Les syndicats unis pour défendre les droits des travailleurs

La réunion s’est avérée être une importante plateforme d’échange d’informations et d’expériences, avec les participants unis dans la défense et la progression des droits des travailleurs. Une journée entière a été consacrée aux questions d’égalité des sexes et à la manière dont les syndicats devraient collaborer pour améliorer les droits et la participation des femmes.

Dans le cadre des discussions sur les nouveaux éléments survenus depuis la dernière réunion tenue à Erevan (Arménie), en 2017, de nombreux délégués ont évoqué les difficultés auxquelles ils font face, parmi lesquelles figurent la baisse du niveaux de vie, le faible niveau des salaires et les attaques perpétrées contre les droits syndicaux.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a indiqué:

« Nous avons eu trois jours de travail très intéressants et productifs. Comme dans de nombreux autres pays, ici également nos affiliés font face à de multiples problèmes graves, mais nous ne doutons pas que nous pouvons les surmonter.

« Les violations préoccupantes des droits syndicaux au Kazakhstan et au Bélarus sont choquantes mais avec le soutien de nos affiliés, nous sommes solidaires de nos collègues dans ces pays ».

Dans le cadre du renforcement des relations entre les pays de la région et l’Union européenne (UE), le Secrétaire général d’IndustriAll Europe, Luc Triangle, a présenté l’UE, ses institutions et ses politiques sociales.

Industry 4.0 va très vite avoir des conséquences sur la région, et les syndicats se préparent à affronter les défis qui affecteront la production et le travail dans les industries ayant une fort impact sur les économies de la CEI.

Le troisième jour de la réunion a été consacré aux politiques de genre et aux actions qui devront être menées dans la région pour appliquer les décisions prises durant le Congrès d’IndustriALL organisé à Rio de Janeiro en 2016, à savoir que « tous les affiliés s’efforcent d’avoir 40 pour cent de femmes au minimum dans leurs délégations ». Les syndicats se sont félicités de la possibilité donnée aux hommes et aux femmes de se réunir afin de mieux comprendre les problèmes auxquels sont confrontées les femmes dans les syndicats et sur le lieu de travail. Le meilleur moyen d’y apporter des améliorations serait, à l’unanimité des affiliés, de régler les problèmes au niveau du leadership, avec une participation de femmes et d’hommes.

Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré:

« J’ai été très heureuse de participer à ces discussions stimulantes qui ont mis en lumière les différentes perspectives des hommes et des femmes sur la situation des travailleuses. C’est au travers de discussions comme celles-ci que nous pouvons améliorer notre compréhension commune des problèmes et amorcer les changement dans nos syndicats ».

Qu’est-ce que le travail précaire ?

Les personnes confrontées au travail précaire n’ont pas la sécurité d’emploi et ont généralement des salaires inférieurs, une protection sociale limitée et peu de prestations liées à l’emploi, voire aucune.

Les travailleurs précaires font face à d’autres difficultés pour exercer leurs droits, en particulier celui de rejoindre un syndicat et de négocier collectivement de meilleurs salaires et conditions de travail. Le taux de blessures est supérieur pour les travailleurs précaires, souvent par l’absence de la formation sur le terrain qui est dispensée aux salariés permanents.

Les personnes occupant des postes précaires ont peu, voire pas du tout, l’occasion de déterminer leur temps de travail et leur salaire, même si elles sont des indépendants ou opèrent en free-lance. Nombre sont ceux et celles qui fonctionnent par renouvellement de contrat, prestant le même travail mois après mois ou année après année. Pour ainsi dire il s’agit de salariés permanents mais qui n’ont pas droit à des congés payés, à des indemnités de maladie ou à une prime de licenciement.

Les travailleurs indirects peuvent se retrouver piégés dans des relations d’emploi triangulaires qui les voient officiellement employés par un sous-traitant ou une agence mais travailler en réalité pour une autre entreprise et où aucune des deux n’assume de responsabilité par rapport aux droits des travailleurs.

Les emplois indépendants bidons, où ces travailleurs ne comptent qu’un seul employeur, sont une autre forme de travail précaire. Ceci est particulièrement le cas dans l’économie des petits boulots, par exemple celle qui concerne les livreurs ou les chauffeurs de taxi qui ne prennent qu’un job à la fois pour une seule entreprise.

