L’Allemagne a dit adieu au charbon après 200 ans d’extraction

Ont assisté à la cérémonie, le Président de la République fédérale d’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, le Président de la Commission de l’UE, Jean-Claude Juncker, le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Armin Laschet, et le président de l’affilié allemand à IndustriALL Global Union, le syndicat des mines, de la chimie et de l’énergie (IG BCE), Michael Vassiliadis.

« La fermeture de la mine à Bottrop signifie la fin d’une ère industrielle qui a profondément influencé l’Allemagne et en particulier, la région de la Ruhr, » a indiqué Michael Vassiliadis. « Nous disons au revoir à une industrie qui a fait la force et la richesse de l’Allemagne, non seulement sur le plan économique, mais aussi sur les plans culturel et social ».

En 2007, les partenaires sociaux dans l’industrie houillère allemande sont parvenus à un accord visant à cesser graduellement l’exploitation du charbon d’ici 2018. Cependant, les combustibles fossiles représentent toujours une place importante dans le mix énergétique, et le lignite produit en Allemagne provient encore pour une part de celui-ci.

Dans les années 1950, l’industrie houillère allemande employait environ 600 000 travailleurs, un effectif qui avait chuté à environ 4 500 en 2017.

Les mineurs en Allemagne, comme dans d’autres régions du monde, ont une longue tradition de solidarité et de fraternité. « Ce pays a besoin de plus de culture de camaraderie à nouveau! », a déclaré Michael Vassiliadis.

L’IG BCE tout comme ses prédécesseurs ont joué un rôle essentiel pour garantir une Transition juste au cours de ces 25 dernières années, face à la forte baisse des effectifs dans l’industrie minière. Des accords innovants comportant des modèles nouveaux dans le processus d’ajustement ont vu le jour au cours du processus de négociation collective.

« C’est un moment émouvant pour les mineurs en Allemagne et dans le monde entier », a indiqué Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

« Le modèle de Transition juste utilisé dans l’industrie minière allemande est un excellent exemple de la façon dont un tel processus peut être géré par les syndicats. Nous saluons le travail réalisé par les partenaires sociaux, en particulier IG BCE, durant cette transformation ».  

Turquie : 186 jours de grève chez Mayr-Melnhof s'achèvent par une victoire pour les travailleurs

Les membres de Selüloz-İş étaient en grève depuis le 20 juin, lorsque la négociation d'une nouvelle convention collective a échoué devant le refus de la direction d'augmenter les salaires.

Avec cette nouvelle convention de trois ans, les travailleurs obtiennent des hausses de salaires de 280 lires turques (53 $) pour 2018 tandis que, pour les deux années suivantes, ils auront 300 lires (57 $) pour les six premiers mois de 2019 et l'équivalent du taux d'inflation pour le reste de l'année et pour tout 2020.

Les grévistes ont aussi obtenu les augmentations des prestations qu'ils réclamaient. Dans ces conditions, leurs rémunérations se situeront entre 2.150 et 3.700 lires (407 – 700 $).

“Cet accord que les travailleurs ont approuvé est un grand pas en avant,” a déclaré İsmail Güderoğlu, le représentant du syndicat chez MM Super Pak. “Nous remercions tous ceux qui nous ont soutenus et ont été solidaires de notre combat légitime.”

Le travail reprendra le 2 janvier 2019 dans les trois usines.

“Lorsque IndustriALL est venu voir les piquets de grève chez MM Super Pak, les camarades grévistes entonnaient un chant disant que la résistance est la mère de la victoire,” raconte le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan.

“Cet accord leur donne raison et c'est une grande victoire. Nous félicitons de tout cœur les grévistes et leur syndicat Selüloz-İş.”

MM Super Pak Ambalaj est une filiale de la firme autrichienne Mayr-Melnhof et a des sites de production à Izmir, Karaman et Gaziantep. 

