L’IA n’attendra pas, les travailleurs ne devraient pas non plus

Il y a peu, un chantier naval a introduit un nouvel assistant pour améliorer la sécurité. Il ne s’agissait pas d’un collègue humain, mais d’un robot appelé “Spot”, un outil doté d’IA capable de patrouiller dans les zones de travail, de détecter les fuites de gaz invisibles à l’œil nu et de surveiller les équipements lourds.

Jakarta, Indonésie, 04/09/2022 : Chien robot jaune, adapté à la détection industrielle et à la téléopération. Mini robot gardien Spot. Shutterstock, Hendra Yuwana

Ce qui a distingué ce déploiement, c’est le processus qui l’a sous-tendu : le syndicat a été activement impliqué. Les travailleurs ont été consultés et leurs préoccupations ont été prises en compte. Dans ce cas, la technologie a été façonnée pour servir les gens et non pour les remplacer ou les priver de leur pouvoir.

C’est ce que nous entendons lorsque nous parlons de transition juste. Il ne s’agit pas de rejeter l’innovation, mais de veiller à ce qu’elle soit conforme aux droits, à la sécurité et à la dignité humaine.

Dans l’ensemble de notre réseau mondial d’affiliés, nous entendons des préoccupations concernant l’introduction de l’IA, souvent sans dialogue, garanties ou responsabilité. La gestion algorithmique, la surveillance numérique et le suivi des performances basé sur les données ne sont plus théoriques, ils modifient déjà le travail. Et trop souvent, ils le font d’une manière qui brouille la frontière entre l’efficacité et l’exploitation.

Ces effets ont des conséquences importantes. Les femmes restent sous-représentées dans les emplois liés à l’IA et les systèmes eux-mêmes reflètent et renforcent souvent les inégalités existantes. Une étude a révélé que 44 % des systèmes d’IA présentaient des préjugés sexistes, tandis qu’un quart d’entre eux présentaient à la fois des préjugés sexistes et des préjugés raciaux. Dans de nombreux pays à faible revenu, seules 20 % des femmes ont accès à l’internet. Il ne s’agit pas seulement d’une fracture numérique, mais d’une exclusion structurelle de l’économie du futur.

Les syndicats doivent non seulement exiger des systèmes d’IA sensibles au genre, mais aussi soutenir activement les voies d’accès des femmes et des travailleurs issus de la diversité de genre aux fonctions numériques et techniques. Si l’on laisse l’IA évoluer dans un espace où les femmes sont absentes, les inégalités seront intégrées dans son code.

Au fond, il ne s’agit pas seulement de technologie. Il s’agit de gouvernance, d’inclusion et de responsabilité. Qui définira les règles ? Qui bénéficiera de la richesse générée par l’IA ? Qui en supportera les coûts ?

“Il s’agit de questions syndicales fondamentales”.

Chez IndustriALL, nous répondons avec soin et engagement. Je dirige notre groupe d’experts sur Industrie 4.0, qui rassemble des affiliés, des experts et des représentants des jeunes pour élaborer un cadre politique global sur l’IA. Notre approche est ancrée dans les réalités vécues : nous écoutons les travailleurs, recueillons des éléments auprès de nos affiliés et donnons la priorité à cinq domaines clés, la transparence algorithmique, le développement des compétences, la santé et la sécurité au travail, la redistribution des richesses et le pouvoir de syndicalisation.

Comité exécutif', Genève, 2024

En 2024, notre Comité exécutif a entamé son premier débat stratégique sur l’IA. En juin 2025, il débattra et adoptera la politique mondiale d’IndustriALL en matière d’IA. Il s’agira d’un moment historique, non seulement pour notre organisation, mais aussi pour chaque travailleur et chaque travailleuse faisant face aux incertitudes des changements algorithmiques. Nous organisons également des forums de jeunes, faisons progresser l’équité entre les sexes dans la transformation numérique et identifions des stratégies syndicales concrètes qui ont déjà donné des résultats. Il s’agit de faire en sorte que les travailleurs et travailleuses ne soient pas de simples observateurs de la transition vers l’IA, mais des participants actifs et des co-créateurs de ses résultats.

En réfléchissant à mon propre pays, le Japon, je me demande parfois pourquoi le discours sur l’IA y semble si différent. Après plus de 14 ans d’absence, je constate que le Japon a intégré les technologies de l’IA dans la vie quotidienne de manière discrète et régulière. Si les entreprises n’adoptent pas les nouvelles technologies à la vitesse de l’éclair, elles semblent s’engager plus délibérément dans la société, en cultivant la confiance du public et le consensus social autour de ces changements. Aujourd’hui, le Japon compte l’un des taux de chômage les plus bas du monde, moins de 3 %, et n’a pas connu le même type de perturbations liées à l’IA que d’autres pays.

Cette évolution peut également être influencée par le vieillissement de la population et la diminution de la main-d’œuvre du pays, qui créent à la fois des pressions en faveur de l’automatisation et de l’acceptation par la société des technologies de soutien, en particulier dans les secteurs des soins, de la logistique et des services.

