Mettre en œuvre la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme dans les chaînes d’approvisionnement automobile de Turquie

Comme la réunion précédente de novembre de l’année dernière, cette rencontre a été organisée par IndustriALL, avec le soutien du syndicat allemand IG Metall, du gouvernement allemand, par l’intermédiaire de l’Agence allemande pour la coopération internationale (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit, GIZ), et du dialogue du secteur allemand de l’automobile.

Lancé par le ministère fédéral du travail et des affaires sociales en 2020, le dialogue sur le secteur automobile réuni le gouvernement fédéral, les constructeurs automobiles, les fournisseurs, les syndicats, les associations professionnelles, les ONG et les institutions de défense des droits de l’homme pour faire progresser la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme (HDDR) dans les chaînes d’approvisionnement. Pendant cinq ans, le forum multipartite a élaboré des orientations pratiques et encouragé la collaboration dans tout le secteur. Bien que le financement gouvernemental prenne fin, les participants ont accepté de poursuivre le travail dans le cadre du réseau allemand du Pacte mondial des Nations unies, désormais autofinancé par les membres.

L’atelier a réuni des représentants des syndicats, de l’organisation des employeurs, des constructeurs automobiles, des fournisseurs, des gouvernements, des universités et de l’Organisation internationale du travail (OIT). Si les participants à l’atelier ont confirmé qu’il était urgent de s’attaquer aux violations systémiques des droits en matière de liberté syndicale et de négociation collective, ils élargiront également l’analyse des risques et se pencheront sur d’autres domaines tels que la santé et la sécurité au travail, les conditions de travail et la diversité.

“Nous devons construire une économie fondée sur les droits et la justice sociale”,

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

“Des conditions de travail saines et équitables sont fondamentales si nous voulons construire ensemble des secteurs durables”.

Le Président de Turkmetal, Uysal Altundağ, dont le syndicat a accueilli la réunion, a déclaré :

“Notre syndicat est organisé autour des secteurs de Turquie axés sur l’exportation. Nous visons à trouver un juste équilibre entre les droits des travailleurs et les intérêts des entreprises, mais avec la baisse continue des salaires, cet équilibre est de plus en plus difficile à maintenir.”

Florence Göckeritz, de Daimler Truck, a noté que les plaintes des dénonciateurs en provenance de Turquie indiquaient que les travailleurs et travailleuses rencontraient des obstacles lorsqu’ils tentaient d’adhérer à un syndicat. Les informations relatives à des comportements potentiellement non conformes ont été prises très au sérieux et examinées avec soin. D’une manière générale, ces cas soulignent la nécessité de mettre en place des mécanismes solides pour traiter les problèmes liés aux droits du travail et prévenir les conflits.

“Des actions concrètes visant à rendre possible la syndicalisation dans les entreprises de Turquie sont nécessaires et cette initiative présente un potentiel important pour nous permettre de défendre les droits des travailleurs”,

a déclaré Özkan Atar, Président de Birlesik Metal-Is.

Les chaînes d’approvisionnement de l’industrie automobile turque souffrent actuellement d’un manque notable de dialogue structuré. De nombreux problèmes concernant les droits du travail sont portés directement devant les tribunaux, contournant ainsi les mécanismes qui pourraient autrement résoudre les conflits par une implication réciproque. Consciente de cette situation, la plateforme multipartite étudie les moyens de renforcer le dialogue social afin de prévenir les conflits, d’instaurer la confiance et de favoriser des améliorations durables des conditions de travail.

“Le dialogue social n’est pas seulement souhaitable, il est essentiel”, a déclaré Yasser Hassan de l’OIT. “Le dialogue, tant au niveau de l’entreprise qu’au niveau sectoriel, peut instaurer la confiance, réduire les conflits sur le lieu de travail et garantir le respect des normes internationales du travail”.

