Les syndicats indiens revendiquent une transition juste dans le secteur du charbon et des énergies renouvelables

IndustriALL, en collaboration avec l’APHEDA et le Centre pour une transition juste de la CSI, a mené des recherches du point de vue des syndicats de travailleurs afin d’élaborer des stratégies visant à protéger les droits des travailleurs pendant la transition énergétique du pays. Une réunion destinée à diffuser les résultats de l’étude sur la transition du secteur des mines de charbon s’est tenue les 25 et 26 juillet à Ranchi, tandis que la réunion sur l’étude des défis et des opportunités pour la syndicalisation dans le cadre des projets d’énergies renouvelables s’est tenue à Delhi les 28 et 29 juillet.

L’étude sur le secteur des énergies renouvelables souligne que, grâce à la baisse des coûts de production et au soutien croissant des pouvoirs publics, ce secteur devrait attirer de plus en plus d’investissements à l’avenir. L’Inde a déjà atteint son objectif national de 50 % d’électricité produite à partir de sources renouvelables. Mais ce secteur est caractérisé par des emplois temporaires mal rémunérés, des conditions de travail difficiles et un faible taux de syndicalisation. Le secteur des énergies renouvelables a créé plus de 1,3 million d’emplois, mais la majorité d’entre eux sont précaires.

Les travailleurs et travailleuses chargés de l’installation et de l’entretien des panneaux solaires sont exposés à la chaleur, les grands champs solaires étant dépourvus de toute ombre. Les problèmes de sécurité au travail, tels que les morsures de serpent et les chocs électriques, sont monnaie courante. Les travailleurs employés sur ces sites sont temporaires, embauchés par des agences de placement et payés des salaires de misère. Au Rajasthan, l’une des provinces d’Inde où les centrales solaires se multiplient le plus, les salaires peuvent descendre jusqu’à 285 roupies (3,2 dollars) par jour.

Les syndicats du secteur du charbon mettent en garde contre la baisse de la sécurité de l’emploi

L’étude sur le secteur minier a révélé que, selon les syndicats, environ 300.000 travailleurs permanents et 500.000 travailleurs sous-traitants y sont actuellement employés. En outre, plus de 1,4 million de personnes dépendent de cette industrie pour leur subsistance. Les syndicats du secteur du charbon ont exprimé leur inquiétude face à la diminution du nombre de travailleurs permanents, le recrutement pour ces postes ayant été gelé, ce qui affaiblit l’influence des syndicats dans le secteur. Dans le même temps, le recours à des travailleurs en sous-traitance est en augmentation, ce qui conduit à une érosion complète du régime de travail décent. La privatisation croissante, ainsi que l’externalisation de tâches telles que le développement des mines, l’exploitation et la location d’équipements, ont encore affaibli les droits et les avantages des travailleurs et travailleuses.

L’étude souligne que, compte tenu des engagements de l’Inde en matière de zéro émission nette, plusieurs mines du secteur public ont été fermées ou abandonnées et que des fermetures non-planifiées de mines ont mis à mal les droits des travailleurs et travailleuses et ceux des communautés qui dépendent des mines. Les dirigeants syndicaux ont souligné plusieurs préoccupations lors de la réunion, notamment les redéploiements brusques vers des mines ou des lieux de travail éloignés, l’absence de consultation des syndicats sur la transition et l’absence de reconversion des travailleurs et travailleuses vers de futurs emplois.

Dans leur débat sur l’impact négatif et disproportionné de la transition sur les femmes travailleuses et les personnes dépendant d’elles, les syndicalistes ont souligné l’importance d’intégrer les besoins des femmes dans les processus de transition. Ils ont insisté sur la nécessité de garantir l’accès à des emplois de qualité, à des postes décisionnels, à des possibilités de formation et aux infrastructures sociales, sur la base de données ventilées par sexe et d’actions visant à éliminer les obstacles structurels et à faciliter la transition.

Sharan KC, de l’APHEDA, Jacquie MacLeod, de la CSI, et le Dr S.M.F. Pasha, de la CSI-AP, ont donné des exemples provenant d’autres régions du monde, comme l’Indonésie, l’Espagne, le Brésil, l’Allemagne et l’Afrique du Sud. Dans ces pays, les syndicats travaillent ensemble et, grâce à un plaidoyer intensif, ont pu engager un dialogue avec les gouvernements sur la question de la transition juste et garantir la protection des droits des travailleurs et travailleuses.

Plans d’action pour favoriser le changement

Lors des deux réunions, les participants ont élaboré des plans d’action pour promouvoir la transition juste. Parmi les principales mesures figurent les suivantes

Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“IndustriALL soutient les revendications des syndicats en faveur d’une transition juste et d’un dialogue social en Inde qui protègent les emplois et les intérêts des travailleurs et travailleuses. En Inde, les débats sur la transition juste sont dominés par des politiques très hiérarchisées et, dans ces études, nous avons tenté d’inverser cette logique en plaçant leurs préoccupations, leurs idées et leurs aspirations au cœur du débat sur la transition. IndustriALL reste déterminé à renforcer le rôle des syndicats et à collaborer avec toutes les parties prenantes pour façonner des processus de transition juste, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte. Ces études constituent un pas dans cette direction.”

