Turquie: IndustriALL et industriAll Europe condamnent la peine prononcée contre les travailleurs de Renault

Les 26 travailleurs ont été condamnés à cinq mois d’emprisonnement avec sursis durant cinq ans. Si l’un d’entre eux commet un « crime » durant cette période, ils iront en prison. Aucune possibilité d’appel n’est possible. 

Les travailleurs ont été reconnus coupables de « ne pas avoir respecté la loi sur les réunions et les manifestations » après avoir participé, en mars 2016, à une manifestation organisée devant l’usine Oyak Renault, durant laquelle ils ont été victimes de brutalités policières et de détention illégale.

La déclaration stipule que:

« Le Gouvernement de la Turquie, y compris son système judiciaire, doivent cesser de criminaliser l’action syndicale. Ce comportement constitue une violation flagrante des normes fondamentales du travail nationales et internationales… ».

La déclaration poursuit en indiquant: 

« Même si Renault n’a pas participé à la persécution judiciaire des travailleurs, l’entreprise est responsable de ne pas avoir réussi à résoudre le conflit par le dialogue social mais d’avoir, à la place, appelé la police pour réprimer les grévistes en 2016 ».

Les manifestants revendiquaient de pouvoir s’organiser et demandaient la réintégration des travailleurs après que Renault ait refusé d’autoriser le déroulement des élections syndicales et licencié 10 travailleurs, dont deux porte-paroles des travailleurs. Les travailleurs de l’usine Oyak étaient majoritairement représentés par l’affilié turc à IndustriALL Global Union, Birlesik Metal-Is. 

« Il est important de noter que le comportement de Renault à l’usine Oyak constituait une violation de l’accord-cadre mondial que l’entreprise a signé avec nous en 2013 », indique également la déclaration d’IndustriALL et d’industriAll Europe. « Les deux organisations, ainsi que les affiliés concernés, continueront à demander à ce que des solutions soient apportées à la violation inacceptable de l’accord-cadre mondial par Renault ».

Prière de cliquer ici pour lire la déclaration complète.

Leader syndical assassiné en Turquie

Le Président régional de Lastik-İş, Mustafa Sipahi et le délégué syndical Osman Bayraktar ont également été touchés par le tireur. Bayraktar demeure dans un état critique après l’attaque.

“Nous sommes sous le choc après avoir appris que le Camarade Karacan a été assassiné,” déclare Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL. “Le Camarade Karacan était un leader syndical véritablement engagé. Nous attendons une enquête exhaustive sur ce crime haineux.

“Nous adressons nos sincères condoléances à sa famille, son syndicat Lastik-İş, sa centrale DISK, ainsi qu’à l’ensemble du mouvement syndical en Turquie.”

Leader syndical des plus respectés, Karacan avait remporté une victoire significative contre le travail précaire en persuadant les multinationales du pneumatique de mettre fin à l’externalisation sur leurs sites d’activité en Turquie.

Démolition des navires : des cimetières pour les bateaux ou les travailleurs ?

Le dernier accident en date est survenu chez Golden Recycling Mill, ce 7 novembre, alors qu’une chaudière a explosé et blessé quatre travailleurs. L’un d’entre eux est toujours en traitement, dans un état critique.

Au cours d’un autre incident le même jour, un chalumiste a été gravement brûlé sur le chantier de démolition de navires de Sagorika, alors que deux de ses collègues subissaient des blessures légères.

La veille, le 6 novembre, un accident avait eu lieu chez Arefin, où des ouvriers occupés au démontage de tôles d’acier poursuivaient leur travail de nuit. L’extrémité d’un filin métallique a frappé un travailleur avec une telle gravité qu’il y en perdu la vie.

Cet accident n’était qu’un parmi de nombreux autres, car la règle qui veut qu’aucune activité de démolition de navires ne peut avoir lieu de nuit est souvent ignorée par les employeurs. Aucune mesure concrète n’étant prise à l’encontre de ces violations de procédure, les employeurs continuent à bafouer les règles.

Le 5 novembre, une plaque d’acier a touché un travailleur du chantier Golden Iron Works Limited de Sitakunda. Il a été emmené d’urgence au Chittagong Medical College Hospital, où les médecins l’ont déclaré mort.

Kan Matsuzaki, Directeur d’IndustriALL pour le secteur de la construction navale et de la démolition des navires, indique :

“Ce secteur tue et blesse les travailleurs, ce qui est totalement inacceptable. Le gouvernement du Bangladesh devrait mettre en œuvre la Loi de 2018 sur le recyclage des navires et se conformer aux normes internationales en matière de santé et sécurité ainsi que s’atteler au développement des compétences par la formation professionnelle.”

