Coup de fouet pour la Convention de Hong Kong sur le recyclage des navires grâce à la ratification japonaise

Le Japon est devenu le dixième pays, et le premier d’Asie, à ratifier la Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires, créée par l’Organisation maritime internationale, l’agence maritime de l’ONU.

La finalité de la Convention est de minimiser les risques en matière d’environnement et de santé et sécurité professionnelles, tout en permettant le remplacement des navires anciens. Elle requière une gestion appropriée de la sécurité et de l’environnement, dont l’élaboration d’un plan de recyclage du navire, qui spécifie la manière dont chaque navire va être recyclé. Les bâtiments envoyés au recyclage devront être munis d’un inventaire de leurs matériaux dangereux de sorte à ce que ceux-ci soient correctement pris en compte et les risques éliminés au sein des infrastructures de recyclage.

Il s’agit de prévenir des catastrophes comme l’explosion aux chantiers navals de Gadani au Pakistan en novembre 2016, survenue parce que les travailleurs ont été forcé de commencer à démanteler le navire avant que ses réservoirs ne puissent être purgés du carburant restant.

La Convention de Hong Kong n’entrera en vigueur qu’à ces conditions :

Au moins 15 États doivent l’avoir ratifiée

Les flottes marchandes des États l’ayant ratifiée doivent représenter au moins 40% du tonnage brut mondial

Les États qui l’ont ratifiée doivent avoir recyclé au moins 3% de leur tonnage combiné au cours des dix dernières années

IndustriALL Global Union, qui représente les travailleurs à la fois des chantiers de construction navale et de démolition des navires, fait campagne depuis longtemps pour que les États ratifient la Convention et pour que les armateurs et les propriétaires de chantiers navals s’assurent que les bateaux soient recyclés de manière sûre.

La Convention a été ratifiée par la Belgique, le Danemark, la France, le Japon, les Pays-Bas, la Norvège, le Panama, la République du Congo, la République de Serbie et la Turquie, qui représentent 23% du tonnage brut de la flotte marchande mondiale. La Serbie et les Pays-Bas ont ratifié la Convention un peu plus tôt dans l’année, donnant un sentiment d’élan à la campagne.

Kan Matsuzaki, Directeur d’IndustriALL pour la construction navale et la démolition des navires, indique :

“Le Japon devient le premier État maritime important d’Asie à ratifier la convention. Nos affiliés JBU et FNV ont fait un gros effort de lobbying auprès des gouvernements japonais et néerlandais pour qu’ils ratifient la Convention.

“Il est clair que la campagne d’IndustriALL sur la Convention fonctionne. Nous allons intensifier et cibler notre lobbying auprès de pays qui sont au cœur de la démolition des navires, comme l’Inde, le Bangladesh, le Pakistan et la Chine, dont nous avons besoin pour que la Convention entre en vigueur.”

En dépit du fait que la Convention ne soit pas encore en vigueur, l’intense lobbying de la part d’IndustriALL et d’autres acteurs fait que certains armateurs en sont venus à la conclusion que le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires constitue une bonne stratégie d’affaires. Les armateurs et les investisseurs sont conscients des dommages au niveau de leur réputation lorsque que leurs navires sont impliqués dans des accidents ou provoquent des pollutions.

Ces armateurs s’assurent que leurs navires soient recyclés uniquement dans des chantiers navals qui se conforment à la Convention. Ceci crée une émulation pour que les chantiers se fassent concurrence sur le respect des prescriptions plutôt que sur les coûts et en Inde, 72 chantiers sont maintenant en conformité avec la Convention.

Les travailleurs algériens préparent de nouvelles actions de grève

En Algérie débutera le 7 avril une grève générale de trois jours pour réclamer le départ immédiat du Président Abdelaziz Bouteflika et un gouvernement de transition auquel participe l'opposition.

Le Président Bouteflika a annoncé qu'il démissionnera avant la fin de son mandat, qui s'achève le 28 avril, mais aucune date n'a été fixée pour de nouvelles élections présidentielles.

Notre affilié SNATEG, qui représente les travailleurs du gaz et de l'électricité d'Algérie, réclame aussi la destitution des présidents du Sénat et du Conseil constitutionnel.

Le Président du SNATEG, Raouf Mellal, qui préside aussi la centrale nationale COSYFOP, la dit "catégoriquement opposée" au nouveau gouvernement et au remaniement du cabinet de ce dimanche.

