Victoire pour les Boilermakers chez Imerys Talc

L’entreprise à capitaux français avait lock-outé 35 travailleurs et travailleuses le 2 août, après que l’affilié d’IndustriALL Global Union a refusé de ratifier une proposition de convention qui aurait dépecé des dispositions clés en termes de prestations sociales et de pratiques de travail.

Pendant plus de trois mois qui ont été pénibles, les membres de la section D239 ont maintenu un piquet de grève jour et nuit et y ont constamment rassemblé autour d’eux des alliés et des partisans, ce qui montrait clairement qu’ils s’étaient préparés à une action de longue haleine. Dans le même temps, la pression sur Imerys prenait corps alors que le surcroît d’agents de sécurité nécessaires ainsi que les jaunes qu’Imerys a fait venir d’en dehors de l’État faisaient monter les coûts.

“Ce fût une victoire durement acquise, et c’est une victoire à n’en pas douter. Au cours de ce lock-out, les membres de la section D239 ont traversé de dures épreuves : pas de salaire, pas d’assurance-santé, stress quotidien sur le piquet, incertitude permanente et déception après une médiation ratée,” a indiqué J. Tom Baca de la Section des États de l’Ouest des Boilermakers. “Mais ils ont tenu bon. Ils n’ont pas cédé.”

Leur détermination a fonctionné. Imerys a accepté de revenir à la table des négociations le 25 octobre et les deux parties ont conclu un accord pour mettre fin au lock-out. Quelques jours plus tard, la section D239 a ratifié une convention de trois ans qui reprenait la plupart des prestations et conditions d’emploi que le syndicat voulait préserver de la convention précédente, dont les dispositions en matière d’ancienneté et d’heures supplémentaires. Imerys a accepté une extension d’un an avant que la couverture santé ne soit plus accessible comme prestation pour les futurs pensionnés. Le syndicat a accepté de retirer sa plainte pour pratiques de travail déloyales auprès du NLRB, l’organisme officiel qui régit les relations sociales.

“Trente-deux travailleurs (trois ont quitté Imerys pour un autre emploi) qui récupèrent leurs emplois avec une convention négociée pour trois ans dans une minuscule ville du Montana peut paraître dérisoire pour beaucoup, mais en réalité, c’est une victoire majeure, non seulement pour les Boilermakers, mais pour tous les syndicats. Ce que la section D239 a réalisé est la preuve que la solidarité fonctionne,” ajoute Tom Baca.

Les syndiqués avaient été rejoints sur leur piquet par leurs familles, leurs communautés, des élus et d’autres syndicats. En plus du soutien d’entreprises locales et de membres des Boilermakers partout dans le pays, IndustriALL, l’AFL-CIO et d’autres syndicats ont pris le parti de la section D239 et mis la pression sur Imerys.

“Nous sommes heureux de reprendre le travail,” a déclaré le président de la section D239 Randy Tocci, “Et nous sommes maintenant concentrés sur ce que nous avons toujours fait : travailler dur et réaliser le meilleur produit possible pour les clients de notre usine. Le piquet de grève, ce n’est pas là où nous voulions être.”

Le Directeur d’IndustriALL pour l’ingénierie mécanique et les industries des matériaux, Matthias Hartwich, a déclaré :

“Nous félicitons notre affilié, les Boilermakers, pour leur victoire. Ceci démontre à nouveau le pouvoir de la solidarité et de la détermination : bien que la direction locale a tout tenté pour briser la résistance des salariés lock-outés, ceux-ci n’ont pas cédé. IndustriALL et ses affiliés ont tout fait pour soutenir les travailleurs et travailleuses d’Imerys du Montana : Nous avons organisé du soutien et contacté le siège d’Imerys et son Conseil d’entreprise européen pour appuyer les victimes du lock-out.”

Les syndicats se penchent sur Industrie 4.0 et l’avenir du dialogue social à Saint-Gobain

25 délégués et observateurs de 10 pays se sont réunis à Paris pour débattre sur l’avenir de leur compagnie et de leurs emplois face au projet de Saint-Gobain de modifier très prochainement sa structure pour mieux s’adapter à la numérisation en cours dans les industries des matériaux. Les changements affecteront les conditions de travail et les relations du travail dans un avenir proche. Les délégués ont échangé sur les différentes expériences dans le processus de numérisation déjà en cours au sein de Saint-Gobain, un acteur très innovant dans le secteur. L’expérience des travailleurs varie d’un pays à l’autre mais il apparaît clairement que la compagnie va radicalement changer et que certains changements structurels surviendront très bientôt.