La Commission turque du salaire minimum a fixé le salaire minimum légal au 1er janvier 2019 à 2.020 lires turques (380 $) nettes. Si on ajoute à cela les prélèvements de sécurité sociale et l'impôt sur le revenu, on part d'un montant calculé à 2.558 lires turques (482 $). D'après des sources officielles, près de 7 millions de travailleurs sur les 30 que compte la Turquie perçoivent le salaire minimum légal.

République tchèque: IndustriALL pleure la mort de 13 mineurs

Onze ressortissants polonais et deux mineurs tchèques sont morts après un coup de grisou survenu à une profondeur de plus de 800 mètres dans la mine, qui se trouve à proximité de la frontière polonaise.

Les recherches sur le lieu de l’explosion ont dû être abandonnées en raison de l’incendie qui fait rage et du manque de visibilité, selon l’opérateur public de la mine, le groupe minier OKD.

C’est la pire catastrophe minière qui ait frappé la République tchèque depuis 1990, où 30 mineurs sont morts dans un incendie ayant éclaté dans une mine près de Karvina.

Le Sous-secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Nous sommes profondément choqués et attristés par ces pertes inutiles en vies humaines. Tous les décès survenant dans les mines sont évitables, et la sécurité doit passer en premier coûte que coûte. En tant que syndicat mondial représentant les mineurs dans le monde entier, nous adressons nos sincères condoléances aux familles des victimes et à toutes les personnes touchées par cette tragédie ».

Les syndicats du caoutchouc unis contre les attaques

Dans le cadre des actions de soutien et de solidarité, les participants ont reçu des rapports sur les conflits en cours dans divers pays et réaffirmé leur solidarité avec les 58 travailleurs licenciés à l’usine de Goodyear située à San Luis Potosí, au Mexique. Ils ont convenu de mener des actions internationales communes jusqu’à ce que les travailleurs renvoyés soient réintégrés et les droits syndicaux fondamentaux, respectés.

Les participants à la réunion ont également exprimé leur solidarité à l’égard des dirigeants syndicaux licenciés à MTS (un des fournisseurs de services de Goodyear) en Espagne, ainsi qu’envers les six dirigeants syndicaux congédiés à l’usine de Bridgestone en Indonésie.

Les participants à la réunion ont analysé les récentes évolutions dans l’industrie mondiale du caoutchouc, et évalué les politiques du travail et les pratiques de travail des principales multinationales, telles que Bridgestone, Michelin, Goodyear, Continental, Sumitomo et Pirelli. Ils ont également noté que les principaux fabricants de pneumatiques au monde avaient alloué plus de 7,5 milliards de US$ en 2017 à l’implantation de nouvelles usines et à l’augmentation des capacités. Ces affectations viennent s’ajouter à l’accord d’achat de Camso par Michelin, et à la prise de position majoritaire de Qingdao Doublestar dans Kumho Pneu.

Les participants à la réunion se sont félicités du travail effectué en matière de renforcement de l’unité syndicale dans les pays producteurs de caoutchouc émergents. En Thaïlande, par exemple, 12 syndicats locaux de neuf entreprises de caoutchouc ont formé le Rubber Workers’ Unions’ Group (RWUT – le Groupe des syndicats des travailleurs du secteur du caoutchouc) ayant pour buts de renforcer le pouvoir syndical, d’améliorer l’échange d’informations grâce aux nouvelles stratégies de collecte de données et de développer les relations de travail. Le RWUT vise également à organiser les travailleurs des usines non syndiquées.

De même, en Inde, depuis 2011 et grâce à l’initiative d’IndustriALL Global Union, les syndicats représentant les travailleurs dans le secteur des pneumatiques ont créé un réseau national réunissant des représentants de sociétés multinationales et des entreprises établies en Inde comme JK Tyre, MRF, Apollo, CEAT, Birla, TVS et BKT. Après des échanges d’informations approfondis et réguliers sur les salaires, les conditions de travail et les conventions collectives, les participants à la réunion de Mumbai ont convenu de lancer une plate-forme lors d’une conférence d’IndustriALL concernant l’industrie indienne du pneumatique, avec les objectifs d’englober tous les syndicats du pays et d’avoir lieu en 2019.

