Des politiques énergétiques durables sont vitales, indiquent les syndicats de l’électricité et du nucléaire

Youri Ofitserov, président du Syndicat pan-russe de l’électricité, a accueilli les plus de 100 participants venus de 25 pays à la réunion mondiale d’IndustriALL pour les secteurs de l’électricité et du nucléaire.

Les politiques énergétiques doivent être constantes et ne peuvent varier avec chaque gouvernement, ont indiqué les syndicats présents à la réunion.

La consommation d’électricité a plus que doublé depuis 1990 et on compte toujours 1,1 milliard de personnes sans accès à l’électricité. Cependant, en dépit de la demande croissante d’électricité, il faudra de moins en moins de travailleurs qu’auparavant. De nombreux participants ont pointé l’assurance d’une Transition juste pour les travailleurs et travailleuses dont les emplois sont menacés comme un défi majeur.

Les délégués ont débattu des impacts de la déréglementation, de la privatisation et de la libéralisation sur l’emploi et sur les syndicats. Avant la privatisation, on ne comptait que dix compagnies dans le secteur de l’électricité au Japon, il y en a maintenant cinq cents, alors que les prix de l’électricité ont augmenté de 16% pour les ménages et de 21% pour les entreprises.

Au Mexique, 44.000 travailleurs et travailleuses ont perdu leur emploi lorsque la fourniture d’électricité a été privatisée en 2009. Les syndicats se battent contre cette décision depuis lors. Ailleurs, au Zimbabwe, 30.000 travailleurs et travailleuses ont été licenciés à la suite de la privatisation et les personnes qui ont été maintenues en poste sont pour la plupart jeunes, inexpérimentées et titulaires de bas salaires.

Le deuxième moitié de la réunion a été consacrée à l’énergie nucléaire, qui génère 10,6% de l’énergie mondiale. Cependant, dans certains pays, l’énergie nucléaire domine, comme en France, où 220.000 personnes sont employées dans le secteur. Quoi qu’il en soit, financements et investissements sont nécessaires pour maintenir les centrales et les emplois et la France cherche à diminuer sa dépendance vis-à-vis de l’énergie nucléaire.

Alors que la Turquie est sur le point de construire trois nouvelles centrales, ailleurs, les autres pays abandonnent progressivement l’énergie nucléaire. Par exemple, en Belgique, 7.000 emplois seront perdus lorsque les trois centrales seront déclassées, d’ici à 2025.

Igor Fomichov, du Syndicat russe des travailleurs de l’industrie et de l’énergie nucléaire, a précisé que les travailleurs et travailleuses du secteur, qui est entièrement aux mains de l’État, sont hautement qualifiés et ont des rémunérations supérieures à la moyenne. Le secteur génère également de nombreux emplois au niveau de la construction d’infrastructures pour les centrales. Il a indiqué que le gouvernement devait s’assurer que les centrales nucléaires soient sûres parce que l’humanité ne pardonnerait jamais une nouvelle catastrophe.

Ryouichi Hagiwara du syndicat Denryoku Soren, du Japon, a indiqué qu’il y avait eu des progrès considérables au niveau de l’assainissement, sept ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Il a souligné le besoin de concevoir et de construire de meilleures centrales et d’avoir un processus adéquat de démantèlement.

Dans un débat concernant le Réseau syndical international des travailleurs du nucléaire (INWUN), le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a indiqué que son rôle devrait être élargi pour incorporer l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement du secteur nucléaire, y compris les pays où l’uranium est produit. Le besoin existe également d’un échange d’information entre les pays qui exploitent l’énergie nucléaire et ceux qui débutent en la matière, comme la Turquie et le Kazakhstan.

Livrant ses réflexions sur la réunion, qui s’est tenue à la veille de la Conférence de l’énergie d’IndustriALL, également à Saint-Pétersbourg, Kemal Özkan, a indiqué :

“C’est la stratégie d’IndustriALL de construire une puissance syndicale dans les sous-secteurs de l’énergie par le biais des réseaux. Nos affiliés des secteurs de l’électricité et du nucléaire affichent un engagement sans équivoque en faveur de la coopération internationale et de la solidarité au sein de ces pans importants de l’industrie de l’énergie. Au vu de la grande qualité des interventions et des débats d’aujourd’hui, la voie s’ouvre clairement devant nous pour faire avancer la cause de la solidarité internationale au sein du secteur du nucléaire et de sa chaîne d’approvisionnement.”