Le deuxième jour de la réunion, les délégués ont eu un échange franc avec M. Régis Blugeon, Directeur des affaires sociales du groupe Saint-Gobain. M. Blugeon a souligné que le groupe avait dû adapter sa structure à la nouvelle situation des marchés et devait devenir plus léger, plus flexible et plus rapide.

M. Blugeon a également fait un exposé sur les principales valeurs et stratégies du groupe. Les différents délégués syndicaux ont profité de l’occasion pour demander que les employés et leurs syndicats participent au processus de transformation. Ils ont demandé explicitement à être informés et consultés au cours du processus et au-delà. Ils ont également soulevé plusieurs questions en suspens et abordé les questions de dialogue social. M. Blugeon a promis d’examiner les affaires en cours et de revenir avec des réponses, des propositions et des solutions. Ce faisant, il a reconnu que le dialogue social sera pris au sérieux à tous les niveaux du groupe et que certaines questions exigent également un dialogue social au niveau mondial.

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriaLL pour l’ingénierie mécanique et les industries des matériaux, a déclaré:

« IndustriALL croit au dialogue social. Et nous savons par expérience que certains problèmes ne peuvent pas être résolus aux seuls niveaux local ou national; à un certain moment, les solutions peuvent seulement être trouvées au niveau mondial. Nous sommes disposés à collaborer avec la direction pour trouver les moyens pour ce genre de solutions des problèmes ».

Sur la base de la discussion sur le dialogue social, les participants ont demandé à la direction de Saint-Gobain d’assumer sa responsabilité et de maintenir le dialogue social avec les syndicats brésiliens. A la fin de la réunion, les participants ont également décidé d’adopter une déclaration spéciale par solidarité avec les travailleurs brésiliens et leurs syndicats.

Saint-Gobain est une multinationale française qui emploie environ 180 000 personnes dans 67 pays dans le monde. En 2017, le Groupe a généré 41 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Le Groupe propose des solutions pour le secteur de la construction et fournit des matériaux aux marchés industriels et de consommation, notamment les secteurs automobile, aéronautique, de la santé et de l’énergie.

Les syndicats exigent des relations du travail mondiales avec HeidelbergCement

Trente délégués, venus de 15 pays représentants les travailleurs de HeidelbergCement dans le monde, se sont réunis au siège du syndicat ouvrier allemand de la construction, IG BAU, à l’invitation d’IndustriALL Global Union et de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), et avec le soutien financier de la fondation Friedrich Ebert.

Bien qu’invitée, la direction de la compagnie n’a pas assisté à la réunion; les syndicats ont toutefois renouvelé leur invitation pour l’année prochaine.

Les délégués ont soulevé plusieurs problèmes auxquels les travailleurs sont confrontés, dont les violations des droits des travailleurs, le manque de communication avec la direction de la compagnie aux niveaux national ou local, le recours intensif à la sous-traitance et d’autres types de travail précaire. La santé et la sécurité sont également des questions qui doivent faire partie d’une approche appropriée et systématique de la compagnie, et laissant la parole aux représentants des travailleurs. L’existence d’un dialogue social efficace au niveau mondial est dans l’intérêt des travailleurs et de la compagnie; d’ailleurs, il n’est pas possible de résoudre certaines questions au seul niveau local.

Lors de la réunion, le réseau syndical a qualifié d’avancée les efforts déployés par HeidelbergCement pour améliorer le profil social, éthique et environnemental du groupe tels qu’expliqués dans leur déclaration intitulée « exposé de la position du groupe HeidelbergCement sur les droits de l’homme » et diffusée le 7 décembre 2017.

