Nouvelle alliance syndicale mondiale constituée chez WestRock

Réunis à Destin, en Floride, le 22 août, environ 120 représentants syndicaux, venus d’Amérique du Nord et du Sud, d’Europe et d’Asie, ont analysé les relations sociales chez WestRock dans les différentes régions du monde, mis sur pied un comité de coordination pour l’alliance et élaboré un plan d’action.

À l’issue d’une série d’importantes acquisitions au cours des dernières années, la modeste compagnie RockTenn s’est rapidement étendue pour devenir un géant mondial, achetant Smurfit Stone, MeadWestvaco et MPS, entre autres et avant l’important achat prévu de Kapstone. Le passage de l’entreprise au statut de multinationale de premier plan nécessite la mise en place de relations sociales proactives à niveau mondial par le biais d’un dialogue sur le comportement social de l’entreprise avec les fédérations syndicales correspondantes.

Leeann Foster de l’USW, le syndicat qui prendra la présidence de la nouvelle alliance, a déclaré :

Notre nouvelle alliance est convaincue que le dialogue entre syndicats et directions à tout niveau, que ce soit local, national ou international, est à l’avantage à la fois des travailleurs et travailleuses et de l’entreprise. En tant que syndicat représentant les travailleurs et travailleuses là où de nombreuses multinationales ont leur siège et par le biais de notre travail avec IndustriALL et UNI, nous possédons une vaste expérience et expertise de la promotion d’un tel dialogue et de la manière d’éviter des conflits inutiles tout en relevant tout écart par rapport à la manière dont la politique officielle de relations sociales au plan mondial est appliquée en réalité. Nous voulons favoriser des relations sociales proactives et stables dans chacune des régions où WestRock évolue.

La réunion a entendu le rapport de dirigeants syndicaux brésiliens qui représentent les travailleurs et travailleuses de WestRock qui font face à la fermeture d’une usine dans la ville de Valinhos, près de São Paulo et à la construction de nouvelles infrastructures à une heure de là, à Porto Feliz. L’assemblée s’est inquiétée d’apprendre qu’en dépit d’excellent résultats rapportés par l’entreprise et de bénéfices record de la part des sites brésiliens, les syndicats du Brésil soient forcés de faire campagne pour le maintien de l’usine de Riegesa. Si cette usine ne peut pas être sauvée, le syndicat local STIPAP revendique un dialogue avec WestRock en vue d’un plan social pour les plus de 600 travailleurs et travailleuses qui perdraient leur emploi. L’assemblée a adopté à cet égard la déclaration de solidarité suivante :

L’Alliance syndicale internationale WestRock nouvellement constituée affirme sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses de WestRock de Valinhos qui font campagne contre la fermeture de l’usine bénéficiaire de Riegesa, qui menace les moyens d’existence de plus de 600 familles qui ont contribué au succès de l’entreprise au Brésil. Il est clair que WestRock doit s’asseoir à la table pour dialoguer avec le syndicat pour s’accorder sur un plan social en faveur des salariés qui risquent de perdre leur emploi. L’ensemble des syndicats de l’Alliance internationale va observer l’attitude de l’entreprise vis-à-vis des travailleurs et travailleuses de Riegesa et leur apporter son soutien. Ces travailleurs et travailleuses doivent être traités avec le respect qui leur est dû.

Le Président du Conseil d’Entreprise européen de la compagnie, Raffiq Moosa, a indiqué :

Nous avons construit au fil des années en Europe une relation fondée sur la confiance et le respect. Nous allons nous efforcer à présent de l’étendre au plan mondial. Recruter syndicalement sera une priorité fondamentale pour aller de l’avant.

La nouvelle alliance va maintenant entamer son plan d’action, sous l’impulsion du comité de coordination qui a été constitué lors de la réunion.

WestRock a fait état de ventes pour 4,1 milliards de dollars lors du troisième trimestre de l’exercice financier en cours.

Un syndicat kenyan exige la création d’emplois décents dans le secteur automobile

Kenya Vehicles Manufacturers monte des véhicules pour Tata et Scania, alors qu’Associated Vehicles Assemblers détient un contrat de sous-traitance avec Toyota. La chaîne de valeur comprend les pièces automobiles, la mise en distribution et la maintenance.

