Brésil: la compagnie Vale doit être tenue responsable de la catastrophe causée par la rupture d’un barrage

« Il s’agit d’un crime et non pas d’un accident. Nous pleurons les morts et compatissons avec les victimes de cette terrible tragédie. Vale n’a pas tiré les leçons du passé. Et maintenant, ses travailleurs ont fait le sacrifice suprême en payant de leur vie. Il n’y a plus d’excuses possibles. Le moment est venu pour Vale d’écouter et de prendre des mesures concrètes pour améliorer la sécurité. Les autorités brésiliennes doivent faire stopper les activités ayant un lien avec les barrages de rétention des résidus de toutes les entreprises jusqu’à ce que ces barrages soient rigoureusement inspectés », a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches.

Au moment de la rédaction de cet article, au moins 60 personnes ont été tuées et des centaines d’autres sont toujours portées disparues après que le barrage de rétention des résidus exploité par la compagnie minière brésilienne, Vale, ait lâché des mètres cubes de déchets de minerai de fer.

Cette dernière tragédie survient après qu’IndustriALL et IBB aient déposé plainte devant l’OCDE contre Vale et le géant minier anglo-australien, BHP, suite à la catastrophe du barrage Fundão à Mariana, également situé dans l’Etat du Minas Gerais, au mois de novembre 2015. La rupture de ce barrage a coûté la vie à 19 personnes et est à l’origine du plus gros désastre environnemental survenu au Brésil. 

IndustriALL et IBB exigent une enquête approfondie, avec la participation des syndicats, sur les causes de la rupture du barrage à Brumadinho. Les syndicats mondiaux réclament également une consultation immédiate avec les syndicats et la société civile sur la sécurité des barrages de rétention des résidus, et une indemnisation juste et rapide des victimes.

Vale a ignoré les lignes directrices sur la prévention de la défaillance catastrophique des bassins de stockage des résidus du Conseil international des mines et métaux (ICMM), publiées après la rupture du barrage Fundão. En outre, Vale a enfreint les normes de gestion de ces bassins énoncées dans l’Initiative  (multipartite) for Responsible Mining Assurance standard (IRMA-Norme IRMA pour une exploitation minière responsable).

Vale est le plus grand producteur mondial de minerai de fer, que ses clients transforment en acier et qui est un élément essentiel des chaînes d’approvisionnement de l’industrie métallurgique.

« IndustriALL demande à toutes les entreprises travaillant dans les chaînes d’approvisionnement de Vale, y compris les multinationales de l’acier et de l’automobile, de partager la responsabilité de cette catastrophe et d’user de leur influence auprès de Vale et du gouvernement brésilien pour garantir qu’une telle tragédie ne se reproduise jamais », a ajouté Sanches.

Ambet Yuson, Secrétaire général d’IBB, a indiqué:

« Cet accident tragique aurait pu être évité si des mesures avaient été mises en place lorsqu’il a été publiquement divulgué que le barrage à Brumadinho posait un risque de sécurité pour les travailleurs et la communauté. Vale n’a pas tenu compte de ces avertissements et a démontré, une fois de plus, son mépris pour la sécurité. Les travailleurs ont payé tragiquement de leur vie ».

Les chaînes de blocs peuvent-elles attester la probité de la chaîne de valeur ?

– Texte: Brian Kohler et Glen Mpufane

L’illusion de la solution technologique miracle

Nous vivons à une époque où les nouvelles technologies semblent promettre de nouvelles solutions. IndustriALL a étudié la numérisation de l’industrie et l’éclosion de toute une série de nouvelles technologies de production évoluées et perturbantes : Industrie 4.0.

Un exemple de numérisation vient de la technologie des chaînes de blocs. Les chaînes de blocs laissent tout entrevoir, depuis la protection de la vie privée jusqu’à sa destruction totale, de l’intrusion nouvelle de machines dotées d’intelligence artificielle jusqu’au salut de l’humanité.

Comme évoqué dans le cadre de l’étude “Défi de l’Industrie 4.0 et recherche de nouvelles réponses”, les industries minières se situent dans la catégorie subissant le moins d’impacts immédiats d’Industrie 4.0. Cependant, la technologie des chaînes de blocs se situe en haut de liste des pistes proposées pour aborder les abus en matière de travail ainsi que d’autres pratiques non-soutenables au sein de la chaîne d’approvisionnement des ressources minières.

Qu’est ce qu’une chaîne de blocs ?