Néanmoins, les délégués ont convenu à l’unanimité que le document renferme plusieurs manquements. Dès lors, les participants ont adopté une déclaration spéciale précisant que:

  1. Le document ne fait pas de références à la participation véritable et significative des syndicats,
  2. Les représentants du personnel doivent participer au suivi conjoint du respect des droits de l’homme, cette tâche ne pouvant pas être déléguée à des tierces parties mais devant constituer un effort conjoint entre la direction et les syndicats mondiaux,
  3. Il doit y avoir une participation significative des travailleurs et de leurs représentants dans les commissions de santé et de sécurité, les politiques, les systèmes de gestion, les inspections des lieux de travail, la formation et toutes les questions concernant la santé, la sécurité et le bien-être des travailleurs dans toutes les usines appartenant à HeidelbergCement.

Enfin, le réseau syndical a exhorté la direction de l’entreprise HeidelbergCement à engager un dialogue avec le Comité d’entreprise européen et les syndicats mondiaux afin de travailler sur les points soulevés dans le cadre des bonnes pratiques et d’un dialogue social fructueux.

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour les matériaux de construction, a déclaré : « Cette deuxième réunion de notre réseau syndical a été un énorme succès. Nous avons renforcé les contacts entre nous et nous les utiliseront à l’avenir pour nous informer mutuellement sur les combats et les luttes auxquels nos collègues font face partout dans le monde. Il est tout à fait regrettable que la direction ne nous ait pas parler. Nous attendons davantage de HeidelbergCement à l’avenir, particulièrement à la lumière de leur « exposé de principes sur les droits de l’homme ».

HeidelbergCement est l’une des principales compagnies de fabrication de ciment et de matériaux de construction dans le monde. La compagnie emploie près de 60 000 personnes réparties dans environ 60 pays.

Les photos de la réunion sont disponibles sur Flickr.

La sécurité reste un vœu pieux en ce deuxième anniversaire de l’accident du chantier de démolition de navires de Gadani

Le 1er novembre 2016, une énorme explosion sur un pétrolier au chantier de démolition de navires de Gadani a causé la mort de 29 travailleurs et plus de 40 autres ont été victimes de blessures par brûlure. Quatre travailleurs ont été portés disparus et nul ne sait avec certitude combien de personnes étaient à l’œuvre au moment de l’accident.

S’exprimant lors d’un rassemblement commémorant le deuxième anniversaire de la catastrophe, des leaders syndicaux ont rappelé que la série d’accidents survenus depuis novembre 2016 montrait qu’aucune leçon n’avait été tirée. Gouvernement et employeurs continuent d’ignorer la santé et la sécurité, au prix de la vie des travailleurs. Ces accidents rappellent sans équivoque que les travailleurs des chantiers de démolition de navires du Pakistan risquent leur vie pour la gagner.

Le 8 janvier 2017, un travailleur a chuté d’un navire et s’est tué. Le 9 janvier 2017, au moins cinq travailleurs sont morts dans l’incendie à bord d’un navire-citerne destiné au transport de gaz de pétrole liquéfié. Sept travailleurs ont été blessés lors d’un incendie le 14 octobre 2018.

Le 2 novembre 2018, un jour à peine après que les travailleurs ont commémoré le deuxième anniversaire de l’accident et rendu hommage aux victimes, cinq autres travailleurs ont été blessés dans un accident au cours de la démolition du Mistral sur le chantier 66.

Les démolisseurs de navires de Gadani sont confrontés à de dangereuses conditions de travail, des emplois précaires et de maigres salaires, à la non-application des législations du travail, à des obstacles à l’exercice du droit à la liberté syndicale et à la négociation collective, au manque d’infrastructures de santé et à l’absence d’accès à de l’eau pure et potable.

Les syndicats réclament depuis longtemps l’adoption de la part du gouvernement du Baluchistan de nouvelles réglementations pour améliorer la santé et la sécurité sur les chantiers de démolition de navires du pays. Après la tragédie de novembre 2016, les syndicats de démolisseurs de navires avaient soumis un projet de loi visant à améliorer la santé et la sécurité sur les chantiers de démolition de navires, mais le gouvernement n’en a encore rien fait. Il a nommé des commissions pour enquêter sur l’accident de novembre 2016 et proposer de nouvelles dispositions en matière de sécurité, mais aucun progrès significatif n’a été accompli pour améliorer la situation.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL Global Union pour l’Asie du Sud a déclaré :

“Il est horrible que les directeurs et les propriétaires des chantiers navals négligent la sécurité des travailleurs au point où leurs vies sont mises en danger de manière routinière. Tant le gouvernement que les employeurs devraient tirer les leçons des accidents du passé et prendre immédiatement des mesures proactives pour mettre un terme aux pertes de vies et assurer la sécurité au sein de l’industrie de la démolition des navires du Pakistan.”

