La solidarité paie : les salariés des ascenseurs Orona en Norvège concluent une convention

Ces mécaniciens d’ascenseur souhaitaient conclure une convention collective qui mette leurs conditions d’emploi et de travail au niveau des normes du secteur. Après le refus de l’entreprise de négocier, 19 salariés sont partis en grève en Norvège le 14 mai. Près de trois mois plus tard, la grève a pris fin avec une convention conclue entre le syndicat et Orona, le dernier tour de négociation ayant duré 13 heures.

Orona avait essayé d’éviter les syndicats norvégiens du secteur, traditionnellement forts, et entendait utiliser davantage de sous-traitants en Norvège. La revendication essentielle des travailleurs et travailleuses norvégiens était qu’Orona, un des plus importants producteurs d’ascenseurs en Norvège, adopte une convention collective de travail (CCT) qui, pour ce secteur, concerne déjà les travailleurs de Thyssenkrupp, Kone et Otis.

IndustriALL a exhorté l’entreprise à abandonner ses attaques sur les droits de négociation collective, en particulier sa menace de fermer un site d’activité pour la simple raison que les travailleurs y exercent leurs droits fondamentaux. IndustriALL a également appelé Orona à s’engager dans des négociations franches avec les représentants respectifs des travailleurs et à respecter un processus de négociation équitable et ouvert au regard des conventions fondamentales de l’OIT et de la législation norvégienne.

À présent, le syndicat norvégien des constructeurs d’ascenseur a remporté cette importante bataille : l’entreprise est revenue à la table des négociations et a dû accepter la CCT et a également accepté de ne pas avoir recours à la sous-traitance au sein de ses entités respectives. Bien que cela concerne un faible volume d’activité, il s’agit d’une percée significative pour les syndicats norvégiens ainsi que pour les travailleurs et travailleuses d’Orona de par le monde, sachant que l’entreprise a auparavant résisté à la plupart des tentatives visant à syndiquer ses travailleurs.

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour l’ingénierie mécanique indique :

“Bien qu’en nombre restreint, nos collègues norvégiens ont prouvé leur force, leur détermination et leur solidarité. Nous avons également fait de notre mieux pour afficher la solidarité des travailleurs et travailleuses de par le monde ; nous ne pouvons pas laisser les multinationales s’en tirer lorsqu’elles adoptent une approche anti-syndicale.”

Markus Hansen, Président du Syndicat norvégien des constructeurs d’ascenseurs a fait ce commentaire :

"Nous considérons ceci comme une victoire totale, toutes nos revendications ont été rencontrées. Je suis vraiment fier de ces 19 mécaniciens qui ont mené le combat en étant prêts à aller jusqu’au bout. Le soutien reçu des autres syndicats et constructeurs d’ascenseur a été stupéfiant. Orona a combattu durement notre revendication d’une convention collective et est allée jusqu’à déclarer qu’elle quitterait la Norvège. En dépit de tout cela, ces 19 personnes sont restées unies et se sont montrées disposées à de gros sacrifices pour obtenir cette victoire. Nous la considérons comme le résultat d’une de nos plus importantes luttes de cette décennie.”

Turquie: la Cour constitutionnelle juge que « L’interdiction de la grève viole un droit fondamental »

En janvier 2015, l’affilié à IndustriALL Global Union, Birleşik Metal-İş, a lancé une grève dans 38 lieux de travail après que les négociations collectives menées avec l’Association des employeurs de l’industrie métallurgique (MESS) aient échoué. La grève était interdite néanmoins, dès le lendemain, par le gouvernement pour cause de menace à la sécurité nationale.

A l’époque, Birleşik Metal-İş avait introduit une demande auprès des tribunaux administratifs et du Conseil d’Etat visant à annuler le décret du gouvernement, affirmant qu’une grève dans le secteur de la métallurgie ne peut aucunement porter atteinte à la sécurité nationale. L’appel n’avait pas été accepté par le Conseil d’Etat malgré la jurisprudence existante.

Selon la Constitution turque, une fois toutes les voies de recours ordinaires épuisées, « tout le monde peut introduire une demande auprès de la Cour constitutionnelle au motif qu’un des droits fondamentaux et des libertés fondamentales inscrits dans la Convention européenne des droits de l’homme et garantis par la Constitution, ait été violé par les autorités publiques ».

Aussi, le syndicat a porté l’affaire devant la Cour constitutionnelle, laquelle a jugé que l’interdiction de grève constituait une violation des droits syndicaux et que l’invocation de la sécurité nationale avait été arbitraire. En outre, la Cour a ordonné au gouvernement de verser 50 000 lires turques (9 000 euros) au syndicat à titre d’indemnités.

