Colombie: manifestations des travailleurs de Smurfit Kappa contre la campagne de dénigrement menée contre le syndicat

Sintracarcol a campé à l’extérieur des bâtiments de la compagnie à Medellin, en Colombie, jusqu’au 13 octobre, pour protester contre les violations des normes du travail international dans les usines de la compagnie en Colombie, notamment à Medellin, Barranquilla, Bogota et Cali.

Le syndicat a pris ces mesures suite aux licenciements injustes du responsable syndical Yair Giraldo et de plusieurs autres travailleurs.

« Je suis une victime des attaques antisyndicales », a déclaré Giraldo. « Smurfit Kappa joue un jeu brutal. J’ai été acculé par le directeur des ressources humaines et ses supérieurs hiérarchiques à discuter des questions relatives au syndicat.

« Je leur ai dit que ce genre de discussions doit se tenir selon les termes de la convention collective. Après quoi, ils ont entamé une procédure pour que mes protections syndicales soient annulées; le tribunal s’est prononcé en leur faveur et j’ai été licencié ».

La compagnie ne respecte pas ou ne met pas correctement en œuvre les dispositions des conventions collectives. Sa direction met énormément de pression sur les travailleurs pour tenter de les empêcher d’adhérer au syndicat de leur choix.

Les membres des syndicats se voient systématiquement refuser l’autorisation de prendre leurs congés syndicaux pour participer aux réunions et aux autres affaires syndicales. Et les responsables syndicaux se sont vus offrir de l’argent et d’autres avantages pour quitter le syndicat ou en échange d’informations ou d’une action en justice.

Dans une lettre adressée à Anthony P. J. Smurfit, PDG du groupe Smurfit Kappa, Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, condamne les violations des droits syndicaux fondamentaux par la compagnie:

« J’appelle votre bureau à agir d’urgence pour réparer le préjudice dû à l’inconduite de l’équipe de direction de Smurfit Kappa en Colombie. Les mesures de la compagnie constituent des campagnes de dénigrement systématiques contre nos membres. 

« Je vous demande instamment de collaborer avec Sintracarcol pour trouver une solution équitable et renforcer les relations de travail avec Cartón de Colombia ».

Pakistan : Sept travailleurs blessés dans un incendie sur un chantier de démolition navale

Les pompiers ont eu du mal à atteindre le site pour éteindre l'incendie. Des volontaires de la Fondation Edhi ainsi que des travailleurs syndiqués ont aidé à porter secours aux victimes qui ont ensuite été hospitalisées à Karachi.

Toutes les victimes, Abdul Qayoom, Khaliq, Muhammad Din, Muhammad Azam, Muhammad Akram, Muhammad Jabbar et Ehsan Ullah, étaient des travailleurs précaires.

L'ironie du sort veut que cette tragédie survienne le lendemain de la visite du ministre du Travail du Baloutchistan venu se rendre compte des conditions de vie et de travail des ouvriers des chantiers de démolition navale de Gadani. Les incendies sur ces chantiers ne sont pas rares; la semaine dernière, deux se sont déclarés dans les cales 6 et 7, mais heureusement sans faire de blessés. À la suite de l'accident, le gouvernement du Baloutchistan a interdit toute activité de déconstruction navale et tout rassemblement de travailleurs dans cette zone.

Atle Høie, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union, a déclaré :

"Il est inacceptable que la négligence en matière de sécurité et les incendies qu'elle cause continuent dans les chantiers de démolition navale de Gadani. Pourtant, le gouvernement et les employeurs ne semblent pas avoir tiré les enseignements de l'énorme tragédie de novembre 2016, qui a tué 26 travailleurs et en a blessé beaucoup d'autres. Avec les affiliés pakistanais d'IndustriALL, nous réitérons notre demande au gouvernement du Baloutchistan pour qu'il fasse appliquer le code sur la démolition des navires, et au gouvernement du Pakistan pour qu'il ratifie et fasse appliquer immédiatement la Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires."

 Kan Matsuzaki, le Directeur en charge des TIC, de l'électricité et de l'électronique, de la construction et la démolition de navires, a dit pour sa part :

"Toutes les victimes de cette catastrophe doivent recevoir des soins médicaux et être indemnisées comme il convient. Nous sommes solidaires des victimes et leur souhaitons un prompt rétablissement. Pour améliorer les normes de sécurité sur ce chantier, il faut que le gouvernement et les employeurs mettent fin au travail précaire, reconnaissent les droits des travailleurs en matière de liberté syndicale et de négociation collective, et qu'ils appliquent la législation du travail et le code pour la démolition des navires conformément à la Convention de Hong Kong." 