Kan Matsuzaki, Directeur de la section construction navale et démolition des navires d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous réitérons notre revendication auprès du gouvernement pour qu’il ratifie la Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires et adopte des réglementations fédérales et nationales pour mettre en œuvre les dispositions de cette convention.

“Le gouvernement devrait mettre sur pied une commission tripartite pour la santé et la sécurité avec les travailleurs et les employeurs du secteur de la démolition des navires en vue de son application sans délais.

Production irresponsable d’aluminium: Alcoa intensifie ses attaques contre les travailleurs à l’échelle mondiale

Le 17 octobre, la compagnie Alcoa, établie aux Etats-Unis, a annoncé la fermeture de deux de ses trois fonderies d’aluminium espagnoles, Aviles et La Coruna, qui entraînera le licenciement de 700 travailleurs. Le comité d’entreprise européen d’Alcoa a critiqué la compagnie, qui ne l’a ni consulté en avance ni ne lui a fourni les informations adéquates, pour son non-respect des directives européenne relatives à l’information et la consultation. Le comité d’entreprise européen, basé aux Pays-Bas, a entamé une action en justice dans ce pays afin de bloquer la fermeture et d’éviter les licenciements.

Alcoa soutient que les deux usines espagnoles sont inefficaces et que personne ne veut les faire fonctionner. La compagnie a rejeté toutes les tentatives du gouvernement espagnol et des syndicats visant à ralentir le processus de licenciement collectif pour disposer de suffisamment de temps pour identifier un acheteur et préserver les emplois. 

1 600 membres du syndicat australien des travailleurs (Australian Workers Union – AWU), travaillant dans trois raffineries d’alumine et deux mines de bauxite appartenant à Alcoa, ont récemment mené une grève de 52 jours pour que la compagnie ne procède à aucun licenciement forcé après l’échec des 20 mois de négociations avec Alcoa. La compagnie a essayé d’intimider les travailleurs en les menaçant de licenciement pour les forcer à accepter de nouvelles conditions de travail, dont des postes moins stables.

La grève a pris fin lorsqu’Alcoa a fait une nouvelle offre que la majorité des membres du syndicat a rejetée; un responsable d’AWU justifiant son refus par le mauvais traitement des syndiqués ayant récemment repris le travail. Alcoa a demandé à une agence gouvernementale australienne de mettre fin à la convention collective d’entreprise signée avec AWU.

La fermeture d’un lieu de travail par Alcoa n’est en aucun cas une garantie de la fin des attaques de la compagnie contre les travailleurs et leurs communautés, et de sa dégradation de l’environnement. Contrairement à l’accord qu’Alcoa avait conclu avec le Suriname stipulant qu’elle continuerait sa production d’aluminium dans sa raffinerie d’alumine implantée dans le pays jusqu’en 2033, la compagnie a fermé l’installation en 2015, portant un coup dur à l’économie nationale et privant de leur emploi des centaines de personnes.

Depuis 2015, la compagnie négocie à huit clos un accord de remplacement en règlement de sa sortie du Suriname, notamment pour remédier à la contamination environnementale qu’elle laisse en héritage. Jugé injuste pour le Suriname, le projet d’accord de désengagement communiqué récemment a été rejeté catégoriquement par les experts techniques et par une coalition d’organisations de la société civile, comprenant l’affilié à IndustriALL, C-47, représentant les employés d’Alcoa.

C-47 exige que l’accord soit renégocié et qu’Alcoa revalorise les retraites des anciens employés pour compenser la chute de la valeur du dollar de Suriname, ayant plongé ceux-ci dans la pauvreté.

