Mexique: Los Mineros obtient le droit de représenter les travailleurs à Teksid après 4 ans de lutte

L’affilié à IndustriALL Global Union, Los Mineros, a battu la Confédération des travailleurs mexicains, dirigée par le corrompu Tereso Medina, par 238 voix contre 145, obtenant ainsi le droit exclusif de négocier une convention collective avec Teksid Hierro, une entreprise établie à Monclova, dans l’état de Coahuila.

Il s’agit de l’une des plus importantes victoires remportées par Los Mineros. Le syndicat a gagné malgré la tentative du Conseil fédéral de conciliation et d’arbitrage de faire échouer sa candidature en annonçant seulement 24 heures à l’avance le déroulement des élections, pensant faire battre Los Mineros juste avant l’élection présidentielle.

En outre, le président du Conseil fédéral de conciliation et d’arbitrage a accepté la liste modifiée des membres bénéficiant du droit de vote, remplaçant la liste des 703 travailleurs membres du syndicat Los Mineros par celle soumise par l’entreprise et la Confédération des travailleurs mexicains contenant les noms de 401 employés et travailleurs sous-traités de confiance.

Les travailleurs de l’entreprise italienne, qui fait partie du groupe Fiat Chrysler, demandent à être représentés par Los Mineros depuis 2014. Au cours de ces quatre dernières années, ils ont subi de nombreuses agressions de la part des durs de la Confédération des travailleurs mexicains pour avoir exprimé leur préférence pour Los Mineros. Par ailleurs, selon ce dernier, un grand nombre des 100 travailleurs licenciés pendant cette période auraient perdu leurs emplois pour avoir organisé des grèves en guise de protestation contre le manque de représentation démocratique de la Confédération des travailleurs mexicains, qui dispose d’un contrat de protection.

« Les choses n’ont pas été faciles. Nous avons subi 4 ans de répression, de menaces et de souffrance. De nombreux travailleurs ont été licenciés sans motif valable. Les travailleurs ont fait preuve de bravoure et de dignité dans leur combat pour faire valoir leurs droits et dans la poursuite de leur lutte, commencée en 2014 lorsqu’ils ont exprimé leur volonté d’adhérer à Los Mineros »,

a indiqué le délégué syndical de Los Mineros, Manuel Alfonso Prince, lors d’une conférence de presse.

Prince a également ajouté qu’avec sa victoire aux élections représentatives, le syndicat œuvrera pour que soient réintégrés les près de 100 travailleurs licenciés pour avoir défendu leurs droits, et procédera à l’élection des nouveaux dirigeants du comité local.

« Nous félicitons les travailleurs employés à Teksid pour leur ténacité et leur capacité à se battre et à tenir bon. Cette victoire dans l’industrie des pièces automobiles représente un nouvel espoir pour des milliers d’autres travailleurs dans l’état de Coahuila qui demandent que leurs droits soient représentés par le syndicat dirigé par Napoleón Gómez Urrutia.  IndustriALL continuera à soutenir le juste combat des travailleurs mexicains pour leurs droits »,

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Le traitement infligé par Shell aux travailleurs dénoncé à son festival d'écoblanchiment de Londres

Shell organise son festival Make The Future Live du 5 au 8 juillet au parc olympique Reine Elizabeth et attend 40.000 visiteurs. Son but est de convaincre un public né à la fin du siècle dernier que Shell a leur avenir à cœur.

Or, par ses politiques d'emploi déloyales, Shell prive d'avenir près de 200.000 travailleurs contractuels qui doivent se satisfaire d'emplois temporaires et précaires.

Ces contractuels sont deux fois plus nombreux que les travailleurs permanents chez Shell et, comme l'entreprise le reconnaît volontiers, ce sont eux qui effectuent les tâches les plus dangereuses. Au Nigeria, les syndicats disent que les sous-traitants utilisés par Shell "paient ce qu'ils veulent et licencient quand ils veulent."

L'externalisation pratiquée par Shell est un danger pour les travailleurs comme pour le public. L'an dernier, Shell fut à l'origine de 217 décès survenus lorsqu'un pétrolier d'un sous-traitant transportant du pétrole de Shell au Pakistan a explosé à la suite d'un accident.