"Nous avons besoin d'un gouvernement de transition auquel participent de grandes figures de l'opposition et qui promeuve l'unité nationale", déclare Raouf Mellal.

Si les revendications des travailleurs ne sont pas entendues, il y aura une nouvelle grève de cinq jours à partir du 14 avril.

Si Abdelaziz Bouteflika n'est pas parti pour le 18 avril, date prévue initialement pour l'élection présidentielle, les travailleurs appelleront le public à les rejoindre dans des actions de protestation nationales contre le Président et son gouvernement.

Les manifestations de masse se succèdent en Algérie depuis que son Président de 82 ans à la santé chancelante a annoncé sa candidature à un cinquième mandat. À la suite d'une précédente grève générale les 10 et 11 mars, Abdelaziz Bouteflika a retiré sa candidature mais il reste en poste.

Le 17 mars, le SNATEG a menacé d'appeler à la grève si le Conseil constitutionnel n'invoque pas l'article 102 qui permet de proclamer la vacance de la présidence lorsque le Président est dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions.

Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis vingt ans, n'a guère été vu en public depuis son attaque cérébrale de 2013. La majorité des Algériens pensent qu'il sert de façade pour préserver la mainmise sur le pays de ce qu'ils appellent "le pouvoir", une faction composée de politiciens, de militaires et d'hommes d'affaires. Ce groupe domine le Front de libération nationale, au pouvoir depuis l'indépendance de 1962.

Ce mouvement de protestation est essentiellement le fait de jeunes Algériens qui réclament un nouveau système de gouvernement, et pas simplement le remplacement d'un homme de paille.

Entretemps, IndustriALL et d'autres syndicats mondiaux, comme la CSI, l'UITA et l'ISP, continuent d'exprimer leur soutien au SNATEG.

Piquet de grève du Conseil des femmes d'Afrique du Sud contre le harcèlement sexuel à l'UNISA

Le piquet de grève était installé sur le grand campus de l'université de Pretoria, le 29 mars, avec le soutien d'autres groupes de la société civile. L'INWC-SA est constitué d'affiliés d'IndustriALL, le Syndicat des travailleurs de la chimie, de l'énergie, du papier, de l'impression, du bois et des secteurs connexes, le Syndicat national des mineurs, le Syndicat national des travailleurs de la métallurgie d'Afrique du Sud (NUMSA), le Syndicat des travailleurs de l'habillement et du textile d'Afrique australe et l'Association unie d'Afrique du Sud.

Gugu Ncube, qui est membre du NUMSA et participait au piquet de grève, conteste son licenciement par le Centre pour l'éducation de la petite enfance (UCECE) de l'Université d'Afrique du Sud (UNISA) et affirme avoir subi du harcèlement sexuel et être victime de licenciement abusif. Alors qu'elle manifestait devant le siège du gouvernement et de la présidence, les Union Buildings de Pretoria, il y a quelques semaines, elle a été molestée et arrêtée par la police. Elle a déposé plainte à la police et à la Commission de conciliation, de médiation et d'arbitrage. En outre, la Commission pour l'égalité des genres, un organisme officiel mis en place par la Constitution sud-africaine, examine également son cas.

Des responsables de l'UNISA et de l'UCECE ont reçu la pétition et annoncé qu'ils vont rouvrir l'enquête et rencontreront l'INWC-SA le 2 avril. La pétition, signée par Ruth Ntlokose, deuxième Vice-présidente du NUMSA, qui en a donné lecture, déclare :

"Gugu Ncube et beaucoup de survivantes d'agressions sexuelles et/ou de harcèlement sexuel qui ont eu le courage de dénoncer ces actes ou ceux qui les ont commis, se sont heurtées à l'incrédulité, à la banalisation  ou la minimisation de leur vécu ou de leurs attentes, au doute et à l'édulcoration de leur récit. Le harcèlement sexuel est source de ravages et de traumatismes; il s'inscrit dans le continuum de violence à l'encontre des femmes dont relèvent l'agression sexuelle, l'exploitation et les sévices.

Selon Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne :

"Nous soutenons le combat que livre Gugu pour obtenir justice, conformément à l'engagement pris par IndustriALL de s'opposer avec fermeté au harcèlement sexuel au travail. Nous sommes déterminés à éradiquer toute forme de violence fondée sur le sexe sur le lieu de travail."