L’assouplissement des exigences appliquées par l’Union douanière de l’Afrique de l’Est pour rendre plus attractif le montage des véhicules au Kenya, ainsi que la promotion de l’achat de véhicules produits localement au détriment de l’achat de véhicules d’occasion en provenance d’autres régions du monde constituent deux occasions de croissance pour le secteur.

Néanmoins, les compressions d’emplois dans le secteur sont courantes et les importations bon marché continuent d’inonder le marché. Selon les syndicats, cette situation serait aggravée par la faiblesse des mécanismes de protection des politiques industrielles et l’absence d’une stratégie économique intégrée.

IndustriALL Global Union pour la région d’Afrique subsaharienne a récemment organisé des réunions à Nairobi pour discuter des difficultés auxquelles fait face le secteur et les solutions à y apporter. Figuraient parmi les participants, les affiliés du syndicat des métallurgistes unis du Kenya (AUKMW) et le syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (NUMSA). Les participants ont insisté sur la collaboration et l’apprentissage entre les affiliés dans les différents pays. Une nouvelle réunion est prévue en 2019 pour inclure les syndicats africains du secteur automobile dans le réseau mondial.

Les participants aux réunions ont été informés qu’en 2015, Volkswagen a fait part de son projet d’ouvrir une plus grande chaîne de montage susceptible de créer 2 000 emplois. L’entreprise reçoit des véhicules pratiquement montés d’Afrique du Sud, auxquels ils manquent seulement les portes, les capots, les pneus et quelques autres éléments montés par quatre travailleurs employés à plein temps. Le gouvernement a même promis de stimuler la production en achetant des véhicules à l’usine. Malheureusement et malgré de grandes attentes, AUKMW a indiqué que la compagnie continuait d’employer seulement quatre travailleurs à plein-temps. En outre, l’entreprise emploie 118 travailleurs en contrats temporaires depuis 10 ans, ce à quoi AUKMW s’oppose. Néanmoins, toutes les tentatives du syndicat auprès des tribunaux en faveur des emplois permanents ont échouées.

Après la réunion, AUKMW a facilité un atelier sur la négociation collective auquel ont participé  les délégués syndicaux d’Isuzu et de KVM, et les fabricants de batteries Chloride, Sunfilter, Choda Fabricators et Pelican Signs. Le Centre pour l’organisation des syndicats, qui est le centre national du travail,  était représenté aux réunions. Des échanges de vue ont eu lieu sur la négociation au niveau des usines au Kenya par rapport à la négociation collective centralisée en Afrique du Sud. Le commissaire du travail adjoint a manifesté un intérêt à établir des conseils de négociation chargés d’améliorer les relations du travail dans le pays.

NUMSA a expliqué la façon dont il a protégé les intérêts des travailleurs lorsque General Motors a fermé son atelier en Afrique du Sud ainsi que lors du transfert de plusieurs travailleurs d’Isuzu.

Kenny Mogane, responsable régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré:

« Nous saluons le combat mené par AUKMW pour la création d’emplois permanents et l’amélioration des conditions de travail pour les travailleurs dans le secteur automobile, et nous continuerons d’appuyer leurs efforts visant à améliorer la négociation collective ».

États-Unis : Imerys lock-oute des travailleurs et travailleuses du talc dans le Montana

Depuis le mois de mai, l’International Brotherhood of Boilermakers, un affilié d’IndustriALL Global Union, s’efforce d’obtenir un accord avec Imerys Talc America, propriétaire de l’usine de Three Forks. Malheureusement, l’entreprise fait preuve d’un total mépris à l’égard de ses salariés et insiste pour réduire drastiquement les prestations acquises par les travailleurs et travailleuses en dépit de bénéfices de plus d’un million de dollars que cette usine en particulier génère chaque mois.

“Il est important de comprendre que nous ne cherchons pas à obtenir quoi que ce soit de nouveau ou ‘en plus’ dans le cadre de cette nouvelle convention”

précise Randy Tocci, président de la Section D239 des Boilermakers, qui travaille à l’usine de talc de Three Forks depuis 38 ans.

“Ce qu’Imerys a proposé à maintes reprises reviendrait à enlever des prestations à des personnes qui ont travaillé dur dans cette entreprise depuis des dizaines d’années et comptent sur ces prestations. Nous avons été lock-outés purement et simplement en raison de la cupidité du monde de l’entreprise.”

