Bangladesh: les syndicats réclament de meilleurs salaires pour les travailleurs de l’industrie de la confection

En janvier 2018, le gouvernement du Bangladesh a créé une commission du salaire minimum, composée de représentants d’employeurs, de fédérations syndicales nationales et de fonctionnaires gouvernementaux. En juillet 2018, les représentants des employeurs ont proposé une hausse des salaires minimums mensuels de seulement 6 360 BDT (75 US$), alors qu’un représentant syndical, membre de la commission, conseillait une hausse d’un montant pouvant aller jusqu’à 12 020 BDT (142 US$).

Lors d’une conférence de presse ayant eu lieu le 28 juillet, Salauddin Shapon, Secrétaire général du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh (IBC), a indiqué que: « les propositions actuelles les plus basses sur les salaires minimums ne sont pas acceptables pour les travailleurs de l’industrie de la confection. Avant de formuler notre demande de 16 000 BDT en tant que salaire minimum, IBC a réalisé une étude et examiné attentivement divers aspects, dont le coût de la vie, les tendances inflationnistes et les salaires minimums dans les principaux pays fabricant des vêtements de confection. Nous continuerons d’organiser différentes actions pour faire connaître les revendications des travailleurs de l’industrie de la confection au gouvernement ».

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré:

« La revendication relative à la hausse du salaire minimum est l’une des questions les plus importantes pour les travailleurs bangladais de l’industrie de la confection. Le gouvernement devrait tenir compte de la réalité des conditions de vie des travailleurs lorsqu’il discute des salaires minimums dans le cadre de l’amélioration du travail décent et du développement durable de l’industrie de la confection. IndustriALL soutient les revendications de nos affiliés ».

Outre la hausse du salaire minimum, IBC a également demandé la réduction du nombre des catégories professionnelles établies sur la base du niveau de compétence, des sept grades actuels à cinq grades. Une politique de promotion des employés devrait être adoptée pour veiller à ce que que les travailleurs soient promus à des grades plus élevés dans un laps de temps raisonnable de deux ans. En outre, les salaires devraient augmenter de 10 pour cent par an pour permettre aux travailleurs de subvenir à leurs dépenses d’alimentation, de logement, d’éducation des enfants et des soins de santé, toujours plus élevées.  

L’IBC a également appelé à l’amélioration du système du taux payé à la pièce, qui donne lieu à de nombreux conflits du fait que le montant est discuté une fois le travail réalisé. Afin d’éviter tout litige, IBC demande à ce que ce montant soit décidé avant le début de la réalisation de la pièce. Par ailleurs, la période de formation des apprentis devraient être limitée à trois mois à la place de la pratique actuelle de six mois. Les salaires des apprentis devraient augmenter de 4 180 BDT (49 US$) à 10 000 BDT (117 US$).

Au Bangladesh, le salaire minimum est révisé tous les cinq ans. En 2013, le salaire minimum avait été fixé à 5 300 BDT (62 US$), suite à la hausse de 3 000 BDT (35 US$) adoptée en 2010.

Tunisie : l'UGTT exhorte l'organisation des employeurs à prendre les revendications des syndicats au sérieux

Dans un communiqué publié par l'UGTT, ses membres insistent sur l'importance des négociations et réclament des hausses réelles qui permettent d'améliorer le pouvoir d'achat.

Ils justifient leurs revendications par la crise économique qui fait rage dans le pays et, en particulier, par la hausse des prix, avec un taux d'inflation de plus de 7 pour cent.

"Alors que les indices nationaux confirment la faiblesse du revenu par tête des travailleurs et la hausse de l'inflation, l'UTICA continue à traîner les pieds dans tous les domaines et ne semble pas négocier sérieusement. C'est pourquoi nous sommes prêts à la mobilisation et à l'action. Nous insistons pour avoir une négociation de bonne foi pour rencontrer nos revendications légitimes,"

déclare Tahar Berberi, le Secrétaire général de la FGME-UGTT.