Une autre session de négociations collectives s’est déroulée depuis l’interdiction de la grève en 2015, à l’issue de laquelle le gouvernement a, une fois de plus, interdit les grèves au motif d’atteinte à la sécurité nationale. La dernière décision de la Cour est toutefois perçue comme une victoire du syndicat.

Dans une déclaration, Birleşik Metal-İş a indiqué:

Par cette décision, la Cour constitutionnelle a ouvertement montré que le Cabinet ministériel prend des décisions arbitraires en interdisant les grèves et porte ainsi atteinte au droit de grève. Cette décision intervient toutefois plus de trois ans après l’interdiction de faire grève et l’indemnisation est trop faible; on ne peut donc guère parler de justice. L’interdiction de la grève a fait perdre davantage aux travailleurs que le montant demandé.

Néanmoins, il est important que la plus haute juridiction du pays ait jugé que ces interdictions de faire grève violent la constitution. La Cour constitutionnelle a jugé que la notion de sécurité nationale est ouverte à des interprétations subjectives pouvant conduire à des décisions arbitraires. Le gouvernement n’a pas expliqué de quelle façon ces grèves étaient susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale, et l’expression sécurité économique – qu’il utilise pour justifier l’interdiction – ne constitue pas une raison valable. C’est ce qui explique la décision de la Cour selon laquelle l’interdiction de faire grève a violé les droits syndicaux.

La Cour constitutionnelle était arrivée aux mêmes conclusions en 2015 au sujet de l’interdiction de la grève dans le secteur du verre, initiée par un autre affilié à IndustriALL, Kristal-İş, en juin 2014, et qui concernait 5 800 travailleurs employés dans 10 usines appartenant à la société Sisecam. A l’époque, la Cour avait soutenu que la notion de sécurité nationale devait être interprétée sans tenir compte des opinions personnelles et des accords, voire des pratiques discrétionnaires.

En rendant cette nouvelle décision, la Cour constitutionnelle confirme son jugement en tant que jurisprudence établie. Néanmoins, la première décision de la Cour constitutionnelle en 2015 n’a pas mis fin aux interdictions de faire grève dans différents secteurs, dont les secteurs métallurgique, minier et banquier. Par ailleurs, l’article pertinent de la loi sur les syndicats et les conventions collectives (loi no 6356) a été amandé par décret gouvernemental durant l’état d’urgence. Ainsi, en plus de « la santé publique et la sécurité nationale », les gouvernements peuvent interdire les grèves dans les services de transport publics fournis par les municipalités métropolitaines et dans les services bancaires si elles portent atteinte à la stabilité économique ou financière ». Cet amendement vient ainsi réduire encore le droit de grève.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a déclaré:

Le droit de faire grève est continuellement altéré de multiples façons en Turquie. Le gouvernement turc utilise la sécurité nationale pour interdire les grèves et favorise les  employeurs au détriment des travailleurs. La décision de la Cour constitutionnelle montre que les actions du gouvernement violent les droits syndicaux consacrés par la Constitution et garantis par les conventions internationales dont la Turquie est Partie.

Nous continuerons à soutenir nos affiliés turcs jusqu’à ce que le droit de faire grève soit respecté aussi bien en pratique qu’en droit.

Étude de cas : Glencore en Colombie

En 2006 déjà, il y avait eu des soupçons de corruption et de graves violations des droits de l’homme et l’on avait vu le syndicat local, Sintracarbón, un affilié d’IndustriALL Global Union, accuser la compagnie d’expropriations forcées et d’évacuations de villages entiers dans le but de pouvoir mettre en œuvre une exploitation minière avec la complicité des autorités colombiennes.

Glencore compte différents intérêts en Colombie, dont sa filiale Prodeco, qui possède deux mines adjacentes (La Jagua et Calenturitas), un terminal d’exportation de charbon (Puerto Nuevo), ainsi qu’une participation dans le chemin de fer qui achemine le charbon vers le terminal. Prodeco emploie environ 6.000 personnes.

Prodeco exploite les deux mines, le chemin de fer et le terminal portuaire par le biais de cinq filiales, en dépit de l’exigence formulée par les autorités colombiennes que les activités soient intégrées au sein d’une seule entité économique. Toutes ces composantes sont dirigées depuis le même étage d’un bâtiment à Barranquilla et se partagent les mêmes hauts dirigeants.

Selon Sintracarbón, les travailleurs et travailleuses des mines de La Jagua et Calenturitas sont soumis à des conditions d’emploi et de travail différentes et il leur est refusé de négocier ensemble en tant que syndicat ayant un employeur commun. Répartir la structure de propriété rend plus difficile pour le syndicat d’identifier un partenaire responsable avec qui négocier et résoudre les problèmes.

