Afrique du Sud : le CEPPWAWU adopte une feuille de route pour la relance du syndicat

Ce congrès, qui rassemblait 224 délégués et s'est tenu à East London du 27 au 31 août, avait pour thème central le renouveau du syndicat par la démocratie participative. Il a mis l'accent sur l'importance d'un collectif directeur tenu de rendre des comptes et qui respecte les traditions démocratiques du mouvement syndical, avec un "contrôle des travailleurs". La priorité sera donnée au rétablissement de la confiance par la mise en place de programmes à structure ascendante qui associent les adhérents.

Depuis son dernier congrès, en 2011, le CEPPWAWU, qui compte 55.000 membres, a connu une période sombre de luttes intestines pour le contrôle du syndicat et sa société d'investissement. La justice a qualifié ces conflits de "querelles fratricides" entre factions rivales. Le Comité exécutif national ne s'est pas réuni pendant cette période et deux congrès n'ont pas eu lieu. Les démissions et expulsions de membres étaient chose courante, de même que les allégations de fraude. Cela a été d'un très mauvais effet sur les membres dont le nombre a chuté.

En outre, le syndicat n'a pas remis ses états financiers vérifiés, comme l'exige la loi, et risquait donc de perdre son enregistrement auprès du ministère du Travail. Toutefois, il a repris les choses en main lorsque son Secrétaire général, Simon Mofokeng, a été destitué en 2017 pour ne pas s'être présenté à des audiences disciplinaires.

Depuis, le syndicat a adopté une "feuille de route" censée mettre de l'ordre dans ses affaires, notamment en remplissant d'urgence ses obligations légales. Quoi qu'il en soit, beaucoup reste à faire à sa direction. Dans les prochains mois, le Comité exécutif national règlera les questions en suspens, avec notamment la publication du rapport du secrétariat, des amendements aux statuts et un examen de la structure organisationnelle.

Or, aucune femme n'a été élue, en dépit des appels en faveur de l'égalité hommes-femmes. "Il nous faut un équilibre entre femmes et hommes à la tête du syndicat. Les syndicats ne doivent pas se contenter de prêcher l'égalité des sexes, il faut qu'ils la réalisent en mettant des femmes à leur direction," a déclaré Miriam Marishane qui, avec d'autres femmes, a manifesté contre le traitement discriminatoire des femmes qui souhaiteraient occuper des postes de responsabilité dans le syndicat.

Le congrès a élu les personnes suivantes : Thamsanqa Mhlongo (Président), Lucas Mashego (1er Vice-président), Johannes Dube (2e Vice-président), Lemmy Mokoena (Trésorier), Welile Nolingo (Secrétaire général), et Musa Bhengu (Secrétaire général adjoint).

"Nous félicitons le CEPPWAWU pour la tenue de ce congrès attendu depuis longtemps et nous partageons la vision des travailleurs qui veulent un syndicat fort et démocratique. Des programmes communs et fédérateurs qui profitent à tous les travailleurs sont la clé du renforcement syndical," a déclaré Kenny Mogane, le responsable régional d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne.

Les travailleurs du cuivre font l’objet de menaces au Chili

Le 22 août, une pierre a été jetée sur la voiture de Miguel Veliz, dirigeant de la section syndicale No. 3 de la mine Chuquicamata, détenue par Codelco. Les auteurs de l’attaque ont laissé une note de menace à l’attention du dirigeant.

Un message renfermant des slogans antisyndicaux était attaché à la pierre. Ils essaient de nous effrayer pour que nous arrêtions d’exercer nos activités syndicales; mais ils ne réussiront pas. L’incident ainsi que les noms de ceux qui m’ont menacé le mois dernier ont été signalés au procureur de la République. Je demande au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise pas,

a indiqué Veliz.

La Section syndicale No. 3 fait partie de la Fédération des travailleurs du cuivre (FTC), affilié à IndustriALL Global Union. Le Conseil de direction national de la FTC a condamné les menaces et les autres attaques perpétrées contre les responsables syndicaux.

Il a indiqué dans un communiqué:

Nous condamnons et sommes indignés par ces actes anonymes visant à intimider les travailleurs de Codelco. Cette violence engendre la peur et met en danger la sécurité des personnes.

Le Conseil a également insisté sur le fait qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour s’assurer que l’enquête menée par les autorités compétentes aboutisse à l’identification des auteurs des attaques et à l’application de la loi dans toute sa rigueur.

L’instance dirigeante de la Section syndicale No. 3 a publié une déclaration condamnant l’attaque de son dirigeant et informant qu’Ana Catalán, Présidente du syndicat des travailleurs professionnels et des analystes de Gabriela Mistral, avait également été menacée.

Catalán a reçu des menaces de mort par téléphone le 21 août, et n’a pas pu participer aux négociations organisées par la direction de Codelco.

C’est terrible que des gens essaient de nous empêcher de faire notre travail et de protéger les droits de nos travailleurs. Notre conviction n’a pas changé: nous continuerons à travailleur à l’avancée des négociations et à l’obtention du meilleur résultat possible,

a signalé Catalán.