Célébration du congé de maternité de 14 semaines

À la suite de la campagne menée par le Comité des Femmes d’IndustriALL en Indonésie, 18 entreprises environ ont signé des conventions collectives qui font passer le congé de maternité à 14 semaines ou plus.

Une distinction a été donnée aux syndicats et employeurs qui ont amélioré la protection de la maternité, en particulier en faisant passer le congé de 12 à 14 semaines ou davantage.

Ensemble avec leur employeur, les syndicats de Glaxo Wellcome Indonesia, Takeda, Honda Parts Precision Manufacturing, Omron Indonesia, Ciba Vision, Asahimas, Reckitt Benckiser, Johnson&Johnsons, Absolute Services & Target Sekurindo et Unilever ont reçu cette distinction.

En recevant la distinction concernant les 14 semaines pour avoir introduit un congé de maternité de 3,5 mois, le représentant de Takeda Indonesia a déclaré qu’employeurs et syndicats partageaient la volonté d’améliorer la protection de la maternité au sein des conventions collectives.

Nous allons poursuivre notre compagne en vue d’une meilleure protection de la maternité et espérons que la distinction encouragera davantage de syndicats à suivre l’exemple,

a indiqué Iwan Kusmawan, qui préside le Conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie.

Par le biais d’un projet financé par Mondiaal FNV, le Comité des femmes indonésien a fait campagne pour l’allongement du congé de maternité à l’échelle nationale, œuvrant auprès du gouvernement et du parlement sur la ratification de la Convention 183 de l’OIT sur la Protection de la maternité, ainsi qu’au niveau fédéral au travers des conventions collectives de travail.

Le Comité des femmes avait établi un modèle de CCT pour une meilleure protection de la maternité, qui contient des clauses comme un congé de 14 semaines, des congés pour règles douloureuses, du crédit temps pour l’allaitement, la protection des femmes enceintes et un local pour l’allaitement.

Les syndicats de Glaxo Wellcome Indonesia ont indiqué qu’ils allaient continuer à lutter pour faire passer le congé de maternité de quatre à six mois : “une meilleure protection de la maternité signifie un meilleur avenir pour nos enfants”.

Les syndicats du secteur houiller réclament une Transition juste

Les affiliés à IndustriALL du secteur houiller d’Afrique du Sud, d’Australie, du Botswana, de Bulgarie, de Géorgie, d’Espagne, d’Inde, d’Indonésie, de Mongolie, de Turquie, d’Ukraine et du Vietnam, ont participé à la réunion qui s’est tenue les 11 et 12 octobre 2018. 

Les syndicats ont eu des discussions franches sur les implications du Rapport spécial alarmant du Groupe intergouvernemental d’experts sur le changement climatique (GIEC) appelant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 ºC, ainsi que sur les stratégies syndicales à adopter  en vue de la 24e Réunion de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP24-CCNUCC) qui se tiendra dans la ville polonaise de Katowice. 

Les participants ont exprimé leur déception devant l’échec des gouvernements et des employeurs à élaborer des programmes sociaux visant à protéger les intérêts des travailleurs du secteur houiller dans le cadre des mesures d’adaptation et d’atténuation du changement climatique.

Michael Vassiliadis, président du syndicat des travailleurs allemands des secteurs minier, chimique et énergétique (IG BCE), a toutefois indiqué:

« Bien que nous ayons de nombreuses réserves de charbon en Allemagne, il a été décidé d’arrêter l’extraction minière industrielle cette année. IG BCE a toujours considéré que cette décision politique était mauvaise, néanmoins nous l’appuyions tout en nous portant garant qu’aucun travailleur du secteur houiller ne resterait au fond d’un puit, sans emploi. IG BCE et le public allemand veulent mettre en œuvre les provisions de l’accord de Paris et s’intéressent aux résultats de la prochaine COP24. Ce débat concerne directement les emplois et les moyens d’existence de nos membres et de leurs familles. Il porte aussi sur la fourniture d’électricité à la population et à l’industrie à des prix abordables ».