Pendant près de 10 mois, Alcoa a mis en lock-out 1 030 membres du syndicat des métallos à la fonderie de Bécancour, située dans la ville canadienne du Québec. Alcoa a demandé davantage de concessions de la part des travailleurs mis en lock-out depuis neuf mois, bien que la fonderie ait les coûts salariaux les plus bas par unité de production parmi toutes les installations d’Alcoa en Amérique du Nord.

« Quand vous voulez obtenir un accord, vous devez écouter l’autre partie, exploiter les occasions favorables et être ouvert à des solutions de compromis lorsque l’autre partie est disposée à modifier sa position. Alcoa n’a rien fait de tout cela »,

a indiqué le Directeur d’USW Québec, Alain Croteau.

« Les affiliés à IndustriALL ont représenté les travailleurs d’Alcoa à travers le monde durant des décennies et les négociations avec la compagnie ont souvent été difficiles. Néanmoins, Alcoa n’a jamais attaqué les travailleurs et leurs communautés dans tant de pays différents en même temps comme ils le font maintenant »,

a déclaré le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan.

« Alcoa cherche à se présenter comme un fournisseur d’aluminium responsable aux yeux des constructeurs automobiles et d’autres marques commerciales, mais dans les faits ses pratiques montrent le contraire. IndustriALL appelle Alcoa à se montrer à la hauteur de ses allégations sur le caractère de durabilité de ses activités, et à arrêter d’attaquer les travailleurs ».

Le syndicat kényan poursuit Hela Intimates au tribunal pour des violations du droit du travail

Hela Intimates, qui fabrique des sous-vêtements, du linge de nuit et des tenues de loisir possède des usines en Éthiopie, au Kenya, au Mexique ainsi qu’au Sri Lanka et fournit des marques de stature mondiale en Europe et aux États-Unis, dont Victoria Secrets et PVH, qui possède les enseignes Calvin Klein, Tommy Hilfiger ainsi qu’un certain nombre d’autres. Au Kenya, elle emploie plus de 2.500 travailleurs et travailleuses dans son usine de la zone industrielle axée sur l’exportation d’Athi River, à Nairobi.

Plutôt que d’assumer la responsabilité des conventions collectives signées par Alltex EPZ, l’entreprise qu’elle a acquise, Hela insiste pour en conclure une nouvelle. L’entreprise verse un salaire minimum de 12.000 shillings kényans (US$116) par mois aux opérateurs au lieu des 14.000 (US$136) qui figurent dans le Journal officiel.

L’affilié d’IndustriALL Global Union TTWU, Syndicat des tailleurs et travailleurs du textile, a pris la voie des cours et tribunaux pour affronter les pratiques inéquitables et illégales de l’employeur en matière de relations sociales. Ces pratiques intimident les travailleurs et travailleuses et rendent le recrutement d’adhérents difficile pour les syndicats. De plus, les permanents syndicaux ont difficilement accès aux usines en raison de l’hostilité de l’employeur. La conduite adoptée par Hela Intimates est en violation des droits des travailleurs et travailleuses et de la liberté syndicale, tels que protégés au Kenya par la Loi sur les relations sociales.

Joel Chebii, Secrétaire général TTWU, fait ce commentaire :

“Nous nous sommes rendus un nombre incalculable de fois au poste de police pour y faire lever la garde à vue d’adhérents. Leur crime ayant été de s’affilier à un syndicat. C’est une injustice que nous allons continuer à combattre. L’employeur fait cela pour réduire au silence nos revendications en vue de meilleurs salaires.”

Christina Hajagos-Clausen, Directrice de la section textile et confection d’IndustriALL, indique :

“Les fabricants de vêtements de stature mondiale devraient donner l’exemple et non fouler aux pieds les droits des travailleurs et travailleuses. Nous appelons Hela Intimates à respecter le droit des syndicats de recruter des membres ainsi que la liberté syndicale et à verser des salaires vitaux.”

Les politiques d’industrialisation du Kenya considèrent les secteurs à haute intensité de main d’œuvre que sont le textile et la confection comme un facteur important de développement économique et de création d’emploi. Selon l’Association des manufactures du Kenya, ces secteurs sont les plus créateurs d’emplois pour les jeunes. Ainsi, 17 fabricants de vêtements des zones d’exportation emploient 52.000 travailleurs et travailleuses alors que 40.000 petits fermiers cultivent le coton et que des milliers d’autres emplois se retrouvent tout au long de la chaîne de valeur.