La Section syndicale No. 3 a indiqué qu’elle avait déjà entrepris des démarches auprès des autorités et appelé le gouvernement du Chili à intervenir afin de veiller à ce que les personnes qui menacent la liberté syndicale rendent compte de leurs actes.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a déclaré:

Nous condamnons ces actes de lâcheté et espérons qu’ils seront réglés aussi vite que possible. Les travailleurs doivent pouvoir exercer leurs droits syndicaux sans craindre des représailles. Nous demandons à Codelco de continuer à dialoguer de bonne foi avec les syndicats et de parvenir à un accord dans les négociations collectives.

Le leader syndicaliste mexicain Napoleón Gómez Urrutia prête serment comme Sénateur

Napoleón Gómez Urrutia, président et secrétaire général du Syndicat mexicain des mineurs et des métallurgistes, dit Los Mineros, faisait partie de la liste gagnante du Président mexicain élu Andrés Manuel López Obrador et de son parti, le Mouvement de régénération nationale (Morena) lors des élections législatives du 1er juillet.

Gómez est membre titulaire du Comité exécutif d’IndustriALL depuis sa fondation en 2012 et les affiliés d’IndustriALL partout dans le monde se sont unis derrière lui et la campagne en faveur des syndicats démocratiques au Mexique.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, ainsi que des affiliés d’IndustriALL représentés par le Président international des Métallos USW (États-Unis et Canada), Leo W. Gerard, et Len McCluskey du Syndicat Unite (Royaume-Uni et Irlande) étaient présents lors de la cérémonie du 29 août. Les syndicats ont témoigné un soutien indéfectible à Napoleón Gómez et Los Mineros, dès avant qu’il ne soit contrait à s’exiler du Mexique.

Valter Sanches a déclaré que c’était une grande source de fierté que d’avoir un compañero élu aux côtés d’un nouveau gouvernement, qui promet de soutenir la cause des travailleurs. S’exprimant avant la cérémonie, il a indiqué :

“Pour tous nos camarades, hommes et femmes, qui se sont battus pendant toutes ces années, et pour ceux qui, partout dans le monde, ont témoigné leur solidarité internationale, ce jour est à marquer d’une pierre blanche, car la solidarité a triomphé une nouvelle fois.”

L’histoire de l’exil de Napoleón commence avec la terrible tragédie du 19 février 2006 et l’explosion qui a ravagé la mine de charbon de Pasta de Conchos, appartenant à Grupo México et située dans l’État de Coahuila, dans le nord du pays, qui a pris au piège 65 mineurs à des centaines de mètres sous terre.

Contrairement à ce qui s’est fait lors de l’effondrement à la mine de San José, quatre ans plus tard au Chili, alors que 33 mineurs avaient été miraculeusement retrouvés vivants après avoir passé 17 jours piégés sous terre, les efforts en vue d’un sauvetage à Pasta de Conchos ont été stoppés après seulement cinq jours. Grupo México et le gouvernement mexicain ont même débranché l’électricité dans la mine pour arrêter les recherches et cacher des violations des règles de sécurité qui auraient pu incriminer l’entreprise. C’était avant qu’ils ne puissent savoir que les mineurs étaient morts.

Avant la catastrophe, Napoleón Gómez, dont le syndicat représente les mineurs de Pasta de Conchos, avait averti du danger que ces mines présentaient et avait demandé que la production cesse jusqu’à ce que les conditions soient améliorées. Là, il était trop tard.

Près de douze ans plus tard, les corps de 63 de ces 65 mineurs sont toujours à l’intérieur de la mine et le gouvernement mexicain n’a pas enquêté pour identifier et poursuivre les responsables.

À la suite de cette tragédie, Gómez a sévèrement condamné Grupo México et le gouvernement mexicain, les accusant d’homicide industriel pour avoir négligé de porter remède à plus de 40 infractions en matière de santé et sécurité au sein de la mine.

En représailles à ces déclarations sans équivoque, le gouvernement mexicain a destitué Gómez en tant que dirigeant de son syndicat et imposé Elías Morales comme secrétaire général ff. de Los Mineros. Ce geste a déclenché un tollé international et une campagne mondiale a été lancée par les organisations qui sont à l’origine d’IndustriALL pour soutenir Gómez et l’autonomie syndicale au Mexique.

Après avoir reçu des menaces de mort pour ses critiques envers Grupo México et étant de plus en plus sous pression de la part des autorités, Gómez et sa famille ont fuit le Mexique début 2006 avec l’aide des Métallos USW. Les 18 et 19 mars 2006, la base du syndicat Los Mineros a voté massivement en faveur de Gómez au poste de Secrétaire général, reniant Morales.

Gómez a ensuite été persécuté devant les tribunaux avec des accusations montées de toutes pièces concernant une corruption relative aux fonds de Los Mineros. Gómez a contesté ces accusations à onze reprises avec succès jusqu’à ce qu’un tribunal fédéral mette finalement un terme à la procédure en qualifiant les charges d’infondées et d’inconstitutionnelles.

Les dirigeants de Los Mineros ont été ciblés et emprisonnés par les autorités, notamment Juan Linares, qui a été incarcéré de manière illégale pendant plus de deux ans. La semaine d’action menées par les fédérations internationales et leurs affiliés a été un facteur déterminant pour assurer sa libération de prison en 2011.

