Les femmes d'IndustriALL à la tête du mouvement pour l'égalité à l'approche du Congrès

La Conférence des femmes comportera deux sessions, l'une en ligne les 18-19 septembre, l'autre en présentiel le 3 novembre, à Sydney, en prologue au Congrès d'IndustriALL.

Une analyse de ce qui a été fait et de ce qui reste à faire nous permettra d'arrêter nos priorités pour l'avenir, dans l'esprit du Plan d'action. Quelles actions devons-nous mettre en œuvre pour relever les défis qui se poseront aux travailleuses dans les années à venir ?

Les débats permettront de dégager une feuille de route, en énonçant les résultats attendus pour les quatre prochaines années, et de discuter de la manière de mesurer et suivre les progrès.

La discussion sur les conclusions et les recommandations de l'audit de genre participatif  (AGP) sera essentielle en ce qu'elle donne des orientations claires sur la manière dont IndustriALL peut renforcer son action sur l'égalité de genre sur les quatre prochaines années et la prochaine Conférence des femmes sera une étape fondamentale du passage de la recommandation à l'action.

La Conférence des femmes étudiera les moyens de s'attaquer aux trois domaines prioritaires mis en avant dans l'AGP : l'intégration de la dimension de genre dans toute l'action d'IndustriALL, le renforcement du leadership des femmes et la promotion des alliances avec la composante masculine pour faire progresser l'égalité de genre et la participation des femmes aux postes de direction.

L'examen des moyens de promouvoir le leadership féminin occupera une place centrale dans les débats de la conférence. Bien que des progrès aient été accomplis, les femmes restent sous-représentées dans la hiérarchie syndicale, en particulier dans certaines industries. Il faut s'attaquer aux causes profondes de cette carence, depuis les barrières à la participation à la vie syndicale jusqu'à la discrimination structurelle, et élaborer des outils et des instruments tangibles pour soutenir les leaders femmes à tous les échelons du mouvement.

La conférence étudiera aussi comment amener les alliés masculins à renforcer l'égalité et à faire en sorte que la voix des femmes soit entendue et respectée. Les leaders masculins jouent un rôle essentiel dans le soutien à l'égalité de genre, non seulement en cautionnant la participation des femmes mais en s'efforçant de rendre les syndicats plus inclusifs.

"Les femmes ont leur place partout où des décisions sont prises concernant les droits des travailleurs et l'avenir de nos industries. Cette conférence n'a pas pour seul objet de remédier aux inégalités, mais aussi de refondre notre mouvement pour refléter la réalité de notre effectif. Lorsque des femmes sont aux commandes, les syndicats sont plus forts, plus équitables et plus représentatifs. C'est pourquoi cette action compte et pourquoi nous devons ménager plus de place aux femmes, les soutenir et veiller à ce que leur voix soit entendue à tous les échelons,"

a déclaré la secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Christina Olivier.   

Les travailleurs et travailleuses de YKK toujours privés de leurs droits en Turquie

En juin 2025, la Fair Labor Association a publié un rapport d’audit confirmant que YKK Turquie violait les droits des travailleurs et formulant des recommandations claires pour remédier à la situation. Pourtant, l’entreprise n’a pris aucune mesure. Petrol-İş, le syndicat représentant les travailleurs de YKK et affilié à IndustriALL, exhorte désormais les enseignes de stature mondiale qui font appel à YKK à intervenir et à veiller à ce que ces recommandations soient mises en œuvre.

En août 2025, Petrol-İş a rencontré des responsables de la conformité des enseignes afin de faire pression pour que des mesures concrètes soient prises. Lors de cette réunion, le syndicat a souligné que les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses de YKK Turquie étaient systématiquement violés et a formulé la revendication que l’entreprise mette fin à son attitude hostile envers les membres du syndicat. Petrol-İş a exhorté les enseignes à prendre leurs responsabilités en insistant pour que ces violations soient éliminées. En réponse, les enseignes ont déclaré qu’elles soulèveraient ces préoccupations directement auprès de la direction de YKK, en en faisant un point clé à l’ordre du jour de leurs prochaines discussions.