Les syndicats ont souligné qu’une Transition juste, qui vise à garantir des programmes de protection sociale forts et des politiques industrielles durables, est la solution pour préserver les emplois des travailleurs du charbon dans le cadre des mesures visant à atteindre les objectifs fixés en matière de réduction des émissions de CO2. Les participants ont indiqué que les gouvernements et les employeurs doivent investir et affecter les ressources appropriées à la recherche et au développement des technologies propres dans le secteur houiller. 

Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour le secteur minier, a indiqué: « les efforts d’adaptation et d’atténuation du changement climatique doivent être justes et tenir compte des capacités et des vulnérabilités des pays ayant différents niveaux de développement économique ».

Les syndicats ont souligné la nécessité d’évaluer la transformation technologique déjà en cours dans l’industrie charbonnière pour mieux protéger les intérêts des travailleurs.

Les dirigeants syndicaux ont évoqué des conditions déplorables de santé et de sécurité et des décès dans l’industrie. Parce que de nombreux employeurs et gouvernements restent indifférents et font preuve de négligence par rapport à la santé et à la sécurité, les travailleurs continuent d’affronter des conditions de travail dangereuses dans les mines de charbon à travers le monde. 

Soulignant la campagne mondiale d’IndustriALL pour la sécurité dans l’industrie houillère au Pakistan, les participants à la réunion ont publié une déclaration en solidarité avec le combat mené par les syndicats au Pakistan. Ils ont également appelé à intensifier la campagne visant à ce que davantage de pays ratifient la Convention de l’OIT n° 176. 

S’adressant aux participants, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré: « L’industrie houillère est confrontée à une transformation massive aux prises avec des problèmes sociaux, économiques et politiques majeurs. Un réseau des syndicats du secteur houiller solide est nécessaire pour influencer les décisions de principe, renforcer la solidarité internationale pour défendre les droits des travailleurs de cette industrie et assurer une Transition juste ».

Les syndicats ont également fait part de leur mécontentement quant à la privatisation des mines de charbon du secteur public en Inde et dans d’autres parties du monde. Presque tous les cas de privatisation dans le monde ont accru de manière exponentielle le travail précaire et l’indifférence criminelle vis-à-vis de la santé et de la sécurité au travail dans les mines de charbon, qui ont occasionné des accidents, y compris mortels.  

IndustriALL reconduit son accord-cadre mondial avec la multinationale allemande Rheinmetall

Le nouvel accord a été signé par IndustriALL et Rheinmetall au siège de l'entreprise, à Düsseldorf, le 12 octobre 2018. Il renforce les protections offertes aux travailleurs et aux syndicats dans toute sa chaîne de production mondiale.   

IndustriALL est dorénavant partenaire à part entière dans cet accord qui comporte plusieurs améliorations, comme par exemple : 

Le comité d'entreprise européen de Rheinmetall et l'affilié allemand d'IndustriALL IG Metall avaient entamé la renégociation de l'ACM il y a plus de deux ans et d'intenses négociations ont aussi eu lieu avec IndustriALL pendant l'année écoulée. 

Dans le nouvel accord, IndustriALL et Rheinmetall s'engagent à renforcer leur coopération dans les années à venir. 

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré : 

“La reconduction de l'accord-cadre mondial avec RheinMetall met en lumière la volonté des deux parties de raffermir leur relation et d'intensifier leurs efforts pour garantir que les normes sociales rigoureuses de Rheinmetall seront respectées dans tous ses établissements, partout dans le monde, et tout au long de la chaîne d'approvisionnement.”

Rheinmetall existe depuis plus de 125 ans et emploie 24.000 personnes. En 2017, elle a dégagé des ventes de près de 6 milliards d'euros et compte 39 sites en Allemagne, 39 autres dans le reste de l'Europe, 13 sur le continent américain, 17 en Asie, 6 en Afrique et 3 en Australie. 

Le premier accord-cadre mondial avec Rheinmetall a été signé en 2003.

Leaders syndicaux tabassés et arrêtés au Zimbabwe durant des manifestations contre l’austérité

Pour tenter d’empêcher un cortège de se former à Harare, la police a encerclé les bâtiments du ZCTU, tabassant et arrêtant le Président de la fédération, Peter Mutasa, ainsi que son Secrétaire général, Japhet Moyo, selon une source syndicale. Environ 20 manifestants ont été arrêtés à Mutare et 13 à Masvingo.

Cinq affiliés d’IndustriALL Global Union ont pris part aux manifestations en solidarité avec d’autres syndicats.