Les syndicats au Benin s’engagent à coopérer

Les affiliés à IndustriALL Global Union, FENOTHAC et FESYNEME, qui organisent les travailleurs respectivement dans les secteurs du textile et de l’habillement, et les secteurs énergétiques et miniers, se sont réunis à Cotonou dans le cadre d’un programme d’IndustriALL visant à renforcer la puissance des syndicats dans le pays.

Les deux syndicats ont convenu que le droit de grève devait être défendu dans tous les secteurs et que les syndicats feraient campagne contre l’intention du gouvernement d’interdire ce droit dans les secteurs pétrolier, gazier et électrique au motif qu’ils fournissent des services essentiels. Ils ont également convenu que la participation des travailleurs dans les activités syndicales devait être augmentée, un conseil national créé, des activités menées conjointement et la communication améliorée.

Le secteur du textile et de l’habillement est en recul et voit désormais la majorité des anciens ouvriers d’usine être employés dans le secteur informel, dans lequel plus de 90 pour cent des travailleurs au Benin gagnent leur vie tant bien que mal. Aussi, la plupart des membres de FENOTHAC travaillent de la secteur traditionnel à petite échelle du vêtement taillé sur mesure. En revanche, le secteur minier se redresse et commence à exporter des pierres précieuses.

La majorité des travailleurs du secteur pétrolier et énergétique sont employés dans la distribution des produits pétroliers et la fourniture d’électricité, et travaillent dans la compagnie publique SONACOP, qui compte 995 travailleurs, dont 700 sont employés dans des conditions précaires caractérisées par des bas salaires et le non-versement des prestations. Les travailleurs permanents gagnent 300 000 Francs CFA (soit 532 US$) comparativement aux travailleurs sous-traités qui reçoivent 44 000 Francs CFA (78 US$).

Charles Kumbi, agent de projet d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, qui a participé à la réunion, a déclaré:

« Nous nous félicitons de la collaboration entre les affiliés qui renforce le pouvoir syndical et nous soutenons également les actions syndicales conjointes visant à améliorer les conditions de travail et à mettre un terme au travail précaire ».

Le Benin figure parmi les plus gros producteurs de coton en Afrique, dont les exportations des récoltes contribuent jusqu’à 40 pour cent des recettes en devises étrangères et 12 pour cent du PIB. En outre, 60 pour cent des tissus sont issus de la production locale de coton. Avec plus de 300 000 producteurs de coton faisant vivre plus de deux millions de personnes, cette matière première est à même de réduire les taux élevés de pauvreté. Par exemple, un soutien de la chaine d’approvisionnement des vêtements en coton par les politiques gouvernementales pourrait conduire à des investissements dans les usines de textile et de l’habillement susceptibles de créer des milliers d’emplois et de stimuler l’industrialisation.

Etats-Unis: les travailleurs de National Grid mis en lock-out se voient refuser l’accès aux soins de santé

National Grid, qui distribue de l’électricité et du gaz, a mis en lock-out, le 25 juin, les travailleurs syndiqués dans l’Etat du Massachusetts après l’échec des négociations contractuelles, et supprimé l’accès des travailleurs aux soins de santé. Les travailleurs ont maintenu les lignes d’alimentation en gaz naturel des domiciles privés, entreprises et bâtiments publics à travers l’Etat.

La compagnie a mis en lock-out les travailleurs bien que ces derniers aient offert de continuer de travailler dans les mêmes conditions durant la poursuite des négociations faisant suite à l’expiration du contrat en date du 24 juin. National Grid fait appel à des gestionnaires et des entrepreneurs pour continuer de garantir l’approvisionnement en gaz, une pratique dénoncée par le syndicat comme dangereuse en raison du fait que la manipulation du gaz exige des professionnels expérimentés.