Est-ce dû au rythme culturel, à la prudence structurelle, aux réalités démographiques ou à une intégration plus profonde des valeurs sociales dans le changement technologique ? Je n’ai pas encore la réponse. Mais je pense qu’il y a là des enseignements importants pour la manière dont nous abordons la transition vers l’IA à l’échelle mondiale, avec intention, inclusion et une main ferme.

Si vous êtes un syndicaliste et que vous vous demandez comment réagir à l’IA, je tiens à vous rassurer : le mouvement syndical a déjà été confronté à des moments de transformation intense par le passé. De l’ère de l’industrialisation à l’ère numérique, notre force a toujours été notre capacité à nous organiser, à exiger l’équité et à placer les valeurs humaines au cœur des mutations industrielles.

L’IA ne doit pas être une nouvelle force qui décide de votre avenir sans que vous le sachiez ou que vous y consentiez. Elle doit être négociée. Elle doit être transparente. Et elle doit être mise en œuvre en faisant de la dignité humaine un principe non négociable.

Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre que les pertes d’emplois s’accélèrent, que les écarts entre les hommes et les femmes se creusent ou que les décisions soient prises sans tenir compte de la participation démocratique. C’est maintenant qu’il faut agir, par le biais de la négociation collective, du dialogue social et d’une solidarité mondiale renouvelée.

Apportons la même clarté d’objectif et la même force collective à cette nouvelle frontière.

Car si l’IA peut être pilotée par des données, son impact est profondément humain. Veillons à ce que, dans ce nouveau chapitre des mutations industrielles, personne parmi les travailleurs et travailleuses ne se retrouve laissé pour compte.

Appel pour une protection des droits des travailleurs dans le secteur des minéraux en Zambie

Cette recherche, intitulée l'impact de l'investissement étranger direct sur les droits au travail et les droits syndicaux dans le secteur des minéraux stratégiques en Zambie, a été réalisée par Sekondi Consult.

Avec la découverte de riches gisements de minéraux stratégiques dans le Copperbelt et dans d'autres régions, les syndicats craignent qu'une ruée incontrôlée sur ces minéraux menace les acquis obtenus par la négociation collective et le dialogue social. Ces minéraux que sont le cuivre, le cobalt, le lithium, l'étain, le graphite, le coltan, le manganèse et des terres rares utilisées dans la fabrication de systèmes d'énergies renouvelables, de batteries pour automobiles et de dispositifs de stockage d'énergie attirent des investisseurs du Canada, de Chine, d'Inde, des Émirats arabes unis, des États-Unis et d'autres pays. Des investisseurs locaux et des entreprises d'État figurent aussi dans les rangs.

L'atelier qui s'est tenu du 25 au 28 mars à Kitwe avait pour but d'utiliser les conclusions de cette recherche pour renforcer les stratégies du Réseau de l'énergie de l'Afrique subsaharienne (SSAEN) pour la transition énergétique. Vingt participants venus du Syndicat des mineurs de Zambie, affilié à IndustriALL, et des représentants de l'extraction minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) de la Province nord-occidentale ont participé aux discussions sur le rapport. D'autres participants venaient de la région de l'Afrique subsaharienne d'IndustriALL, de la FES Zambie et du Centre de compétence syndicale (FES TUCC) de la FES pour l'Afrique subsaharienne qui avait commandé cette recherche. L'atelier bénéficiait aussi d'un soutien de la Fédération unie des travailleurs danois 3F qui a un programme de Transition juste avec des affiliés d'IndustriALL.

D'après le rapport, 27.737 travailleurs sont employés par des sous-traitants dans des conditions précaires et les syndicats devraient faire campagne contre cette situation.

L'atelier a constaté que certaines multinationales foulent au pied les normes environnementales, sociales et de gouvernance au détriment des communautés et de l’environnement. Pour y remédier, les syndicats recommandent que l'Agence zambienne de gestion de l’environnement contrôle l'impact environnemental de l'activité minière et imposent des réglementations, notamment à l'EMAPE. Les chercheurs ajoutent que le gouvernement zambien met actuellement en place une structure ou un département de l'EMAPE.

Un exemple de l'insuffisance des normes environnementales est celui de la rupture, le 18 février, de la digue à rejets de la mine de cuivre de la multinationale chinoise Sino-Metals Leach Zambia à Chambishi. Les résidus miniers ont pollué et empoisonné l'eau potable avec 30.000 mètres cubes d'acide concentré et de métaux lourds. Les effluents toxiques se sont déversés dans la rivière Mwambashi, un affluent de la Kafue, la plus importante ressource hydrique du pays, qui alimente près de 12 millions d'habitants en eau potable, en poisson, en irrigation, et aussi la capitale, Lusaka, ainsi que la ville de Kitwe.