Dans leur communiqué, les syndicats représentant les travailleurs du secteur privé soulignent leur attachement à des négociations sérieuses et responsables et réclament des hausses de salaires réelles qui améliorent le pouvoir d'achat.

"L'UTICA n'a pas donné suite de manière sérieuse aux dispositions de l'accord conclu avec l'UGTT le 10 mars 2018. IndustriALL appuie sans réserve l'appel de l'UGTT adressé à l'UTICA pour qu'elle revienne à la table et négocie de bonne foi,"

déclare Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL.

Turquie : la grève chez Mayr-Melnhof se poursuit, la direction refusant toute rencontre

MM Süperpak Ambalaj est une filiale de Mayr-Melnhof, une entreprise d’origine autrichienne  ayant des activités à Izmir, Karaman et Gaziantep. Environ 250 travailleurs et travailleuses de l’affilié d’IndustriALL, Selüloz-İş, sont en grève depuis le 20 juin après le rejet d’une offre sans aucune révision salariale.

Les négociations collectives concernant la période 2018-2019 pour les trois usines ont débuté le 26 janvier. Sur les 74 articles que comporte la CCT, 50 ont fait l’objet d’un accord. Cependant, l’aspect pécuniaire reste la principale cause de conflit. Le syndicat revendiquait 475 lires turques d’augmentation salariale, alors que la direction précédente en proposait environ 300. En revanche, la nouvelle direction est revenue avec une offre sans aucune revalorisation salariale lors du dernier tour de négociations. Avant de déclarer la grève, le syndicat a fait une dernière proposition de compromis de TL 350, que la direction a refusée.

Dans un courrier à la direction de Mayr-Melnhof, le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a écrit :

“Le syndicat est déterminé à trouver une solution par la négociation avec l’employeur alors que la direction locale refuse constamment d’ouvrir ces négociations pour résoudre le conflit.

“IndustriALL Global Union appelle Mayr-Melnhof Packaging International GmbH à intervenir auprès de la direction de Superpak pour s’assurer qu’elle entame des négociations en toute bonne foi avec le syndicat de Seluloz-Is.”

Le taux d’inflation en Turquie se situe actuellement au-delà des 15%, ce qui signifie que l’absence de revalorisation salariale équivaut à une diminution significative de revenus. La chute de la Lire a également diminué de manière substantielle le coût lié aux activités dans le pays pour les entreprises basées à l’étranger. Le niveau des salaires est légèrement supérieur au salaire minimum légal, soit environ 350 dollars.

IndustriALL collabore avec son organisation sœur, l’UITA, pour contacter les clients de Mayr-Melnhof.

Aujourd’hui, les travailleurs et travailleuses de l’usine de Torbalı, dans la banlieue d’Izmir, ont montré leur détermination en endurant une température de 39°. Des représentants de nombreux syndicats locaux les ont rejoints, dont les affiliés d’IndustriALL Deriteks et Teksif. Des chauffeurs de camion circulant dans le parc industriel klaxonnaient au passage pour marquer leur soutien alors que les grévistes scandaient des slogans tels que “Longue vie à la solidarité internationale” et “La Résistance engendre la victoire”.

Prenant la parole sur le piquet de grève, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

“Votre lutte est juste et nous vous soutenons. Nous avons informé le siège central en Autriche de ce qui se passe ici. La résolution de ce conflit est entièrement entre leurs mains.

“Votre lutte ne se limite pas à l’obtention d’une hausse de salaire équitable, mais vise aussi un processus de négociations collectives respectueux. Nous informons les clients de votre entreprise partout dans le monde de ses pratiques destructrices. Nous défierons l’entreprise partout où nous la trouverons.

“Vous serez victorieux dès lors que vous maintiendrez votre unité. Nous sommes forts : la classe ouvrière et la société civile sont derrière nous parce que notre cause est juste.”

Fondé il y a plus de 100 ans, le Groupe Mayr-Melnhof est un producteur de carton qui compte 37 sites de production dans 15 pays, en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Amérique latine et en Asie. Il est coté à la bourse de Vienne. Le groupe emploie environ 10.000 personnes.