Après trois semaines de lockout, les conseillers de plusieurs villes à travers le pays ont voté la suspension du travail relatif à la fourniture de gaz non urgent pour des questions de sécurité publique, après que plus de douze infractions aux règles de sécurité commises par des directeurs et des sous-traitants inexpérimentés aient été signalées aux autorités publiques.

Malgré les profits énormes qu’elle engrange et les récentes réductions fiscales dont elle bénéficie, National Grid est déterminée à introduire les changements qu’elle envisage et qui aboutiront à l’augmentation des cotisations payées par les travailleurs pour leur couverture sanitaire et à la réduction des prestations sociales du nouveau personnel. La compagnie a récemment reçu une réduction d’impôts de l’administration Trump; et, grâce à la hausse des tarifs aux consommateurs, engrangera des recettes supplémentaires.

Brian Harvey, membre de la Section locale 12003, a appris récemment que son jeune fils était atteint d’un cancer de stade trois. Pourtant, il a été mis en lock-out et l’assurance maladie de sa famille a été supprimée la semaine même où son fils effectuait sa première chimiothérapie.

Harvey a déclaré:

« Avant tout, vous n’êtes qu’un numéro pour eux. Je dirais à National Grid: ‘jusqu’à quel point êtes-vous avide? Et le plus d’argent que vous mettez dans votre poche en vaut-il la peine pour vous; est-ce que cela vaut la peine que vous fassiez du mal à toutes ces personnes? ».

La directrice d’IndustriALL Global Union pour le secteur de l’énergie, Diana Junquera Curiel, a déclaré:

« Mettre fin à l’assurance santé est un comportement méprisable de la part de la compagnie. Ils menacent la santé des travailleurs pour tenter de contraindre leurs employés à accepter les pires conditions.

« C’est un exemple terrible de l’avidité des entreprises sans pitié et du mépris imprudent de la sécurité publique. National Grid doit rétablir l’assurance santé, mettre fin au lockout et négocier de bonne foi avec sa main-d’œuvre. IndustriALL et ses affiliés continueront de soutenir fermement ces travailleurs ».

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a envoyé une lettre de solidarité au syndicat des Métallos (USW).

National Grid a vu le jour suite à la privatisation de la production et de la distribution d’électricité en Grande-Bretagne en 1990. La compagnie est inscrite aux bourses de Londres (LSE) et de New York (NYSE). Aux Etats-Unis, elle fournit du gaz et de l’électricité aux communautés vivant dans le Nord-Est, grâce à son acquisition de plusieurs entreprises régionales de distribution d’énergie.

Fermeture d’une mine meurtrière en Géorgie après de multiples décès

L’affilié d’IndustriALL TUMMCIWG (Syndicat des métallurgistes, des mineurs et des chimistes de Géorgie) rapporte que ce 16 juillet la voûte d’une galerie de la mine Mindeli s’est effondrée, apparemment à la suite d’un coup de grisou. Quatre mineurs sont morts sur place à la suite de graves blessures. Six autres ont subi des brûlures et ont été emmenés à l’hôpital. Deux d’entre eux sont dans un état particulièrement grave.

Une instruction criminelle a été ouverte à l’encontre de l’entreprise propriétaire des lieux, Saknakhshiri GIG, la filiale de Georgian Industrial Group (GIG) dédiée à l’exploitation du charbon, en vertu du second paragraphe de l’Article 240 du Code criminel de Géorgie, qui concerne les infractions aux règles de sécurité dans le domaine minier, dans la construction et autres chantiers. Ces infractions sont punissables d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans. La direction de la mine a été convoquée au poste de police pour interrogatoire.

Le Premier Ministre de Géorgie a décrété une journée de deuil le 16 juillet en raison de la catastrophe. Tous les sites de production des deux mines de Tkibuli resteront fermés jusqu’à la conclusion de l’enquête. Les salaires des mineurs seront versés pendant la période de chômage technique.

Auparavant, le 5 avril, l’effondrement de parois d’une galerie de la mine Mindeli avait entraîné la mort de six mineurs, trois autres étant blessés. Le TUMMCIWG avait fait appel à l’expertise d’ingénieurs étrangers, invitant des spécialistes venus d’Ukraine. Selon eux, l’accident était principalement la conséquence d’une mauvaise organisation des systèmes de travail ainsi que de santé et sécurité.