En 2018, le gouvernement sud-africain a organisé un sommet national contre la violence fondée sur le sexe et contre le féminicide; il a récemment créé une juridiction compétente pour les délits sexuels dans le but d'enrayer la violence à l'égard des femmes.

Éthiopie: grève des travailleurs pour l’établissement d’un syndicat dans le parc industriel d’Hawassa

Selon l’affiliée à IndustriALL, la Fédération industrielle du syndicat des travailleurs du textile, du cuir et de la confection (IFTLGWTU), la grève est le résultat de l’interdiction faite aux syndicats d’accéder au parc pour organiser les travailleurs.

Lorsqu’il sera totalement opérationnel, le parc d’Hawassa pourra accueillir plus de 60 000 travailleurs, ainsi que plus de 20 marques mondiales et des détaillants qui pourront s’approvisionner en vêtements fabriqués dans le parc.

Teklu Shewarega, à la tête du département chargé de l’organisation des travailleurs et des relations du travail d’IFTLGWTU, a déclaré:

« La grève qui a eu lieu récemment n’est pas une surprise. Sans la présence de syndicats représentant les travailleurs, les bas salaires et les mauvaises conditions de travail sont courants.

Depuis plus de deux ans et sans avoir encore obtenu une autorisation claire du gouvernement, nous essayons d’organiser les travailleurs. Nous poursuivons nos efforts et demandons à nos partenaires internationaux ainsi qu’aux marques mondiales et aux détaillants s’approvisionnant dans le parc de nous soutenir, en faisant pression sur le gouvernement pour qu’il nous permette d’organiser les travailleurs ».

Les salaires dans l’industrie ne sont pas plus élevés que 750 Birr éthiopien (27$ US). Afin de les améliorer, l’IFTLGWTU collabore avec différents partenaires, dont la Confédération des syndicats éthiopiens (CETU) et FNV Mondiaal. Selon une enquête récente sur les salaires, 65 % des travailleurs gagnent moins de 70 US$, tandis que 35% touchent moins de 35 US$, faisant des travailleurs du textile et de l’habillement en Éthiopie des travailleurs pauvres.

Pour survivre, un travailleur doit gagner au moins 144 US$.

Les travailleurs demandent également d’autres avantages, dont la mise à disposition de logements et de moyens de transports. L’offre de logements à proximité des parcs améliorera le bien-être des travailleurs dont la majorité vit dans des conditions sordides, où quatre travailleurs au moins partagent une chambre avec des collègues pour pouvoir payer le loyer.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL, a indiqué:

« Les femmes ont droit à un milieu de travail sans danger. Nous condamnons fermement le harcèlement sexuel des travailleuses à Hawassa, qui viole la législation du travail et la Constitution éthiopienne. Nous exhortons les employeurs à répondre de toute urgence aux griefs des travailleurs par le dialogue avec le syndicat. Il est inacceptable que le gouvernement continue d’interdire aux syndicats l’accès au parc pour organiser les travailleurs ».

En Turquie, les travailleurs du caoutchouc en grève pour la reconnaissance de leur syndicat

Les membres de Petrol-İş, l'affilié turc d'IndustriALL Global Union qui représente les travailleurs du pétrole, de la chimie et du caoutchouc, protestent contre des conditions de travail intolérables, les bas salaires et l'insuffisance des mesures de santé et de sécurité dans cette usine de convoyeurs à bande d'Istanbul.

La majorité des travailleurs de Kale Conveyor se sont affilés à Petrol-İş dans le dernier trimestre 2018 et, le 12 octobre, le ministère du Travail a délivré un certificat de majorité officiel en faveur de Petrol-İş, reconnaissant ainsi le syndicat en tant que partenaire de négociation légitime.

Plutôt que de répondre aux préoccupations des travailleurs et d'entamer des négociations de bonne foi, la direction à mis à profit les failles de la législation nationale pour contester le certificat du ministère du Travail. Elle a depuis orchestré une campagne d'intimidation du personnel et a licencié illégalement deux responsables syndicaux.

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL, a exhorté l'entreprise à revenir sur ce comportement répréhensible en décembre 2018 lorsqu'il a écrit :

"Le comportement de la direction de Kale Conveyor constitue une violation flagrante de la législation du travail turque comme des normes internationales du travail, notamment des conventions de l'OIT n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, et n° 98 sur le droit d'organisation et de négociation collective. Kale Conveyor se doit de respecter scrupuleusement le droit international du travail."

