Les syndicats sud-africains s'opposent à la privatisation du producteur d'énergie Eskom

Cette proposition consiste à scinder Eskom en trois entités, pour la production, le transport et la distribution. D'autres parties d'Eskom, jugées non stratégiques, seront privatisées.

Les syndicats des mineurs et des métallurgistes, National Union of Mineworkers (NUM) et National Union of Metalworkers of South Africa (NUMSA), affiliés à IndustriALL Global Union, sont opposés à ce projet de démantèlement et de privatisation et annoncent qu'ils répliqueront par des actions de masse, de protestation et par des grèves au cas où le gouvernement voudrait aller de l'avant.

Pour David Sipunzi, le Secrétaire général du NUM :

"Le NUM est opposé à toute tentative de dégroupage d'Eskom. Sa privatisation ne servira qu'à enrichir les élites, pas à réduire les coûts. Par conséquent, nous appelons le gouvernement à revoir sa position, hostile aux classes laborieuses et aux pauvres. Elle aura pour effet une hausse des prix d'une électricité que les pauvres ne pourront plus payer. Le NUM combattra avec bec et ongles ce dégroupage."

Le Secrétaire général du NUMSA, Irvin Jim, abonde dans son sens :

"Le gouvernement a décidé de privatiser une entreprise nationale dont le public est propriétaire, sans se préoccuper de consulter les premiers concernés, les travailleurs et la communauté en général. La classe laborieuse est opposée à toute privatisation de nos entreprises d'État, et d'Eskom en particulier." Pour Irvin Jim, le gouvernement doit proposer un plan social, qui prévoie une transition juste, après avoir consulté les syndicats. Il ajoute qu'une consultation venant après une annonce n'est rien de plus qu'un "exercice d'entérinement".

Les positions des syndicats sur la question d'Eskom ont été communiquées au gouvernement lors d'un défilé vers la Maison syndicale, en 2018. Elles préconisent une politique de bouquet énergétique qui prenne en compte les mines de charbon et un secteur des énergies renouvelables collectivisé qui profite aux travailleurs et à la communauté et pas seulement à quelques producteurs d'énergie indépendants. L'an dernier, le gouvernement a accordé des contrats à 27 producteurs indépendants du secteur de l'énergie renouvelable, à la grande déception des syndicats.

Pour Paule France Ndessomin, la Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne :

"Il faut un dialogue social entre le gouvernement, les syndicats et les communautés sur les propositions pour Eskom. Les syndicats souhaitent être impliqués en tant que parties prenantes représentant des milliers de travailleurs qui seront affectés par le dégroupage sous la forme de pertes d'emplois et de licenciements."

Les métallos brésiliens annoncent une action au plan mondial contre les menaces de General Motors

Des dirigeants en provenance de tous les syndicats du Mouvement des Métallurgistes brésiliens (O movimento Brasil Metalúrgico), qui unit toutes les fédérations, syndicats et confédérations de métallurgistes au Brésil, dont les affiliés d’IndustriALL CNM/CUT et CNTM/Força Sindical, ont décidé d’un plan d’action en vue de protéger les droits des métallurgistes chez les constructeurs automobiles ainsi que tout au long de la chaîne d’approvisionnement et de soutenir la classe ouvrière dans son ensemble. Le Mouvement s’est constitué en 2017, entre autres dans le but de défendre les droits des travailleurs et de lutter contre le travail précaire.

L’une de ses décisions clés a été d’organiser une journée mondiale d’action syndicale contre les menaces proférées par General Motors (GM), les syndicats du Canada et des États-Unis ayant été invités à les rejoindre.

Bien que les ventes soient à la hausse, les dirigeants de GM ont publié un mémo qui menace de fermer des sites d’activité en Amérique du Sud à moins qu’ils ne retrouvent le moyen de revenir à des bénéfices.

Les travailleurs et travailleuses de l’usine GM de Gravataí ont récemment tenu une manifestation pour condamner les mesures de restriction mises en avant par l’entreprise, qui comprennent une réduction du salaire plancher et une semaine de travail de 44 heures.