Tamaz Dolaberidze, Président du TUMMCIWG, indique :

“La déclaration du Premier Ministre concernant la décision du gouvernement reprend les revendications faites par les syndicats géorgiens après la tragédie du 5 avril. Nous avions revendiqué un arrêt provisoire des activités des mines, une étude de risques avec la participation d’experts étrangers et la prise de mesures préventives en fonction des résultats.

“Nous avions également revendiqué la prise en charge des salaires des mineurs pendant la période de chômage forcé. Si le gouvernement avait pris cette décision immédiatement comme les syndicats le demandaient, nous aurions évité l’accident du 16 juillet”.

Il n’y a pas d’emplois alternatifs à Tkibuli, et les résidents sont obligés de travailler dans les mines, avec leur niveau élevé de dangerosité.

Selon la Confédération géorgienne des Syndicats, 18 personnes ont été tuées en Géorgie à l’occasion d’accidents du travail pendant le premier trimestre de 2018.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

’’Nous saluons la mémoire des disparus et souhaitons un prompt rétablissement à ceux qui ont été affectés par cette terrible tragédie. Nous partageons les préoccupations de notre affilié au sujet des problèmes de santé et sécurité et appelons le gouvernement géorgien à prendre des mesures efficaces en fonction des résultats de l’enquête en cours.’’

Afrique du Sud: mort de six travailleurs dans un incendie souterrain survenu dans une mine de cuivre

Le 15 juillet, alors que la mine était censée être fermée, la direction a envoyé 200 travailleurs sous terre pour augmenter la production. Selon l’affilié à IndustriALL Global Union, le syndicat national des mineurs (NUM), l’incendie pourrait avoir été causé par les températures souterraines élevées. Selon les travailleurs, la mise hors tension du système d’extinction d’incendie, y compris la fermeture de l’approvisionnement en eau, en raison de l’arrêt de la mine, auraient rendu difficile la maîtrise de l’incendie.

La bande transporteuse est également soupçonnée de ne pas répondre aux normes requises. La réglementation stipule qu’une bande transporteuse doit être ignifuge et auto-extinguible, ce qui n’est pas le cas à Palabora.

En conséquence, le syndicat exige que la direction « dise la vérité » sur les causes de l’incendie et les raisons pour lesquelles les travailleurs ont été exposés à des conditions de travail si dangereuses.

NUM a demandé au Ministère des ressources minérales d’enquêter sur l’incident et de jouer son rôle de surveillance pour s’assurer que la compagnie minière respecte la réglementation minière en matière de santé et de sécurité dans les mines. Selon la Loi sur la santé et la sécurité dans les mines, l’employeur doit veiller à ce que la mine offre des « conditions d’exploitation  sûres et un environnement de travail sain », aussi bien pour les activités de construction de la mine que ses équipements. Un employeur qui négligerait de le faire pourrait être accusé d’« omission par négligence ».

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a indiqué:

« Il est inacceptable que les compagnies minières négligent les questions de santé et de sécurité, en particulier lorsque les travailleurs continuent de décéder d’accidents miniers évitables. Le droit à la vie des travailleurs doit être respecté et ne peut pas être changé quel qu’en soit le prix ».

Le Ministre des ressources minérales, Gwede Mantashe, a déclaré dans un communiqué:

« Il est regrettable que, en tant que nation, nous ayons perdu tant de vies dans cette catastrophe. Ces décès s’ajoutent à un nombre de morts déjà élevé dans l’industrie depuis le début de l’année ».

Depuis janvier, 55 mineurs ont été tués dans des accidents miniers. Avec l’accumulation des morts et des blessés, l’objectif de parvenir à « zéro blessure » du Conseil sur la santé et la sécurité au travail dans les mines devient illusoire.

Clôture officielle des affaires d’arbitrage soumises en vertu de l’Accord du Bangladesh et dont le règlement se monte à des millions de dollars

Les marques ont rempli toutes les conditions de l’accord, y compris le paiement de plus de 2,3 millions de US$, pour remédier aux conditions dangereuses dans les usines de prêt-à-porter au Bangladesh. L’Accord versera l’argent aux usines éligibles.

