Nigéria: Nous travaillons seulement pour mourir, déclarent les travailleurs de Shell

La mission d’IndustriALL à Port Harcourt, au Nigéria, en septembre de cette année, a montré que les travailleurs de Shell vivent dans des conditions épouvantables, et tombent malades et décèdent parce qu’ils sont mal assurés par le système d’assurance maladie.

« Notre assurance maladie telle qu’elle est, ne nous sert pratiquement à rien. Si nous tombons malades et allons à l’hôpital, on ne vous traite pas bien en raison de la maigre somme qu’ils paient aux organismes médicaux qui assurent le forfait entretien de santé; donc, sur cette base, nous n’avons droit pratiquement à rien. Nous travaillons seulement pour mourir », a signalé un travailleur.

Les travailleurs ont également indiqué que s’ils revendiquaient de meilleurs salaires ou voulaient adhérer à un syndicat, ils seraient menacés de licenciement. 

IndustriALL fait campagne pour que Shell noue le dialogue avec les syndicats au niveau mondial. Les syndicats veulent que Shell limite le travail précaire dans la compagnie et s’assure que les mêmes normes de haut niveau soient appliquées dans toutes les opérations de Shell, y compris chez ses fournisseurs.

Les travailleurs occupés en sous-traitance sont plus nombreux (de 50%) que les travailleurs permanents à Shell, et effectuent les tâches les plus dangereuses.

Alors que Shell dit qu’il veut #construirel’avenir (#makethefuture), il est évident que les travailleurs occupés en sous-traitance à Shell, au Nigéria, n’ont #pasdefutur (#gotnofuture), sans sécurité de l’emploi, aucune perspective et payés avec des salaires de misère.

Visionnez la vidéo

Samsung doit s’impliquer aux côtés des syndicats pour améliorer la sécurité

Après onze années de lutte de la part de SHARPS, un groupement de défense qui représente les travailleurs et travailleuses affectés, Samsung Electronics a présenté des excuses formelles et enfin proposé des indemnités à d’actuels et anciens salariés qui ont été victimes de graves maladies professionnelles, dont des cancers du poumon et des leucémies, de par leur exposition à des produits chimiques au sein de ses usines de semi-conducteurs et de LCD depuis 1984.

“Il a fallu bien trop longtemps à l’entreprise pour présenter des excuses, onze ans de trop. Samsung devrait s’excuser pour avoir privé ses salariés de liberté syndicale. Le droit de connaître les dangers inhérents au lieu de travail et celui d’avoir un syndicat indépendant sont des préalables cruciaux à tout système de prévention à long terme digne de ce nom,” a déclaré un porte-parole de l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat des métallurgistes coréens (KMWU).

En 2007 Yumi Hwang est morte d’une leucémie après avoir travaillé dans une usine de Samsung Electronics fabriquant des puces électroniques, déclenchant l’alarme par rapport aux dangers auxquels les travailleurs et travailleuses sont exposés au sein des usines de l’entreprise.

SHARPS a depuis réuni des éléments sur des centaines de travailleurs et travailleuses de Samsung atteints de graves maladies liées au travail, dont des cancers, des désordres sanguins, des affections pulmonaires et des fausses couches. Samsung avait snobé ces travailleurs et travailleuses, dont nombre sont décédés, et refusé d’accepter sa responsabilité ou de payer des indemnités. Cependant, ce 23 novembre 2018, le président de Samsung, Kinam Kim, a présenté des excuses aux “travailleurs et travailleuses qui ont souffert de maladie ainsi qu’à leurs familles”, en mentionnant aussi le fait que l’entreprise avait failli à “suffisamment gérer les menaces pour la santé”.

S’exprimant après l’annonce des indemnités faite le 1er novembre, le père de Yumi, Sang-gi Hwang, a déclaré :

“Des indemnités pour les travailleurs et travailleuses sont importantes, mais plus importante encore est la prévention. Le droit de savoir et de participer à la prévention pour tous les salariés et les membres de leurs communautés, de sorte à ce que les travailleurs et travailleuses soient conscients des substances chimiques utilisées, doit être garanti en renforçant la Loi sur la santé et la sécurité professionnelles.”

