Les FSI demandent justice face à la répression des droits des travailleurs en Biélorussie

Des travailleurs et travailleuses de Biélorussie sont punis simplement pour avoir défendu leurs droits. Le rapport décrit un grave déclin des libertés fondamentales, alors que la Biélorussie continue de faire fi de ses obligations internationales et des recommandations de l’OIT, remplaçant la réforme par la répression.

Depuis le mouvement pro-démocratique de 2020, le gouvernement a démantelé tous les syndicats indépendants, dissolvant le BKDP et ses affiliés tels que le Syndicat libre des métallurgistes (SPM), le Syndicat libre biélorusse (SPB), le Syndicat indépendant biélorusse (BNP) et le Syndicat biélorusse de l’industrie radio-électronique (REP). Des dizaines de dirigeants et de militants syndicaux ont été emprisonnés sur base d’accusations forgées de toutes pièces, notamment le Président du BKDP, Aliaksandr Yarashuk, condamné à quatre ans pour avoir défendu des causes pacifiques.

De nouvelles lois criminalisent l’activité syndicale, les gestes de protestation et le soutien étranger. Les syndicalistes sont traités d’extrémistes, tandis que les entreprises forcent les travailleurs et travailleuses à adhérer à des syndicats pro-gouvernementaux, les privant ainsi d’une véritable représentation.

Il ne s’agit pas d’incidents isolés, mais d’une attaque coordonnée contre les syndicats. Des manifestants pacifiques sont emprisonnés, les bureaux des syndicats perquisitionnés, des familles déchirées et les dissidents exilés ou emprisonnés.

“La Biélorussie est en train d’effacer l’idée même de syndicats libres et indépendants,”

a déclaré Atle Høie, secrétaire général d’IndustriALL.

“Ce ne sont pas seulement des attaques contre des organisations, ce sont des attaques contre des personnes, contre des travailleurs et travailleuses qui ne veulent rien d’autre que la dignité, la sécurité et un droit de regard sur leur propre vie.”

Le mouvement syndical demande dans le cadre de l’EPU d’exhorter la Biélorussie à rétablir les syndicats indépendants, à libérer tous les syndicalistes emprisonnés, à abroger les lois répressives et à autoriser sur le territoire l’accès de l’OIT et de l’aide humanitaire.

Luc Triangle, Secrétaire général de la CSI, a déclaré:

“Les attaques brutales du gouvernement autocratique d’Alexandre Loukachenko contre les syndicats indépendants en Biélorussie sont des attaques contre la démocratie elle-même. Mais le mouvement syndical international ne restera pas les bras croisés. La solidarité internationale est essentielle pour mettre fin à cette répression et amener ses responsables à rendre des comptes. Le courage des syndicalistes biélorusses nous rappelle que le syndicalisme n’est pas un crime, c’est une pierre angulaire de la démocratie.”

Le 16 avril dernier, les affiliés d’IndustriALL ont manifesté leur soutien au mouvement syndical démocratique et indépendant de Biélorussie par des actions de solidarité, notamment des déclarations de soutien et des lettres officielles adressées aux ambassades de Biélorussie.

“Le silence n’est pas une option. L’injustice doit être combattue dans tous les forums, par toutes les formes d’expression et par tous les moyens, jusqu’à ce que chaque syndicaliste emprisonné en Biélorussie soit libre, que chaque syndicat indépendant soit rétabli et que chaque travailleuse et chaque travailleur puisse s’exprimer sans crainte. La solidarité est plus qu’un mot, c’est une force. Cette lutte se poursuivra jusqu’à ce que la justice prévale,”

a déclaré Atle Høie.

L’Accord, juridiquement contraignant, engendre des lieux de travail plus sûrs

Cette tragédie a déclenché une action sans précédent pour améliorer la sécurité dans les usines, ce qui a conduit à la création de l’Accord sur le Bangladesh, aujourd’hui connu sous le nom d’Accord international. Une décennie plus tard, cet accord juridiquement contraignant a apporté des améliorations quantifiables et rendu les ateliers de confection plus sûrs pour les travailleuses et travailleurs.

Les principales réalisations sont les suivantes :

Les travailleuses, qui constituent la majorité de la main-d’œuvre du secteur de la confection au Bangladesh, ont joué un rôle central dans ces améliorations.

En 2022, l’Accord international a été étendu au Pakistan. Dans le cadre du programme pakistanais, où les femmes représentent environ 11 % de la main-d’œuvre du secteur de la confection :

Atle Høie, secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré à ce sujet :

“L’effondrement du Rana Plaza nous rappelle douloureusement le coût de l’inaction, mais il marque aussi un tournant. Grâce aux efforts collectifs des syndicats, des enseignes et des travailleuses et travailleurs eux-mêmes, l’Accord a permis de construire une industrie plus sûre, où le point de vue des travailleuses et travailleurs est pris en compte, ainsi que de donner aux femmes un rôle de premier plan dans l’élaboration de lieux de travail plus sûrs. Nous espérons pouvoir étendre cette réussite à un autre pays en 2025.”