Les travailleurs du pétrole kényans obtiennent des concessions dans un conflit avec une société d'oléoducs

L'accord fait suite à un préavis de grève de sept jours lancé le 24 juillet par le syndicat, qui invoque des conflits de longue date à propos des droits des travailleurs, des primes de rendement et du sort des salariés de la Kenya Petroleum Refineries Limited (KPRL) qui sera bientôt dissoute. Il met aussi le doigt sur des questions pressantes concernant la fermeture de KPRL et l'avenir des infrastructures pétrolières du Kenya.

Le KPOWU, qui représente les personnels de KPC et KPRL, avait émis une série de revendications très préoccupantes. Il s'agissait notamment du transfert en bonne et due forme des travailleurs de KPRL vers KPC avec maintien de leurs conditions et prestations, la suppression de primes de rendement discriminatoires, la protection des responsables syndicaux contre l'intimidation et la prise en compte d'urgence d'anciennes revendications, certaines remontant à 2016, à propos des heures supplémentaires, des primes d'astreinte et des repas.

Le syndicat avait aussi mis en avant des problèmes de corruption au dépôt de KPC à Eldoret et réclamait de la redevabilité et de la transparence dans l'entreprise.

Les négociations, dont la médiation était confiée au secrétaire du cabinet à l'énergie et au pétrole Opiyo Wandayi, a permis des concessions substantielles de KPC, notamment :

Il s'agit là d'une grande victoire pour le KPOWU dans son long combat pour l'équité et la justice dans l'industrie pétrolière et gazière du Kenya.

"Cet accord ouvre la voie à la fin d'une grave injustice pour les travailleurs,"

a déclaré George Okoth, le secrétaire général du KPOWU.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, s'est félicitée de ce résultat et a exprimé sa solidarité avec le syndicat :

"Nous appuyons les revendications du KPOWU pour de meilleures conditions de travail et la défense des droits des travailleurs,"

a-t-elle déclaré en invitant KPC à continuer à négocier de bonne foi.

KPC est une entreprise d'État dépendant du ministère de l'Énergie. Elle joue un rôle essentiel dans la logistique pétrolière du Kenya en transportant et stockant le carburant dans un réseau d'oléoducs reliant la ville portuaire de Mombasa aux grandes villes de l'intérieur telles que Nairobi, Nakuru, Kisumu et Eldoret.

Son rachat de KPRL en  2023 était censé renforcer la capacité de stockage et de distribution du Kenya. Avec l'arrêt progressif des activités de KPRL, l'intégration de son personnel dans KPC représente non seulement une victoire syndicale mais aussi une garantie de maintien de la stabilité de la chaîne d'approvisionnement en énergie du pays. 


 

Les travailleurs du pétrole à la croisée des chemins : droits de douane, IA, politique climatique et tensions mondiales

Un modèle de négociation coordonné

Le National Oil Bargaining Program, arrêté en 1965, est un exemple unique en son genre de coordination syndicale structurée. Il regroupe des équipes de négociation afin d'harmoniser leurs calendriers et instaurer une plateforme commune. Les propositions des conseils locaux sont examinées et fusionnées par un Comité de politique nationale issu de la base et qui entame ensuite la négociation avec le principal employeur, Marathon Petroleum.

Une fois qu'un accord se dégage à l'échelon national, il devient la référence pour toutes les compagnies participantes et fixe une norme minimum pour l'ensemble de l'industrie. Cette démarche structurée évite la fragmentation et renforce le pouvoir de négociation.

Mike Smith (USW) s'adresse à la conférence (NOBC) 

"Votre présence ici est un investissement dans notre avenir. Le temps passé ensemble ici, à échanger nos stratégies et renforcer notre solidarité, est le garant de notre force dans la négociation,"

a déclaré Mike Smith, le président du programme de négociation nationale pour le pétrole.

La force de ce programme réside dans son unité et son calendrier qui font que les compagnies ne peuvent faire jouer les travailleurs les uns contre les autres. Bien que ce modèle soit propre aux États-Unis, son principe fondateur, qui est de bâtir une force collective par la coordination, est riche d'enseignements pour les syndicats du monde entier.

Des pressions mondiales sur les négociations nationales

Le contexte dans lequel s'est tenue la conférence de 2025 baignait dans un sentiment général d'incertitude. Pendant la séance inaugurale, des dirigeants syndicaux ont mis en lumière les grands enjeux du secteur, comme l'abandon des promesses d'investissement dans les technologies énergétiques de demain, comme l'hydrogène et la capture du carbone, la montée de l'inflation, les droits de douane et l'instabilité internationale. Ces facteurs ont déjà conduit de nombreuses compagnies à reporter ou réduire les investissements dans leurs équipements, malgré la constance de la rentabilité dans le raffinage. Les délégués ont été pressés de garder ces dynamiques à l'esprit lorsqu'ils prépareront leurs prochains cycles de négociation.

"Nous avons assisté à quantité d'annulations de financements … le marché mondial est assez ténébreux,"

a ajouté Mike Smith.