Au lieu d’apporter des améliorations, le KMWU dit que Samsung a déplacé le travail dangereux plus bas dans la chaîne d’approvisionnement et dans des usines à l’étranger. Le KMWU appelle à une législation plus stricte pour tenir les multinationales responsables des abus perpétrés tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, indique :

“Samsung devrait respecter les droits syndicaux fondamentaux et s’impliquer aux côtés des délégués syndicaux pour assurer la santé et la sécurité et garantir les droits des travailleurs et travailleuses de tous les sites de Samsung Electronics. La direction devrait comprendre que le syndicat va rendre le lieu de travail plus sûr.” 

Le syndicat du Bélarus, le REP, contraint de remplacer son dirigeant, Gennady Fedynich

Le Conseil d’administration du REP a décidé à l’unanimité de nommer Zinaida Mikhnyuk en tant que présidente par intérim jusqu’au prochain Congrès du syndicat, qui aura lieu en 2020. Amie proche et collègue de Gennady, Zinaida était la vice-présidente du REP.

Néanmoins, Gennady Fedynich ne quitte pas le mouvement syndical, le conseil d’administration du REP l’ayant nommé à l’unanimité au poste spécialement créé de conseiller. En cette qualité, Gennady consultera pour le REP en prenant la parole au tribunal au nom du syndicat, en représentant le syndicat dans différents organismes publics et autres organisations, en analysant le travail du syndicat et ses structures ainsi qu’en participant aux négociations et à la négociation collective.

Après son élection en tant que présidente par intérim du REP, Zinaida Mikhnyuk, a commenté:

« Nous formons une équipe qui a travaillé d’une façon particulière tout au long de l’année en raison de l’affaire pénale. En tant que première vice-présidente, j’ai signé des plaintes au bureau du procureur général, à l’administration présidentielle; j’ai signé les caractéristiques  des responsables de notre syndicat, des documents financiers ».

« Pour moi, il n’y a rien de nouveau. J’ai espéré jusqu’au dernier moment que la décision du tribunal serait annulée, que les organisations internationales ayant assisté à chaque audience du tribunal influeraient sur l’adoption d’une décision plus équitable. Comme l’a indiqué notre dirigeant, Gennady Fedynich: « ce n’était ni Komlik ni moi qui étions jugés, mais notre organisation, le mouvement syndical indépendant qui était jugé; autrement dit, chacun d’entre nous. Mais nous sommes une équipe et nous travaillerons jusqu’au prochain congrès: nous disposons d’un programme et nous avons un plan ».

Gennady Fedynich ne croît pas que tout est fini et va faire appel de la décision du tribunal:

« Il est possible de faire appel auprès du président du tribunal municipal ou de la Cour suprême… Nous préparons également des documents à l’attention du Comité des droits de l’Homme des Nations Unies… Si le gouvernement espérait mettre des bâtons dans les roues de notre syndicat de cette façon, alors je vais avoir beaucoup plus d’occasions de consulter les personnes ».

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint, a déclaré relativement au verdict du « procès syndical » et des faits nouveaux intervenus au Belarus:

« En l’absence manifeste de la primauté du droit et d’un procès équitable, nous soutenons totalement notre affilié, le syndicat REP, et ses responsables dans le cadre de leurs actions légitimes visant à protéger le syndicat contre l’ingérence des autorités.

« Pour notre part, nous informerons les institutions européennes et internationales de ces récents développements et accroîtrons la pression sur le gouvernement du Belarus. Notamment, nous nous adresserons aux gouvernements des pays qui sont les principaux partenaires commerciaux du Belarus pour leur demander de reconsidérer leurs relations avec le Belarus. Nous nous adresserons également au Comité organisateur des Jeux européens qui devraient se dérouler à Minsk, durant l’été 2019, pour leur demander de réexaminer leur emplacement face aux violations et à l’injustice permanentes exercées à l’encontre des syndicats au Belarus ».

Kazakhstan: les militants syndicalistes victimes de nouvelles répressions et attaques

Rejoignez la campagne menée par LabourStart et exigez des autorités kazakhes de mettre un terme aux persécutions et à la violence perpétrées contre les dirigeants syndicalistes indépendants, et d’assurer la liberté et la sécurité des activités syndicales dans le pays.

Le FEWU est un ancien membre du centre syndical indépendant, la Confédération des syndicats indépendants (KNPRK), désormais interdite par les autorités.

