Les syndicats russes se battent pour sauver une usine Ford

Le comité d'entreprise de Ford-Vsevolozhsk, composé de l'intersyndicale "Association des travailleurs", affiliée à IndustriALL Global Union, et du syndicat local de Ford, a publié une déclaration commune le 15 février.

Bien que la fermeture de l'usine de Vsevolozhsk n'ait pas été confirmée, Ford a annoncé en janvier 2019 qu'elle allait revoir sa stratégie de développement en Russie. En fonction de ses conclusions, l'usine de Vsevolozhsk et deux autres fabriquant des voitures et des moteurs en République du Tatarstan, pourraient fermer. Les autorités de la région de Leningrad ont un accord avec la direction de l'entreprise qui garantit la production jusqu'en 2019, mais il n'y a aucune garantie d'avenir pour les usines Ford de Russie au-delà de cette date.

Le comité d'entreprise de Vsevolozhsk a fait appel à l'aide d'IndustriALL et de la Confédération du travail de Russie (KTR) et il a l'intention de transmettre ses propositions à la direction européenne de Ford.

Les syndicats ont uni leurs forces pour exhorter la direction à entamer un dialogue constructif. Ils proposent de mettre à profit l'expertise des syndicats et des travailleurs pour élaborer un plan qui aidera à préserver l'emploi, assurer la viabilité de l'usine et permettre à Ford de renouer avec les succès du passé.

Igor Timochenko, le Président de l'intersyndicale "Association des travailleurs" pour la région de Leningrad et Saint-Pétersbourg, a déclaré,

"À notre avis, la direction locale n'évalue pas tous les risques associés à une liquidation de l'entreprise et à un licenciement massif de salariés. Les syndicats ont des propositions pour réduire les coûts de production ainsi que pour le développement de l'entreprise. Ces mesures permettront de sauver l'usine de Vsevolozhsk."

La coentreprise Ford-Sollers à Vsevolozhsk fonctionne depuis 2001 et construit les modèles Focus et Mondeo. Actuellement, l'usine emploie 1.020 personnes en équipe unique. Près de 600 personnes sont à la production et 400 dans l'administration et la gestion. Depuis quatre ans, l'usine tourne au ralenti.

Vadim Borisov, le Secrétaire régional d'IndustriALL, commente en ces termes :

"L'exemple de Ford met à nouveau en lumière l'importance d'un dialogue social avec les organisations syndicales dès que l'entreprise s'implante sur le marché russe. Dans cette première étape, l'accord passé entre l'entreprise et le gouvernement pour entamer des activités dans le pays devrait comporter des garanties pour les salariés et une formule pour calculer les indemnités en cas de licenciements massifs ou de cessation d'activités. Nous appuyons les revendications des syndicats de Vsevolozhsk et invitons instamment la direction de l'usine Ford à entamer un dialogue social constructif."

Brésil: les syndicats font campagne contre la réforme des retraites

Les syndicats feront campagne toute la journée contre le projet de réforme des retraites du Président de droite, Jair Bolsonaro, conçu pour mettre un terme aux pensions de retraite.

Le projet, qui sera présenté au Congrès le même jour, vise à remplacer le régime de sécurité sociale – dans lequel l’Etat gère les cotisations des travailleurs grâce à un fonds unique financé par les impôts sur les rémunérations – par un système de régime de pensions privé.

La transition vers le modèle de contribution individuelle, dans lequel le montant des pensions de retraite de chaque travailleur dépendra du montant qu’ils auront réussi à économiser au cours de leur vie active, sera progressive. La proposition est destinée à économiser près de 3 billions de reals (830 milliards de US$) en dépenses publiques sur une période de dix ans.

Selon les dirigeants syndicaux, le Président Bolsonaro a signé la mesure provisoire 871/2019, le 18 janvier, sans avoir préalablement consulté les travailleurs, au mépris total des principes de la démocratie et du rôle de la Commission nationale de la sécurité sociale.

Bien que peu d’informations sur la réforme aient été rendues publiques, les dirigeants syndicaux ont confirmé que la proposition comprend une série de mesures visant à remanier le régime et les règles de versement de prestations, privant des milliers de travailleurs de leur droit à la sécurité sociale.