Fondamentalement, une chaîne de blocs est une stratégie en matière de sécurité de l’information. Elle fournit un niveau de sécurité plus approfondi que si l’on préserve une banque de donnée sur un serveur informatique. Les chaînes de blocs cryptent des fichiers spécifiques ou “blocs” de données, structurés dans ce que l’on appelle des listes associées pour former une “chaîne”. Chaque élément de chaque liste a des données d’identification et un lien vers l’élément qui le précède et le suit. Chaque nouveau bloc de données doit s’identifier à des endroits donnés par une forme de preuve, par exemple en effectuant une opération mathématique, pour pouvoir être ajouté à la chaîne. Cette preuve doit être difficile à falsifier, mais facile à vérifier, de sorte à décourager les spammeurs et les pirates informatiques.

Cela génère une chaîne de données dont on peut être raisonnablement certain que chaque élément a été ajouté dans un ordre chronologique sans être manipulé. Cela fonctionne plutôt bien avec le Bitcoin, par exemple. C’est cette propriété qui fait apparaître les chaînes de blocs intéressantes pour authentifier la chaîne d’approvisionnement du cobalt.

L’exemple du cobalt en RDC

Un enregistrement numérique traçable et vérifiable du cobalt depuis ses origines dans les mines de la République Démocratique du Congo (RDC) jusqu’à son incorporation dans la batterie d’une automobile Tesla permettrait, selon ses promoteurs, à quiconque de connaître exactement quand et dans quelle mine (et même potentiellement par quels mineurs) ce cobalt en particulier, dans cette batterie en particulier, a été produit. Cela pourrait donner l’assurance qu’aucun abus environnemental ou social, comme le travail d’enfants ou la violation de droits syndicaux, n’a été commis au cours de la production de ce cobalt, ou, si c’est le cas, de pouvoir le tracer et se charger de le punir et/ou d’y porter remède. L’accès à des mesures correctives est fondamental et représente le test ultime de l’utilité des chaînes de blocs, s’agissant de combler le fossé entre abus et mesure corrective.

Limites technologiques

Même si nous utilisons des termes comme chaîne de blocs, en réalité il n’existe aucune entité abstraite appelée chaîne de blocs. Il s’agit simplement d’un réseau physique d’ordinateurs, que possèdent toute une série de gens qui utilisent un protocole d’authentification convenu. Où sont physiquement situés ces ordinateurs et quelles en sont les caractéristiques ? Sont-ils exposés à des pannes ou à des risques ?

La mise en œuvre des chaînes de blocs au niveau de la chaîne d’approvisionnement du cobalt soulève la question des capacités. On peut supposer que la plupart des producteurs à petite échelle, en particulier ceux de ce que l’on appelle les mines artisanales, n’auront pas les ressources ou les capacités nécessaires pour se profiler comme un maillon de la chaîne. Les mines artisanales, même si elles sont légales en RDC et constituent une part importante du panorama minier du pays, représentent un vaste défi pour la chaîne d’approvisionnement du cobalt. Le secteur est forcé de vendre par le biais de plus gros opérateurs, ce qui crée des opportunités de corruption et d’ajout de données critiquables. La technologie ne garantit pas la confiance en l’humain.

Il existe des frontières géopolitiques au sein de l’internet et les chaînes de blocs publiques pourraient dès lors s’avérer difficiles à mettre en œuvre dans certaines régions, comme cela pourrait être le cas en RDC. De plus, on rencontre certains pays en développement auxquels des pays riches ou des multinationales voudront essayer de vendre des déploiements spécifiques d’infrastructure de données. Ceci pourrait enfermer un pays en développement dans une norme qui est incompatible avec d’autres. L’intercommunication et la normalisation entre, potentiellement, des milliers d’acteurs de différentes régions au sein d’une chaîne de valeur pourrait représenter un problème.

Immuabilité est un terme fréquemment utilisé pour parler des chaînes de blocs et c’est cette caractéristique qui fait qu’elles sont adaptées au cryptomonnaies. Cependant elles demeurent vulnérables aux données frauduleuses ou mal-identifiées, en particulier au début de la chaîne. Sachant les moyens auxquels certains employeurs ont eu recours pour échapper à des audits sociaux ou pour les falsifier, ainsi que les ressources dont certains acteurs gouvernementaux et du monde des affaires disposent pour saper tout système qui limiterait leur marge de manœuvre, il serait naïf de croire que cela ne sera jamais tenté. Des informations récentes concernant un acteur important du secteur diamantaire pointent dans le sens d’une possibilité réelle à cet égard. De graves révélations d’un important négociant diamantaire international, le Groupe Rapaport, ont été faites concernant De Beers, l’accusant de dissimuler l’origine de diamants qu’elle commercialise au sein de son vaste réseau de sightholders. Il est important de noter que ces allégations ont été faites dans le contexte de l’annonce novatrice faite par De Beers de la mise en œuvre de la technologie des chaînes de blocs pour tracer l’origine de ses diamants et comme garant de ses pratiques éthiques en matière d’approvisionnement.