Ce conflit en cours trouve son origine dans un processus défaillant qui remonte à 2024. Après avoir syndiqué la majorité des quelque 670 travailleurs et travailleuses de YKK, Petrol-İş a obtenu la reconnaissance officielle du ministère turc du Travail et de la Sécurité sociale en mai de cette année-là. Au lieu de dialoguer avec le syndicat, la direction de YKK a réagi par des pratiques antisyndicales, notamment des menaces et des mesures coercitives visant à forcer des démissions. L’entreprise a même annoncé des améliorations unilatérales des conditions de travail, une initiative que le syndicat a qualifiée de mauvaise foi. La pression sur les membres s’est encore intensifiée, avec des mesures disciplinaires injustifiées visant les principaux recruteurs, ce qui a incité les travailleurs et travailleuses à organiser des manifestations pacifiques en juillet.

En août 2024, YKK a créé un comité de représentation contrôlé par la direction afin de discréditer Petrol-İş, tout en refusant de rencontrer le syndicat. En septembre, le conflit avait attiré l’attention au plan international, IndustriALL ayant tiré la sonnette d’alarme et les travailleurs et travailleuses de YKK du Brésil et du Royaume-Uni ayant envoyé des messages de solidarité.

Le conflit s’est aggravé au début de l’année 2025. Des dizaines de travailleurs et travailleuses mis sous pression ont démissionné et, en février, un tribunal local a statué contre Petrol-İş dans un conflit sectoriel, une décision que le syndicat estime avoir été délibérément orchestrée par YKK afin de retarder sa reconnaissance. Malgré son code de conduite mondial, qui s’engage explicitement à respecter la liberté syndicale, l’entreprise a toujours refusé d’entamer le dialogue.

Au cœur du problème se trouve une faille : YKK est officiellement enregistrée dans le secteur métallurgique, tandis que les travailleurs et travailleuses ne peuvent s’affilier, via le système en ligne de l’administration turque, qu’à des syndicats du secteur pétrochimique et du caoutchouc, tels que Petrol-İş. Cette classification erronée a permis à YKK de bloquer les négociations collectives pendant deux ans, malgré les garanties prévues par le droit international. Tant que cette faille ne sera pas comblée et que de véritables négociations n’auront pas commencé, les travailleurs et travailleuses de YKK en Turquie resteront privés de leurs droits fondamentaux.

Mehmet Kaya, Secrétaire général financier de Petrol-İş et ancien responsable local de Thrace, qui a joué un rôle clé dans la syndicalisation chez YKK, a déclaré :

“Les travailleurs et travailleuses de YKK Turquie ont exercé leur droit constitutionnel de faire partie d’un syndicat, mais la direction a réagi en exerçant des pressions au lieu de respecter leurs droits et de reconnaître la négociation collective. Cette attitude antisyndicale a créé des troubles, sapé la paix sociale et laissé les travailleurs et travailleuses dans la crainte constante d’être licenciés, ce qui a de graves répercussions sur leurs familles. Une telle hostilité est inacceptable. Les travailleurs et travailleuses de YKK méritent la dignité, la sécurité de l’emploi et un environnement de travail décent. Nous appelons la direction mondiale de YKK à veiller à ce que ces droits soient respectés sans délai.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“Il est inacceptable que YKK continue de priver les travailleurs de Turquie de leur droit fondamental à la négociation collective. La liberté syndicale n’est pas facultative : elle est garantie par le droit international et YKK doit la respecter dans la pratique et pas seulement en paroles. Nous soutenons fermement Petrol-İş ainsi que les travailleurs et travailleuses concernés et nous appelons la direction mondiale de YKK et les enseignes de stature mondiale qu’elle approvisionne à garantir le respect de ces droits sans plus tarder.”

Grève évitée pour les syndicats nigérians de Dangote

Négocié par le ministère fédéral du Travail et de l’Emploi du Nigeria, l’accord impose la syndicalisation immédiate de la raffinerie, les syndicats enregistrés tels que le NUPENG se voyant accorder le droit de recruter les travailleurs et les travailleuses. Le processus doit être achevé dans un délai de deux semaines, avec des garanties contre la formation de syndicats concurrents soutenus par les employeurs et la protection des travailleurs et des travailleuses contre les représailles pour les actions de grève.

Cet accord marque une victoire importante pour le mouvement syndical nigérian, renforçant l’impératif juridique et moral du droit des travailleurs et travailleuses à se syndiquer.