Les nouvelles règles et exigences ont pour objectif de restreindre l’accès dans le pays à la pension de conjoint survivant, aux prestations en faveur des personnes à charge des prisonniers, aux congés de maternité, aux pensions d’invalidité permanente et de retraite des travailleurs ruraux.

Dans les années 1980, le dictateur Augusto Pinochet a instauré des réformes similaires pour privatiser la sécurité sociale au Chili, où les retraites sont maintenant gérées par six fonds privés. Ces fonds, qui payent les retraités moins de 40 pour cent du montant de leurs contributions, sont à l’origine de nombreuses protestations contre le système.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL Global Union, Marino Vani, a déclaré:

« Nous faisons cause commune avec les syndicats et les travailleurs au Brésil. Le terme utilisé de « réforme » par le gouvernement est un mensonge. Ce qu’ils veulent vraiment faire, c’est se débarrasser des pensions de retraite publiques universelles financées par les employeurs et les employés, et introduire un régime financé exclusivement par les travailleurs, avec des entreprises qui seraient exemptées de contribuer. Ainsi, les banques continueront de réaliser des profits, tandis que les travailleurs ne recevront pas de retraite, avec une épargne-retraite tributaire des variations du marché ».

Protestations des travailleurs en Inde contre Royal Enfield qui transfère des syndiqués sur d’autres sites à travers le pays

Ces transferts s’inscrivent dans la lignée d’une tactique adoptée par la direction de Royal Enfield visant à saper les revendications syndicales, parmi lesquelles le traitement égal et la régularisation des travailleurs précaires, dans le cadre de négociations collectives en cours.

Parmi les travailleurs transférés, on trouve le secrétaire général du syndicat, des membres actifs et des femmes travailleuses du Syndicat des salariés de Royal Enfield, affilié au Congrès des syndicats des travailleurs WPTUC, lui-même affilié à IndustriALL Global Union.

L’usine Royal Enfield d’Oragadam emploie 5.559 travailleurs et travailleuses, dont 1.059 ont un statut permanent, 2.000 opèrent en sous-traitance, 1.000 sont apprentis et 1.500 sont des stagiaires relevant de la Mission nationale pour l’amélioration de l’employabilité (NEEM). La plupart des stagiaires de la NEEM, qui sont payés comme des apprentis, sont impliqués dans la production.

Durant la période allant de septembre à novembre 2018, Royal Enfield a connu 50 journées de protestation de la part de travailleurs et travailleuses déterminés, qui se sont conclues par un accord sur la poursuite des discussions en vue d’une convention collective de travail.

Par la suite, en janvier 2019, en violation de l’esprit de l’accord, la direction a transféré des mandataires du syndicat vers d’autres sites de la région de Chennai. Des négociations ont abouti au retrait de ces transferts.

Cependant, en raison de l’absence de réactivité et de l’intransigeance de la direction, les négociations n’ont pas progressé et le syndicat a déposé un préavis de grève le 11 février, appelant à un véritable engagement.

Pour seule réponse, le lendemain, la direction de Royal Enfield a de nouveau transféré des mandataires et membres du syndicat, cette fois vers des sites éloignés dans les États du Bengale-Occidental, du Rajasthan et du Karnataka.

Exigeant le retrait des transferts, les travailleurs et travailleuses ont immédiatement entamé des actions de protestation le 13 février. Pour leur retour au travail, la direction a insisté pour qu’ils signent un engagement à ne plus entreprendre d’actions de grève à l’avenir.

R. Sampath du WPTUC a déclaré :

“La direction doit en finir avec ses pratiques sociales déloyales et la victimisation de salariés impliqués dans des activités syndicales. Elle doit se conformer à la loi et respecter le droit des travailleurs à rejoindre un syndicat de leur choix, le droit des sous-traitants à une égalité de traitement ainsi que résoudre le conflit par le biais de négociations dignes de ce nom.”