Cela se résume finalement à assurer l’intégrité, non seulement de la technologie, mais aussi des données qui sont stockées par le biais de cette technologie. Les acteurs actuels de l’industrie de l’extraction du cobalt en RDC, du moins pour l’instant, n’inspirent pas confiance s’agissant d’assurer cette intégrité. Avec l’émergence des normes de durabilité de la chaîne d’approvisionnement, la technologie des chaînes de blocs pourrait-elle combler le fossé entre abus et mesures correctives ? Cette possibilité ne restera qu’un vœu pieux tant qu’elle ne pourra pas être totalement adaptée aux caractéristiques non-mathématiques de la dimension sociale de la durabilité et que la qualité des données entrées ne pourra être assurée. La technologie des chaînes de blocs ne change rien au principe “faux en entrée, faux en sortie”.

Écueils potentiels et conséquences fortuites

La traçabilité et la vérifiabilité des chaînes de blocs soulèvent des préoccupations concernant la vie privée. Bien sûr, la sauvegarde de la vie privée n’est pas un objectif de son application à la chaîne de valeurs comme celle du cobalt. Cependant, cela pourrait devenir problématique si quelqu’un identifié dans cette chaîne voulait évoquer la législation sur le “droit à l’oubli” de l’UE, par exemple. Retirer une information parmi les données pourrait potentiellement endommager la chaîne entière. Les entreprises ont également des préoccupations en matière de confidentialité. Comment va-t-on y répondre ?

La proposition vise-t-elle une chaîne de blocs publique ou privée ? Dans le premier cas, qui va fixer les règles et les normes qui la régissent et pourront-elles être appliquées sur un réseau de nœuds contrôlés de manière indépendante ? Dans le second, qui en sera propriétaire ? Il existe pour l’instant différents systèmes propriétaires. Qui détiendra les données ?

Supposons qu’un lot particulier de cobalt soit identifié comme comportant du travail d’enfants dans sa production ou des violations des droits des travailleurs, que se passe-t-il alors ? Les chaînes de blocs aideront-elles à l’application de la loi ? Ce cobalt portera-t-il pour toujours cette flétrissure ou l’utilisera-t-on de toute manière ? Une complication supplémentaire est que ce métal peut être fondu et allié à tout autre, devant physiquement et chimiquement intraçable à partir de là, ce qui souligne l’importance de la chaîne de surveillance au niveau du suivi de la durabilité.

La proposition visant à utiliser la technologie des chaînes de blocs pour tracer une matière première problématique comme le cobalt souligne la difficulté que représente le fait que les experts en ce domaine sont des spécialistes des données, des informaticiens et des cryptographes. Les cryptomonnaies peuvent être considérées comme des produits des mathématiques pures. Cependant, les dimensions environnementales et, en particulier, sociales de la durabilité ne sont pas aussi nettes et ordonnées. Les sociologues, les juristes spécialistes des droits de l’homme et les écologistes ne sont pas particulièrement des experts de cette technologie. Ce fossé devra être comblé.

Crédibilité de la solution basée sur les chaînes de blocs

Par le passé, les tentatives visant à résoudre des problèmes sociaux complexes avec une solution technologique miracle ont souvent échoué. Les dépistages de drogue et d’alcool pour solutionner la question sociétale de dépendance à des substances en sont un exemple. Les technologies de l’information, qui étaient censées démocratiser la collecte et la distribution des informations, ont au contraire isolé, aliéné et fragmenté la société. Les chaînes de blocs sont une technologie. Les problèmes au sein de la chaîne d’approvisionnement du cobalt sont d’ordre social, culturel, environnemental, politique et économique et nous devons toujours nous méfier de conséquences indésirables et imprévues, par exemple une explosion de la consommation d’énergie pour faire fonctionner les chaînes de blocs, la confusion entre la certification et la vérité ou encore la corruption. Si des preuves d’abus de droits de l’homme sont révélées après le lancement de la chaîne de blocs, son immuabilité ne deviendra-t-elle pas un problème plutôt qu’une solution ?

