Les syndicats solidaires des victimes de la catastrophe du barrage minier de Brumadinho

Le 25 février marquait le premier mois écoulé depuis la rupture tragique d’un barrage de la compagnie minière Vale située à Corrego do Feijão, dans la municipalité de Brumadinho (sud-est du Brésil). Le tribut des victimes décédées est depuis monté à 179 et 131 personnes sont toujours portées disparues. Le gouvernement de Minas Gerais a interdit la consommation d’eau non-traitée pour les humains, les animaux et les activités agricoles, car les déchets miniers du barrage rompu ont atteint le fleuve Paraopeba.

Les syndicats ont affiché un geste de solidarité avec les victimes concernées par la plus grande catastrophe environnementale, professionnelle et humaine du pays et revendiqué des conditions de travail, de santé et de sécurité dignes.

La Présidente du syndicat CNQ/CUT, Lucineide Varjão, qui est membre du Comité exécutif d’IndustriALL Global Union et coprésidente de sa section des mines, a participé à l’action avec des représentants de 11 syndicats affiliés à la FITEM (CNQ-CUT) et de mouvements sociaux ainsi que des chercheurs actifs dans le secteur.

“En plus d’apporter notre solidarité aux victimes, nous cherchons à comprendre les raisons de la rupture du barrage de Corrego do Feijão, les actes posés par Vale S.A et le fonctionnement des mouvements sociaux.”

“Il existe de nombreux autres barrages miniers dans le pays et nous pensons que participer à ces actions est fondamental pour la force et l’unité des syndicats de mineurs du Brésil et du monde entier,” a déclaré Varjão.

Cet événement a aussi servi à alerter la société sur l’état précaire de barrages miniers appartenant à d’autres compagnies minières de par le pays, où les travailleurs sont extrêmement peu protégés, de sorte à prévenir la répétition de pareille tragédie. Au Brésil, il existe 88 barrages miniers constitués de la même manière qu’à Brumadinho.”

Les experts s’accordent à dire que la catastrophe n’était pas une surprise. En dépit du fait que tous les ingrédients d’une possible catastrophe étaient réunis, Vale en a ignoré pendant des années les signes avant-coureurs. Vale va devoir payer des indemnisations à tous les habitants de Brumadinho, à la suite d’une décision prise par la Cour de Justice de Minas Gerais, le 20 février.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Ceci est un crime, pas un accident. Nous portons le deuil des morts et apportons toute notre sympathie aux victimes de cette terrible tragédie. Il est temps pour Vale de se mettre à l’écoute et de prendre des mesures concrètes pour améliorer la sécurité de ses activités industrielles.”

Les syndicats disent non à la violence contre les femmes!

En tant que syndicats, nous sommes aux avant-postes de cette lutte. Mobilisons-nous à l’occasion du 8 mars, Journée internationale de la femme, pour montrer une fois encore notre détermination sans faille à faire progresser l’égalité entre hommes et femmes dans le monde du travail

dit la Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft.

Renforcer le rôle et la voix des femmes, éliminer la violence et le harcèlement au travail, et mettre en oeuvre des politiques de transparence salariale sont des conditions préalables à l’égalité des genres.

Pour les affiliés qui ne se seraient pas encore engagés à mettre fin à la violence et au harcèlement à l’égard des femmes sur leurs lieux de travail et dans les syndicats, IndustriALL les encourage à souscrire à l’Engagement (#TakeThePledge).

Nous avons créé des supports graphiques ainsi qu’une vidéo que vous pouvez télécharger à partir de notre site web. Vous pouvez également rejoindre notre groupe Facebook dédié aux Femmes et faire part des projets de votre syndicat à l’occasion du 8 mars.

Utilisez également cette plateforme pour présenter vos actions, ou envoyez des photos à [email protected] ; nous les utiliserons afin de promouvoir vos actions. Sur les réseaux sociaux, pensez à utiliser les hashtags #ALLWomen #TakeThePledge.

Parvenir à l’égalité des genres dans le monde du travail impose de procéder à des changements radicaux

Le rapport historique de l’OIT, Travailler pour bâtir un avenir meilleur, publié récemment recommande la mise en œuvre d’un programme de transformation pour l’égalité des genres dans l’avenir du travail.