Georg Leutert, Directeur d’IndustriALL pour les industries automobiles et aérospatiales a indiqué :

“Les manquements en matière de travail décent chez Royal Enfield doivent être pris en compte immédiatement et les actions vindicatives retirées. La direction doit s’engager dans les négociations collectives en toute bonne foi pour ouvrir la voie à la paix sociale”.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud a déclaré :

“Il est inacceptable que la direction ait recours à la pression et à des tactiques antisyndicales pour intimider les jeunes travailleurs. Nous allons continuer à soutenir notre affilié le WPTUC dans sa lutte pour obtenir que le travail soit décent à l’usine Royal Enfield d’Oragadam.”

Parmi les revendications, on retrouve :

  1. La régulation du statut de tout salarié qui compte 480 journées de travail
  2. Le versement d'une prime aux salariés qui ont travaillé plus d’un mois
  3. La révocation des transferts et actes vindicatifs
  4. Un engagement significatif dans les négociations collectives
  5. La fin de l’implication des stagiaires NEEM dans les tâches de travail fondamentales

IndustriALL et Rio Tinto engagent QIT Madagascar Minerals (QMM) sur la voie d’un dialogue social constructif

La mission a été réalisée dans le cadre d’une activité de consolidation des syndicats conduite à Antananarivo (Madagascar), les 11 et 12 février 2019, par IndustriALL Global Union. IndustriALL et Rio Tinto ont entrepris conjointement d’engager QIT Madagascar Minerals (QMM) sur la voie d’un dialogue constructif durable, conforme aux principes mondiaux des relations du travail de Rio Tinto. QMM est détenue à 80% par la multinationale et à 20% par le gouvernement de Madagascar.

L’exploitation minière, située près de Fort Dauphin, à la pointe sud-est de Madagascar, est le théâtre de relations du travail conflictuelles et acerbes entre la direction locale et les affiliés à IndustriALL. Ce conflit de travail relatif à la mise en œuvre des dispositions de la convention collective a éclaté après le passage de la mission conjointe de haut niveau d’IndustriALL aux installations de QMM en février 2018.

Le conflit de travail fait suite à une série d’autres conflits ayant eu lieu à la compagnie, qui emploie majoritairement des travailleurs contractants. Depuis lors, IndustriALL et Rio Tinto sont intervenus, individuellement et ensemble, afin de faciliter des relations du travail constructives à QMM, fondées sur le dialogue.

Un atelier de deux jours sur le renforcement de l’évaluation et de la planification syndicales a été tenu les 11 et 12 février. Il était animé par l’équipe chargée de la consolidation des syndicats, composée de la Secrétaire régionale chargée de l’Afrique subsaharienne, Paule Ndessomin, de l’administratrice de programme de la région, Tendai Makanza, et de l’administratrice de programme responsable de la région travaillant à l’office central d’IndustriALL à Genève (Suisse), Fanja Rasolomanana.

L’atelier a été suivi d’une intervention conjointe de deux jours animée par le gestionnaire des relations avec les employés pour la région, Philippe Ferrie, et le gestionnaire des relations avec les employés pour la mine d’Oyu Tolgoi en Mongolie, Lkhaasuren Munkh-Orgil, tous deux représentants Rio Tinto, ainsi que par Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour le secteur de l’extraction minière et de la production de diamants, de pierres précieuses, d’ornements et de bijoux.

L’année dernière, IndustriALL a conduit avec succès une mission conjointe à la mine d’Oyu Tolgoi, au sein d’une délégation composée de Union to Union et de l’affilié suédois IF Metall. Le rapport détaillé est disponible ici. Le gestionnaire des relations avec les employés de la compagnie est venu à Madagascar pour partager ses expériences.

L’atelier d’intervention conjointe faisait partie des efforts déployés pour construire des relations de travail constructives à QMM entre les affiliés à IndustriALL, Sendika Kristanina Malagasy (Sekrima) et l’organisation Syndicalisme et Vie des Sociétés (SVS), ainsi que la direction de QMM.

S’ exprimant sur l’importance de cet atelier, Glen Mpufane a déclaré:

« Le succès ou l’échec des efforts menés conjointement pour mettre QMM sur la voie du dialogue constructif en matière de relations du travail dépend de l’engagement de la direction de QMM et des syndicats envers les résultats de l’atelier, y compris en ce qui concerne leur mise en œuvre ».