En 2013, le nom de Gómez a finalement été retiré de la liste rouge des suspects les plus recherchés par Interpol et le gouvernement mexicain a été lourdement critiqué pour avoir utilisé Interpol en faveur de ses propres visées politiques. Cela a signifié que Gómez a pu quitter le Canada, où il avait trouvé refuge en compagnie de sa famille, sous la protection de l’USW, pour la première fois depuis 2006 afin de se rendre à une réunion du Comité exécutif l’IndustriALL à Genève, en Suisse.

En mai 2014, Napoleón Gómez a reçu le prestigieux Prix international Arthur Svensson pour les droits syndicaux en vertu de son rôle phare dans la lutte en faveur des syndicats démocratiques au Mexique.

Dans les années qui ont suivi la catastrophe de Pasta de Conchos, le gouvernement a poursuivi ses attaques à l’encontre de Los Mineros en gelant les comptes du syndicat, en emprisonnant ses dirigeants sur base de fausses accusations, en essayant d’éliminer le droit légal du syndicat à faire grève et en ayant recours à la police et à l’armée dans le cadre d’attaques violentes contre les travailleurs, ce qui a conduit à la mort d’au moins quatre militants syndicaux et a occasionné des blessures à bien davantage.

Nonobstant, Los Mineros ont continué à être le syndicat connaissant le plus de réussite au Mexique. Gómez a conclu avec succès des conventions collectives depuis l’étranger, négociant les hausses salariales les plus élevées obtenues par un syndicat dans le pays.

Gómez, qui a été réélu à l’unanimité en tant que dirigeant de Los Mineros à de nombreuses reprises, dit que l’une de ses premières tâches après son retour au Mexique est de rouvrir l’enquête sur la catastrophe de Pasta de Conchos. Il va également mener la lutte contre les contrats de protection (conventions négociées entre des employeurs et des syndicats corrompus dans le dos des travailleurs), ainsi que contre d’autres violations des droits syndicaux qui formaient la base de la plainte d’IndustriALL auprès de l’Organisation internationale du Travail.

S’exprimant à l’occasion de la prestation de serment de Gómez, Leo W. Gerard, des Métallos USW, a déclaré :

“Le combat de Napoleón Gómez et du syndicat Los Mineros représente une lutte critique pour les travailleurs et travailleuses d’Amérique du Nord et du reste du monde. Avec Napoleón au Sénat, le nouveau gouvernement du Mexique est sur la voie pour dépasser des décennies de corruption et de domination des entreprises et pour engranger de réels progrès pour les droits et le niveau de vie des travailleurs et travailleuses du Mexique. Le mouvement syndical international doit soutenir ces efforts et exiger des comptes au nom des victimes de décennies de répression, y compris des familles des mineurs de Pasta de Conchos.”

Le Secrétaire général du Syndicat Unite, Len McCluskey, a déclaré “Pendant douze ans, Napoleón Gómez a tenu tête aux efforts du gouvernement mexicains et des plus grandes entreprises du pays visant à le détruire lui et son syndicat. Le retour de Napoleón au Mexique pour prêter serment en tant que Sénateur de la République du Mexique est une victoire, non seulement pour lui et pour la campagne courageuse et digne de Los Mineros, mais aussi pour la solidarité internationale face à l’injustice. Unite est fier d’être aux côtés de Napoleón et de son syndicat. Son combat est le nôtre et nous lui souhaitons plein succès dans la transformation du Mexique et dans son combat pour un monde meilleur.”

Stop à l’antisyndicalisme chez le plus grand fabricant mondial de cintres

La direction de la filiale de Mainetti, Mainettech Lanka (Pvt) Ltd, refuse de reconnaître l’affilié d’IndustriALL, le FTZ & GSEU (Syndicat des salariés des zones de libre-échange et des services), comme partenaire social et a mis à la porte le recruteur syndical local.

Le syndicat rapporte également qu’il a été fait pression sur certains adhérents pour qu’ils renoncent à leur affiliation et les travailleurs et travailleuses ont eu si peur de perdre leur emploi qu’ils ont démantelé la section syndicale de leur usine.

Le conflit, qui s’est enlisé pendant des mois, a débuté après que le FTZ & GSEU est parvenu à recruter 88 travailleurs et travailleuses de la filiale sri-lankaise de Mainetti, Mainettech Lanka (Pvt) Ltd, dépassant ainsi les quarante pourcents des effectifs requis légalement pour être reconnu en tant que partenaire de négociation collective.

L’entreprise a argué que le syndicat ne disposait pas de suffisamment d’adhérents pour atteindre les 40% de représentation. Cependant, le FTZ & GSEU soutient que ses effectifs atteignent 60% des travailleurs et travailleuses manuels disposant d’un contrat permanent chez Mainettech Lanka, à l’exclusion de ceux et celles employés par le biais d’agences ou prestant moins de 90 journées de travail.