Dans le cadre du thème « se mesurer au capital mondial », l’industrie du caoutchouc affiliée à IndustriALL continue de centrer ses efforts sur une stratégie de création de réseaux syndicaux dans les grandes multinationales. La réunion de Mumbai a également comporté des sessions spéciales sur les réseaux de Goodyear et Pirelli/Prometeon. Concernant ce dernier, les participants ont salué la contribution de Federica Calegari, présidente du Comité d’entreprise européen de Pirelli et membre de l’affilié italien à IndustriALL, FILCTEM-CGIL.

Les participants à la réunion se sont également félicités de l’annonce faite par Michelin d’entamer des discussions avec IndustriALL sur la création d’un comité d’entreprise mondial. De même, les participants à la réunion ont été informés sur les derniers développements des activités en cours de la réunion du réseau syndical mondial de Bridgestone.

Les participants ont également discuté en détails des impacts de la numérisation et d’Industrie 4.0 sur le travail et la production dans l’industrie du pneumatique. Il a été signalé que les principaux fabricants de pneumatiques mondiaux utilisent déjà les technologies d’Industrie 4.0 pour développer des produits intelligents qui se connectent avec les objets environnants et s’adaptent aux routes. Le Goodyear Eagle 360 Urban, la technologie « MIRS » nouvelle génération de Pirelli et les puces RFID de Michelin ont été analysés. Les participants ont convenu de continuer d’échanger les informations et de confronter les expériences sur ce phénomène.

Plus de 40 sidérurgistes en grève arrêtés en Iran

Environ 31 travailleurs ont été arrêtés vers deux heures du matin le lundi 17 décembre et au moins 10 autres le 18 décembre.

Au cours de ces vagues d’arrestation, des agents de la République islamique d’Iran ont tabassé certains sidérurgistes devant des membres de leur famille et saisi des biens personnels, dont leurs téléphones portables.

Dans la matinée du 19 décembre, des forces de police et des Gardiens de la Révolution ont bouclé des quartiers de la ville d’Ahvaz pour empêcher les rassemblements de travailleurs à l’usine du Groupe sidérurgique national iranien (INSIG) à Ahvaz, qui sont en grève pour dénoncer l’incapacité de leur employeur à verser leurs salaires pendant des mois.

Cependant, un groupe important de travailleurs a continué courageusement à manifester, notamment pour appeler à la libération de leurs collègues arrêtés.

Les travailleurs d’INSIG sont en conflit avec leurs propriétaires privés depuis plus d’un an après qu’ils ont failli à remplir leur obligation de faire tourner l’usine d’Ahvaz à pleine capacité. Les travailleurs revendiquent que l’usine soit restituée au secteur public et appellent à des investissements stratégiques pour assurer qu’elle soit rentable et durable.

Les revendications des travailleurs d’INSIG, ainsi que celles des grévistes du complexe industriel de canne à sucre Haft Tappeh, sont soutenues par un grand nombre de syndicats, d’organisations de travailleurs ainsi que par des organisations sociales et politiques et recueillent un soutien croissant auprès de la société iranienne en général.

“Depuis que la vague de protestation a envahi l’Iran plus tôt dans l’année, le régime craint toute opposition. Il sait toute la colère qu’il peut y avoir sous la surface de la société iranienne. Des travailleurs qui essaient simplement de s’organiser pour réclamer les salaires qu’ils ont gagnés et améliorer leurs conditions d’emploi, un droit humain fondamental au sein de toute démocratie, sont considérés comme une menace pour le régime,” a indiqué Jamshid Ahmadi, de l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat des métallurgistes et mécaniciens d’Iran.

Dans un courrier adressé au Président de l’Iran, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, écrit :

“IndustriALL condamne fermement les arrestations des métallurgistes en grève et appelle à leur libération immédiate et inconditionnelle. Par ailleurs, IndustriALL réclame le versement de tous les salaires impayés, l’arrêt immédiat de toute mesure de contrainte à l’égard de la main d’œuvre et la protection des droits fondamentaux des travailleurs, parmi lesquels ceux de rejoindre un syndicat de leur choix et de mener des négociations collectives.”