Rio Tinto s’est également engagé lors de l’atelier à l’égard de collectivités durables et du code de conduite des fournisseurs envers leurs contracteurs.

Concernant l’engagement de Rio Tinto envers une feuille de route sur le dialogue constructif pour QMM, Philippe Ferrie, a observé:

« L’atelier va contribuer à améliorer les procédés de QMM, à tirer les enseignements de ce qui a fonctionné et qui ne renferme aucune marge de progression en termes de processus et de relations; et à mettre tout cela sur une feuille de route (au sein même de la feuille de route globale de Rio Tinto) tout en tenant compte du cadre commercial global de QMM ».

Un syndicat australien résiste aux tentatives de Kimberly-Clark pour affaiblir les conditions de travail et d'emploi

Kimberly-Clark a essayé de dégrader très fortement les conditions de travail et d'emploi sous la menace d'une fermeture de l'usine de mouchoirs en papier Millicent Tissue Mill, en Australie-Méridionale. Cette usine emploie 400 personnes et produit les Kleenex ainsi que d'autres marques bien connues. Elle est un des principaux employeurs de la ville, avec 3.000 emplois dérivés.

En juin dernier, les membres du Syndicat australien de la construction, la sylviculture, la mine et l'énergie (CFMEU), affilié à IndustriALL Global Union, ont lancé une grève tournante illimitée après l'échec des négociations avec la direction qui a eu pour conséquence une stagnation des salaires depuis 2014. De plus, les travailleurs n'ont aucune garantie que l'usine restera en activité.

Kimberly-Clark a annoncé en janvier 2018 son intention de supprimer 5.000 emplois dans le monde et de fermer jusqu'à dix usines. IndustriALL et son homologue UNI ont condamné publiquement le comportement hostile aux travailleurs de Kimberly-Clark et des syndicats du monde entier ont envoyé des messages de solidarité.

Fin de la semaine dernière, les membres du CFMEU ont voté et accepté une nouvelle offre de la direction comportant une hausse des salaires de 4,5 pour cent plus une prime en numéraire de 1.000 $ australiens.

La direction s'est aussi engagée à maintenir l'emploi sur certaines lignes de production jusqu'en 2021 et à convenir avec le syndicat de priorités de formation pour de nouvelles perspectives de carrière. Quoi qu'il en soit, la menace de fermeture de l'usine subsiste.

Alex Millar, Secrétaire du département de la pâte et du papier du CFMEU et Président du même secteur pour IndustriALL en Asie-Pacifique, déclare :

"Nos membres chez Millicent ont montré qu'en restant unis, les travailleurs peuvent gagner face aux attaques et aux menaces des entreprises. Pour avoir tenté de dégrader les conditions des travailleurs, Kimberly-Clark a perdu bien plus que ce qu'elle aurait pu gagner et elle a détruit trente ans de paix sociale chez Millicent. À cause de sa conduite, il lui faudra très longtemps pour regagner la confiance des travailleurs, si elle y arrive un jour."

Le Directeur en charge du secteur du papier chez IndustriALL, Tom Grinter, ajoute :

"Une fois encore, le CFMEU a montré à ses membres comment résister et refuser un recul de leurs conditions. Kimberly-Clark a sérieusement écorné son image de marque en tant qu'entreprise attentive à son personnel. C'est surtout le cas aux États-Unis, en Australie et en Europe. La formidable menace de fermetures en série, sans donner de précisions et sans un réel dialogue avec le syndicat est impardonnable."

Les syndicats italiens ont organisé une manifestation de masse contre la politique du gouvernement

La place San Giovanni de Rome était remplie de travailleurs, pensionnés et familles venus de toute l’Italie, porteurs pour la plupart de drapeaux et de banderoles. Un grand nombre d’entre est venu à Rome en empruntant 12 trains, environ 1.300 bus et deux bateaux. Ils se sont rassemblés pour manifester leur unité et rappeler les valeurs exprimées de façon unitaire dans la Piattaforma.

Cette plateforme est un ensemble de propositions syndicales conjointes qui revendique du gouvernement qu’il effectue des changements au niveau de ses politiques actuelles et entame un débat sérieux et respectueux sur l’avenir du pays.