Cette instabilité provient en bonne part de l'inversion de la politique énergétique fédérale des États-Unis, d'une administration à l'autre. Sous le président Biden, le secteur a beaucoup investi dans le développement des énergies propres et la transition industrielle. Mais avec le changement de climat politique et les perspectives de déréglementation causés par le retour de Trump aux affaires, beaucoup de compagnies ont stoppé leurs investissements ou gelé des projets. Les travailleurs se trouvent maintenant pris entre deux visions concurrentes de l'avenir énergétique, et n'ont guère à dire dans aucune.

Les délégués ont aussi exprimé leurs inquiétudes devant la hausse des coûts de santé, l'inflation, les protections contre le licenciement, la sécurité des retraites et la stabilité de l'emploi, autant de facteurs qui seront tous au centre des négociations qui démarreront en janvier 2026.

Dans une industrie qui ressent toujours l'instabilité engendrée par le COVID, il va sans dire que le poids de la volatilité économique et politique est rejeté sur les épaules des travailleurs. La question qui sera au centre des négociations de cette année est de savoir qui paiera le prix des changements de priorité des groupes de l'énergie.

Technologie et exclusion de la transition

L'industrie évolue et les menaces aussi, et elles ne sont pas uniquement économiques. Diana Junquera Curiel, la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie de l'énergie et de la Transition juste, a évoqué les risques croissants pour les travailleurs d'être exclus des grandes décisions sur la transition énergétique et le changement technologique. Elle a mis en garde contre l'intelligence artificielle (IA), la déréglementation et les nouveaux accords commerciaux qui changent le secteur à grande allure.

Diana Junquera Curiel s'adressant à la NOBC à Pittsburgh   

"Les entreprises du secteur de l'énergie utilisent déjà l'IA dans leurs processus. J'ai analysé les risques et les perspectives de l'IA dans ce secteur et il faut que les syndicats soient à la table des transitions technologiques,"

a déclaré Diana Junquera Curiel.

Dans tout le secteur pétrolier, l'IA est de plus en plus utilisée pour la maintenance préventive, l'automatisation des processus industriels, voire pour la surveillance de sécurité. Bien que ces technologies favorisent l'efficacité, elles comportent aussi de graves menaces pour la sécurité d'emploi, les critères de compétences et le contrôle, surtout lorsqu'elles sont mises en place sans que les travailleurs soient associés ou en l'absence de négociation.

Elle a insisté sur le fait que l'issue des négociations aux États-Unis a des implications mondiales :

"Vos batailles et vos négociations, ici aux États-Unis, ne sont pas confinées au Texas, à la Californie ou la Pennsylvanie. Elles franchissent les océans, et déterminent ce que sera la situation des travailleurs du pétrole au Royaume-Uni, au Nigeria, au Mexique et ailleurs."

Le résultat des négociations nationales aux États-Unis a souvent valeur de précédent auquel se réfèrent d'autres compagnies dans le reste du monde. Lorsque les multinationales américaines négocient les salaires, les normes de sécurité ou les protections contre le licenciement chez elles, celles-ci influencent souvent ce qui est proposé, ou refusé, dans les sites qu'elles exploitent ou qui travaillent pour elles dans le Sud global. En outre, les chaînes d'approvisionnement mondiales sont étroitement liées; si des raffineries connaissent des pénuries de main-d’œuvre ou des avancées syndicales qui augmentent leurs coûts, leurs effets sont souvent répercutés sur les travailleurs d'organismes sous-traitants ou externalisés à l'étranger. Pour les syndicats de pays où les protections au travail sont plus faibles ou le taux de syndicalisation inférieur, les victoires remportées par les syndicats aux États-Unis peuvent servir de levier ou de moyen de pression pour défendre leurs acquis. C'est pourquoi la coordination et la solidarité mondiales demeurent essentielles.

Sécurité, reconnaissance et résilience

La présidente de l'USW International et vice-présidente d'IndustriALL Roxanne Brown a mis en garde contre les économies imposées à des organismes clés pour la sécurité, comme l'Administration de la sécurité et la santé professionnelles (OSHA), qui limiteraient les inspections et affaibliraient les mesures coercitives, mettant les travailleurs davantage en danger.

Roxanne Brown (USW) et V-P d'IndustriALL, s'adresse à la NOBC 

"Merci à vous, les travailleurs du pétrole, pour tout ce que vous faites, chaque jour, héros discrets qui font fonctionner le pays. Que ce soit dans l'énergie qui alimente nos foyers ou dans les matières premières dans les produits que nous utilisons quotidiennement, votre travail touche chaque Américain, et il est temps que notre nation le reconnaisse,"

a déclaré Roxanne Brown.

Les délégués ont proclamé que la santé et la sécurité doivent rester une priorité à la table des négociations.

Avec moins de contrôle et plus d'automation, on attend de plus en plus des travailleurs qu'ils assurent eux-mêmes leur propre sécurité dans des environnements à haut risque. Un libellé plus rigoureux pour les normes de sécurité des conventions collectives n'est pas seulement un plus, c'est vital.

Perspectives internationales et défis partagés

La conférence a aussi accueilli des leaders syndicaux mondiaux qui ont éclairé d'un œil critique le paysage mondial de l'énergie.