Fin de la formation pour de jeunes leaders syndicaux de la région MENA

Douze participants de syndicats affiliés tunisiens et vingt d'affiliés marocains ont reçu leurs diplômes à la troisième réunion du Réseau jeunesse de la région MENA qui se tenait le 12 décembre à Tunis.

Dans le cadre de ce cours organisé par IndustriALL avec le soutien de syndicats suédois, les participants devaient concevoir leur propre projet destiné à donner des moyens d'action à de jeunes syndicalistes et les aider à recruter davantage de jeunes travailleurs.

Le but est de développer les compétences de jeunes syndicalistes dans les domaines des droits syndicaux, du travail précaire et de l'organisation, et de leur faire prendre conscience des barrières structurelles et systémiques afin de promouvoir l'inclusion et la pleine participation des jeunes travailleurs.

Un des participants marocains, Khalil Kaanane, du Syndicat national des travailleurs des phosphates, a déclaré :

"C'est un programme ambitieux et une belle occasion pour de jeunes dirigeants syndicaux de la région d'enrichir leurs connaissances, d'élargir leurs contacts et de développer leur travail grâce à la palette de projets qui sont présentés. Ambition, engagement et créativité sont les mots de passe pour réussir dans ce programme et toucher les jeunes travailleurs de la base."

Les participants ont suivi quatre séminaires en 2018, chacun d'une durée de trois à quatre jours, avec pour thèmes les structures syndicales et l'action de base; l'organisation, la négociation collective et le genre; les campagnes et les outils multinationaux; et l'avenir du travail, les jeunes et les syndicats.

Ce cours s'inscrit dans un projet qui a vu le jour à la suite de l'analyse qu'ont faite de jeunes représentants réunis pour la première réunion du Réseau jeunesse de la région MENA, en 2016 au Maroc.

De jeunes leaders syndicaux d'Irak et du Maroc prendront part au cours en 2019.

Une vingtaine de participants (dix hommes et dix femmes) de Tunisie et d'autres pays de la région MENA ont participé à la réunion du réseau du 11 au 13 décembre. Étaient également présents Carin Hallerström (Secrétaire internationale) et Axcel Lindersson (Secrétaire en charge des questions de démocratie) du syndicat suédois UNIONEN.

Les participants ont décidé d'agir dès maintenant pour assurer une meilleure représentation et une participation plus efficace des jeunes pendant le prochain intercongrès d'IndustriALL qui débutera en octobre 2020.

Chaque pays et chaque affilié a aussi dressé une liste de priorités sur lesquelles se concentrer l'an prochain. Il s'agit notamment de mieux faire connaître les syndicats aux jeunes, d'accroître la participation des jeunes aux réunions et formations, de développer la formation des jeunes à l'organisation, et d'améliorer la connaissance de l'action syndicale et de la législation (tant nationale qu'internationale).

Le Réseau jeunesse a aussi fixé une date pour une journée d'action régionale.

Argentine: deux anciens dirigeants de Ford condamnés pour crimes contre l’humanité

Pedro Müller et Héctor Sibilla ont été condamnés respectivement à dix et douze ans d’assignation à résidence pour leur participation dans l’enlèvement et les tortures infligées à 24 travailleurs employés à l’usine General Pacheco, détenue par Ford, pendant la dernière dictature du pays, en 1976. Les juges ont qualifié ces actes de crimes contre l’humanité.

Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale entend par crime contre l’humanité tout acte qui viole les normes et les règles fondamentales du droit international, causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé mentale, lorsque cet acte est perpétré dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique dirigée contre une population civile et en connaissance de l’attaque.

Les crimes auraient été commis dans les semaines ayant suivi le coup d’Etat du 24 mars 1976, qui a marqué le début de la dernière dictature civilo-militaire du pays, qui s’est achevée en 1983. Durant cette période, des milliers de personnes ont disparu, ont été torturés ou tués.