Les pays de l’UE, en particulier l’Allemagne, étant parmi les principales destinations des exportations, les fournisseurs de Turquie devront se conformer à la législation sur la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme. Les droits des travailleurs et des syndicats sont soumis à cette législation. Les lois exigent non seulement une analyse des risques et des mécanismes de réclamation adéquats, mais encouragent également les parties prenantes à s’attaquer aux causes profondes des violations des droits.

L’atelier s’est penché sur les implications de la directive de l’Union européenne relative au devoir de diligence raisonnable en matière de développement durable des entreprises, qui demande aux entreprises d’identifier et de traiter les impacts sur les droits de l’homme tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement. Miriam-Lena Horn, de la Confédération allemande des syndicats (DGB), a souligné l’importance d’impliquer les parties prenantes, y compris les syndicats, dans le processus de diligence raisonnable afin de garantir une mise en œuvre et une responsabilisation efficaces.

“La diligence raisonnable en matière de développement durable des entreprises prévoit la consultation des acteurs concernés tout au long des chaînes d’approvisionnement, ce qui renforcera l’implication des syndicats”,

a déclaré Miriam-Lena Horn.

Les participants ont travaillé au sein de trois groupes thématiques axés sur la prévention des conflits et leur résolution ainsi que sur la gouvernance. Les groupes ont identifié des domaines clés à améliorer, notamment la mise en place de mécanismes transparents de règlement des plaintes, l’amélioration de la formation sur la HDDR et le développement de structures de gouvernance claires pour superviser la mise en œuvre des mesures convenues.

Les parties prenantes ont exprimé leur ferme volonté de poursuivre le dialogue et de mettre en œuvre les stratégies définies lors de la réunion. Le dialogue se poursuivra au cours des prochains mois, des groupes de travail étant chargés de mettre en œuvre la feuille de route et de réaliser des progrès concrets d’ici la fin de l’année.

Georg Leutert, Directeur d’IndustriALL pour le secteur automobile, a souligné les progrès réalisés :

“Nous disposons désormais d’une feuille de route commune”,

a conclu Georg Leutert.

“Mais les prochaines étapes doivent transformer nos bonnes intentions en changements structurels durables, à commencer par un nouvel élan en faveur des droits syndicaux. Avec cette initiative multipartite, nous avons l’opportunité de nous éloigner du cas par cas et de nous attaquer aux défis systémiques des droits du travail d’une manière qui crée une solution durable pour les droits des travailleurs, les conditions de travail et tous les autres domaines de la HDDR dans les chaînes d’approvisionnement de l’automobile en Turquie.”

À propos du dialogue sectoriel allemand

Lancé par le gouvernement allemand en 2020, le dialogue sectoriel de l’automobile réunit les constructeurs automobiles, les fournisseurs, les syndicats, des ONG et des institutions de défense des droits de l’homme pour faire progresser la HRDD dans les chaînes d’approvisionnement. En cinq ans, l’initiative a permis de publier des orientations pratiques et de favoriser la collaboration au sein du secteur. Bien que le financement gouvernemental prenne fin, les participants, y compris les constructeurs automobiles, IG Metall, IndustriALL, les ONG et d’autres, ont accepté de poursuivre le travail volontairement dans le cadre du Pacte mondial des Nations unies pour l’Allemagne, désormais autofinancé par les membres.

La direction d’IndustriALL réaffirme sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses pakistanais

Lors de la réunion de leur Conseil à Islamabad, les dirigeants des affiliés ont eu une discussion approfondie avec le secrétaire général, Atle Høie et le secrétaire général adjoint, Kemal Özkan, sur les questions syndicales urgentes. Les dirigeants syndicaux se sont inquiétés de l’augmentation continue du travail précaire et des réformes proposées du droit du travail qui menacent d’affaiblir davantage les droits des travailleurs et travailleuses.

Alors que les travailleurs et travailleuses du secteur du textile et de la confection revendiquent depuis longtemps des salaires vitaux et de meilleures conditions de travail, certaines garanties ont été introduites grâce à la mise en œuvre de l’Accord. Toutefois, la lutte pour des lieux de travail sûrs se poursuit, en particulier dans le secteur minier, où les protections restent insuffisantes.