Saper les syndicats

Sintracarbón fait état du fait que Prodeco a enfreint de manière flagrante le droit à la liberté syndicale au sein de sa mine de Calenturitas en discriminant les adhérents et dirigeants syndicaux, en interférant avec le droit des travailleurs et travailleuses à choisir librement leur affiliation syndicale et en sapant le processus de négociation collective.

La direction applique également une discrimination à l’encontre des dirigeants syndicaux en modifiant leurs horaires ou leurs affectations, en leur appliquant des mesures disciplinaires draconiennes, dont des licenciements ou des suspensions multiples pour la même faute, ou en les mettant en congé payé pour les marginaliser.

Les syndicalistes sont traités comme des citoyens de seconde classe, sont persécutés et empêchés d’exercer leurs droits,

explique Blanco, une dirigeante syndicale.

Glencore a persuadé des adhérents de démissionner du syndicat en maniant à la fois la carotte et le bâton. En 2014, il y avait 67 plaintes concernant les relations de travail contre la filiale colombienne de Glencore, Prodeco, 46 étant toujours soumises à enquête en 2017. Prodeco a dû payer près de 500.000 dollars d’amende en lien avec ces griefs.

Santé et sécurité

À la mine de Calenturitas, la priorité est à la productivité au détriment de la santé et de la sécurité. Des politiques inefficaces en matière de sécurité dans l’exploitation et de santé professionnelle, compte tenu du haut risque que comporte l’activité minière, ont conduit à la survenance de nombreuses maladies professionnelles, sans parler de journées de travail de 12 heures, ce qui est illégal, de routes en mauvais état, des fortes vibrations de l’équipement et des niveaux de pollution élevés qui affectent la santé des travailleurs et travailleuses. En août 2017, Sintracarbón a rapporté 13 accidents du travail survenus en moins d’un mois. En janvier 2018, une victime d'accident a perdu la vie.

Infractions aux règles d’environnement

Glencore a enfreint de nombreuses règles d’environnement. En janvier dernier, 50.000 gallons de gasoil ont été déversés dans le sous-sol de Puerto Nuevo en raison du percement de l’une des citernes de stockage, d’une maintenance inefficace et d’un manque de contrôle. Glencore a tenté de cacher les faits auprès des autorités environnementales,

a indiqué la présidente de Sintracarbón Ciénaga, Claudia Blanco.

En 2010, après avoir constaté que les niveaux de pollution atmosphérique résultant de l’exploitation minière dépassaient les limites légales, mettant en péril la santé et la vie des personnes vivant à proximité des mines, le Ministère colombien de l’environnement a ordonné à Prodeco et aux autres entreprises de reloger les populations de Boqueron, Plan Boninto et El Hatillo.

Les entreprises ont attendu deux ans avant de lancer les processus et aucun d’entre eux n’est à son terme. Il y a eu des infractions au droit des communautés concernées à participer au processus et à avoir accès aux informations.

Externalisation

Le personnel est recruté par le biais de l’agence Manpower. La stabilité de l’emploi et le droit à un travail décent sont mis en cause et les salaires se ressentent du fait que les dispositions conventionnelles ne sont pas d’application. La liberté syndicale est en danger, car ces salariés ne peuvent pas se syndiquer. S’ils le font, leur contrat à court terme n’est pas renouvelé.

Les syndicats des BRICS discutent du travail décent et du développement durable

Lors d’une réunion tenue à Durban, du 27 au 29 juillet, le BTUF a adopté un programme de développement africain portant plus particulièrement sur le travail décent et le développement durable. La réunion, qui a eu lieu en même temps que le Sommet des BRICS à Johannesburg, a appelé de ses vœux à la justice sociale. Les syndicats devraient également participer à ce sommet pour renforcer le pouvoir collectif, les réseaux de solidarité et le militantisme dans les pays du Sud.

Le BTUF a exprimé des préoccupations concernant le travail précaire et la nécessité pour les syndicats d’élaborer une réponse stratégique. Les sociétés multinationales ont été appelées à respecter le droit du travail.

Figuraient parmi les questions discutées, l’avenir du travail, les droits des travailleurs, la couverture sanitaire universelle, les investissements qui accroissent la production, dynamisent l’industrialisation et favorisent le développement durable. Par ailleurs, la création d’emplois a été identifiée comme un élément clé pour les jeunes ainsi que pour atteindre les Objectifs du développement durable. Combler l’écart salarial entre les hommes et les femmes améliorerait l’accès des femmes à l’emploi. Le principe d’un salaire égal pour un travail de valeur égale devrait être aussi promu.