Les débats ont aussi porté sur le mémorandum d'accord pour le développement d'une chaîne de valeur intégrée des industries fabriquant des batteries pour véhicules électriques signé par la République démocratique du Congo (RDC), les États-Unis et la Zambie en 2022. Des participants ont indiqué que l'université de Lubumbashi, en RDC, fabrique déjà ce type de batteries.

Le rapport de recherche recommande que le secteur des minéraux stratégiques promeuve le travail décent : les droits fondamentaux au travail, la santé et la sécurité au travail, la création d'emplois, la protection de l'emploi, la protection sociale et de la maternité. S'agissant de l'égalité de genre, il faudrait que les législations du travail en vigueur soient modifiées pour permettre aux femmes d'être employées comme mineurs sur la base d'un système de quotas.

Thelma Nkowani, la vice-présidente de la Women in Extractive Industry, Trade and Value Addition Association de Zambie, a réfuté le stéréotype qui veut que l'extraction minière ne concerne que les hommes :

"Les femmes sont efficaces dans le secteur minier; elles travaillent au mieux de leurs capacités."

"Les minéraux stratégiques sont la base de l'énergie renouvelable et des industries des véhicules électriques et ils constituent la pierre angulaire de la décarbonation mondiale. L'activité minière doit garantir les droits des travailleurs et améliorer les conditions de travail,"

a déclaré la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.

Les syndicats coréens se félicitent de la décision de confirmer la destitution du président Yoon

La Cour constitutionnelle, composée de huit juges, a déclaré à l’unanimité que M. Yoon avait violé la constitution coréenne et n’avait pas respecté la procédure de proclamation de la loi martiale. Les juges ont déclaré que les actes de M. Yoon avaient porté atteinte à la démocratie et aux droits politiques de la population.

Dans la nuit du 4 décembre 2024, M. Yoon a proclamé la loi martiale, interdisant toute activité politique, accusant les dirigeants de l’opposition du Parti démocrate de paralyser l’Assemblée nationale. Il a ordonné aux militaires d’expulser les parlementaires du bâtiment de l’Assemblée nationale, alors qu’un vote visant à mettre fin à la loi martiale était en cours.

Le 14 décembre, l’Assemblée nationale a adopté une motion de destitution de M. Yoon avec le soutien de plus des deux tiers des parlementaires. Après la décision rendue aujourd’hui par la Cour constitutionnelle, qui n’est pas susceptible d’appel, une nouvelle élection présidentielle sera organisée dans les 60 jours.

Au cours des quatre derniers mois, les affiliés d’IndustriALL, le Syndicat coréen des métallurgistes (KMWU) et la Fédération des syndicats coréens de la métallurgie (FKMTU) ont mobilisé leurs membres pour qu’ils participent à des manifestations visant à revendiquer la destitution immédiate de M. Yoon de son poste de président. Le KMWU a organisé quatre grèves nationales pour la lutte en faveur de la démocratie.

Lors des manifestations, les syndicats ont exhorté la cour constitutionnelle à mettre immédiatement en accusation le président et son groupe rebelle, appelant à mettre en place un monde de démocratie, d’égalité et de paix. M. Yoon avait lancé une série d’attaques contre les syndicats depuis son entrée en fonction en 2022.

En 2023, le Service national de renseignement a fait une descente dans les bureaux de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU), accusant deux syndicalistes de la KWMU et un autre affilié de la KCTU d’avoir violé la loi sur la sécurité nationale. La police a violemment interpellé le Secrétaire général de la FKMTU, Kim Jun-yeong, lors d’un sit-in de protestation à l’aciérie POSCO, et l’a emprisonné de juin à novembre 2023.

La même année, la police coréenne a enquêté sur 950 responsables du Syndicat des travailleurs de la construction, ce qui a conduit à l’auto-immolation de Yang Hoe-Dong. M. Yoon a également émis une ordonnance administrative pour obliger les camionneurs qui manifestaient pour revendiquer un barème minimum pour le fret à reprendre le travail, faute de quoi les syndicalistes pouvaient être emprisonnés ou sanctionnés.

Le Président du KMWU, Jang Chang-year, a déclaré :

“En fin de compte, le dernier rempart contre la dictature et la montée de l’extrême droite est le mouvement syndical. Ce n’est que lorsque la classe ouvrière du monde entier est unie que nous pouvons nous défendre. Trump lance une attaque contre la classe ouvrière aux États-Unis et dans le monde entier. Les travailleurs et travailleuses du monde entier ne peuvent tirer leur épingle du jeu qu’en construisant un front uni et une lutte unie.

Nous envoyons maintenant nos meilleures pensées aux travailleurs et travailleuses en lutte en Turquie. Nous affirmons notre solidarité internationale en faveur de la lutte des syndicats turcs qui se dressent contre la dictature d’Erdoğan.”

Le Président de la FKMTU, Kim Jun Young, a déclaré :

“Pendant 123 jours, à dater du début de la loi martiale, les citoyens coréens ont vécu une période d’anxiété et de difficultés, mais, comme il y a huit ans, ce fut aussi un moment qui a permis de réaffirmer la résilience démocratique du pays. Ce fut aussi un moment où s’est vu confirmé le fait que les forces qui nient le système républicain se sont enracinées dans divers secteurs de la société.