Une grande partie des connaissances actuelles en matière de chaînes de blocs provient des cryptomonnaies. Par contraste, la performance en termes de dimension sociale de la durabilité est notoirement difficile à évaluer. Typiquement, les données seront qualitatives plutôt que quantitatives et dans une certaine mesure subjectives plutôt qu’objectives. Cela ne rend pas ces indicateurs sociaux moins importants que ceux concernant l’économie ou l’environnement, qui sont eux plus faciles à mesurer et à tracer. Cependant, la tentative visant à appliquer les chaînes de blocs à ce problème équivaut à tenter d’appliquer une solution élaborée pour quelque chose de facilement quantifiable, une devise, à un problème social. Il y a là au moins deux choses à prendre en compte. L’une est le postulat que quelque chose qui a une valeur sociale peut se voir assigner une valeur monétaire sur laquelle tout le monde peut s’accorder. Ce n’est que rarement, voire jamais, le cas. Du reste, même si nous supposons que nous n’assignons qu’une évaluation numérique sans imputer de valeur financière, cela devient un chiffre absolu qui suggère erronément un degré de certitude scientifique.

La probité réelle d’un bien donné, par exemple le cadmium, ne peut être établie que par un audit. Il existe tout un secteur d’activité ou des personnes et des organisations se spécialisent dans l’audit environnemental, certaines liées aux institutions de l’audit financier traditionnel et nombre d’entre elles sans lien avec celles-ci. Les chaînes de blocs ne vont rien y changer. C’est ce qui sortira de ces audits qui fera partie de la signature numérique d’un lot particulier de cadmium, une étiquette électronique sur ce lot. Malheureusement, il sera plus facile de vérifier l’authenticité de l’étiquette que les conditions dans lesquelles, dans la vraie vie, le bien a été produit.

Solutions alternatives

Dans le cas du cobalt, gérer les données de la chaîne de valeur pourrait également se faire avec une banque de donnée, ou un registre décentralisé, sans chaîne de blocs. Une question à se poser est de savoir quelle valeur une chaîne de blocs apporte-t-elle que les autres solutions n’ont pas ? Les chaînes de blocs sont-elles la meilleure solution au problème qui est de vérifier le comportement au sein de la chaîne de valeur du cobalt ?

Bien que le recours à des protocoles comme les chaînes de blocs pour certifier la chaîne de valeur du cobalt semble prometteur, nous devons rester prudents. Il se pourrait qu’il ne présente pas beaucoup d’avantages par rapport à d’autres technologies, moins complexes. Au bout du compte, nous ne devrions pas confondre traçabilité ou certification avec probité, une dimension de la durabilité qui restera complexe et difficile à quantifier.

Ecopetrol licencie abusivement des dirigeants syndicaux en Colombie

Le Comité exécutif national d’USO a qualifié ces licenciements de violation flagrante de la convention collective en vigueur. Il a également condamné les tentatives de la compagnie d’utiliser les directives unilatérales sur le licenciement des travailleurs d’Ecopetrol pour congédier Ariel Corzo et Edwin Castaño, également membres du Comité exécutif national.

Les licenciements font partie d’une politique de criminalisation du travail syndical en Colombie, entraînant des procédures disciplinaires et pénales ainsi que des poursuites administratives contre les dirigeants syndicaux dans tous les secteurs au niveau national.

Le syndicat affirme que la direction de la compagnie et le gouvernement colombien nuisent systématiquement aux travailleurs syndiqués, en violation des normes du travail nationales et internationales.

Le moment choisi des licenciements n’est pas dû au hasard. Ecopetrol a congédié les travailleurs peu après qu’USO ait exhorté les gens à descendre dans la rue pour protester contre l’intention du gouvernement de vendre une partie des actifs d’Ecopetrol.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit au Président colombien, Iván Duque, et au PDG d’Ecopetrol, Felipe Bayón, pour leur demander de réintégrer les travailleurs licenciés et de veiller à ce que le droit à la liberté syndicale soit garanti à Ecopetrol et dans l’ensemble de la Colombie.

Dans sa lettre au Président Duque, Sanches a écrit:

« Nous exhortons votre gouvernement à veiller à ce que les conditions et les garanties nécessaires soient en place pour protéger le droit à la liberté syndicale et à la vie de tous les dirigeants sociaux et syndicaux en Colombie ».