Par exemple, les salaires minimums vitaux sont importants pour lutter contre la pauvreté des travailleurs parmi les jeunes en Afrique subsaharienne qui représentaient 70 pour cent de la population en 2016. En outre, le chômage élevé de ces derniers ne permettra pas de profiter du dividende démographique prévu en 2030 selon le rapport de l’UNICEF: « Génération 2030 Afrique 2.0 », au moment où ce continent comptera davantage de jeunes adultes en âge de travailler que de personnes âgées. En effet, aucun bénéfice ne pourra être réalisé si les jeunes sont économiquement inactifs par manque d’emplois.

Les objectifs poursuivis par le BTUF en 2018 sont d’investir dans les personnes, les infrastructures sociales et économiques ainsi que la responsabilité environnementale. Développer les compétences des travailleurs, l’innovation et les outils des technologies de l’information et de la communication (TIC) s’avère indispensable dans le cadre d’Industrie 4.0, en plus de l’importance du travail décent, de la négociation collective et de la protection sociale. Le plein emploi et la création d’emplois, la participation syndicale et un dialogue social effectif sont également au nombre des objectifs à atteindre. Compte parmi les autres buts, la promotion d’une gouvernance démocratique, éthique et à l’écoute au sein des organismes publics et privés, et des systèmes multilatéraux internationaux inclusifs.

Le BTUF a indiqué être compétent pour traiter « des nombreuses questions relatives aux travailleurs, aux communautés, aux pays en développement, à la paix et à la sécurité, à la production alimentaire, au chômage, aux normes internationales du travail et aux droits des travailleurs ».

Paule-France, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré:

« Le BTUF agit comme un rappel crucial selon lequel le commerce international ne peut exister sans la participation des syndicats. Sans la vigilance du BTUF, les entreprises multinationales ignoreront les droits des travailleurs et les droits de l’homme, c’est pourquoi nous devons être vigilants ».

Des affiliés à IndustriALL Global Union appartiennent aux fédérations faisant partie du BTUF.

Afrique du Sud : exploitez les mines de manière responsable et améliorez les conditions de travail, recommande le rapport

Au lieu de cela, de tristes réalités sont monnaie courante dans les mines : médiocres conditions de travail, destruction de l’environnement, pauvreté et maladies pour les communautés affectées par les activités minières. Comment les compagnies minières peuvent-elles dès lors rencontrer les aspirations de la société qui considère les ressources minières comme des moteurs essentiels du développement national ? Les compagnies peuvent-elles être rendues responsables des problématiques économiques, environnementales, sociales et de gouvernance ? Quels mécanismes de responsabilisation peuvent être utilisés à cette fin ?

Telles sont quelques-unes des questions et problématiques avec lesquelles étaient aux prises plus de 50 délégués en provenance du Ghana, du Kenya, de Côte d’Ivoire, du Liberia, de Madagascar, du Malawi, de Tanzanie, d’Afrique du Sud, d’Ouganda, de Zambie et du Zimbabwe, au cours d’une réunion ces 25 et 26 juillet, à Johannesburg, destinée à débattre des  principales conclusions de l’évaluation du Responsible Mining Index (RMI) 2018. Les délégués étaient en provenance d’organisations fondées sur les communautés, d’organisations de défense des droits de l’homme, de communautés affectées par l’exploitation minière, d’organisations non-gouvernementales et d’universités. Les syndicats, représentés par les affiliés d’IndustriALL Global Union, le Syndicat national des mineurs et le Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud, ont indiqué qu’il était important de collaborer avec les acteurs de la société civile sur des problématiques communes aux travailleurs et aux communautés.

Le RMI a évalué 30 compagnies minières en considérant six domaines thématiques qui sont le développement économique, la conduite des affaires, la gestion du cycle de vie, le bien-être des communautés, les conditions de travail et la responsabilité environnementale. L’évaluation a pris en compte 127 sites miniers.

Les conditions de travail sont le domaine thématique le moins performant. Le RMI conclut qu’en dépit du fait que les compagnies minières prêtent attention à la santé et à la sécurité et y manifeste un engagement, 331 décès ont été rapportés pour 2015 et 2016. De plus, les compagnies minières ont un bilan insuffisant s’agissant de prendre en compte la question du salaire vital, les doléances des travailleurs et l’arrêt des discriminations au sein des mines. Cependant, on enregistre des progrès notables en matière de travail forcé et de travail des enfants.