Bien que la guerre civile ait été évitée, de nouveaux défis sont apparus pour les travailleurs et travailleuses. La FKMTU est maintenant confrontée à la tâche d’éliminer complètement les politiques du travail répressives, impitoyables, anarchiques et irrationnelles de l’administration Yoon. Nous sommes également chargés de faire adopter des lois et des politiques qui reflètent les revendications urgentes des travailleurs et travailleuses. Au cours des années passées sous l’administration Yoon, nous avons été trop occupés par des postures de défense que pour atteindre ces objectifs. Maintenant, nous devons rassembler nos forces et aller de l’avant.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“IndustriALL salue le verdict de la Cour constitutionnelle qui défend la démocratie et l’état de droit en Corée. Nous félicitons le KMWU et la FKMTU pour leur campagne réussie en faveur de la destitution de ce président antisyndical. L’implication active de nos affiliés montre le rôle clé des syndicats indépendants dans la défense de la démocratie et de l’état de droit.”

L’aide humanitaire doit parvenir à la population du Myanmar et non à la junte militaire

Dans la foulée du récent tremblement de terre de magnitude 7,7, au lieu de donner la priorité aux secours et à l’aide humanitaire, l’armée a intensifié les bombardements aériens sur les communautés civiles, notamment à Chaung U (Sagaing), Phyu (Bago) et Naung Cho (Shan). Ces actes effroyables, sous couvert de gestion de situations de catastrophe, témoignent d’un mépris flagrant pour la vie et la dignité humaines.

L’histoire du Myanmar nous rappelle douloureusement comment un régime militaire exploite les catastrophes en utilisant l’aide humanitaire en tant qu’arme politique et militaire, comme on l’a vécu lors les cyclones Nargis (2008), Mocha (2023) et Yagi (2024). L’aide destinée aux survivants a été à plusieurs reprises détournée, restreinte ou manipulée au profit du régime, ce qui a eu pour effet de prolonger les souffrances et d’alourdir le bilan des victimes.

Le mépris permanent du droit international et l’indifférence totale des militaires à l’égard de ses obligations internationales devraient inciter la communauté internationale, y compris les agences des Nations unies, à rester vigilante afin de ne pas se laisser abuser par les militaires, dont le but est de continuer à s’imposer à la population du Myanmar. L’armée doit se retirer pour que l’aide et l’intervention humanitaire puissent atteindre l’ensemble du peuple du Myanmar et pour qu’il puisse reconstruire sa vie et ses moyens de subsistance dans la paix et la démocratie.

C’est pourquoi, d’urgence :

Les travailleurs et travailleuses, les communautés et les populations ethniques du Myanmar ont un besoin urgent d’aide et de protection et non de bombardements et de mesures d’obstruction. La résistance extraordinaire de la population du pays, des groupes ethniques et de la société civile face à l’adversité démontre leur capacité à acheminer de l’aide humanitaire essentielle. La déclaration immédiate par le GUN d’un cessez-le-feu unilatéral pour faciliter l’aide aux victimes du tremblement de terre contraste fortement avec la violence permanente de la junte et sa réaction tardive dans l’arrêt des activités militaires.

La légitimité et la crédibilité de l’action humanitaire internationale dépendent de la fourniture d’une aide fondée sur des principes, qui soit décisive et responsable. La communauté mondiale ne doit pas répéter les erreurs du passé qui ont permis à l’aide humanitaire de renforcer les oppresseurs militaires du Myanmar.

En tant qu’organisations syndicales représentant les travailleurs et travailleuses du monde entier, nous réaffirmons notre solidarité inébranlable avec le peuple du Myanmar et appelons à une pression internationale immédiate et soutenue pour mettre fin à cette crise humanitaire.

Le tremblement de terre a frappé des communautés qui subissaient déjà la brutale campagne de meurtres, de travail forcé, de déplacement et de répression de la junte. Pourtant, face à la dévastation, les habitants du Myanmar continuent de faire preuve d’un moral, d’une détermination et d’une unité inébranlables. Leur détermination est une puissante source d’inspiration pour le mouvement syndical international. La communauté internationale doit se tenir à leurs côtés, clairement, résolument et sans délai, du côté de la justice et de la dignité humaine.

Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois

Confédération syndicale internationale

Internationale de l’éducation

UITA

Fédération internationale des travailleurs et travailleuses domestiques

Internationale des services publics

IndustriALL

Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE

Fédération internationale des journalistes

UNI

Fédération internationale des travailleurs et travailleuses des transports

Illustration : Mandalay, Myanmar, le 28 mars 2025. Un tremblement de terre a frappé le centre de la ville, provoquant l’effondrement des bâtiments. Les sauveteurs aident les blessés. Crédit photo : somkanae sawatdinak

Le charbon est mort, vive le charbon : stratégies des syndicats du Sud global

La question qui se pose avant tout, comme l'a dit Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines, est : "le charbon peut-il être propre et a-t-il un avenir ?". Ensuite vient la question de savoir quel est le rôle du charbon dans la décarbonation et la Transition juste. Ce sont là les questions de fond sur lesquelles se sont penchés plus d'une trentaine d'affiliés d'IndustriALL et d'organisations sympathisantes de pays du Sud global d'Asie, d'Amérique latine et d'Afrique subsaharienne. Ils ont insisté sur le fait qu'une Transition juste, passant de la production d'énergie très carbonée à partir de combustibles fossiles à des économies à bas carbone, axées principalement sur les énergies renouvelables, doit donner la priorité aux intérêts des travailleurs.

Pour Glen Mpufane, l'avenir du charbon doit être discuté dans le cadre d'une Transition juste pour les mineurs de charbon et alimenter la dynamique de la transition énergétique. Selon lui, dans la plupart des cas, c'est le Nord global qui presse le Sud global de décarboner tout en utilisant d'autres combustibles fossiles. Selon lui :

"Les États-Unis, le Canada et l'Australie, champions autoproclamés du climat, ont délivré 60 pour cent des nouvelles licences d'exploitation pétrolière et gazière depuis 2020."

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union Kemal Özkan estime qu'une Transition juste doit prendre en compte la sécurité de l'emploi parce que l'industrie charbonnière emploie 7 millions de travailleurs dans le monde, dont 2,5 millions du Sud global. Il fait valoir qu'"un abandon rapide du charbon engendrerait des pertes d'emplois massives." Les fermetures de charbonnages auraient un coût social sous la forme de pertes de salaires, d'effondrements de communautés et de destructions d'économies locales et régionales. Mais le choc pourrait être atténué par un plan de Transition juste qui protège les intérêts des travailleurs, ajoute-t-il.

Le séminaire en ligne a discuté de la manière dont les syndicats réagissent aux débats sur l'avenir du charbon. Igor Diaz a expliqué que 80.000 ménages vivent du charbon en Colombie, alors que les annonces du gouvernement en matière de transition énergétique ne s'accompagnent pas d'un plan concret sur la question du travail. En réaction, les syndicats ont proposé des subventions à la formation de reconversion, des investissements dans la recherche et le développement du charbon propre et un plan d'action conjoint pour des politiques de transition inclusives soucieuses du bien-être des travailleurs.

Martin Kaggawa, le directeur du Sam Tambani Research Institute, affilié au Syndicat national des mineurs (NUM) en Afrique du Sud, a déclaré que les syndicats doivent se saisir du potentiel des technologies de production de charbon propre. Il cite des exemples de combustion en boucle chimique, un procédé qui réduit les émissions de carbone de 40 pour cent par rapport à la combustion traditionnelle et qui, plus poussé, pourrait allonger la durée de vie économique du charbon. Cette technologie va dans le sens des objectifs climatiques et ouvre des perspectives pour des stratégies de transition dans des économies du Sud global tributaires du charbon, a-t-il conclu.

Un des problèmes soulevés lors du séminaire est celui de la protection des droits des travailleurs face aux licenciements dans les compagnies minières. Busisiwe Matizerd, du NUM, estime que les syndicats doivent poursuivre la lutte contre les licenciements et les conditions de travail précaires par les compagnies minières, dont Seriti qui a licencié 1.137 travailleurs au moins en Afrique du Sud.

Les participants au séminaire ont appris qu'en Indonésie, où le charbon fournit une électricité abordable qui alimente 60 pour cent du réseau national, les syndicats s'opposent à la privatisation des centrales publiques parce qu'ils craignent qu'elle renchérisse l'électricité pour les travailleurs et les pauvres.

Pour la suite, les secrétaires régionaux d'IndustriALL de l'Amérique latine et les Caraïbes, de l'Asie du Sud-est et de l'Afrique subsaharienne ont convenu d'un plan d'action commun et de réponses coordonnées sur la position syndicale Sud-Sud sur l'avenir du charbon. Les syndicats ont notamment convenu de rendre compte de leurs expériences locales en matière de transition, comme par exemple le blocage des réformes en Colombie et la législation du travail au Botswana. Ils vont aussi pressentir des groupes comme Future Coal sur les questions d'environnement, sociales et de gouvernance, et mieux faire entendre la voix des syndicats du Sud global à propos de l'urgence d'une Transition juste pour les mineurs de charbon.

Photo : Un charbonnage en Éthiopie, Flick, Jasmine Halki   

Les syndicats réclament une action forte pour protéger l'emploi dans la sidérurgie

Comme par le passé, les chiffres de l'OCDE confirment que la capacité mondiale de la sidérurgie continue d'augmenter malgré la faiblesse de la demande et des perspectives économiques moroses. Fin 2024, cette capacité atteignait 2.472 millions de tonnes et elle devrait encore augmenter dans les prochaines années. Près de la moitié de cette capacité se trouve en Chine où le recul de la demande intérieure depuis 2020 l'a incitée à s'orienter vers les marchés à l'exportation, accroissant ainsi la pression sur d'autres pays.