Mayr-Melnhof est connu pour ses pratiques anti-syndicales. En 2012, l’entreprise a annoncé la fermeture d’une usine à Liverpool, au Royaume-Uni, qui concernait 109 adhérents de Unite, sans respecter le prescrit légal d’une période de consultation de 90 jours. Ceci a conduit au premier lock-out au sein de l’industrie britannique du papier et de l’imprimerie depuis plus de 50 ans. Le Conseil d’Entreprise Européen a mis en branle une procédure judiciaire lorsque l’entreprise a enfreint les droits à l’information et à la consultation au sujet d’une fermeture d’usine à Gunskirchen, en Autriche et de l’acquisition de sept sites en France.

Roumanie: manifestation de centaines de travailleurs employés à Tenaris

Le syndicat a organisé plusieurs rassemblements, dont le plus récent, qui a eu lieu le 5 août, a été suivi par des centaines de travailleurs et leurs familles. Armés de vuvuzelas, de sifflets, de drapeaux tricolores et de bannières aux messages incriminant leur employeur et gouverneurs, les manifestants se plaignaient des bas salaires.

« L’employeur conserve la même attitude d’indifférence, par conséquent nous continuerons de descendre dans la rue »,

a indiqué Alexandru Rus, dirigeant du syndicat des métallurgistes, Zalău, membre de l’affilié à IndustriALL FSS-METAROM.

Rus a également expliqué que le jeudi 9 août, il rencontrerait les fonctionnaires du Ministère du travail et de l’Inspection nationale du travail, à Bucarest, pour expliquer les faits relatifs à la situation des travailleurs dans l’usine de fabrication de pipelines.

Il a aussi évoqué les problèmes existant dans la législation nationale, en insistant notamment sur les amendements apportés, en 2011, à la Loi nationale sur le dialogue social, qui ont entraîné une hausse importante du nombre de travailleurs roumains payés seulement le salaire minimum; ce nombre passant désormais, selon son estimation, à environ 34 pour cent d’entre eux contre 8 pour cent avant la modification de la loi. Rus a expliqué que: « En ce moment, 8 employés roumains sur 10 gagnent [mensuellement, remarque de l’éditeur] moins de 2 050 RON (soit 440 EUR) ».

Selon ses dires, l’offre qu’a faite l’employeur jusqu’à présent est d’augmenter les salaires entre 100 RON (20 EUR) et 200 RON (40 EUR), alors que les revendications syndicales se situent entre 250 RON (50 EUR) et 350 RON (75 EUR) pour chaque travailleur. Dans l’espoir que leurs voix soient entendues, les travailleurs de TenarisSilcotub ont assuré d’organiser de nouvelles manifestations au cours de la période à venir.

L’usine Zalău emploie environ 1 500 personnes.

Le comportement arrogant et négligent de Tenaris envers les travailleurs et la non-négociation de bonne foi en Roumanie ne sont pas une exception. Les syndicats dans d’autres pays sont confrontés aux mêmes problèmes avec cette compagnie. Par exemple, en Colombie, les travailleurs affirment que Tenaris TuboCaribe n’a pas négocié de bonne foi et n’a signé aucune convention collective. La compagnie a suspendu sept responsables syndicaux durant 15 jours pour avoir distribué des dépliants dans lesquels ils expliquaient la position de l’entreprise et du syndicat durant les négociations.

Au Guatemala, IndustriALL a dû déposer une plainte auprès de l’OCDE contre la multinationale sidérurgiste Ternium qui, comme Tenaris, fait partie du Groupe Techint, pour son refus de reconnaître et de négocier avec un syndicat dans ses usines établies dans le pays.

Kemal Ozkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré:

« IndustriALL reste fermement solidaire du combat légitime que mènent nos collègues à l’usine de fabrication de pipelines TenarisSilcotub, située à Zalău, en Roumanie, autant qu’il l’est de nos collègues à Tenaris et à Ternium, en Colombie et au Guatemala. Nous continuerons de travailler aux côtés du Conseil mondial des travailleurs de Tenaris Ternium et nous dénoncerons l’attitude impitoyable de la compagnie jusqu’à ce que tous les travailleurs de Tenaris et de Ternium obtiennent justice ».