Il y a deux ans, l’inauguration de la raffinerie Dangote, d’une valeur de 20 milliards de dollars américains, implantée dans la zone franche de Lekki, près de Lagos, a été saluée comme une étape importante pour les ambitions industrielles du Nigeria. En tant que plus grande raffinerie d’Afrique, elle promettait de créer de nombreux emplois et de diversifier l’économie.

Cependant, l’optimisme s’est estompé en raison de la résistance initiale de la raffinerie à l’adhésion au syndicat, en particulier pour les chauffeurs chargés de distribuer les produits pétroliers dans tout le pays. La raffinerie, détenue par le milliardaire Aliko Dangote et son partenaire de distribution, MRS, contrôlé par Sayyu Ali Dantata, un parent de Dangote, a cherché à exclure les syndicats établis tels que le NUPENG au profit d’un syndicat maison. Cette décision a incité le NUPENG, soutenu par l’Association nationale des propriétaires de transport routier (NARTO), à appeler à une grève nationale.

Le conflit s’est intensifié après l’importation par Dangote de 10.000 camions fonctionnant au gaz naturel comprimé (GNC) à la fin du mois d’août, conformément à la volonté du gouvernement de promouvoir des carburants plus écologiques. Le recrutement des chauffeurs était soumis à une condition : les candidats devaient s’engager à adhérer au syndicat de l’entreprise, ce qui a suscité des inquiétudes quant à la violation des droits des travailleurs. Les syndicats ont fait valoir que les actions de Dangote Refinery et de MRS violaient non seulement la loi sur le travail et la Constitution du Nigeria, qui protègent le droit des travailleurs et travailleuses à se syndiquer, mais aussi la Convention n° 87 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la liberté syndicale et la protection du droit à la syndicalisation, dont le Nigeria est signataire.

En outre, la volonté manifeste des entreprises d’obtenir le monopole du raffinage et de la distribution remet en cause la loi sur l’industrie pétrolière, destinée à promouvoir la concurrence dans un secteur longtemps en proie à l’inefficacité et à la corruption.

Les dirigeants du NUPENG, Williams Akporeha, Président, et Afolabi Olawale, Secrétaire général, ont condamné l’approche de la raffinerie, l’accusant de porter atteinte à la négociation collective et d’imposer des contrats abusifs. “La richesse accumulée grâce à la répression des droits des travailleurs et travailleuses est insoutenable et injuste”, ont-ils déclaré, soulignant le rôle central de la représentation syndicale dans les pratiques de travail équitables.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, s’est félicité de la résolution de ce conflit :

“Les actions de Dangote constituaient une violation flagrante des droits syndicaux fondamentaux et IndustriALL est intervenu auprès de l’entreprise pour la pousser à changer de cap. Cet accord est conforme aux normes nationales et internationales du travail, comme il sied à une entreprise africaine de premier plan. Nous encourageons la raffinerie Dangote à maintenir des interactions constructives avec les syndicats à l’avenir.”

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Les Fédérations syndicales internationales appellent à la reconnaissance de l’État palestinien

Nous appelons tous les pays à franchir cette étape cruciale vers la création d’une Palestine démocratique et souveraine, vivant dans une paix juste et durable aux côtés d’un Israël sûr.

En mai 2024, les dirigeants des Fédérations syndicales internationales avaient rejoint une délégation historique en Palestine. À Ramallah, ils ont rencontré des syndicats et des personnalités de l’Autorité palestinienne. Le message était clair : la reconnaissance de la Palestine en tant qu’État est essentielle pour construire un avenir souverain et démocratique et pour garantir la paix et la dignité de son peuple.

À ce jour, 147 des 193 États membres des Nations unies ont officiellement reconnu la Palestine. Les Fédérations syndicales internationales félicitent les gouvernements qui se préparent à acter la reconnaissance lors de l’Assemblée générale des Nations unies de 2025.

La reconnaissance affirme le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, renforce le droit international et contribue à créer les conditions d’une véritable négociation entre deux parties égales. La reconnaissance est également un pas vers la correction du déséquilibre des pouvoirs, qui prolonge l’occupation illégale de la Cisjordanie et de la bande de Gaza et l’instabilité tant qu’elle se poursuit.

