Les frappes russes continuent de paralyser les mines et les communautés d’Ukraine

Les attaques russes continuent de dévaster les villes minières d’Ukraine, mettant les mineurs et leurs familles en danger extrême. Les bombardements constants et les frappes de drones bloquent les évacuations à Rodynske, Bilytske, Bilozerske, Dobropillya et dans les villages environnants de la région de Donetsk.

Le 8 août dernier, les bombardements ont provoqué l’inondation de la mine de Dobropilska, mettant en danger les mineurs et contaminant la région. Les attaques ont également coupé l’électricité à la mine d’Almazna. Ces mines font vivre les économies locales et leur destruction menace des milliers d’emplois, les moyens de subsistance qui y sont associés ainsi que la sécurité environnementale.

Depuis le 13 août, les attaques russes ont provoqué des coupures d’électricité dans trois grandes mines de la région. Les bombardements ont également empêché les travailleurs et travailleuses de déplacer des équipements essentiels des entreprises, équipements qui préservent les emplois, garantissent le droit au travail, maintiennent l’approvisionnement en électricité et permettent à l’économie de l’Ukraine de fonctionner.

Les missiles et les drones russes dévastent également les infrastructures civiles, la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine exprimant sa profonde inquiétude face au nombre croissant de victimes civiles.

Mykhailo Volynets, Président du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine (NPGU), a déclaré :

“Chaque jour, le secteur énergétique et les charbonnages d’Ukraine ont été et restent l’une des cibles prioritaires des forces russes. Les attaques de missiles et de drones coupent constamment l’électricité dans les mines, mettant les travailleurs et travailleuses en danger de mort. Tout est mis en œuvre pour garantir une saison de chauffage stable pour 2025-2026, afin de préserver la sécurité énergétique du pays, d’éclairer les foyers et d’alimenter les hôpitaux en électricité ainsi que de subvenir aux besoins des familles. Les mineurs ukrainiens méritent véritablement une protection et un soutien sans faille. Les membres du NPGU continuent de résister en se consacrant à leurs tâches sur leur lieu de travail, en se portant volontaires et en défendant des vies et la paix en première ligne. Nous appelons tous nos camarades, toutes nos organisations sœurs, à continuer de nous aider.”

Dmytro Zelenyi, qui dirige la section locale de Dobropillia du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine, a déclaré :

“Je tiens à souligner que les mineurs sont des personnes courageuses, car ils travaillent sous terre, sous des attaques constantes, et qu’ils sont également des défenseurs de l’Ukraine sur le front. Parmi nos membres, nous comptons des réfugiés de Myrnohrad, Pokrovsk et d’autres villes minières. En tant que syndicat, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour préserver les emplois, soutenir les mineurs et évacuer nos membres, les mineurs et leurs familles. Malheureusement, en raison de l’agression russe en cours, nos ressources sont réduites. Nous serons reconnaissants pour toute aide apportée à nos mineurs et à leurs familles.”

Yaroslava Bytiutska, responsable de la section de base du NPGU à la dixième unité de sauvetage minier, a déclaré :

“Il y a tout juste un an encore, j’étais chez moi à Myrnohrad (région de Donetsk), où vivait ma famille et où mon petit-fils allait à l’école. Nous avons continué à travailler là-bas malgré les bombardements russes, mais nous avons ensuite dû évacuer vers la ville de Dobropillia et maintenant nous avons dû partir de là aussi. Le 30 avril, le site de relocalisation de notre unité à Dobropillia a été détruit. L’un de nos collègues, Roman, a été gravement blessé et brûlé. Pendant plus de 20 ans, Roman a sauvé des vies et aujourd’hui, c’est lui qui a besoin d’être soigné et de bénéficier de toute urgence d’une rééducation. Aujourd’hui, les sauveteurs miniers sont devenus la cible des forces russes. Notre collègue Anton Zemlianyi, commandant de l’équipe opérationnelle de sauvetage, a été tué alors qu’il sauvait des vies et aidait bénévolement les habitants de la communauté de Pokrovsk en juin dernier.”

IndustriALL et ses affiliés ukrainiens formulent une demande d’intervention urgente.