Frode Alfheim (Styrke) s'adresse à la NOBC 

Frode Alfheim, le président du syndicat norvégien Styrke (anciennement Industri Energi), a souligné la force du taux de syndicalisation élevé dans le secteur pétrolier et gazier norvégien et le rôle essentiel qu'elle joue dans la sécurité énergétique de toute l'Europe.

"Sur la plateforme continentale norvégienne, près de 90 pour cent des travailleurs sont syndiqués, un degré de force et d'unité rare dans le reste du monde. Cette force doit être reproduite sur la scène mondiale parce que les défis que nous rencontrons ne s'arrêtent pas aux frontières nationales."

Pour en savoir plus :  Le rôle de la Norvège dans l'obtention d'une transition énergétique juste.

Dans tout le Sud global tout comme dans des pays producteurs de longue date, les travailleurs subissent des protections chaotiques, l'insécurité d'emploi et leur exclusion des plans de transition. Ces défis communs nécessitent des ripostes coordonnées.

Au Nigeria, la précarisation de l'emploi se généralise; beaucoup de travailleurs du pétrole sont embauchés en tant que sous-traitants temporaires, souvent pour des salaires moindres, sans prestations et aucune représentation syndicale. Cette précarité structurelle prive les travailleurs d'une participation digne de ce nom à la transition énergétique et compromet la sécurité et le développement des compétences.

Au Mexique, tandis que beaucoup de travailleurs bénéficient d'une représentation syndicale, les multinationales pratiquent fréquemment les contrats de courte durée dépourvus de protection. Ce système à deux vitesses provoque de graves disparités en matière de salaires, de formation et de perspectives de carrière à long terme dans un même secteur.

Au Royaume-Uni et dans le secteur écossais de la mer du Nord, la transition est marquée par les dégraissages, le sous-investissement et l'incertitude. La main-d’œuvre devrait être ramenée de 115.000 unités à 57.000 à peine pour le début des années 2030. Une politique fiscale restrictive, une planification hésitante et l'absence de nouveaux projets poussent le personnel spécialisé à quitter l'industrie, et souvent le pays.

Ces cas reflètent un schéma plus large :

Ces problèmes ne sont pas isolés, propres à des pays en particulier, ils sont les symptômes d'un modèle mondial de l'énergie en transition dépourvu de dimension sociale cohérente. Les voix qui se sont élevées à Pittsburgh nous rappellent que tout progrès réel doit mettre les travailleurs au centre de la planification de la transition, de l'investissement et de la prise de décision.

Pour l'avenir

Alors que les systèmes énergétiques muent et que la concurrence mondiale s'intensifie, les travailleurs du secteur pétrolier sont priés d'affronter les conséquences de décisions sur lesquelles ils n'ont eu aucune influence. Qu'il s'agisse de l'IA et du changement climatique ou des accords commerciaux et de la déréglementation, les syndicats doivent se battre pour conserver un rôle central dans ces transformations.

"Les efforts consentis jusqu'à présent par les compagnies de l'énergie ne satisfont pas les syndicats. Les initiatives en cours s'agissant du climat et de l'activité commerciale ne produisent pas assez de résultats,"

a ajouté Diana Junquera Curiel.

Le modèle de négociation que nous avons vu à Pittsburgh montre que la coordination, la solidarité et la préparation peuvent devenir une force réelle. Alors que chaque pays a sa situation qui lui est propre, le principe reste le même : des syndicats forts et unis sont essentiels pour assurer au secteur de l'énergie un avenir juste et équitable.

Et Diana Junquera Curiel a conclu en ces termes :

"L'ampleur de notre influence est à l'échelle mondiale, tout comme la responsabilité qui l'accompagne."

L'avenir est écrit. Les travailleurs devraient être maîtres de leur destin

Voici cinq raisons pour lesquelles se syndiquer sans tarder est plus important que jamais.

L'IA ne négociera pas avec vous, nous bien

Partout dans l'industrie, de l'aérospatial et l'extraction minière à la mode et à l'électronique, l'intelligence artificielle transforme la manière d'effectuer le travail. Les équipes sont constituées suivant des algorithmes prédictifs. Des machines effectuent les tâches autrefois confiées à l'humain. Des emplois disparaissent ou changent totalement.

Le secteur des technologies vend l'IA comme un "progrès inéluctable". Mais c'est un choix politique qui va déterminer qui bénéficiera de ces changements et qui en paiera le coût.

Les syndicats sont la seule force capable d'obtenir une Transition juste, celle qui laissera aux travailleurs leur mot à dire sur les modalités de l'introduction de la technologie, sur leur formation future et fera en sorte qu'ils ne soient pas mis à l'écart au nom de l'efficacité.

Les affiliés d'IndustriALL négocient déjà avec des multinationales pour veiller à ce que l'IA soit au service de l'humain et pas l'inverse. En l'absence de règles, c'est la voix collective des travailleurs qui met l'éthique en question.

Les oligarques écrivent les règles. Les travailleurs doivent les réécrire

Avec le retour de l'homme fort, Trump aux États-Unis, Milei en Argentine, Wilders aux Pays-Bas, Meloni en Italie, la rhétorique est claire : enfoncer les faibles, déréglementer l'économie et donner le pouvoir aux riches.