« Ces affaires démontrent la capacité de l’Accord à obliger les compagnies à devoir rendre des comptes et à davantage sécuriser le travail le long de la chaîne d’approvisionnement », a indiqué Christy Hoffman, Secrétaire générale du syndicat mondial UNI Global Union. « En raison du caractère contraignant de l’Accord, il a été remédié à des dizaines de milliers de risques potentiellement mortels et plus d’un million de travailleurs ont été formés. C’est pourquoi nous continuerons à appliquer rigoureusement l’Accord et à chercher des moyens novateurs et efficaces pour régler les différends avec les marques ».                      

Les demandes d’arbitrage ont été déposées en juillet et en octobre 2016 pour obliger les marques récalcitrantes à respecter les termes de l’Accord, celles-ci n’ayant pas exigé des usines sous contrat de remédier aux risques en temps utile – laissant des milliers de personnes travaillées dans des conditions dangereuses. Les syndicats ont également accusé les marques de n’avoir pas veillé à ce que ces usines disposent des ressources financières nécessaires pour régler les problèmes de sécurité existants.

La première marque est parvenue à un accord en décembre 2017, et la seconde, en janvier 2018.

« Avant l’Accord, un accord de cette envergure et de cette portée sur la question de la sécurité des travailleurs le long de la chaîne d’approvisionnement était impensable », a indiqué Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Global Union. « L’Accord a la capacité de changer fondamentalement la manière dont les vêtements et les textiles sont produits ».

Les deux règlements des différends ont été rendus possible par la représentation offerte gratuitement aux deux syndicats mondiaux par Marney Cheek et son équipe à Covington & Burling. 

L’Accord, qui couvre 2,5 millions de travailleurs dans l’industrie du prêt-à-porter au Bangladesh, a été établi par IndustriALL et UNI en 2013 suite à la catastrophe du Rana Plaza, ayant causé la mort de plus de 1 100 travailleurs de l’industrie de l’habillement et blessé plus de 2 000 autres. Il s’agissait du premier accord ayant un mandat juridiquement contraignant imposant aux marques de mode d’exiger de leurs sous-traitants de remédier aux problèmes de sécurité incendie, structurelle et électrique. Cet accord a expiré le 31 mai 2018.

Un deuxième accord conclu avec près de 200 marques signataires, l’Accord de transition 2018, est entrée en vigueur le 1er juin de cette année. Cet accord prolonge les protections octroyées par l’accord jusqu’au 31 mai 2021, à moins qu’un comité mixte de surveillance (composé des marques signataires de l’Accord, des syndicats signataires de l’Accord, de l’Association des fabricants et des exportateurs de vêtements au Bangladesh, de l’Organisation internationale du travail (OIT) et du Gouvernement du Bangladesh) convienne à l’unanimité qu’un ensemble de conditions rigoureuses aient été respectées pour permettre un transfert de compétence à organisme de réglementation national. 

Pour de plus amples informations sur les progrès réalisés dans le cadre de l’Accord, prière de cliquer sur: www.bangladeshaccord.org. Pour lire le communiqué de l’APC: https://pcacases.com/web/sendAttach/2435. Davantage d’informations sur l’affaire peuvent être trouvées à l’adresse ci-après: https://pca-cpa.org/en/cases/152/

Afrique du Sud : la grève pour un salaire vital du secteur de la chaussure entre dans sa deuxième semaine

L’affilié d’IndustriALL Global Union, le SACTW (Syndicat sud-africain des travailleurs de l’habillement et du textile), et le Syndicat national des travailleurs du cuir et des secteurs connexes, qui représentent les plus de 10.000 travailleurs et travailleuses du secteur, ont appelé à une grève nationale pour réclamer des salaires vitaux.