Seniyavskiy était en train de réparer sa voiture, seul dans son garage, lorsqu’un groupe de personnes est entré et l’a attaqué le soir du 10 novembre 2018. Le dirigeant syndicaliste a été hospitalisé dans la ville de Shakhtinsk. Il souffre d’un traumatisme crânien, de fractures des bras et de nombreuses ecchymoses au visage et au corps. Avant d’être attaqué, il avait reçu des menaces téléphoniques et les fenêtres de sa maison avait été brisées.

Les syndicats indépendants croient que cette attaque est liée au travail syndical de Senyavskiy, du fait que les menaces proférées à son encontre ont commencé après qu’il ait assisté à une conférence organisée par la Confédération syndicale internationale (CSI). Le cas a été signalé à la police.

Auparavant, le 25 septembre 2018, les autorités ont soumis une affaire pénale fabriquée de toutes pièces contre Erlan Baltabai, le leader du FEWU. D’autres dirigeants syndicalistes indépendants avant Baltabai, dont la présidente de la KNPRK, Larisa Kharkova, font toujours l’objet d’accusations criminelles, reposant sur l’ingérence de l’Etat dans les affaires internes des syndicats, en violation de la Convention n° 87 de l’OIT sur la liberté syndicale.

En 2017, Erlan Baltabai a participé à la Conférence internationale du travail de l’OIT où il a parlé de la répression antisyndicale au Kazakhstan.

Les attaques se sont produites juste avant que la mission syndicale internationale représentée par la CSI, l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation (IUF), la Confédération du travail de la Russie (KTR) et le syndicat norvégien Industri Energi, un affilié à IndustriALL, se soit rendue dans le pays, du 13 au 15 novembre.

La mission s’est rendue au Kazakhstan eu égard aux nombreuses violations des droits syndicaux pour la liberté syndicale, notamment en raison de la fermeture du centre syndical indépendant KNPRK au début de l’année 2017, suivie de représailles contre ses affiliés et les responsables syndicalistes.

En avril 2018, Industri Energi a décerné le Prix international Arthur Svensson pour les droits syndicaux aux syndicats indépendants du Kazakhstan.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, a déclaré:

« IndustriALL Global Union condamne ces récentes attaques barbares et odieuses contre les responsables syndicalistes au Kazakhstan. Avant, nous avons soutenu la nomination des syndicats indépendants kazakhes pour le Prix Arthur Svensson, et nous étendrons notre soutien solidaire à tout le mouvement syndical indépendant au Kazakhstan ».

Nous attendons des autorités une enquête rapide et approfondie ainsi que la punition de ceux impliqués dans le crime commis contre notre collègue Senyavskiy. Nous exigeons également un arrêt immédiat de la répression contre Erlan Baltabai et d’autres dirigeants des syndicats indépendants, dont Larisa Kharkova ».

Grève générale en Tunisie contre les restrictions gouvernementales

On estime que 6% de la population tunisienne a pris part à cette grève, la plus importante depuis 2013. Le secteur public en Tunisie comprend des travailleurs et travailleuses organisés syndicalement par des syndicats de l’UGTT affiliés à IndustriALL Global Union.

Les bailleurs de fonds internationaux, dont le Fond Monétaire International, ont mis la pression sur le gouvernement tunisien pour qu’il réduise son déficit budgétaire en réformant le secteur public. Les réformes comprennent un gel des salaires et des propositions visant à privatiser des ressources qui appartiennent à l’État.

L’UGTT oppose une résistance aux visées sur gouvernement, indiquant qu’elles risquent d’éroder la qualité des services publics. En raison de la hausse de l’inflation et de la chute du cours de la devise, les travailleurs et travailleuses ont perdu de leur pouvoir d’achat et méritent une hausse de salaire.

L’UGTT avait à l’origine appelé à la grève à la fois pour le 24 octobre et le 22 novembre. La grève d’octobre a été ajournée après des mois de négociations, alors que le gouvernement avait marqué son accord pour augmenter les salaires de 150.000 travailleurs et travailleuses. Cependant, le gouvernement a renié son engagement.

La grève qui a eu lieu est une réaction au non-respect de trois accords précédents de la part du gouvernement.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a envoyé un courrier de solidarité à l’UGTT disant :

“La grève montre également l’engagement de l’UGTT à défendre les droits des employés du secteur public, qui méritent une augmentation salariale, compte tenu de l’inflation croissante, de la baisse de la valeur du dinar tunisien et d’une augmentation des impôts.
“Nous sommes conscients que cette grève intervient après que toutes les possibilités de dialogue aient été épuisées et que les négociations aient échoué pour aboutir à un accord sur la nécessité d’augmenter les salaires dans le secteur public.”