Jusqu’à présent, dix-neuf travailleurs ont été tués sur différents chantiers de démolition de navires au Bangladesh cette année. C’est le nombre le plus élevé depuis 2009, alors que vingt-cinq personnes avaient été tuées.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, indique :

“Manifestement, les employeurs et les autorités n’apprennent pas des incidents du passé. IndustriALL condamne fermement cette attitude apathique qui aboutit à ce que des travailleurs perdent la vie. Nous exhortons le gouvernement du Bangladesh à prendre des mesures rigoureuses contre les coupables et à créer un environnement sûr où les travailleurs puissent évoluer sans crainte.”

Bélarus: confirmation du verdict injuste prononcé contre deux dirigeants syndicalistes

Quelque 150 personnes, membres de syndicats et d’organisations de la société civile, ainsi que les représentants d’ambassades étrangères se sont rendus au tribunal pour soutenir et exprimer leur solidarité avec Gennady Fedynich et Ihar Komlik, dirigeants du REP, affilié à IndustriALL Global Union. En raison de la taille de la salle, seuls 100 d’entre eux ont pu toutefois assister à l’audience.

L’audience en appel a eu lieu suite à la demande des deux syndicalistes d’annuler le verdict du tribunal du district de Sovetsky de la ville de Minsk prononcé le 24 août dernier.

Lors d’un procès injuste et en l’absence de preuves convaincantes, les deux dirigeants ont été condamnés pour fraude fiscale à grande échelle et sommés de payer une importante amende de 47 560 roubles (plus de 23 000 US$) ainsi que tous les frais de justice et les amendes administratives. Gennady Fedynich et Ihar Komlik font également l’objet d’une peine d’emprisonnement avec sursis de quatre ans et d’une interdiction d’occuper des postes à responsabilité durant cinq ans.

Le treizième jour du procès a considérablement mobilisé l’attention du public et a été suivi de près à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Les représentants d’IndustriALL ont assisté aux audiences; les comptes rendus périodiques du procès ont été publiés sur le site Web d’IndustriALL.

Toute l’affaire repose sur des accusations d’utilisation illégale de l’aide internationale que le syndicat aurait perçue au cours de la période 2011-2012. Les autorités accusent les dirigeants de ne pas avoir déclaré les dons auprès des autorités gouvernementales et ainsi de ne pas avoir payé d’impôts sur les revenus perçus des aides.

Selon les nombreux témoins oculaires du procès, la majorité des preuves présentées au tribunal paraissaient truquées ou obtenues en violation des normes légales du Bélarus, ou encore n’étaient pas pertinentes par rapport à la période en cause. Certains témoins ont déclaré avoir subi des pressions psychologiques pour faire leurs déclarations.

Même si les accusations contre les responsables syndicalistes se seraient avérées fondées au tribunal, recevoir une aide internationale ne peut pas être considéré comme une violation en soi puisque le droit de faire, de recevoir et d’utiliser des dons financiers étrangers relève des articles 5 et 6 de la Convention (n° 87) de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection de droit syndical, ratifiée par le Bélarus.

En 2002, l’OIT a recommandé au Gouvernement du Bélarus d’amender la législation nationale afin que les organisations nationales de travailleurs et d’employeurs puissent recevoir une aide financière des organisations internationales de travailleurs et d’employeurs pour réaliser leurs activités légitimes. Malheureusement, quatorze ans après l’adoption des recommandations, les syndicats ne peuvent toujours pas utiliser librement l’aide financière extérieure au Bélarus et sont victimes d’ingérences dans leurs affaires intérieures.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré:

« Avec le rejet de l’appel et le maintien du verdict injuste en vigueur par le Tribunal municipal de Minsk, les autorités bélarusses ont raté une occasion de prouver que la justice existe dans ce pays et de renouer les contacts avec la communauté internationale. Les grosses amendes fixées et l’interdiction prononcée contre les deux dirigeants syndicalistes d’occuper des positions de leader visent clairement à saper le travail du REP, notre syndicat affilié au Bélarus.

« Les conditions difficiles dans lesquelles se trouvent Gennadi Fedynich et Ihar Komlik font d’eux des prisonniers politiques. Nous allons tout mettre en œuvre pour les faire libérer et faire pression sur le Gouvernement du Bélarus pour qu’il mette fin aux violations des droits des travailleurs et des droits de l’homme, jusqu’à ce que la justice prévale ».

Les accords-cadres mondiaux sont des outils stratégiques

niveau international entre les syndicats et les multinationales et servent à protéger les intérêts des travailleurs et travailleuses tout au long de la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise.