La reconnaissance de la Palestine n’est pas seulement une question de justice, mais aussi une nécessité. Des décennies de retard n’ont apporté que des cycles de violence et de désespoir et, aujourd’hui, ces échecs ont abouti à des pertes humaines catastrophiques, à des destructions massives et à la crise humanitaire la plus grave à laquelle le peuple palestinien ait été confronté depuis des décennies, comme l’ont souligné les experts de l’ONU la semaine dernière. La reconnaissance aujourd’hui enverrait un signal fort indiquant que la communauté internationale n’acceptera plus le report sans fin des droits des Palestiniens. C’est le fondement sur lequel un véritable processus de paix peut être construit.

Pour le mouvement syndical international, le principe est clair : les travailleurs et travailleuses du monde entier ont le droit de vivre dans la liberté, la dignité et la sécurité. Le peuple palestinien ne mérite pas moins. La reconnaissance de l’État de Palestine ne doit pas être considérée comme une récompense à la fin des négociations. Elle est un élément essentiel d’une paix juste et durable.

Nous exhortons tous les gouvernements à s’engager dans cette voie aux Nations unies. La reconnaissance est l’expression concrète de la volonté de la communauté internationale de défendre les droits humains, de garantir le respect des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et de progresser vers une Palestine libre, indépendante et viable. Ce n’est que sur cette base qu’un État d’Israël sécurisé et un État de Palestine souverain pourront coexister en paix.

Signataires : David Edwards, Secrétaire général de l’Internationale de l’éducation ; Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union ; Luc Triangle, Secrétaire général de la Confédération syndicale internationale ; Christy Hoffman, Secrétaire générale d’UNI Global Union ; Steve Cotton, Secrétaire général de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) ; Ambet Yuson, Secrétaire général de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois ; Adriana Paz Ramírez, Secrétaire générale de la Fédération internationale des travailleurs domestiques ; Daniel Bertossa, Secrétaire général de l’Internationale des services publics ; Kristjan Bragason, Secrétaire général de l’Union internationale des travailleurs-euses de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du catering, du tabac et des branches connexes (UITA) ; Veronica Nilsson, Secrétaire générale de la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC) ; Anthony Bellanger, Secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes.

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Fin de la grève chez Macsteel; le NUMSA obtient la réintégration des travailleurs

Cette grève, a été déclenchée le 22 août par des licenciements contestés, que le NUMSA condamnait comme procéduriers, injustes et relevant de l'exploitation. Les travailleurs devaient reprendre le travail le 8 septembre à la suite d'un accord négocié qui répond aux principales revendications du syndicat.

Cet accord est une victoire pour le NUMSA, Macsteel acceptant de réintégrer tous les travailleurs licenciés, sans perte de salaires, de prestations et d'avantages. En outre, même les travailleurs réintégrés à des postes moindres conservent leurs barèmes salariaux de départ, condition essentielle du maintien de leurs niveaux d'existence. Cinq d'entre eux, qui ont préféré des indemnités de départ, rencontreront le syndicat pour confirmer leur décision issue d'un choix informé.

La grève, qualifiée de dernier ressort par le NUMSA, faisait suite au rejet par Macsteel des solutions de rechange qu'il proposait au titre de l'article 189 de la Loi sur les relations au travail, qui traite des consultations en cas de licenciements pour raisons de service, notamment des changements économiques, technologiques ou structurels.

Le conflit portait surtout sur l'imposition par Macsteel des indemnités de départ volontaire (VSPs) prévues à l'article 189, qualifiée de honte par le NUMSA qui accusait la direction de contraindre 253 travailleurs à accepter des VSPs représentant à peine 40.000 rands (1.828 $), soit l'équivalent d'une semaine de salaire par année d'ancienneté, ce qui est très en-deçà de la norme pratiquée dans l'industrie de trois à quatre semaines de rémunération brute par année.

Le NUMSA juge ce procédé unilatéral, accusant Macsteel d'avoir envoyé des lettres de licenciement et fait pression sur les travailleurs sans avoir consulté le syndicat, contrevenant ainsi à la procédure de licenciement.

Le NUMSA exigeait la réintégration des travailleurs licenciés, de meilleures indemnités de licenciement et des critères de licenciement transparents et négociés par les syndicats. Pour lui, l'attitude de Macsteel est typique des employeurs qui exploitent les travailleurs pendant les phases de ralentissement économique, optimisent leurs profits lorsque la conjoncture est bonne et se débarrassent des travailleurs avec des indemnités insuffisantes. Le NUMSA réclamait une intervention gouvernementale du ministère de l'Emploi et du Travail afin d'imposer des normes minimales pour les indemnités de licenciement.