Shell a déversé des millions dans sa campagne #makethefuture, recrutant des vedettes de la pop telles que Pixie Lott et Jennifer Hudson pour promouvoir ses symboliques politiques d'énergie verte. Par contre, les travailleurs des sous-traitants de Shell doivent survivre avec de bas salaires et un avenir incertain.

IndustriALL a lancé une pétition en ligne sur LabourStart pour réclamer que Shell :

Shell refuse de négocier avec IndustriALL en tant que représentant de son personnel dans le monde entier, le but étant de garantir de meilleurs droits aux travailleurs contractuels partout dans le monde.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Shell est un groupe mondial, présent partout dans le monde avec un département des ressources humaines à l'échelle mondiale. Or, Shell refuse de négocier avec IndustriALL au niveau mondial. Il s'agit d'une tentative délibérée pour affaiblir les travailleurs et empêcher la majorité d'entre eux d'avoir une influence sur leurs conditions de travail et d'emploi. Alors que Shell organise son festival Make The Future Live, nous l'exhortons à offrir un avenir serein aux centaines de milliers de travailleurs dont elle est tributaire."

La syndicalisation des travailleurs reste la priorité en Géorgie

TUMMCIWG a été soutenu dans ses actions par IndustriALL et son affilié norvégien Industri Energi dans le cadre d’un projet quadriennal, qui sera prolongé en raison de ces résultats prometteurs.

Ces derniers ont été partagés par les responsables nationaux et locaux de TUMMCIWG durant un séminaire d’évaluation organisé à Tbilissi, les 25 et 26 juin. Le syndicat a été le premier au niveau de la sous-région de la CEI à utiliser activement l’Institut des médiateurs et à demander l’aide du gouvernement en matière de résolution des conflits du travail avec l’employeur.
 
Le syndicat a réussi à renforcer son influence malgré la pression constante exercée par les employeurs dans de nombreuses entreprises et la diminution du nombre de ses membres. Une convention collective a été signée à l’usine de verre d’emballage de Ksani, en Géorgie, après plus d’un an de négociation.

Le syndicat a essayé, à plusieurs reprises, d’accroître le nombre de ses membres à 450 à l’usine de ferro-alliage Zestafoni, mais a dû faire face à des vagues d’attaques à chaque tentative. Aussi, TUMMCIWG a décidé de maintenir ses 350 membres et d’orienter ses efforts sur les questions susceptibles de progrès. Après avoir surmonté de sérieux différends, le syndicat a signé une convention collective renfermant un ensemble d’avantages sociaux. Les représentants syndicaux ont été intégrés à toutes les commissions, y compris la Commission traitant de la distribution des bonus.
 
Tamaz Dolaberidze, président de TUMMCIWG, a déclaré:

Depuis 2016, nous avons signé trois conventions collectives et nous serons très heureux de la poursuite de notre partenariat. J’aimerais remercier Industri Energi et IndustriALL Global Union. Nous ne sommes pas seuls mais faisons partie d’un mouvement mondial qui nous stimule à aller de l’avant.

Frode Alfheim, président d’Industri Energi et coprésident de la section énergie d’IndustriALL, a annoncé le maintien du soutien d’Industri Energi et d’IndustriALL au projet de syndicalisation.
 
Dans la nouvelle phase du projet, tant les membres de TUMMCIWG que des membres potentiels, des militants et des responsables d’autres syndicats seront invités à discuter des possibilités de coopération et d’actions communes.
 
Les participants ont examiné la possibilité d’organiser des ateliers conjoints entre les syndicalistes et les représentants de l’employeur sur la question du développement d’un dialogue social afin d’éliminer les tensions et d’établir des relations constructives. Cela pourrait également changer l’image du syndicat, montrant que les syndicats sont des partenaires sociaux responsables, et réclamant que l’employeur agisse de même.

Les efforts de TUMMCIWG porteront sur l’amélioration de l’efficacité de la représentation des travailleurs sur les lieux de travail afin de les motiver à se syndiquer.
 
Kemal Ozkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a indiqué:

Nos collègues géorgiens disposent d’un programme de travail syndical tourné vers l’avenir en ayant pour priorité numéro une d’augmenter le nombre des adhérents. IndustriALL partage cette priorité et nous continuerons de leur apporter notre soutien.

Nous adressons également nos remerciements à Industri Energi pour son soutien. Nous espérons que la nouvelle stratégie retenue nous apportera de nouvelles victoires.