Tocci explique que le syndicat a rencontré ses premières difficultés avec la direction en 2011, lorsque la multinationale française Imerys a racheté le Groupe Luzenac, une filiale du géant minier Rio Tinto. En plus de l’usine de Three Forks, Imerys a fait l’acquisition d’une deuxième usine de talc à Sappington ainsi que la mine de talc de Yellowstone près de Ennis. Imerys est actuellement propriétaire de 270 sites industriels dans 50 pays de par le monde et emploie 18.300 travailleurs et travailleuses.

Le Gouverneur du Montana, Steve Bullock, a rendu visite au piquet constitué par les salariés lock-outés et a écrit un courrier à Giorgio La Motta, Directeur général d’Imerys Talc North America, lui demandant de mettre fin au lock-out et de reprendre les négociations. Le Sénateur Jon Tester a lui aussi rendu visite aux travailleurs et travailleuses. Le Sénateur Steve Daines et d’autres personnalités politiques ont également exprimé leur soutien aux membres de la section D239. Ce soutien est encore venu massivement de la part de communautés locales, d’organisations du travail locales et nationales, de syndicalistes de l’ensemble des États-Unis, d’IndustriALL Global Union et d’autres fédérations syndicales internationales.

Le Code de Conduite de l’entreprise, tel que publié sur son site internet, dit :“Imerys respecte et défend la dignité, le bien-être et les droits des employés du Groupe, de leurs familles et des communautés où ils vivent, ainsi que des autres personnes qui sont affectées par ses opérations.” Également sur son site internet, l’entreprise dit à propos des enjeux sociaux qu’elle souhaite “Développer les compétences professionnelles et personnelles des collaborateurs, leur assurer une protection sociale adaptée, promouvoir la diversité et entretenir des relations sociales favorisant un climat de respect mutuel.

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL Global Union pour la section des matériaux, fait ce commentaire :

“Imerys fait des déclarations concernant le respect des droits et du bien-être de ses salariés, promettant des prestations sociales appropriées et des relations sociales conçues dans le respect mutuel. Mais ce ne sont que des paroles vides de sens si la direction au Montana ne met pas fin au lock-out et ne reprend pas les négociations en toute bonne foi. Nous exhortons la direction générale à rappeler à ses responsables américains le propre code de conduite de l’entreprise. La situation sur place est inacceptable et cette attitude n’est pas digne d’une multinationale française dotée d’une conscience sociale.”

ArcelorMittal: persistance des difficultés dans les pays CEI malgré un dialogue prometteur entre la compagnie et les dirigeants syndicaux

La tenue, les 4 et 5 septembre, de la réunion régionale avait été demandée par les participants à la réunion mondiale d’ArcelorMittal ayant eu lieu en juillet, au Luxembourg, après les signalements des pratiques antisyndicales de la compagnie par les affiliés à IndustriALL Global Union Ukraine, PMGU et KVPU, et l’affilié à IndustriALL Global Union Kazakhstan, Kazprofmet. Des grèves ont été organisées dans les entreprises d’Arcelor Mittal en Ukraine et au Kazakhstan au cours des 12 derniers mois.

ArcelorMittal fait état de 37 800 employés et travailleurs sous-traités au Kazakhstan, et de 29 100 employés et travailleurs contractés en Ukraine. Au Kazakhstan, la compagnie exploite une aciérie à Temirtau ainsi que des mines de fer et de charbon dans la région environnante. En Ukraine, elle détient une aciérie et exploite des mines de fer à Kryviy Rih.

Les efforts déployés depuis 2017 par PMGU et KVPU pour faire adopter une nouvelle convention collective, ont été décrédibilisée par le Directeur des ressources humaines d’ArcelorMittal Ukraine.

« Depuis notre réunion syndicale mondiale au Luxembourg et le dialogue que nous avons eu avec la direction mondiale d’ArcelorMittal, nous avons eu des échanges de vue constructifs avec la compagnie. Le Directeur des ressources humaines d’Ukraine ne participe plus à nos négociations et la compagnie donne suite à nos demandes d’information. Les informations erronées sur la réunion ne circulent plus », a indiqué Natalia Marinyuk, présidente du Comité syndical du PMGU à l’usine de Kryvyi Rih d’ArcelorMittal Ukraine.