Le secrétaire général du NUMSA, Irvin Jim, a déclaré :

"On ne devrait pas tolérer que des employeurs puissent verser des indemnités de départ volontaire insignifiantes au nom du volontarisme. C'est de l'extorsion. Il faut stopper les employeurs cupides, surtout ceux qui exploitent les travailleurs depuis des années."

"La protection des moyens de subsistance des travailleurs, même en cas de licenciements collectifs, est une des obligations essentielles d'un syndicat et nous félicitons le NUMSA pour avoir fait grève pour stopper l'exploitation des travailleurs chez Macsteel,"

a déclaré la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.

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IndustriALL renouvelle son appel aux enseignes pour qu’elles quittent le Myanmar

Au Myanmar, l’industrie textile et de la confection est une source importante de devises étrangères pour le régime, contribuant à financer les armes, les munitions et le carburant. Les travailleurs et travailleuses qui produisent des vêtements et des chaussures dans le pays évoluent dans des zones industrielles soumises à la loi martiale. Une commission d’enquête de l’OIT a constaté en 2023 des violations généralisées de ses conventions sur la liberté syndicale et le travail forcé. En juillet, de nouveaux rapports ont fait état de l’arrestation de dirigeants et militants syndicaux pour des motifs inconnus.

Malgré ces préoccupations, des enseignes telles que Next, très populaire au Royaume-Uni, et Hunkemöller, marque néerlandaise de lingerie, ont fait part de leur intention de rester en Birmanie, affirmant qu’elles étaient en mesure d’exercer une “diligence raisonnable renforcée” afin d’atténuer le risque de violations des droits humains dans la chaîne d’approvisionnement.

Next est également l’une des trois enseignes, avec New Yorker et LPP, contre lesquelles IndustriALL a déposé plainte auprès des points de contact nationaux de l’OCDE (PCN) en novembre dernier, au motif qu’il est impossible de se conformer aux lignes directrices de l’OCDE et à la diligence raisonnable en matière de droits humains sous une dictature militaire.

Les travailleurs et travailleuses de l’industrie de la confection du Myanmar et leurs syndicats ont obtenu le soutien de la Conférence internationale du travail en juin, lorsque l’OIT a pris la décision extraordinaire d’invoquer l’article 33 de sa constitution contre le régime militaire du Myanmar. L’article 33 est la sanction la plus sévère de l’OIT et n’a été invoqué que trois fois dans l’histoire de l’organisation.

La résolution relative à l’article 33 appelle les gouvernements, les employeurs et les travailleurs et travailleuses à revoir les investissements dans les chaînes d’approvisionnement qui pourraient soutenir indirectement le régime et à supprimer tous les moyens susceptibles de perpétuer les violations flagrantes des droits des travailleurs.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“En continuant à s’approvisionner au Myanmar, les enseignes contribuent à financer la répression. La résolution sur l’article 33 indique clairement qu’aucun système commercial au monde ne peut atténuer les risques liés à l’exercice d’activités sous une dictature qui interdit les syndicats indépendants et emprisonne les travailleurs et travailleuses. La seule attitude responsable consiste à se retirer et à collaborer avec IndustriALL pour trouver une solution responsable qui protège les travailleurs et travailleuses.”

Les diamants sont-ils éternels ?

Les diamants naturels, résultats de millions d'années d'évolution et appréciés pour leur rareté, sont maintenant en concurrence avec des pierres produites en grandes quantités en laboratoire en l'espace de quelques jours ou semaines. Ce virage structurel menace les fondements économiques d'économies tributaires du diamant, en Afrique en particulier.

La réunion de Jwaneng, qui rassemblait 22 participants d'affiliés d'IndustriALL du Botswana, de République démocratique du Congo, du Lesotho, de Namibie, d'Afrique du Sud et du Zimbabwe, s'est penchée sur des stratégies pour impliquer des compagnies minières sur les questions des droits au travail et des conditions de travail. Les participants ont visité des mines souterraines à Jwaneng, la mine la plus rentable de De Beer exploitée par Debswana, une coentreprise avec le gouvernement botswanais. Pourtant, même cette entreprise emblématique n'est pas à l'abri des fléaux qui traversent l'industrie. Debswana est en cours de restructuration et pourrait perdre 1.300 emplois, dont 650 sont déjà une réalité, du fait des pressions cumulées de la baisse des ventes de diamants naturels et de la concurrence des diamants de synthèse.