Le mouvement syndical doit prendre l’initiative dans ce programme, non seulement dans ses propres structures mais également dans les secteurs qu’il représente. Néanmoins, nous n’atteindrons pas l’objectif d’égalité des genres sans commencer par stopper l’épidémie de violences exercées à l’encontre des femmes dans le monde du travail.

En vue de la journée internationale de la femme du 8 mars, IndustriALL incite ses affiliés à agir en faveur de l’adoption d’une convention assortie d’une recommandation de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail, en accordant une attention particulière à la violence fondée sur le genre.

Il paraît incroyable qu’aucune norme internationale ne s’attaque à la violence à l’égard des femmes dans le monde du travail, alors que 35 pour cent de l’ensemble des femmes âgées de plus de 15 ans souffrent de sévices sexuels ou de violences physiques à leur domicile, au sein de leurs communautés ou sur leurs lieux de travail.

Afin d’éliminer la violence contre les femmes et de parvenir à l’égalité des genres, le nouveau monde du travail doit renoncer aux structures patriarcales dominant le modèle actuel et nuisant aux conditions de travail, aux salaires et aux perspectives des travailleuses.

« Les femmes continuent de devoir s’adapter à un monde du travail façonné par les hommes pour les hommes », a déclaré la Commission mondiale sur l’avenir du travail de l’OIT, ayant produit le nouveau rapport de l’OIT.

La Commission recommande que la parole des femmes, ainsi que leur représentation et responsabilités soient renforcées. Elle encourage les gouvernements, les employeurs et les organisations de travailleurs à poursuivre et à soutenir activement une plus forte représentation des femmes.

En novembre dernier, le Comité exécutif d’IndustriALL a adopté des recommandations visant à augmenter la participation des femmes dans les secteurs dont il s’occupe. Leur participation ne se résume pas à leur présence dans les réunions, mais implique qu’elles ont une véritable voix et prennent part au processus décisionnel.

Il est d’autant plus important pour les syndicats de relever le défi de la participation des femmes devant les changements profonds causés par la numérisation que connaît le secteur industriel. La numérisation n’est pas un processus neutre du point de vue du genre. D’un côté, l’importance accrue qu’auront les compétences et l’innovation par rapport à la force physique dans les industries devrait permettre plus facilement de parvenir à l’égalité des sexes. De l’autre, l’apparition de ces nouvelles technologies risque d’aggraver les inégalités femmes-hommes au sein du marché du travail.

Les femmes ont toujours du mal à accéder à l’éducation et à la formation. Les étudiantes sont minoritaires dans les études STEM (Science, technologie, ingénierie et mathématiques). Alors que les progrès technologiques vont créer de nouveaux emplois au sein d’Industrie 4.0, seuls ceux qui seront préparés seront en mesure d’y accéder.

Actuellement, les femmes occupent de nombreux emplois sous-payés dans l’industrie manufacturière où les postes devraient, à long terme, être remplacés par les nouvelles technologies. Dans certaines industries dominées par les hommes et où le travail manuel cède la place à des emplois non manuels, le nombre des travailleuses devrait augmenter. Il n’en reste pas moins que des mesures doivent être prises pour veiller à ce que ce travail soit correctement valorisé et ne perpétue pas les schémas existants de sous-évaluation des postes majoritairement occupés par les femmes. La substitution des emplois syndiqués par des emplois non syndiqués ne fera qu’augmenter l’écart salarial potentiel.

En outre, l’intelligence artificielle et les algorithmes en cours de développement dans le cadre des processus de recrutement sont généralement fondés sur des données anciennes basées sur des stéréotypes sexistes, ce qui ne fera qu’aggraver les inégalités existantes. Par exemple, les algorithmes utilisés par le service de taxi, Uber, avantagent les hommes qui travaillent de plus longues heures et plus tard le soir, ce qui pose généralement des problèmes aux femmes qui ont souvent des obligations de prendre soin de leurs familles et répugnent à travailler dans les équipes de nuit où les risques sont accrus.

Nous devons nous assurer que l’avenir du travail des femmes est basé sur l’égalité et la non-violence. Un deuxième débat sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail aura lieu en juin 2019, au cours de la Conférence internationale du travail. Les employeurs s’opposent toujours à l’adoption d’une convention contraignante et à l’inclusion d’une grande partie du contenu important demandé par les syndicats.

Une nouvelle convention est une occasion historique de combler une lacune dans la protection de millions de travailleurs et plus particulièrement de travailleuses. Néanmoins, pour y parvenir, les syndicats doivent se mobiliser.