Le groupe de travail sur les ACM, qui comprend des représentants issus de tous les continents et secteurs, passe en revue les ACM d’IndustriALL en vigueur ainsi que ceux en projet et formule des commentaires et recommandations à destination du Secrétariat et de l’Exécutif.

Claudia Rahman, coprésidente du groupe de travail, a appelé à une mise en œuvre plus pro-active des accords, qui doivent avoir des visées locales. “Un ACM devrait prévenir des violations des droits des travailleurs et travailleuses et pas simplement être un recours lorsque celles-ci ont déjà été commises,” a-t-elle dit. Elle a appelé à ce que les ACM soient intégrés dans les activités opérationnelles de la multinationale et dans le système de gestion de sa direction.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a indiqué que les directions d’entreprises et les syndicats avaient besoin d’être formés à l’application des ACM et que les syndicats devaient en assurer le suivi.

Les participants à la réunion ont évoqué la façon dont ces accords sont utilisés pour favoriser la syndicalisation, avec des études de cas sur la manière dont ont été utilisés les ACM pour organiser syndicalement au sein du secteur du textile et de la confection au Bangladesh et en Turquie ainsi que sur le recours au pouvoir syndical existant auprès de constructeurs automobiles dans le cadre de campagnes de recrutement syndical chez leurs fournisseurs. Un exemple venu de Tunisie a révélé comment l’ACM avait permis de mettre un terme aux pratiques anti-syndicales au sein d’une usine et d’améliorer les structures syndicales, avec l’aide de l’affilié allemand IG Metall.

La réunion a favorisé des discussions profondes sur l’usage stratégique des ACM, s’agissant d’atteindre des objectifs syndicaux, par le biais de groupes de réflexions. L’implication des syndicats hôtes, le recrutement au sein des chaînes d’approvisionnement par le biais des ACM et le rôle des différents acteurs dans les processus ont été approfondis et des conclusions en ont été tirées.

Lors de la seconde journée de réunion, des responsables de l’Organisation internationale du travail (OIT), ont présenté des exposés sur le rôle des ACM au niveau du dialogue social, ce qui a conduit à des débats intenses. Il est apparu clairement à tous que sans la liberté syndicale, un droit fondamental, il est impossible de mettre en œuvre des ACM ou même les principes fondamentaux de l’OIT.

Il a été suggéré que les ACM puissent se servir des formulations bien charpentées sur la diligence raisonnable, telles que reprises dans les principes directeurs de l’OIT destinés aux multinationales et les présenter aux entreprises comme des formulations qui ont déjà été convenues au niveau tripartite. Le groupe de travail a aussi été appelé à réfléchir sur la manière de mieux tirer parti des outils et mécanismes de l’OIT, intelligemment et avec des visées politiques, pour obtenir des accords forts.

La réunion a également entendu des études de cas sur la manière dont les ACM sont utilisés pour améliorer les droits des travailleurs, permettre la syndicalisation et résoudre les conflits avec des exemples venant entre autres de l’entreprise chimique Solvay, du géant de l’énergie Total, de l’enseigne de stature mondiale H&M et du conglomérat allemand Siemens.

“IndustriALL Global Union a fait des avancées significatives dans le cadre de ses politiques et de ses pratiques en matière d’accords-cadres mondiaux et le groupe de travail y a joué un rôle important,” a indiqué Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, qui est en charge du groupe de travail.

“Cependant, le chemin est encore long dans le cadre de notre mission à l’échelle mondiale en vue de promouvoir les droits et conditions de travail de nos membres sur le terrain, en particulier s’agissant des multinationales. IndustriALL va continuer à défendre l’élaboration de relations sociales internationales, en particulier par le biais des accords-cadres mondiaux.”

Condamnation du licenciement abusif des dirigeants syndicalistes de Firestone-Liberia

Les dirigeants, qui sont le président et l’agent des griefs d’une section locale, sont protégés par la législation sur le droit d’organiser les travailleurs et de participer dans la négociation collective. Les dirigeants syndicalistes congédiés étaient les leaders de la campagne pour de meilleures conditions de vie et de travail dans les plantations d’hévéas de Firestone-Liberia. Par ces licenciements, la compagnie cherche à affaiblir le syndicat en attaquant ses dirigeants.

Les dirigeants de l’affilié à IndustriALL Global Union, le syndicat des travailleurs de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire du Liberia (AAIWUL), ont été licenciés clandestinement. En solidarité avec AAIWUL, le syndicat veut la justice et l’annulation des licenciements. Le syndicat des travailleurs unis du Libéria, un autre affilié à IndustriALL, condamne également ces renvois.