Les participants ont entendu que, dans les sous-secteurs de la taille et du polissage, le Syndicat des travailleurs du diamant du Botswana se bat contre les bas salaires, des litiges de longue date, le harcèlement sexuel, les violations des droits des travailleurs et le non-respect de la législation du travail.

Le Réseau mondial du diamant soutient l'Accord de Luana, une initiative du Natural Diamond Council (NDC) pour relancer l'intérêt des consommateurs et la demande de diamants naturels.

Des gouvernements et des représentants de l'industrie ont signé cet accord, mais le réseau réclame la participation des organisations syndicales en tant que parties prenantes. Il a écrit au NDC pour demander une réunion afin de discuter de leur association et le NDC a accepté de rencontrer les syndicats.

L'Afrique demeure une pierre angulaire de la production mondiale de diamants avec 15 pays – Botswana, Afrique du Sud, Angola, Namibie, Congo, Zimbabwe, Guinée, Ghana, Lesotho, Liberia, Sierra Leone, République centrafricaine, Tanzanie et Togo – représentant une part importante de la production. À l'échelon mondiale, la production est dominée par la Russie, le Botswana, l'Afrique du Sud, le Canada et l'Angola.

Le Botswana s'est appuyé sur la grande qualité de ses diamants pour stimuler sa croissance économique. Toutefois, la baisse actuelle menace ses recettes dans ce domaine.

Botshelo Kesebone, un haut directeur de Jwaneng, fait valoir que :

"Les diamants seront éternels s'ils continuent à doter les travailleurs, à bâtir des nations et à inspirer des avenirs durables. Ils seront éternels si leur éclat se reflète non seulement dans la bijouterie, mais dans la dignité et le bien-être de ceux dont les mains et les cœurs les font vivre."

Joseph Tsimako, le président du Syndicat des mineurs du Botswana, a insisté sur l'urgente nécessité d'une diversification économique, en recommandant des investissements dans des minéraux critiques et d'autres secteurs prioritaires afin d'atténuer l'incidence du recul du marché du diamant.

"Il faudrait une enquête sur d'autres biens de consommation, d'autres minéraux critiques et sur l'optimisation d'autres secteurs économiques prioritaires pour atténuer le déficit économique causé par la dépression des ventes du secteur diamantaire,"

a-t-il déclaré.

Masibulele Naki, secrétaire en charge de la santé et la sécurité au Syndicat national des mineurs et président du Réseau mondial du diamant, a ajouté :

"La résistance des syndicats de l'industrie du diamant du Botswana est louable considérant les pertes d'emplois, et le Réseau mondial du diamant continuera à les soutenir pour protéger les droits des travailleurs et les conditions de travail décentes."

Pour Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines et du diamant, les licenciements collectifs ne sont pas la solution à la crise que traverse l'industrie du diamant.

"L'industrie du diamant ne doit pas sacrifier l'emploi, mais adapter son modèle de gestion aux réalités actuelles parmi lesquelles figure la production de diamants en laboratoire."

Corée : l'adoption d'une loi favorable aux travailleurs est signe de progrès et appelle de nouvelles réformes

Le 24 août, l'Assemblée nationale coréenne a approuvé le nouveau texte par un vote majoritaire du Parti démocratique au pouvoir. Il reconnaît aux travailleurs en sous-traitance le droit de négocier collectivement avec les employeurs principaux malgré les prétendues pertes d'activités que causeraient des actions de grève.

Pour les affiliés d'IndustriALL Global Union, le Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU) et la Fédération des syndicats de métallurgistes (FKMTU), cet amendement de la législation du travail, qui fera date, est un pas positif au terme d'une décennie de lutte. Quoi qu'il en soit, ils appellent le gouvernement à continuer de réformer les dispositions de la TULRAA défavorables aux travailleurs.

Le FKMTU se félicite de cet amendement qui s'attaque de front aux contradictions d'un système de sous-traitance ancré profondément dans les industries de la métallurgie, comme l'automobile et la sidérurgie. Dorénavant, les véritables employeurs et les sous-traitants ne pourront plus échapper à leurs responsabilités.