 

Le taux de syndicalisation est la clé d’une Transition juste et de la protection des droits des travailleurs

Les participants ont identifié plusieurs préoccupations : les pertes d’emplois et de revenus, l’exclusion des syndicats des processus de dialogue social et la difficulté d’organiser syndicalement les travailleurs et travailleuses précaires. Un consensus fort s’est dégagé : l’augmentation du taux de syndicalisation et le renforcement du pouvoir des syndicats sont essentiels pour s’attaquer à ces problèmes et garantir une Transition juste.

En l’absence d’une forte présence syndicale, notamment dans les secteurs de l’énergie et des mines, les employeurs et les gouvernements écartent souvent les syndicats des discussions politiques. Dans de nombreux cas, de prétendus experts sont invités à leur place, alors que ce sont les travailleurs et travailleuses de ces secteurs qui sont les plus directement touchés par les politiques de transition.

“Le taux de syndicalisation est d’une importance capitale. L’unité au niveau des travailleurs et des syndicats est essentielle pour créer un mouvement fort en faveur de la Transition juste, une dynamique ne pouvant être ignorée par les gouvernements et les employeurs,”

a déclaré Kan Matsuzaki, secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

“Par exemple, certaines mines de nickel, essentielles à la chaîne d’approvisionnement des batteries, ne disposent toujours pas d’une représentation syndicale suffisante. Nous devons syndiquer les travailleurs et travailleuses dans l’ensemble des secteurs du nickel et des énergies renouvelables pour obtenir notre place à la table des négociations.”

Les participants ont souligné la nécessité pour les syndicats de jouer un rôle actif, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des cadres politiques formels. Parmi les exemples, citons la Net Zero Economy Authority d’Australie, les comités de formation des entreprises de Singapour et le Conseil tripartite de l’industrie minière des Philippines, qui offrent tous des possibilités de participation des syndicats par le biais de mécanismes institutionnels.

En Indonésie, un syndicat a réussi à intégrer des termes relatifs à la Transition juste dans les conventions collectives conclues avec les sociétés minières, grâce à une sensibilisation efficace de la base. Au Pakistan et au Bangladesh, les dirigeants syndicaux ont souligné la nécessité de s’attaquer aux causes structurelles des émissions liées à l’industrialisation et ont appelé à la mobilisation des syndicats des pays du Sud pour contester les solutions politiques inadéquates et sensibiliser le public.

Les participants ont également mis en évidence les contradictions dans les efforts climatiques mondiaux, en soulignant l’augmentation de la production de charbon en Chine, en Inde et en Indonésie et qui a globalement dépassé les 9 milliards de tonnes en 2024, malgré les engagements mondiaux pris dans le cadre de l’Accord de Paris de réduire les émissions et de limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius.

Des préoccupations relatives à l’intelligence artificielle et à l’automatisation ont également été soulevées. Les syndicats philippins ont proposé d’inclure un “dispositif de sauvegarde de la main-d’œuvre” parmi les clauses des conventions collectives pour s’assurer que les travailleurs et travailleuses ne soient pas déplacés lors de l’introduction de nouvelles technologies. La Transition juste, ont-ils soutenu, doit être utilisée pour renforcer la solidarité entre les syndicats et leurs alliés progressistes et revitaliser le mouvement syndical.

Un affilié d’IndustriALL en Inde a négocié avec succès avec une entreprise une requalification des travailleurs et travailleuses allant de pair avec l’augmentation de la productivité, obtenant ainsi une réduction du temps de travail tout en maintenant les emplois. D’autres affiliés indiens ont établi des parallèles avec les révolutions industrielles précédentes, en soulignant que les défis actuels exigent des réponses syndicales unifiées et stratégiques.

La conférence s’est conclue par un appel à l’action, mettant en avant des stratégies clés pour façonner une Transition juste au sein de laquelle les travailleurs et travailleuses donnent le ton :
1.    Plaider en faveur de politiques industrielles durables et centrées sur les travailleurs
2.    Élaborer et mettre en œuvre des cadres de Transition juste
3.    Assurer la participation des syndicats à l’élaboration des politiques et aux prises de décision
4.    Renforcer la collaboration régionale, Nord-Sud et Sud-Sud entre les syndicats
5.    Encourager les politiques de soutien et les cadres d’investissement
6.    Intégrer les droits du travail dans les accords commerciaux
7.    Lancer des campagnes de syndicalisation stratégiques dans les secteurs des énergies renouvelables
8.    Intégrer les problématiques liées au genre et aux jeunes dans la planification de la Transition juste

La démocratie doit être défendue et respectée en Turquie

Ces attaques contre l’opposition font suite à l’intimidation, aux attaques, aux arrestations ou même à l’emprisonnement d’autres personnes engagées, y compris d’éminents dirigeants de partis, des journalistes, des employés d’ONG et des collègues syndicalistes au cours des six derniers mois. Après les élections locales de 2024, un certain nombre de maires métropolitains et de maires de district élus ont été démis de leurs fonctions, le gouvernement nommant ensuite des administrateurs.