Ce basculement n'est pas seulement affaire de rhétorique, il impacte la législation du travail, les droits syndicaux et les services publics. Lorsque les populistes de droite attaquent la négociation collective et affaiblissent les syndicats, il devient plus difficile de lutter pour de meilleurs salaires, pour la sécurité ou pour la justice climatique.

Entretemps les géants de l'économie assoient leur pouvoir. Aujourd'hui, une poignée de milliardaires contrôlent tout, des chaînes d'approvisionnement aux réseaux sociaux et à l'intelligence artificielle.

Se syndiquer est une façon de dire : nous ne serons pas dirigés par des algorithmes ou des autocrates.

Votre patron a une app. Il vous faut un syndicat

Dans beaucoup d'industries, les travailleurs sont maintenant gérés par des logiciels, surveillés par des caméras, notés par les clients et chronométrés à la seconde près. C'est efficace, pour le profit . 

Mais où est la dignité ?

Que vous soyez dans une usine, dans un entrepôt ou dans un bureau, si votre travail est dicté par un système que vous ne pouvez contester, alors il vous faut une voix collective.

Se syndiquer donne le pouvoir de dicter des limites, de contester les systèmes injustes et d'exiger de la transparence sur les décisions qui sont prises. La question n'est pas de résister à la technologie, c'est de revendiquer un avenir du travail centré sur l'humain.

Il n'y a pas de justice climatique sans justice pour les travailleurs

Avec l'aggravation de la crise climatique, les industries sont forcées de changer. Mais trop souvent, le changement est chaotique, avec des licenciements, des fermetures d'usines, du greenwashing sans réels plans de transition.

Une Transition juste digne de ce nom signifie que les travailleurs sont associés dès le départ au plan. Elle est synonyme de formation de reconversion, de protection du revenu et d'investissement dans les communautés, pas seulement de vagues promesses.

Les syndicats se battent pour des politiques du climat qui protègent à la fois la planète et les gens qui la font tourner. Si nous ne nous organisons pas, la transition nous sera imposée, sans nous.

Nous travaillons, et les syndicats aussi

À une époque où la désinformation envahit tout et où la démocratie est sous pression, on peut facilement se sentir désarmé. Mais une chose fonctionne et nous le savons : l'organisation.

Les syndicats sont encore une des rares structures démocratiques qui échappent à l'emprise des gouvernements ou des entreprises. Ils sont construits par et pour les travailleurs, indépendamment de leur nationalité, leur genre ou leurs origines.

En se syndiquant, vous obtenez plus qu'un contrat, vous gagnez une communauté. Vous gagnez un soutien en situation de crise. Vous gagnez les outils pour riposter. Et vous contribuez à construire un monde dans lequel l'équité, l'égalité et la solidarité sont plus que des slogans, une réalité.

Les mêmes raisons, et avec plus d'urgence

En des temps plus stables, IndustriALL a énoncé 5 raisons de se syndiquer : de meilleurs salaires et de meilleures prestations, un lieu de travail plus sûr, la dignité et l'égalité, une voix collective et un avenir meilleur. Ces raisons restent d'actualité, avec plus d'urgence que jamais.

Mais en 2025, nous sommes aussi confrontés à un monde dans lequel des pans entiers d'industrie peuvent être supprimés du jour au lendemain par l'intelligence artificielle, où le chaos climatique menace les moyens d'existence et où le concept même de démocratie est attaqué partout.

C'est pourquoi, si vous vous syndiquez aujourd'hui, ce n'est pas seulement pour ce que vous en retirerez, mais pour ce que vous défendez. C'est pour vous protéger, définir l'avenir du travail et défendre l'idée que les travailleurs ont leur mot à dire quant à la manière dont le monde change.

Face à la déstructuration, la solidarité n'est pas passée de mode, elle est révolutionnaire. Et elle peut être la force suffisamment puissante pour faire en sorte que cette ère nouvelle soit équitable, humaine et conçue pour nous tous.

Ne regardez pas l'histoire se faire depuis le banc de touche.  

Participez à sa construction.

Syndiquez-vous.

IndustriALL réclame un accès humanitaire immédiat à Gaza et la fin de la guerre, du blocus et de l'occupation

Le monde assiste à une tragédie en direct : la population de Gaza souffre de privations extrêmes et de malnutrition à cause du blocus qu'impose illégalement le gouvernement Netanyahou et d'assassinats de civils qui essaient de se procurer de la nourriture. Ces actes constituent une violation incontestable du droit humanitaire international et sont un affront aux valeurs fondamentales de l'humanité.

Il est confirmé que plus d'un millier de Palestiniens ont été tués alors qu'ils voulaient se procurer de la nourriture au cours des deux derniers mois. IndustriALL condamne cette horrible situation dans les termes les plus fermes qui soient et réclame que l'aide humanitaire ait d'urgence un accès sans entrave à la population de Gaza, accompagnée immédiatement d'un cessez-le-feu imposé sans retard.

IndustriALL soutient fermement les efforts vitaux de l'UNRWA et le Programme de relèvement dans les territoires palestiniens occupés de l'Organisation internationale du travail (OIT).