Les responsables de Kazprofmet ont indiqué n’avoir pas encore constaté ce changement positif à ArcelorMittal Kazakhstan ainsi que l’application intégrale de la hausse salariale de 30 pour cent que la compagnie avait pourtant accepté de verser au mineurs travaillant dans les mines souterraines afin de stopper une grève en 2017.

Les participants ont eu l’occasion d’exprimer leurs préoccupations avec le PDG d’ArcelorMittal pour les pays CEI, Paramjit Kahlon, qui avait consenti à la demande d’intervention d’IndustriALL durant la réunion.

Kahlon a parlé des difficultés rencontrées pour opérer dans la région. Il a fait part de l’engagement d’ArcelorMittal à appliquer des normes de santé et de sécurité élevées et à travailler en partenariat avec les syndicats. Il a également exprimé sa volonté personnelle de travailler avec les syndicats dans la région.

Les représentants syndicaux ukrainiens ont indiqué que la direction d’ArcelorMittal écoutait leurs préoccupations en matière de santé et de sécurité et que leurs comités mixtes de santé et de sécurités étaient performants. Il n’en serait pas de même de l’intervention de ces comités dans les mines d’ArcelorMittal Kazakhstan, comme l’a indiqué Kazprofmet.

Les syndicats se sont unanimement engagés à continuer à travailler de concert au sein d’un réseau régional qui ferait partie du réseau syndical mondial d’ArcelorMittal. Marinyuk utilisera son siège au comité mixte mondial en matière de santé et de sécurité d’ArcelorMittal pour soulever les préoccupations existantes dans la région.

« IndustriALL se félicite de l’initiative du PMGU, KVPU et Kazprofmet de former un réseau syndical régional à ArcelorMittal. IndustriALL s’engage à soutenir ce réseau. Nous saluons également ArcelorMittal pour sa collaboration avec IndustriALL pour cette réunion et pour avoir commencé à travailler sur quelques-uns des nombreux défis des relations du travail dans la région. Nous espérons pouvoir développer ce partenariat », a déclaré le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan.

Rencontre : le retour de Napoleón Gómez Urrutia au Mexique est un triomphe pour la liberté syndicale

Considérez-vous votre retour comme une victoire pour les syndicats indépendants et leur combat pour la démocratie ainsi qu’une affirmation des droits syndicaux ?

Oui, absolument. C’est un véritable triomphe pour nous dans notre lutte pour la démocratie. Et ce n’est pas qu’une victoire pour les travailleurs et travailleuses de Los Mineros, c’est une victoire pour la classe ouvrière partout au Mexique, en Amérique latine et dans le monde entier.

Nous sommes parvenus à résister à 12 ans de persécution politique et de lâches attaques pour répondre avec dignité. Nous en sommes très fiers.

Maintenant, nous devons travailler dur pour restaurer les droits des travailleurs qui ont été passé au pilon par des entreprises et des gouvernements corrompus qui ont sapé à la fois notre liberté syndicale et notre démocratie.

En tant que sénateur élu, qu’allez-vous faire pour restaurer les droits des travailleurs ?

Dès que j’aurai prêté serment, je me battrai pour changer les politiques du travail du pays. Elles sont à la base d’une grande partie de l’exploitation des travailleurs parce qu’elles mettent en avant les intérêts des entreprises nationales et multinationales.

Nous allons réformer la Loi sur l’Emploi et élaborer une nouvelle politique nationale pour nous assurer que les travailleurs et travailleuses soient payés correctement, que leurs tâches puissent être accomplies dans la dignité et que leurs droits soient respectés.

Nous devons mettre un terme aux conventions collectives illégitimes. Cela fera partie des réformes que nous proposons pour rendre le marché du travail plus démocratique, plus libre et plus équitable.

Nous souhaitons également prendre des mesures pour assurer que l’Accord de libre-échange nord-américain reconnaisse et protège les droits syndicaux des travailleurs et travailleuses partout aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Nous visons de vrais changements qui nous permettent de construire un avenir dans lequel le bien-être de la classe ouvrière est assuré.

Pensez-vous que vous pourrez obtenir que le gouvernement du Mexique ratifie la Convention n° 176 de l’Organisation internationale du Travail sur la Santé et la sécurité dans les mines ?