En tant que pays candidat à l’UE, lié aux critères de Copenhague et membre du Conseil de l’Europe, la Turquie s’est engagée à respecter et à défendre les valeurs démocratiques, l’État de droit et les droits de l’homme, y compris des droits essentiels tels que les libertés d’opinion, d’expression, de parole, d’association, de presse et de réunion pacifique, ainsi qu’à accepter le rôle crucial joué par l’opposition dans une société démocratique.

Les négociations d’adhésion à l’UE avec la Turquie sont au point mort depuis 2016. La détention d’İmamoğlu et d’autres personnes soulève des questions majeures quant à l’engagement du gouvernement turc envers la démocratie, les règles démocratiques et les institutions, car les principaux fondements de la démocratie ont déjà été ternis. L’UE ne doit pas fermer les yeux sur les graves violations des valeurs européennes fondamentales, mais devrait plutôt faire du respect de la démocratie et des droits de l’homme une condition de sa coopération.

IndustriALL Global Union et industriAll Europe demandent instamment à la communauté internationale et à la Commission européenne d’agir et d’appeler les autorités turques à respecter pleinement ces engagements, les droits des élus, ainsi que le droit de manifester pacifiquement et revendiquent la libération immédiate d’İmamoğlu, ainsi que de tous les autres dirigeants de mouvements politiques et sociaux ou manifestants pacifiques qui ont été mis en détention.

La Secrétaire générale d’industriAll Europe, Judith Kirton-Darling, rappelle qu’en tant que pays candidat à l’UE et membre du Conseil de l’Europe, la Turquie doit respecter les valeurs fondamentales que sont la liberté d’expression et la liberté de réunion et accepter le rôle de l’opposition politique.

“Les syndicats du pays, acteurs essentiels de toute société démocratique, doivent être autorisés à représenter librement les travailleurs et à défendre leurs intérêts, y compris le droit de voter pour les hommes politiques de leur choix.”

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“La Turquie doit garantir les droits fondamentaux de l’homme et du travail en rétablissant les bases de la démocratie. La séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire est essentielle, tandis que l’État de droit et l’équité des procès sont des éléments essentiels d’une véritable démocratie. Les syndicats et les droits des travailleurs doivent être l’une des pierres angulaires de la Turquie.”

Le dirigeant syndical biélorusse emprisonné reçoit le prix international Arthur Svensson pour les droits syndicaux

Aliaksandr Yarashuk, Président du Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (BKDP), Vice-président de la Confédération syndicale internationale (CSI) et membre du Conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail (OIT), est honoré pour sa défense intransigeante des droits des travailleurs et de la démocratie en Biélorussie.

Le comité du prix a souligné l’absurdité de l’emprisonnement de Yarashuk. Frode Alfheim, Président du syndicat norvégien Styrke à la tête du                                                comité Svensson, a déclaré :

“Il est complètement absurde qu’un homme qui est membre du Conseil d’administration de l’OIT soit actuellement en prison pour avoir défendu les droits des travailleurs et travailleuses. Le syndicalisme n’est pas un crime.”

Le cas de Yarashuk est devenu un symbole de résistance et d’espoir pour les syndicalistes du monde entier, alors que la Biélorussie continue de réprimer la société civile. Plus de 40 dirigeants et militants syndicaux ont été emprisonnés et tous les syndicats indépendants ont été dissous de force. Les efforts du régime pour réduire Yarashuk au silence, notamment en le qualifiant d’« extrémiste », reflètent une dangereuse tendance mondiale contre la liberté d’expression et la liberté syndicale.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“Les attaques contre les droits syndicaux en Biélorussie sont parmi les pires que nous ayons connues dans l’histoire moderne. Yarashuk représente tout ce que les syndicats défendent et il est prêt à se battre pour cela dans les pires conditions d’oppression.”

C’est la deuxième fois que le prix Arthur Svensson est décerné au mouvement syndical biélorusse. En 2021, le BKDP et ses syndicats membres avaient déjà été honorés, mais la situation dans le pays s’est encore détériorée depuis.

Le prix Arthur Svensson, décerné chaque année par Styrke et d’une valeur de 500.000 couronnes norvégiennes (équivalent de 47.000 dollars), sera remis à Oslo le 11 juin 2025. Aliaksandr Yarashuk sera honoré en personne ou symboliquement, en fonction des circonstances.

Crédit photo : Salidarnast

Vies sauvées, navires démantelés : le coût humain et les promesses du recyclage des navires

Mais une transformation est en marche depuis deux décennies. Par la solidarité internationale, un effort de syndicalisation soutenu et une formation à la santé et la sécurité au travail (SST) ciblée, les travailleurs d'Inde et, plus récemment, du Bangladesh remodèlent de fond en comble le secteur de la démolition navale.