Un syndicat canadien bloque le quartier-général de GM pour protester contre la fermeture d'une usine

Dans la convention collective de 2016, GM s'était engagé à maintenir l'usine d'Oshawa en activité. Or, aucun programme de production n'est prévu après 2019, ce qui veut dire que l'usine fermera. Deux usines de montage vont aussi fermer aux États-Unis, la production devant déménager au Mexique.

Le syndicat voit dans cette fermeture une "trahison" après que les gouvernements canadien et américain aient renfloué GM, en faillite pendant la crise financière. Les véhicules construits au Mexique sont essentiellement destinés aux marchés américain et canadien.

"Les travailleurs canadiens ne pardonneront pas à GM s'il applique son plan de fermeture de la chaîne de montage d'Oshawa et ruine la communauté," a déclaré Jerry Dias, le Président national d'Unifor.

"Pendant plus d'un siècle, Oshawa a fait et soutenu General Motors. L'action que mènent les adhérents d'Unifor envoie un message à GM pour qu'il revienne sur sa décision de fermer l'usine."

GM s'était engagé, dans la convention collective de 2016, à maintenir ses usines en activité. Suivant les termes de cet accord, GM est obligé de maintenir celle d'Oshawa en activité au moins jusqu'au 21 septembre 2020; ensuite, des plans de restructuration seront négociés.

La présence de GM représente 30.000 emplois directs et indirects dans la région d'Oshawa.

Le directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie automobile, Georg Leutert, a déclaré :

"GM dit vouloir passer à la nouvelle technologie, avec plus de véhicules électriques et autonomes. Mais cette fermeture montre que cette entreprise ne recherche pas un avenir radieux, mais plutôt une vision dépassée reposant sur une main-d’œuvre bon marché et le profit à court terme."

Pour plus d'informations sur la campagne #SaveOshawaGM, rendez-vous sur SaveOshawaGM.ca.

Un précédent est établi avec l’enregistrement par les autorités biélorusses d’un syndicat local

L’affilié d’IndustriALL, le Syndicat indépendant biélorusse des travailleurs des mines, de la chimie, des raffineries, de l’énergie, du transport, de la construction et des industries diverses (BITU), a reçu la confirmation de l’enregistrement de sa section locale ce 15 janvier 2019, au bout de trois demandes.

Cette section locale n’est pas une nouvelle organisation. Après la restructuration chez JSC Belaruskali, un producteur d’engrais potassiques, certaines unités de l’entreprise sont devenues des filiales séparées. L’une d’elles est devenu une nouvelle compagnie appelée Remmontazhstroy.

Les travailleurs et travailleuses de Remmontazhstroy, dont nombre sont adhérents du BITU depuis des années, voulaient maintenir leur affiliation syndicale et négocier collectivement, mais en vertu de la législation biélorusse, il fallait enregistrer une nouvelle section locale du syndicat.

Quelque 400 personnes ont tenu une assemblée fondatrice et ont annoncé la création en bonne et due forme de leur section. Cependant, en juin 2018, la municipalité de Soligorsk lui a refusé l’enregistrement, sans explication. Le BITU a fait appel de la décision devant les tribunaux.

Les travailleurs et travailleuses de Remmontazhstroy en ont appelé au gouvernement et demandé le soutien de la communauté syndicale internationale. IndustriALL Global Union, la CSI et l’UITA ont envoyé des courriers au Président de Biélorussie.

Le Président du BITU, Nikolay Zimin, explique :

“L’enregistrement d’une organisation syndicale devrait être une procédure ordinaire qui ne prend pas beaucoup de temps, d’énergie et d’efforts. Si des gens décident de se joindre à un syndicat, ils ne devraient pas en être dissuadés ou subir des pressions. Aussi, les autorités publiques devraient s’assurer que l’expression du libre arbitre est pleinement respectée.”

Malheureusement, d’autres syndicats indépendants en Biélorussie bataillent toujours pour enregistrer leurs sections locales face à des situations arbitraires.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, indique :

“IndustriALL est d’avis qu’un processus aussi long et épuisant est inacceptable. L’ensemble du processus d’enregistrement doit relever d’une confirmation et non d’une permission de la part des autorités étatiques.”

“Tous ceux qui ont soumis des demandes d’enregistrement de leurs syndicats ou de leurs structures sous-jacentes doivent l’obtenir immédiatement.”