Plus d’informations :

Rapport de l’Organisation internationale du Travail sur les formes atypiques d’emploi dans le monde.

Rapport de la Confédération syndicale internationale sur le travail précaire en Asie-Pacifique.

La montée de l’emploi atypique dans une sélection de pays de l’ASEAN – Fondation Friedrich Ebert (FES).

Appliquer les accords mondiaux avec les marques du secteur de l'habillement

À cette réunion, qui s'est tenue du 26 au 29 septembre, se sont joints des affiliés d'IndustriALL Global Union de Bulgarie qui utilisent actuellement des ACM dans leurs campagnes de recrutement, ainsi que des marques internationales ayant signé des ACM avec IndustriALL (Inditex, H&M, ASOS, Tchibo et Esprit).

Les participants ont évalué le rôle des ACM dans le développement de relations professionnelles solides dans la chaîne d'approvisionnement mondiale. Les différentes sessions étaient consacrées au rôle des ACM dans l'organisation, à la négociation collective et à l'élimination de la violence fondée sur le sexe au travail.

La manière dont les ACM s'imposent comme outil d'amélioration des relations professionnelles dans la chaîne d'approvisionnement a été discutée et les participants ont appelé IndustriALL à négocier plus d'accords avec d'autres grandes marques.

Plusieurs tactiques d'organisation ont été identifiées comme propices à l'instauration de la liberté syndicale. Il s'agit notamment de la signature, entre le fournisseur et le syndicat national, de protocoles qui garantissent la neutralité et l'accès au lieu de travail; du soutien par la marque à l'instauration d'un dialogue social entre leurs fournisseurs et les syndicats; et d'une formation à la liberté syndicale initiée par la marque, le syndicat et le fournisseur à l'intention des travailleurs et de la direction.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Les ACM sont des outils extrêmement importants pour le renforcement de la présence syndicale dans les chaînes d'approvisionnement. Mais ce n'est pas une potion magique. Ils ne sont efficaces que s'ils sont appliqués et vérifiés. C'est pourquoi il est tellement important de partager nos expériences."

Les syndicats des pays producteurs ont aussi fait part de leurs expériences sur les meilleurs moyens de vérification des ACM, et beaucoup ont préconisé la poursuite de la mise en place de comités nationaux de vérification. Pour les affiliés d'IndustriALL, ils sont indispensables si l'on veut que les syndicats nationaux puissent assurer la mise en œuvre des ACM dans les usines de fournisseurs des marques internationales.

Une session technique était consacrée au Guide OCDE sur le devoir de diligence applicable aux chaînes d'approvisionnement responsables dans le secteur de l'habillement et de la chaussure et a été suivie d'une discussion sur la manière d'utiliser les recommandations sur la participation des travailleurs au processus de devoir de diligence dans les accords-cadres mondiaux.

"Les recommandations du guide de l'OCDE, telles que l'élaboration ensemble de programmes prévoyant des évaluations sur site, l'élaboration de plans d'action correctifs, la vérification, la validation et la surveillance des impacts et de la conception de mécanismes de réclamation au niveau opérationnel sont essentielles à une meilleure mise en application des ACM", a déclaré Christina Hajagos-Clausen, la Directrice d'IndustriALL en charge du secteur du textile et de l'habillement.

Cette réunion s'inscrit dans le programme d'IndustriALL sur la mise en application des ACM, parrainé par le DGB Bildungswerk.

Victoire aux Philippines, qui adoptent une législation étendant le congé de maternité

En 2014, IndustriALL avait donné le coup d’envoi de sa campagne sur la protection de la maternité partout en Asie. Aux Philippines, les affiliés d’IndustriALL avaient fixé l’objectif à 120 jours, en prenant comme étalon la Convention 183 de l’OIT. Au début de cette démarche, Risa Hontiveros, maintenant devenue Sénatrice, s’est appliquée à tenter d’obtenir un congé de maternité de 120 jours, avec le soutien d’IndustriALL Philippines. Depuis qu’elle est devenue Sénatrice en 2016, un des projets de loi prioritaires de Mme Hontiveros est celui concernant l’extension à 120 jours du congé de maternité, qui a été adopté au Sénat en mars 2017.