Récemment, le gouvernement zimbabwéen a annoncé des politiques financières et fiscales pour soulager l’économie, en arguant que ces réformes étaient “douloureuses mais nécessaires”. Mais c’est l’inverse qui s’est produit, l’économie piquant du nez. Les politiques d’austérité balaient la valeur des salaires et les travailleurs et travailleuses ne peuvent même plus se payer le strict nécessaire.

À la suite d’annonces sur le passage des taxes sur les transactions financières mobiles à 2% ainsi que sur le fait que les dépôts bancaires en dollars américains seraient dorénavant convertis en devise locale, les gens ont paniqué et se sont rués sur les biens de première nécessité par crainte d’un retour de l’hyperinflation. Les prix des denrées alimentaires ont flambés alors que les produits disparaissaient des rayons. Des magasins ont fermé pour “inventaire” et  “rénovations” ou ont simplement augmenté les prix de leurs biens et services.

Alors que le gouvernement persiste à dire que le taux de change de la devise locale avec le dollar américain est de un pour un, la réalité est que sur le marché parallèle, le dollar américain vaut 4,85 dollars zimbabwéen. Cela rend la panique compréhensible. En 2008, les travailleurs et travailleuses ont perdu leurs revenus, y compris leurs pensions, alors que leurs allocations de retraite et leur épargne ne pouvaient même plus payer une miche de pain en raison de l’hyperinflation.

Christian Ranji, Secrétaire du Comité des jeunes d’IndustriALL au Zimbabwe, confie : “Les travailleurs et travailleuses n’ont pas le choix, ils doivent combattre l’austérité. On ne peut pas nous taxer pour financer le gaspillage financier du gouvernement. Les entreprises ferment et les travailleurs et travailleuses perdent leur emploi. Ces annonces ont créé l’instabilité, les épiceries ont augmenté leurs prix et les citoyens ont commencé à acheter en vrac pour rentabiliser leurs achats.”

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, déclare :

“Nous en appelons au gouvernement du Zimbabwe pour qu’il respecte le droit des travailleurs et travailleuses à manifester contre les mesures d’austérité et condamnons les faits de violence et d’intimidation. L’arrestation des dirigeants du ZCTU, les camarades Peter Mutasa et Japhet Moyo ainsi que des autres manifestants est inacceptable. Nous appelons à leur libération immédiate et à ce que le gouvernement entame un dialogue social avec les syndicats.”

Inde: une explosion dans une aciérie fait 12 morts

La survenance de ce nouvel accident mortel au sein de cette aciérie montre les graves problèmes de sécurité existant dans les entreprises sidérurgiques du secteur public indien. Selon les rapports officiels, l’explosion se serait produite aux alentours de 10h30, le 9 octobre, au cours d’opérations de maintenance réalisées sur la conduite d’alimentation de batteries du four à coke n° 11 du gazoduc.

Environ 23 employés travaillaient dans la zone au moment de l’explosion. Les familles des neuf employés carbonisés exigent la réalisation de tests ADN pour identifier les corps. Trois employés sont décédés à l’hôpital. 

De nombreux travailleurs luttant pour leur vie, le nombre de morts pourrait augmenter. Un travailleur brûlé à 100 pour cent est sous assistance respiratoire; les autres travailleurs, brûlés à 70, 50 et 40 pour cent, reçoivent des soins. Bien que présents sur les lieux de l’accident, les pompiers n’ont pas eu le temps de réagir. Des cadres, des techniciens et des sapeurs-pompiers figurent parmi les victimes. 

Le bilan en matière de sécurité de l’aciérie de Bhilai est déplorable. Un travailleur est décédé chaque jour dans des accidents ayant eu lieu successivement les 8, 9 et 10 mai 2018. Jusqu’à cette dernière date, la direction n’avait pas mis en œuvre la recommandation soumise par le comité chargé de la sécurité après la survenance d’un important accident en 2014. 

Depuis 2014, environ 31 travailleurs ont été tués dans des accidents mortels dans la seule usine de Bhilai. Selon les informations fournies au parlement par le Ministre de la sidérurgie, 74 travailleurs ont été tués entre 2014 et 2017 dans des accidents mortels dans plusieurs usines détenues par SAIL à travers le pays. Durant la même période, 205 accidents ont été déclarés dans cette compagnie. 