Les travailleurs de Sistema Plastics obtiennent une hausse salariale de 16%

Sistema est détenue par le groupe américain Newell Brands, une multinationale qui fabrique des boites alimentaires en plastique. Les unités de production de la nouvelle usine de Sistema implantée à Manukau, à Auckland, en Nouvelle-Zélande, comptent environ 500 travailleurs. Avant cette convention collective, ces travailleurs, composés principalement de migrants originaires des îles du Pacifique, d’Inde et des Philippines, touchaient le salaire minimum légal et travaillaient dans des conditions difficiles, faisant de très longues heures et ne disposant d’aucun cadre structuré leur permettant de faire part de leurs préoccupations avec la direction.

Durant toute la campagne, qui a duré un an, la direction a refusé de négocier de bonne foi, ou d’accorder des hausses salariales et des conditions de travail supérieures au minimum légal.

IndustriALL Global Union et United Steelworkers ont écrit au PDG de Sistema Plastics pour demander à la compagnie de négocier de bonne foi une nouvelle convention améliorant le niveau des salaires et les conditions de travail inacceptables.

Après des mois de frustration provoquée par le blocage des négociations par la direction, les travailleurs sont entrés en grève, pour la première fois, à la fin du mois de novembre, lorsque l’équipe de nuit a quitté son poste en guise de protestation. Deux jours plus tard, l’équipe de jour formait un grand piquet de grève devant l’usine. D’autres grèves ont suivi, approuvées par plus de 90% des voix des membres votant.

La lutte livrée par ces travailleurs déterminés a amené la direction à faire une meilleure offre, favorablement votée par les travailleurs la semaine dernière. L’accord prévoit une hausse salariale de tous les membres d’environ 16 pour cent en avril 2020. Figurent également des dispositions garantissant aux travailleurs de recevoir un salaire toujours supérieur au salaire minimum.

Sistema a également accepté la tenue de réunions régulières entre les délégués syndicaux et sa direction pour résoudre les problèmes.

« L’accord est un grand pas en avant et nous permettra désormais de travailler dans un lieu bénéficiant de meilleures conditions qu’auparavant », a signalé Maria Latu, déléguée du syndicat E tū et employée à Sistema.

Le porte-parole du syndicat E tū, Mat Danaher, a indiqué:

« Ce sont des travailleurs mal rémunérés, qui travaillent durant de très longues heures. Ils se sont montrés disposés à faire grève à plusieurs reprises pour obtenir ce qu’ils voulaient au prix d’un grand sacrifice personnel. A chaque instant, ils sont demeurés fermes et il s’agit d’une victoire bien méritée ».

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Nous sommes fiers d’être associés de loin avec ces membres de E tū qui sont une source d’inspiration. Ce que nous devons retenir de l’exemple donné par les travailleurs de Sistema est que les droits syndicaux s’obtiennent quand on reste unis et qu’on exige le respect. Collègues, vous avez fait de l’excellent travail ».

Lien à la page Facebook de E tū: https://www.facebook.com/EtuUnion/

Au Zimbabwe, un leader syndical arrêté après un appel à la grève générale

Cette arrestation survient après plus d'une semaine de troubles qui ont fait 12 morts et des centaines de blessés au Zimbabwe. La police et l'armée ont tiré à balles réelles contre les participants à des manifestations de masse, le 14 janvier.

Le 15 janvier, la police a perquisitionné et dévasté le domicile du Président du ZCTU, Peter Mutasa. Il était absent et on est sans nouvelles de lui. Son frère, présent sur les lieux, a été passé à tabac. Le "crime" de Peter Mutasa est d'avoir enregistré et fait circuler une vidéo appelant les travailleurs à participer à une grève générale du 14 au 16 janvier pour protester pacifiquement contre la politique du gouvernement.

Japhet Moyo, qui n'était pas au Zimbabwe au moment de l'appel à la grève, a été arrêté à l'aéroport à son retour dans le pays et inculpé de subversion pour le rôle qu'il aurait prétendument joué.

Le Président du Syndicat fusionné des enseignants ruraux du Zimbabwe, Obert Masaraure, a été enlevé, torturé et emprisonné. D'après un tweet, il aurait dit dans son dernier appel téléphonique à un ami : "Cela va mal; ils (les forces de sécurité) enfoncent la porte."

Le Zimbabwe connaît une crise financière fulgurante. L'effondrement de la monnaie nationale, en 2009, a poussé le pays à adopter le dollar américain comme devise, mais ses réserves de change ne suffisent pas à remplir ses obligations. Les prix ont bondi et le pouvoir d'achat s'est effondré. Début janvier, les 305.000 fonctionnaires que compte le pays ont déposé un préavis de grève après avoir été payés en monnaie locale plutôt qu'en dollars.