Le Comité des Femmes d’IndustriALL Philippines a été aux avant-postes de la campagne, faisant pression au niveau des deux Assemblées du Congrès, fournissant aux législateurs la publication d’IndustriALL sur la protection de la maternité, écrivant au Président des Philippines, démarchant les médias et collaborant avec d’autres groupements de femmes et du monde du travail.

Les études ont joué un rôle important pendant la campagne, pour réunir des éléments sur la santé maternelle, la mortalité infantile et des statistiques afférentes aux Philippines, la législation en vigueur sur le congé de maternité et les normes internationales, ainsi qu’à propos des engagements internationaux du pays s’agissant des objectifs de développement durable, tout cela évoluant au cours de la campagne. Une étude d’IndustriALL fournissant une analyse comparative des indemnités de maternité dans certains pays d’Asie du Sud-Est (Cambodge, Indonésie, Myanmar et Philippines) a également joué un rôle clé, car elle faisait partie des documents distribués aux Parlementaires des deux Assemblées du Congrès.

En plus du congé payé de maternité de 105 jours, le projet de loi comprend également :

Le projet de loi octroie également 60 jours de congés payés aux travailleuses qui sont victimes d’une fausse couche ou d’une interruption de grossesse approuvée par le corps médical.

“L’extension du congé de maternité renforce les droits des travailleuses aux Philippines. Je salue le Comité des Femmes des Philippines, les parlementaires et leurs assistants, les défenseurs des femmes, nos groupements syndicaux et de femmes ainsi que tous ceux et toutes celles qui se sont impliqués pour faire de ceci une réalité. L’union fait la force,” a déclaré la membre du Comité exécutif d’IndustriALL Eva Arcos.

Journée de deuil : au Pakistan les syndicats manifestent contre les décès dans les mines

Le Conseil d’IndustriALL pour le Pakistan, constitué des affiliés pakistanais d’IndustriALL Global Union, protestait contre l’échec du gouvernement à agir pour juguler le carnage. Les affiliés d’IndustriALL estiment que 98 mineurs ont été tués cette année dans les charbonnages et 70 autres blessés.

Le dernier accident en date a eu lieu le 30 septembre lorsque quatre mineurs ont été tués dans la région de Sanjdi au Balochistan, à la suite d’un coup de grisou. Cinq travailleurs ont été secourus par leurs collègues. Au moins 23 travailleurs ont été tués à la suite de deux accidents dans le courant du mois dernier.

Des manifestations ont eu lieu dans les villes de Quetta, Sharigh, Loralai, Hub, Karachi, Islamabad, Gujrat, Faisalabad, Multan, Lahore, Peshawar et Dera Ismail Khan.

Arborant des drapeaux et des ballons noirs lors d’une conférence de presse tenue devant le club de la presse de Quetta, les syndicats avaient adopté une résolution appelant le Procureur général du Pakistan à sanctionner les propriétaires de mine coupables de négligence.

Ils ont appelé le gouvernement à ratifier et mettre en œuvre la Convention 176 de l’OIT sur la santé et la sécurité dans les mines et à revoir la législation pakistanaise sur les mines datant de 1923. Ils revendiquent de la formation en matière de santé et sécurité et de droit du travail, une couverture de sécurité sociale pour les mineurs et le versement d’indemnités plus élevées pour les familles des victimes.

Des orateurs s’exprimant à cette occasion ont déclaré :

“Les propriétaires et les directeurs des mines n’ont cure des pauvres travailleurs, parce que pour eux l’argent compte plus que la vie des mineurs. À chaque accident, ce sont des personnes du voisinage, des syndicalistes et des collègues qui doivent porter secours eux-mêmes aux victimes en raison de la réaction tardive des autorités.”

Ils ont ajouté qu’entre 100 et 200 travailleurs périssaient chaque année dans des accidents dans les charbonnages, mais les médias n’ont font pas toujours mention parce que les puissants propriétaires de mines ont les moyens d’empêcher la publication des articles.

Les travailleurs sont recrutés par des prestataires et des sous-traitants, qui non seulement les exploitent en les payant une misère, mais ne leur fournissent pas non plus un équipement de sécurité adéquat. La plupart des mineurs sont payés entre Rs 7.000 (US $57) et Rs 12.000 (US $97) par mois, soit en dessous du salaire minimum qui est de Rs 15.000 (US $122).