C’est un de mes objectifs et ma responsabilité en tant que sénateur d’y arriver. Je vais mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il signe la convention, parce que nous devons effectuer des changements de l’intérieur.

C’est vraiment important : les compagnies minières en sont toujours à faire travailler leurs salariés dans des conditions réellement insupportables. Les travailleurs et travailleuses de notre pays ne devraient pas avoir à risquer leur vie et leur santé, quels que soient leur activité et leur lieu de travail.

Au cours de la conférence de presse, vous avez dit que vous chercheriez à faire rouvrir l’enquête sur l’explosion fatale à la mine de Pasta de Conchos. Pensez-vous pouvoir obtenir justice dans le cadre de cette terrible tragédie ?

J’ai déclaré dès le départ que Grupo Mexico avait commis un homicide industriel. Nos trois revendications sont que les corps des travailleurs qui ont perdu la vie lors de l’explosion soient récupérés, que les familles reçoivent une indemnisation décente et équitable et que l’enquête soit rouverte afin de déterminer les causes de la tragédie et amener ceux qui ont commis une telle négligence devant la justice. Je pense que le nouveau gouvernement d’Andrés Manuel López Obrador va soutenir ces revendications.

Pour la première fois, les femmes constituent 50% du cabinet mexicain. Pensez-vous qu’il s’agit d’une mesure importante. Et qu’en est-il de Luisa María Alcalde, âgée de 31 ans, nouvelle Ministre du Travail et de la Protection sociale ?

Je pense que c’est vraiment formidable. J’ai toujours essayé de soutenir et défendre la participation des femmes à la production, à la politique et au travail syndical. Ma femme, Oralia, a été une partenaire incroyable à cet égard. Ensemble, nous avons créé des groupements comme “Les Femmes d’Acier” au Mexique. Mes camarades au sein de Los Mineros sont également très heureux de ces évolutions.

Alcalde est très intelligente et bien préparée. Je suis sûr qu’elle va jouer un rôle clé en tant que Ministre du Travail et de la Protection sociale, communiquer de manière efficace avec nous et bâtir un dialogue respectueux pour soutenir nos initiatives, qui peuvent être portées aussi bien par le gouvernement que par ceux d’entre nous qui siègent au Parlement.

J’ai confiance en notre succès. J’espère que nous pourrons avancer ensemble pour forger une nouvelle société qui fera progresser le bien-être et la prospérité à la fois de la classe ouvrière et de la population de manière plus large.

Signataires de l’Accord 2018

A&M Holmberg

Adidas

Åhléns

Aldi North

Aldi South

Alma Mater Wear

America Today

American Eagle Outfitters

APG and Co

Arcadia Group

Artsana (Chicco)

Auchan

Avon Cosmetics

Baumhueter International

Bel&Bo

Bel-confect

Benetton

Bestseller

Bonmarché

BrandCo Management 

Brands Fashion

Bristol (Euro Shoe Group)

Brüzer Sportsgear

C&A

Camaïeu

Carrefour

Casino Global Sourcing

Cencosud Paris and Johnson

Cencosud Supermercados

Chantal

Cherokee/Hi-Tec Sports

Chicca

Comtex

Coop Danmark

Cotton On

Country Road

Dansk Supermarked Group

David Jones

Daytex Mode

Debenhams

Deltex

Designworks

Desigual

Distra

DK Company

DPDB Group

E Leclerc

Edinburgh Woollen Mill

El Corte Inglés

Ellos Group

Ernsting’s Family

ESPRIT

ETP

Fanatics

Fashionbridge

Fast Retailing

Face to Face

Fat Face

Florett Textil

Forever New

Fristads

Fruit of the Loom

Gebra Non-food

Gekås Ullared 

G. Güldenpfennig 

Gina Tricot

Global Impact

G-Star

H&M​

Hakro

Hanson Im-und Export 

Heinrich Obermeyer 

Helly Hansen

HEMA

Hemtex

HKG Garment Solution

Holland House Fashion

Horizonte

Hugo Boss

Hunkemöller

Hüren OHG

ICA Sweden

ID Identity

Inditex (incl. Zara)