“Nous appelons l’OIT et la communauté internationale à agir immédiatement pour protéger les travailleurs et les travailleuses ukrainiens et fournir une aide humanitaire aux mineurs déplacés ainsi qu’à leurs familles,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

À la veille de la journée des mineurs d’Ukraine, le 31 août, IndustriALL exprime sa solidarité sans faille avec les mineurs d’Ukraine et leurs familles.

“Nous revendiquons la fin immédiate de la guerre d’agression et de l’occupation menées par la Russie,”

a martelé Atle Høie.

IndustriALL aux côtés de l'UGTT contre des attaques à répétition

Ces attaques durent depuis des mois, dans le but de réduire le rôle que joue l'UGTT au niveau national dans la défense des travailleurs et des citoyens. Ces attaques sont notamment la suspension du dialogue social, l'adoption de lois sans consultation des partenaires sociaux et des poursuites contre des syndicalistes.

Nous saluons le courage des dirigeants et des adhérents de l'UGTT qui font face à ces attaques et continuent à défendre les droits syndicaux et, ce faisant, à empêcher l'ingérence dans les affaires syndicales. Nous exprimons fermement notre solidarité avec la marche de l'UGTT prévue pour ce jour du 21 août.

L'UGTT continue de jouer un rôle majeur dans la promotion de la démocratie en Tunisie; elle est un des quatre groupes à avoir reçu le Prix Nobel de la paix en 2015 pour son rôle dans le Printemps arabe.

Nous exhortons les autorités tunisiennes à reprendre le dialogue social conformément aux normes internationales du travail, à respecter la liberté syndicale et à cesser ses attaques contre l'UGTT et ses dirigeants.

Photo : Le siège de l'UGTT à Tunis (Tunisie) 


 

Afrique australe : les travailleurs et travailleuses du textile réclament une Transition juste qui préserve les emplois

Cette vision commune a émergé lors d’un atelier organisé à Durban, en Afrique du Sud, les 14 et 15 août derniers, où 34 dirigeants, responsables et délégués syndicaux des affiliés d’IndustriALL, ATUSWA (Syndicats unifiés du Swaziland) et SACTWU (Syndicat de l’habillement et du textile d’Afrique australe) se sont réunis pour tracer la voie vers un avenir juste et durable.

Les discussions ont porté sur l’intégration d’une approche axée sur le développement dans le cadre de la Transition juste pour le secteur TCCC. Les participants ont préconisé le passage d’un modèle linéaire consistant à extraire, fabriquer, jeter à une économie circulaire mettant l’accent sur l’efficacité des ressources, la réduction des déchets et la production durable. Le recyclage et la valorisation, par exemple, ont été mis en avant comme stratégies pour réduire la pollution environnementale, économiser l’eau et l’énergie et créer des emplois.

Tout en reconnaissant les gains de productivité liés aux nouvelles technologies, les syndicats ont souligné que l’automatisation devait compléter les tâches des travailleurs et travailleuses plutôt que de les remplacer. À cette fin, ils ont appelé à financer des programmes de perfectionnement et de reconversion professionnelle afin de préparer les travailleurs et travailleuses à la transition.

En outre, la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme tout au long des chaînes de valeur des TCCC a été jugée essentielle pour responsabiliser les enseignes de stature mondiale et les multinationales et protéger les droits des travailleurs et travailleuses dans le cadre de la transition vers des économies plus vertes alignées sur les objectifs climatiques.

Compte tenu de la prédominance des femmes dans ce secteur, les syndicats ont souligné la nécessité de mettre en place des politiques inclusives en matière d’égalité des sexes afin de lutter contre la violence et le harcèlement basés sur le genre sur le lieu de travail, les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes et l’accès aux services de garde d’enfants, parallèlement à l’adoption de salaires vitaux pour améliorer les moyens de subsistance.

L’intégration régionale a été identifiée comme essentielle pour renforcer le commerce intra-africain, en particulier dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), face à des pressions extérieures telles que les droits de douane de 30 % imposés par les États-Unis, sur les exportations de confection sud-africaines. Les participants ont fait valoir qu’une industrialisation accrue pourrait accroître la capacité de production du secteur des produits textiles, de la confection et des articles de sport, créant ainsi des emplois pour lutter contre le chômage, la pauvreté et les inégalités très présents dans la région. L’Institut des statistiques d’Afrique du Sud fait état d’un taux de chômage élargi, incluant les demandeurs d’emploi ayant perdu tout espoir, se situant à 43,1 %.