Les affiliés ont soulevé ces questions auprès des employeurs et des gouvernements des États fédérés et certaines victoires ont été remportées, comme l’arrêt de la Cour suprême de l’année dernière, qui a accordé à 55 salariés en sous-traitance d’IFFCO Pakistan un statut permanent.

“IndustriALL apporte son soutien total à tous les travailleurs et travailleuses du Pakistan en lutte. Nous sommes avec vous dans cette lutte. Si nous voulons nous assurer que les droits des travailleurs et travailleuses progressent, nous devrons nous serrer les coudes et nous faire entendre de manière unie. L’unité est notre plus grande force et personne ne peut nous vaincre dans notre lutte pour la justice tant que nous restons unis,”

a déclaré Atle Høie.

IndustriALL a également rencontré des représentants du gouvernement, soulevant des questions clés concernant la mise en œuvre de la Convention de Hong Kong, la réforme du droit du travail et la sécurité dans les mines. Les discussions ont reflété l’engagement permanent d’IndustriALL à améliorer la santé et la sécurité au travail dans tous les secteurs.

Le Pakistan doit encore ratifier la Convention 176 de l’OIT, un instrument clé pour améliorer la sécurité dans les mines. IndustriALL a soulevé cette question lors d’une réunion avec des fonctionnaires fédéraux, qui ont confirmé que des mesures étaient prises pour ratifier cette convention d’ici la fin de l’année.
Le Pakistan a récemment ratifié trois instruments de l’OIT : le protocole de 2014 de la Convention sur le travail forcé, la Convention du travail maritime et la Convention sur les statistiques du travail.

Le gouvernement a exprimé son intention de ratifier trois autres conventions fondamentales dans un avenir proche : la Convention 155 sur la sécurité et la santé au travail, la Convention 187 sur le cadre promotionnel pour la sécurité et la santé au travail et la Convention 176 sur la sécurité et la santé dans les mines. Ces ratifications devraient être effectives au début de l’année prochaine et représentent une victoire majeure pour IndustriALL et ses affiliés au Pakistan, l’exemple même d’années de plaidoyer et de travail syndical pour pousser à des protections plus solides pour les travailleurs et travailleuses.

“Comme d’autres pays d’Asie du Sud, le Pakistan est confronté à de nombreux défis, qu’ils soient politiques, économiques ou sociaux. Pour garantir la protection des droits des travailleurs et travailleuses et l’amélioration des conditions de travail, il est impératif que les syndicats mènent une lutte forte et unie. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons faire avancer la lutte des travailleurs et travailleuses. Nous devons rester unis dans la défense des salaires vitaux, de la sécurité sociale et de lieux de travail plus sûrs, y compris la ratification de la Convention C176 de l’OIT pour garantir la sécurité dans les mines,”

 a déclaré Kemal Özkan.


 

Une lutte unifiée est essentielle pour faire progresser les droits des travailleurs

Le 1er mai, IndustriALL a défilé dans les rues de Dacca, aux côtés de milliers de travailleurs et travailleuses, célébrant les luttes et les victoires du mouvement ouvrier. À l’occasion de la fête internationale du travail, les affiliés ont accueilli chaleureusement les dirigeants d’IndustriALL. S’adressant à un large rassemblement de travailleurs et travailleuses, le secrétaire général Atle Høie a déclaré :

“Nous sommes totalement solidaires des travailleurs et travailleuses du Bangladesh et nous nous engageons à faire avancer la lutte pour des lieux de travail sûrs et sécurisés ainsi qu’un salaire vital pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses. Nous devons lutter ensemble pour garantir et faire respecter le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective pour tous. Les affiliés d’lndustriALL à travers le monde sont à vos côtés dans la lutte pour faire avancer les droits des travailleurs et travailleuses au Bangladesh.”