En outre, IndustriALL exige la libération immédiate de l'équipage civil du navire de secours humanitaire Handala qui a été abordé et arraisonné par l'armée israélienne dans les eaux internationales. Ce navire transportait de l'aide humanitaire vitale à Gaza, en compagnie de 21 activistes pacifiques, dont plusieurs syndicalistes.

IndustriALL réaffirme sa solidarité avec le peuple et les travailleurs palestiniens dans leur quête pacifique de dignité, et son soutien à un règlement durable fondé sur la solution à deux États et la reconnaissance formelle de l'État de Palestine.  

Au Sénégal, les travailleurs de l'habillement demandent que cesse leur exploitation par Sartorisen

Cette entreprise, qui confectionne des costumes traditionnels africains et des vêtements de travail, emploie environ 300 personnes, en majorité des femmes. Elles signalent des violations systémiques, avec vols de salaires, discrimination fondée sur le genre et mépris total de la législation du travail nationale. Certaines n'ont pas perçu leurs salaires depuis 13 mois, ce qui les met dans l'impossibilité de payer le transport pour se rendre au travail. Plusieurs travaillent chez Sartorisen depuis plus de 15 ans.

L'absence de contrats écrits, de fiches de salaire et de protection sociale rend les travailleurs encore plus vulnérables. Beaucoup sont dans de graves difficultés financières, avec des familles qui doivent se battre pour leur subsistance.

Pendant le dernier congé de Tabaski (Eid al-Adha), la discrimination fondée sur le genre a été encore plus flagrante. Les hommes ont reçu des primes de 50.000 CFA (87 $) tandis que leurs collègues féminines, alors qu'elles constituent la majorité du personnel, n'ont reçu que 25.000 CFA (44 $). Cette disparité a suscité la colère des femmes qui réclament un salaire égal pour un travail d'égale valeur.

Jusqu'à présent, Sartorisen refuse de rencontrer les travailleurs et le syndicat. Le Syndicat National des Travailleurs des Industries de la Confection du Sénégal (SNTICS), affilié à IndustriALL, a porté plainte auprès du tribunal du travail et de l'inspection du travail.

"Le syndicat a cité Sartorisen devant le tribunal du travail pour sa carence à fournir des contrats écrits et une protection sociale. Cette entreprise doit appliquer le code du travail et respecter les droits des travailleurs,"

a déclaré Doudou Sisse, le secrétaire général du SNTICS.

IndustriALL est solidaire sans réserve des travailleurs sénégalais de l'habillement.

"Les pratiques déloyales du travail, l'exploitation des travailleurs et la discrimination fondée sur le genre violent la législation nationale et les normes internationales du travail. Nous maintiendrons notre soutien aux syndicats sénégalais dans leur combat pour de meilleures conditions de travail et nous exhortons le gouvernement sénégalais à faire appliquer sa législation du travail,"

a expliqué la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.

Sartorisen se trouve dans la ZES Diamniadio, une initiative gouvernementale pour attirer des investisseurs étrangers par des incitants fiscaux et un assouplissement de la réglementation. Or, le prix de ce modèle est souvent la vulnérabilité des travailleurs. Suivant l'Indice CSI des droits dans le monde 2025, la mise en application de la législation du travail demeure incohérente au Sénégal et les activités syndicales subissent régulièrement des obstructions.

La Turquie interdit une grève des mineurs par un décret présidentiel de dernière minute

Cette grève, prévue pour le 1er août 2025 et organisée par notre affilié Maden-İş, est reportée de 60 jours par le décret présidentiel n° 10150, signé par le Président Recep Tayyip Erdogan le 20 juillet et publié au Journal officiel. Le décret accuse la grève de constituer une menace pour la sécurité nationale.

"Il est absolument inacceptable qu'une autre grève soit interdite une nouvelle fois en Turquie de la même manière, alors que l'OIT a critiqué à plusieurs reprises cette pratique du gouvernement turc,"

a déclaré le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan.

"Nous sommes totalement solidaires des mineurs turcs dans leur combat juste pour des revendications équitables et légitimes."

Bien que le décret parle officiellement d'un "report", il s'agit en réalité d'une interdiction. En droit du travail turc, à l'expiration d'un délai de 60 jours sans issue, le litige est automatiquement soumis à un arbitrage obligatoire, une procédure qui court-circuite le droit des travailleurs de faire grève et impose un règlement contraignant sans plus de négociation.

Plus de 600.000 travailleurs du secteur public négocient une nouvelle convention collective depuis plus de sept mois. La proposition du gouvernement d'augmenter les salaires de 24 pour cent pour le premier semestre 2025, de 11 pour cent pour le second, puis de 10 et 6 pour cent en 2026, a été rejetée par Maden-İş et la centrale nationale Türk-İş comme insuffisante devant le taux élevé de l'inflation en Turquie.

Le gouvernement turc utilise à de multiples reprises les "reports" de grèves dans des secteurs clés, ce qui lui vaut des critiques sur la scène internationale, notamment de l'Organisation internationale du travail (OIT) qui juge qu'il sape ainsi la liberté syndicale et le droit de négocier collectivement, protégés par ses conventions 87 et 98.