Le SACTWU a intégré la durabilité dans sa stratégie de Transition juste, en collaborant avec le Centre national pour une production plus propre du gouvernement sud-africain et en engageant la Société de développement industriel (IDC) à financer l’installation de panneaux solaires dans les usines. Le syndicat participe également à l’initiative SOLTRAIN en Afrique australe, qui promeut les systèmes solaires dans la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), notamment les panneaux solaires et les chaudières solaires dans les usines sud-africaines.

Bongani Ndzinisa, Responsable national du recrutement auprès de l’ATUSWA, a souligné :

“Dans le cadre de la Transition juste en Eswatini, nous restons fermes sur nos revendications en faveur du respect des droits syndicaux et de la liberté syndicale, afin que la voix des travailleurs et travailleuses soit entendue et respectée.”

Le Secrétaire général adjoint du SACTWU, Membinkosi Vilina, a ajouté :

“En tant que syndicat, nous défendons la propriété des travailleurs et travailleuses sur les actifs liés aux énergies renouvelables, afin de garantir que les richesses générées par les nouvelles méthodes de production dans les industries textiles et de confection soient partagées et que des emplois verts soient créés.”

La Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule-France Ndessomin, a pour sa part indiqué :

“Alors que nous sommes engagés dans la Transition juste des industries textiles et de la confection en Afrique subsaharienne, nous devons faire face à l’impact plus large des technologies émergentes telles que l’automatisation et l’intelligence artificielle sur l’avenir du travail, tout en protégeant farouchement des conditions de travail décentes.”

Les syndicats guatémaltèques se renforcent, soutenus par IndustriALL

Cette initiative soutient la Fédération syndicale des travailleurs de l'alimentation, de l'agro-industrie et assimilés du Guatemala (FESTRAS) et le Syndicat des travailleurs de INDE (Stinde) dans le but de renforcer l'organisation et l'action collective. Une délégation de la région emmenée par le secrétaire régional pour l'Amérique latine et les Caraïbes, Marino Vani, et la conseillère syndicale pour les droits humains Julieta Ávalos Abusharekh a rencontré les autorités et les syndicats du secteur de l'industrie.

Un grand moment a été celui d'un atelier intitulé Dialogue et étapes de la préparation des actions syndicales à partir d'un plan de travail pendant lequel a été élaboré collectivement le plan de travail 2026-2027 de la FESTRAS pour orienter les stratégies syndicales de demain.

Au niveau institutionnel, Mario Vani a rencontré le vice-ministre du travail du Guatemala, Damarys Nohemí Oliva García, pour discuter de l'uniformisation des conventions collectives, de la formation syndicale dans la politique publique et de la protection des droits syndicaux acquis, de plus en plus menacés dans le pays.

Des réunions ont aussi eu lieu avec plusieurs syndicats :

"Ces actions consolident la piste vers un syndicalisme plus fort, mieux organisé, doté d'une capacité réelle à la transformation sociale et économique et à de meilleures conditions de travail pour les travailleurs de l'industrie au Guatemala,"

a déclaré Mario Vani.

Malaisie : le syndicat condamne les licenciements chez XSD International Paper

Le PPPMEU a remporté un scrutin à bulletins secrets pour la reconnaissance syndicale le 31 juillet, obtenant le soutien de 63,71 % des travailleurs et travailleuses de XSD. À la suite du vote, la direction aurait exhorté les militants syndicaux à former plutôt un syndicat maison, ce qu’ils ont refusé.

Le 11 août, l’entreprise a annoncé qu’elle faisait face à un ralentissement de ses activités et a remis des préavis de licenciement à 20 membres du syndicat. Les préavis prévoyaient une indemnité et le paiement d’une somme en lieu et place du préavis, ainsi que la cessation immédiate de l’emploi.

Il s’agit clairement d’une tactique antisyndicale et les syndicalistes ont déposé une plainte auprès du Département des relations sociales pour revendiquer la réintégration des travailleurs. Une autre plainte pour discrimination antisyndicale est en cours de préparation.