Au cours de cette visite, les dirigeants d’IndustriALL ont rencontré les affiliés pour discuter en détail de la mise en œuvre de la feuille de route de l’OIT et du rapport de la Commission de réforme du travail mise en place par le gouvernement intérimaire. Atle Høie et le secrétaire général adjoint Kemal Özkan ont également rencontré le président de la Commission pour discuter des questions clés du rapport et explorer les solutions possibles.

L’une des principales préoccupations soulevées par les dirigeants syndicaux concerne le salaire minimum extrêmement bas des travailleurs et travailleuses de l’industrie de la confection dans le pays, qui, malgré les promesses du gouvernement intérimaire, n’a toujours pas été revu. Les salaires de misère poussent les travailleurs et travailleuses à faire des heures supplémentaires, ce qui a un impact sur leur santé et leur sécurité sur le lieu de travail.

Les dirigeants ont également fait savoir que le droit à la liberté syndicale est toujours menacé dans les zones franches d’exportation, tandis que l’enregistrement des syndicats est entravé par des formalités administratives et des processus bureaucratiques fastidieux. Les employeurs ont recours à l’inscription de travailleurs et travailleuses sur des listes noires pour les punir de leur participation à des activités syndicales, dans le but de les dissuader d’adhérer à des syndicats.

“Les défis à venir ne peuvent être relevés que si les affiliés opèrent dans l’unité. La division est perçue comme une faiblesse, elle est exploitée par le gouvernement et les employeurs et ne sert pas les millions de travailleurs et travailleuses qui ont besoin de protection. Nous exhortons nos affiliés à aplanir leurs divergences et à s’unir derrière un ensemble commun de priorités et d’objectifs,”

a déclaré Kemal Özkan.

Au cours de cette visite, les dirigeants ont également rencontré des représentants du gouvernement pour discuter des recommandations de la Commission de réforme du travail, de la mise en œuvre de la feuille de route de l’OIT, ainsi que de la préparation du pays à la mise en œuvre de la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires, qui doit entrer en vigueur en juin de cette année. Selon les affiliés, le Bangladesh devrait ratifier les conventions 155 et 187 de l’OIT d’ici à la fin de 2025.
 

Les syndicats du secteur de l’énergie en Amérique latine œuvrent en faveur d’une transition juste tenant compte de la dimension de genre

Le séminaire faisait partie d’une série de trois rencontres de ce type organisées par IndustriALL avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert (FES). L’objectif est de renforcer la mise en œuvre du guide syndical de pratiques pour une transition juste.

Dans son discours d’ouverture, Oliver Dalichau, directeur de la branche colombienne de la FES, FESCOL, a souligné le lien entre une transition juste et la santé et la sécurité au travail.

“Ce n’est pas un hasard si nous commençons ce séminaire le 28 avril, Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail”, a-t-il déclaré. “Le changement climatique entraîne des défis majeurs pour la santé des travailleurs et travailleuses. Nous devons veiller à ce que tous les emplois soient décents, sûrs et sains.”

La situation en Colombie a servi de point de départ aux débats sur les défis auxquels le secteur de l’énergie est confronté dans la région. La directrice des projets de FESCOL, Alejandra Trujillo, a expliqué comment une coalition syndicale avait été créée en Colombie pour assurer une transition juste tenant compte de la dimension de genre, en réponse au manque de femmes impliquées dans les activités de plaidoyer sur cette question.

La secrétaire régionale adjointe d’IndustriALL, Laura Carter, a évoqué la multinationale Glencore, filiale de Prodeco, qui a unilatéralement renoncé à ses concessions minières sans s’acquitter pleinement de ses responsabilités en matière sociale. Elle a déclaré qu’il était à craindre que Glencore n’adopte une stratégie similaire pour sa mine de Cerrejón.