Avec l'entrée en vigueur, le 26 juin 2025, de la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires (HKC), cette transformation est à la veille de sa plus grande mise à l'épreuve et ouvre de vastes perspectives.

Un tournant pour la déconstruction navale

La HKC, que l'Organisation maritime internationale (OMI) a adoptée en 2009, arrête des normes mondiales pour la manière de démanteler les navires arrivés en fin de vie; elle impose la sécurité, la durabilité et des protections pour les travailleurs comme pour l’environnement. Son entrée en vigueur cette année mettra à l'arrêt les chantiers qui ne s'y conforment pas, ce qui devrait en exclure plus d'une centaine pour le seul Bangladesh.

"L'industrie de la démolition navale a une fonction environnementale vitale,"

dit Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL Global Union.

"Mais cela ne peut pas se faire au prix de vies humaines. La HKC offre une chance de relancer cette industrie sur des bases équitables, sûres et durables et les syndicats sont essentiels dans ce processus."

Renforcement des capacités en Inde

La transformation a commencé à Alang, dans l'État du Gujarat, où se trouve la plus grande concentration de chantiers de démolition de navires au monde. Au début des années 2000, les conditions qui y régnaient étaient désastreuses, avec de nombreux accidents mortels, l'exposition à des substances toxiques, une absence totale de formation et des travailleurs réduits au silence. En 2003, FNV Metaal et IndustriALL ont lancé un projet pour changer cette situation.

En 2011, les premières formations à la SST ont vu le jour. Elles sont ensuite passées à un modèle de "formation de formateurs" pour, par un effet d'entraînement, répandre une connaissance de la sécurité dans tous les chantiers. L'Alang Sosiya Ship Recycling General Workers’ Association (ASSRGWA), membre de notre affilié SMEFI, est devenue un partenaire essentiel en participant à l'organisation de sessions sur la sécurité contre l'incendie, l'utilisation des équipements de protection individuelle et la détection des risques.

"Il y a dix ans, les syndicats d'Alang n'étaient pas considérés comme des acteurs légitimes,"

dit Walton Pantland, le directeur d'IndustriALL en charge de la construction navale et de la démolition des navires.

"Aujourd'hui ils sont des interlocuteurs respectés. Lorsque survient un problème, ils ne le montent pas en épingle, ils jouent les médiateurs. C'est le genre d'influence qui fait changer les vies."

Un autre moteur majeur du changement en Inde ont été les mesures de coercition appliquées par le gouvernement.  Le Gujarat Maritime Board, organisme de réglementation officiel, a joué un rôle déterminant en forçant les chantiers navals à se conformer aux normes de la HKC. Aujourd'hui, 115 des 130 chantiers que compte l'Inde sont en conformité avec la convention, tous installés à Alang.

Il n’en va pas de même au Bangladesh

La situation est bien différente à Chittagong, le grand centre de démolition de navires du Bangladesh. Ici, l'initiative du changement est venue principalement du secteur privé, et en particulier de PHP qui est devenu un modèle de bonne pratique. Son propriétaire, qui est aussi à la tête de la fédération des employeurs, a plaidé en faveur de l'application de la HKC et beaucoup investi dans les protocoles de sécurité sans pratiquement aucune pression du gouvernement.

"Le gouvernement bangladais n'a pas pris l'initiative, comme l'avait fait son homologue indien,"

déclare Ashutosh Bhattacharya, le secrétaire régional d'IndustriALL.

"Et beaucoup de propriétaires de chantiers ont résisté au changement, jusqu'à faire campagne pour retarder la mise en application de la HKC parce qu'ils n'étaient pas prêts."

Pire encore, le secteur a subi un repli économique prolongé, causé par la baisse des cours de l'acier, une envolée mondiale des échanges commerciaux et l'incertitude qui a suivi la pandémie de Covid. Les propriétaires étaient peu enclins à investir et les travailleurs, autrefois au nombre de 60.000, sont maintenant quelque 20.000. Lorsque la HKC sera appliquée il pourrait encore tomber à 3.000 ou 4.000. Les chantiers qui ne seront pas certifiés d'ici le mois de juin ne seront plus autorisés à démanteler des navires, ce qui serait un coup dur pour l'industrie.

Il est à noter que les efforts du Bangladesh pour se conformer à la HKC ont été appuyés par un programme de coopération quinquennal entre son gouvernement et la Norvège, une initiative déterminante sans laquelle la convention pourrait ne pas entrer en vigueur et le Bangladesh ne serait très certainement pas préparé.

Formation à Chittagong : jeter de nouvelles bases

Ces efforts récents ouvrent la voie. En avril 2025, IndustriALL et FNV ont organisé à Chittagong deux sessions de formation approfondie sur la SST rassemblant 32 participants des affiliés BMF et BMCGTWF. Ces sessions, d'une durée de quatre jours, ont porté sur toutes les matières, allant des bonnes techniques de levage et de l'utilisation des EPI aux méthodes d'apprentissage pour adultes et à l'élaboration des formations.