Le 20 août, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a écrit à XSD pour souligner la violation flagrante de l’article 2 de la Convention 98 de l’OIT sur le droit à la syndicalisation et à la négociation collective, qui protège les travailleurs et travailleuses contre les actes de discrimination antisyndicale. Il a appelé XSD à réintégrer immédiatement les 20 militants syndicaux et à mettre fin à toutes les pratiques antisyndicales.

Tom Grinter, Directeur du secteur de la pâte à papier et du papier chez IndustriALL, a indiqué :

“Nous sommes déçus du comportement antisyndical de XSD. L’entreprise doit respecter le droit de ses travailleurs et travailleuses à se syndiquer et à négocier collectivement avec elle. Nous communiquerons ce cas de pratiques antisyndicales au réseau des syndicats de l’industrie papetière et prendrons les mesures nécessaires.”

Mohd Firdaus bin Abd Raji, Secrétaire général du PPPMEU, a déclaré :

“L’argument selon lequel XSD serait confrontée à un déclin de ses activités est discutable. Nos membres ont déclaré que la production restait stable et que les travailleurs et travailleuses devaient faire des heures supplémentaires. J’ai exhorté l’entreprise à cesser d’utiliser des excuses pour exercer des représailles contre les travailleurs et travailleuses qui ont voté pour le syndicat. Respectez leur liberté syndicale, s’il vous plaît !”

XSD International Paper, une filiale de Hangzhou Fuyang Sehngda Paper Holding Ltd (Chine), a établi ses activités en Malaisie en 2018 et a acquis NTPM Paper Mill (Bentong) en 2020.

IndustriALL et ASOS reconduisent un accord mondial pour renforcer les droits des travailleurs

ASOS est la seule enseigne d'e-commerce à avoir conservé un ACM avec IndustriALL depuis la signature de la première édition, en 2017.

Ce nouvel accord réaffirme la détermination d'ASOS et d'IndustriALL à travailler ensemble pour relever les défis pour les droits de l'homme et soutenir les travailleurs. Il prévoit que les signataires élaboreront ensemble un mécanisme de règlement des différends contraignant pour traiter les plaintes des travailleurs concernant les violations de la liberté syndicale et du droit de négocier collectivement.

IndustriALL et ASOS géreront aussi un programme de formation conjoint pour les principaux fournisseurs, afin de s'assurer qu'ils comprennent leurs responsabilités en matière de droits des travailleurs et les respectent. Cela contribuera à créer un environnement propice pour les travailleurs et à bâtir un dialogue interne durable dans les usines.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

"La reconduction de cet accord-cadre mondial est le fruit d'années de coopération et montre qu'un changement durable repose sur une application et une vérification rigoureuses, et pas sur des promesses spontanées. Cela témoigne d'une approche durable des droits au travail qui fait que les syndicats peuvent représenter efficacement les travailleurs et que leur voix est entendue dans les usines des fournisseurs."

Le P-DG d'ASOS, José Antonio Ramos, ajoute :

"La reconduction de notre accord-cadre mondial avec IndustriALL était une des premières promesses que nous nous étions faites lorsque nous avons relancé notre nouvelle stratégie Fashion with Integrity l'an dernier. Depuis que nous avons signé le premier accord, il y a huit ans, notre relation avec IndustriALL nous a aidés à améliorer la résilience de notre chaîne d'approvisionnement, à atténuer les risques pour les droits humains, et à offrir un changement positif et durable à ceux qui confectionnent nos vêtements. Ce nouvel accord renforcera notre relation et il sera essentiel en ce qu'il stimulera d'autres améliorations pour ASOS et pour les travailleuses et les travailleurs de notre chaîne d'approvisionnement.

Le nouvel accord couvre toutes les conventions fondamentales de l'Organisation internationale du travail (OIT) , dont la convention 190 sur la violence et le harcèlement; elle renforce l'attachement aux droits des travailleurs, l'accès des syndicats et les pratiques responsables dans la chaîne d'approvisionnement.