Par ailleurs, de nouveaux droits de douane, y compris entre grands pays de l'OCDE, ajoutent encore à l'incertitude, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur la demande et l'investissement et mettre en danger l'emploi dans la sidérurgie partout dans le monde.

Les syndicats rappellent que la surcapacité et la montée des tensions commerciales ne sont qu'une facette du problème, l'autre étant la faiblesse de la demande intérieure. Les représentants des syndicats au Comité de l'acier de l'OCDE réclament des politiques industrielles ambitieuses et complètes qui relancent la demande et relèvent les normes en incorporant des critères sociaux et environnementaux. Ils exhortent aussi les grandes entreprises à réinvestir leurs bénéfices dans de nouvelles technologies vertes afin de stimuler une croissance économique durable qui aura des retournées positives dans d'autres secteurs.

Pour l'instant, les grands pays de l'OCDE réagissent en ordre dispersé.  Aux États-Unis, la hausse des droits de douane s'accompagne d'une volonté de faire reculer les énergies propres et des projets industriels approuvés dans le cadre de la Loi sur la réduction de l'inflation. Dans l'Union européenne, le relâchement des contraintes budgétaires pour les achats de défense pourrait ne pas être la meilleure solution pour relancer la production européenne, la majorité des achats se faisant hors UE et un découplage d'avec les fournisseurs américains accompagné d'une augmentation des capacités de production européennes pourraient prendre des années. Pendant ce temps, d'autres priorités urgentes – comme le financement de la cohésion sociale et l'investissement dans les infrastructures, la santé et l'enseignement – perdent du terrain.

Veronica Nilsson, la secrétaire générale de la TUAC, met en garde :

"Comme ce fut le cas pour la sidérurgie, des investissements publics insuffisants et une consommation privée faible exposent davantage les industries nationales confrontées à des tensions commerciales. Plutôt que de rechercher un assainissement budgétaire, limiter les investissements publics et dévaloriser les salaires par des réformes du marché du travail qui réduisent la protection des travailleurs et leur force de négociation, les pouvoirs publics devraient privilégier des politiques budgétaires expansionnistes et des politiques industrielles ciblées qui renforcent la résilience intérieure tout en protégeant les emplois de qualité et les droits des travailleurs."

Pour Christina Olivier, secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Global Union,

"Il faut que les gouvernements adoptent des stratégies industrielles proactives qui alignent les objectifs économiques, environnementaux et sociaux. La sidérurgie est l'épine dorsale de nos économies; en protégeant ce secteur, on protège les travailleurs, les communautés et l'avenir du secteur manufacturier."

Judith Kirton-Darling, la secrétaire générale d'IndustriALL Europe, conclut en ces termes :

"La sidérurgie européenne est à la croisée des chemins. Sans une intervention d'urgence pour stimuler la demande et mobiliser l'investissement, nous risquons de perdre une capacité industrielle cruciale et des emplois de grande qualité. Ce n'est pas aux travailleurs de supporter le poids des tensions commerciales et de l'incertitude économique. Nous avons besoin d'une politique industrielle européenne coordonnée qui préserve les emplois de qualité et fait de la promesse d'une transition juste une réalité."  

16 avril : journée d’action pour les droits syndicaux et la démocratie en Biélorussie

Le cas le plus médiatisé est celui d’Aliaksandr Yarashuk, ancien Président du BKDP et membre du Conseil d’administration de l’OIT, qui, avec Siarhei Antusevich, Vice-président du BKDP, ainsi que d’autres, a été condamné à de lourdes peines de prison pour avoir simplement défendu les droits des travailleurs et travailleuses.

Nous ne pouvons pas permettre que ces injustices passent inaperçues ou ne soient pas contestées et nous sollicitons d’urgence votre soutien à une campagne lancée par le Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (BKDP), une centrale syndicale indépendante affiliée à la Confédération syndicale internationale (CSI). Parmi ses membres, trois sont affiliés à IndustriALL, avec qui nous sommes unis pour revendiquer la justice pour nos collègues syndicalistes de Biélorussie, qui subissent une sévère répression.

Comment soutenir la campagne :

Cette campagne va au-delà de la Biélorussie, il s’agit de défendre les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses partout dans le monde. Lorsque l’un d’entre nous est attaqué, nous sommes tous en danger. Montrons que le mouvement syndical mondial est solidaire.

Faites-nous part des actions que vous avez entreprises et taguez IndustriALL sur les réseaux sociaux.

Bangladesh : un dirigeant libéré de prison mais la lutte continue

Le 8 mars, des travailleurs manifestaient contre le non-paiement de leurs salaires et des licenciements illégaux. La manifestation a été brutalement dispersée par la direction et les membres du comité syndical en gestation ont été agressés physiquement et licenciés illégalement. Kabir Hossain a été accusé de causer des troubles et de la violence, ainsi que de vols pour une valeur de 25 millions de takas (203.542,- $). Le 12 mars, la police a perquisitionné les bureaux de la NGWF à Savar. Elle a saisi des documents, vandalisé les bureaux et appréhendé illégalement Kabir Hossain ainsi que les candidats président et secrétaire général du syndicat de Polo Composite. Ils ont ensuite été mis en arrestation sur la base d'un dossier préparé par la direction.