Le président du FKMTU, Kim Jun Young, a déclaré :

"Cet amendement n'a pas été une victoire facile. C'est une conquête obtenue par les revendications et les combats d'innombrables ouvriers de la métallurgie qui ne parvenaient pas à faire entendre leurs voix sur les convoyeurs à bande, devant la fournaise des fours et dans des lieux de travail dangereux. Le FKMTU s'est battu aux côtés des travailleurs en sous-traitance, sur les routes et au sommet des tours de refroidissement. Ces combats désespérés sont devenus le catalyseur qui a montré au monde entier que la modification de la loi était une cause juste."

Entretemps, le KMWU a publié un communiqué de presse critiquant l'amendement qui n'étend pas la définition du travailleur, qui précise la responsabilité de l'employeur principal vis-à-vis des travailleurs en sous-traitance et interdit les procédures en dommages et intérêts contre des syndicalistes en particulier.

Le KMWU met aussi en question le délai de grâce de six mois, affirmant que les droits différés sont des droits refusés et il exhorte le gouvernement à appliquer le texte sur-le-champ. Le KMWU réclame de l'État et des employeurs qu'ils abandonnent les poursuites et les recours en dommages et intérêts contre des travailleurs ayant soutenu des grèves de travailleurs en sous-traitance.

En outre, le syndicat prie instamment le nouveau gouvernement d'abolir les politiques antisyndicales adoptées par le précédent gouvernement Yoon Suk Yeol. Comme par exemple le droit pour les autorités de contrôler les finances des syndicats en l'absence de toute allégation ou requête, de contraindre les syndicats à annoncer leurs réserves en numéraire, de plafonner le temps consacré aux activités syndicales et d'assimiler la négociation collective qui ne respecterait pas ces limites à une pratique du travail déloyale.

Le président du KMWU, Jang Chang-year, a déclaré :

"Le texte de loi amendé ne répond toujours pas aux normes internationales. Ce n'est qu'un premier pas. Le KMWU va maintenant commencer à négocier et traiter directement avec les employeurs principaux, aux côtés des travailleurs précaires. De la sorte, nous défendrons les droits de tous les travailleurs et planterons les graines de la démocratie sur le lieu de travail."  

Pakistan : trois mineurs tués par un coup de grisou dans un charbonnage

Les mines de charbon du Pakistan sont tristement célèbres pour leurs conditions de travail dangereuses qui causent la mort de centaines de travailleurs chaque année. Selon les rapports communiqués par les affiliés d'IndustriALL du secteur du charbon au Baloutchistan, au moins 53 accidents se sont produits entre janvier et juillet de cette année, causant la mort de plus d'une centaine de travailleurs et en blessant au moins 190 autres. Les chiffres exacts sont probablement beaucoup plus élevés en raison de la sous-déclaration de ces accidents.

Selon les informations relayées par les médias, au début du mois, des jeunes du district de Shangla, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, ont organisé une grande manifestation pour dénoncer le nombre croissant d'accidents dans les mines de charbon, dus à des pratiques minières dangereuses et à la présence de nombreuses mines illégales. Les mines de charbon du pays fonctionnent en grande partie sans dispositifs de sécurité adéquats, notamment sans équipement de protection individuelle et sans accès à des soins médicaux immédiats en cas d'accident.

Les propriétaires et les exploitants des charbonnages ne dispensent aucune formation aux travailleurs sur les pratiques minières sûres et il n'y a souvent aucun personnel de sécurité présent sur les sites miniers. Les travailleurs de ces régions prestent de longs temps de travail et des tâches dangereuses tout en touchant des salaires de misère. Ils ne sont également couverts par aucun régime de sécurité sociale.

Les affiliés d'IndustriALL ont déployé des efforts concertés pour que les travailleurs des mines de charbon soient affiliés à des régimes de sécurité sociale. Avec le soutien d'IndustriALL, les syndicats affiliés organisent également des ateliers qui se penchent en profondeur sur les pratiques minières sûres et plaident auprès des autorités gouvernementales en faveur de la ratification de la Convention 176 de l'OIT.

Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, a déclaré :

“Il est grand temps que le gouvernement du Pakistan, ainsi que les propriétaires des charbonnages, assument l'entière responsabilité de ces incidents dans les zones minières, qui pourraient facilement être évités en appliquant strictement des pratiques minières sûres et en garantissant un lieu de travail sûr aux mineurs. Nous appelons le gouvernement à prendre immédiatement des mesures pour ratifier la Convention 176 de l'OIT et ainsi empêcher que des travailleurs ne perdent la vie.”