Un syndicat dit à Glencore d'arrêter de faire le gros dos sur le droit de grève en Afrique du Sud

Les membres du Syndicat national des travailleurs de la métallurgie d'Afrique du Sud (National Union of Metalworkers of South Africa, NUMSA), affilié à IndustriALL Global Union, sont en grève depuis le 4 juin pour réclamer le droit à un congé payé pendant la période de Noël, en décembre. Le syndicat estime que, décembre étant un mois de travail normal, les travailleurs doivent avoir droit à un congé payé.

Pour le Secrétaire général du NUMSA, Irvin Jim,

Glencore est un employeur brutal avec une liste de manquements envers les travailleurs longue comme le bras. Tous les travailleurs ont le droit de protester et d'arrêter le travail pour obtenir de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Nous dénonçons les tentatives de Glencore pour saper le droit de grève et nous continuerons à faire pression pour qu'elle arrête de refuser aux travailleurs le droit de rester à la maison pendant les fêtes de Noël.

Par ailleurs, Irvin Jim condamne aussi les violations "notoires" des droits des travailleurs commises par Glencore en République démocratique du Congo et ailleurs dans le monde.

En avril, le NUMSA a organisé une marche sur le siège de Glencore à Johannesburg, où il a déposé une pétition lui demandant de respecter les droits des travailleurs et d'arrêter ses menées antisyndicales. Il demande aussi que Glencore adopte une négociation centralisée, ce qu'elle refuse parce qu'une négociation centralisée profite aux travailleurs qui ont alors les mêmes salaires dans tous ses sites et elle permet de conclure des conventions collectives qui s'appliquent à tous les travailleurs.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan déclare :

Nous condamnons la judiciarisation en tant qu'instrument d'intimidation des travailleurs. Glencore doit respecter le droit des travailleurs de faire grève et entamer un dialogue de bonne foi avec les travailleurs sur leur revendication raisonnable d'un congé rémunéré en décembre et pour une négociation centralisée. Nous résisterons à toutes les tentatives de Glencore pour saper les droits et conditions de service des travailleurs.  

EDF

Il comprend plusieurs engagements importants et innovants en matière de responsabilité sociale, comme par exemple

Plus globalement cet accord promeut les droits humains, la diversité, la santé-sécurité, le développement des compétences, ou encore la protection sociale des salariés et des sous-traitants partout où le Groupe est implanté, ainsi que le principe d’une transition juste vers des économies écologiquement durables.

Ce nouvel accord Groupe vient remplacer un précédent accord sur la responsabilité sociale et environnementale d’EDF signé en 2005 et renouvelé en 2009. EDF était alors l’une des premières multinationales à se doter d’un tel dispositif. L’objectif de ce nouveau texte est d’intégrer de nouvelles exigences sociales pour les salariés, et d’accompagner le développement international d’EDF, en cohérence avec les valeurs de service public de l’entreprise. Il est complémentaire des 6 objectifs de responsabilité d’entreprise d’EDF en faveur de la transition énergétique et de la stratégie du Groupe Cap 2030. La mise en application de l’accord sera garantie par un comité de suivi mondial.

Les syndicats du Lesotho exigent de connaître immédiatement les nouveaux salaires minimums

Aucun accord n’a encore été trouvé malgré les négociations en cours au Conseil consultatif des salaires, au sein duquel sont représentés les syndicats, le gouvernement et les employeurs.

Les travailleurs réclament une hausse de 15 pour cent contre les 7 pour cent offerts par les employeurs.

Par exemple, le montant des salaires minimums dans le secteur de l’habillement et du textile, actuellement fixé à 1 238 maloti (soit environ 89 US$) par mois, n’est pas suffisant pour permettre aux travailleurs de subvenir aux besoins de leurs familles et de payer les besoins fondamentaux tels que le loyer, la nourriture et le transport.

Les syndicats revendiquent un salaire minimum de 144 US$ dans ce secteur et demandent également que les minimums salariaux dans tous les secteurs soient revus à la hausse jusqu’à parvenir à un salaire minimum vital de plus de 200 US$.

L’affilié à IndustriALL Global Union, le Syndicat démocratique indépendant du Lesotho (IDUL) et sept autres syndicats organisant les travailleurs dans les secteurs tels que l’habillement et le textile, les industries manufacturière et minière, sont descendus dans les rues de Maseru et de Maputsoe pour protester contre les retards et les bas salaires.