Depuis que la NGWF s'efforce de syndiquer les travailleurs de Polo Composite, la direction met tout en œuvre pour harceler et intimider les candidats au comité syndical, dont le président et le secrétaire général. En novembre dernier, lorsque les travailleurs ont arrêté le travail pour réclamer leur arriéré de salaire d'octobre, la direction a recruté des hommes de main pour briser la grève et a déposé des plaintes mensongères contre huit travailleurs, dont les candidats président et secrétaire général du syndicat. Ils ont été accusés d'avoir bloqué les accès à l'usine, empêchant les travailleurs et les cadres d'entrer, d'être de connivence avec des personnes extérieures qui ont pénétré dans l'usine, ont agressé le responsable de la sécurité, vandalisé les locaux et volé du mobilier de bureau.

Les huit travailleurs en question n'ont toujours pas reçu leur salaire en retard. Cela devient une habitude chez Polo Composite; lorsque des travailleurs donnent de la voix contre des pratiques déloyales du travail, ils sont licenciés, agressés physiquement et accusés de délits pénaux.

La NGWF a porté plusieurs fois plainte à la BGMEA contre l'entreprise qu'elle aussi assignée en justice. Actuellement, 17 plaintes de travailleurs sont en suspens à la BGMEA.

Pour le président de la NGWF, Amirul Haque Amin,

"Il est évident que les propriétaires d'ateliers de confection cherchent à réduire les travailleurs au silence et à intimider les dirigeants syndicaux. Nous condamnons fermement l'arrestation illégale de Kabir Hossain. Malgré une ordonnance de libération sous caution, sa remise en liberté a été bloquée à deux reprises par la direction. Nous exhortons la direction et les autorités de l'État à respecter le droit fondamental des travailleurs à créer des organisations syndicales et y adhérer sans craindre des persécutions."

La libération sous caution de Kabir Hossain dans cette procédure montée de toutes pièces est accordée sous la condition qu'en cas de nouveau "crime", il n'y aura plus de liberté sous caution. D'après des responsables de la NGWF, il fait toujours l'objet de menaces et d'une surveillance de la direction, ce qui l'empêche de poursuivre ses activités syndicales.

Ashutosh Bhattacharya, le secrétaire de la région d'Asie du Sud d'IndustriALL, a déclaré :

"Nous saluons le combat mené par les travailleurs de Polo Composite et nous assurons la NGWF de notre totale solidarité. Nous appelons le gouvernement du Bangladesh à se pencher immédiatement sur cette situation qui va à l'encontre des engagements qu'il a pris dans la feuille de route de l'OIT."

Crédit photo crédit : Des travailleurs sortent de l'usine au Bangladesh. Crozet M. / ILO

Les syndicats belges revendiquent l’arrêt de la production d’uniformes militaires au Myanmar

Depuis le coup d’État de 2021, le Myanmar est dirigé par une junte brutale responsable d’une répression généralisée, de déplacements massifs de population et de la répression des syndicats indépendants et, partant, des droits des travailleurs et travailleuses. Malgré les nombreuses preuves des violations en cours, Sioen a continué à produire des uniformes pour l’armée belge dans une usine de Rangoun, sous le régime de la loi martiale du Myanmar

Les syndicats affirment que les activités industrielles de Sioen au Myanmar non seulement légitiment la dictature militaire, mais financent indirectement son régime violent. “Il est inacceptable que l’argent des contribuables belges soutienne un régime qui assassine des civils et persécute des travailleurs et travailleuses”, ont déclaré dans un communiqué les syndicats FGTB, CSC et CGSLB, tous affiliés à IndustriALL.

En 2021, IndustriALL a lancé une campagne mondiale exhortant toutes les enseignes de la confection à quitter le Myanmar. De nombreuses grandes entreprises, dont H&M, Inditex, Lidl et C&A, se sont depuis retirées. Sioen a toutefois refusé les appels répétés du syndicat à emboîter le pas.

Lors d’une récente réunion avec Bart Vervaeke, PDG de Sioen, et Michèle Sioen, Directrice générale, les dirigeants syndicaux belges ont réitéré leur revendication de voir l’entreprise suspendre ses activités au Myanmar jusqu’à ce que la démocratie et les droits des travailleurs soient rétablis. Ils ont proposé de relocaliser la production dans d’autres installations de Sioen en Tunisie ou Indonésie et d’offrir des compensations temporaires aux travailleurs et travailleuses de Rangoun

Les syndicats ont adressé un message au ministre belge de la défense, Theo Francken, l’avertissant que l’augmentation du budget de la défense de 4,5 milliards d’euros proposée par le gouvernement ne doit pas être utilisée pour soutenir l’exploitation de la main-d’œuvre à l’étranger ou des régimes oppressifs. Ils réclament des clauses plus strictes en matière de droits de l’homme dans les marchés publics et le respect obligatoire des droits de l’homme tout au long des chaînes d’approvisionnement.