Dans une tentative de règlement de ce conflit, le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a rencontré la direction de Kale Conveyor en janvier dernier. Mais celle-ci a continué d'affirmer qu'elle n'a rien à se reprocher et a été jusqu'à invoquer l'indépendance du pays pour contester la primauté d'une législation internationale universellement reconnue sur la législation nationale turque.

Lorsque l'action collective du travail a débuté, IndustriALL a écrit à nouveau à Kale Conveyor pour la prier instamment d'abandonner tous ses recours en justice et de reprendre immédiatement la négociation collective avec Petrol-İş.

En l'absence de réaction appropriée de la direction, IndustriALL s'est adressé aux principaux clients de Kale Conveyor en leur demandant "d'intervenir immédiatement en interrogeant Kale Conveyor et en la priant, notamment, d'abandonner tous ses recours en justice, de réintégrer deux responsables syndicaux et d'entamer une négociation collective avec Petrol-İş."

"Kale Conveyor ne peut continuer à faire semblant de ne pas entendre les revendications légitimes de ses salariés,"

déclare Kemal Özkan, le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL.

"Nous poursuivrons cette campagne internationale jusqu'à ce que la voix des travailleurs soit entendue et que la justice prévale sur ce lieu de travail. Nous ne permettrons jamais à un employeur comme Kale Conveyor de violer de façon aussi flagrante les droits fondamentaux des travailleurs."

Kale Conveyor est le plus grand fabricant de bandes de transport en caoutchouc d'Istanbul, en Turquie. Près de 70 pour cent de sa production sont exportés dans plus de 40 pays du monde entier.   

En Hongrie, la grève historique de la VDSz chez Hankook se conclut avec des avancées majeures

Au cours de la première semaine de grève à l’usine de Dunaújváros, la direction locale a refusé de parler au syndicat, a lourdement harcelé et intimidé les grévistes et proposé 50% de majoration de salaire pour prester pendant la grève.

Avant de recourir à la grève en tant que telle, la VDSz avait d’abord présenté des revendications salariales à la mi-février. L’absence de négociations dignes de ce nom a conduit à une grève d’avertissement de deux heures le 6 mars, qui a amené l’entreprise à augmenter les salaires de 13.6%, cette hausse s’est faite sans discussion directe avec le syndicat. La grève totale a débuté le 12 mars, pour revendiquer des majorations de salaire plus élevées et mieux réparties ainsi que d’autres avantages.

La grève ne donnant aucun signe de faiblesse au bout d’une semaine et recevant une large solidarité de la part d’autres syndicats de Hongrie et de l’étranger, la direction générale du pays d’origine de Hankook, la Corée du Sud, s’est assise à la table avec le Président de la VDSz Tamás et son équipe et a conclut un accord dans les 24 heures.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union Kemal Özkan a déclaré :

“Nous sommes fiers de nos camarades de la VDSz. Nous saluons les grévistes pour leur engagement et leur bravoure, ainsi que les talents de recruteurs et de négociateurs de l’équipe du Président Székely. Dans le contexte anti-syndical qui prévaut actuellement en Hongrie, la VDSz est à la pointe du combat pour les droits des travailleurs et travailleuses. Nous attendons maintenant de Hankook une reconnaissance complète de la VDSz en tant que partenaire social à Dunaújváros et l’assurance que des relations sociales saines se poursuivent.”

la VDSz a remercié IndustriALL Global Union et IndustriAll Europe, ainsi que les affiliés de différents pays, pour le soutien international fort témoigné aux grévistes.

L’ensemble des avancées négociées pour les travailleurs et travailleuses regroupent différentes améliorations qui s’ajoutent les unes aux autres pour atteindre une moyenne de 18.5% d’augmentation. L’accord comprend une augmentation de 6% de la prime de travail posté pour tous, une amélioration de la prime annuelle personnelle, des améliorations de la prime d’ancienneté et une distribution équitable des hausses salariales.

Dans le cadre de l’accord, la VDSz a accepté d’abandonner ses actions en justice contre Hankook.

La production au sein de l’usine est revenue à la normale le 22 mars.