Les dépouilles des victimes de Pasta de Conchos pourraient être ramenées à la surface

Le mardi 19 février marquait le 13e anniversaire de la tragédie de Pasta de Conchos au cours de laquelle 65 travailleurs ont été tués à la suite d’une explosion au sein de cette mine appartenant à Grupo Mexico. Le Président du Mexique, Andrés López Obrador, a annoncé qu’il allait envisager la possibilité de faire récupérer les corps des 63 mineurs toujours ensevelis sous terre.

Le Président a exprimé son soutien pour la recherche des restes des dizaines de mineurs toujours ensevelis dans le charbonnage n°8 appartenant à la compagnie Grupo Mexico, à Pasta de Conchos, Coahuila. À l’origine, les opérations de recherche des survivants avaient été arrêtées à peine cinq jours après l’explosion et les corps n’ont jamais été récupérés.

Durant une conférence de presse, le Président du Mexique a déclaré qu’il se pencherait sur la possibilité d’aller retrouver les corps, car cela permettrait de panser les blessures et d’apporter réconciliation nationale et justice pour les familles des victimes.

“En l’occurrence, nous n’excluons pas l’option où l’entreprise accepterait de manière volontaire de conduire les opérations de recherche des restes de ceux qui ont été pris au piège dans la mine. Ce serait un grand pas pour permettre une réconciliation entre les parties, ainsi par ailleurs qu’au plan national. Des experts de niveau mondial devraient se rendre sur place pour que les excavations soient organisées et les corps récupérés. Tout ce qui pourra être entrepris participera à la guérison des blessures.”

Au cours de la même journée, le syndicat des mines Los Mineros, un affilié d’IndustriALL Global Union, a organisé une marche et un rassemblement à la mémoire des mineurs tués lors de cet homicide industriel. Cet événement a eu lieu devant l’accès au site General De Hulla du Charbonnage n°8.

En plus de membres du syndicat, y ont assisté : des membres des familles des mineurs décédés, le Directeur national de l’USW pour le Canada, Ken Neumann, le Directeur de l’USW pour les affaires internationales, Benjamin Davis, ainsi que le Président de Los Mineros et Sénateur mexicain, Napoleón Gómez Urrutia.

À l’occasion de cet événement, le leader de Los Mineros a déclaré :

“Cette tragédie dure depuis 13 longues années. Depuis le début, nous avons eu trois revendications fondamentales que nous répétons aujourd’hui :

1. Les corps toujours présents dans la mine doivent être remontés

2. Les familles concernées par cet homicide industriel doivent recevoir une indemnisation juste et équitable

3. L’enquête sur la cause de la négligence de Grupo Mexico doit être rouverte et les responsables punis.”

Il a indiqué qu’il ferait tout ce qui est de son ressort pour s’assurer que ces revendications soient rencontrées et que des experts soient mandatés pour mener les études techniques pouvant mener à la récupération des dépouilles des travailleurs.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL Global Union, Marino Vani, a déclaré :

“IndustriALL se range aux côtés des familles des mineurs décédés et soutient le syndicat Los Mineros dans ses épreuves et son combat sans relâche en vue de restaurer la dignité des victimes de cette tragédie.”

Philippines: la loi sur l’augmentation de la durée des congés de maternité adoptée

Les travailleuses et les syndicats font la fête après que le Président des Philippines ait donné l’impulsion finale, le 21 février, au projet de loi du Sénat prolongeant la durée du congé de maternité dans le pays.

La nouvelle loi accroît la durée de l’actuel congé de maternité payé de 60 jours pour un accouchement normal et de 78 jours pour une césarienne à 105 jours pour les travailleuses dans les secteurs public et privé, y compris pour les femmes travaillant dans l’économie parallèle, quel que soit l’état civil ou la légitimité de l’enfant. La loi autorise jusqu’à sept jours de congé parental au père de l’enfant.

Cette loi a été adoptée grâce aux efforts des dirigeantes et dirigeants d’IndustriALL aux Philippines, ainsi que des syndicats alliés, de législateurs, des défenseurs des droits de la femme et d’autres partisans,

a indiqué Eva Arcos, vice-présidente au niveau national des Syndicats associés (ALU) et coprésidente du Comité des femmes d’IndustriALL.