Les travailleurs sont employés comme saisonniers ou temporaires par des agences et n’ont pas accès à des prestations comme des congés annuels, à l’instar des travailleurs ordinaires.

Les syndicats affirment que les inspecteurs du travail et le gouvernement sont complices des propriétaires de mine et des prestataires et ferment les yeux sur la détresse des travailleurs.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan déclare :

“L’épouvantable carnage dans les mines du Pakistan doit cesser immédiatement. Jusqu’ici, le gouvernement n’a jamais pris la question au sérieux et les puissants propriétaires de mine ont pu empêcher que des actions soient menées.

“IndustriALL va continuer le combat jusqu’à ce que ces terribles souffrances cessent.”

IndustriALL a mené une mission au Pakistan plus tôt dans l’année et a rencontré des responsables gouvernementaux, qui se sont engagés à œuvrer pour la sécurité dans les mines. Cependant, les dernières élections ont apporté un changement au gouvernement, ce qui implique que le dialogue doit être rouvert.

Malawi: les négociateurs syndicaux apprennent le mandarin pour traiter avec les employeurs fautifs

Cinq affiliés à IndustriALL Global Union au Malawi ont pris cette décision, dans le cadre du projet de développement des syndicats soutenu par Union to Union, après leurs difficultés à communiquer avec les employeurs chinois.

Il n’est pas rare que les employeurs affirment ne pas comprendre l’anglais à chaque fois que les travailleurs exigent de meilleurs salaires et conditions de travail. Outre les faibles rémunérations versées, les entreprises ne respectent pas le droit du travail sur les conditions de travail. La majorité des travailleurs sont employés dans des conditions précaires, avec des contrats à court terme non assortis de prestations sociales. Les normes de santé et de sécurité sont également ignorées dans leurs usines et au niveau de leurs opérations.

Afin de dépasser la barrière linguistique, cinq délégués syndicaux des secteurs de l’énergie, de l’ingénierie, minier et textile suivent un cours de mandarin de neuf mois à Blantyre et à Lilongwe. Il est attendu qu’à la fin de la formation, en mars 2019, ils seront en mesure de négocier dans cette langue avec les employeurs.

La Chine s’étant engagée à investir plus de 60 milliards de dollars en Afrique lors du récent Forum sur la coopération entre la Chine et l’Afrique, dont 100 millions de dollars au Malawi par le biais d’investissements d’entreprises chinoises, les syndicats voient les leçons de mandarin comme un bon investissement. En outre, la Chine participe au développement des infrastructures, dont la construction de routes, ainsi que, dans le secteur de l’énergie, notamment à la construction de la centrale thermique au charbon de Kammwamba. Néanmoins, la question est posée de savoir pourquoi la Chine investit dans le charbon plutôt que dans l’énergie renouvelable.

En règle générale, la Chine soutient les programmes de développement économique du Malawi qui visent à réduire la pauvreté et à promouvoir le développement durable. La balance commerciale est toutefois favorable à la Chine qui exporte parfois sa main-d’œuvre au Malawi plutôt que d’employer la population locale.

Amos Chasowa, Coordinateur du projet d’IndustriALL pour le Malawi, a déclaré:

« Les syndicats sont arrivés à la conclusion qu’ils devaient apprendre le mandarin en raison de leur difficulté croissante à négocier avec les employeurs. Outre l’anglais, les Chinois ne parlent aucune langue locale malawite. La difficulté est que les syndicats doivent appuyer les revendications des travailleurs sur le lieu de travail alors que ces demandes ne sont pas comprises dès le départ par les employeurs ».

Les syndicats bangladais réclament le doublement du nouveau salaire minimum

Pour ce conseil, composé des affiliés bangladais d'IndustriALL Global Union, le salaire minimum de 8.000 takas (95 $) par mois ne suffit pas face au coût de la vie des travailleuses et travailleurs de l'habillement du Bangladesh. Il souligne que les loyers ont connu des hausses frisant les 50 pour cent et que les autres éléments du coût de la vie ont eux aussi augmenté.

Le nouveau salaire minimum a été annoncé le 13 septembre et devrait entrer en vigueur en décembre. Il augmente de 51 pour cent le salaire minimum actuel, qui avait été fixé en 2013 par le gouvernement en réaction à l'effondrement de l'immeuble Rana Plaza qui avait fait 1.130 morts dans les ateliers qu'il abritait.