Le vice-président d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Raúl Enrique Mathiu, a déclaré:

« De nombreuses personnes en Argentine ont été reconnues coupables de crimes contre l’humanité, mais c’est la première fois que deux anciens dirigeants d’une société étrangère sont condamnés. Quarante ans plus tard, cette décision, prise à l’unanimité, représente une position capitale en faveur des droits de l’homme.

En tant qu’Argentin, je suis fier qu’une telle condamnation ait été prononcée, même si elle ne fera pas disparaître la souffrance endurée par nos collègues de chez Ford due aux persécutions et des tortures qu’ils ont subies. Les travailleurs sont représentés par l’affilié à IndustriALL Global Union, SMATA (Sindicato de Mecánicos y amendes del transporte automotor de la República Argentina) ».

Müller était le directeur de l’usine et Sibilla était le responsable de la sécurité au moment des faits. Selon le journal espagnol El País, les juges auraient statué sur leur participation active au plan de la dictature visant à réprimer les chefs syndicalistes dans les grandes entreprises.

Tous deux ont été accusés d’avoir fourni aux militaires des photos des travailleurs, ainsi que leurs adresses et autres données à caractère personnel pour qu’ils puissent les enlever. Le journal argentin Página/12 a indiqué que certains travailleurs avaient tout juste 19 ans à l’époque des faits, et plusieurs autres étaient des chefs syndicalistes.

L’enquête s’est limitée à déterminer la responsabilité pénale des dirigeants, sans impliquer l’entreprise. Les travailleurs et leurs avocats souhaitent maintenant tenter d’attaquer en justice Ford pour son rôle dans les crimes.

Enfin, le Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL, Alejandro Valerio, a indiqué:

« Il est très important que les auteurs d’un des événements les plus atroces dans l’histoire de l’Amérique latine – où environ 30 000 personnes ont été enlevées, torturées, tuées ou sont disparues – continuent à être jugés et reconnus coupables.

Il est également important que d’autres cas, comme ceux-là, assignent à comparaître devant les tribunaux les complices de la dictature en provenance du monde civil et des affaires. Eux aussi ont joué leur rôle dans la persécution et l’assassinat de travailleurs et de leurs représentants. »

Les condamnations iniques de leaders syndicaux cambodgiens doivent être cassées

Les chefs d'accusation portent sur des actions de protestation de travailleurs de la confection et de la chaussure qui avaient débuté fin 2013 dans la capitale, Phnom Penh, pour réclamer un salaire mensuel minimum de 160 $. Quatre personnes avaient été tuées et vingt-sept autres blessées lorsque la police militaire avait ouvert le feu sur des travailleurs qui protestaient, le 3 janvier 2014.

Les six syndicalistes, dont cinq sont des dirigeants d'affiliés cambodgiens d'IndustriALL, ont été reconnus coupables d'incitation à la violence contre le gouvernement en 2013 et 2014. Tous ont été condamnés à des peines de deux ans et demi de prison avec sursis.

Suivant la loi cambodgienne, un verdict de culpabilité a pour effet qu'ils ne pourront rester à la tête de leurs syndicats étant donné qu'ils ont maintenant des casiers judiciaires.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

"Nous appelons le gouvernement à intervenir et faire en sorte que les condamnations des six leaders syndicaux soient cassées et que toutes les procédures en cours contre des activistes et dirigeants syndicaux soient abandonnées. La justice est utilisée pour briser les syndicats indépendants, ce qui est une violation flagrante des conventions internationales fondamentales sur le travail que la Cambodge a ratifiées."

Ces six personnes sont des responsables de cinq affiliés d'IndustriALL, Chea Mony (FTUWKC), Mom Nhim (NIFTUC), Pav Sina (CUMW), Yang Sophorn (CATU) et Ath Thorn (CCAWDU), auxquels il faut ajouter Rong Chhun, du syndicat indépendant des enseignants du Cambodge.

Ils ont été condamnés à verser ensemble 35.000.000 riels (8.600 $) à titre d'indemnisation des parties civiles, alors même qu'un des plaignants avait retiré sa plainte pendant le procès.