En plus d’être très bonne pour la santé des mères et des nouveau-nés, cette loi protégera les emplois et garantira les revenus des travailleuses durant leur congé maternité.

La loi porte sur la différence de salaire entre le salaire mensuel courant ou moyen et le paiement intégral de l’allocation de maternité. Des exceptions, comme les microentreprises et les établissements de vente au détail et de service employant moins de dix travailleurs, sont subordonnées à la présentation annuelle des motifs qui justifient une exemption.

Le non-respect de la loi est passible d’une amende allant de 20 000,00 à 200 000,00 P (soit de 385 US$ à 3 850 US$) ainsi que de six à douze ans de prison.

La Présidente du Comité des femmes d’IndustriALL pour les Philippines (IPWC), Susanne Dejon, a déclaré:

La nouvelle loi protège les travailleuses et leur santé. Il s’agit d’une grande victoire pour tous les travailleurs aux Philippines.

Asuncion Binos de Pinagisang Tinig, à Lakas ng Anakpawis (PIGLAS), et ancienne présidente d’IPWC, a noté:

La loi sur la prolongation de la durée du congé de maternité prouve que les choses peuvent s’améliorer. Il a fallu le travail acharné des affiliées et leur unité pour parvenir à cet excellent résultat, et nous espérons que ce succès encouragera plus de victoires pour les femmes dans le futur.

En Inde, les syndicats du ciment se lancent dans une vigoureuse campagne de syndicalisation

Tous les syndicats représentés ont également décidé de lutter ensemble contre le travail précaire, d'améliorer la situation des travailleuses et de se battre pour une meilleure santé et sécurité au travail (SST) dans les cimenteries indiennes.

Les affiliés du secteur du ciment d'IndustriALL qui participaient à la réunion, la Fédération indienne des travailleurs du ciment, la Fédération des salariés du ciment d'Inde et le Pragatisheel Cement Shramik Sangh (PCSS), se sont dits préoccupés par la tendance générale des producteurs de ciment à réduire les effectifs qui, conjuguée à un recours endémique au travail précaire, fait obstacle à la syndicalisation dans le secteur du ciment en Inde. Souvent, des travailleurs permanents sont tout simplement remplacés par des sous-traitants, entraînant ainsi un nivellement par le bas des conditions de travail, de la santé et la sécurité et des salaires. En général, les bas salaires, les mauvaises conditions de travail et l'absence de sécurité de l'emploi et de protection sociale sont le lot des travailleurs en sous-traitance ou précaires.

L'absence de mesures adéquates de santé et de sécurité ne cesse de faire des morts et des blessés dans le secteur du ciment. Le déploiement dans des zones de production sensibles de travailleurs en sous-traitance et de stagiaires privés d'équipement de protection individuelle digne de ce nom et sans formation se traduit par de nombreux accidents mortels ou évités de justesse. Les entreprises et les pouvoirs publics n'accordent aucune attention à l'impact des maladies professionnelles dans l'industrie du ciment. Les syndicats insistent sur le fait qu'aucune approche descendante n'est acceptable lorsqu'il s'agit de SST. Les travailleurs ont le droit de savoir, le droit de refuser un travail dangereux et le droit d'être associés à la prise de décision pour arrêter les accidents et améliorer la situation en matière de SST.

Les affiliés ont cité de nombreux cas de solidarité avec les travailleurs en sous-traitance, ont relaté leurs expériences dans lesquelles ils ont syndiqué des travailleurs en sous-traitance, fait pression sur la direction pour obtenir leur régularisation, obtenu des hausses de salaires et amélioré leurs conditions de travail. Ils ont aussi relevé un autre signe positif qui est la participation d'un nombre croissant de femmes aux activités syndicales.

Ces trois syndicats vont faire tout ce qui est en leur pouvoir pour augmenter le taux de syndicalisation, surtout chez les femmes, les jeunes et les travailleurs précaires. Ces travailleurs particulièrement vulnérables seront également représentés dans les organes dirigeants des syndicats. Les syndicats se sont aussi engagés à lancer une campagne sur la SST et à intensifier leurs démarches auprès des employeurs pour réduire au minimum les accidents et lutter contre les maladies professionnelles dans le secteur du ciment. Plus particulièrement, ils désigneront dans chaque usine ou unité un responsable syndical chargé spécialement des questions de SST.