Edwin Cisco, Secrétaire général d’AAIWUL, a indiqué:

« Nous sommes en contact avec le gouvernement national, par le biais du ministère du Travail, du Comité permanent de la chambre du travail, du groupe législatif Margibi et du Congrès du travail du Liberia, pour convaincre la direction de Firestone Liberia de réintégrer les deux dirigeants syndicalistes. AAIWUL exhorte, par conséquent, la direction à renoncer à toute nouvelle mesure susceptible d’aggraver la situation ».

Le syndicat encourage les travailleurs à ne pas se laisser distraire par les intimidations et d’« avoir une vision plus globale avec la prochaine convention collective dont l’aboutissement est crucial pour l’amélioration de la vie de milliers de travailleurs et de leurs familles dans les plantations ».

Les relations du travail entre les travailleurs et Firestone-Liberia sont mouvementées. En août, les travailleurs ont fait grève pour obtenir une hausse des salaires des collecteurs de latex d’hévéa de 8,36 US$ à 12,50 US$ par jour; une revendication à laquelle la compagnie doit toujours répondre.

En octobre dernier, la compagnie a licencié 76 travailleurs – qui luttent désormais pour prendre soin de leurs familles – dans son usine de transformation du bois d’hévéa. Firestone produit du caoutchouc au Liberia depuis 1926 et a reçu des aides gouvernementales. Les conditions de travail et de vie des travailleurs demeurent toutefois épouvantables.

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Nigeria : les syndicats saluent le nouveau salaire minimum

L’annonce de ce salaire minimum national a été faite le 6 novembre, alors que les syndicats étaient sur le point de déclencher une grève qui a depuis été ajournée. L’ancien salaire minimum de N18.000 ($50) n’était plus suffisant pour que travailleurs et travailleuses puissent couvrir leurs besoins essentiels tels que la nourriture, le transport, le logement, la santé, l’éducation et autres. Le pouvoir d’achat visé par le salaire minimum établi en 2010 avait été érodé par l’inflation. De plus, les syndicats s’inquiétaient du versement tardif des salaires, même avec le dérisoire salaire minimum précédent, dans 33 des 36 États constituant le pays.

Les sept affiliés d’IndustriALL Global Union au Nigeria, qui regroupent des adhérents dans les secteurs de l’énergie, de l’ingénierie, du pétrole et du gaz ainsi que du textile et de la confection se sont réjouis de l’annonce et ont appelé le gouvernement à publier rapidement les nouvelles règles salariales au Journal officiel pour leur donner force de loi, afin que les employeurs puissent commencer à les appliquer. Au départ, les syndicats voulaient que le salaire minimum soit porté au-delà de N65.000 (US$179) ; ils adoptent une approche par étapes.

Issa Aremu, Vice-président d’IndustriALL et Secrétaire général du Syndicat national des travailleurs du textile, de l’habillement et de la confection du Nigeria, indique :

“Nous saluons ces nouveaux salaires minima, mais la lutte pour des salaires vitaux continue. Les travailleurs et travailleuses du Nigeria devraient percevoir des salaires décents pour nous débarrasser de la notion de travailleurs pauvres, ces personnes qui vivent dans la pauvreté tout en ayant un emploi. Les conditions de vie des travailleurs et travailleuses doivent s’améliorer et de meilleurs salaires peuvent œuvrer dans ce sens. Des efforts doivent également être accomplis pour mettre un terme au travail précaire.”

Les syndicats indiquent que le Plan pour le redressement et la croissance économique du Gouvernement fédéral du Nigeria ainsi que son Plan pour la révolution industrielle nationale peuvent donner un coup de fouet à une économique poussive. Ils sont d’avis que si ces plans sont pleinement mis en œuvre, ils ont le potentiel de faire revivre des secteurs, dont ceux du textile et de la confection et de créer des emplois durables.

De plus, les syndicats recommandent que le Nigeria, qui tire 80% de ses revenus à l’exportation du pétrole brut, se distancie de l’exportation de matières premières en augmentant la part de valeur ajoutée de ses produits manufacturés, qui ne représentent actuellement que 5%. Le pays doit aussi développer ses infrastructures, les routes par exemple, et améliorer la fourniture d’électricité en tant que facteurs stimulant le développement industriel.

Gildan Activewear continue à violer les droits des travailleurs et travailleuses en Haïti et au Honduras

En plus des violations du droit du travail chez le fournisseur de Gildan en Haiti, la filiale de Sewing International SA (SISA) au Honduras, Gildan Mayan Textiles S. de R. L., a lancé une campagne antisyndicale contre ses travailleurs et travailleuses au Honduras.