Lors de la réunion, les leaders syndicaux ont débattu de ces menaces destinées à déforcer les droits des travailleurs. Ils ont également parlé de l’impact du chantage que GM a tenu aux États-Unis et au Canada lorsqu’elle a annoncé la fermeture de cinq usines sur le territoire des deux pays.

Les membres du Mouvement des Métallurgistes brésiliens ont également décidé de publier un bulletin d’information pour tenir les gens au courant de leurs luttes contre les menaces de GM et d’autres constructeurs.

De plus, ils ont décidé de soutenir d’autres campagnes, comme la manifestation de solidarité avec les familles des victimes de la tragédie de Brumadinho le 7 février ainsi que la journée nationale en faveur des pensions prévue pour le 20 février.

Les débats étaient dirigés par Mónica Veloso, vice-présidente de la CNTM et coprésidente du Comité des Femmes d’IndustriALL Global Union. Elle a indiqué qu’il était essentiel de restaurer le respect pour la classe ouvrière afin de faire face à une période où les choses vont en s’aggravant de manière virulente.

Enfin, les membres du Mouvement ont décidé de mettre sur pied un groupe qui fera une proposition de convention collective de travail nationale en faveur de la protection des travailleurs et de leurs droits.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, s’est joint à la réunion par vidéo-conférence et a déclaré :

“GM fait du chantage auprès des syndicats. Nous allons coordonner une lutte mondiale avec des syndicats du Canada et des États-Unis pour faire état de notre solidarité à ce stade. Nous nous assurerons que les syndicats mènent des actions au plan mondial contre ce chantage.”

Forum africain du Mining Indaba: l’avenir de l’industrie minière en 2050 s’inscrit dans le travail décent et durable

Ce sont quelques-unes des questions ayant encadré les débats des forums africains Mining Indaba et Mining Indaba alternatif, qui se sont tenus au Cap, du 4 au 7 février.

Le thème du Mining Indaba, un forum rassemblant des milliers de représentants des gouvernements, des compagnies minières et des investisseurs, portait sur « Défendre la croissance économique durable de l’Afrique ».

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, a pris part au panel d’experts de ce forum portant sur: « Transformer l’avenir de la force de travail et des communautés: quel est le rôle des technologies et des politiques de contenu local », où il a indiqué:

« La transformation technologique de l’exploitation minière doit protéger les droits et les intérêts des travailleurs, ainsi que ceux des communautés affectées par les mines. De nouveaux emplois doivent être créés et il doit y avoir une Transition juste et équitable, une formation continue par la requalification et le perfectionnement des mineurs ainsi qu’une amélioration de la santé et de la sécurité. Les recommandations du rapport sur l’avenir du travail de la Commission mondiale de l’OIT doivent être adoptées ».

Faisaient partis du panel des représentants de l’OIT, de l’African Rainbow Minerals (minéraux arc-en-ciel africains) et de l’Association des juristes en droit de l’environnement du Zimbabwe.

Le thème du Mining Indaba alternatif, composé des acteurs de la société civile et des communautés, était quant à lui: « Devenir plus fort, aller de l’avant », et s’inscrivait dans le cadre de la célébration de ses dix années d’activité. Le deuxième jour, auquel les participants des deux Indabas ont pris part, était consacré au développement durable. Les participants au Mining Indaba alternatif se sont rendus sur le lieu du Mining Indaba pour présenter aux compagnies minières la liste de leurs revendications en faveur d’un partage équitable des bénéfices de l’exploitation minière pour les communautés et d’une extraction minière durable les respectant.

Le Mining Indaba alternatif qui, cette année, comptait 500 délégués provenant de 26 pays, est un mouvement en faveur des communautés affectées par les mines visant à faire entendre leur voix, réfléchir, apprendre, partager et mobiliser sur les droits des communautés.

Figurent parmi ses succès, un meilleur engagement avec les gouvernements, contraignant les compagnies minières à dialoguer avec les communautés, y compris les femmes et, dans certains cas, obligeant les compagnies à travers la mobilisation communautaire à respecter la législation environnementale. Le Mining Indaba alternatif, soutenu par IndustriALL et d’autres organisations, milite également pour la mise en œuvre d’une Vision africaine de l’extraction minière, et l’engagement de l’Union africaine et des gouvernements; et représente les mineurs artisanaux et à petite échelle.