Les syndicats refusent le taux proposé, affirmant qu'il devrait être doublé pour atteindre 16.000 takas (190 $). C'est ce qui est actuellement payé dans les usines d'État et les syndicats veulent que le salaire minimum soit au moins égal à cette référence officielle. Le 26 septembre, les travailleurs ont défilé à Dacca pour protester contre ce salaire et demander l'intervention du Premier ministre.

Aucun autre taux salarial n'a été annoncé à ce jour, mais le salaire minimum joue un rôle crucial parce qu'il constitue une référence de base pour tous les autres taux de salaires applicables à des millions de travailleurs en usine. Ceux-ci doivent faire des heures supplémentaires ou trouver d'autres compléments pour survivre. Les taux des heures supplémentaires, les primes de jours fériés, les prestations d'ancienneté et les pensions de retraite sont tous calculés sur base du salaire minimum.

Les syndicats veulent un accord salarial qui précise les taux d'autres catégories et qui ramène aussi leur nombre de sept à cinq. Ils réclament une politique par laquelle les travailleurs montent de catégorie après deux ans, une hausse des salaires des apprentis qui passeraient de 4.180 à 10.000 takas (de 49 à 118 $), et une réduction de la période de stage de six à trois mois. Le taux de rémunération à la pièce devrait être fixé avant que le travail commence, et il faudrait une augmentation du salaire minimum de dix pour cent par an afin de suivre l'inflation.

La Secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Jenny Holdcroft déclare à ce propos :

"Cette décision montre une fois de plus l'incapacité du système de salaire minimum à assurer un salaire de survie aux travailleurs de l'habillement au Bangladesh. Une négociation collective sectorielle entre employeurs et syndicats s'impose d'urgence pour que soient fixées de commun accord et pour toutes les catégories de travailleurs des hausses de rémunération qui tiennent dûment compte de la hausse du coût de la vie."

L'an dernier, le Bangladesh a produit pour 30 milliards $ de vêtements pour la grande distribution mondiale. Cette industrie représente 80 pour cent des exportations du pays et emploie principalement des femmes. Les propriétaires d'usines bangladais se disent étranglés par les marques qui n'augmentent pas leurs taux.

En décembre 2016, le gouvernement bangladais a réprimé brutalement des travailleurs qui manifestaient pour leurs salaires et arrêté de nombreux dirigeants syndicaux. 

Le Mexique ratifie la Convention n° 98 de l’OIT

“Ce pays a une veille dette sociale envers la classe ouvrière, mais à partir de maintenant, les choses vont changer,” a déclaré Napoleón Gómez Urrutia durant la session parlementaire du 20 septembre 2018.

“Maintenant que cette convention a été ratifiée, les travailleurs et travailleuses, partout au Mexique, vont commencer à refonder les relations sociales de sorte à récupérer leurs droits, assurer la liberté syndicale et leur permettre de mettre sur pied des syndicats et conduire d’authentiques négociations collectives,” a ajouté Urrutia, qui est Sénateur pour le Mouvement de régénération nationale (Morena), le parti dirigé par le Président désigné, Andrés Manuel López Obrador. Il est également le président de l’affilié d’IndustriALL, Los Mineros, et coprésident régional du Comité exécutif d’IndustriALL.

La Convention n° 98 de l’OIT a été adoptée à Genève le 1er juillet 1949 et, depuis 1998, fait partie des quatre droits fondamentaux repris dans la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail.

Par suite de pressions internationales, en particulier de la part d’IndustriALL, le projet de loi pour la ratification signé par le Gouvernement fédéral est arrivé devant le Sénat le 1er décembre 2015.

Cependant, le gouvernement mexicain a traîné les pieds pendant trois longues années, cédant à la pression de ceux qui souhaitaient augmenter le nombre de contrats de protection des employeurs, qui sont signés par les entreprises dans le dos des travailleurs et permettent de continuer à exploiter la population active mexicaine.

Ces dernières années, par le biais du cas n° 2694 déposé auprès de la Commission de l’application des normes et de la Commission de l’application des normes de la Conférence de l’OIT, IndustriALL a sans cesse répété ses appels au gouvernement du Mexique pour qu’il ratifie les Conventions de l’OIT et mette fin aux contrats de protection des employeurs qui contreviennent à la liberté syndicale et au droit à d’authentiques négociations collectives.