IndustriALL Global Union condamne cette attaque contre les droits syndicaux et appelle le gouvernement turc à révoquer le décret, respecter les normes internationales et entamer des négociations de bonne foi.

Les syndicalistes tunisiennes moteurs du changement

Ce cours dispensé par l'académie, qui est le fruit d'une initiative conjointe du Réseau des femmes tunisiennes d'IndustriALL, de syndicats de branche nationaux affiliés à l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), avec le soutien affirmé de Mondiaal FNV et de la confédération syndicale néerlandaise FNV, est un modèle d'investissement constant dans le leadership syndical féministe.

Depuis octobre 2023, 27 femmes de différents secteurs comme le pétrole, le textile, l'habillement et le secteur manufacturier ont participé à six mois de formation intensive portant sur des thèmes syndicaux centraux tels que l'organisation, le dialogue social, le règlement des différends, la santé et la sécurité, les salaires de subsistance, la Transition juste, le travail précaire et la communication syndicale. 25 participantes ont obtenu leur diplôme après avoir présenté des projets finals approfondis sur des thèmes ancrés dans la réalité des travailleuses allant des stratégies médiatiques et du rôle des centres pour les femmes aux revendications pour des salaires de subsistance et pour de meilleures protections pour les travailleuses précaires.

"Il s'agit d'un effort commun de toutes les parties,"

explique Yamina Mubarki, la coordinatrice du Réseau des femmes tunisiennes d'IndustriALL.

"Différentes générations ont joué un rôle dans la création de l'académie et ses traditions de lutte. Les dirigeantes d'aujourd'hui perpétuent cet héritage."

À la cérémonie de remise des diplômes d'avril 2025, qui s'est tenue à Tunis en présence des secrétaires généraux adjoints de l'UGTT Siham Bousta et Hedia Arfaoui et de dirigeants de syndicats de branche de l'UGTT, d'IndustriALL, et d'une délégation de la FNV et de Mondiaal FNV, ont communiqué les résultats de leur travail et leurs espoirs pour l'avenir.

"Les projets de recherche prouvent que l'action syndicale est une force de combat et de proposition de solutions de rechange,"

a déclaré Siham Bousta.

"La formation relève la capacité des femmes et renforce le mouvement dans son ensemble."

Hedia Arfaoui a ajouté :

"Les projets traitent de questions concrètes et la formation confère des qualifications qui permettent non seulement de se défendre soi-même mais aussi de défendre les autres. C'est ainsi que nous construisons la prochaine génération de dirigeantes syndicales."

Les diplômées ont expliqué comment l'académie a développé leur voix et leur vision : 

Cette formation a aussi été l'occasion de renforcer l'unité et la solidarité intersectorielle au sein de l'UGTT et entre les syndicats tunisiens et leurs alliés globaux.

Erine Dijkstra, coordonnatrice des programmes chez Mondiaal FNV, a déclaré :

"Votre présence nous inspire, tout comme l'intensité de vos projets. La présence de femmes fortes dans les organisations syndicales favorise la justice, réduit la marginalisation et suscite des organisations plus démocratiques et représentatives. C'est pourquoi cette action doit se poursuivre."

Pour IndustriALL, l'Académie du leadership syndical de la région MENA s'inscrit dans une stratégie plus large visant à promouvoir le leadership féminin dans les syndicats et à susciter un changement structurel.

Ahmed Kamel, le secrétaire de la région MENA d'IndustriALL, conclut en ces termes :

"Nous félicitons nos camarades féminines pour leur engagement, leurs idées et leur persévérance. Nous allons agir de concert avec nos affiliés afin d'intégrer ces projets d'enseignement dans les plans d'action nationaux et régionaux, parce que ce n'est pas la fin, c'est le début d'un nouveau leadership." 

Antisyndicalisme chez Flextronics Technology Sdn Bhd

Notre affilié Malaysia Electronics Industry Employees’ Union Northern Region (EIEUNR) a perdu de très peu un scrutin à bulletin secret chez Flextronics Technology (Penang) Sdn Bhd (FLEX). Sur les 6.345 travailleurs appelés à voter, 2.748 l'ont fait, 424 de moins que les 50 pour cent requis par le code du travail malaisien. Pourtant 92 pour cent des votants ont donné leur voix au syndicat, ce qui laisse penser qu'il l'aurait emporté si tous les travailleurs avaient pu voter librement et sans ingérence.

Dans les mois qui ont précédé le scrutin des 14-15 juillet, l'EIEUNR a subi une "campagne antisyndicale incessante" de la part de la direction de FLEX. Des cadres et contremaîtres ont organisé des séances d'information pour dissuader les travailleurs de se syndiquer, et certains ont été menacés de perdre certaines prestations s'ils lui apportaient leur soutien. L'entreprise a publié un avis faisant du 14 juillet un jour férié compensatoire tandis que les contremaîtres disaient aux travailleurs de ne pas venir travailler, suscitant confusion et incertitude à propos du scrutin.

Des agents de sécurité auraient empêché des travailleurs de consulter la liste des votants sur le panneau d'affichage, créant une atmosphère de crainte. La direction a aussi retardé les bus et camionnettes qui conduisent les travailleurs à l'usine, certains allant directement aux ateliers de production sans s'arrêter aux bureaux de vote.