Une inspection du chantier de PHP d'une durée de cinq heures a suivi.

"Ce fut exceptionnel,"

a déclaré l'expert en sécurité de FNV Martijn van de Beurcht.

"De la coque à la passerelle, des procédures de sécurité étaient en place. Ce chantier, contrairement à beaucoup d'autres, devrait être la norme de référence."

Ces formations ont aussi suscité des échanges sur la manière de généraliser la sécurité sous la houlette des syndicats. Des participants ont présenté des exposés expliquant comment ils comptent diffuser leur savoir à d'autres, l’essence du modèle de la "formation des formateurs".

"C'est à cela que ressemble la solidarité syndicale mondiale,"

a déclaré le secrétaire de FNV Metaal Lennart Feijen.

"Des syndicalistes néerlandais forment des travailleurs d'Asie du Sud qui vont en former d'autres; c'est une chaîne humaine de renforcement."

Table ronde et parler vrai

La visite s'est achevée par une table ronde réunissant des représentants des syndicats, des employeurs et du gouvernement. Les discussions ont porté principalement sur la représentation sur le lieu de travail, le rôle des syndicats et la nécessité d'une Transition juste.

On retiendra surtout le consensus qui s'est dégagé quant au pilotage de l'Employment Injury Scheme (EIS), un programme de protection sociale pour les travailleurs victimes d'accidents ou décédés au travail. Les employeurs se sont dit intéressés par une poursuite des discussions sur les coûts notamment.

Quoi qu'il en soit, de gros problèmes structurels subsistent. Contrairement à l'Inde, où le secteur est représenté par un seul syndicat national, le paysage syndical du Bangladesh est fragmenté, avec des syndicats dans chaque atelier, qui fluctuent suivant les niveaux d'emploi.

"Il est donc pratiquement impossible d’envisager un renforcement durable,"

dit Ashutosh Bhattacharya.

Qui plus est, les employeurs autorisent rarement les syndicats dans leurs installations et les directions syndicales sont souvent déconnectées des travailleurs qu'elles représentent.

"Au Bangladesh, les syndicats ne sont pas pris au sérieux, parfois même en leur sein," ajoute-t-il. "Nous devons investir dans la mise en place de structures dirigeantes depuis la base."

L'orage approche, ou serait-ce une opportunité ?

À l'échelle mondiale, l'industrie de la démolition navale entrevoit  une reprise. Après des années de récession, les compagnies maritimes comptent maintenant un nombre record de navires, dont beaucoup ont plus de 25 ans, l'âge habituel de leur mise à la ferraille.

Toutefois, les droits de douane de Donald Trump sur les produits chinois et la montée des tensions régionales sont sources d'incertitudes. Les compagnies maritimes restent prudentes. Mais lorsque la reprise viendra, et la plupart en sont convaincus, l'Inde a tous les atouts pour accueillir la majorité des navires, du fait de sa conformité à la HKC et de ses capacités.

"15.000 navires sont encore en attente de démantèlement", explique Walton Pantland. Et l'Inde est prête, légalement, techniquement et institutionnellement. Le Bangladesh risque d'être à la traîne".

Au Pakistan, bien que le gouvernement ait ratifié la HKC, aucun chantier n'est certifié pour le moment. Cela veut dire que, sans mises à niveau significatives, l'industrie sera effectivement à l'arrêt et son avenir demeure incertain.

Rassembler autour d'une vision commune

Pour marquer l'entrée en vigueur de la HKC, l'ASSRGWA prévoit un rassemblement syndical à Alang, suivi d'une conférence tripartite avec des représentants des employeurs et du gouvernement en juin. Le message est clair : pour assurer le succès de la démolition navale, il faut que toutes les parties collaborent.

"Nous avons besoin de syndicats sûrs et forts,"

dit Atle Høie.

"Ce n'est qu'ainsi que la pérennité de cette industrie sera assurée."

Des plans de mentorat transfrontalier sont aussi en cours, avec des syndicalistes indiens expérimentés, comme Vidyadhar Rane, le secrétaire général de l'ASSRGWA, présent au Bangladesh pour renforcer le mouvement des travailleurs. Cette solidarité régionale est une pierre angulaire de la démarche d'IndustriALL, qui consiste à associer les capacités locales aux normes mondiales.

Une transition juste doit associer les travailleurs

La démolition navale change, pas seulement en volume mais par sa nature. Les emplois manuels non qualifiés sont remplacés par des emplois semi-qualifiés et des emplois techniques : coupeur de verre, conducteur de grue, agent de sécurité et contrôleur de conformité. Mais si les travailleurs sont exclus et sans influence sur leur avenir, l'industrie échangera une forme d'exploitation pour une autre.