Mozambique : le syndicat revendique un meilleur accord salarial auprès de Sasol

À l’occasion d’une réunion à Temane, un site d’exploration et de production de gaz naturel comptant 143 salariés, les travailleurs et travailleuses revendiquent des augmentations de salaire et l’extension de leur convention collective à deux ans, contre un seul actuellement.

Les salariés veulent également être représentés par un permanent syndical au cours des négociations collectives plutôt que par un délégué, car il est courant que pour ces réunions la direction désigne des spécialistes des ressources humaines et des juristes. En outre, ils veulent que les capacités du syndicat en termes de négociation collective soient améliorées.

La main d’œuvre est syndiquée par l’affilié d’IndustriALL au Mozambique, le SINTIQUIAF, qui indique que les relations entre le syndicat et l’entreprise ne sont pas cordiales et dès lors peu propices à une négociation équitable.

Les membres du SINTIQUIAF chez Sasol Temane appellent également à un meilleur accord et s’estiment floués avec une augmentation de seulement 13%, ce qui est inférieur au taux d’inflation actuel de 21%.

Lorsque l’allocation de relève, qui était intégrée aux salaires, a été supprimée, les travailleurs et travailleuses ont perdu des revenus. Leur espoir est qu’à l’avenir une révision des catégories d’emploi mène à des promotions. Le système de garde les désavantage également, puisque la personne de garde touche davantage que celle qui est de service.

Les salariés appellent aussi à l’amélioration du système d’hébergement. Bien que certains soient logés dans des installations convenables, d’autres vivent trop près du site de production, ce qui peut constituer un sérieux risque de santé en raison des émissions de gaz issues des activités.

Dans le cadre de la collaboration entre les affiliés d’Afrique sub-saharienne, le Syndicat de la chimie, de l’énergie, du papier, de l’imprimerie, du bois et des secteurs connexes, a partagé son expérience en matière de structures et formats de négociation dans le secteur pétrolier en Afrique du Sud, au départ de laquelle des leçons peuvent être tirées pour le Mozambique.

Il a été conseillé aux délégués de développer leur capacité à négocier en obtenant davantage d’information de la part de l’entreprise et des institutions gouvernementales sur les autres cadres salariaux et de s’assurer que les travailleurs et travailleuses restent unis et se tiennent au courant de l’évolution du processus de négociation.

Jessica Gune, Secrétaire générale du SINTIQUIAF indique :

Alors que nous apprécions le fait que Sasol se préoccupe des travailleurs et travailleuses, en particulier s’agissant de la santé et de la sécurité, nous souhaitons que les mêmes efforts soient consentis pour améliorer les termes négociés collectivement et octroie de meilleurs salaires. Sasol doit également améliorer ses relations avec le syndicat.

Le Mozambique fait partie des pays émergents dans le secteur du pétrole et du gaz. En vertu de sa stratégie de développement national, les ressources naturelles doivent être utilisées en faveur du développement économique et pour mettre fin à la pauvreté.

Zimbabwe: les syndicats dénoncent les violations aux droits de l’homme commises lors des violences post-électorales

Les Zimbabwéens s’étaient rendus aux urnes dans l’espoir d’inverser le cours des crises politiques et économiques qui sévissent depuis des décennies. Raisonnablement malgré tout, parce que le chômage atteint plus de 90 pour cent, les usines ont fermé et le vol des salaires est courant.

Le manque de liquidités, l’accès limité à l’eau potable, les pannes d’électricité et les infrastructures en ruine ont provoqué des migrations massives de millions de personnes, dont la majorité survit misérablement dans le secteur informel. Seuls six pourcent de la population active est employée dans le secteur structuré.

Avec la destitution de Robert Mugabe, Chef de l’Etat durant 38 ans, rendue possible grâce à l’aide de l’armée, de gros espoirs reposaient sur les élections des représentants municipaux, des parlementaires et du Président du 30 juillet. Le parti au pouvoir, l’Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique (ZANU-PF), a remporté plus des deux tiers des sièges au Parlement, qu’il partage avec l’alliance d’opposition du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), un parti plus petit, et une candidate indépendante.