“La CGIL, la CISL et l’UIL continuent à affirmer avec force la nécessité de renforcer le développement du pays par le biais de politiques d’expansion et s’accordent à dire qu’il est nécessaire de dépasser les politiques d’austérité qui, aussi bien en Italie que dans le reste de l’Europe, ont conduit à de profondes inégalités, à davantage de pauvreté et à la montée du chômage, en particulier parmi les jeunes et les femmes,” indique le document.

Les affiliés italiens d’IndustriALL Global Union payent le prix d’un manque de volonté politique du gouvernement s’agissant d’adopter des mesures économiques et politiques visant à donner un coup de fouet à l’économie.

À ce stade, le gouvernement n’envisage aucune mesure pour augmenter les investissements publics et privés dans l’industrie italienne, ce qui très certainement n’encourage pas la croissance de l’emploi. Du contraire, certaines lois adoptées par le gouvernement auront probablement un effet inverse. Par exemple, dans le secteur de l’énergie, les syndicats sont en train de lutter pour l’instant contre une loi récente qui interdit aux compagnies de rechercher et exploiter de nouveaux gisements de gaz et de pétrole. Cette législation pourrait conduire à la perte de plus de 15.000 emplois et rendre l’Italie dépendante d’autres pays au plan énergétique.

Les revendications des syndicats se concentrent sur le développement, la croissance et l’emploi par le biais d’investissements publics qui, en retour, attirent des investissements privés et permettraient de promouvoir une nouvelle structure de production. L’État doit entreprendre une réforme fiscale en supprimant les charges excessives qui pèsent sur les salaires et les pensions et en combattant l’évasion fiscale, de sorte à créer un système plus équitable, indiquent les syndicats.

Parmi les autres revendications, on retrouve la création d’un filet de sécurité sociale, qui prenne en compte les besoins des entreprises pour achever leur restructuration ou échapper aux crises du marché, la modification du système de sécurité sociale et d’allocations sociales par le renforcement des pensions, des politiques sociales, le combat contre la pauvreté et l’amélioration des soins de santé.

Il faut mettre en place l’amélioration et la réforme du système d’enseignement professionnel et des programmes de formation permanente des travailleurs. Enfin, les syndicats ont appelé le gouvernement à investir dans l’administration publique, qui en tant que lien entre les citoyens, les entreprises et les services de l’État est un outil fondamental pour accompagner des politiques de croissance et de développement du pays.

Selon l’Institut national italien de la statistique ISTAT, le taux de chômage a atteint un niveau record de 10.6% en 2018, ce qui est le troisième plus élevé d’Europe après ceux de la Grèce et de l’Espagne. Bien qu’il y a eu une diminution par rapport à 2017 de 0,7%, on est toujours loin des 6,1% de chômage de 2007. La jeune génération des travailleurs et travailleuses est celle qui souffre le plus avec un taux de chômage chez les jeunes qui a atteint une moyenne de 32,1% en 2018.

#FuturoAlLavoro

Le gouvernement du Bangladesh veut revenir sur ses engagements

Dans une déclaration commune, IndustriALL Global Union et UNI Global Union écrivent :

À la suite du recours introduit contre une décision de justice ordonnant la cessation de l'Accord au 30 novembre 2018, la Cour d'appel du Bangladesh a accordé plusieurs reports pour permettre aux tenants de l'Accord, au gouvernement et à l'association des employeurs BGMEA d'arrêter les modalités de transfert des fonctions inscrites dans l'Accord. Les instances de l'Accord ont élaboré un plan détaillé et responsable qu'elles ont soumis aux deux parties en septembre 2018. Il consiste en un transfert de la responsabilité des inspections et remises en état des usines soumises à l'Accord par étapes, en fonction de la capacité démontrée de l'organe compétent du gouvernement, le RCC, à reprendre ces fonctions.