Le Secrétaire de cabinet kényan Adan Mohamed a visité l’usine en mars

Hela Intimates EPZ Ltd. a connu une croissance rapide, avec un chiffre des ventes pour 150 millions de shillings depuis son démarrage il y a six mois

pic.twitter.com/4UT6ItzLfz

— CS Adan Mohamed (@AdanMohamedCS) 24 mars 2017

Les syndicats du secteur houiller espagnols obtiennent un accord historique en matière de Transition juste

Le Plan del Carbón, d’un montant de 250 millions d’euros, prévoit la fermeture des mines de charbon espagnoles qui ne sont plus économiquement viables. L’accord a été conclu entre le nouveau gouvernement socialiste et les trois syndicats suivant: la Federación de Industria de Comisiones Obreras (FI-CCOO), la Federacíon de Industria, Construccíon y Agro de la Unión General de Trabajadores (FICA-UGT) et la Federación de Industria de la Unión Sindical Obrera (FI-USO), tous affiliés à IndustriALL Global Union. Le gouvernement financera une transition qui devrait avoir lieu entre 2019 et 2023.

Cet accord survient après des années de lutte syndicale, les gouvernements espagnols successifs ayant essayé de couper les subventions versées à l’industrie minière et de fermer les mines, sans parvenir à une solution qui réponde aux besoins des travailleurs. En 2012, les mineurs ont entamé une marche nocturne de 457 kilomètres jusqu’à Madrid pour protester contre la perte des emplois pouvant résulter de l’arrêt du versement des aides publiques.

L’accord de Transition juste remplace les subventions à l’industrie minière par un plan de développement durable. Les mines financièrement viables peuvent rester ouvertes, mais dix puits ainsi que les mines à ciel ouvert devraient fermer d’ici la fin de l’année, ce qui causera la perte de 1 677 emplois. L’accord concerne huit compagnies: 12 unités de production réparties dans quatre régions espagnols. Le plus gros employeur est la compagnie publique minière HUNOSA, employant 1 056 personnes.

L’accord très détaillé a été encensé par les syndicats qui l’ont qualifié de modèle, et offre un ensemble d’avantages aux mineurs et à leurs communautés.

Environ 60 pour cent des mineurs – soit ceux ayant au minimum 48 ans ou 25 ans d’ancienneté  – pourront  prendre une retraite anticipée. Les plus jeunes percevront une indemnité de licenciement de 10 000 euros ainsi que 35 jours de salaire par année de service. Les mineurs atteints d’amiantose recevront un somme supplémentaire de 26 000 euros.

Une somme d’argent a également été allouée à la régénération de l’environnement et à la restauration des anciens sites miniers. Les anciens mineurs seront embauchés prioritairement pour effectuer ces tâches.

L’argent sera affecté à la modernisation des installations dans les communautés minières, dont la gestion des déchets, les installations de recyclage et les usines de traitement d’eau, les infrastructures de services collectifs et la distribution de gaz et d’électricité pour l’éclairage, la restauration et la remise en état des forêts, la dépollution atmosphérique et la réduction de la pollution sonore.

Un plan d’action sera établi pour chaque communauté minière, y compris des plans pour développer les énergies renouvelables et améliorer l’efficacité énergétique, ainsi qu’investir et développer de nouvelles industries.

Le Directeur d’IndustriALL pour la durabilité, Brian Kohler, a déclaré:

« Cet accord mémorable en matière de Transition juste a été gagné après des années de lutte acharnée. Il reconnaît la nécessité de passer des combustibles fossiles tout en protégeant les travailleurs et leurs communautés. L’accord établit un précédent pour une transition responsable par le dialogue social ».

La Transition juste est une revendication syndicale fondamentale. Des programmes de protection sociale et des politiques industrielles durables robustes sont nécessaires pour protéger les emplois tout en répondant aux objectifs de réduction des émissions de CO2. En Australie, l’affilié minier à IndustriALL, la division des mines et de l’énergie du syndicat CFMEU, a publié un rapport qui prédit un avenir sombre aux mineurs du pays à moins qu’une autorité indépendante ne soit créée pour gérer la transition.