Matthias Hartwich, le Directeur d'IndustriALL en charge du secteur de l'ingénierie mécanique et des industries des matériaux, déclare : "Le dialogue social dans le secteur du ciment, aux échelons mondial et régional, reste notre objectif, mais pour forcer les employeurs à s'asseoir à la table des négociations, il faut que nos affiliés accroissent leurs effectifs et leur force de représentation. Les femmes, les jeunes et les travailleurs précaires en particulier doivent être intégrés dans nos structures. De même, en mettant l'insistance sur la santé et la sécurité, nous renforcerons le monde syndical pour défendre efficacement les droits des travailleurs dans le secteur du ciment."

Apoorva Kaiwar, la Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, ajoute pour sa part : "Je constate les progrès significatifs réalisés par nos affiliés qui ont accru leurs effectifs et manifesté leur solidarité avec les travailleurs précaires. L'augmentation des effectifs des syndicats par le recrutement de femmes et de jeunes et la sensibilisation aux questions de SST permettront de faire mieux entendre la voix des travailleurs du ciment en Inde."

Les syndicats brésiliens manifestent contre la réforme des pensions et promettent de nouvelles actions

Le 20 février a été une journée chargée de bien des émotions pour le peuple brésilien. C’est la date choisie par le Président Jair Bolsonaro pour présenter au Congrès une proposition de réforme du système des pensions qui en restreint l’accès, en particulier pour les plus pauvres, et en réduit des prestations et des droits historiques acquis tout au long d’années de luttes.

Des milliers de travailleurs et travailleuses ont manifesté contre la fin de leurs pensions partout dans le pays. L’une des plus importantes action a eu lieu au centre de São Paulo, à laquelle on estime que plus de 10.000 personnes ont pris part.

Au cours de cette assemblée nationale de la classe ouvrière, les syndicats ont rejeté les changements au niveau des règles et présenté un plan d’action en neuf points à promouvoir.

Entre autres, leur intention est de :

Les leaders syndicaux ont expliqué que Bolsonaro tente de mettre fin au système de solidarité public des pensions universelles dans le pays. En lieu et place, il a l’intention de passer graduellement à un “modèle de capitalisation individuelle”, au sein duquel la retraite de chaque personne active dépendra de ce qu’elle aura été en mesure d’épargner tout au long de sa carrière.

Les travailleurs et travailleuses sont d’avis que ce système de capitalisation ne devrait pas être appliqué à la classe ouvrière, qui peine à obtenir une retraite digne et garantie à la fin de sa vie active. Les périodes de chômage et de travail informel impliquent que durant celles-ci, on ne soit pas en mesure d’épargner de façon adéquate.

La proposition fixe également l’âge de la retraite en fonction de périodes de cotisation et impose un âge minimum de 65 ans pour les hommes et 62 pour les femmes. De plus, elle établit que la transition irait de 10 à 12 ans, moins que les 20 ans proposés par l’ancien président illégitime Michel Temer.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré :

“Ce gouvernement de droite au Brésil est enclin à détruire le système des dispositions de solidarité sociale, suivant en cela des exemples d’échec en Amérique latine, comme au Chili, en augmentant le temps de travail et en introduisant des allocations inférieures au salaire minimum. IndustriALL soutient ses affiliés brésiliens dans leur combat contre l’approfondissement de la misère que représente la politique de ce gouvernement.”

Le réseau syndical africain de Glencore entame le dialogue avec la compagnie

Les représentants syndicaux des pays africains de l’Afrique du Sud, de la République démocratique du Congo (RDC) et de la Zambie, où le géant minier et des produits de base, établi en Suisse, exerce ses activités, ont rencontré l’équipe de gestion des ressources humaines (RH) de Glencore pour la première fois lors du lancement du réseau syndical régional d’IndustriALL Global Union. L’équipe de Glencore était composée des gestionnaires des ressources humaines de Mutanda Mining et de Katanga Mining en RDC, de la mine de cuivre Mopani Copper Mines en Zambie, ainsi que des actifs houillers et des actifs relatifs aux alliages en Afrique du Sud.

Les avantages et l’efficacité d’un dialogue constructif deviennent réalité lorsqu’une entreprise collabore avec les syndicats pour améliorer les conditions de travail, respecter les droits des travailleurs, payer des salaires décents, employer davantage de travailleurs permanents et améliorer la santé et la sécurité, ont indiqué les participants à la réunion, animée par l’office central et les bureaux régionaux d’IndustriALL.