Pas sur notre lieu de travail, pas dans notre syndicat

“Joignez-vous à l’USW pour dire non à la violence et au harcèlement à l’égard des femmes !” Dès lors que l’exécutif de notre affilié américain, les Métallos USW, a adopté l’engagement, le syndicat a créé une pétition en ligne et envoyé des courriers électroniques pour encourager à apposer sa signature en soutien à l’engagement. Le syndicat s’assure que l’acte qui consiste à apposer sa signature est bien compris et qu’il est diffusé par et au sein de l’organisation. L’USW promeut régulièrement l’engagement sur les médias sociaux, le présente lors des activités de Women of Steel (Femmes d’acier), d’assemblées syndicales locales ainsi que lors des formations contre la discrimination et le harcèlement. L’Engagement a été partagé auprès de tous les coordinateurs et coordinatrices chargés des droits humains et civiques ainsi que tous les présidents et présidentes des comités de droits humains et civiques locaux. Nombreux sont les dirigeants de l’USW qui évoquent l’Engagement lors de leurs allocutions à l’occasion de prises de parole au sein de l’organisation.

En Asie du Sud-est, les syndicats ont élaboré des manières de sensibiliser les adhérents à la violence faite aux femmes. Aux Philippines, la question est intégrée au sein de tous les programmes d’éducation de nos affiliés, à l’attention aussi bien des hommes que des femmes. Au cours des formations, l’Engagement est présenté en compagnie des lois existantes sur la violence et le harcèlement.

Après avoir adopté l’Engagement d’IndustriALL, la Fédération nicaraguayenne du textile et de la confection FESITEX, a lancé une campagne avec pour slogan : Syndicats et entreprises, dites non à la violence et au harcèlement dans le monde du travail. Par le biais de la campagne, les syndicats veulent encourager les employeurs à collaborer avec les syndicats pour éradiquer la violence sur le lieu de travail. La campagne veut également augmenter la conscientisation parmi les femmes travailleuses des entreprises de confection des zones industrielles consacrées aux exportations, ainsi qu’organiser syndicalement ceux et celles qui ne sont pas encore membres d’un syndicat.

Davantage d’affilié adoptent encore l’Engagement. Le Syndicat sud-coréen des métallurgistes, le KMWU, l’a récemment adopté pour marquer le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Le KMWU réitère son “engagement à construire une culture qui respecte les femmes et condamne toute attitude ou acte qui perpétue le sexisme et la violence”.

IndustriALL appelle ses affiliés à mener des actions le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Adoptez et partagez l’Engagement !

Le syndicat sud-africain des mines lance une campagne contre la violence sexiste

Selon l’enquête de police, les deux femmes ont reçu sept balles chacune. Un suspect a été arrêté par la police qui attend de pouvoir introduire une demande de remise en liberté provisoire. Ce cas parmi d’autres de meurtre brutal de femmes est au centre de la campagne lancée par 50 femmes de la structure nationale pour les femmes du NUM à Johannesburg, le 19 novembre.

Les participantes à la réunion, à laquelle sont venus se joindre d’autres syndicats et une représentante de la Commission pour l’égalité des genres, ont allumé des bougies et observé une minute de silence à la mémoire des femmes assassinées. Elles veulent une application efficace de la loi qui permette de rendre justice.

Avec plus de 12 femmes sur 100.000 assassinées, l’Afrique du Sud est l’un des pays les plus dangereux au monde pour les femmes. En tant qu’affilié d’IndustriALL Global Union, le NUM prend part à la campagne visant à mettre fin à la violence et au harcèlement à l’égard des femmes sur les lieux de travail et dans le syndicat.

L’engagement du NUM, signé à l’occasion de la réunion, condamne tout harcèlement et toute discrimination à l’égard des femmes sur le lieu de travail, la violence sexuelle contre les femmes et les enfants, le viol, les abus et les meurtres, la violence domestique et la discrimination contre les personnes atteintes du VIH et du SIDA. Le NUM va collaborer avec les communautés et des organisations de la société civile pour atteindre les objectifs de la campagne.