Sanjay Singh, président du Congrès syndical national de l’Inde (INTUC) de l’Etat du Chhattisgarh, a indiqué:

« L’absence de mesures de sécurité, l’incapacité à tirer les leçons des accidents mortels antérieurs et l’augmentation du nombre des travailleurs précaires, sont les principales raisons des graves problèmes de sécurité existants. Nous condamnons fermement l’accident. Une enquête doit être menée et les responsables de l’accident punis. Nous sommes solidaires des familles des victimes en ces moments difficiles ». 

Apoorva Kaiwar, Secrétaire général d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré:

« Il est déplorable que la négligence de la direction continue de prendre la vie des travailleurs dans une des principales aciéries en Inde. Il s’agit d’un entreprise du secteur public; le gouvernement devrait prendre des mesures fortes pour assurer la sécurité des travailleurs ».

Les autorités gouvernementales ont annoncé la création d’une commission interne pour enquêter sur l’accident. Cette dernière tragédie survient après que l’aciérie de Bhilai ait achevé son programme de modernisation et d’expansion en juin, que le Premier ministre indien a dédié au pays.  

Le mouvement syndical mondial condamne la saisie d'avoirs syndicaux par le gouvernement en Afghanistan

IndustriALL a répondu à l'appel lancé par la CSI à ses affiliés en envoyant une lettre au Président afghan après que le gouvernement ait laissé sans réponse plusieurs appels au dialogue.

Ces mesures font suite à un décret gouvernemental du 31 août 2016 ordonnant la saisie de tous les avoirs du Syndicat national des travailleurs et des employés d'Afghanistan (NUAWE), de l'Union coopérative des cultivateurs d'Afghanistan et de l'Union de la jeunesse, et d'en transférer la propriété officielle à l'État.

Au mois d'avril, la CSI et le NUAWE – la seule centrale syndicale nationale d'Afghanistan – ont déposé plainte contre ce décret auprès du Comité de la liberté syndicale de l'OIT. Plutôt que d'entamer le dialogue, le gouvernement a envoyé des policiers et soldats en armes perquisitionner les locaux du NUAWE à Kaboul et dans 16 districts avant d'y apposer des scellés. Un des bâtiments a été repris par le ministère de la Défense.

Les comptes en banque du syndicat ont été gelés, son homologation n'a pas été reconduite et il a été privé de sa liberté d'expression. Tous ses bureaux restent fermés et le personnel n'est plus payé depuis cinq mois.

Dans sa lettre, le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, se fait l'écho de l'appel lancé par la CSI :

"Nous exhortons votre gouvernement à annuler immédiatement sa décision de saisir les avoirs du syndicat et à autoriser les recours contre toute décision de justice de confiscation d'avoirs syndicaux ainsi que contre le décret gouvernemental concerné.

"À la lumière du centenaire de l'OIT et de son engagement pour une ratification universelle des normes fondamentales du travail d'ici 2019, nous invitons aussi votre gouvernement à ratifier d'urgence les conventions 87 et 98  de l'OIT sur la liberté syndicale et le droit de négocier collectivement."

Les fédérations syndicales internationales condamnent la violence antisyndicale en Colombie

Une délégation constituée de représentants des organisations TUCA, CTC Colombia, CUT Colombia, IBB, ISP, ITF, UNI et IndustriALL a tenu une série de réunions avec le gouvernement colombien entre le 12 e le 14 septembre.

Au cours d’une réunion avec la Ministre du Travail, Alicia Arango Olmos, la délégation a exprimé sa préoccupation par rapport à la sécurité des leaders de mouvements sociaux et de syndicats en Colombie. Elle a également condamné les campagnes menées par les forces de police et le nouveau gouvernement pour systématiquement criminaliser les mouvements de protestation syndicaux et sociaux.

Une référence spécifique a été faite aux récentes déclarations du Ministre de la défense, Guillermo Botero. Lors du Congrès de Confecamaras qui s’est tenu le 13 septembre à Carthagène, Botero a déclaré à la station de radio colombienne Caracol que des gangs liés au trafic de drogue et à la mafia internationale finançaient les mouvements de protestation sociale.

Mme Arango Olmos, qui a été secrétaire de l’ancien Président Álvaro Uribe et est directrice du Parti du Centre démocratique depuis 2014 a surpris la délégation en discréditant complètement ses propos.