“Le gouvernement affirme que ces dépenses visent à renforcer l’industrie belge. Dès lors, il faut qu’elles profitent réellement aux travailleurs et travailleuses belges et ne se fassent pas au prix de la souffrance d’autrui,”

ont déclaré les syndicats.

“L’appel d’IndustriALL en faveur d’une sortie responsable du Myanmar ne variera pas tant que les entreprises ne retireront pas leur production du pays. Face aux preuves accablantes des violations des droits de l’homme et du travail, certaines des plus grandes enseignes sont parties. Celles qui maintiennent leur production au Myanmar privilégient manifestement les profits au détriment des vies humaines,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

La renaissance du nucléaire soulève des problématiques concernant les travailleurs et la sécurité

La réunion a servi de plateforme pour évaluer l’état actuel du secteur nucléaire au niveau international et pour renforcer le rôle des syndicats dans l’élaboration d’une transition énergétique juste et sûre.

Dans son discours d’ouverture, la Directrice pour l’énergie d’IndustriALL, Diana Junquera Curiel, a présenté une vue d’ensemble du paysage énergétique mondial, notant que les combustibles fossiles dominent toujours la production d’énergie malgré la croissance des sources renouvelables. L’énergie nucléaire, a-t-elle dit, connaît un regain d’intérêt dans plusieurs pays en raison de son potentiel à fournir une énergie fiable et à faible taux d’émission, bien qu’elle soulève d’importants défis sociaux et de main-d’œuvre.

La dynamique récente du développement nucléaire a été soulignée, avec l’engagement pris à la mi-mars par un groupe interprofessionnel, comprenant Google, Amazon, Meta, 14 institutions financières mondiales, 140 entreprises du nucléaire et 31 pays, en faveur d’un triplement de la capacité nucléaire mondiale d’ici à 2050. Cette évolution devrait permettre de répondre à la demande croissante d’électricité, notamment de la part des centres de données, gros consommateurs d’énergie.

Kazuo Kawano, du syndicat japonais DENRYOKU SOREN, a présenté l’approche adoptée par le Japon pour relancer des réacteurs selon des normes de sécurité plus strictes, tout en s’efforçant de rétablir la confiance du public après la catastrophe de 2011 à Fukushima. Le Japon investit également dans les technologies nucléaires de nouvelle génération et repense sa chaîne d’approvisionnement nucléaire.

Le Président de DENRYOKU SOREN, Moriya Mibu, s’est félicité de la participation internationale à cette rencontre et a souligné la qualité des échanges, qui comprenait une visite de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

“L’énergie nucléaire est une technologie qui devrait être gérée par des personnes démocratiques et respectueuses des droits de l’homme,”

a-t-il déclaré, soulignant l’importance de maintenir le dialogue syndical international.

La délégation ukrainienne a fait état de l’impact brutal de la guerre : installations occupées, travailleurs et travailleuses enlevés, attaques de drones et violations constantes des normes internationales. Malgré ces conditions, les syndicats ukrainiens poursuivent leurs activités et représentent leurs membres.

Valery Matov, Coprésident du secteur nucléaire d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous avons reçu la confirmation que le secteur nucléaire connaît un retour en grâce et il est très important de renforcer l’échange d’informations entre nous, en tenant compte de la situation mondiale actuelle. Nous aimerions également que le secteur de l’uranium bénéficie d’un nouvel élan. Un grand merci à IndustriALL et à nos collègues japonais pour cette réunion de haut niveau”.

Les rapports nationaux ont révélé des problématiques différentes selon les régions :

Anniversaire de l’accident nucléaire de Fukushima

Le 26 mars, les délégués ont visité le musée commémoratif du tremblement de terre et de la catastrophe nucléaire de Fukushima, à l’est du Japon, et ont ensuite séjourné à J-Village, un complexe sportif reconverti en base d’intervention nucléaire à la suite de la catastrophe de 2011. Le site a depuis été restauré et symbolise le redressement de la région.

Le lendemain, une visite technique a été organisée à la centrale de Fukushima Daiichi, où des experts ont décrit les efforts de démantèlement en cours, notamment la gestion des déchets, le traitement de l’eau contaminée et le défi que représente le retrait du combustible nucléaire fondu, un processus sans précédent qui devrait durer de 30 à 40 ans. Il reste environ 880 tonnes de combustible fondu dans les réacteurs 1, 2 et 3.

La réunion s’est clôturée par un appel à l’élargissement du réseau INWUN, avec l’inclusion des syndicats des mines d’uranium et au renforcement de la collaboration entre les réunions. La santé et la sécurité, la formation des jeunes et le soutien aux travailleurs et travailleuses touchés par les fermetures de tranches ont été identifiés comme des priorités urgentes.