fondamentales, tandis que la Déclaration et le Programme d’Action de Vienne entérine que l’élimination de la violence à l’égard des femmes dans la vie publique et privée est une obligation au regard des droits humains.

La violence à l’égard des femmes est un obstacle à l’égalité des genres au travail

Les femmes sont moins susceptibles que les hommes d’accéder au marché du travail. La violence et le harcèlement sexuel restent pour les femmes une barrière à l’accès et à l’évolution au sein du marché du travail ou à exercer certains métiers. Dans le même temps, la ségrégation permanente des femmes au niveau d’emplois et de postes à bas salaire et faible statut augmente les risques pour ces femmes travailleuses.

Les syndicats ont un rôle fondamental à jouer dans la prévention et l’élimination de la violence à l’égard des femmes sur le lieu de travail

Le rapport du Bureau des Activités pour les Travailleurs de l’OIT sur la violence à l’égard des hommes et des femmes au sein du monde du travail démontre qu’il y a une forte corrélation entre l’accès à un travail décent, la non-discrimination et le fait d’être protégé par un syndicat et la prévention de la violence à l’égard des femmes et des hommes au travail. Les syndicats jouent un rôle clé dans la conscientisation sur le harcèlement sexuel au sein de leurs effectifs, en négociant des politiques et des conventions qui établissent des procédures pour déposer et traiter les plaintes ainsi qu’en prévenant le harcèlement sexuel.

“Les syndicats ont un rôle immense à jouer et c’est davantage qu’une question d’égalité. C’est une question pour les syndicats de survie et de capacité à s’afficher en tant qu’organisations représentatives des femmes dans le cadre de leurs luttes spécifiques contre la discrimination de genre et le harcèlement sur le lieu de travail,” précise Jenny Holdcroft.

Il nous faut une convention de l’OIT sur la Violence fondée sur le genre

Il n’existe toujours pas de législation au plan international qui établisse une base pour agir en vue d’éradiquer la violence et le harcèlement, y compris fondés sur le genre, au sein du monde du travail. Il existe un besoin d’une Convention de l’OIT exhaustive, complétée d’une Recommandation, avec un fort accent mis sur la prévention, la prise en compte et la remédiation de la violence sexiste dans le monde du travail.

“Avoir cette reconnaissance internationale au niveau de l’OIT va renforcer la position des syndicats et donner à la question une plus grande visibilité et priorité,” dit Jenny Holdcroft.

“Les syndicats doivent agir sur la violence à l’égard des femmes et plaider pour une législation internationale contraignante sur la violence fondée sur le genre.”

Les travailleurs et travailleuses de Schneider Electric manifestent en Inde pour des droits syndicaux

Condamnant le transfert de mandataires syndicaux et revendiquant le droit à la liberté syndicale ainsi que celui de négocier collectivement, les travailleurs et travailleuses de Luminous Power Technologies ont tenu un rassemblement ce 9 juin à Gagret Tehsil Amb, dans le District d’Una, en Himachal Pradesh.

Par une décision collective, les travailleurs et travailleuses ont constitué leur propre organisation, le Syndicat des travailleurs de Luminous Power Technologies, le 26 mars 2018, en réponse à des violations croissantes de leurs droits, à des conditions de travail médiocres et à des problèmes en matière de santé et sécurité professionnelles.

Le syndicat a accompli toutes les démarches requises pour son enregistrement. Cependant, dès que la direction a eu vent de l’initiative de ses travailleurs visant à former un syndicat, elle a déchaîné contre eux différentes initiatives vindicatives et antisyndicales, allant jusqu’aux menaces envers les membres de la délégation et à changer d’équipe et de poste de travail les mandataires syndicaux de sorte à les isoler et à saper leur faculté à rencontrer d’autres adhérents syndicaux sur leur lieu de travail.

De plus, la direction a transféré l’ensemble des 12 mandataires à l’usine de l’entreprise de Hosur Tamilnadu, située à plus de 2.800 km de celle du Himachal Pradesh. Ce transfert de tous les mandataires, juste avant le début du processus de vérification du statut du syndicat de la part de l’administration du travail, ne peut pas être une coïncidence et va inévitablement mettre un coup d’arrêt à la formation du syndicat.

Selon des travailleurs, certains responsables de Luminous Power Technologies ont eu recours à un langage insultant, fondé sur la caste des mandataires syndicaux, pour les humilier et dénigrer le syndicat devant les autres travailleurs afin d’inciter ceux-ci à ne pas s’y affilier. Des travailleurs et travailleuses ont déposé plainte auprès de la police contre ces responsables de la direction, auteurs des insultes.

Dans leur courrier à la direction de Schneider Electric les travailleurs et travailleuses ont revendiqué que l’entreprise