Glen Mpufane, directeur d’IndustriALL en charge de l’exploitation minière, a rappelé durant un autre panel que « les coûts sociaux et environnementaux de l’exploitation minière ne sont pas reflétés dans les bilans des entreprises mais externalisés et répercutés sur les travailleurs, leurs familles, les communautés pauvres et l’état. Les accidents du travail et les maladies professionnelles ont des implications sociales et économiques énormes pour la société. Les coûts indirects comprennent les coûts de la perte des sources de revenus et du revenu pour les personnes à charge, ainsi que les coûts associés aux soins à domicile prodigués par les familles et la communauté. »

Les Présidents Nana Akufo-Addo, du Ghana, et Cyril Ramaphosa, d’Afrique du Sud, ont déclaré au Mining Indaba que l’extraction minière pourrait permettre un développement économique durable en Afrique grâce à la création d’emplois et au développement des infrastructures.

Les travailleurs et travailleuses de Timberland aux Philippines en grève contre des pratiques anti-syndicales

Pulido Apparel a fermé en décembre son unité de San Luis, en province de Batangas, en invoquant des difficultés financières. Cependant, moins d’un mois plus tard, Pulido a commencé à réengager dans la même usine sur base de contrats de deux mois, tout en mettant sur liste noire les responsables et des membres du syndicat.

Les grévistes revendiquent la réintégration des tous les travailleurs et travailleuses, y compris des militants qui ont participé à la grève et au piquet, et que des négociations collectives soient entamées au plus tôt.

Pulido Apparel, une filiale aux Philippines du fabricant de gants et accessoires de mode en cuir Fownes Bros & Co, d’origine américaine, compte environ 450 salariés sur trois sites à San Luis, Bauan et Lipa.

Les travailleurs et travailleuses de Pulido Apparel ont créé leur section syndicale de base TF-2 en juin 2018. Elle est affiliée à IndustriALL Global Union par le biais de la Fédération du textile et de la confection TF2/FFW Kilos Damit. Le Syndicat de Pulido Apparel a ensuite reçu sa certification de la part du Ministère du Travail en tant que représentant unique et exclusif en matière de négociations collectives, avec tous les droits et prérogatives d’une organisation syndicale légitime.

Le 8 novembre, une semaine avant que les négociations collectives ne commencent, l’entreprise a informé le syndicat que l’usine de San Luis allait fermer. Elle a également renvoyé des dirigeants et des membres du syndicat.

Selon le syndicat, Pulido a alors ordonné aux travailleurs et travailleuses de San Luis d’aller chercher leur indemnité de licenciement et de signer un document attestant leur départ de l’entreprise.

Début décembre, Pulido a commencé à recruter des opérateurs sur machine sur base de contrats de trois mois sur le nouveau site de Lipa. En revanche, tous les dirigeants et militants actifs du syndicat ont été exclus de ces recrutements.

Le 3 janvier, l’usine de San Luis a repris ses activités et fin janvier, au moins 61 travailleurs et travailleuses y étaient employés en vertu de contrats de deux mois. Tous les dirigeants et sympathisants syndicaux en sont restés exclus et placés sur liste noire par l’entreprise.

Dans une tentative pour résoudre le conflit, le syndicat a déposé une demande de médiation préventive auprès du tribunal du travail. Cependant, la direction de l’entreprise ne s’est pas présentée lors de la dernière audience du Bureau national de conciliation et médiation, lors de laquelle un préavis de grève a été déposé par le syndicat.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré dans son courrier à Pulido :

“Ces actes constituent une violation flagrante des droits des travailleurs tels que garantis par la Constitution des Philippines, ainsi que des normes fondamentales internationales du travail comme la Convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la Convention 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du Travail (OIT), que les Philippines ont ratifiées.”