Les syndicats réclament plus de sécurité et d'organisation dans les mines d'or artisanales du Zimbabwe

Les affiliés d'IndustriALL Global Union de Zambie et du Zimbabwe, le Syndicat des travailleurs de la mine de Zambie (MUZ) et le Syndicat des travailleurs du diamant et des minéraux assimilés du Zimbabwe (ZDAMWU), se sont engagés à appuyer ces efforts.

Les mineurs artisanaux, qui n'ont souvent que des outils rudimentaires et peu de machines, vivent dangereusement. Beaucoup n'ont aucun équipement de protection individuelle et sont exposés à des substances toxiques comme le mercure, qui attaque les poumons, la peau et les yeux et pollue l'air, l'eau et le sol.

Le manque de ventilation des puits augmente les risques d'affections pulmonaires, comme la silicose et la pneumonie. La profondeur des galeries, parfois 40 mètres, est propice aux effondrements et aux inondations, sources de blessures et de mort. Les mineurs ne sont pas non plus formés à la sécurité, ce qui aggrave encore la situation.

Les 20 et 21 août, une délégation du bureau régional pour l'Afrique subsaharienne, du MUZ et du ZDAMWU ont visité des mines artisanales à Mazowe, dans la Jumbo Mine, propriété de Mettalon, et à Penhalonga, près de Mutare. La délégation, qui incluait des membres de l'Association Luapula des mineurs de Zambie, qui représente plus de 200 petites mines et qui a signé un mémorandum d'accord avec le MUZ, a constaté des pratiques dangereuses, comme le fait de descendre dans les puits avec de simples cordes et de communiquer au moyen de tuyaux en plastique. En outre, des femmes travaillent l'or au moyen de mercure et à mains nues.

Lors d'une réunion à Mutare, le 22 août, les mineurs artisanaux ont demandé une aide financière pour mécaniser les opérations et une assistance pour améliorer la sécurité. Des représentants des autorités, notamment de la présidence et du cabinet, ont convenu de la nécessité de formaliser le secteur de l'EMAPE, d'une organisation des mineurs et d'une amélioration des salaires et des conditions. Le ministère des Mines et des Minéraux a indiqué qu'il fournit des prêts et des informations aux mineurs enregistrés tandis que le ministère du Travail s'est redit favorable à une amélioration des conditions de travail, des contrats et des rémunérations. L'Office national de la sécurité sociale a insisté sur ses programmes de formation à la santé et la sécurité.

Parmi les autres participants figuraient le Centre pour les ressources nationales et la gouvernance et la Fédération zimbabwéenne des syndicats.

Les dirigeants syndicaux ont insisté sur la coopération avec l'EMAPE pour améliorer la sécurité et le travail décent.

George S. Mumba, secrétaire général du MUZ, a déclaré :

"Les associations de l'EMAPE doivent collaborer avec les syndicats pour améliorer les conditions de travail et la santé et la sécurité." 

"Nous demandons un plan national pour des normes et des pratiques responsables dans l'exploitation minière avec la participation de l'EMAPE,"

a ajouté le secrétaire général du ZDAMWU, Justice Chinhema.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

"Nous continuons à réclamer la         formalisation de l'EMAPE parce que la plupart des jeunes sans emploi gagnent un salaire de subsistance dans des mines informelles et nous voulons aussi une protection des femmes qui sont exposées à des substances chimiques dangereuses et sont confrontées à la violence et au harcèlement fondés sur le genre."

Ces efforts sont dans la ligne de la recommandation 204 de l'Organisation internationale du travail sur la transition de l'économie informelle à l'économie formelle et de l'African Mining Vision, qui préconisent une formalisation du secteur de l'EMAPE. Alors que la Zambie a ratifié la convention 176 de l'Organisation internationale du travail sur la sécurité et la santé dans les mines, le Zimbabwe a encore à le faire.

La coopération entre le MUZ, le ZDAMWU et les associations de l'EMAPE a le soutien de Union to Union dans le cadre du Projet de renforcement syndical d'IndustriALL, qui promeut l'apprentissage transfrontière et une meilleure organisation des mineurs artisanaux au Zimbabwe.

Le Zimbabwe compte plus de 500.000 mines artisanales qui extraient de l'or, du lithium, des diamants et du platine ainsi que d'autres minéraux tels que le chrome, le cobalt, le cuivre, le fer, l'étain, et des pierres précieuses.