Les affiliés à IndustriALL ont énoncé les avancées qu’ils attendent de Glencore, à savoir un salaire égal pour un travail de valeur égale, des bonnes pratiques en matière de sécurité santé, des congés de maternité et l’accès aux services de santé. Les représentants syndicaux ont demandé à ce que Glencore embauche davantage de travailleurs permanents et s’assure que les contractants bénéficient des mêmes droits en vertu de la législation du travail. Les syndicats ont noté des améliorations aux niveaux des conditions de travail et du développement communautaire.

L’équipe de gestion des RH de Glencore a fourni des informations détaillées sur la compagnie ainsi que sur ses politiques et ses pratiques en matière de travail. L’équipe a également expliqué les mesures prises par la compagnie pour résoudre les griefs soulevés par les syndicats, la manière dont elle s’engage avec eux et les projets communautaires auxquels elle participe.

Gerda Schwindt, Directrice des RH du groupe Glencore, a indiqué:

« Nous saluons l’opportunité que nous avons de coopérer avec IndustriALL, qui nous permet de comprendre ses préoccupations, mais aussi de souligner notre volonté d’être reconnu comme le meilleur employeur dans toutes les régions où nous avons des activités ».

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré:

« Nous avons commencé à interagir avec Glencore sous forme d’un dialogue constructif. La compagnie doit être capable d’écouter les préoccupations des travailleurs en reconnaissant et en respectant leurs droits fondamentaux en matière de conditions de travail. Je crois que ce dialogue avec Glencore contribue à faire avancer les relations du travail dans les opérations de la compagnie ».

La réunion s’est terminée sur la compréhension commune d’engager le même dialogue au niveau des pays.

La réunion du réseau syndical mondial Glencore d’IndustriALL aura lieu en Colombie, en septembre; où la direction de la compagnie est attendue de s’engager à entamer un dialogue similaire au niveau mondial.

Des normes de sécurité indispensables dans les mines artisanales alors que les inondations de mines d'or font 28 victimes au Zimbabwe

Les compagnies minières Zimplats et Rio Zim participent aux activités de sauvetage en fournissant des machines et du matériel. Les sauveteurs disent avoir besoin de pompes plus puissantes pour atteindre les mineurs, le niveau de l'eau ne cessant de monter.

Pour Glen Mpufane, le Directeur d'IndustriALL en charge de sa division de l'industrie du diamant, de la pierre précieuse, ornementale et du bijou, de telles tragédies pourraient être évitées si les parties intéressées donnaient la priorité à la santé et à la sécurité dans les petites mines artisanales (PMA), en particulier les pouvoirs publics qui devraient faire en sorte d'instaurer des relations formelles entre ces petites exploitations et les grandes compagnies minières présentes à proximité.

"La promotion de la santé et la sécurité dans les PMA est une responsabilité sociale et les parties prenantes ne doivent pas fermer les yeux sur cette situation. C'est pourquoi nous soutenons les initiatives dans lesquelles des compagnies minières s'engagent aux côtés d'organisations syndicales et de communautés, comme l'Initiative for Responsible Mining Assurance (IRMA) qui préconise une collaboration entre les grandes compagnies minières, les PMA et les communautés."

Zed Banda, le Secrétaire général du Syndicat national des mineurs du Zimbabwe, affilié à IndustriALL, ajoute :

"Les mines artisanales et les petites mines sont des activités qui permettent aux travailleurs de survivre dans la crise économique du Zimbabwe. Dans un pays où les possibilités sont limitées et où le chômage dépasse les 90 pour cent, les PMA permettent aux jeunes de nourrir la famille. Nous appelons le gouvernement à reconnaître et soutenir les PMA pour mettre fin aux conditions mortifères dans lesquelles les mineurs doivent peiner pour survivre."

Armés uniquement de pioches, de pelles, de cordes et de seaux, ces mineurs extraient l'essentiel de la production d'or du Zimbabwe. D'après Fidelity Printers and Refiners, une filiale de la banque nationale du Zimbabwe et unique acheteur du métal précieux, l'augmentation de la production aurifère est due principalement aux PMA. En 2018 par exemple, elles en ont produit 21,7 tonnes, contre 11,5 tonnes pour les compagnies minières.