Aileen Panuelos, Présidente de la section syndicale de Pulido Apparel, a déclaré :

“Nous sommes déterminés à poursuivre la lutte qui nous est imposée par la direction de Pulido et consorts. Nous existons parce que nous voulons exercer et protéger nos droits légitimes en tant que travailleurs et travailleuses, ainsi qu’en tant qu’êtres humains. Nous mènerons ce combat où et quand il le faudra avec l’aide de nos alliés ici aux Philippines ainsi qu’à l’étranger.”

La Turquie ratifie la Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr des navires

La Turquie est l’un des cinq pays les plus importants dans le monde en matière de recyclage des navires, qui avec le Bangladesh, la Chine, l’Inde et le Pakistan représentent plus de 90% du tonnage des navires recyclés.

Cette convention de l’Organisation maritime internationale entrera en vigueur 24 mois après sa ratification par 15 États, représentant 40% de la flotte marchande mondiale en tonnage brut et un volume annuel maximum combiné de recyclage de navires qui ne soit pas inférieur à 3% de leur tonnage combiné.

IndustriALL représente les syndicats du secteur de la démolition des navires dans le monde et a fait fortement pression sur les pays pour qu’ils ratifient ce traité :

“C’est un pas significatif en avant que la Turquie, un pays important dans le recyclage des navires, a ratifié la Convention de Hong Kong. Cependant, dix ans après son élaboration, trop peu d’États l’ont déjà signée pour qu’elle entre en vigueur. Nous ne pouvons plus attendre. Il y a trop de morts et trop de travailleurs exposés à des conditions de travail dangereuses au sein de l’industrie de la démolition des navires,” martèle Kan Matsuzaki, directeur d’IndustriALL pour la construction navale et la démolition des navires.

“Cette Convention est un premier pas minimum pour que toutes les parties prenantes assument leurs responsabilités pour garantir, et les travailleurs sont en droit de l’attendre, des emplois sûrs, sains, propres et durables. Nous exhortons toutes les grandes nations restantes qui sont concernées par le commerce maritime et la démolition des navires de la ratifier dès que possible.” 

La Turquie est le septième État à ratifier la Convention de Hong Kong après la Belgique, le Congo, le Danemark, la France, la Norvège et le Panama. Ensemble, ils représentent plus de 20% de la flotte commerciale mondiale en tonnage. D’importantes nations en termes de commerce maritime et/ou de démolition des navires comme le Bangladesh, la Chine, Chypre, l’Allemagne, l’Inde, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, Singapour et le Royaume-Uni doivent la ratifier afin de rencontrer le reste des conditions de la Convention de Hong Kong.

La Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires couvre la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance des navires et leur préparation pour le recyclage afin de faciliter le fait qu’il soit réalisé de manière sûre et saine du point de vue environnemental, sans compromettre la sécurité et l’efficacité opérationnelle des navires.

En vertu de la Convention, les navires envoyés au recyclage doivent être porteurs d’un inventaire des matériaux dangereux, spécifique à chaque unité. Les chantiers de recyclage des navires sont tenus de fournir un  “Plan de recyclage du navire”, qui précise la manière selon laquelle chaque navire sera recyclé, en fonction de ses particularités et de son inventaire, et qui comporte une formation adéquate à la sécurité.

Les syndicats nigérians saluent l’avancée en matière de salaire minimum

Les syndicats nigérians, dont sept affiliés à IndustriALL Global Union, vont maintenant plaider pour l’adoption du projet de loi par le Sénat à la reprise de sa séance.

S’ils y parviennent, President Muhammadu Buhari n’aura plus qu’à promulguer en loi la proposition sur le salaire minimum. Le nouveau salaire minimum vise à protéger les travailleurs faiblement payés dans les secteurs privé et public.

Les tentatives déposées par le Conseil national des États visant à mettre en place une double structure en matière de salaire minimum dans laquelle les fonctionnaires et les travailleurs du secteur privé seraient payés 27 000 Naira (74 US$), ont été rejetées par le Congrès du travail du Nigéria, le Congrès des syndicats du Nigéria et le Congrès du travail uni.