Néanmoins, les retards pris dans l’annonce du scrutin présidentiel ont donné lieu, le 1er août, à Harare, à des manifestations de l’opposition alléguant du « vol » des résultats. Arrivée la première pour disperser les manifestants qui se dirigeaient vers le centre de dépouillement des bulletins de vote, la police a été rejointe par l’armée qui a commencé à tirer à balles réelles et sans discernement dans des rues bondées, tuant six personnes et en blessant des dizaines d’autres. Durant le chaos, des tirs ont également été effectués en direction des bureaux du Congrès des syndicats du Zimbabwe.

Sylvia Maphosa rentrait chez elle après son travail, à Harare, lorsqu’elle a été mortellement touchée dans le dos durant les tirs à balles à réelles de l’armée.

Maphosa, qui était membre de l’affilié à IndustriALL, le syndicat des travailleurs de l’énergie du Zimbabwe (ZEWU), travaillait à l’Office national de l’eau du Zimbabwe.

Dans son message de condoléances, ZEWU, a déclaré:

Maphosa était une membre fervente du syndicat ZEWU auquel elle avait adhéré en 2003. Elle est restée fidèle à l’organisation jusqu’à sa mort prématurée, qui a choqué tous ceux qui la connaissait comme une personne humble.

Aussi, le syndicat réclame une enquête approfondie sur l’incident pour veiller à ce que les responsables de cet acte odieux soient traduits en justice et que tout le poids de la loi tombe sur eux.

Human Rights Watch a fait part de passages à tabac et d’intimidations des partisans de l’opposition par les « forces de sécurité et des tireurs non identifiés » dans les townships de Harare où vit la majorité des travailleurs.

Les brutalités exercées par l’armée ont été condamnées par les Nations Unies qui appelle à « la plus grande retenue ». En outre, l’Union européenne, le Canada, la Suisse et les Etats-Unis d’Amérique ont déploré « l’explosion de la violence et la perpétration de violations graves des droits de l’homme ».

Wiseman Garira, présidente du Conseil d’IndustriALL du Zimbabwe, représentant huit affiliés dans les secteurs du textile et de l’habillement, de l’ingénierie, de la chimie et du plastique, de l’énergie, du cuir et des chaussures, des métaux et des mines, a dénoncé la façon dont laquelle la Commission électorale du Zimbabwe a géré les bureaux de vote, en ne fournissant pas à temps, par exemple, la liste des électeurs aux partis d’opposition.

Même les résultats sont « discutables et leur divulgation a pris plus de temps que nécessaire », a ajouté Garira.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a ajouté:

Le droit de manifester est garanti par la Constitution du Zimbabwe. En cas de manifestations violentes, il est de la responsabilité de la police, et non pas de l’armée, de maintenir l’ordre public. A ce titre, l’utilisation de balles réelles contre la fuite des civils est scandaleuse.

Turquie : “Ne touchez pas à notre piquet de grève”, disent les travailleurs et travailleuses licenciés par Yves Rocher

Les travailleurs et travailleuses ont constitué un piquet de grève en face de Flormar, dans le quartier industriel de la ville de Gebze, près d’Istanbul, depuis leur licenciement intervenu le 14 mai. Des forces de sécurité ont enlevé les drapeaux et forcé les travailleurs et travailleuses à abandonner leur piquet aux portes de l’usine et à se déplacer vers un endroit moins en évidence.

L’affilié d’IndustriALL Global Union, Petrol-İş, est immédiatement intervenu auprès des forces de sécurité et a appelé la société civile et les partis d’opposition à les soutenir dans la poursuite de leur résistance. Ayant rendu visite au piquet de grève, le Secrétaire général de Petrol-İş, Ahmet Kabaca, a déclaré :

“Les travailleurs et travailleuses de Flormar ne sont pas des criminels. Si les forces de sécurité cherchent un criminel, c’est de l’employeur qu’il s’agit. Aucun des salariés n’a fait quoi que ce soit d’illégal. Ils ont simplement défendu leurs droits. J’en appelle aux autorités pour qu’elles entendent le cri des travailleurs et travailleuses et ne les dispersent pas.