En septembre, 28 travailleurs et travailleuses ont été licenciés pour s’être faits membres du syndicat SITRAGILMAS, qui fait partie de la Fédération des travailleurs du Honduras (FITH), un affilié d’IndustriALL. L’entreprise refuse de se conformer aux conventions conclues avec le syndicat, harcèle les travailleurs et travailleuses et a tenté de constituer un syndicat jaune.

IndustriALL, qui en appelle à la société mère au Canada, exhorte Gildan à se conformer aux recommandations du Programme Better Work de l’OIT, qui a également pour sa part demandé à Gildan de réintégrer les travailleurs de Haïti.

Gildan est un membre de la Fair Labour Association, qui doit encore se prononcer sur les mesures à prendre à l’encontre de ces violations perpétrées par l’entreprise.

Au cours d’une mission d’IndustriALL en Haïti les 20 et 21 septembre, des tentatives ont été faites pour réintégrer les leaders syndicaux à l’occasion de réunions avec GOSTTRA, SISA et le médiateur de relations sociales, mais Gildan refuse catégoriquement.

Marino Vani, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes, qui faisait partie de la mission, a déclaré :

IndustriALL revendique que Gildan Activewear agisse de façon urgente auprès de ses fournisseurs en Haïti et au Honduras pour faire réintégrer les leaders syndicaux qui ont été renvoyés en violation des normes internationales en la matière et que l’entreprise s’engage sans délai dans un authentique dialogue social.

Un tribunal iranien condamne 15 travailleurs de HEPCO à une peine de prison et de flagellation pour avoir fait grève

La section 106 du tribunal pénal d’Arak a condamné 15 travailleurs de HEPCO ayant fait grève pour protester contre les salaires non versés au mois de mai de cette année à une peine d’emprisonnement allant de 1 à 2,5 ans, et à 74 coups de fouet pour « trouble à l’ordre public » et « incitation des travailleurs, au moyen d’Internet, à manifester et à se révolter ».

Les travailleurs de HEPCO ont fait grève à plusieurs reprises pour protester contre les arriérés de salaire, la baisse de la sécurité au travail et l’incertitude de la poursuite de la production causés par des années de mauvaise gestion à la compagnie, qui a vu son nombre d’ingénieurs spécialisés chuté de plus de 8 000 à environ 1 000 aujourd’hui.

Il fut un temps, HEPCO était l’un des plus prestigieux fabricants d’équipements lourds dans la région. La compagnie a été pour la première fois privatisée en 2001, sauvée de la faillite par l’Etat et privatisée à nouveau l’année dernière, conduisant à d’importantes pertes d’emplois et une baisse des conditions de travail. HEPCO fabrique des équipements de construction sous licence Volvo, Komatsu et Liebherr et d’autres compagnies, ainsi que sous sa propre marque.

Les syndicats en Iran considèrent la sentence comme une tentative visant à déconseiller aux travailleurs d’agir.

Dans son allocution au Ministre du Travail, Mohammad Shariatmadari, l’affilié à IndustriALL Global Union, le syndicat des métallurgistes et des mécaniciens d’Iran (UMMI), a déclaré:

« Un estomac vide peut-il être réduit au silence par une décision judiciaire? Est-ce le message de notre Ministre aux travailleurs de notre pays? M. Shariatmadari et le ministère du Travail ont-ils l’intention de supprimer davantage de syndicats et d’affamer les travailleurs? Les grèves et les manifestations font partie des droits des travailleurs et du peuple iranien.  Nous n’abandonnerons pas ce droit ».

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a indiqué:

« L’Iran met en place de mauvaises politiques économiques, inspirées par les économistes néolibéraux qui portent atteinte à la société et au travail. Nous sommes en colère face à cette vague de privatisations, conjuguée avec la corruption et un Etat répressif. C’est la catastrophe assurée.

« Les travailleurs à HEPCO ont raison de protester contre la mauvaise gestion de la compagnie. Ils n’ont pas d’autres choix que de faire grève pour protester contre les salaires impayés. Ils ont besoin de manger. Les forces de sécurité ne peuvent pas étouffer infiniment les revendications légitimes des travailleurs iraniens. L’Iran doit reconnaître les syndicats indépendants ».

UMMI fait état des graves difficultés économiques, indiquant la fermeture de plus de 60 pour cent des usines. L’afflux de chômeurs à l’assurance chômage est sans précédent, et peut conduire à la faillite de la sécurité sociale.