En février 2018, Mainettech a suspendu le recruteur, le vice-président et le secrétaire de la section syndicale locale, se prévalant du fait qu’ils auraient organisé des réunions syndicales durant les heures de travail et perturbé la production. Cependant, le syndicat affirme que de telles réunions n’ont pas eu lieu. À l’issue d’une enquête interne, le recruteur local, G.G. Mahinda, a été mis dehors en mai 2018.

La maison-mère Mainetti emploie 5.000 personnes dans 49 pays et fournit certaines des plus grandes enseignes mondiales, comme Abercrombie and Fitch, Nike, Hugo Boss, Walmart et autres.

Après qu’IndustriALL a contacté des clients en avril 2018 pour les informer du conflit au sein de leur chaîne d’approvisionnement, la direction de la filiale au Sri Lanka a indiqué qu’elle n’était plus en mesure de discuter des revendications du syndicat.

Selon le FTZ & GSEU, la direction a poursuivi ses intimidations auprès des travailleurs et travailleuses, menaçant de fermer l’usine en cas de maintien du syndicat. En conséquence, certains adhérents ont signé des courriers signifiant qu’ils renonçaient à leur affiliation.

En juin 2018, Mainettech a menacé le président du syndicat de mesures disciplinaires sur base  de fausses accusations qu’il a fermement contestées. Soumis à une pression croissante, il a démantelé le syndicat et les charges ont été abandonnées.

Mainettech a également mis sur pied un conseil des salariés, sans permettre aux travailleurs et travailleuses de voter ou avoir suivi le protocole prescrit.

“La direction de Mainettech doit cesser ses attaques antisyndicales, réintégrer le recruteur local et cesser de se servir du conseil des salariés pour saper le syndicat. Les travailleurs et travailleuses devraient être libres d’exercer leur droit à rejoindre un syndicat, tel que la constitution de notre pays le garantit,” a déclaré Anton Marcus, Co-secrétaire du FTZ & GSEU.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

“Les travailleurs et travailleuses de la filiale de Mainetti au Sri Lanka ont été laissés pour compte, sans syndicat, en dépit de leur désir légitime d’être représentés par notre affilié. Nous exhortons Mainetti à intervenir pour résoudre le conflit chez Mainettech Lanka de sorte que le FTZ & GSEU soit reconnu en bonne et due forme en tant que partenaire légal de négociation collective. Nous voulons également que l’ancien recruteur syndical soit réintégré avec effet immédiat. Nous continuerons à contacter les enseignes qui se fournissent auprès de Mainettech pour que celles-ci se conforment à leurs engagements internationaux sur le respect des droits des travailleurs au sein de leur chaîne d’approvisionnement.”

« Retour aux plantations! »: un syndicat se bat contre la fermeture de la raffinerie à Trinité-et-Tobago

A la veille du 56e anniversaire de la proclamation de l’indépendance de l’ancienne colonie britannique, le gouvernement de Trinité-et-Tobago a annoncé, hier, la fermeture de l’unique raffinerie du pays, qui entraînera la perte de 2 500 emplois permanents à la compagnie pétrolière publique Petrotrin. L’annonce fait partie du plan de restructuration de la compagnie, endettée. Environ 1 000 travailleurs sur les 3 500 qui seront renvoyés pourront postuler à nouveau pour leurs emplois.

Le Comité d’entreprise s’est réuni, hier, avec l’affilié à IndustriALL Global Union, OWTU. Bien que le gouvernement et l’entreprise démentent les projets de privatisation, le président général du syndicat, Ancel Roget, a déclaré:

« Ainsi, vous allez fermer la raffinerie. Qu’allez-vous en faire ensuite? Sûrement qu’après avoir renvoyé les travailleurs chez eux, réaliser une opération de terminaison, importé du carburant à un coût élevé, utilisé des devises pour importer ce carburant, vous vendrez en catastrophe. Les véritables propriétaires se manifesteront…

« C’est un retour aux temps des plantations! Nous allons redevenir des producteurs de matières premières. Nous allons produire du brut et au lieu de raffiner nous-même le pétrole, nous le vendront. D’autres y ajouteront de la valeur puis viendront nous le revendre ».

OWTU a fait part, de longue date, de ses préoccupations sur la gestion de la compagnie en difficulté, et demande, depuis 2008, sa restructuration pour que la population nationale en bénéficie. Petrotrin est la plus grande compagnie publique à Trinité-et-Tobago et un pilier de l’économie. Néanmoins, les années de mauvaise gestion ont entraîné une chute brutale de la production et la perte de milliards de dollars en valeur.

Figurent parmi les préoccupations exprimées par le syndicat, un nombre alarmant d’accidents mortels et autres problèmes de sécurité non résolus, un manque d’investissements dans l’infrastructure vieillissante, la corruption dans l’attribution des contrats et le patronage politique. Les mégaprojets ont conduit à des dépassements de coûts importants, n’ont pas été terminés à temps et n’ont pas généré de bénéfices.

Le syndicat s’est indigné de la déclaration du ministre de l’Energie, qui a affirmé que les coûts salariaux se montaient à 50 pour cent du coût de la compagnie surendettée. Le syndicat a montré qu’ils s’élevaient seulement à 11 pour cent et que la raison de l’endettement était la conséquence des graves erreurs de gestion.