L’avocate Ana Catalina Herrera a exposé les stratégies du syndicat pour contrer les actions de Glencore, notamment les efforts juridiques visant à protéger les droits syndicaux et une pétition adressée à la Commission interaméricaine des droits de l’homme. La décision qui en a résulté a mis l’accent sur la nécessité d’obtenir des réparations complètes et de mettre en place des mécanismes de dépôt de plaintes indépendants afin de garantir la fermeture des mines de manière responsable.

Diana Junquera Curiel, Directrice de l’énergie d’IndustriALL, a mis en lumière les principales tendances mondiales en matière d’énergie, l’évolution du marché, l’énergie en tant qu’outil géopolitique et le regain d’intérêt pour le nucléaire, tout en soulignant l’imprévisibilité du secteur, à l’exemple de la panne d’électricité qui a touché l’Espagne et le Portugal.

“En l’espace de quelques heures, la panne du 7 mai, toujours inexpliquée, a bouleversé tout un pays. Ce type d’incident peut modifier la façon dont nous envisageons la stratégie énergétique d’un pays tout entier. En tant que syndicats, nous devons penser à long terme, essayer d’anticiper différents scénarios et développer des stratégies pour protéger les travailleurs et travailleuses,” 

a déclaré Diana Junquera Curiel.

Elle a également souligné la nécessité de disposer de données sur les emplois futurs et les compétences qu’ils exigeront. “Nous devons nous organiser pour que les travailleurs et travailleuses qui occuperont ces nouveaux emplois soient syndiqués et bénéficient de conditions de travail décentes. Nous devons également veiller à mettre en place des solutions pour les travailleurs et travailleuses qui perdront leur emploi; lorsqu’une porte se ferme, une autre doit s’ouvrir.”

Les participantes ont présenté des plans d’action adaptés à leur secteur et à leur pays. Ces plans comprennent la réalisation de campagnes de sensibilisation, l’analyse du marché du travail et la défense de politiques publiques, la création de réseaux de femmes membres de syndicats, la mise en place de coalitions tripartites et l’inclusion de clauses de transition juste dans les conventions collectives.

Les participantes ont insisté sur l’intégration des besoins des femmes dans les processus de transition en garantissant l’accès à la formation, à des emplois de qualité, à la prise de décision et à l’infrastructure sociale, en s’appuyant sur des données ventilées par sexe et sur des efforts visant à éliminer les obstacles structurels.

Diana Junquera Curiel a également souligné que la négociation collective est un outil essentiel pour garantir une transition juste aux travailleurs et travailleuses. Les bonnes pratiques à cet égard comprennent la retraite anticipée, la relocalisation, la formation professionnelle et les investissements auprès des communautés touchées. Les organes tripartites et la négociation collective sont également essentiels pour atteindre ces objectifs.

Le séminaire comprenait un exercice de jeu de rôle sur la négociation collective, donnant aux participantes l’occasion d’exercer leurs compétences en termes de définition des priorités, de présentation des revendications et de réponse aux tactiques et arguments de l’employeur.

IndustriALL continuera à soutenir les participantes dans la mise en œuvre de leurs plans d’action au cours de l’année à venir.

Le syndicat interpelle le Parlement sur les violations des droits des travailleurs de Fine Spinners

travailleurs et des droits de l’homme chez Fine Spinners Uganda.
L’UTGLAWU, affilié à IndustriALL, “demande une enquête immédiate et une remédiation à la violation flagrante des droits des travailleurs et travailleuses chez Fine Spinners Uganda Limited.”

Dans sa requête datée du 14 avril, le syndicat a fermement rappelé à l’employeur sa responsabilité, car les travailleurs et travailleuses “méritent de travailler dans des conditions qui respectent leur dignité et leurs droits.”