Au lieu d’engager le dialogue avec les syndicats, certains employeurs ont recours à l’intimidation, ce que les syndicats qualifient d’attitude “illégale, provocatrice et incompatible avec la promotion de relations sociales saines”. Ceci intervient après qu’Allie Kramer, un chef d’équipe de l’usine Bagshaw Footwear de Port Elizabeth, a tiré à balles réelles et à distance rapprochée en direction de grévistes qui s’étaient réunis. Les syndicats ont depuis appelé à ce qu’il soit suspendu et sanctionné par le biais d’une procédure disciplinaire pour avoir mis la vie de ces travailleurs et travailleuses en “grave danger”.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le secteur du textile et de l’habillement a déclaré :

“Nous soutenons les revendications des travailleurs et travailleuses en faveur d’un salaire vital et invitons les employeurs à prendre en considération la hausse du coût de la vie qui érode les revenus du travail. La paix syndicale et le dialogue social ne seront pas possibles si l’employeur opte pour l’intimidation. Nous condamnons fermement l’usage d’armes à feu pour intimider les travailleurs.”

L’habillement, le textile, les chaussures et le cuir constituent un secteur qui emploie plus de travailleurs et travailleuses que tout autre activité manufacturière en Afrique du Sud. Selon le SACTWU, ce secteur apporte une importante contribution dans la réduction du chômage et de la pauvreté ainsi qu’au niveau des emplois, principalement de femmes, qui constituent environ 82% de la main d’œuvre. Ces femmes sont employées en particulier dans des petites villes comptant moins d’emplois, ce qui promeut l’égalité des genres. Pour le coup, des salaires vitaux marqueraient une différence pour les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs familles.

Accroître les compétences et accentuer la formation des travailleurs et travailleuses est important pour le secteur. Cependant, le SACTWU indique que le secteur est en proie à des menaces en raison de fraudes aux droits de douane qui sont évités et éludés lorsque les biens sont importés par le biais d’un pays tiers, pour ne citer qu’un exemple de schéma illégal, parfois même mis en œuvre avec la complicité de représentants de l’autorité. Ces biens sont introduits en contrebande dans le pays et vendus à des prix qui coupent l’herbe sous le pied des usines locales et menacent les emplois.

Le secteur a également souffert de la concurrence mondiale qui a vu la production locale remplacée par des importations. Nonobstant, le Programme de compétitivité pour l’habillement et le textile, soutenu par le gouvernement, a donné un coup de fouet au secteur et apporté une certaine stabilité.

Inde: mort de six travailleurs à l’usine métallurgique Gerdau

La fuite accidentelle de gaz toxique est survenue le 12 juillet, aux alentours de 17 heures. Alors qu’ils nettoyaient un tunnel, des travailleurs ont perdu connaissance. Venus les secourir, deux autres travailleurs se sont également évanouis. Toutes les victimes ont été transportées à l’hôpital. Deux travailleurs sont morts en chemin alors que quatre autres sont décédés à l’hôpital. Trois travailleurs suivraient un traitement médical.   

Les travailleurs décédés sont: Manoj Kumar (24 ans), B. Ranganath (21 ans), S. M. Wasim Basha (26 ans), K. Siva Maddileti (26 ans), K. Yugandhar (37 ans) et G. Guruvaiah (45 ans). Seuls deux d’entre eux étaient des travailleurs permanents; les quatre autres étaient sous-traités ou en apprentissage. Plusieurs venaient de se marier ou laissent derrière eux des enfants en bas âge.  

Les autorités locales, qui enquêtent sur les circonstances de l’accident, devraient présenter leur rapport dans quelques jours. Selon les rapports préliminaires, la fuite de monoxyde de carbone dans le tunnel serait survenue alors que le gaz était utilisé pour réchauffer suite à des travaux de maintenance. Les autorités locales auraient annoncé que les indemnités qui seront versées aux familles des travailleurs décédés seront calculées en fonction de leur expérience professionnelle. Etant donné que quatre des victimes étaient des travailleurs précaires, l’indemnisation qui leur sera versée demeure floue. 

L’accident aurait pu être évité si l’usine métallurgique Gerdau, à Tadipatri, appliquait des mesures de sécurité appropriées et faisait l’objet d’inspections de sécurité régulières de la part des autorités gouvernementales. Une manifestation importante a eu lieu dans la région pour exiger que des indemnités appropriées soient versées aux victimes et à leurs familles, et que les responsables de l’accident fassent l’objet de sanctions. L’usine n’a pas de syndicat, la tentative d’en former un quelques années auparavant ayant échoué.  