Des pétitions ont été envoyées au Premier ministre, au ministère du travail et de l’emploi ainsi qu’au Parlement. Les syndicats demandent également que la Ministre du travail et de l’emploi, Keketso Rantso, soit démise de ses fonctions pour ne pas avoir annoncé les salaires minimums à temps. La ministre aurait, selon eux, négligé le bien-être des travailleurs et de leurs familles en raison de ce retard.
 
Dans le cadre du projet de renforcement du syndicat, IDUL fait également campagne pour une rémunération à taux plein des travailleuses du secteur de l’habillement et du textile en congés de maternité. Le syndicat souhaite également de meilleures conditions de santé et de sécurité sur les lieux de travail, l’amélioration de la sécurité de l’emploi et le respect des droits des travailleurs.
 
Avec plus de 56 pour cent de la population vivant dans la pauvreté et un chômage des jeunes s’élevant à 47 pour cent, une hausse des salaires améliorerait la vie des travailleurs. L’ouverture de nouvelles usines créerait également des emplois et améliorait les conditions de vie dans le pays.
 
Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré:

Les travailleurs finissent par vivre dans la pauvreté en raison des bas salaires de subsistance qui leur sont payés. Aussi, il est essentiel d’augmenter les salaires minimums. Par conséquent, nous exhortons le gouvernement du Lesotho à rendre public les salaires minimums vitaux sans attendre.

IndustriALL soulève des violations de droits humains de Glencore auprès du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU

Le CDH de l’ONU est pour l’instant réuni à Genève, en Suisse. Cette déclaration, intitulée “Violations des droits de l’homme par Glencore de par le monde”, met en lumière les violations de droits humains des travailleurs de la part de Glencore dans de nombreux pays et pointe l’exemple de Glencore pour expliquer pourquoi il faut un traité contraignant de l’ONU sur les multinationales et les droits humains.

IndustriALL a participé à la réunion du CDH le 27 juin et y a livré une déclaration orale. Le 21 juin, IndustriALL s’est exprimée lors d’une réunion en marge du CDH sur le besoin d’un traité contraignant.

S’exprimant lors de la réunion du CDH, le Directeur des campagnes d’IndustriALL, Adam Lee, a déclaré :

“Les pratiques systématiques de Glencore concernant les violations de droits de l’homme de par le monde, perpétrées en quasi totale impunité, soulignent le besoin urgent d’un instrument international contraignant permettant de réglementer les activités des entreprises multinationales et leur impact sur les droits de l’homme.

“Cet instrument constituerait également un outil essentiel pour garantir un accès à la justice pour les victimes des communautés concernées.”

La déclaration souligne des exemples de violations de droits de la part de l’entreprise. Parmi celles-ci, on relève des préoccupations en matière de santé et sécurité en Bolivie, en Colombie, en République Démocratique du Congo et en Zambie où Glencore affiche une attitude et un mode de fonctionnement qui rejette la responsabilité des violations en termes de sécurité sur les travailleurs et travailleuses.

En dépit d’une intensification de la pression sur le travail et de l’absence de formation ou d’équipement adéquat, Glencore a menacé de fermer des sites d’activité si des accidents s’y produisent.

La main d’œuvre de Glencore est de plus en plus précarisée, le pourcentage de sous-traitance utilisée par l’entreprise étant passé l’an dernier à 43%. Dans certains cas, l’entreprise sous-traite en violation de la législation locale. Les travailleurs et travailleuses précarisés sont sans sécurité, plus mal payés et évoluent dans de pires conditions. Ils sont dissuadés de s’affilier à un syndicat parce qu’ils risquent d’être remplacés s’ils le font.

Glencore sape activement les droits des travailleurs en matière de liberté syndicale en essayant de briser les syndicats. En Australie, les travailleurs et travailleuses ont été lock-outés à la mine Oaky North et espionnés pour avoir résisté à des plans visant à les remplacer par des sous-traitants.

Au Canada, Glencore a recruté des briseurs de grève au cours d’un récent conflit qui a duré neuf mois à la raffinerie CEZinc, alors qu’au Pérou, l’entreprise a mis à la porte des adhérents syndicaux en leur proposant de les réintégrer s’ils quittaient l’organisation.