L’assemblée a recommandé que le RMI, qui promeut l’accès libre à l’information en partageant publiquement ses données, collabore avec d’autres organisations qui mènent un travail similaire, dont l’Alternative Mining Indaba et African Mining Vision. Une stratégie que le RMI devrait continuer à utiliser est la divulgation publique des mauvaises prestations. Cela met la pression sur les compagnies, car les actionnaires vont demander pourquoi il en est ainsi. De plus, le RMI, qui pointe les incohérences dans les rapports fournis par les compagnies minières, peut venir en complément d’autres mécanismes.

Glen Mpufane, Directeur des mines pour IndustriALL, indique :

“En validant ce que nous savons, le RMI constitue un outil intéressant pour jeter des ponts et ouvrir des espaces communs pour le dialogue et la collaboration entre les communautés affectées par l’exploitation minière, la société civile et les syndicats. Nous voulons que les compagnies abandonnent la rhétorique et s’engagent dans l’amélioration de la santé et de la sécurité.”

Afrique du Sud: victoire judiciaire historique d’un syndicat contre le travail précaire

Il s’agit d’une victoire importante pour les travailleurs après des années d’une campagne syndicale menée âprement contre le courtier de main-d’œuvre. Cette victoire est le résultat d’une campagne acharnée conduite par le syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (NUMSA), qui a porté l’affaire devant les tribunaux.

Après avoir perdu devant la Cour d’appel pour les questions de travail, le coutier de main-d’œuvre, Assign Services, a porté l’affaire devant la Cour constitutionnelle, qui a jugé, le 26 juillet, que l’employeur du travailleur est l’entreprise pour laquelle le travailleur travaille, et non pas le courtier de main-d’œuvre qui l’a placé. Cette décision de la Cour signifie que les travailleurs temporaires dont le salaire s’élève à 15 500 US$ par an au maximum deviennent des travailleurs permanents après trois mois de travail en raison du fait qu’ils seront employés par la compagnie dans laquelle ils travaillent.

Le courtage de main-d’œuvre est une pratique de sous-traitance impliquant une entreprise embauchant la main-d’œuvre au nom d’entreprises « clientes ». La société de sous-traitance génère des profits en versant des salaires bas tout en appliquant des tarifs élevés aux entreprises « clientes ». L’affilié à IndustriALL Global Union, NUMSA, a condamné cette pratique et soutient, depuis plusieurs années, avec d’autres syndicats, que les compagnies clientes doivent directement engager les travailleurs plutôt que d’utiliser ce système d’exploitation qui ne fournit aucune prestation, retraite et assurance médicale comprises, aux travailleurs.

Dans le cadre des contrats de courtage de main-d’œuvre, les travailleurs, bénéficiant de contrats de courte durée pouvant être supprimés à tout moment, ne bénéficient pas non plus de la sécurité de l’emploi. Les courtiers de main-d’œuvre ont également refusé de fournir des prestations au motif qu’ils n’étaient pas des employeurs bien qu’ils aient fourni les contrats.

Says Irvin Jim, Secrétaire général du syndicat NUMSA, a déclaré:

« Notre expérience avec les courtiers de main-d’œuvre est qu’ils exploitent abusivement la situation et exposent les travailleurs à des salaires précaires et de terribles conditions de travail. Nous espérons que cette décision annoncera la disparition des courtiers en main-d’œuvre dans l’ensemble du secteur et nous continuerons de lutter pour obtenir leur interdiction totale ».

Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne a salué le jugement de la Cour:

« C’est une victoire pour les milliers de travailleurs employés par les courtiers de main-d’œuvre. Nous applaudissons la décision de la Cour qui fournit un moyen légal pour protéger les droits des travailleurs à obtenir des emplois permanents. Les courtiers de main-d’œuvre ne peuvent pas continuer de tirer des profits des conditions précaires des travailleurs ».

Les syndicats de l'énergie réclament une transition juste lors d'une conférence mondiale

Plus de 20 représentants de 70 organisations syndicales étaient réunis à Saint-Pétersbourg, en Russie, les 25 et 26 juillet pour la conférence mondiale du secteur d'IndustriALL Global Union, qui se tenait sur le thème "Renforcer la puissance syndicale dans les industries de l'énergie".

Dans le secteur de l'énergie, les politiques et structures de l'énergie nationales changent à un rythme accéléré afin de réagir au changement climatique, de satisfaire aux quotas d'émission et de s'adapter aux nouvelles technologies qui exigent des compétences totalement nouvelles des travailleurs de l'énergie. Cette évolution s'inscrit dans un contexte de hausse de la demande d'énergie, de privatisation et de progression du travail précaire dans le secteur. 