Le syndicat vise à faire campagne pour un changement de l’attitude sociale face à la violence et à agir contre leurs auteurs. Le syndicat des mines va également apporter un soutien aux femmes et enfants concernés. La violence étant souvent liée à l’abus de substances, la campagne appelle à des communautés et des lieux de travail plus sûr et plus sains.

Lydia Nkopane, qui préside la structure nationale du NUM pour les femmes, indique :

“Ce qui se passe sur nos lieux de travail, au sein de nos communautés et dans nos foyers est pénible. Parfois, les femmes transforment leurs ecchymoses avec du maquillage pour aller au travail afin de cacher qu’elles ont été battues. Elles sont également confrontées à du harcèlement sexuel et à des conditions de travail précaires sur leurs lieux de travail. De plus, des jeunes femmes et des enfants sont victimes d’abus et assassinés quotidiennement.”

Ensuite, a-t-elle dit, les plans sociaux au sein desquels les détenteurs de licence d’exploitation minière sont tenus d’exécuter des programmes qui bénéficient aux mineurs et aux communautés doivent aider les femmes à vivre au sein des communautés minières, car la pauvreté les rend vulnérables aux abus.

Australie: un conflit à ExxonMobil met des vies en danger

Troy et ses collègues tiennent un piquet de grève à la raffinerie de gaz Longford détenue par ExxonMobil dans le sud-est de l’Etat de Victoria, en Australie, sept jours par semaine, depuis plus de 500 jours.

En juin 2017, l’entrepreneur UGL d’ExxonMobil a renvoyé tout son personnel de maintenance, constitué de 230 personnes avant de leur offrir, dès le lendemain, à nouveau leurs emplois mais amputés d’une baisse salariale de 30 à 50 pour cent.

Le nouveau contrat réduit également les droits aux congés annuels et les prestations, tout en mettant en place des tableaux de roulements d’équipes ayant de lourdes conséquences sur la vie de famille. En outre, le contrat propose la mise en œuvre de clauses de mise à pied qui verraient les employés être au travail sans pour autant être rémunérés.

L’entrepreneur UGL utilise des tactiques sournoises et les lacunes du droit australien pour tenter d’obliger les travailleurs à accepter un accord approuvé par une poignée de travailleurs non concernés vivant en Australie-Occidentale, à des milliers de miles de leur lieu de travail.

Ces conditions ont été présentées aux travailleurs dans une approche « à prendre ou à laisser ».

Les agents de maintenance de Longford, qui entretiennent les plates-formes de forage terrestres et offshore exploitées par la filiale d’ExxonMobil, Esso, sont membres des affiliés australiens à IndustriALL AMWU, AWU et ETU.

Cliquez ici pour visionner l’entretien intégral avec Troy Carter, expliquant la façon dont la sécurité est compromise et les communautés souffrent …

Débrayage des travailleurs coréens dans le cadre de la grève nationale menée pour réformer les chaebols

Aujourd’hui, 21 novembre 2018, quelque 128 277 travailleurs sur 109 lieux de travail où le KMWU est présent ont participé à la grève organisée pour protester contre l’incapacité du gouvernement à contester la domination des conglomérats industriels connus sous le nom de chaebols, et pour réclamer une réforme du droit du travail visant à garantir les droits syndicaux fondamentaux. 

Les grévistes réclament le démantèlement du système économique contrôlé par les chaebols et son remplacement par la démocratie économique ainsi qu’une réforme du droit du travail visant à garantir les droits syndicaux fondamentaux internationalement reconnus à tous les travailleurs, à savoir les droits d’adhérer à un syndicat, de négocier collectivement et de mener des actions collectives.

Les travailleurs de l’automobile de Hyundai Motors, Kia Motor et General Motors (GM), les travailleurs des chantiers navals de Hyundai Heavy Industries et Daewoo Shipbuilding and Marine, les travailleurs des pièces autos de Hyundai Mobis ainsi que les travailleurs des composants principaux ont fait grève durant quatre heures au moins. 

Sur les lieux de travail où il était difficile de faire grève, les délégués syndicaux ont mené une grève des responsables syndicaux; ou bien la population locale a convoqué une assemblée générale des militants de base à l’appui de la lutte. Après avoir débrayé, les travailleurs se sont rassemblés lors de manifestations régionales organisées dans tout le pays.