Unilever signe un mémorandum d'accord avec IndustriALL et l'UITA

Le mémorandum d'accord a été signé par le P-DG d'Unilever, Paul Polman, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Valter Sanches, et la Secrétaire générale de l'UITA, Sue Longley, le 31 octobre à Londres.

Avec leurs affiliés, IndustriALL et l'UITA rencontrent deux fois par an depuis 2010 la direction d'Unilever dans le cadre de leur dialogue avec l'entreprise au cours duquel ont été créés deux groupes de travail sur l'Emploi durable et sur l'Égalité hommes-femmes. La signature de ce mémorandum d'accord met en lumière l'importance de l'action permanente menée par le truchement de ces groupes de travail.

Le mémorandum d'accord formalise le processus d'engagement et institue une plateforme permanente pour "faire en sorte que, dans tous les sites d'exploitation d'Unilever du monde entier, les travailleurs puissent exercer librement leurs droits reconnus internationalement et, en particulier, leurs droits à l'affiliation syndicale et à la négociation collective sans crainte de représailles, de répression ou de toute autre forme de discrimination." Dans ce texte, "Unilever reconnaît son obligation d'agir pour veiller à ce que ces droits soient respectés de la même manière par les entreprises et leurs sous-traitants qui fournissent des produits, des activités et/ou des services à Unilever."

"Après des années de renforcement de la confiance et d'engagement constructif, l'internationalisation de ce dialogue mondial est une grande réalisation", a déclaré Valter Sanches.

"Avec notre organisation jumelle UITA et nos affiliés représentant les travailleurs d'Unilever du secteur de la chimie, nous continuerons à tout mettre en œuvre pour garantir le respect des droits fondamentaux et l'amélioration des conditions de travail."

"Nous interagissons avec succès sur ces thèmes depuis des années avec Unilever", a dit Sue Longley,

"et nous nous réjouissons de cette intensification de notre engagement. Maintenant que le processus est formalisé, nous devons continuer à travailler ensemble pour faire en sorte que les principes énoncés dans le mémorandum d'accord soient solidement ancrés aux échelons régional, national et local dans tous les sites d'activité d'Unilever."

En 2016, IndustriALL et l'UITA avaient signé avec Unilever un engagement commun pour la prévention du harcèlement sexuel sur le lieu de travail après qu'il fut reconnu comme un problème universel, tant sur le lieu de travail que dans la société en général.

Ayant dégagé un chiffre d'affaires de 53,7 milliards € en 2017, Unilever emploie directement 161.000 personnes. Cette entreprise est propriétaire de près de 400 marques dont 12 ont des chiffres de ventes de plus d'un milliard € par an.

Quatre travailleurs tués à la mine de Neharia en Inde

La veille de l'accident, une chargeuse LHD était restée bloquée dans la mine à la suite de tirs de mines ne respectant pas les consignes de sécurité. Le lendemain, 25 octobre vers 10h15, une équipe d'intervention a pénétré dans les galeries afin de dégager la machine. Alors qu'ils tentaient de récupérer la chargeuse LHD, le plafond de la galerie s'est effondré, tuant quatre travailleurs et blessant grièvement un conducteur de chargeuse.

Les travailleurs décédés sont Ravi Shankar (conducteur d'excavatrice), Ramprakash (conducteur de LHD), Rajesh (ouvrier de maintenance) et Rafique (opérateur de chargeuse).

S Q Zama, Secrétaire général de la Fédération nationale indienne des travailleurs de la mine (INMF), affiliée à IndustriALL, a déclaré :

La technique d'extraction utilisée n'était pas conforme aux règles de sécurité légales. Le déploiement de personnel de surveillance n'était pas suffisant non plus. Cet accident résulte d'infractions graves à plusieurs règles de sécurité. Nous exigeons une enquête immédiate de la Direction générale de la sécurité des mines sur l'organisation interne de la sécurité chez WCL. Les autorités doivent s'assurer qu'un tel accident ne pourra se reproduire à l'avenir."  

Le syndicat a aussi demandé le rapport de l'enquête judiciaire ordonnée par le Receveur du district de Chhindwara. Des indemnités légales ont été versées aux familles des victimes.