Les leaders syndicaux ont l'intention de faire appel. Ath Thors, le Président du CCAWDU, a déclaré :

"Cette décision de justice est inacceptable et nous empêche d'exercer notre droit de représenter nos syndicats et nos travailleurs. Nous exhortons les autorités à abandonner toutes les poursuites contre des dirigeants syndicaux."

Les six syndicalistes étaient en liberté sous caution depuis leur inculpation et jusqu'à ce que le Premier ministre Hun Sen ordonne au ministère du Travail de régler tous les cas en suspens contre des leaders syndicaux pour la fin de l'année. Bien que ces dirigeants syndicaux ne doivent pas purger leur peine, ils risquent d'être envoyés en prison pour toute infraction, grave ou mineure, commise dans les cinq années à venir. Il est à craindre que cette menace soit utilisée pour empêcher les dirigeants de syndicats de participer à des manifestations pacifiques et de mener leurs activités syndicales.

Le procès était motivé par des accusations de violences directes et de dégâts à des biens; or, le prononcé du jugement parle d'incitation à commettre ces actes. Ce changement des chefs d'accusation n'a été révélé que lorsque le tribunal a rendu sa sentence, le 11 décembre, sans que les accusés ou leurs avocats en fussent avisés pendant le procès.

En outre, aucun élément matériel n'a été présenté pour étayer les accusations d'incitation à la violence pour lesquelles ils ont été condamnés. Aucun des véritables auteurs de ces actes de violence ou de dégâts n'a comparu à l'audience et aucun nom n'a été cité.

IndustriALL a souscrit à une déclaration dénonçant cette condamnation avec les syndicats mondiaux IBB, FITD, ISP et UITA. 

Les syndicats des industries chimiques et pharmaceutiques militent en faveur de la protection des travailleurs au Forum mondial de l’OIT

Les affiliés à IndustriALL ont rencontré des représentants des employeurs et des gouvernements durant la réunion tenue à Genève (Suisse), où ont été adoptés des Points de Consensus mettant en exergue l’importance du dialogue social dans le cadre de la gestion des changements issus de la numérisation et d’Industrie 4.0.

Tony Devlin, membre du syndicat affilié britannique, Unite, et porte-parole du groupe des travailleurs à la réunion, a déclaré:

« Le processus de numérisation affecte déjà les emplois et les conditions de travail de nos membres dans l’ensemble de ce secteur. Les travailleurs doivent pouvoir s’asseoir à la table de décision pour faire en sorte qu’aucun d’eux ne soit laissé pour compte par ces progrès technologiques ».

Le groupe des travailleurs était composé des représentants des affiliés à IndustriALL dans 12 pays: l’Afrique du Sud, l’Allemagne, la Belgique, le Brésil, les États-Unis, la Finlande, la France, l’Indonésie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, Singapour et la Suisse, ainsi que des représentants de la Confédération syndicale internationale (CSI) et du Bureau des activités pour les travailleurs de l’OIT (ACTRAV).

« Ces transformations technologiques industrielles visant actuellement à réduire les coûts, il existe un réel danger que la numérisation de pointe et les technologies connexes, plutôt que de bénéficier à la société, conduisent seulement au nivellement par le bas des mentalités dans l’industrie », a indiqué le Groupe des travailleurs dans sa déclaration à la réunion plénière.

« Cependant, il existe une chance que ces technologies soient mises en place d’une façon avantageuse pour tous, en permettant de meilleures conditions de travail, d’accroître le temps libre, l’apprentissage permanent, la protection sociale et un environnement plus propre, en plus de protéger les droits des travailleurs ».    

— IndustriALL (@IndustriALL_GU) 10 décembre 2018

Les travailleurs doivent savoir ce qu’ils feront demain avant qu’on leur demande d’arrêter les tâches qu’ils font aujourd’hui – Tony Devlin de @unitetheunion, porte-parole du Groupe des travailleurs à la discussion de @ILO sur le travail décent & la #digitalization dans les industries pharmaceutiques et chimiques aujourd’hui. pic.twitter.com/gwaaThCROM

Le Groupe des travailleurs demande une analyse approfondie des connaissances et des compétences que possèdent les travailleurs d’aujourd’hui dans les industries, ainsi que la réalisation d’études sur la meilleure façon de combler le manque de compétences par la formation et l’éducation.