Bien que le Président Moon ait promis de créer 500 000 nouveaux emplois par la réduction du temps de travail, le gouvernement prévoit de mettre en place un système d’horaire mobile qui permettra aux compagnies de faire travailler leurs employés 80 heures par semaine sans les rémunérer aux taux des heures supplémentaires.

Selon le KMWU, le taux de participation à la grève aurait dépassé celui des actions menées plutôt dans l’année, et les travailleurs auraient été acculés à faire grève en raison de la domination constante des chaebols. Ainsi, General Motors a reçu des subventions du gouvernement mais n’a pas respecté ses engagements, en constituant en société distincte une partie de ses activités. La restructuration dans l’industrie de la construction navale a transféré sur les travailleurs la responsabilité de la gestion bâclée.

Non seulement le gouvernement n’a pas résolu le problème des emplois précaires dans le secteur industriel, mais a mis en danger les emplois existants. L’indignation s’est répandue comme une traînée de poudre sur les lieux de travail, et le gouvernement et le parti d’opposition coopèrent pour assouplir le temps de travail.

« Cette grève nationale est le résultat de la déception des travailleurs et de la chute de la confiance dans le gouvernement », indique le communiqué.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Le Président Moon n’a pas contesté la domination des chaebols comme Samsung et Hyundai. Ces conglomérats dominent l’économie au moyen d’opérations qui manquent de transparence.

« Nous sommes également extrêmement déçus par les changements relatifs au temps de travail et l’échec du gouvernement à garantir les droits syndicaux fondamentaux dans la législation. Nous sommes totalement solidaires avec les travailleurs sud-coréens ».

Les syndicats des Caraïbes poursuivent le renforcement du travail de proximité et de la coopération dans la région

Les pertes de capacités industrielles dans les secteurs du pétrole et de la sidérurgie sont une source majeure de préoccupation. Les fermetures de Petrotrin et ArcelorMittal à Trinité-et-Tobago, d’Alcoa au Suriname et l’arrêt provisoire de PDVSA à Curaçao ont porté des coups sérieux aux économies des pays concernés, créant d’énormes pertes d’emploi directes et indirectes affectant les travailleurs et travailleuses, leurs familles ainsi que leurs communautés.

“À Trinité-et-Tobago, par exemple, l’OWTU essaie d’arrêter la fermeture par le gouvernement de Petrotrin et la cession de la souveraineté sur des ressources naturelles clés à des intérêts privés. Ce même gouvernement aurait opté pour la vente de l’ancienne usine sidérurgique ArcelorMittal comme mitraille sans l’insistance du SWUTT sur l’importance de revitaliser l’industrie sidérurgique. Du fait qu’ils prennent fait et cause pour les intérêts du peuple, les syndicats sont soumis à des attaques brutales”.

IndustriALL Global Union soutient les syndicats de la région qui se retrouvent soumis à des attaques en raison de leurs efforts visant à protéger l’emploi et prévenir le retour à une “économie de plantation”.

a indiqué la responsable régionale d’IndustriALL, Laura Carter.

La réunion a adopté des résolutions sur Alcoa et Petrotrin et est convenue d’approcher la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et le Congrès du Travail des Caraïbes sur les questions de politique industrielle durable. Les délégués sont également convenus que leurs syndicats respectifs devaient prendre l’initiative de promouvoir le débat et des mesures sur Industrie 4.0 dans la région des Caraïbes, où il y a peu de sensibilisation à la question du côté des gouvernements.

La réunion a examiné les succès et les défis dans les pays de la région et débattu de ce que deviendra le travail dans une époque qui connaît les chaînes d’approvisionnement mondiales, les bouleversements de la numérisation et la transition énergétique. Les participants ont également décidé de poursuivre le renforcement du travail de proximité et de la coopération dans la région des Caraïbes.

Les délégués ont débattu de la manière de renforcer la puissance syndicale par le biais du recrutement et de stratégies communes et sont convenus de viser à un meilleur alignement sur les stratégies et actions d’IndustriALL. Les syndicats vont mener des actions le 25 novembre prochain dans le cadre de la campagne d’IndustriALL contre la violence sexiste.

Cette réunion a rassemblé 22 délégués en provenance de 8 syndicats de la Barbade, de Curaçao, du Suriname ainsi que de Trinité-et-Tobago, et s’est conclue par une visite de la raffinerie Staatsolie.