Ukraine : des mineurs en colère de n’être pas payés manifestent sous terre

Le 19 octobre, 33 mineurs de cette mine ont entamé, sous terre, à une profondeur de 600 mètres, un mouvement de protestation contre le non-paiement des salaires. Les leaders et militants de la section locale du NPGU ont apporté leur soutien aux manifestants et leur ont fourni de l’eau, de la nourriture et des médicaments. En raison de conditions dangereuses et malsaines, la santé des mineurs s’est détériorée.

Oleksandr Cherkasov, un mineur de 31 ans, a notamment perdu plusieurs fois connaissance et une autre personne a été victime d’une crise de nerfs. Ils ont été transportés à l’hôpital. Certains autres mineurs ont dû mettre un terme à leur participation pour raisons familiales.

Le 27 octobre, un éboulement a eu lieu près de l’endroit où les travailleurs de la mine, qui porte le nom de G. Kapustin, et un membre du parlement d’Ukraine sympathisant menaient leur action de protestation. En dépit de cet incident et de problèmes de santé, 15 mineurs poursuivent leurs protestations et ont refusé de regagner la surface tant que les arriérés de l’ensemble des salaires n’auront pas été apurés.

Les mineurs sont inquiets de l’approche adoptée par les autorités du pays. Par exemple, le Ministre de l’énergie et de l’industrie charbonnière d’Ukraine a approuvé au milieu de l’action de protestation un congé de deux semaines pour le directeur général de PJSC "Lysychanskvugillia". En réaction, les mineurs ont réclamé la démission du directeur pour son incapacité à prendre toute mesure constructive pour résoudre le problème des arriérés de salaire.

Le Président de la Confédération des syndicat libres d’Ukraine (KVPU) et du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine (NPGU), un affilié d’IndustriALL Global Union, Mykhailo Volynets, s’est rendu dans les entrailles de la mine G. Kapustin PJSC "Lysychanskvugillia" pour y rencontrer les protestataires. Un représentant du Ministère de l’énergie et de l’industrie charbonnière d’Ukraine et un autre de la direction de l’entreprise ont également rendu visite aux mineurs.

Volynets a déclaré :“Ces mineurs font véritablement preuve de courage et d’intégrité au cours de leur lutte en faveur de la justice et de salaires équitables. Mais je suis gravement inquiet pour leur santé et leur vie. Durant mon passage au fond de cette mine, je me suis entretenu avec eux et je n’ai pu manquer de constater à quel point ils étaient épuisés. Certains d’entre eux paraissaient avoir des problèmes de santé. La qualité de l’air et l’humidité ambiante au sein de la mine sont également un sujet de préoccupation.”

La problématique des arriérés de salaire au sein des mines de charbon étatisées est toujours présente et provoque des tensions sociales. En Ukraine, les mineurs évoluent dans des conditions extrêmement difficiles et dangereuses. Cependant, leurs salaires ne sont pas élevés. Un mineur qualifié perçoit 8.000-9.000 UAH (US$280-320), et même ces maigres salaires ne sont pas versés en temps et en heure.

La semaine dernière, des actions de protestation visant les arriérés de salaires ont eu lieu dans les mines de SOE “Selydivvugillia” et SOE “Myrnohradvugillia”.

Selon les informations qui nous sont parvenues, au 20 octobre, les arriérés de salaires concernant les entreprises charbonnières étatisées se montaient à 685 millions de hryvnias (21,5 millions de dollars). Au 1er novembre, les arriérés pourraient atteindre 1,2 milliard de hryvnias (42,6 millions de dollars), car c’est le moment où les salaires d’octobre doivent être versés.

Le NPGU a fait état de la problématique des arriérés de salaires auprès de certains membres du Parlement d’Ukraine et lancé des actions de solidarité.

Dans son message de solidarité au NPGU, Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL écrit :

“Nous réitérons notre total soutien ainsi que notre solidarité à l’égard des mineurs des entreprises charbonnières étatisées et nous vous rejoignons pour appeler le gouvernement d’Ukraine à verser l’ensemble des arriérés de salaires sans plus de délais.”

IndustriALL Global Union a également instamment appelé ses affiliés du secteur du charbon à manifester leur solidarité avec les mineurs ukrainiens en lutte.