“Qui est coupable ici ? Les travailleurs et travailleuses qui se battent pour leur gagne-pain ou l’employeur qui les a mis dehors pour avoir rejoint un syndicat ? Nous allons poursuivre notre résistance, en maintenant un piquet quelles que soient les conditions.

“Les travailleurs et travailleuses ont été licenciés de cette usine et nous y continuerons notre résistance. Nous refusons d’être déplacés vers un lieu qui n’y est pas lié. Ce problème ne peut se résoudre par l’intimidation, Nous sommes convaincus qu’il doit l’être à la table des négociations et non par l’intervention de la police. Nous ne l’accepterons jamais et poursuivrons notre lutte jusqu’à la victoire.

“Aucune pression de nous fera fuir.”

Au 87e jour de résistance, une délégation d’IndustriALL s’est jointe aux leaders de Petrol-İş sur le piquet de grève et y a trouvé le moral très bon. Les travailleurs et travailleuses scandaient “La résistance est belle !”, “Pas justice, pas de paix !” et “N’entravez pas notre résistance !” Ils ont également dansé au son de chansons populaires alors que des conducteurs klaxonnaient au passage pour marquer leur soutien.

L’entreprise a bloqué les accès de l’entreprise avec des bus de location et fait installer des caméras de surveillance pour espionner les travailleurs. S’exprimant devant l’usine, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“La résistance est belle ! Vous vaincrez parce que vous êtes beaux et belles et que Petrol-İş est un syndicat fort qui remporte ses luttes. Vos voix ne se font pas entendre qu’en Turquie, mais aussi partout dans le monde. Nous allons continuer à soutenir votre combat pour la justice et nous le gagnerons. Il y aura un syndicat chez Flormar.”

Depuis que le ministère turc du travail y a reconnu Petrol-İş le 24 mai, l’entreprise a licencié 132 membres du syndicat. Bien que ceci soit illégal et que le syndicat le combatte devant les tribunaux, l’entreprise espère briser l’élan de la campagne de syndicalisation. On s’attend à ce que le syndicat gagne les procès à propos de sa reconnaissance et pour les réintégrations, mais le processus va s’éterniser et l’entreprise compte sur la lassitude pour briser la résistance des travailleurs et travailleuses.

Flormar est détenu en majorité par le géant des cosmétiques Yves Rocher. IndustriALL a contacté l’entreprise et est également intervenue auprès du Ministère français du travail pour tenter de résoudre le conflit. À ce stade, l’entreprise refuse de coopérer et IndustriALL mène une campagne internationale.

Iran : IndustriALL accentue la solidarité et le renforcement syndical auprès de l’UMMI

Cette session, organisée par IndustriALL, visait entre autres à également renforcer la coopération entre les deux syndicats. L’UMMI regroupe des métallurgistes et des mécaniciens au sein de différents secteurs dans des conditions extrêmement difficiles et doit maintenir ses activités dans la clandestinité. Birleşik-Metal-İş en a eu l’expérience, car l’organisation dont il est issu avait été interdite après le coup d’État militaire de 1980.

La réunion a été ouverte par le Secrétaire général de Birleşik-Metal-İş, Özkan Atar, qui a expliqué qu’en dépit du fait que son syndicat avait été interdit pendant 13 ans, il compte maintenant 32.000 membres et une centaine de conventions collectives. Il a accueilli ses hôtes dans le centre de formation des métallurgistes par ces mots :

“L’unité de la classe ouvrière d’où qu’elle soit et la solidarité avec elle dans les nations opprimées font partie de nos principes. Nous croyons que des luttes communes sont importantes et nous sommes prêts à apporter toute notre solidarité et tout notre soutien à nos camarades d’Iran.”