La santé et la sécurité reste un thème central qui fait l'objet d'un contrôle constant et d'un devoir de vigilance pour s'assurer que les engagements pris sont respectés. Les deux parties insistent sur le fait que les initiatives volontaires ne suffisent pas à elles seules et qu'une mise en œuvre, une vérification et des mécanismes d'application robustes sont essentiels pour que la voix des travailleurs soit entendue tout au long de la chaîne d'approvisionnement d'ASOS.

Les travailleurs-ses de la confection en Turquie dénoncent harcèlement et pratiques antisyndicales

La rencontre présentait une affiche frappante détaillant les abus auxquels les travailleurs et travailleuses sont confrontés quotidiennement : “Harcèlement moral, violence psychologique, bizutage, pression, intimidation, harcèlement au travail, harcèlement sexuel, licenciement abusif, discrimination, insultes, pratiques sur le lieu de travail contraires à la dignité humaine et à la dignité des femmes”. Selon TEKSİF, affilié d’IndustriALL, ces expressions reflètent les expériences réelles et permanentes rapportées par des centaines de travailleurs et travailleuses de Digel, en particulier des femmes, sur une période de plusieurs années.

Ces révélations, basées sur des dizaines de témoignages de travailleurs et travailleuses, pour la plupart des femmes, sont décrites par TEKSİF comme révélatrices d’une image inquiétante de la vie à l’intérieur de l’usine. Le rapport récemment publié par le syndicat détaille les allégations de harcèlement moral, de violence psychologique, de harcèlement sexuel, de licenciements abusifs et de discrimination fondée sur le genre qui, selon lui, se sont intensifiées depuis que les travailleurs et travailleuses se sont syndiqués en janvier 2025.

La conférence de presse a souligné que le 17 janvier 2025, après que les travailleurs et travailleuses aient protesté contre les bas salaires et les conditions de travail dégradantes, Digel a licencié quatre membres dirigeants du syndicat sans indemnité de licenciement le jour même où ils ont rejoint TEKSİF et obtenu la reconnaissance officielle du ministère du Travail. D’autres licenciements ont suivi les 6 février et 13 juin, portant à 15 le nombre total de membres licenciés pendant le processus de syndicalisation.

Le rapport fait état de cas inquiétants, notamment :

TEKSİF a souligné que ces témoignages portent sur environ sept ans et ne constituent pas des incidents isolés, mais reflètent une culture persistante sur le lieu de travail où les femmes sont victimes de violence, de discrimination et d’humiliation fondées sur le sexe. Le syndicat a déclaré que les plaintes sont souvent restées sans suite et que, dans certains cas, les auteurs ont été récompensés plutôt que sanctionnés.

Depuis janvier, Digel a licencié sans indemnité 15 membres du syndicat, dans le cadre de ce que TEKSİF qualifie de campagne délibérée visant à briser le syndicat. Bon nombre des personnes visées étaient des figures de proue de la lutte pour des salaires décents, la sécurité et la dignité au travail.

Les travailleurs et travailleuses de Digel ont fait la une des journaux en janvier lorsqu’ils ont organisé une manifestation dans l’usine pour protester contre les salaires de misère et les conditions de travail dégradantes. Le même jour, ils ont adhéré à TEKSİF et obtenu la reconnaissance officielle du ministère du Travail. Au lieu de respecter les droits des travailleurs, la direction avait lancé une vague de licenciements en représailles et intensifié le harcèlement.

Depuis près de 210 jours, les travailleurs et travailleuses licenciés manifestent avec détermination devant les portes de l’usine, dans ce que le TEKSİF décrit comme une lutte pour la réintégration et, plus largement, pour des lieux de travail sûrs, équitables et exempts de harcèlement.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Le comportement de Digel Textile est une violation honteuse des droits des travailleurs et de la dignité humaine. Nous soutenons pleinement la lutte de TEKSİF pour mettre fin aux abus, réintégrer les travailleurs et travailleuses licenciés et garantir un lieu de travail où tant les femmes que les hommes sont traités avec respect.”

Deux travailleurs tués par une explosion dans une usine de US Steel

La cause de l’explosion fait toujours l’objet d’une enquête. Selon nos informations, les travailleurs effectuaient des tâches courantes au moment de l’accident.