Intersport

JBC

JOGILO

John Lewis

Julius Hüpeden 

Juritex Import & Export GmbH

KappAhl

Karstadt

Kesko

Kid Interior

KiK

Killtec Sport

Klaus Herding / Herding Heimtextil

Kmart Australia

Knights Apparel

Kromtex

L. TEN CATE

LC Waikiki

Licensing Essentials

Lidl

Loblaw

LowLand Fashion International

LPP

Mainpol

Madness Sport

Mango

Mavi

Marks and Spencer

Matalan

Mayoral Moda

Metro

Miss Etam

Mitchell & Ness

Monoprix

Morrison Supermarkets

Mothercare

MS Mode

N Brown

New Agenda by Perrin

New Frontier 

New Look

New Wave Group

Next

Oceania Trading Asia

OLYMP Bezner

O'Neill

Orsay

Otto

Outerstuff Ltd

OVS

Padma Textiles

Paprika Cassis

Peak Performance

Prénatal Moeder & Kind

Prénatal Retail Group (Prénatal: BimboStore; Mawi)

Primark

Princess Gruppen

Puma

PVH

PWT Brands

RAWE Moden

Reclaimed Sticks

Reima

Retail Holdings

Rewe Group

River Island

RNB Retail and Brands

Sandryds

Sainsbury's

Schmidt Group

Shoeby

Shop Direct

Schijvens Confectiefabriek Hilvarenbeek

s.Oliver

Specialty Fashion Group

Stadium

Star Brands Apparel

Stein Mode & Bodywear

Stockmann Group

Suprema

Takko

Tally Weijl

Target Australia

Tchibo

Tesco

Tex Alliance

Texsport 

The Just Group

The Sting House of Brands

Top Grade International

Transmarina Handelsgesellschaft

TVM Europe

Uhlsport

Uncle Sam

Van der Erve

Varner

Vegotex

Verburgt Fashion 

Vetta

VOICE Norge AS

WE Fashion

Wibra Supermarkt

Woolworths Australia

Workwear Group

W Republic

Wünsche Group

Yongo Europe

Y’Organic

Zeeman

Zephyr Headwear

Les Fédérations syndicales IndustriALL et UNI condamnent le manque de respect de Kimberly-Clark pour les travailleurs et travailleuses

Bien qu’elle se définisse constamment comme une entreprise familiale, Kimberly-Clark se forge de plus en plus une réputation d’employeur antisyndical et anti-ouvrier. L’annonce irresponsable faite par l’entreprise en janvier de cette année selon laquelle plus de 5.000 emplois seraient supprimés à niveau mondial sur les trois prochaines années font que tous les salariés de Kimberly-Clark, leurs familles et les communautés auxquelles ils appartiennent sont inquiets pour leur avenir.

En différents endroits, les directions locales ont maintenant recours à la menace de fermeture d’usine pour tenter de forcer des concessions au niveau des négociations collectives.

À l’usine Millicent de Kimberly-Clark, dans le sud de l’Australie, 265 adhérents du CFMEU ont mené des actions tournantes pour s’élever contre la menace constante d’une fermeture et de pertes d’emplois.

L’entreprise a également eu recours à des tactiques autoritaires et à la menace de fermeture lors de négociations au sein de l’usine phare et bénéficiaire du Wisconsin, aux États-Unis.

En Europe, l’absence de consultation des syndicats est en réalité illégale en vertu de la législation européenne, car cela contredit les dispositions en matière de Conseils d’Entreprise Européens. Les syndicats ont à leur disposition un recours auprès du politique par le biais des tribunaux allemands. Les syndicats n’ont pas encore opté pour ce recours en justice. Les syndicats en Europe et partout où Kimberly-Clark mène des activités, doivent être urgemment informés et consultés sur le plan de restructuration de l’entreprise.

Cette attitude est une attaque à l’encontre des relations sociales modernes. Au bout du compte, la manière de traiter ses salariés va rejaillir sur les marques iconiques de l’entreprise et le mouvement syndical international est unanime pour appeler Kimberly-Clark à ouvrir un dialogue honnête avec ses partenaires syndicaux au plan international afin de résoudre la controverse croissante sur l’absence de véritable consultation de la part de l’entreprise et sur ses tactiques péremptoires.

À l’issue d’une réunion tenue le 6 mars au siège de Kimberly-Clark à Atlanta, les syndicats avaient remis une proposition écrite concernant un dialogue structuré avant toute restructuration, comme convenu lors de la réunion. Nous nous tenons à cette proposition et exhortons l’entreprise à approuver et mettre en œuvre de façon urgente ce dialogue.