Dans ce contexte d'emploi industriel durable, une transition juste s'impose pour que les changements que traverse le secteur se fassent avec équité et justice pour les travailleurs, leurs familles et la collectivité.

Alexander Korchagin, le Président du Syndicat russe des travailleurs du pétrole, du gaz et de la construction qui accueillait la conférence, a expliqué que, durant cette phase critique que traverse l'industrie de l'énergie, les syndicats sont la meilleure forme de protection des intérêts des travailleurs.

S'adressant aux participants, le Secrétaire général d'IndustriALL Valter Sanches a expliqué que l'énergie est un droit élémentaire mais qu'avec la privatisation, les multinationales ont commercialisé l'énergie et créé des monopoles.

“S'agissant de l'électricité, le modèle le plus répandu est géré par des entreprises privées régies par des normes publiques insuffisantes,” a déclaré Valter Sanches. “Les multinationales sont très puissantes et les gouvernements craignent de s'y frotter.”

Pendant la conférence, les débats ont mis en lumière le problème croissant du travail précaire, qui touche tous les pays mais en frappe certains plus particulièrement, comme le Nigeria où la quasi totalité des ouvriers de production ont des contrats indirects. D'autre pays, comme la Côte d'Ivoire, font état d'écarts importants dans les rémunérations, les conditions de travail et les prestations des travailleurs permanents et contractuels. Il faut que les syndicats redoublent d'efforts pour organiser les travailleurs précaires et les englober dans les conventions collectives chaque fois que c'est possible ont déclaré les participants. 

L'intensification de la coopération à travers les réseaux syndicaux a été qualifiée d'essentielle pour renforcer la puissance syndicale par le biais du soutien solidaire et l'échange d'informations entre syndicats par-delà les frontières. En Amérique latine, le réseau de l'énergie a largement contribué à la création de nouveaux syndicats dans le secteur.

Les participants ont discuté des campagnes d'IndustriALL dans le secteur, notamment chez Shell qui tente de dresser les travailleurs les uns contre les autres dans différentes régions et refuse de négocier avec IndustriALL à l'échelon mondial. Ils ont également noté les graves violations des droits syndicaux commises en Algérie, ainsi que la campagne en cours pour faire respecter les droits des travailleurs de DNO au Yémen.

Lors d'une discussion animée sur le concept Industrie 4.0, l'éducation et la formation – payées par l'entreprise – ont été qualifiées de vitales pour les travailleurs. Les syndicats doivent participer au processus décisionnel lorsqu'il s'agit de la transformation technologique de la production énergétique.

Les participants ont approuvé un nouveau plan d'action pour le secteur qui consistera à identifier des stratégies pour l'instauration d'une transition juste, le renforcement de la puissance syndicale, l'élimination du travail précaire, une participation et une représentation accrues des femmes, l'amélioration de la santé et la sécurité, la résistance au capitalisme mondial et une politique industrielle durable.

Les participants à la conférence ont aussi présenté leurs plus sincères condoléances aux travailleurs grecs et à la population pour les nombreuses victimes des incendies de forêts, ainsi qu'aux communautés frappées par la rupture d'un barrage pendant la construction d'une usine hydroélectrique au Laos.

Ils ont aussi adopté des déclarations de solidarité avec les travailleurs en lutte chez ExxonMobil en Australie, au National Grid aux États-Unis et chez Total au Royaume-Uni.

Frode Alfheim, de Industri Energi (Norvège), et Apsorn Krissanasmit, de PTT LU (Thaïlande), ont été réélus en tant que co-Présidents de la section de l'Energie d'IndustriALL.  Gwenne Farrell, de MOVE-UP (Canada), a été élue à la vice-co-Présidence de la section de l'Energie, tandis que Valeriy Matov, d'Atomprofspika (Ukraine), a été élu à la vice-co-Présidence de la section du Nucléaire. 

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

 “Le secteur de l'énergie connaît les mêmes problèmes que d'autres, comme les violations des droits, les menées antisyndicales et le travail précaire. La particularité de ce secteur réside dans la transition énergétique. Nous devons renforcer la puissance syndicale pour pouvoir être admis à la négociation avec les gouvernements et les entreprises afin d'imposer des politiques industrielles nationales durables qui garantissent une transition juste.”

Les centrales syndicales brésiliennes veulent promouvoir le développement du pays

CUT, CSB, CTB, Força Sindical, Intersindical, Nueva Central et UGT ont défini un agenda qui vise à remettre le Brésil sur la voie du développement en promouvant la démocratie, en générant des emplois de grande qualité et en assurant la justice sociale. L’agenda vise aussi à s’attaquer aux aménagements d’emploi informels, au travail précaire et à l’absence de sécurité d’emploi.