L’usine Clairton Coke, qui transforme le charbon en coke, a connu plusieurs explosions au cours des dernières décennies. En 2009, un travailleur de maintenance a été tué dans une explosion et, l’année suivante, une explosion a blessé 20 travailleurs. En février de cette année, deux travailleurs ont été légèrement blessés lorsqu’un problème de batterie a provoqué une accumulation de matières combustibles qui ont pris feu.

Bernie Hall, Directeur du district 10 de l’USW, a déclaré à propos de l’accident :  

“L’USW a dépêché des experts en santé et sécurité au travail et d’autres représentants à l’usine Clairton Works afin d’évaluer la situation et d’aider nos membres. Nous sommes encore en train de déterminer l’ampleur de la tragédie, mais nous savons que plusieurs personnes reçoivent des soins médicaux pour leurs blessures. Dans les jours à venir, nous travaillerons avec les autorités compétentes pour garantir une enquête approfondie et veiller à ce que nos membres reçoivent le soutien dont ils ont besoin.”

Illustration : Usine de Clairton. Crédit : Joseph, Flickr

Les jeunes d’Afrique subsaharienne revendiquent leur droit à participer à la construction de l’avenir du travail

Le comité des jeunes de la région Afrique subsaharienne, première structure régionale de jeunesse créée au sein d’IndustriALL, rassemble douze représentants et représentantes de toute la région.

“Depuis sa création, il a été un moteur dans le travail avec les jeunes, veillant à ce que leur voix soit entendue au niveau des stratégies syndicales et des débats mondiaux”,

a déclaré Sarah Flores, responsable jeunesse d’IndustriALL.

Cette année, la Journée internationale de la jeunesse a coïncidé avec les préparatifs de la réunion régionale du Comité qui se tiendra au Ghana le 1er septembre sur le thème “Adopter la technologie et l’innovation au travail”. Ce thème reflète l’engagement de longue date des jeunes syndicalistes sur l’impact des nouvelles technologies, allant d’Industrie 4.0 et du travail sur plateforme à l’intelligence artificielle, en passant par l’avenir du travail.

Depuis la pandémie, IndustriALL a été le facilitateur des discussions dans la plupart des régions sur les opportunités et les défis liés aux changements technologiques. Les jeunes travailleurs et travailleuses ont toujours revendiqué une place à la table des négociations, conscients que ces changements façonneront leur vie professionnelle pour les décennies à venir.

Cette revendication a abouti concrètement à l’inclusion de deux représentants de la jeunesse dans le groupe de travail d’experts d’IndustriALL sur Industrie 4.0, dont Dorca Norupiri, du syndicat zimbabwéen du secteur minier ZDAMWU, affilié à IndustriALL, qui représente la région Afrique subsaharienne.

La déclaration du Comité à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse met en évidence les problèmes urgents auxquels sont confrontés les jeunes travailleurs et travailleuses en Afrique subsaharienne :

“Malgré ces défis, les jeunes syndicalistes de la région s’organisent, innovent et poussent au changement. Ils militent pour des lieux de travail plus sûrs, l’accès au numérique, la justice de genre, des politiques adaptées au climat et un leadership inclusif. À travers des campagnes pour les compétences numériques et leur engagement actif dans la prise de décision syndicale, ils redéfinissent ce que signifie être travailleur et travailleuse au XXIe siècle”,

a déclaré Paule Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Alors que le Comité des jeunes pour l’Afrique subsaharienne se prépare à se réunir au Ghana, son message est clair : investir dans la jeunesse est essentiel pour construire des syndicats forts et durables, capables de faire progresser les droits des travailleurs et travailleuses, de faire face au capital mondial et de promouvoir une politique industrielle durable.

Connecter les travailleurs et travailleuses du papier à l’échelle internationale pour riposter

Lors de la réunion du réseau syndical de la pâte et du papier qui s’est tenue du 5 au 7 août à Jakarta, en Indonésie, 70 représentants syndicaux du secteur du papier venus d’Indonésie, de Thaïlande, des Philippines, de Malaisie, du Vietnam, d’Australie, de Belgique, du Brésil, de Finlande, du Japon, de Nouvelle-Zélande, de Suède, des États-Unis et d’Uruguay ont discuté des principaux défis auxquels le secteur est confronté. Initialement prévue comme une réunion régionale, cette rencontre a été ouverte aux syndicats du groupe de travail mondial du secteur afin de présenter les progrès réalisés au cours de la dernière décennie dans la mise en place d’un réseau régional puissant, en présence des coprésidents mondiaux issus de l’USW et de Pappers.