Elle a affirmé que les fédérations syndicales internationales n’étaient pas au courant des problèmes en Colombie et n’étaient pas en droit de s’exprimer sur ce qui s’y passait. Elle nous a accusé de porter des accusations sans disposer des faits réels. Les meurtres, les menaces et les attaques contre des dirigeants de mouvements sociaux et de syndicats sont à la hausse en Colombie. Les mécanismes de protection ne fonctionnent pas et sont souvent complètement absents, toute assistance pouvant être portée arrivant souvent trop tard.

Nous sommes très préoccupés par les déclarations du gouvernement, qui ne servent qu’à inciter à davantage de violence et à criminaliser les mouvements de protestation sociale et la liberté syndicale. Le mouvement syndical international va continuer à soutenir les travailleurs en Colombie. Nous allons tenter de renforcer les syndicats et les organisations à vocations sociale en travaillant ensemble à apporter un développement durable au pays.”

a déclaré le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani.

Partenaire des Jeux Olympiques de 2020, Mitsubishi Electric humilie ses salariés en Thaïlande

En décembre 2017, 1.800 membres de l’affilié d’IndustriALL Global Union, TEAM (Confédération des travailleurs de l’appareillage électrique, de l’électronique, de l’automobile et de la métallurgie) avaient été lock-outés par Mitsubishi Electric Consumer Products Thailand. Le syndicat et l’entreprise ont alors conclu le 29 janvier 2018 une convention par le biais de la négociation collective, qui a mis fin au conflit.

Mitsubishi Electric est convenu de réintégrer tous les travailleurs et travailleuses lock-outés, ce qui est d’ailleurs imposé par la loi. Cependant, avant leur réintégration, les travailleurs et travailleuses ont été convoqués à une réunion pour “vérifier leur attitude” et leur mettre la pression pour tenter d’obtenir des informations compromettantes sur les leaders syndicaux.

L’entreprise a forcé les travailleurs et travailleuses lock-outés à assister à un camp de quatre jours au sein d’une base militaire afin d’y “apprendre la discipline et l’ordre”, à subir cinq jours de formation dispensés par une firme de ressources humaines au cours desquels ils étaient censés “réfléchir sur leurs actes répréhensibles”, une journée à nettoyer chez des personnes âgées, pour “prouver leurs mérites” et trois jours au sein d’un temple bouddhiste, quelles que soient leurs convictions religieuses. Les travailleurs et travailleuses ont également dû publier des excuses à l’entreprise sur les médias sociaux en utilisant leur comptes personnels.

Bien qu’ayant dû subir ce processus d’humiliation délibérée, tous les salariés n’ont pas été réintégrés. L’entreprise a même commencé à publier des annonces pour des emplois vacants. Mitsubishi Electric a ensuite licencié 24 travailleurs et travailleuses qui attendaient leur réintégration, parmi lesquels dix membres d’une délégation syndicale fraîchement élue en juin 2018 et sollicité de la part du tribunal du travail l’autorisation d’en mettre deux autres à pied.

L’entreprise exige de ceux et celles qui ont été rappelés la signature de contrats individuels en remplacement de la convention collective qui a expiré fin septembre 2018. Ils comportent une clause par laquelle le salarié doit accepter ne pas être membre d’un syndicat et s’il l’est, les augmentations salariales et autre prestations obtenues par le biais du contrat individuel seront restituées à l’entreprise.

Mitsubishi Electric utilise l’intimidation et le harcèlement pour affaiblir le syndicat et a tenté d’humilier les adhérents syndicaux. Ceci constitue une infraction flagrante des droits fondamentaux des syndicats et du travail, y compris de la législation nationale du travail et des normes internationales fondamentales du travail.

L’entreprise est un partenaire officiel des Jeux Olympiques et Paralympique de Tokyo 2020 et s’est dès lors engagée à “prendre en considération les droits de l’homme et des travailleurs ainsi que la conduite équitable des affaires.”

IndustriALL a écrit à l’entreprise à trois reprises, exigeant que les travailleurs et travailleuses licenciés soient réintégrés, mais il n’y a pas eu de réponse de sa part à ce jour.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a déclaré :

“IndustriALL Global Union appelle Mitsubishi Electric à respecter les normes internationales du travail, à réintégrer immédiatement les 26 leaders et adhérents syndicaux concernés et à cesser de violer les droits syndicaux fondamentaux.”

Durant le lock-out, les travailleurs et travailleuses ont perdu l’accès à toutes les prestations sociales, y compris aux soins de santé. Après le décès d’un membre du personnel pendant cette période, la couverture santé à été rétablie, uniquement à l’égard des femmes enceintes.