« Trinité-et-Tobago célèbrera, le 31 août, les 56 ans de son indépendance », a indiqué le porte-parole du syndicat, Ozzie Warwick.

« Mais comment pouvez-vous être indépendant économiquement si nous, le peuple, nous ne possédons pas les principales forces de l’économie? ».

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a appelé le gouvernement de Trinité-et-Tobago à inclure OWTU dans les négociations sur la restructuration de la compagnie:

Non seulement cette décision détruira les moyens de subsistance et le bien-être des travailleurs et de leurs communautés, mais ramènera le pays à l’époque coloniale.
Céder la souveraineté (sur l’exploitation des ressources naturelles essentielles et la production de biens à valeur ajoutée) à des intérêts privés, ira à l’encontre des aspirations de la population et des travailleurs de Trinité-et-Tobago en matière de consolidation de sa démocratie et de réalisation du développement durable selon ses propres modalités.

IndustriALL appelle ses affiliés à faire preuve de solidarité avec OWTU, qui s’efforce de sauver les emplois de ses membres et les ressources de la population de Trinité-et-Tobago.

En Colombie, les dirigeants syndicaux face aux menaces et à la violence

19 syndicalistes ont été assassinés en Colombie depuis le début de l'année, d'après l'Indice des droits dans le monde de la CSI qui classe ce pays parmi les dix pays les pires pour les travailleurs.

Un autre rapport, intitulé "Violence antisyndicale, impunité et protection des syndicalistes en Colombie" et publié par l'ONG Escuela Nacional Sindical, relève 2.220 cas de violations dirigées contre la vie, la liberté et l'intégrité de syndicalistes colombiens, dont 143 meurtres, entre 2012 et 2017.

Les dirigeants sociaux sont aussi la cible de violences. Le Bureau de l'Ombudsman de Colombie a répertorié 343 meurtres de dirigeants sociaux et de militants des droits de l'homme entre le 1er janvier 2016 et le 22 août 2018 en Colombie.

La montée des menaces et des violences contre des responsables sociaux et syndicaux a incité des représentants des fédérations syndicales internationales en Amérique latine à écrire au Président Duque pour exprimer leurs préoccupations.

Ils dénoncent le fait que, alors que le processus de paix a démarré il y a maintenant deux ans, il n'a pas amené davantage de stabilité au niveau national, que ce soit en termes économiques ou en matière de droits de l'homme et de justice sociale.

On peut lire dans leur lettre :

Il va sans dire qu'un pays qui ne peut garantir la vie de ses citoyens lorsqu'eux-mêmes luttent pour leurs droits humains ne peut prétendre à instaurer la justice sociale.

Appelant à des mesures qui améliorent la sécurité et, par conséquent, la protection des citoyens colombiens, ils écrivent aussi que les procédures judiciaires doivent être revues pour que cesse l'impunité pour ces crimes.

Les fédérations s'associent à la récente déclaration faite par l'Organisation des Nations unies en Colombie qui condamne les assassinats d'activistes des droits de l'homme et de responsables sociaux et exhorte le gouvernement colombien à renforcer la prévention, la protection et les mesures d'enquête afin de garantir le droit de toutes les Colombiennes et tous les Colombiens à la vie et à l'intégrité.

Les syndicats ont réaffirmé leur détermination à promouvoir un dialogue honnête, permanent et constructif avec le gouvernement. Leur but est l'adoption d'un programme de promotion de conditions de travail décentes, la mise en place de mécanismes d'inspection qui mette fin aux régimes de travail informel et qui jette les bases d'une négociation collective par secteur.

Au-delà du Bangladesh, les pays de l’OCDE doivent agir pour sauver des vies dans l’industrie de la confection

C’est une ligne sanglante qui a alors été franchie. Partout dans le monde, les gens ont commencé à se préoccuper du sort de ceux et celles qui fabriquent leurs vêtements. Après avoir renvoyé d’un revers de main avertissement après avertissement, les enseignes internationales de l’habillement ne pouvaient plus ignorer les conditions de travail dangereuses régnant au sein des usines de leurs fournisseurs. Les audits prônant l’auto-régulation en matière de sécurité se sont révélés être des impostures.

Les Fédérations syndicales internationales IndustriALL et UNI, se sont saisies du dossier pour élaborer l’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh, une convention sans précédent, indépendante et juridiquement contraignante entre les syndicats et les enseignes. Le but : que plus aucun travailleur, aucune travailleuse n’ait à craindre un incendie, l’effondrement d’un bâtiment ou tout autre accident qui puisse être évité par l’application de dispositions raisonnables en termes de santé et sécurité. Cela signifiait que les enseignes devaient prendre leurs responsabilités pour rendre les usines de leurs fournisseurs sûres et contribuer financièrement dans ce sens.

Des ingénieurs, experts en sécurité des bâtiments et en prévention des incendies mandatés par l’Accord du Bangladesh ont depuis inspectés plus de 1.600 usines de confection qui fournissent plus de 200 enseignes et détaillants. Les premières inspections ont identifié 118.500 causes de risque en matière de sécurité électrique et structurelle dont 84% ont trouvé remède. L’équipe de formation de l’Accord a conduit 2.838 sessions de formation de comités de sécurité avec les travailleurs et travailleuses au sein de plus de 1.000 usines.