Le 12 janvier, le gouvernement a augmenté les prix des carburants de plus de 200 pour cent, l'essence devenant ainsi la plus chère au monde. Le lendemain, le ZCTU a appelé à une grève générale de trois jours et reçu le soutien de plusieurs organisations de la société civile. La colère qui règne dans le pays a poussé des milliers de personnes à participer à des manifestations – auxquelles le ZCTU n'avait pas appelé – qui se sont accompagnées de pillages et de destructions et ont entraîné une répression brutale des forces de sécurité. Le gouvernement a aussi coupé l'internet, rendant les communications difficiles.

Le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a écrit au Président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, pour lui demander de libérer Japhet Moyo et de garantir la sécurité de Peter Mutasa :

"Nous demandons l'arrêt des persécutions et du harcèlement de dirigeants syndicaux, et que le gouvernement entame un dialogue social avec les syndicats et d'autres parties prenantes afin de sortir le Zimbabwe de la crise économique et de donner un coup d'arrêt à l'hyperinflation qui appauvrit les travailleurs. Nous sommes convaincus que des politiques économiques saines, dans une formulation inclusive, sont une des solutions pour faire face à la crise."

L’OIT donne la priorité aux gens au sein de son rapport sur l’avenir du travail

Une garantie universelle pour les travailleurs, la protection sociale de la naissance au grand âge et un droit à l’apprentissage tout au long de la vie figurent parmi les dix recommandations faites par la Commission mondiale de l’OIT sur l’avenir du travail.

La Commission, qui a été mise sur pied en octobre 2017, est coprésidée par le Président sud-africain Cyril Ramaphosa et le Premier Ministre suédois Stefan Löfven, deux anciens dirigeants de syndicats affiliés à IndustriALL Global Union.

“D’innombrables possibilités s’offrent à nous pour améliorer la qualité de la vie professionnelle, élargir les choix, combler l’écart entre les sexes, réparer les effets dévastateurs des inégalités dans le monde, et bien davantage. Or rien de tout cela ne se produira tout seul. Sans une action décisive, nous nous dirigerons vers un monde où les inégalités et les incertitudes iront croissant.”, souligne le rapport.

Le rapport “Travailler pour un avenir meilleur” tombe dans une époque tumultueuse où la numérisation, l’automatisation et la robotique transforment le monde du travail. Il propose une approche de l’intelligence artificielle dont l’humain a la maîtrise et appelle à davantage d’investissement dans les capacités des individus, dans les institutions du travail et dans un travail décent et durable.

“Les travailleurs et travailleuses doivent se perfectionner tout au long de leur vie. Les gouvernements, les travailleurs, les employeurs et les établissements d’enseignement doivent bâtir un système d’apprentissage qui se prolonge tout au long de la vie. Ce rapport fournit des pistes concrètes pour y parvenir,” a indiqué le Président sud-africain lors de la cérémonie de lancement.

Parmi les dix recommandations, on retrouve :

Le rapport appelle les gouvernements à garantir la représentation collective des travailleurs et des employeurs par le biais du dialogue social comme étant un bien public, activement soutenu par des politiques publiques. “Tous les travailleurs doivent jouir de la liberté syndicale et de la reconnaissance du droit à la négociation collective, l’État étant le garant de ces droits,” déclare-t-il.

“C’est un rapport solide qui apporte les fondements nécessaires à la construction d’une plateforme pour un monde du travail juste et équitable basé sur le dialogue social, l’investissement dans l’individu, des protections sociales et la garantie des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses,” a indiqué Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

“Nous appelons nos affiliés à prendre part aux débats sur ce rapport et à mettre la pression sur leurs gouvernements pour qu’ils en adoptent les recommandations par le biais de politiques publiques, de législations et de réglementations. Nous attendons des gouvernements et des employeurs qu’ils soutiennent pleinement les recommandations du rapport, sachant qu’elles ont été élaborées au sein d’un processus consensuel comprenant des représentants des partenaires sociaux.”

IndustriALL suspend l’accord mondial avec Volkswagen

Lors du Comité exécutif d’IndustriALL Global Union en décembre de l’année dernière, a été prise une décision unanime de suspendre l’accord-cadre mondial, connu sous la dénomination de Déclaration relative aux droits sociaux et relations industrielles chez Volkswagen et qui garantit les droits des travailleurs, pour le cas où le géant automobile allemand continuait à refuser aux travailleurs et travailleuses de son usine de Chattanooga le droit de rejoindre un syndicat.