Le gouvernement refuse systématiquement toutes conditions au transfert des fonctions, affirmant (sans en apporter la preuve) que le RCC répond déjà à tous les critères de fonctionnement définis par l'OIT et acceptés par lui. Or, l'OIT et la Commission européenne ont déclaré à plusieurs reprises que le RCC est loin d'être prêt à assumer les fonctions de l'Accord. Près de 200 grandes marques et chaînes internationales ont signé l'Accord de 2018 parce que, cinq ans après le drame du Rana Plaza, le gouvernement n'avait toujours pas adopté de réglementation satisfaisante. Les choses n'ont guère changé depuis. En outre, le fait qu'il refuse la présence de critères dans un plan de transition jette le doute sur l'état de préparation que le gouvernement proclame.

En l'absence de toute transparence et d'une garantie vérifiable que le degré de sécurité sans précédent atteint dans les usines sujettes à l'Accord sera maintenu, les grandes enseignes mondiales qui se fournissent au Bangladesh ne peuvent prendre le risque d'un retour aux conditions qui ont entraîné l'effondrement de l'immeuble du Rana Plaza en 2013.

Les parties doivent à nouveau comparaître devant la Cour d'appel le 18 février pour rendre compte du résultat de leurs négociations. Les représentants des syndicats et des marques ont écrit au gouvernement et à la BGMEA dans une toute dernière tentative pour obtenir un accord sur un plan de transition responsable. Si le gouvernement persiste à ne pas fournir de garanties crédibles, les parties devront indiquer à la Cour qu'aucun accord n'a pu être trouvé. On peut difficilement dire comment celle-ci réagira, mais il est peu probable qu'il mette fin de manière brutale à l'arrêt immédiat des fonctions de l'Accord.

Après plus de cinq ans de travail intense et d'investissement dans un Accord qui a obtenu un niveau de sécurité sans précédent dans les ateliers de confection du Bangladesh, il serait ahurissant que le gouvernement balaie tout cela de la main pour mettre une fois encore en danger les vies de ses millions de travailleuses et travailleurs et risquer la réputation de l'industrie du vêtement du Bangladesh.

Raisons pour lesquelles vous devez connaître les bassins de stockage des résidus

Qu’entend-on par résidus d’extraction minière?

Les résidus sont les déchets de l’extraction minière. Des procédés mécaniques et chimiques sont utilisés pour broyer les roches en sable fin afin d’extraire les minéraux ou les métaux précieux du minerai. Tous les résidus irrécupérables et non rentables de ces procédés constituent des déchets. Ils sont formés de particules de roche finement broyées, de produits chimiques, de minéraux et d’eau. Selon le type d’extraction, les résidus peuvent être liquides, solides ou se présenter sous la forme de boues de particules fines. De nombreuses substances trouvées dans les résidus sont toxiques, voire radioactives; il n’est pas rare non plus qu’ils renferment de grandes quantités de cyanure, de mercure et d’arsenic.

Qu’entend-on par bassin de stockage des résidus?

Les bassins de stockage des résidus sont utilisés pour stocker l’eau et les déchets issus des sous-produits des procédés d’extraction. Au moins 3 500 bassins de ce type existeraient à travers le monde. Avec environ 30 000 mines industrielles, il est vraisemblable que ce nombre soit beaucoup plus élevé.

Les bassins de stockage des résidus peuvent atteindre une taille très importante, de l’ordre d’un lac, et s’élever jusqu’à 300 mètres. Les boues résiduaires sont acheminées dans les bassins où les matières solides se déposent au fond; l’eau est alors recyclée pour être réutilisée dans le procédé de séparation.

Les bassins de stockage des résidus utilisent la terre ou la roche plutôt que le béton armé comme barrage. Néanmoins, la majorité d’entre eux utilisent une méthode de construction en amont, moins chère mais plus dangereuse, en se servant des résidus comme barrière.  Le barrage est alors constamment rehaussé pour recevoir plus de déchets. Ces bassins sont plus instables et davantage enclins aux fuites.

Les bassins de stockage des résidus nécessitent un entretien constant et des contrôles réguliers pour s’assurer d’un drainage suffisant et de leur solidité pour contenir les résidus miniers.

Ce type de bassins constitue une menace pour la faune locale (oiseaux et animaux) qui se baigne et s’abreuve dans les eaux contaminées. La fuite de matières toxiques peut aussi causer des dégâts à l’environnement immédiat.

Quelles sont les conséquences d’une rupture d’un bassin de stockage des résidus?