Le Groupe des travailleurs a soutenu que le dialogue social était le garant de l’élaboration de politiques avisées dans l’intérêt public, et que des programmes de protection sociale solides étaient nécessaires pour soutenir une Transition juste vers le nouveau monde du travail.

En outre, le Groupe des travailleurs a demandé à ce que des niveaux déterminés de protection de la vie privée à la maison et au travail figurent dans les conventions collectives de travail face aux quantités énormes de données à caractère personnel que les nouvelles technologies permettent aux entreprises de recueillir. 

« Concilier travail et vie privée devient de plus en plus flou avec ces technologies; avec des travailleurs dont on escompte qu’ils soient en ligne et prompts à réagir 24 heures sur 24. Cette situation porte atteinte à la Directive sur le temps de travail dans l’Union européenne », a ajouté le Groupe des travailleurs.

Parmi les 17 points de consensus figurent: 

« IndustriALL Global Union veut un avenir de travail qui incorpore les impacts positifs qu’Industrie 4.0 peut apporter à l’ensemble de la société tout en s’assurant que les travailleurs ne devront pas payer les dettes sociales des entreprises au cas où les gouvernements seraient réticents à faire cette transition socialement responsable. Nous ne pouvons pas accepter la privatisation des bénéfices et la socialisation des coûts », a indiqué le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Ôzkan.

Les détails complets des points de consensus seront publiés la semaine prochaine et actualisés ici.   

Le syndicat allemand IG BCE obtient des garanties alors que Bayer s’apprête à sabrer dans l’emploi

Bayer va également vendre sa division de pédicure Scholl, sa ligne de soins dermatologiques Coppertone, ainsi que sa division de produits vétérinaires.

"Nous avons fait en sorte que les salariés soient protégés contre les licenciements jusqu’à la fin de 2025. De plus, il y a des garanties pour la main d’œuvre des filiales mises en vente, alors que des engagements fermes en faveur d’investissements sur les sites allemands offrent des bases viables pour éviter des difficultés excessives pour les salariés de Bayer durant cette période d’incertitude,” a déclaré le Président d’IG BCE Michael Vassiliadis aux médias allemands.

Les pertes d’emploi vont affecter environ 10% de la main d’œuvre de l’entreprise et concernent un “nombre significatif” de salariés en Allemagne, qui y sont environ 31.000.

Cette annonce intervient après une chute de la valeur de l’action de Bayer de plus d’un tiers cette année, après la reprise de Monsanto. Une décision historique d’un tribunal américain, statuant en août 2018 que l’herbicide de Monsanto ‘Roundup’ était à l’origine du cancer d’un homme, a conduit à l’ouverture de milliers d’actions en justice supplémentaires contre l’entreprise.

Plus d’un millier de travailleurs et travailleuses de Bayer ont tenu une manifestation contre les pertes d’emploi le 30 novembre à l’usine biotechnologique de l’entreprise à Wuppertal, en Allemagne de l’ouest, où 350 des 12.000 emplois concernés devraient être supprimés.

“C’est une décision très radicale de la part de Bayer que de supprimer un emploi sur dix sur l’ensemble de ses sites. Il n’est pas juste de demander aux travailleurs et travailleuses de payer le prix d’un changement sur lequel ils et elles n’ont aucune prise,” a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL. “IG BCE a, c’est important, obtenu une garantie pour ses membres par le biais d’une déclaration commune, qui protège les droits et le niveau de vie des travailleurs et travailleuses affectés ainsi que de leurs familles.”

Bayer, entreprise originaire d’Allemagne, a acquis Monsanto en juin 2018 pour 63 milliards de dollars, créant ainsi la plus grande entreprise de semences et de pesticides du monde. Bayer a l’intention de se concentrer sur les produits pharmaceutiques, les produits de santé en vente libre et les sciences agronomiques.