"La Transition juste n'est pas qu'un slogan,"

clame Lennart Feijen.

"Il faut un investissement réel dans la formation, la représentation syndicale et la protection sociale, sinon cette industrie reproduira ses pires erreurs."

Il y a vingt ans, les syndicats n'étaient pas autorisés dans les chantiers; aujourd'hui, ils sauvent des vies.

Le combat pour la sécurité du démantèlement des navires est loin d'être terminé. Mais avec chaque formation, chaque avancée politique et chaque travailleur en mesure de refuser un travail dangereux, l'industrie se rapprochera de l'avenir qu'elle mérite.

"Le but n'est pas seulement la mise en conformité,"

explique Walton Pantland.

"C'est la dignité, la sécurité et le droit de parole aux travailleurs. C'est ce que nous construisons, navire par navire, chantier par chantier."

Bangladesh Chittagong - Shipbreaking April 2025

Anglo American s’engage à dialoguer avec les syndicats lors des scissions

IndustriALL et Anglo American ont signé un protocole d’accord pour coopérer sur les relations sociales, le changement climatique, Industrie 4.0 et l’avenir du travail. À travers ce protocole d’accord, Anglo American s’est engagé à garantir “le droit des travailleurs et travailleuses à l’adhésion à un syndicat et à la négociation collective sans crainte de représailles, de répression ou de toute autre forme de discrimination.”

Le réseau mondial d’Anglo American se réunit chaque année avec le soutien de la multinationale et d’IndustriALL. L’ordre du jour du réseau comprend la promotion du dialogue social, de normes d’exploitation minière responsable et d’audits indépendants, ainsi que le traitement conjoint des questions environnementales, sociales et de gouvernance. En outre, le protocole d’accord met l’accent sur la protection des intérêts des travailleurs et travailleuses pendant la transition énergétique et la décarbonisation, sur une planification de la transition juste, sur l’amélioration des relations hommes-femmes en vue de lutter contre la violence et le harcèlement basés sur le genre (VHBG) ainsi que sur l’amélioration de la santé et de la sécurité au travail. Des salaires vitaux et sociaux sont prioritaires. Les plans d’exploitation minière durable d’Anglo American et l’exploitation minière intelligente, y compris la numérisation et l’automatisation, ont également été abordés. La réunion a également été l’occasion de discuter des questions d’actualité concernant le protocole d’accord.

Le dialogue lors de la réunion de cette année s’est centré sur les scissions d’Anglo American. Les syndicats voulaient s’assurer de la poursuite du protocole d’accord dans un contexte de restructuration et de scission de plusieurs unités commerciales, seules les activités d’extraction de cuivre et de minerai de fer étant conservées en tant que cœur de métier. Par exemple, Anglo American Platinum (Amplats), l’un des principaux producteurs mondiaux de métaux du groupe du platine avec des mines en Afrique du Sud et au Zimbabwe, est en cours de scission. À l’issue de cette opération, prévue pour le mois de juin, Amplats sera rebaptisée Valterra Platinum Limited et sera cotée aux bourses de Londres et de Johannesburg. Anglo American conservera une participation de 19,9 % après la scission, mais a l’intention de se retirer à terme de cette société. Les participants à la réunion ont appris qu’il existe un bon potentiel pour le platine à la suite du retour en grâce des convertisseurs catalytiques face à un marché des véhicules électriques qui ralentit.

La société De Beers, qui exploite des mines de diamants au Botswana, en Namibie et en Afrique du Sud, fait également l’objet d’une restructuration et doit faire face à la forte concurrence des diamants produits en laboratoire. Anglo American vend également ses actifs dans le domaine du charbon sidérurgique (en Australie) à Peabody Energy et a déjà vendu d’autres actifs dans le domaine de l’extraction du nickel.

Les préoccupations du syndicat concernant les activités actuelles portent notamment sur les effets des métaux sur l’allaitement des mères, l’absence d’installations de blanchisserie sur les sites d’activité au Botswana ainsi que la mauvaise communication avec les directeurs de mines, qui suscite la méfiance. D’autres problèmes ont été soulevés, tels que des consultations inadéquates avant des avis de licenciement. En outre, le nombre de travailleurs et de travailleuses sous contrat court employés par des sous-traitants sur ces sites est supérieur à celui des travailleurs permanents, soit un rapport de 60 % pour 40 %, ce qui, insistent les syndicats, devrait être inversé.

Davidzo Muchawaya, Responsable régionale de l’IRMA pour l’Afrique, a souligné que les syndicats devaient utiliser l’audit de l’IRMA comme outil de lutte pour les droits des travailleurs. Elle a cité un audit récent réalisé au complexe minier Mogalakwena d’Anglo American à Limpopo, en Afrique du Sud, où 53 travailleurs et travailleuses ont été interrogés. Selon le rapport d’audit, la mine a reçu la certification IRMA 50, ce qui signifie qu’elle a satisfait à 40 exigences critiques ainsi qu’à 50 ou 75 % des exigences relatives à l’intégrité de l’entreprise, à la planification de la transmission d’un patrimoine durable aux générations futures, à la responsabilité sociale et à la responsabilité environnementale. “Les sujets abordés comprenaient les conditions d’emploi et de travail, avec une attention particulière sur le traitement des femmes et des groupes vulnérables, la liberté syndicale, la santé et la sécurité, etc.”