Les travailleurs privés de leurs salaires en Indonésie s’adressent à la Corée du Sud

L’usine de confection de PT Selaras Kaus Busana (SKB), située à Bekasi, à l’ouest de la province de Java, employait 4 000 travailleurs, composés principalement de femmes, avant qu’elle ne soit abandonnée brusquement par son propriétaire sud-coréen en octobre 2018.

Les travailleurs protestataires, membres de l’affilié à IndustriALL Global Union, la Fédération syndicale nationale des travailleurs de l’industrie (SPN), exigent le versement des salaires impayés, des cotisations sociales et des indemnités de licenciement au nom des 2 000 travailleurs ayant perdu leurs emplois sans aucune explication en août et en septembre 2018. 

Le propriétaire de l’usine, Kim Jae-Chul, s’est enfuit en Corée avec 97 milliards IDR (6,8 millions de US$), et a fermé l’usine en octobre 2018 en laissant les travailleurs et leurs familles dans des conditions incertaines.

La présidente du syndicat de l’usine à SKB, Miss Verawati, a indiqué:

« Le gouvernement indonésien a l’obligation de protéger les droits de ses citoyens. Quant au gouvernement coréen, il est responsable en raison du montant illicite que le propriétaire coréen a pris à l’usine. Nous voulons que le propriétaire, Kim Jae-chul, soit ramené en Indonésie et rende les salaires et autres avantages appartenant aux travailleurs. Nous demandons également aux marques qui s’approvisionnent à SKB d’assumer leur responsabilité envers les travailleurs dans leur chaîne d’approvisionnement. Nous voulons que nos droits soient respectés ».

Les travailleurs à SKB touchaient un salaire inférieur au salaire minimum en vigueur à Bekasi depuis 2013, après que SKB ait demandé un report de paiement des salaires au gouvernement indonésien. L’usine, qui a démarré ses activités en 1990, offrait de très mauvaises conditions de travail: une mauvaise ventilation, des toilettes vétustes et sales, ni repas ni cantine. Les travailleurs devaient aussi travailler de longues heures pour atteindre les objectifs de l’entreprise.

Les travailleurs ont formé un piquet de grève à l’extérieur de l’usine et ont fait une demande de médiation auprès du Bureau du travail de Bekasi. Néanmoins, la direction de l’entreprise n’est pas parvenue à un accord à la réunion de médiation ayant eu lieu en novembre 2018. Depuis lors, le syndicat, SPN, a porté le litige devant la Cour des relations du travail à Bandung et se prépare à un nouveau procès avec le ministère de la main-d'œuvre contre le propriétaire de l’usine au motif de corruption.

L’information selon laquelle l’entreprise n’a pas payé les salaires de plus de 3 000 employés a gagné l’attention des médias en Corée du Sud et, le 7 mars, le Président du pays, Moon Jae-in, a ordonné une enquête à l’encontre de SKB. Le gouvernement doit également mener une mission d’enquête en Indonésie.

Le cas de SKB n’est pas isolé, selon le président du syndicat SPN, Djoko Heriyono, qui indique que des dizaines d’autres investisseurs dans le secteur de l’habillement sud-coréen ont abandonné leurs usines et se sont enfuis dans leur pays d’origine.

SPN et LIPS (Sedane Labour Resource Centre – le Centre des ressources en effectifs de Sedane) ont commencé à travailler ensemble afin d’identifier les investissements directs sud-coréens en Indonésie qui violent les lois du travail indonésiennes en versant des salaires inférieurs au salaire minimum national, en obligeant les travailleurs à travailler de longues heures dans des conditions précaires ou en se livrant à des violences verbales et non verbales. Cette collaboration a déjà permis d’identifier 22 d’entre eux au niveau national.

Les syndicats préparent une campagne pour le maintien des usines Ford en Russie

La réunion des 15 et 16 mars à Saint-Pétersbourg s’est tenue à l’initiative de l’affilié d’IndustriALL Global Union, l’Association syndicale interrégionale ITUWA et de l’Organisation syndicale des travailleurs de Ford, qui représentent ensemble les intérêts des travailleurs et travailleuses de l’usine Ford Sollers de Vsevolojsk, en Russie.

Le Directeur d’IndustriALL pour l’automobile, Georg Leutert, le Secrétaire du Conseil d’entreprise européen de Ford, Hans Lawitzke, et le président de la Confédération du travail de Russie KTR, Boris Kravchenko, étaient également présents à la réunion.