Dans sa déclaration devant le Sénat, Urrutia a indiqué qu’il serait maintenant possible de se débarrasser de ces contrats de protection préjudiciables, de renforcer lea dialogue autour du travail, d’améliorer les salaires, de reconstruire l’économie nationale et, par-dessus tout, d’assurer que les travailleurs et travailleuses soient traités équitablement et avec dignité.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a salué cette ratification :

"Ceci ouvre un nouveau chapitre de l’histoire des travailleurs et travailleuses du Mexique. Nous espérons que cela mettra fin aux contrats de protection, qui empêchent les travailleurs et travailleuses de constituer librement des syndicats et font que les salaires au Mexique sont les plus bas d’Amérique latine.”

La vie des travailleurs détruit par le travail précaire dans l’industrie pétrolière et gazière au Nigeria

Quelque 25 représentants des affiliés à IndustriALL, le syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz naturel (National Union of Petroleum & Natural Gas Workers – NUPENG) et le syndicat Petroleum & Natural Gas Senior Staff Association of Nigeria (PENGASSAN), se sont réunis, les 19 et 20 septembre 2018, dans la ville méridionale de Port-Harcourt, pour participer à un atelier sur le pétrole et le gaz.

Les témoignages des membres du NUPENG et du PENGASSAN, qui représentent respectivement les travailleurs manuels et les employés de bureau, ont révélé à quel point le travail précaire dans le secteur affaiblit les syndicats et conduit à un cercle vicieux de la pauvreté. Les participants à la réunion provenaient de différentes entreprises dont Total, Shell, Indorama, la compagnie pétrolière nigériane Agip, Plant Geria et Halliburton.

Alors que tous les membres du NUPENG sont des travailleurs contractuels, PENGASSAN a fait savoir que certains emplois auparavant permanents s’étaient précarisés sans pour autant que les tâches aient changé. Les participants ont également mentionné qu’il arrivait que des travailleurs soient licenciés puis immédiatement réembauchés aux mêmes postes sans toutefois continuer de bénéficier d’une assurance maladie, d’une assurance vie ou d’indemnités de licenciement. 

Alors que les participants ont signalé que la disparité des conditions de travail entre le personnel permanent et les travailleurs contractuels dans l’industrie était énorme, les syndicats ont convenu que davantage d’efforts devaient être faits pour réduire cet écart. Ainsi, un travailleur contractuel peut toucher environ 280 US$ par mois pour accomplir les mêmes tâches qu’un travailleur permanent, qui gagne environ 2,000 US$ (voire plus) par mois.

En outre, les compagnies pétrolières utilisent le travail précaire pour détruire les syndicats. Souvent, les travailleurs contractuels comprennent leur faible chance d’être réembauchés une fois syndiqués tandis que les employés de bureau syndiqués s’aperçoivent qu’ils ne bénéficient pas des mêmes opportunités de formation ou de promotion. 

Les syndicats affirment également que les travailleurs nigérians ne jouissent pas des mêmes possibilités de formation que les travailleurs étrangers, et que les expatriés sont embauchés à des postes qui peuvent être facilement occupés par les travailleurs nigérians.

La stagnation des salaires est un autre problème préoccupant. Selon le NUPENG, les salaires n’ont pas augmenté depuis 2014, voire depuis plus longtemps dans certains cas.  

Les conditions de santé et sécurité sont un problème permanent. Les syndicats s’accordent sur la nécessité d’aider les travailleurs à mieux connaître leurs droits, notamment dans ces domaines. 

Industry 4.0 a des répercussions négatives sur l’industrie. Un comptable, membre du syndicat PENGASSAN, a, par exemple, indiqué qu’un robot effectuait désormais une partie de ses tâches dans son entreprise. L’automatisation est également utilisée pour remplacer certains emplois dans le secteur des lubrifiants, comme l’étiquetage et le remplissage des bidons.

Vassey Larston, un technicien de laboratoire et représentant syndical à Shell, ayant participé à l’atelier au nom du Syndicat des métallos (United Steelworkers – USA), s’est dit scandalisé par la disparité salariale entre les travailleurs de Shell aux USA et les travailleurs de Shell au Nigeria. La veille de la réunion, Vassey faisait partie du groupe venu rencontrer les travailleurs de la raffinerie Shell située à Port Harcourt, qui comprenait une visite des logements précaires des travailleurs. 