En ce qui concerne l’égalité des genres, la diversité et l’inclusion, les syndicats ont déclaré que les stéréotypes sexistes continuaient d’entraver la promotion des femmes et qu’il fallait mettre un terme à des promotions basées sur des faveurs sexuelles. En réponse, la direction d’Anglo American a assuré à l’assemblée que tous les cas de violence à l’égard des femmes faisaient l’objet d’une enquête et que des mesures étaient prises à l’encontre des auteurs, y compris des licenciements.

“L’avenir du protocole d’accord est essentiel, en particulier avec les scissions, mais il doit s’articuler autour d’un plan de Transition juste qui comprend des discussions sur les emplois futurs, les stratégies d’implication des parties prenantes, la responsabilité sociale et les voies de la décarbonisation,”

a déclaré Glen Mpufane, Directeur de la section des mines d’IndustriALL.

Progrès et enjeux dans le secteur de la démolition des navires au Bangladesh

Un volet essentiel de cette mission fut une visite de cinq heures d'un chantier où des représentants de syndicats et des experts en sécurité ont inspecté un navire en cours de démantèlement. Ils ont pu constater des procédures de sécurité et de gestion des déchets de classe mondiale, un exemple de ce que pourrait être un chantier sûr et durable.

Mais celui-là fait exception.

"Ce niveau de sécurité et d'attention aux détails est le fait du secteur privé, sans réelle pression du gouvernement,"

déclare Walton Pantland, le directeur d'IndustriALL en charge de la construction navale et de la démolition des navires.

"Ce n'est pas représentatif du reste de l'industrie."

Pendant quatre jours, IndustriALL a tenu à Chittagong deux sessions de formation à la santé et la sécurité au travail (SST) en partenariat avec FNV Metaal et auxquelles ont participé 32 représentants des affiliés d'IndustriALL BMF et BMCGTWF. Le programme combinait connaissances techniques et compétences pédagogiques sur un modèle de "formation des formateurs".

Les modules techniques comportaient des thèmes de sécurité majeurs tels que l'utilisation de l'équipement de protection individuelle, la protection contre l'incendie, les opérations de levage, l'inspection des équipements et l'utilisation de grues et de câbles de traction. Les travailleurs ont aussi pu prendre connaissance de normes internationales comme celle sur les couleurs pour l'identification du contenu des systèmes de tuyauterie. Le second module a préparé les participants à dispenser eux-mêmes la formation et portait sur les modes d'apprentissage pour adultes, l'organisation d'une session de formation et les techniques de communication.

"C'est un exemple concret de solidarité syndicale mondiale : des experts de la santé et la sécurité de notre affilié néerlandais FNV Metaal dispensant des formations pour nos affiliés du secteur de la démolition navale d'Inde, du Bangladesh et du Pakistan,"

ajoute Walton Pantland.

La table ronde qui a suivi rassemblait des représentants de syndicats, d'employeurs et des pouvoirs publics. La discussion a porté sur la nécessité de syndicats forts sur le terrain. Une absence de consensus a été constatée, de même que les carences du gouvernement pour assurer un contrôle efficace. Un accord sur l'analyse du programme d'indemnisation des lésions professionnelles Employment Injury Scheme (EIS) dans le secteur de la démolition navale a constitué une avancée. Les parties ont décidé de poursuivre les discussions sur les coûts et la mise en application.

"Il y avait une réelle ouverture d'esprit pour l'EIS, qui pourrait apporter une sécurité sociale vitale dans les cas de handicap ou de décès,"

dit Walton Pantland.

"C'est un pas en avant sur la voie d'une industrie plus équitable."

Avec sept chantiers bangladais en conformité avec la HKC et plus d'une centaine menacés de fermeture, la route sera encore longue. La mécanisation, la baisse du nombre de navires et l'absence de filets de sécurité sont déjà lourdes de conséquences pour la main-d’œuvre. Mais ces formations et la multiplication des formateurs locaux sont le signe de la montée d'un mouvement visant à ce que la transition de cette industrie soit assortie d'emplois décents, de meilleures protections et fasse que la voix des travailleurs soit entendue à tous les niveaux.

"La convention ne peut produire ses effets sans accompagnement, nous avons besoin d'un partage des responsabilités au-delà des frontières. En investissant dans la formation, en donnant des moyens aux syndicats et en arrêtant des référentiels de sécurité clairs, nous pouvons relever les normes applicables à la démolition des navires, pas seulement au Bangladesh mais dans toute l'Asie du sud,"

a conclu Ashutosh Bhattacharya, le secrétaire d'IndustriALL pour l'Asie du sud.