Gerdau est l’un des plus grands producteurs d’acier dans le monde, dont le bilan en matière de santé et de sécurité est mauvais. En moins d’un an, en 2017, 10 travailleurs ont été tués à l’usine Ouro Branco Gerdau au Brésil. Lors de la réunion du Conseil mondial des travailleurs de Gerdau, en mai 2018, les représentants syndicaux ont mis en évidence les nombreux problèmes auxquels font face les travailleurs à Gerdau, y compris les pratiques antisyndicales exercées par la compagnie. 

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré:

« Gerdau doit renforcer les mesures de santé et de sécurité dans ses usines à travers le monde. Il est inacceptable que des accidents mortels évitables continuent de coûter la vie aux travailleurs à Gerdau. Nous souhaitons exprimer notre solidarité avec les familles qui ont perdu leurs proches et nous exigeons que la direction de Gerdau verse une juste compensation aux familles des victimes. Gerdau ne devrait pas s’efforcer d’empêcher les travailleurs de former un syndicat à son usine, en Inde. La compagnie doit collaborer avec le Conseil mondial des travailleurs de Gerdau pour répondre aux problèmes de santé et de sécurité dans ses usines à travers le monde ».

Un tribunal condamne les patrons de Soma à des peines atteignant 22 ans de prison pour la catastrophe minière la plus meurtrière de Turquie

Le verdict du tribunal d’Akhisar, ville située à 50km de Soma, dans l’ouest de la Turquie, a été proclamé le 11 juillet, après trois ans de procès.

Le directeur général de la mine Ramazan Dogru et le directeur technique Ismail Adali ont été condamnés à vingt-deux ans et six mois de prison et le directeur des opérations Akin Celik ainsi que le superviseur technique Ertan Ersoy à dix-huit ans et neuf mois.

Le PDG de la mine, Can Gurkan, a été condamné à quinze ans de prison.

Alp Gurkan, père du PDG Can Gurkan et Président la Compagnie des Mines de Soma, propriétaire de la mine, a été acquitté ainsi que 36 autres inculpés. Sur les 51 inculpés, 9 autres directeurs de la mine ont été condamnés à des peines de prison allant de six à onze ans.

Les procureurs avaient requis des peines de prison de vingt-cinq ans au nom de chacune des 301 victimes.

Cependant, les familles des victimes, la société civile et les syndicats sont en colère, parce que les inculpés ont été accusés de négligence plutôt que de meurtre, ce qui était la prévention retenue par les procureurs lorsque le procès a commencé en avril 2015.

Les 301 mineurs sont décédés de manière insensée dans la mine de Soma à la suite d’une exposition au monoxyde de carbone et à des gaz toxiques consécutive à une explosion dans un des puits. Les rapports ont montré que du charbon s’était consumé pendant plusieurs jours avant l’explosion du 13 mai 2014, conduisant à l’accumulation de gaz mortels.

“La conscience collective n’a pas été apaisée,” a déclaré Turk-Is, la Confédération des syndicats turc, à laquelle Maden-Is est affilié. Maden-Is, également affilié à IndustriALL est le syndicat qui représente les mineurs de Soma. “À l’analyse des causes et des conséquences de la catastrophe de Soma, nous avons sans cesse souligné qu’il ne s’agissait pas d’un accident, mais d’un massacre. Toutes les preuves ont montré qu’il y avait eu négligence grave, à un point qui dépasse largement l’imprudence ou l’incurie.”

“La justice à Soma a été bafouée” a asséné la Confédération des syndicats progressistes (DISK), exprimant sa colère. “À Soma, notre chagrin est encore frais. Il est impossible pour nous d’accepter ce verdict. Nous n’oublierons pas, nous ne nous effacerons pas, nous ne pardonnerons pas.”

Un rapport officiel accablant sur la catastrophe de Soma a montré que la mine était un piège mortel. Les détecteurs d’alarme ont été ignorés, les rapports de sécurité trafiqués et les systèmes de ventilation laissés défectueux, pour ne citer que quelques infractions graves.