Le Groupe de Travail de la Pâte et du Papier d’IndustriALL et le Secteur Graphique et de l’Emballage d’UNI ont résolu de préparer une campagne mondiale concernent Kimberly-Clark, qui sera mise en œuvre si l’entreprise maintient ses relations hostiles avec les syndicats, refuse de consulter les travailleurs sur son plan de restructuration et continue à menacer de licenciements massifs. Kimberly-Clark tourne le dos à ses salariés dévoués en Amérique du Nord, en Europe et en Asie ainsi qu’en Australie. Ce n’est pas là un modèle économique viable, lui qui met en danger la certification FSC de l’entreprise et porte atteinte à la famille de marques de grande qualité qu’elle a bâtie sur des décennies.

eSwatini : les travailleurs protestent contre le refus des firmes du textile d'augmenter les salaires

La police a été appelée sur les lieux et a dispersé, à coups de bâtons et par tirs à balles réelles, les travailleurs en colère qui avaient bloqué la ville en signe de protestation. Les esprits se sont enflammés lorsque les négociations ont abouti à une impasse et que la Commission de conciliation, de médiation et d'arbitrage a déclaré le conflit sans issue. D'autres firmes textiles, comme Fashion Enterprises, refusent elles aussi le dialogue avec les syndicats. Les firmes textiles campent sur leurs positions et déclarent vouloir que les négociations aient lieu devant le Conseil des salaires, un organe tripartite de réglementation des conditions d'emploi. Mais cela n'intimide pas l'affilié d'IndustriALL ATUSWA (Syndicats fusionnés du Swaziland) pour qui le Conseil des salaires est uniquement là pour définir une base salariale mais ne remplace pas la négociation collective entre travailleurs et employeurs.

Pour l'ATUSWA, les travailleurs ne gagnent pas le minimum vital et sont dans une situation pénible. Il est choquant que l'amélioration des salaires ne semble pas intéresser les employeurs.

Selon le Secrétaire général de l'ATUSWA, Wander Mkhonza :

"Les employeurs doivent savoir que les travailleurs estiment qu'ils les flouent et les méprisent, tout comme le gouvernement. Le coût de la vie augmente alors que les salaires restent faibles, et ils vivent dans la misère. C'est pourquoi nous réclamons un conseil de négociation paritaire dans le secteur de l'habillement et du textile. Hélas, cette proposition ne rencontre pas l'assentiment des employeurs ni du gouvernement. Nous sommes horrifiés de voir que le gouvernement ne soutient pas la négociation collective, 18 ans après le vote de la Loi sur les relations professionnelles."

Pour Paule France Ndessomin, la Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne :

"Nous demandons que les firmes du textile d'eSwatini pratiquent des salaires de subsistance. Il est inacceptable que des travailleurs vivent dans la misère alors qu'ils ont un emploi."

Le secteur de l'habillement et du textile d'eSwatini exporte vers l'Afrique du Sud et les États-Unis, dont la loi intitulée Africa Growth and Opportunity Act, et à laquelle ce pays a souscrit, devrait pourtant favoriser le développement et les opportunités de l'Afrique.

Trinité-et-Tobago: les syndicats unis contre le projet de vente de la raffinerie

Chacun a choisi son camps et les grandes déclarations font rage dans la bataille à propos de la seule raffinerie à Trinité-et-Tobago, propriété publique de la compagnie pétrolière d’Etat Petrotrin. Ce pays des Caraïbes est en proie à une crise majeure des relations du travail face à la menace des syndicats de paralyser l’économie ce vendredi. La semaine dernière, le gouvernement a annoncé la fermeture de la raffinerie, laquelle entraînera la perte de 2 500 emplois.

Les travailleurs à la raffinerie sont représentés par l’affilié à IndustriALL Global Union, le syndicat des travailleurs des champs pétrolifères (OWTU). Dimanche dernier, OWTU a vivement rejeté, en la qualifiant de stratagème, une offre du gouvernement proposant au  syndicat d’empêcher la fermeture de la raffinerie en l’achetant eux-mêmes.

« Il a déjà trouvé un acheteur potentiel pour la raffinerie », a indiqué le président général du syndicat, Ancel Roget.