Le syndicat a expliqué comment le fabricant de vêtements Fine Spinners viole les droits des travailleurs protégés par la législation nationale du travail. Il s’agit notamment de violations de la liberté syndicale, en refusant de signer un accord de reconnaissance avec l’UTGLAWU, qui a pourtant syndiqué plus de 50 % des travailleurs et travailleuses. L’employeur refuse de signer depuis plus de 10 ans et a même ignoré une injonction du ministère du travail et de l’emploi lui imposant de se conformer à la loi.
Fine Spinners ne verse pas non plus les salaires à temps, ce qui rend la vie difficile aux travailleurs et travailleuses ainsi qu’à leurs familles, car ils ne parviennent pas à payer les frais de scolarité, les loyers et autres dépenses de base. En outre, l’entreprise paie beaucoup moins bien que d’autres. Selon le syndicat, les travailleurs et travailleuses de Fine Spinners reçoivent 150.000 shillings ougandais par mois (équivalent à 41 dollars), alors que les salaires dans l’industrie sont d’environ 800.000 shillings par mois (217 dollars). Les travailleuses enceintes ne bénéficient pas de protection, notamment du congé de maternité, et doivent travailler en équipe de nuit. L’employeur ne verse pas non plus les retenues du fonds national de sécurité sociale. En outre, des travailleuses ont informé le syndicat qu’elles étaient enfermées dans des usines dépourvues d’issues de secours. 

Une travailleuse a fait état du harcèlement sexuel auquel elle a été confrontée et des agressions physiques subies lors d’une tentative de viol qui lui a causé de graves blessures au cou et aux dents. La travailleuse, qui était enceinte de sept mois, a fait une fausse couche à cause de cette violente agression. Elle a signalé la tentative de viol à la police et l’affaire est actuellement devant le tribunal de première instance de Nakawa. Mais la réponse de Fine Spinners à l’action en justice a été de mettre fin à son contrat, alors qu’elle comptait cinq ans de service, tandis que l’auteur de l’agression, qui est un cadre, reste en poste.

“Il existe des rapports alarmants de violence et de harcèlement basés sur le genre, y compris l’exploitation sexuelle et le viol par certains managers, qui ont été signalés à la police et dont les auteurs ne sont pas punis,”

 a déclaré Eli Peter Bendo, secrétaire général de l’UTGLAWU.


Dans des lettres adressées à Fine Spinners, Byakatonda Abdulhi, Parlementaire ougandais chargé des travailleurs, a déclaré qu’il facilitait le dialogue entre l’entreprise de confection et l’UTGLAWU afin de répondre aux préoccupations du syndicat. La centrale syndicale, l’Organisation nationale des syndicats, est également impliquée. Par l’intermédiaire de ses avocats, Fine Spinners a fait part de sa volonté de dialoguer avec les syndicats.

La secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré:

“Nous nous félicitons de la facilitation du dialogue par le député des travailleurs et nous demandons instamment à Fine Spinners de cesser les abus à l’encontre de sa main d’œuvre et de respecter les droits des travailleurs et les droits de l’homme, ainsi que de verser des salaires vitaux.”

Une syndicaliste porte la voix des travailleurs au parlement namibien

Dans son premier discours, le 9 avril dernier, elle a appelé le gouvernement namibien à finaliser la modernisation des lois, notamment la loi sur le travail, la loi sur la sécurité sociale et la loi sur l’action positive (emploi), afin de s’assurer que les employeurs s’y conforment. En outre, elle a indiqué que les travaux de la Commission pour l’équité en matière d’emploi devaient inclure l’égalité des sexes ainsi que les travailleuses et travailleurs sous-représentés. Elle a également demandé au gouvernement de

“veiller à ce que les grèves légales soient respectées et à ce que les travailleurs et travailleuses ne perdent pas leur revenu au moment d’exercer leur droit de grève, conformément à la constitution, dans le cadre d’une négociation collective équitable.”

Justina Jonas, du Syndicat namibien de la métallurgie et des secteurs connexes (MANWU), est députée du parti au pouvoir, la SWAPO. Elle a travaillé dans l’économie formelle et informelle en tant qu’agent de sécurité, vendeuse de nourriture dans la rue et coiffeuse. Elle est une syndicaliste active depuis 2003 et a accédé au poste de Secrétaire générale. Elle a également travaillé au sein du département de l’éducation du syndicat, où elle a mis en œuvre des programmes sur la santé et la sécurité, les droits des travailleurs et l’égalité des sexes et a fait campagne pour l’emploi des jeunes ainsi que le salaire vital.