Les résultats de l’évaluation entamée par Ford au début de 2019 doivent être révélés dans le courant du deuxième trimestre de l’année, mais les travailleurs et travailleuses sont déjà inquiets de leur avenir au sein de la marque. Ford a annoncé vouloir supprimer au mois 5.000 emplois en Allemagne, tout en prévoyant de fermer des usines en France ainsi que dans un certain nombre d’autres pays européens, une autre fermeture étant annoncée au Brésil.

Ford Sollers a perdu 23,8 milliards de roubles (369,5 millions de dollars) en 2016 et, bien que la situation se soit améliorée en 2017, l’entreprise a clôturé l’année avec une nouvelle perte de 13,6 milliards de roubles (211 millions de dollars). Les résultats pour 2018 ne sont pas encore disponibles.

Après une analyse circonstanciée de la stratégie de Ford et des tendances de l’industrie automobile au plan mondial ainsi qu’en Russie, les syndicats ont décidé que sauvegarder l’usine de Vsevolojsk devait être leur objectif majeur. Les syndicats vont tenter de se tenir au courant du processus de décision sur la future restructuration de Ford en Russie et de s’y impliquer et vont également chercher du soutien auprès de leurs alliés au plan local et mondial, y compris auprès du gouvernement fédéral. Les syndicats prévoient d’accompagner leurs actions d’une vigoureuse campagne médiatique.

Le Directeur d’IndustriALL pour l’automobile, Georg Leutert, a indiqué :“Il s’agissait là d’une réunion productive et nous avons maintenant des orientations claires pour le travail à venir. Pour nous, la pierre angulaire est l’implication des syndicats à tous les niveaux de discussion sur l’avenir des travailleurs et travailleuses de Ford en Russie. Et nous leur apporterons notre entière solidarité pour les soutenir dans ce processus.”

Les syndicats ukrainiens revendiquent une stratégie vigoureuse de développement industriel

“Il faut une politique industrielle claire”, tel était le message principal issu de la réunion des affiliés du pays, ce 18 mars à Kiev, à la veille des élections présidentielles en Ukraine. Cette Déclaration commune adoptée est intitulée “Résolution sur l’élaboration d’une politique de développement de l’industrie nationale et d’actions de solidarité des syndicats de toute l’Ukraine” et sera communiquée à tous les candidats à la présidentielle.

Les industries manufacturières en Ukraine poursuivent leur déclin. Sergey Komyshev, Coordinateur d’IndustriALL dans le pays, a rapporté qu’au cours des dernières années 2,5 millions d’emplois avaient été perdus dans le pays, dont 80% dans les secteurs industriels. De plus, la qualité des emplois restants se détériore et les réglementations en matière de santé et sécurité ont été détricotées.

Valery Matov, qui est membre du Comité exécutif d’IndustriALL, a indiqué que l’industrie avait une part importante dans le PIB, mais que le gouvernement ukrainien n’avait pas de politique industrielle au niveau de l’État.

En dépit de l’augmentation annuelle du salaire minimum légal, l’Ukraine possède les plus bas salaires d’Europe et des millions d’Ukrainiens et d’Ukrainiennes en âge de travailler quittent le pays à la recherche d’un emploi à l’étranger.

De plus, le bilan du pays en termes de droits syndicaux se détériore. En 2018, l’Ukraine figurait sur la liste restreinte des 25 pays repris par la Conférence internationale du Travail en relation avec des infractions à la Convention n° 81 sur l’Inspection du travail. En 2019, il est probable que l’Ukraine soit à nouveau reprise par la Conférence sur une liste restreinte dans le cadre d’un débat sur des infractions à différentes conventions, comme la C95 sur la Protection du salaire.

Viktor Turmanov, Président du Syndicat des travailleurs de l’industrie du charbon d’Ukraine et Natalia Levitskaya, Vice-présidente du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine, ont mis en lumière la lutte héroïque des travailleurs et travailleuses au sein des charbonnages étatisés contre les énormes arriérés de salaire. Alors que les ouvriers et ouvrières des charbonnages ont entrepris des actions pour obtenir le versement de leurs salaires, la réunion a exprimé ses pleins soutien et solidarité par rapport aux luttes engagées.

Nos affiliés ukrainiens ont tenu un vaste débat sur la dimension sociale des relations qui progressent entre l’UE et l’Ukraine autour d’un Accord de coopération. Les participants se sont accordés à dire que la relation avec l’UE doit comporter une forte dimension sociale destinée à faire progresser les droits des travailleurs et un dialogue social constructif.