L’Accord du Bangladesh fonctionne parce qu’il est armé pour. Deux enseignes internationales qui avaient failli à rencontrer leurs obligations juridiques ont été amenées avec succès devant la Cour permanente d’arbitrage de La Haye. Ceci a conduit à des contributions se montant à plusieurs millions de dollars pour porter remède aux risques mortels présents au sein des usines des fournisseurs de ces enseignes. En sus, 300.000 dollars ont été versés en faveur d’un fond qui soutient le travail d’IndustriALL et d’UNI en vue d’améliorer les salaires et les conditions de travail des travailleurs et travailleuses au sein des chaînes mondiales d’approvisionnement.

Au bout de cinq années, l’Accord du Bangladesh se profile comme un modèle pour les relations sociales et démontre que syndicats et enseignes peuvent travailler de concert pour résoudre des problèmes systémiques. L’industrie bangladaise du prêt-à-porter est indubitablement plus sûre et des vies ont été sauvées.

Cependant, le travail de l’Accord, qui a expiré à la fin du mois de mai en 2018, n’est pas terminé. Trop de dangers mortels subsistent dans les usines des fournisseurs, ce qui explique que plus de 180 enseignes ont signé le nouvel Accord de Transition de 2018 (et d’autres les rejoignent encore), qui concerne déjà environ deux millions de personnes occupées dans la confection au Bangladesh, dont la plupart sont des femmes.

L’Accord de 2018 a un champ d’action plus large afin de couvrir le textile de ménage et les chaussures. Aussi, et de façon cruciale, il donne davantage de pouvoir aux travailleurs et travailleuses. Le nouvel accord est conforme au Guide de l’OCDE sur le devoir de diligence applicable aux chaînes d’approvisionnement responsables dans le secteur de l’habillement et de la chaussure, qui reconnaît que les travailleurs et travailleuses ne se situent pas à la périphérie du devoir de diligence, mais bien en son centre. Il affirme l’importance de la liberté syndicale en assurant que les travailleurs aient véritablement leur mot à dire dans la protection de leur propre sécurité. Il mettra également en place un protocole concernant la formation et la prise en charge des plaintes pour assurer que ce droit soit respecté.

Sans droits syndicaux, les avancées obtenues en termes de santé et sécurité ne se maintiendront pas. De graves violations et discriminations antisyndicales sont toujours présentes au Bangladesh, ce qui rend très souvent impossible pour les travailleurs et travailleuses de s’organiser syndicalement et de négocier collectivement.

Les pays de l’OCDE doivent faire entendre leurs voix pour condamner les attaques à l’encontre des travailleurs et des syndicats au Bangladesh. Les pays membres de l’OCDE se sont engagés à défendre les droits fondamentaux des travailleurs et ont signé des principes directeurs qui obligent les multinationales à prendre leurs responsabilités vis-à-vis des travailleurs et travailleuses de leurs chaînes d’approvisionnement mondiales. Cela implique aussi de travailler avec les syndicats au niveau national ou sectoriel pour atteindre des salaires qui, au strict minimum, permettent de rencontrer les besoins fondamentaux des travailleurs et de leurs familles.

L’UE, en tant que plus grand partenaire commercial du Bangladesh, a également un rôle majeur à tenir. Le Bangladesh bénéficie de tarifs douaniers préférentiels en vertu de Système de préférences généralisées de l’UE. En retour, le Bangladesh est tenu de mettre en œuvre des dispositions clés comme les droits de l’homme de l’ONU et les conventions de l’Organisation internationale du Travail. Ce n’est manifestement pas le cas et pourtant le Bangladesh a régulièrement l’occasion de mettre les choses en ordre. Les pays de l’OCDE, nombre d’entre eux étant également membres de l’UE, ne peuvent pas rester aveugles à ces infractions. Ils doivent se faire entendre.

L’Accord du Bangladesh va poursuivre son travail jusqu’en 2012, ou jusqu’à ce que les autorités du Bangladesh soient prêtes à en reprendre les fonctions.

Nous disposons des outils pour rendre l’industrie de la confection meilleure. Nous devons les utiliser. La pression du public pour améliorer les conditions de travail des travailleurs et travailleuses de la confection n’a jamais été plus forte et le temps de pousser au changement est maintenant venu. Les vies des travailleurs et travailleuses de la confection du Bangladesh et, au-delà, de nombreux autres pays en dépendent.

Cet article a été publié à l’origine dans L’Observateur OCDE

© L’Observateur OCDE, août 2018

Bélarus : Deux leaders syndicaux indépendants condamnés malgré une absence de preuves

Aucun élément probant n'a été apporté au cours de ce qu'on a appelé le "procès syndical". La plupart des preuves présentées au tribunal semblaient fabriquées ou avoir été obtenues en violation de la loi, ou encore être sans rapport avec la période considérée de 2011-2012. Dans leurs plaidoiries, les deux avocats avaient demandé l'acquittement pur et simple des deux leaders syndicaux.