Le vol de salaires chez Rio Zimbabwe affame les mineurs

Rio Zim, qui possède Cam & Motor Mine, Renco Mine et Murowa Diamonds, déclare être confronté à des difficultés opérationnelles et financières et a mis la plupart de ses travailleurs en congé. Seuls quelques salariés des services de sécurité et d’ingénierie se rendent au travail. Ce n’est pas la première fois que Rio Zim n’honore pas ses engagements salariaux. Selon le Business & Human Rights Resource Centre, en 2022, les travailleurs se sont mis en grève après n’avoir plus été payés pendant cinq mois à Murowa Diamonds.

Rio Zim, cotée à la Bourse du Zimbabwe, est une société minière et métallurgique qui possède des mines d’or, une raffinerie de nickel et des participations dans l’extraction du charbon ainsi que le traitement du cuivre et du platine. Rio Zim est devenue une société zimbabwéenne lorsqu’elle s’est séparée de Rio Tinto.

Selon le ZDAMWU, affilié à IndustriALL, les travailleurs n’ont plus d’argent pour se nourrir et payer les frais de scolarité de leurs enfants. Le ZDAMWU compte 1.167 membres chez Rio Zim.

“Cette période prolongée de salaires impayés crée une crise humanitaire qui affecte les travailleurs, leurs familles et les communautés environnantes, entraînant de graves difficultés financières ainsi qu’une détresse émotionnelle,”

a déclaré Justice Chinhema, Secrétaire général du ZDAMWU. Le syndicat a écrit au ministère du travail pour lui demander d’intervenir.

En réponse à l’appel du syndicat, Rio Zim a distribué des colis alimentaires le 9 avril. Si le ZDAMWU a accueilli favorablement ces colis, le syndicat a insisté sur le fait que Rio Zim devait payer les salaires impayés afin d’améliorer la situation de ses travailleurs. Les colis alimentaires ne valent que l’équivalent de 20 dollars américains, alors qu’un travailleur gagne typiquement l’équivalent de 372 dollars par mois.

Le ZDAMWU a porté l’affaire devant le Conseil national de l’emploi (NEC) de l’industrie minière, qui est composé d’employeurs et de salariés de l’industrie minière, conformément à la loi sur le travail du Zimbabwe. Le NEC promeut l’harmonie sociale par le biais de la négociation collective, de la résolution des conflits et de la mise en place de conditions minimales d’emploi.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“Rio Zim doit cesser de sacrifier les moyens de subsistance de ses travailleurs lorsqu’il est confronté à des difficultés financières et doit au contraire adopter des stratégies qui protègent les travailleurs et leurs avantages sociaux.”

Canada : lock-out chez Heidelberg à propos de suppressions d’emplois

Du côté de Thompson-Okanagan, plus de 30 salariés représentés par la section locale 213 des Teamsters sont en lock-out depuis le 17 janvier, après l’échec des négociations collectives. Les travailleurs affirment qu’ils cherchent à obtenir une augmentation de salaire équitable, une amélioration des horaires et des conditions de travail plus sécuritaires à la suite de l’expiration de leur convention collective, à la fin de l’année 2024.

“Nous nous sommes présentés pour négocier de bonne foi, mais l’entreprise ne nous écoute pas,”

a déclaré un travailleur sur le piquet de grève de Kelowna. Des piquets de grève ont été mis en place à Kelowna, West Kelowna, Penticton et Kamloops.

À la cimenterie Heidelberg de Delta, 76 membres de la section locale D-277 des Boilermakers ont été mis en lock-out le 13 janvier, après que les pourparlers ont été bloqués en raison de la volonté de la direction de sous-traiter des emplois syndiqués. Le syndicat estime que cette mesure menace la stabilité de l’emploi à long terme et nuit à la main-d’œuvre locale qualifiée.

“Nous ne demandons rien de scandaleux. Nous voulons simplement protéger notre travail et notre avenir,”

a déclaré un représentant des Boilermakers devant les installations de Tilbury.

Malgré les efforts de médiation, les deux conflits ne sont toujours pas résolus. Les travailleurs et travailleuses des deux sites affirment que les actes posés par Heidelberg Materials sont le signe d’un abandon plus large du respect des conventions collectives.

Alex Ivanou, Directeur de la section des matériaux d’IndustriALL, a déclaré à ce sujet :

“Heidelberg Materials doit revenir à la table des négociations de bonne foi et respecter les droits de ses travailleurs et travailleuses. Il ne s’agit pas seulement d’un site ou d’un pays, mais d’une solidarité mondiale et de la nécessité de tenir les multinationales responsables du traitement équitable de leurs travailleurs et travailleuses, quel que soit le lieu où se déroulent leurs activités”.

Crédits photo : Section 277 des Boilermakers, Section 213 des Teamsters