Comme Glencore a son siège en Suisse, la déclaration exhorte également le gouvernement suisse à intervenir et à s’assurer que l’entreprise ne viole pas les droits de l’homme dans d’autres pays.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a indiqué :

“Nos affiliés ont, pendant des années, constamment soulevé les violations des droits humains des travailleurs de Glencore. Cependant, Glencore a refusé de mener un dialogue digne de ce nom, nous forçant à nous tourner vers de CDH de l’ONU.

“Nous allons continuer à soulever ces questions au sein de tous les forums à notre disposition jusqu’à ce que Glencore s’engage à respecter les droits de ses travailleurs et collabore avec nous pour porter remède à la situation.”

Yves Rocher doit réintégrer les travailleuses et travailleurs licenciés

Les pressions se multiplient sur Yves Rocher pour qu'il intervienne et ordonne à sa filiale Kosan Kozmetik de réintégrer les travailleurs licenciés à Gebze. Pourtant, la seule réaction publique de l'entreprise a été un tweet maladroit que son département de la communication publie régulièrement pour essayer de faire croire que, cette filiale produisant sous la marque turque Flormar, elle n'a aucun lien avec Yves Rocher.

IndustriALL y réagit régulièrement en réclamant un dialogue plus responsable qu'un simple tweet.

Plutôt que de dialoguer avec le syndicat, la direction de l'usine a installé du fil de fer barbelé sur le mur d'enceinte pour empêcher les travailleurs licenciés d'y pénétrer.

L'un d'eux, Barış Tekin, souffre d'une insuffisance rénale grave qui n'a pas empêché la filiale d'Yves Rocher de le licencier. Barış a commencé à travailler à l'usine en 2006; il a toujours été très consciencieux, même après un diagnostic de cancer en 2010. Il s'est affilié à Petrol-Is en même temps que la majorité du personnel d'Yves Rocher, dégoûté par des bas salaires bloqués depuis longtemps. En réponse, son employeur l'a licencié.

Maintenant, les actions de soutien aux travailleurs se multiplient. Les affiliés d'IndustriALL du monde entier, et de France surtout, envoient des messages de solidarité. Laurent Berger, le secrétaire général du premier syndicat de France, la CFDT, a condamné les pratiques antisyndicales d'Yves Rocher dans le discours qu'il a prononcé au congrès de son syndicat, qui se tenait plus tôt dans le mois à Rennes, à quelques kilomètres du siège social du groupe.

La communauté et les syndicats se mobilisent pour soutenir les travailleurs d'Yves Rocher licenciés. Tous les jours, des actions et des manifestations ont lieu devant l'usine et les magasins Flormar pour réclamer leur réintégration. Le slogan des travailleurs est  

Non à Flormar; la résistance vous rend belle !

Tous les travailleurs et toutes les travailleuses qui ont conservé leur emploi et qui ont exprimé leur soutien à leurs collègues licenciés ont été mis en congé d'office.

Un média français a couvert la campagne pour la réintégration des syndicalistes licenciés. IndustriALL a sollicité officiellement l'intervention du ministre français du Travail auprès d'Yves Rocher au titre de la loi n° 2017-399 du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d'ordre.

Depuis, la grande organisation internationale de campagne SumOfUs a repris le cas d'Yves Rocher en priorité. Des milliers de sympathisants signent chaque jour la pétition en ligne de SumOfUs demandant à Yves Rocher de cesser ses manœuvres antisyndicales en Turquie.

Soutenez les travailleurs et adhérez à la campagne !

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

Nous allons intensifier cette campagne jusqu'à ce qu'Yves Rocher fasse ce qu'il faut et réintègre nos camarades. L'étape suivante consistera en des actions devant les bureaux d'Yves Rocher à Paris. Yves Rocher doit se conformer à ses propres engagements éthiques dans ce cas particulier. Tout simplement réintégrer les 124 travailleurs licenciés, reconnaître leur droit de s'affilier à Petrol-Is et négocier une convention collective.

Australie: le CFMMEU demande à Kimberly Clark d’arrêter de tenir les travailleurs en otage

La grève est illimitée et s’insurge contre la menace constante de fermeture de l’usine à papier et les pertes d’emploi subséquentes. Employant plus de 400 travailleurs, l’usine Millicent, qui appartient à Kimberly Clark, est le plus grand employeur installé dans la région du sud-est de l’Australie-Méridionale.