Une semaine après le scrutin, 80 travailleurs de Flextronics ont porté plainte à la police, accusant des contremaîtres de les avoir empêchés de quitter leur poste de travail pour aller voter, avec des menaces et des intimidations, engendrant chez beaucoup la crainte de représailles.

Le secrétaire général de l'EIEU, David Arulappen, a déclaré :

"Nous exigeons que la police enquête sur les menaces directes ou indirectes de l'employeur pendant la durée du scrutin. Nous demandons au ministre des Ressources humaines, Steven Sim, d'intervenir immédiatement et de convoquer un nouveau scrutin dans des conditions normales, sans manœuvres antisyndicales de FLEX."

Flextronics Technology (Penang) Sdn Bhd fait partie de FLEX Ltd., une des plus grandes sociétés de sous-traitance de la fabrication d'équipements électroniques. Elle a son siège social à Singapour et son siège d'exploitation a Austin, au Texas. FLEX possède plus d'une centaine d'usines dans une trentaine de pays au moins et emploie plus de 170.000 personnes. Le site de Penang est son centre de production le plus important d'Asie. Les recettes de l'entreprise s'élèvent à 26 milliards $ par an. FLEX fabrique et fournit des services de chaînes d'approvisionnement pour les grandes marques mondiales de l'électronique grand public, de l'automobile, des télécommunications et des soins de santé.

En mars 2025, FLEX a été reconnue pour la troisième année consécutive comme une des Entreprises les plus éthiques du monde dans la catégorie de la fabrication industrielle, en raison de son engagement pour l'éthique, la conformité et la gouvernance.

Le directeur d'IndustriALL en charge du secteur de l'informatique, l'électricité et l'électronique, Alexander Ivanou, a déclaré :

"Le 11 juillet, IndustriALL a envoyé au P-DG de FLEX, Revathi Advaithi, une lettre exhortant l'entreprise à cesser ses manœuvres antisyndicales. Nous déplorons que FLEX n'ait pas donné suite à notre demande et que ses pratiques déloyales aient saboté le scrutin. Nous porterons cette affaire sur la scène internationale et nous exhortons le gouvernement malaisien à agir avec fermeté contre FLEX pour qu'elle respecte la convention 98 de l'Organisation internationale du travail sur le droit d'organisation et de négociation collective. En outre, nous exigeons que l'entreprise prenne des mesures globales pour remédier aux violations qui se sont produites, qu'elle rende justice aux travailleurs affectés et empêche de nouvelles tactiques antisyndicales à l'avenir."

Les syndicats industriels brésiliens présentent au gouvernement des propositions de réindustrialisation

Au cours de la réunion, les représentants syndicaux ont présenté les propositions élaborées lors d’ateliers sectoriels organisés avec le soutien du projet de renforcement des syndicats pour une transition juste, coordonné par IndustriALL en coopération avec le Centre finlandais de solidarité syndicale, SASK. Cinq mesures prioritaires ont été définies pour orienter la politique industrielle du pays et la positionner comme pierre angulaire de la stratégie nationale de développement durable pour la période allant jusqu’en 2033.

Les propositions ont porté sur la formation professionnelle et le travail décent, le renforcement des régions industrielles matures, de nouveaux critères d’accès au financement, l’élargissement de la représentation au sein du Conseil consultatif du secteur privé (Conex) et la création d’un groupe de travail chargé d’évaluer l’impact des droits de douane imposés par les États-Unis.

La nécessité de promouvoir les formations et qualifications professionnelles dans les secteurs stratégiques, dans le respect de la justice sociale et de la transition énergétique et technologique, a été soulignée. Une approche territoriale de la mise en œuvre du NIB a également été préconisée, afin de garantir que les politiques publiques atteignent les petites et moyennes entreprises, qui constituent une grande partie du tissu industriel du Brésil.

Les syndicats ont également demandé que l’accès au financement public soit subordonné au respect par les entreprises des droits du travail, des conventions collectives et des engagements environnementaux et sociaux. Une autre proposition clé portait sur la nécessité d’élargir le Conex aux représentants syndicaux, qui sont actuellement exclus de cet organe consultatif.

Enfin, ils ont suggéré la création d’un groupe de travail composé de représentants du gouvernement, des employeurs et des syndicats afin d’analyser les impacts des droits de douane imposés par les États-Unis sur des secteurs industriels stratégiques tels que l’acier et l’aluminium. Ce groupe travaillerait également en coordination avec les représentants brésiliens dans les forums internationaux tels que l’OMC, le Mercosur, les BRICS et le G20, en vue de défendre la réindustrialisation, la souveraineté industrielle et les intérêts nationaux.

Le Président d’IndustriALL Brésil, Aroaldo Silva, a souligné l’importance de l’unité au sein du mouvement syndical et son rôle clé dans l’élaboration des politiques publiques :

“La participation des syndicats est essentielle à l’élaboration de politiques industrielles qui répondent véritablement aux intérêts des travailleurs et travailleuses. Ces propositions renforcent l’engagement des syndicats en faveur d’une industrie forte et durable.”