Trente-et-une ruptures majeures de bassins de stockage des résidus ont été dénombrées en dix ans, entre 2008 et 2018, sans compter la rupture catastrophique du barrage de la compagnie minière Vale à Brumadinho, au Brésil, le 25 janvier 2019, qui aurait fait 300 morts.

Au Canada, la rupture du barrage de la mine de cuivre et d’or de Mount Polley en 2014 a provoqué l’écoulement de 25 millions de mètres cubes d’eaux usées et de résidus dans les lacs et les systèmes hydrologiques adjacents; une quantité suffisante au remplissage de 20 000 piscines olympiques.

Un an avant la catastrophe, le propriétaire de la mine, Imperial Metals, avait signalé que le bassin contenait 84 831 kilogrammes d’arsenic, 38 218 kg de plomb, 562 kg de mercure ainsi que d’autres minéraux et déchets.

En 2015, la rupture du barrage de Samarco au Brésil est à l’origine du déversement de 33 millions de mètres cubes de boues de résidus de minerai fer dans l’environnement, causant la mort de 19 personnes, le déplacement de 600 familles et la contamination des voies navigables sur 620 km en aval, jusqu’à leur arrivée dans l’océan. On craint que des écosystèmes inestimables ainsi que la vie piscicole qui font vivre les communautés autochtones ne puissent jamais se rétablir.

De sérieuses inquiétudes existent en ce qui concerne la sécurité des bassins de stockage des résidus qui ne sont plus utilisés mais dont la planète a hérité, et qui représentent encore une menace considérable pour la vie et l’environnement s’ils venaient à se rompre.

Les bassins de stockage des résidus sont-ils nécessaires?

Les installations de stockage traditionnelles, telles que celles responsables des drames de Brumadinho et de Samarco, sont utilisées par l’industrie minière tout simplement parce qu’elles sont bon marché. De nouvelles technologies existent qui réduisent ou limitent considérablement les risques liés aux possibles ruptures des barrages, telles que les techniques de filtrage des résidus, qui réduisent la quantité d’eau pour minimiser le volume et améliorer la stabilité. L’élimination des résidus secs est une autre solution qui offre des avantages significatifs en termes de sauvegarde de l’environnement, mais aussi de sécurité des travailleurs et des communautés.

Comment la sécurité des bassins de stockage des résidus peut-elle être améliorée?

La rupture des bassins de stockage des résidus n’est pas fatale et peut être empêchée. Les compagnies minières doivent écouter les travailleurs et les syndicats, qui sont souvent les premiers à signaler les problèmes de sécurité, mais qui sont trop souvent ignorés. IndustriALL Global Union travaille avec l’Initiative  (multipartite) for Responsible Mining Assurance standard (Norme IRMA pour une exploitation minière responsable) pour fixer les normes les plus élevées en matière de sécurité de ces bassins, et le Conseil international des mines et métaux (ICMM), qui a produit les lignes directrices sur la prévention de la défaillance catastrophique des bassins de stockage des résidus. L’industrie minière doit respecter de toute urgence ces normes pour éviter de nouvelles catastrophes.

Zambie : trois mineurs décèdent lors d’un incendie sous terre

Alors qu’on ravitaillait un chargeur en carburant, son moteur a pris feu et l’incendie s’est étendu aux matériaux à proximité, ce qui a provoqué un plus vaste brasier. Les fumées délétères de l’incendie se sont propagées dans l’atelier voisin, y rendant l’air irrespirable.

Les mineurs décédés étaient occupés à une profondeur de 1.380 mètres sous la surface. Ils étaient membres du MUZ, le Syndicat des mineurs de Zambie, un affilié d’IndustriALL Global Union.

Mopani indique dans un communiqué que l’entreprise va mener une enquête en collaboration avec le département pour la sécurité minière du pays et a annoncé suspendre les activités jusqu’à nouvel ordre. La Zambie a voté une loi sur la Santé et Sécurité professionnelles et ratifié la Convention 176 sur la santé et la sécurité dans les mines.

Cependant, nonobstant la législation, les inspections et la mise en conformité des entreprises sont médiocres. Les entreprises ne se tiennent pas aux dispositions en matière de santé et sécurité. De plus, leur mise en application par les institutions à court de moyens qui sont censées les faire respecter est souvent molle.

Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour les mines, déclare : “Mopani doit assumer la mort de ces travailleurs et nous espérons que l’enquête autour des circonstances qui ont mené à l’incendie permettront de fournir davantage d’information sur ses causes. Nous répétons une fois encore qu’il est de la responsabilité des compagnies minières de toujours assurer la sécurité des travailleurs sur leurs sites d’activités, par-dessus toute autre considération.”

En présentant ses condoléances, le président du syndicat Joseph Chewe, dans une communication sur les réseaux sociaux, a décrit ces mineurs comme “des membres dynamiques qui avaient le potentiel pour contribuer immensément à l’avenir du syndicat” et a qualifié l’accident de “tragique”. Le plus jeune des travailleurs décédés avait 27 ans et les deux autres respectivement 32 et 33 ans, témoignage des campagnes récentes de syndicalisation et de recrutement du MUZ à destination des jeunes.

Joseph Chewe a indiqué que “le MUZ va poursuivre le deuil en compagnie des familles affectées et collaborer étroitement avec elles et la direction de Mopani pour s’assurer que toutes les dispositions nécessaires soient mies en place durant cette période d’épreuves.”

Mopani Mine, qui produit du cuivre et du cobalt, est propriété à 73% de Glencore. Les autres propriétaires sont Zambia Consolidated Copper Mines (10%) et First Quantum Minerals (16,9%).

Bangladesh: plus de 11 600 travailleurs de l’habillement ont perdu leurs emplois et sont l’objet de répression

Selon une estimation fournie par le Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh, l’organe de coordination national des affiliées à IndustriALL Global Union, plus de 11 600 travailleurs ont perdu leur emploi.

Beaucoup d’entre eux, en particulier des travailleurs de grades élevés, ont été forcés de démissionner, pour que les compagnies ne payent pas des salaires plus élevés et des prestations sociales. Les licenciements s’inscrivent dans le cadre des hausses marginales des salaires annoncées après les manifestations de protestation.

Les employeurs et la police ont déposé plainte contre plus de 3 000 travailleurs non identifiés; environ 70 ont été arrêtés, dont certains ont été libérés sous caution. Au début de l’année, un travailleur a été tué et beaucoup d’autres blessés au cours des manifestations.

Des semaines après les protestations, de nombreux travailleurs craignent toujours d’être arrêtés sous de fausses accusations. Un grand nombre d’entre eux ont été menacés physiquement par des hommes de main recrutés pour les faire cesser de revendiquer des salaires plus élevés.

Les travailleurs licenciés ont du mal à trouver un nouvel emploi, du fait que les données biométriques liées à leurs antécédents professionnels sont utilisées pour identifier les travailleurs et refuser de les embaucher sur la base de leur implication dans les activités et les manifestations syndicales.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, a déclaré:

« Nous sommes scandalisés de voir les fausses accusations, les arrestations, les licenciements et les menaces de violence contre les travailleurs déclenchés par les employeurs et l’appareil étatique.

 « Les employeurs et les marques doivent mettre fin au climat de peur parmi les travailleurs et créer un milieu de travail qui respecte le droit à la liberté syndicale et reconnaisse effectivement le droit à la négociation collective des travailleurs ».

Salauddin Shapon, Secrétaire général du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh, a indiqué:

« Les arrestations ciblaient les dirigeants syndicaux et autres responsables, et bénéficiaient de l’appui tacite des employeurs afin de paralyser les activités syndicales. Le harcèlement doit cesser immédiatement. Les employeurs et le gouvernement doivent abandonner toutes les fausses accusations contre les travailleurs, et tous les renvois et suspensions injustes. Les employeurs devraient payer les salaires annoncés par le gouvernement ».

Les travailleurs suspendus et licenciés travaillaient pour des entreprises fabriquant des vêtements pour des marques mondiales, dont H&M, Inditex, KiK, Voegele, LIDL, Mango, Next, Matalan, VF, Takko, ALDI, Marks & Spencer, Puma, Wal Mart, JC Penny, Tesco, Stanley Stella, et bien d’autres.