En outre, les fédérations ont demandé à ce qu’aucun licenciement ne survienne dans le cadre du nouveau salaire minimum. Ils ont rejeté le montant de 27 000 Naira qui ne correspond pas à celui recommandé par la Commission tripartite sur le salaire minimum national à laquelle ont participé des représentants des fédérations du travail. La Commission a tenu des audiences publiques dans tout le pays et mené de vastes consultations avant de présenter ses recommandations au gouvernement fédéral.

Selon les syndicats, la dépréciation du naira a réduit la valeur du salaire minimum. Ainsi, en 2011, le salaire minimum de 18 000 naira équivalait à 150 US$, alors que le salaire minimum approuvé est inférieur à 100 dollars. Passer sous 30 000 naira (83 US$) équivaudrait à appauvrir davantage les travailleurs. 

Olufemi de Olawale Afolabi, Secrétaire général par intérim du Syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz naturel, a déclaré:

« Nous accueillons avec satisfaction l’approbation du salaire minimum national par l’Assemblée nationale et la félicitons d’avoir adopté les recommandations de la Commission sur le salaire minimum résultant d’un long processus consultatif ».

Les sept affiliés à IndustriALL au Nigéria organisent les travailleurs dans les secteurs chimique, énergétique, pétrolier et gazier, sidérurgique et de l’ingénierie, ainsi que dans les secteurs textile et de l’habillement, du cuir et de la chaussure.

5 raisons de se syndiquer

1. De meilleurs salaires et de meilleures prestations

Il est prouvé que les travailleurs syndiqués gagnent plus que ceux qui ne le sont pas. Les syndicats s'appuient sur la force que leur apportent leurs adhérents pour obtenir de meilleures conditions en matière de salaires, de pensions, de congés, d'assurance de santé, d'indemnités de maladie, d'heures supplémentaires, etc. Ils font pression dans la négociation avec le patronat pour obtenir aux salariés de meilleures conditions qu'ils ne pourraient le faire seuls.

2. Protection personnelle

Forts de votre soutien, les syndicats vont non seulement vous expliquer vos droits, ils vont aussi défendre vos droits. Si votre employeur vous traite mal, vous pouvez compter sur le soutien et l'expertise des représentants de votre syndicat. Le délégué syndical est une personne de confiance; vous pouvez vous adresser à lui lorsque votre travail ne vous donne pas satisfaction ou que vous subissez une injustice de la part de votre employeur. Et, maintenant que l'automatisation et la robotique transforment l'entreprise, les syndicats réclament de la formation, de l'apprentissage tout au long de la vie et de la protection sociale pour les travailleurs dans la transition vers le nouveau monde du travail.

3. Égalité

Les syndicats combattent pour l'égalité de droits et l'égalité salariale. Ils combattent la discrimination fondée sur la race, le sexe, l'orientation sexuelle et le handicap. Ils prônent le respect et la dignité sur le lieu de travail. Ils promeuvent les droits de la maternité, le travail flexible et les allocations de paternité de façon à ce que les charges de famille soient partagées. Aujourd'hui, des syndicats mondiaux parmi les plus grands sont dirigés par des femmes et les syndicats encouragent activement les femmes et les jeunes à occuper des postes à responsabilité dans leurs structures. Devenu représentant syndical, vous pourrez améliorer votre lieu de travail.

4. Santé et sécurité

Les lieux de travail où le personnel est syndiqué sont plus sûrs, c'est un fait prouvé. Cela s'explique par le fait que les syndicats ne vont pas laisser les travailleurs mettre leur vie en danger pour atteindre des objectifs de production ou pour faire gagner de l'argent à l'entreprise. Les seuls à avoir l'autorité morale pour évaluer le risque sont ceux qui y sont confrontés. Et la seule façon de se faire entendre est d'avoir un syndicat. Avec l'appui d'un syndicat, vous ne courez pas le risque de perdre votre emploi si vous refusez de faire un travail dangereux. Les syndicats font campagne sans relâche pour des conditions de travail plus sûres et c'est à eux que nous devons le plus d'avancées en matière de santé et de sécurité au travail.