Les travailleurs et travailleuses du papier sont confrontés à une précarité généralisée de l’emploi, à des conditions de travail dangereuses et insalubres, à une sous-représentation des femmes, à des horaires de travail excessifs, à l’automatisation, à des régimes de retraite anticipée et à un attrait décroissant du secteur pour les jeunes travailleurs.

Denise Campbell-Burns, Présidente du réseau régional, a déclaré :

“Nous reconnaissons la nécessité de renforcer l’échange d’informations et la collaboration afin de gérer les relations sociales avec les entreprises mondiales face aux acquisitions agressives des multinationales. Le rôle de coordination d’IndustriALL est crucial pour rassembler les affiliés et soutenir notre secteur.”

Alors que les marchés de l’emballage et des mouchoirs en papier continuent de croître, la demande pour le papier d’impression est en baisse. Les nouvelles réglementations en matière de durabilité et la numérisation posent de nouveaux défis. Des fusions importantes, telles que l’acquisition par Suzano des activités mondiales de Kimberly-Clark dans le secteur des mouchoirs en papier, la fusion d’International Paper et de DS Smith ainsi que celle de Smurfit Kappa et WestRock, ont entraîné des fermetures d’usines et des changements d’emploi, touchant les travailleurs et travailleuses de toutes les régions.

Les syndicats se sont engagés à intensifier leurs efforts de syndicalisation en recrutant des jeunes et des travailleurs et travailleuses externalisés ainsi qu’en déployant des programmes de formation de recruteurs, une initiative conjointe du bureau d’IndustriALL pout l’Asie du Sud-Est et du syndicat allemand IG Metall.  

Le syndicat japonais KAMPIA RENGO a lancé des initiatives en faveur de l’égalité des sexes afin d’augmenter le nombre de femmes parmi ses membres et de faire des entreprises papetières un lieu où hommes et femmes peuvent travailler confortablement.

Dans la région Pacifique, la division manufacturière du syndicat australien CFMEU a formé un nouveau syndicat du bois, de l’ameublement et du textile (TFTU). En Nouvelle-Zélande, le Syndicat de la pâte à papier et du papier est confronté à des fermetures, notamment celles de Winstone Pulp et de la Division papier de Kinleith Tokoroa.

En Indonésie, après avoir obtenu gain de cause devant la Cour constitutionnelle contre la loi omnibus, les syndicats se concentrent désormais sur la conclusion de conventions collectives solides afin de protéger les droits. Les syndicats des Philippines et de Thaïlande sont confrontés au problème des longs temps de travail, qui pourraient compromettre le travail syndical ainsi que la santé et la sécurité.

Les syndicats belges mènent des actions collectives contre les pertes d’emplois causées par la désindustrialisation, appelant à une transition durable accompagnée de mesures de reconversion et de perfectionnement professionnel soutenues par les partenaires sociaux. Les syndicats brésiliens soulignent les préoccupations environnementales dans l’industrie papetière et font pression pour une collaboration syndicale interrégionale accrue.

La réunion s’est conclue par un plan d’action visant à :

Tom Grinter, Directeur du secteur de la pâte et du papier chez IndustriALL, a déclaré :

“Les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, doivent être centrées sur l’humain. Les oligarques de la technologie façonnent les règles du travail, mais les travailleurs et travailleuses doivent les réécrire pour garantir leur dignité et leur droit à la parole, sans contrôle algorithmique ni notation.”

Tom Grinter, Directeur du secteur

Au cours de la réunion, les syndicalistes ont visité Fajar Paper et Pindo Deli, avec le soutien des syndicats indonésiens CEMWU et FSP2KI, ainsi que la direction des entreprises. Les deux sites comptent plus de 2.000 membres syndicaux, ce qui témoigne de relations sociales constructives.

Visite chez Pindo Deli