Des représentants de l’UMMI ont expliqué comment ils fonctionnent dans la clandestinité. Le Président du syndicat, Maziyar Gilaninejad, technicien dans une usine métallurgique, a indiqué qu’il avait grandi en rendant visite à son père en prison en raison de ses activités syndicales et rejoint l’UMMI en 1982. Le syndicat a été obligé de fonctionner dans la clandestinité depuis 1983. Depuis 2001, il fonctionne plus ouvertement mais n’est toujours pas autorisé à ouvrir des comptes bancaires ou des locaux syndicaux et ses militants sont régulièrement mis en détention.

En juin, des dizaines de métallurgistes qui manifestaient ont été arrêtés. En raison du fait que certains d’entre eux arboraient des pancartes avec le logo d’IndustriALL, ils ont été soumis à d’intenses interrogatoires de la part des forces de sécurité pour découvrir de quoi il s’agissait. En dépit de la répression, le syndicat est en mesure d’organiser des actions avec la base pour obtenir des améliorations. Des manifestations et la révélation sur la place publique du comportement de mauvais employeurs ont conduit au paiement d’arriérés de salaires.

Le syndicat diffuse des informations du point de vue des travailleurs dans un magazine, qui est distribué sur les lieux de travail et publié sur son site web, sa page Facebook et sur une chaîne de l’appli sécurisée Telegram.

Le syndicat accorde une très grande priorité à l’éducation et forme ses membres aux droits des travailleurs, y compris s’agissant des structures syndicales internationales et des Conventions de l’OIT.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan indique :

“Le capital international s’est introduit en Iran, en particulier dans nos secteurs que sont l’automobile ainsi que le pétrole et le gaz. Les travailleurs et travailleuses y sont exploités par des entreprises avec lesquelles nous avons des conventions dans d’autres pays. L’affiliation de l’UMMI est importante pour nous d’un point de vue politique parce qu’elle peut nous aider à obtenir un changement au niveau des droits syndicaux et de l’homme en Iran. La solidarité entre les syndicats de la métallurgie au sein de la région et avec IndustriALL est cruciale.”

La délégation a visité la tréfilerie Bekaert à Izmit. Il y a eu là une convention collective signée par Birleşik-Metal-İş, qui y compte une forte densité syndicale. Après un conflit ayant eu lieu dans le passé, les relations sociales y sont maintenant positives. La délégation de l’UMMI s’est entretenue avec les travailleurs, avec le délégué syndical et le directeur des ressources humaines pour découvrir l’efficacité du fonctionnement des relations sociales.

Uruguay: 300 emplois miniers menacés

La situation dans la mine, située à Minas de Corrales, dans le département de Rivera, se dégrade. 180 travailleurs perçoivent actuellement des allocations chômage, auxquels s’ajouteront, selon la compagnie, une centaine d’autres travailleurs à la fin du mois.

Le 14 juillet, Loryser, une des filiales de la compagnie, a sollicité l’autorisation des tribunaux uruguayens de conclure un arrangement avec ses créanciers. Dans le même temps, Orosur a reconnu devoir obtenir un crédit de 8 millions de US$ pour rembourser ses dettes et poursuivre ses activités.

La compagnie minière a également indiqué avoir besoin d’une autorisation de la Division nationale de l’environnement (Dinama) pour exploiter un troisième site, actuellement classé comme zone d’importance environnementale.

Les affiliés à IndustriALL dans le pays, le syndicat national des métallurgistes et des branches connexes (UNTMRA), collaborent avec la compagnie et le gouvernement pour parvenir à une solution. La situation est critique pour la communauté vivant aux alentours de la mine en raison de l’offre limitée d’emplois.

La compagnie n’aurait pas dû attendre si longtemps avant d’annoncer une décision ayant de telles conséquences. Les ressources naturelles sont limitées; la compagnie savait que ce jour viendrait et pourtant aucun plan d’intervention n’existe pour la ville.

En outre, le contrat signé par la compagnie avec le gouvernement uruguayen l’oblige à mettre en place un fonds pour la conversion de la ville en un centre de transformation alimentaire, ce qui n’a toujours pas été fait,

a indiqué Eduardo Burgos, membre de la direction d’UNTMRA.