La réunion a accueilli le Secrétaire général d’industriAll Europe, Luc Triangle, qui a livré un message de solidarité des syndicats appartenant à la Fédération européenne et a souligné l’importance de relations et coopérations étroites entre les syndicats d’Ukraine et d’Europe. Il a également indiqué que si l’Ukraine voulait faire partie de l’Union européenne, elle devait mettre en place des normes sociales plus élevées, moderniser son économie et s’aligner sur les normes politiques et sociales de l’Union Européenne.

Les syndicats sont convenus de mettre en place une série d’activités allant dans le sens d’une adhésion à l’Union Européenne.

La réunion a encore reçu des messages de solidarité de syndicats d’Europe occidentale. S’exprimant lors de la réunion, Reijo Paananen, Secrétaire général de Nordic-In, a exprimé sa solidarité avec les syndicats ukrainiens dans le cadre de leurs luttes et a relevé que le respect pour les principes démocratiques et l’État de droit ainsi qu’un combat réel de la corruption étaient des données essentielles. Parmi les messages de solidarité, on retrouvait ceux d’IG BCE et d’IG Metall d’Allemagne ainsi que d’OS KOVO de Tchéquie.

IndustriALL et ses affiliés ukrainiens ont organisé une conférence de presse le 19 mars pour communiquer les revendications définies dans la Déclaration commune.

“À mesure que nous approchons des élections présidentielles, nous voulons préciser que les travailleurs et travailleuses ainsi que les syndicats d’Ukraine ne sont pas seuls. Le mouvement syndical international et européen a toujours offert son soutien et sa solidarité et continuera à le faire à l’avenir,”

a indiqué Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

“Alors que nos affiliés ukrainiens font campagne pour l’amélioration des droits et des conditions de travail, IndustriALL Global Union et son organisation sœur européenne, vont continuer à leur apporter leur soutien, en particulier s’agissant de la liaison avec l’Union Européenne et les institutions intergouvernementales, entre autres actions.”

1.700 travailleurs en grève chez Hankook Tire en Hongrie

Suivant la Fédération des travailleurs de la chimie de Hongrie (VDSZ), affiliée à IndustriALL Global Union, qui représente les travailleurs de l'usine Hankook de Dunaújváros, dans le centre du pays, 70 pour cent des 2.400 travailleurs postés participent à la grève à durée indéterminée qui a débuté le 12 mars.

Le syndicat est disposé à accepter un compromis sur une hausse de 14 pour cent mais est déçu de ne pouvoir faire cette proposition à la table des négociations.

Après une grève d'avertissement de deux heures, qui avait été suivie à cent pour cent par le personnel le 6 mars, la direction a accepté une augmentation de 13,6 pour cent mais qui ne profite pas à tous de la même manière selon la VDSZ.

À titre d'exemple, les salariés employés de longue date ne reçoivent que 2 à 6 pour cent de plus tandis que ceux qui ont été embauchés récemment toucheront jusqu'à 22 pour cent de plus, d'après le syndicat.

Les salaires payés par Hankook pour le travail en équipes sont beaucoup plus bas que dans d'autres entreprises. Le personnel d'une usine voisine est payé 300.000 forints (957 $) par mois alors que celui de Hankook Tire a en moyenne moins de 200.000 forints (638 $).

Entretemps, Hankook Tire, qui produit en temps normal 45.000 pneus par jour dans son usine de Dunaújváros, a embauché des "jaunes" et harcèle et intimide les travailleurs pour tenter de briser la grève, selon la VDSZ. Depuis que la grève a commencé, la production est tombée à 10.000 pneus par jour.

Au cours des derniers mois, le syndicat a recruté 1.000 nouveaux adhérents dans cette usine.

Hankook Tire est réputé pour son antisyndicalisme en Hongrie, plusieurs litiges s'étant envenimés jusqu'à terminer devant les tribunaux.

Dans un message de solidarité adressé au Président de la VDSZ, Tamás Székely, le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, écrit :

"IndustriALL soutient sans réserve le combat que mènent les membres de la VDSZ à l'usine de Dunaújváros de la Hankook Tire Hungary Ltd pour la forcer à revenir à la table des négociations et mettre un terme à ses violations des droits des travailleurs."