5. Solidarité

Les syndicats ont un réseau gigantesque couvrant toute la planète. Les syndicats mondiaux, comme IndustriALL qui compte plus de 600 organisations affiliées dans 140 pays, peuvent s'appuyer sur des millions de membres pour retenir l'attention des plus grandes entreprises. Les syndicats mondiaux peuvent signaler à la haute direction d'une multinationale un problème qui ne reçoit pas de solution au niveau local et dont, souvent, elle n'est pas informée, et les syndicats mondiaux peuvent contribuer à régler un conflit sur le terrain. Quand vous êtes membre d'un syndicat, vous êtes membre d'une grande famille mondiale.

ACT qualifié d’« initiative mondiale importante » par un rapport parlementaire britannique

Les gouvernements du monde entier reconnaissent de plus en plus que le processus ACT est l’initiative la plus encline à permettre le versement de salaires décents aux travailleurs de l’habillement. Le rapport d’activité du Comité d’audit environnemental du Parlement britannique sur la durabilité de l’industrie de la mode au Royaume-Uni est l’aboutissement de propositions écrites et d’une série d’audiences publiques ayant eu lieu en novembre 2018.

Lors de son exposé au Comité, la Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, a souligné l’importance de la liberté syndicale, et de la nécessité de changer et de réformer les pratiques d’achat des marques dans l’ensemble du secteur.

« Vous ne pouvez pas induire les changement usine par usine parce que les chaînes d’approvisionnement sont trop complexes et les violations des droits des travailleurs sont systémiques », a déclaré Jenny Holdcroft, en s’adressant au comité. « Nous devons collaborer pour transformer les conditions dans les pays producteurs auprès desquels toutes les entreprises achètent ».

L’initiative ACT d’IndustriALL avec les marques mondiales vise à obtenir un changement durable dans l’industrie textile et de l’habillement en liant les conditions dans lesquelles les marques achètent leurs produits et les salaires négociés par le biais des conventions collectives sectorielles.

La députée britannique et présidente du Comité d’audit environnemental, Mary Creagh, a indiqué dans le rapport qu’il était choquant de voir qu’un groupe de principaux détaillants ne protègent pas leurs travailleurs:

« Il est décevant que seul un tiers des détaillants à qui nous avons écrit ait souscrit au processus ACT, une importante initiative mondiale dont le but est d’obtenir le versement d’un salaire décent à tous les travailleurs du vêtement ».

Elle a également reconnu l’importance des accords-cadres mondiaux, observant que le Comité salue ASOS pour le fait de devenir le premier détaillant en ligne à signer un accord-cadre mondial avec IndustriALL, et de s’engager à souscrire aux normes les plus élevées possibles en matière de droits syndicaux, de santé et de sécurité, ainsi que de relations du travail.

Suite à la reconnaissance du processus ACT dans la déclaration finale des Ministres du travail et de l’emploi du G20, en 2017, le soutien envers cette initiative continue de croître. Jenny Holdcroft s’est félicitée de l’appui du Comité britannique, venant s’ajouter à celui du Gouvernement allemand, qui coopère avec ACT par le biais de son Partenariat pour des textiles durables.

Jenny Holdcroft a déclaré:

« Davantage de gouvernements devraient suivre l’exemple du Royaume-Uni et de l’Allemagne, et appeler les marques à souscrire aux obligations de l’initiative ACT visant à augmenter les salaires et à transformer les conditions de travail dans l’industrie du vêtement ».

Lors du Forum de l’OCDE sur le devoir de diligence applicable dans le secteur de l’habillement et de la chaussure, qui aura lieu plus tard dans le mois, une présentation d’IndustriALL, ACT et des syndicats et des employeurs du Cambodge incitera les gouvernements à appeler les marques à rejoindre l’initiative ACT et à s’engager à réformer leurs pratiques d’achat sous les mêmes conditions souscrites par les marques ACT.

IndustriALL exhorte au respect de l’auto-détermination et de la souveraineté du peuple vénézuélien

IndustriALL rejette également le boycott extérieur qui comporte d’évidentes motivations politiques et économiques qui violent la souveraineté du Venezuela.