Or, malgré l'importance de cette production, la loi est défavorable à ces mineurs qui travaillent dans des conditions effrayantes et dangereuses, loin des normes de santé et de sécurité qu'on attend dans l'exploitation minière. Pour améliorer la situation, les mineurs des PMA demandent d'être pris en compte dans les discussions en cours sur l'amendement de la Loi sur les mines et les minéraux. Ils font valoir qu'une réglementation peut améliorer la santé et la sécurité et promouvoir une exploitation minière durable.

Selon le Parlement du Zimbabwe, le pays compte 500.000 PMA qui font vivre jusqu'à trois millions de personnes et fonctionnent en l'absence de toute réglementation et d'aides du gouvernement.

L'Alternative Mining Indaba, qui se tient chaque année en marge de la conférence sur l'investissement minier en Afrique, Mining Indaba, appelle les gouvernements à :

"…dépénaliser l'activité minière artisanale, de sorte que les mineurs puissent être formés, que les normes de sécurité soient appliquées et que les communautés soient débarrassées de l'activité des gangs. L'African Mining Vision reconnaît aussi le potentiel des petites mines artisanales pour éradiquer la pauvreté et recommande de le relier à des initiatives de développement."

Des mineurs ukrainiens manifestent sous terre contre le non-versement des salaires

Ces mineurs réclament le versement de trois mois d’arriérés de salaire de la part de la compagnie minière étatique Selydivvugillia. Les affiliés d’IndustriALL Global Union, le Syndicat des travailleurs de l’industrie charbonnière d’Ukraine et le Syndicat des mineurs indépendants d’Ukraine (NPGU) soutiennent les protestataires.

Le 18 février, 50 travailleurs de la mine 13 Novogrodivska sont descendus sous terre mais ont refusé de se mettre au travail. Sept d’entre eux ne sont pas remontés à la surface à la fin de leur poste. Le lendemain, 37 autres mineurs se sont joints à cette action sous terre. Les syndicats les ravitaillent en eau et nourriture.

Les mineurs exigent le versement des salaires de novembre et décembre 2018 ainsi que celui de janvier 2019. Les salaires en souffrance atteignent le montant de 250 millions de hryvnias (9,2 million de dollars).

Une partie des réserves de la mine 13 Novogrodivska a été détournée par Oleksandr Yanukovych, le fils d’un ancien Président ukrainien, et n’est pas exploitée pour l’instant. Les mineurs ont appelé à de multiples reprises le Parlement ukrainien à les ramener dans le giron des autorités publiques, mais n’y sont pas parvenus à ce stade.

Viktor Turmanov, président du Syndicat des travailleurs de l’industrie charbonnière d’Ukraine, a déclaré :

“Il est difficile de dire combien de temps cette action va durer. La situation est très tendue. Les mineurs ont présenté un ultimatum : ils ne reprendront pas le travail tant que la dette ne sera pas entièrement apurée.”

Le montant total des arriérés de salaire au sein des entreprises d’exploitation charbonnière en Ukraine s’élève à plus de 814 millions de hryvnias (29,9 millions de dollars).

Mychailo Volynets, président du NPGU, a déclaré :

“Malheureusement, le Ministère de l’énergie et de l’industrie charbonnière d’Ukraine ainsi que le gouvernement ne prennent pas de mesures efficaces pour prendre en compte cette situation, ni de manière générale pour résoudre les problèmes des mines étatisées”.

Plus tôt, le 6 février, 350 mineurs de l’entreprise étatisée Lvivugillia ont tenu une manifestation contre le non-versement des salaires devant les bâtiments de l’administration régionale de Lviv. Entre autres revendications, les mineurs insistent sur le versement de leurs 210 millions de hryvnias (7,7 millions de dollars) d’arriérés de salaires et pour que le problème des ventes de charbon soit résolu.

Les actions de protestations ont abouti à une réunion entre les représentants des syndicats, la direction de la mine et des représentants de l’administration régionale sur les litiges au sein de l’industrie charbonnière. Par la suite, une compensation des arriérés de salaires de 67% pour décembre 2018 et de 68% pour janvier 2019 a été versée.

Vadim Borisov, Secrétaire régional d’IndustriALL, livre ce commentaire :

“Nous appelons le gouvernement d’Ukraine à activer le dialogue social et à prendre soigneusement en compte les propositions de nos affiliés quant au développement de l’industrie charbonnière”.