Le syndicat, qui opère dans le secteur de la construction, de la foresterie, maritime, de l’exploitation minière et de l’énergie (CFMMEU), s’efforce de négocier, depuis 2014, une nouvelle convention collective avec la direction de Kimberly Clark qui gère l’usine de Millicent. Il en est résulté un gel des salaires de quatre ans ou plutôt une perte du salaire réel due aux augmentations du coût de la vie.

Denise Campbell-Burns, Présidente de la section papier et pâte à papier de la division industrielle du CFMMEU, a déclaré:

« Les négociations traînent en longueur depuis 2014. Mais, bien que les salaires aient été gelés pendant tout ce temps, c’est l’incertitude croissante en ce qui concerne l’avenir de l’usine et le maintien de leurs emplois l’année prochaine à laquelle les travailleurs ont le plus de mal à faire face ».

La compagnie est surtout connue pour ses marques Huggies et Kleenex. Bien qu’elle se définisse systématiquement comme une entreprise familiale, Kimberly Clark se bâtit plus une réputation d’entreprise antisyndicale et anti-travailleurs. L’annonce irresponsable de la compagnie, en janvier, de la suppression de plus de 5 000 emplois apparaît désormais comme une manœuvre visant à augmenter la valeur des actions de la compagnie.

Néanmoins, comme la menace de la fermeture de 10 des usines de Kimberly Clark établies à travers le monde plane toujours, tous les employés vivent dans l’incertitude. Les grévistes australiens militent en faveur d’une hausse salariale modeste et de meilleures dispositions en matière de suppression d’emploi au cas où l’usine ferme.

Les membres du CFMMEU restent déterminés à travailler de concert avec Kimberly Clark pour une réduction des coûts qui garantira la viabilité à long terme de l’usine. Le syndicat a déjà proposé d’importantes mesures d’économie à long terme.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Nous faisons cause commune avec nos collègues du CFMMEU à l’usine à papier de Millicent qui se battent et refusent d’être tenus en otage par cette menace interminable de fermeture. Kimberly Clark tourne le dos à ses employés dévoués en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, ainsi qu’en Australie. Il ne s’agit pas d’un modèle d’entreprise durable mais d’un modèle qui assurément cause du tort à l’image de la marque familiale de haute qualité construite au fil des ans ».

Grève nationale réussie en Argentine

Pendant 24 heures, le 25 juin, tous les services étaient paralysés en Argentine. Pas d'avions, pas de trains, de métro, de bus; les banques et les magasins fermés. Les rues désertes témoignaient du succès de la grève générale décrétée par la centrale syndicale CGT et appuyée par les deux centrales de la CTA.

Suivant une déclaration officielle, la CGT a choisi la grève

après un débat en profondeur pour faire comprendre aux autorités la nécessité de changements dans la direction de la politique économique et les mettre en garde contre les effets sur la population de mesures d'ajustement brutales imposées sans consultation.

Les travailleurs ont rejeté l'accord passé entre le gouvernement et le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de 50 milliards de dollars parce qu'il aurait des conséquences néfastes sur l'emploi, les travaux publics, les régimes de sécurité sociale, les économies régionales et les services publics.

Les syndicats ont condamné le veto opposé par Mauricio Macri à un projet de loi qui limitait les hausses de tarif des services publics. En revanche, ils demandent que le gouvernement revoie les projets d'économies dans l'administration publique et limite les licenciements dans le secteur privé.

Ils demandent aussi au gouvernement de reprendre les négociations tripartites sur l'adaptation des salaires pour 2018, de tenir pleinement compte des prévisions d'inflation qui dépassent déjà les taux annoncés au début de l'année.

Le message lancé par les centrales syndicales nationales est clair : le gouvernement argentin doit entendre les revendications et y répondre et entamer un dialogue social pour surmonter la crise et éviter de nouveaux conflits.

Le secrétaire régional d'IndustriALL Global Union, Marino Vani, a déclaré : 

Nous sommes solidaires des travailleurs argentins et les félicitons pour cette grève générale contre les politiques économiques du gouvernement Macri. Seuls le dialogue social, l'unité et la lutte peuvent y mettre fin.