“Ce verdict est totalement inacceptable, car il est loin des attentes de l’opinion publique, au vu de l’ampleur de la catastrophe” a déclaré le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, qui ajoute :

“Il est certain que les familles des mineurs tués seront scandalisées par cette décision. Ensemble avec des syndicats de mineurs venus du monde entier, nous leur avons rendu visite dans leurs villages et que justice soit faite était leur attente principale. Mais on dit en Turquie : la montagne a accouché d’une souris. IndustriALL Global Union va continuer à suivre cette affaire jusqu’à ce qu’une vraie justice émerge.”

Les syndicats constituent un réseau mondial et visent à étendre le partenariat avec ArcelorMittal

Soixante-dix dirigeants de syndicats d’ArcelorMittal venus de dix-huit pays différents et réunis à Luxembourg les 10 et 11 juillet, ont lancé au sein d’IndustriALL le Réseau syndical mondial pour ArcelorMittal. Ces syndicats représentent des dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses d’ArcelorMittal, de pratiquement toutes les principales mines et unités de production et de traitement de l’acier de l’entreprise au niveau de l’Afrique, de la Communauté des États indépendants, de l’Europe, de l’Amérique latine et de l’Amérique du Nord.

Ces dirigeants se sont engagés par rapport à un programme de communication, de collaboration et de coordination entre les syndicats du réseau mondial d’ArcelorMittal.

“Les syndicats d’ArcelorMittal reconnaissent l’importance de collaborer par-delà les frontières. Un certain nombre d’entre eux ont lancé un appel lors de notre Comité de pilotage pour les métaux de base, en septembre dernier, en faveur de la mise sur pied d’un réseau syndical mondial et ils l’ont maintenant lancé en s’engageant à y participer de manière active. IndustriALL va fermement soutenir leurs efforts,” a indiqué le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches.

Le Ministre luxembourgeois du travail, Nicolas Schmit, s’est exprimé lors de la réunion et a exprimé son soutien à la participation d’ArcelorMittal, dont le siège est au Luxembourg, à un dialogue social mondial avec les syndicats, en appelant à ce qu’il serve de modèle pour d’autres entreprises.

Le Vice-président exécutif et Directeur des ressources humaines d’ArcelorMittal, Bart Wille, s’est également exprimé lors de la réunion et a relevé et commenté des questions formulées par les participants.

M. Wille a fait part de l’engagement d’ArcelorMittal au dialogue social au niveau de toutes ses activités, à ouvrir un dialogue transparent avec une communication respectueuse, à des relations sociales fortes, à garantir une vie professionnelle sûre, saine et de qualité pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses, ainsi que d’autres engagements que l’entreprise a pris en adhérant au Global Deal.

IndustriALL Global Union possède un accord mondial sur la santé et la sécurité avec ArcelorMittal depuis 2007. Le comité, mis sur pied par le biais de cet accord, s’est réuni au lendemain de la réunion du réseau syndical mondial pour débattre d’un nouveau programme de formation qu’il est en train d’élaborer pour les comités de santé et sécurité locaux.

Le Réseau syndical mondial d’ArcelorMittal a identifié comme étant un objectif clé un engagement écrit de l’entreprise à un dialogue social plus formel, structuré et régulier au plan mondial, qui comprendrait un comité mondial ayant le soutien de l’entreprise, aux fins de traiter des questions qui ont un intérêt au plan mondial et qui vont au-delà de la santé et de la sécurité.

“Nous apprécions la participation et le soutien d’ArcelorMittal à cette réunion, ainsi que l’ouverture récemment manifestée par l’entreprise au dialogue avec IndustriALL au sujet de préoccupations que nous avons au sein de certains de ses sites d’activité. Nous soutenons aussi entièrement les engagements formulés par ArcelorMittal par rapport à des relations sociales positives. Nous sommes convaincus que, par le biais d’un partenariat au niveau du Réseau syndical mondial d’ArcelorMittal et d’IndustriALL, nous pouvons concrétiser ensemble ces engagements,” a ajouté Valter Sanches.