“Avec l’Agenda d’actions prioritaires pour la classe ouvrière, nous avons rassemblé les centrales syndicales pour afficher notre intention de mobiliser les travailleurs et travailleuses pour mener des actions volontaristes. Nous avons adopté par rapport aux défis auxquels nous sommes confrontés une approche tournée vers l’avenir, avec présente à l’esprit la responsabilité que nous partageons par rapport à la construction de notre pays et de notre nation”,

affirme le document.

L’agenda a pour but d’orienter le débat national qui va se profiler au cours des trois mois qui mèneront l’élection présidentielle d’octobre. Les syndicats espèrent que les candidats prendront des engagements par rapport aux mesures d’urgence de l’agenda afin de remettre l’économie du Brésil sur les rails et créer de l’emploi.

Les 22 recommandations comprennent des mesures pour : s’attaquer au chômage, qui affecte actuellement 20 millions de travailleurs et travailleuses ; créer de l’emploi pour toutes les couches de la société, et en particulier les jeunes ; reprendre des projets d’infrastructure et mettre en place des politiques pour protéger les sans-emplois.

De plus, les centrales syndicales vont tenir une journée nationale contre le chômage le 10 août prochain. Elles vont faire campagne contre les réformes introduites par le gouvernement de Michel Temer et revendiquer que des mesures soient prises pour remettre le pays sur les rails et juguler le chômage. Il y aura également des actions de protestation contre la hausse des prix des produits pétroliers ainsi que pour défendre le droit des travailleurs et travailleuses à la sécurité.

Ce jour-là, les salariés observeront des arrêts de travail, suivis de manifestations dans les différents États qui composent le Brésil, pour faire compagne en faveur des mesures économiques proposées. En joignant de la sorte leurs forces, les centrales vont montrer que le mouvement syndical est capable de mobiliser collectivement les travailleurs et travailleuses à un moment où leurs droits sont menacés.

Les syndicats condamnent le démantèlement des politiques sociales et les privatisations ainsi que la cession de biens de l’État qui sont d’une importance stratégique pour l’avenir du pays. En ce sens, ils renforcent leur opposition aux réformes qui menacent les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses.

“Pour sa part, IndustriALL Global Union soutient cette initiative clé des centrales syndicales du Brésil visant à unir la classe ouvrière. Nous soutenons également la journée nationale contre le chômage du 10 août. C’est une étape importante dans la lutte contre les actes posés par un gouvernement illégitime, installé par un coup d’État, qui menacent les droits des travailleurs et travailleuses. Nous invitons instamment nos affiliés à exprimer leur soutien à ces actions.”,

a indiqué le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches.

Les syndicats irakiens condamnent la violence contre les manifestants

Des manifestations de masse ont éclaté, il y a deux semaines, dans la ville de Bassora, située dans le Sud de l’Irak, au cœur de la production pétrolière. Les manifestations, qui se sont rapidement répandues à d’autres provinces, sont le fruit du chômage élevé, des services publics de mauvaise qualité et de la corruption. De plus en plus de gens s’indignent des richesses pétrolières colossales extraites du pays alors que la population vit dans la pauvreté.

Les manifestants exigent du gouvernement de l’eau, de l’électricité et d’autres services essentiels, rejettent le système politique confessionnel actuel et demandent la formation d’un gouvernement national représentatif. Dans le cadre du système actuel, le pouvoir est partagé par un système de quotas entre les principaux groupes de la société: les chiites, les sunnites et les Kurdes, qui serait à l’origine des divisions sectaires et de la corruption selon les manifestants.

Treize personnes ont été tuées et 81 arrêtées au cours des manifestations brutalement réprimées par les forces de sécurité. Le gouvernement a coupé l’accès à Internet, rendant difficile la diffusion des nouvelles sur la situation par les militants irakiens.

S’exprimant sur la télévision nationale irakienne, Hashmeya Alsaadawe, membre du Comité exécutif d’IndustriALL et présidente de la Fédération syndicale de Bassora, a déclaré:

« Contre qui ces troupes militaires se battent-elles et ces armes sont-elles dirigées? Vers des citoyens non armés qui revendiquent leur droit légitime à une vie digne! Ils veulent seulement avoir de l’eau, de l’électricité et du travail.

« A qui devons-nous adressez nos demandes? Le gouvernement local ne répond pas! J’ai appelé à manifester pacifiquement. Il n’y a pas d’intentions cachées. Néanmoins, nous ne devons pas exclure la possibilité que certains profitent de la situation ».