IndustriALL a appelé tant le gouvernement du Venezuela que l’opposition à mettre fin à la confrontation et a exhorté les deux parties à se conformer à l’État de droit et aux normes internationales pour s’engager dans un dialogue destiné à trouver une solution pacifique avec le soutien des organisations internationales.

IndustriALL soutient l’appel des Nations Unies visant à ce que toutes les parties impliquées s’engagent dans un dialogue politique crédible et inclusif pour relever les défis d’une situation très complexe.

IndustriALL est disposée à se joindre à ces efforts et encourage l’ensemble du mouvement syndical international à soutenir une solution non-violente, de sorte à garantir la paix et la démocratie et à assurer le respect national et international de la souveraineté, du développement et de l’auto-détermination du peuple vénézuélien.

IndustriALL appelle aussi les gouvernements et autres institutions démocratiques régionales et internationales à condamner tout acte de violence, toute intervention militaire et économique, ainsi que toute interférence extérieure. De telles mesures permettront d’éviter l’escalade et l’extension à d’autres zones de la région des tensions politiques, économiques et sociales du Venezuela

“Nous devons œuvrer à un dialogue soutenu par la communauté internationale et qui respecte le droit à l’auto-détermination du peuple vénézuélien, sans interférence extérieure. C’est la seule manière d’alléger les tensions et d’éviter l’escalade de la violence et de la militarisation, ce qui ne ferait qu’aggraver la situation dans le pays et plus largement dans la région ainsi que dans le monde,” a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches.

Enfin, IndustriALL condamne la décision du groupe de Lima (avalisée par l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, Panama, le Paraguay et le Pérou) de reconnaître le président de l’Assemblée Nationale et chef de l’opposition, Juan Guaidó, après qu’il se soit auto-proclamé Président du Venezuela.

Le syndicat décroche une convention dans une filiale de Saint-Gobain

La reconnaissance des droits syndicaux pour les travailleurs et travailleuses représentés par l’affilié d’IndustriALL Kristal-İş est survenue après une lutte de longue haleine et parfois difficile soutenue partout dans le monde par les membres du réseau syndical Saint-Gobain.

Les adhérents de Kristal-İş chez İzocam étaient partis en grève illimitée après l’échec de négociations en vue de meilleures rémunérations et conditions de travail. Les travailleurs et travailleuses des deux usines également productrices de laine de verre de Tarsus et Mersin ainsi que de celle de Gebze, qui produit de la laine de roche, ont participé au mouvement.

Au bout de douze jours de grève, l’entreprise a accepté de rencontrer les représentants des travailleurs le 29 janvier. Au cours de cette même journée, une convention collective exhaustive de deux ans a été signée entre le syndicat et l’employeur.

Cette convention comprend un important ensemble d’avantages, dont quatre primes chaque année, des congés payés supplémentaires, des indemnités de déplacement et d’habillement bien plus élevées ainsi qu’une hausse salariale significative.

En plus des montants légaux correspondant au licenciement et au préavis, trois travailleurs qui avaient été licenciés abusivement pour avoir mené la campagne de syndicalisation recevront une indemnité équivalente à 18 mois de salaire.

Il a également été convenu au sein de la CCT que les travailleurs contractuels passeraient graduellement sous statut permanent.

“Signer cette CCT est une grande avancée pour laquelle Kristal-İş s’est battu avec ferveur,” indique Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL. “La solidarité internationale a permis d’accentuer la pression sur la direction et nous félicitons Kristal-İş pour cette victoire. Nous appelons de nos vœux un authentique dialogue permanent entre le syndicat et la direction d’İzocam.”

L’affilié d’IndustriALL Kristal-İş avait obtenu légalement le statut de syndicat représentatif des travailleurs d’İzocam en mai 2018, à l’issue d’une campagne de syndicalisation et d’une bataille juridique de quatre ans et demi. Les négociations collectives avaient débuté en août 2018.

İzocam fabrique des produits d’isolation et est détenu conjointement par la multinationale française Saint-Gobain et la société d’investissement koweïtienne Alghanim.