Natalia Matskevich, l'avocate de Gennady Fedynich, a déclaré, (texte intégral de la plaidoirie)

"Quelles que soient les preuves présentées par le ministère public, aucune ne résiste à un examen approfondi et toutes s'effondrent. Soit elles ont été obtenues en violation flagrante de la loi (et ne sont donc pas recevables), soit elles soulèvent des doutes fondés quant à leur fiabilité, soit elles n'ont rien à voir avec les chefs d'accusation."  

La juge a reconnu Gennady Fedynich et Ihar Komlik coupables d'évasion fiscale et les a condamnés à une amende de 47.560 roubles (plus de 23.000 $), une peine de quatre ans de prison avec sursis et une interdiction d'occuper des postes de responsabilité pendant cinq ans. Ils devront aussi supporter tous les frais de la procédure et payer des amendes administratives. Elle n'a pas suivi la requête du ministère public qui demandait la confiscation des biens des leaders syndicaux et elle a aussi levé la saisie de leurs appartement privés, biens fonciers et voitures. 

Si le jugement est confirmé malgré les recours en appel préparés par les juristes du syndicat, Gennady Fedynich ne pourra poursuivre ses fonctions dans le syndicat, dont il est le président, de même pour Ihar Komlik. La condamnation à une peine avec sursis ne vaut pas mieux qu'une peine de prison ferme pour les deux leaders syndicaux dont la liberté de déplacement sera fortement entravée de diverses manières.

L'annonce du verdict a été accueillie par des cris de "Honte !"

Ce matin-là, des dizaines de syndicalistes et de représentants de la société civile ont lancé un appel aux services de la présidence de l'État réclamant l'abandon des poursuites contre des dirigeants syndicaux.

Pendant le prononcé du jugement, un piquet a été organisé près du Palais de justice. La police anti-émeute a interpelé les participants les plus actifs, parmi lesquels les activistes du syndicat REP Pavel Mrochko, de Brest, et Alexander Chmyhov, de Bobruisk.

IndustriALL a couvert le procès dans un blog tenu à cet effet. En outre, des observateurs d'affiliés nationaux d'IndustriALL assistaient à la plupart des audiences et tous s'accordent à dire qu'il s'agit d'un procès à but politique et que l'accusation n'a présenté aucune preuve fiable. 

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union, et Vadim Borisov, son Secrétaire régional, étaient présents au prononcé du verdict.

Kemal Özkan a qualifié les deux leaders syndicaux de "prisonniers politiques" et a déclaré que

"IndustriALL Global Union est persuadé que, même si ce procès visait deux personnes en particulier, il est en réalité dirigé contre le syndicat et, plus généralement, contre les droits des syndicats indépendants. IndustriALL et ses affiliés continueront à soutenir le REP, Gennady Fedynich et Ihar Komlik dans leur lutte pour la défense et la promotion des droits des travailleurs dans ce pays."

Gennady Fedynich, Président du syndicat REP et membre du Comité exécutif d'IndustriALL, a commenté le verdict en ces termes :

"Par ce verdict, les autorités bélarussiennes ont démontré qu'elles ne respectent par les normes internationales auxquelles elles ont souscrit dans le passé. Nous attendons maintenant que l'Europe réagisse, parce qu'une telle nonchalance envers les normes qui régissent toute l'Europe est inacceptable."

Ihar Komlik, le Président de la section du REP de la ville de Minsk, et comptable principal du syndicat, qualifie le verdict de "châtiment" du REP et de sa direction pour le travail réalisé par le syndicat.

"Ce verdict confirme une nouvelle fois que le Bélarus n'a que faire du droit international et de la législation nationale. Il ne repose sur aucune preuve, ses motivations sont politiques parce que le syndicat REP est ressenti comme une menace pour l'illégalité qui règne, y compris dans les relations du travail, au Bélarus."

IndustriALL continuera de suivre de près la situation au Bélarus et va accentuer la campagne de soutien aux syndicats indépendants de ce pays par diverses actions, notamment auprès d'organisations intergouvernementales.

Croatie: grève des travailleurs de la construction navale suite au non-paiement des salaires

Les travailleurs des chantiers navals d’Uljanik, à Pula, et du Trois mai (3. Maj), à Rijeka, sur la côte Adriatique de la Croatie, sont en grève. Le comité de grève, composé des trois syndicats représentant les travailleurs sur ces chantiers, a publié un communiqué demandant le paiement de leurs salaires et la démission de l’équipe dirigeante de l’entreprise.

L’affilié à IndustriALL Global Union, le syndicat des métallurgistes croates, SMH-IS, qui représente les travailleurs sur les chantiers, a appelé le Gouvernement de Croatie à intervenir et à couvrir les coûts salariaux à court terme jusqu’à ce qu’un plan de restructuration soit finalisé.

SMH-IS a soutenu la demande du Gouvernement croate à la Commission européenne visant à l’autoriser à consentir des prêts à l’entreprise pour l’aider à satisfaire les commandes existantes. IndustriAll Europe a collaboré avec la Représentation Permanente de la Croatie auprès de l’Union européenne et la Commission pour démontrer l’importance des prêts pour le paiement des travailleurs. En janvier, la Commission a approuvé une garantie de prêt de 96 millions d’euros, qui a sauvé des milliers d’emplois.