Le 10 août, UNTMRA organisera une assemblée publique pour trouver d’urgence une solution. Seront présents, les représentants du gouvernement, dont les ministres de l’industrie et du travail.

Une solution viable doit être trouvée avant la fin du mois ou la mine fermera. Nous demanderons aux ministres de l’industrie et du travail de nous aider à trouver une solution rationnelle. Une possibilité serait qu’un paiement garanti soit versé aux travailleurs par la caisse d’assurance chômage pendant une année, année durant laquelle ces travailleurs pourraient bénéficier d’une formation. Nous devons faire en sorte que les travailleurs ne soient pas laissés sans protection,

a ajouté Burgos.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a déclaré:

Nous soutenons notre affilié et son exigence de parvenir à une solution permettant à la fois de sauver les emplois et de prendre en compte les intérêts de la population de Minas de Corrales. L’Uruguay a besoin d’une infrastructure industrielle solide à l’appui de son développement, et le gouvernement doit avoir une politique active empêchant de telles fermetures.

IndustriALL et Esprit s’engagent à collaborer pour améliorer les droits des travailleurs

Cet accord couvre 525.000 travailleurs et travailleuses auprès de 1.100 fournisseurs qui produisent des vêtements pour Esprit dans 27 pays.

Dans le cadre de cet accord avec IndustriALL, Esprit entérine le rôle crucial que la liberté syndicale et la négociation collective jouent pour répondre aux aspirations des travailleurs et développer des relations sociales efficaces. Par le biais de cet accord, IndustriALL et Esprit vont collaborer pour mettre sur pied des mécanismes qui facilitent pour les syndicats locaux la négociation de conventions collectives détaillées avec tous les fournisseurs au niveau national ou local.

En vertu de l’accord, IndustriALL et Esprit vont collaborer pour s’assurer que les normes fondamentales de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) soient appliquées par ses partenaires, sous-traitants et fournisseurs principaux, dont la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail de 1998 ainsi que de nombreuses autres Conventions de l’OIT et normes reconnues au plan international.

En conjonction avec IndustriALL, Esprit s’engage à :

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, indique :

Il s’agit d’un grand pas en avant pour Esprit et pour un demi-million de personnes qui sont occupées au sein de sa chaîne mondiale d’approvisionnement. Esprit entérine le fait que la meilleure manière de répondre aux aspirations des travailleurs et travailleuses de la confection et du textile est de créer un environnement où existe la faculté de rejoindre librement un syndicat et de négocier collectivement, tout en étant protégés par les normes internationales du travail les plus élevées. Nous nous réjouissons de pouvoir à l’avenir travailler avec nos affiliés et utiliser cet accord mondial pour permettre d’améliorer les droits des travailleurs.

Esprit est enthousiaste par rapport à cette collaboration. Le Code de Conduite d’Esprit à l’intention de ses fournisseurs a toujours compris la liberté syndicale. Cet accord nous donne de nouveaux outils pour tenir cet engagement de manière significative,

indique Lary Brown, Vice-président d’Esprit en charge du respect des normes sociales et de la durabilité.

Esprit a déjà été le partenaire d’IndustriALL en tant que membre de l’Initiative ACT (Action, Collaboration, Transformation), qui vise à mettre en place un salaire vital dans les régions de production de l’habillement en mettant en œuvre la négociation collective sectorielle au sein de grand pays producteurs.

L’entreprise est également présente au Comité de Pilotage de l’Accord du Bangladesh sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments, mis sur pied par IndustriALL et UNI Global Union pour améliorer la situation au sein des usines de confection après la catastrophe de Rana Plaza en 2013.

Esprit, dont le siège se situe en Allemagne et à Hong Kong vend des vêtements, des chaussures ainsi que des accessoires de mode et de maison dans 41 pays. L’ensemble de ces produits provient de fournisseurs dont la production est majoritairement située au Bangladesh et en Chine. Des productions significatives sont également issues de Turquie, du Vietnam, d’Inde et du Pakistan.