“Nous regrettons le comportement de Volkswagen mais aussi longtemps que l’entreprise refusera d’honorer l’engagement pris avec IndustriALL en 2002, nous ne voyons pas d’alternative au fait de considérer l’accord comme suspendu dès aujourd’hui, cependant que nous réfléchissons à d’autres actions, ensemble avec nos affiliés,” a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

Les ouvriers et ouvrières qualifiés de l’usine Volkswagen de Chattanooga ont décidé par un vote en décembre 2015 de rejoindre le syndicat nord-américain UAW. Non seulement le résultat de ce scrutin démocratique n’a pas été reconnu sur le lieu de travail, mais Volkswagen   le combat activement auprès des tribunaux, pour essayer d’empêcher les travailleurs et travailleuses de rejoindre le syndicat.

Volkswagen a fait appel de la décision de l’agence américaine qui régit les relations sociales (le NLRB) datant d’août 2016 et qui penchait en faveur de l’UAW, pour empêcher les travailleurs et travailleuses d’exercer leurs droits fondamentaux en matière de liberté syndicale.

Dans un courrier adressé à IndustriALL et daté du 15 janvier de cette année, l’entreprise déclare qu’elle acceptera la décision finale du NLRB mais ne fait aucune allusion à un retrait de son appel à l’encontre de la précédente décision du NLRB en faveur de l’UAW, ce qu’IndustriALL exige.

“Nous avons de bonnes relations de travail avec Volkswagen ailleurs dans le monde et devoir suspendre l’ACM est malheureux. Mais le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective est fondamental pour nous,” poursuit Valter Sanches.

“Le vote prononcé par les ouvriers et ouvrières qualifiés de l’usine de Chattanooga est conforme à la Convention N° 87 de l’OIT ainsi qu’à la législation des États-Unis et Volkswagen doit respecter le droit des salariés à choisir librement leur syndicat.”

Lors d’une réunion de décembre 2018, le Conseil d’entreprise mondial des travailleurs de Volkswagen a déclaré unanimement sa totale solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Chattanooga et défendu leur droit légitime à rejoindre l’UAW.

Arrêtez la guerre salariale et comblez l’écart de richesse

Le rapport Services publics ou fortunes privées indique que le fossé entre riches et pauvres ne fait que s’agrandir puisque, en 2018, la fortune des milliardaires a augmenté de 2,5 milliards de dollars par jour.

La publication de l’étude d’Oxfam coïncide avec la tenue, cette semaine, de la réunion du Forum économique mondial, à Davos, où chaque année, l’élite mondiale souligne que davantage doit être fait pour créer une société plus juste, mais ne fait absolument rien à ce sujet.

Bien que de faibles taux d’imposition et des actifs offshore permettent à des entreprises et à des particuliers de s’enrichir de façon inimaginable, le désir de tirer le moindre petit profit est insatiable. Ce mois-ci, les travailleurs de l’industrie du vêtement au Bangladesh, qui gagnent un salaire de misère pour fabriquer des vêtements pour des marques mondiales, dont les propriétaires font partie du top des milliardaires, protestent par milliers pour réclamer de meilleurs salaires.

À Shell, l’une des plus grandes compagnies du monde, une mission récemment conduite par IndustriALL a constaté que des travailleurs sous-traités au Nigeria vivaient dans la pauvreté et étaient incapables de payer les soins de base, malgré des décennies de travail chez le géant du pétrole et du gaz.

Dans de nombreux pays, tels que le Brésil ou la Hongrie, le droit du travail relatif à la protection des travailleurs est érodé ou supprimé.

Les syndicalistes qui luttent pour réclamer de meilleurs salaires et des conditions de travail sûres sont menacés, souvent avec la complicité du pouvoir judiciaire, comme cela est le cas au Zimbabwe, au Bélarus et en Algérie

Industrie 4.0 et la transition énergétique constituent de nouvelles menaces pour les travailleurs, et le modèle actuel concentrera la richesse uniquement entre les mains d’une petite minorité. La forte augmentation du travail en sous-traitance, temporaire et intérimaire affaiblit davantage le pouvoir de négociation des travailleurs.

À moins que les gouvernements ne protègent les travailleurs, ne résistent aux multinationales et n’écoutent les syndicats, rien ne changera.

Après la première révolution industrielle, les syndicats se sont battus et ont obtenu des salaires plus élevés, des conditions de travail plus sûres et des avantages sociaux. Maintenant que la quatrième révolution industrielle s’intensifie, accompagnée d’une érosion des droits et d’une baisse des salaires réels, les syndicats doivent être prêts à négocier pour un monde du travail plus juste.