Dans une déclaration signée par plusieurs affiliés à IndustriALL Global Union, la Conférence des fédérations et des syndicats de travailleurs en Irak, a indiqué:

« Les manifestations publiques en cours dans de nombreuses provinces de notre pays sont la conséquence de la grave crise affectant notre société, causée par le racisme, les conflits sectaires et les mauvaises politiques économiques et sociales menées.  

« Les manifestants réclament de l’eau potable, de l’électricité pour se protéger de la chaleur estivale et du froid hivernal ainsi que la fin du chômage, de la faim, de la non fourniture des services et des conditions de vie au-dessous du seuil de pauvreté.  Ils exigent également justice contre le pouvoir des oligarques qui détruisent le tissu national et social du peuple irakien par la force et la cruauté ».

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« L’Irak est un pays extrêmement riche et son peuple a droit à un part équitable de cette richesse. Le puissant mouvement syndical irakien soutient les revendications à une vie décente et à l’élimination de la corruption. Le mouvement international est fier de faire cause commune avec eux ».

Les élections irakiennes viennent d’être remportées par l’alliance Sairoon (qui signifie « En avant » ou « l’Alliance pro-réformes »), composée de parties de gauche et propulsée au pouvoir par les mêmes forces qui se trouvent actuellement dans les rues. L’alliance n’a toujours pas réussi à former un gouvernement.

Une nouvelle fédération syndicale démocratique va voir le jour dans le secteur automobile au Mexique

Cette nouvelle fédération se compose de dix organisations représentant les travailleurs des équipementiers automobiles, des secteurs de la logistique, du caoutchouc et de l'industrie aérospatiale. Leur but est de faire en sorte qu'ils aient le droit de s'affilier librement à une organisation syndicale authentique de leur choix qui puisse les représenter dignement et défendre leurs droits.

Andrés Manuel López Obrador, qui a été élu Président du Mexique le 1er juillet, a promis tout au long de la campagne électorale qu'il respectera l'autonomie de toutes les organisations syndicales et que son gouvernement s'efforcera de promouvoir la démocratie syndicale et les droits des travailleurs.

Ces déclarations ont donné aux syndicats l'espoir que la nouvelle fédération syndicale démocratique pourra instaurer un dialogue social digne de ce nom avec le gouvernement. Le coordinateur d'IndustriALL Global Union au Mexique, José Luis Rodríguez Salazar, a déclaré à ce propos :

"La société civile mexicaine a exprimé son rejet de la corruption et de l'impunité qui règnent à tous les échelons de l'administration. L'élection de ce nouveau gouvernement est l'occasion d'apporter un changement dans la vie sociale, politique et économique du pays. Maintenant, c'est à nous, les travailleurs mexicains, de nous rassembler pour soutenir ce nouveau projet et transformer le monde du travail".

Les membres se sont engagés à collaborer avec le nouveau Président élu et avec les autorités en charge du travail dans l'intérêt des classes laborieuses et à combattre les pratiques néfastes comme celle des "contrats de protection".

Les "contrats de protection", qui restent la forme la plus répandue de convention collective au Mexique, sont pour l'essentiel des contrats négociés entre des syndicats d'entreprise corrompus, des employeurs et les pouvoirs publics. Leur but est de perpétuer des conditions de travail proches de l'exploitation et contraires aux intérêts des travailleurs.

"Si nous réussissons à tirer parti du nouveau scénario qui s'est mis en place à l'échelon national, et à proposer de nouvelles formes d'organisation du travail qui correspondent aux intérêts réels des travailleurs, nous créerons un outil qui mettra fin à cette honteuse mascarade appelée négociation collective et qui ne protège que les intérêts des employeurs", a ajouté Rodríguez.

Un groupe de travail a été constitué dans l'État de Puebla avec pour mission de préparer les documents officiels qui permettront à la nouvelle fédération syndicale de se faire enregistrer et d'entrer en activité. Elle s'efforcera d'élargir son rôle dans toutes les instances décisionnaires traitant de la politique industrielle et de la politique du travail dans le pays. Elle espère aussi pouvoir jouer un rôle actif dans les négociations de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui, selon elles, ne peuvent absolument pas reprendre avant l'entrée en fonction du nouveau Président élu du Mexique, en décembre 2018.

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL, a commenté la nouvelle en ces termes :

"Nous nous félicitons de cette décision de créer la nouvelle Fédération des syndicats démocratiques et indépendants du Mexique. IndustriALL Global Union, qui a soutenu cette initiative dès les tout premiers jours, continuera à apporter son soutien total à la lutte contre les contrats de protection et pour la liberté syndicale de toutes les travailleuses et tous les travailleurs".