Après avoir refusé l’offre du gouvernement, les représentants de 12 syndicats à Trinité-et-Tobago ont remis, lundi dernier, une lettre au président dans laquelle non seulement ils sollicitent une réunion urgente pour discuter de la fermeture de la raffinerie mais rappellent au président que la compression des effectifs viole le protocole d’accord signé avec le syndicat, et demandent que la restructuration soit débattue au parlement.

Les syndicats représentent les travailleurs dans les secteurs public et privé, y compris les fonctionnaires, les infirmiers, les agriculteurs, les chauffeurs routiers et les employés de banque. L’affilié à IndustriALL, le syndicat des marins et des dockers faisaient partie des signataires.

S’exprimant en soutien à OWTU, le président de l’Association des services publics, Watson Duke, a demandé à ses membres travaillant dans les services des douanes et de l’immigration, l’encaissement des recettes et les autres services publics de rester à la maison et d’observer une journée « de repos et de réflexion ». Au lieu de faire grève, les syndicats appellent leurs membres à se porter malades ce jour-là.

Après que le ministre de l’Administration publique ait menacé d’emprisonnement les travailleurs qui ne se présenteraient pas au travail, les responsables syndicaux ont réagi furieusement aux cris de « En avant! » et « Construisez une prison plus grande! ».

La Directrice d’IndustriALL en charge de l’industrie, Diana Junquera Curiel, a déclaré:

« Le gouvernement de Trinité-et-Tobago fait face à une crise des relations du travail  et politiques dont il est lui-même l’auteur. Avec cette tentative sournoise de privatiser un fleuron important stratégique, le gouvernement a réussi à unir le mouvement syndical dans son ensemble contre lui.

« Le temps des gesticulations est révolu. Le gouvernement doit impliquer OWTU dans les négociations visant à déboucher sur un plan de restructuration crédible ».

IndustriALL appelle à la réintégration du leader syndicaliste indonésien

Idris Idham travaille à l’hôpital Rumah Sakit Islam Jakarta Pondok Kopi à Jakarta depuis 24 ans et il est le président de la section syndicale FARKES de l’hôpital depuis 2000.

Idham a été mis dehors pour n’avoir pas utilisé le lecteur d’empreintes digitales de l’hôpital pour pointer ses entrées et sorties. En vertu de la convention collective entre le syndicat et l’hôpital, Idham a droit à un crédit d’heures pour ses activités syndicales. Il menait régulièrement ces activités dans les locaux du syndicat dans l’après-midi, ce qui implique de ne pas pouvoir utiliser le lecteur d’empreintes digitales de l’hôpital à la fin de la journée.

Idham a été sous pression de la part de la direction de l’hôpital depuis qu’il a été élu président de la FARKES et vice-président de la Confédération des syndicats indonésiens KSPI-CITU en 2017.

Il a reçu un premier courrier d’avertissement en décembre 2017 et, bien qu’il soit titulaire d’un diplôme d’économie et qu’il exerçait dans le domaine financier, il a été transféré auprès du service de sécurité de l’hôpital. La pression de la part de la direction de l’hôpital s’est encore accrue lorsqu’il a exprimé des préoccupations quant à l’externalisation de travailleurs et travailleuses de l’hôpital et a fait état d’erreurs commises par le directeur.

Idham a reçu un second courrier d’avertissement en avril 2018 et, le 13 août 2018, il a été suspendu de ses fonctions sine die pour finalement recevoir une lettre de licenciement le 29 août, ce qu’il a refusé d’entériner.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit au Ministre de la Main-d’œuvre d’Indonésie, qui est représenté par son département auprès du conseil de surveillance de l’hôpital, pour l’exhorter à réintégrer Idham au plus tôt, décrivant son licenciement comme étant “une manœuvre à peine voilée d’anti-syndicalisme”.

Dans un courrier daté du 4 septembre, Sanches écrit :

“IndustriALL Global Union exhorte le gouvernement à agir immédiatement pour garantir le respect des droits fondamentaux des travailleurs au sein de l’hôpital Rumah Sakit Islam Jakarta Pondok Kopi, ce qui doit comprendre la réintégration immédiate d’Idris Idham, et à mettre fin aux actes d’intimidation et de menaces à l’encontre des dirigeants et membres de la FARKES.”