La réunion a également été l’occasion de discuter du rapport de Charles Egwabor, un juriste de Port Harcourt, qui montre que le niveau élevé de chômage au Nigeria facilite la précarisation du marché du travail, laquelle aggrave, à son tour, la pauvreté dans le pays. 

La Directrice d’IndustriALL pour l’énergie, Diana Junquera Curiel, a déclaré:

« Cet atelier a été vraiment utile grâce aux informations de première main qui ont été fournies sur les problèmes et les défis auxquels sont confrontés les syndicats au Nigeria. Nous saluons nos affiliés qui luttent contre le travail précaire ainsi que les autres problèmes que connaît l’industrie, et nous continuerons de les soutenir dans leur campagne en faveur du travail décent dans le secteur pétrolier et gazier ».

Palestine : les affiliés d’IndustriALL étayent la solidarité par le renforcement des capacités

Des dirigeants syndicaux issus d’IndustriALL, de Petrol-İş, de la PGFTU (Fédération générale palestinienne des syndicats), du PWU (Syndicat des travailleurs de la pétrochimie du secteur public) et du PGUEW (Syndicat général des travailleurs de l’électricité et de l’énergie) ont suivi un programme commun au siège de Petrol-İş à Istanbul du 24 au 26 septembre sous le thème “Stimuler la solidarité internationale pour la paix, la démocratie et les droits humains et syndicaux fondamentaux”.

Les dirigeants de Petrol-İş se sont rendus en Palestine en mars 2018 et un accord a été signé en vue de davantage de coopération.

La situation au Moyen-Orient est particulièrement mauvaise pour les travailleurs et travailleuses, parce qu’ils sont confrontés non seulement au capitalisme international, mais aussi à l’ingérence de puissances rivales. Les ingérences étrangères sont cause de conflit entre les peuples et les pays, sapent les droits humains et syndicaux et mènent dans la région à des régimes qui deviennent fortement répressifs. Les droits humains et syndicaux fondamentaux se détériorent et sont bafoués par le capitalisme international et les régimes qui sont à son service.

Les syndicats du Moyen-Orient subissent d’importants abus de droits, ainsi que des déplacements de population dus aux conflits, une montée du travail en sous-traitance et intérim et le recours croissant à des migrants en tant que source de main d’œuvre bon marché.  Les syndicats voient leur principale priorité comme étant la défense et l’amélioration de la vie des travailleurs et travailleuses. Les droits des travailleurs, les droits de l’homme, la santé et la sécurité ainsi que la sécurité d’emploi sont des préoccupations majeures.

La situation des travailleurs et travailleuses en Palestine est particulièrement mauvaise, parce qu’ils vivent et travaillent dans les conditions d’une occupation dure, qui influence chaque aspect de leur vie. La situation s’est aggravée depuis l’élection de Donald Trump comme Président des États-Unis et sa décision de déménager l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, qui a influencé négativement le processus de paix. La délégation a appelé à la fin de l’occupation et a exprimé son soutien à un retrait aux frontières de 1967 et à une solution à deux États. Elle a également exprimé sa solidarité avec les luttes des hommes et des femmes de Palestine en faveur des droits syndicaux.

“Notre coopération est plus que du travail syndical” a déclaré Ali Ufuk Yaşar, Président général de Petrol-İş. “Notre soutien aux travailleurs et travailleuses palestiniens dans leurs efforts en vue d’améliorer leurs vies va se poursuivre”.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a indiqué :

“Cette rencontre est très significative pour la solidarité avec le peuple et la classe ouvrière de Palestine. Les conditions de vie des travailleurs et travailleuses palestiniens sont extrêmement difficiles. Je l’ai observé au cours de ma visite de l’an dernier.”

“Nous devons soutenir la lutte pour mettre fin à la situation actuelle, inacceptable, d’oppression et de privations, avec une paix durable sur base des résolutions des Nations Unies. Les syndicats sont un pilier important de la structure sociale et apportent force et résilience à la société.”

À l’issue de la réunion, les syndicats turcs et palestiniens ont adopté une déclaration commune par laquelle ils s’engagent à lutter ensemble en faveur des droits des travailleurs et pour la fin de l’occupation.