Le plan de restructuration élaboré par la direction d’Uljanik nécessite un investissement de la part de Kermas Energija, détenue par le magnat du transport maritime, Danko Končar, de 24 millions d’euros dans Uljanik. Cela ferait de Kermas Energija le propriétaire majoritaire. Kermas Energija a payé la moitié du montant, permettant à l’entreprise de régler une partie de ses dettes et de maintenir la production, mais pas de payer les salaires.

Le prêt attendu de la Banque nationale de Croatie pour la reconstruction et le développement (HBOR) n’a toujours pas été concrétisé. Le plan de restructuration est soumis à l’approbation de la Commission européenne. Les travailleurs des chantiers demandent à ce que la transaction soit finalisée et que le reste de la somme soit payée afin que leurs emplois soient sauvés.

Dans une entretien au journal télévisé croate, le président de SMH-IS, Siniša Kosić, a souligné qu’un déficit de financement devait être comblé pour que la production soit maintenue et les emplois sauvegardés:

« Nous avons besoin de capital pour reprendre la production. 3. Maj et Uljanik ont des commandes qui doivent être honorées; et qui, si elles sont satisfaites, draineront des capitaux frais…

« Il doit y avoir un moyen de surmonter ces deux mois difficiles ».

Dans une lettre de solidarité adressée à SMH-IS, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit:

« Il est extrêmement important que les travailleurs employés à Uljanik perçoivent leurs salaires et que leurs emplois soient sauvés. La construction navale est une des clés de voûte de l’industrie croate. Ce sont des emplois qualifiés au sein d’une chaîne d’approvisionnement complexe, qui est essentielle à l’économie locale.

« Il est également primordial qu’une stratégie à long terme visant à assurer la durabilité de ces chantiers soit trouvée. Les travailleurs souffrent du fait que l’entreprise chemine de crise en crise, et le gouvernement ne peut pas continuer de prêter de l’argent public aux industries privatisées ».

Uljanik, qui est l’un des plus vieux chantiers navals au monde, a été fondé en 1856 pour les besoins de la marine austro-hongroise. En 2013, avant l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne, Uljanik a été privatisée; et l’entreprise nouvellement créée a également acquis le chantier naval 3. Maj. L’entreprise est responsable de 6 500 emplois dans les régions de Rijeka et de Pula. Les membres du syndicat détiennent un peu moins de 50 pour cent des actions d’Uljanik.

Les syndicats libériens réclament de meilleures conditions de travail dans les plantations d’hévéas appartenant à Firestone

Dirigés par l’affilié à IndustriALL Global Union, le syndicat de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire du Liberia (AAIWUL), en collaboration avec les travailleurs des plantations d’huile de palme de Golden Veroleum et le groupe d’entreprises Sigma, les syndicats exigent que Firestone-Liberia tienne ses promesses en matière de hausse salariale et d’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs. Selon eux, l’inaction de l’entreprise met en péril le programme du gouvernement en faveur des pauvres. 

Après la récente annonce, à la Chambre des représentants, du PDG de Firestone-Liberia, Edmundo Garcia, selon laquelle le travailleur le moins bien payé gagnait 8,36 US$ par jour, les travailleurs ont immédiatement exigé de recevoir ce montant et fait grève pour faire pression pour obtenir la rémunération promise.

L’annonce du PDG ne correspond pas au bas salaire journalier minimum de 5,60 US$ que Firestone paie pour le travail difficile réalisé par ses travailleurs. Dans certains cas, ce travail éreintant comprenait l’entaillage d’au moins 500 arbres par travailleur avant la mi-matinée et la collecte du latex dans l’après-midi.

Le personnel médical dans les plantations travaillaient également dans des conditions précaires. Par exemple, les heures supplémentaires des médecins et des infirmiers n’étaient pas payées en violation de la Loi sur le travail décent. 

Les syndicats réclament également l’application de l’accord de 2008 sur l’emploi de 50 pour cent de Libériens. Firestone doit également fournir une assistance technique aux petits exploitants agricoles pour leur permettre d’entrer dans le secteur du caoutchouc.

Firestone, qui a le monopole sur la production de caoutchouc dans le pays, souvent avec l’appui du gouvernement, produit du caoutchouc au Liberia depuis plus de 90 ans. La compagnie a également été condamnée pour le déversement de déchets toxiques dans les rivières où les communautés locales s’approvisionnent en eau potable.

Edwin Cisco, Secrétaire général d’AAIWUL, demande à ce que le gouvernement « se montre ferme et exige que Firestone-Liberia s’acquitte de ses obligations conformément à la loi ». Il a indiqué que la compagnie doit cesser de « divulguer des informations inexactes et trompeuses qui se moquent complètement du grand service fourni par les travailleurs ».

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré: « Il incombe aux sociétés multinationales, comme Firestone, de payer des salaires décents et d’améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs. Les entreprises ne peuvent pas continuer de déclarer des bénéfices sur la souffrance des travailleurs ».