Le MANWU est un affilié d’IndustriALL et représente les travailleurs et travailleuses des secteurs de la construction, de la métallurgie, de l’ingénierie, de la construction automobile ainsi que d’autres secteurs industriels.

Justina Jonas a soutenu les plans de la déclaration budgétaire nationale visant à créer 500.000 emplois, à fournir une éducation et des soins de santé de qualité, à assurer un accès équitable à la terre, au logement et à la collecte des déchets, ainsi qu’à éradiquer la pauvreté.

Elle a participé à des campagnes pour la ratification de la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail (OIT) visant à mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail. En 2020, la Namibie est devenue le premier pays africain à ratifier cette convention. Depuis, elle participe à des campagnes visant à mettre en œuvre des politiques sur le lieu de travail conformément à la Recommandation 206 de l’OIT (recommandation sur la violence et le harcèlement).

“Je suis en quelque sorte une détachée des travailleurs et travailleuses. Pendant trop longtemps, les aspirations des travailleurs et travailleuses ont été absentes de l’organe législatif de l’État, d’où l’adoption au Parlement de nombreux projets de loi qui parfois compromettaient les droits des travailleurs. Grâce à mon expérience du monde du travail, je veillerai à ce que les projets de loi qui seront débattus au cours de mon mandat de députée tiennent compte des aspirations des travailleurs et travailleuses”,

a-t-elle déclaré dans une interview accordée à IndustriALL.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a pour sa part déclaré :

"Nous célébrons l’élection de Justina Jonas au Parlement de Namibie. C’est une double victoire, à la fois pour le monde du travail et pour la représentation des femmes dans les assemblées législatives en Afrique. Elle est un brillant exemple de la réussite de nos campagnes régionales en faveur de l’égalité des sexes et de la promotion du leadership féminin.”

Son Excellence, la Présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah est la première femme chef d’État de Namibie et plus de 50 % de son cabinet est composé de femmes. La Vice-présidente est Lucia Witbooi et huit des 14 ministres du pays sont des femmes. Le parlement namibien compte également plus de 40 % de députées et c’est une femme, Saara Kuugongelwa-Amadhila, qui préside le parlement.

Les syndicats indonésiens lancent un centre d’alerte sur la santé et la sécurité au travail

Ce centre d’alerte servira de plateforme d’échange sur les maladies professionnelles pour les travailleurs et travailleuses victimes de l’industrie manufacturière en Indonésie. Le centre est soutenu par des médecins du travail, des avocats spécialisés dans le droit du travail et des ONG travaillant sur les questions de SST.

Les affiliés d’IndustriALL en Indonésie s’engagent à activer leurs départements SST pour s’impliquer auprès du centre d’alerte, visant à signaler au moins trois cas au gouvernement en 2025.

Le nombre de cas de maladies professionnelles déclarés en Indonésie reste particulièrement faible, avec seulement 91 cas en 2023, contre 8.155 en Malaisie et 1.229 à Singapour. Néanmoins, les adhérents syndicaux soulèvent fréquemment des préoccupations concernant des douleurs lombaires, des maladies pulmonaires, l’insuffisance rénale et les cancers lors des réunions sur la SST.

À l’avenir, le centre d’alerte organisera un dialogue tripartite afin de promouvoir de meilleures pratiques en matière de SST, notamment en ce qui concerne les maladies professionnelles. Le Conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie se réunira également tous les mois pour assurer la bonne coordination du centre d’alerte.

Le président du conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie, Iwan Kusmawan, a déclaré :

“Il est du devoir des syndicats d’intensifier la surveillance des maladies professionnelles et de défendre les droits des travailleurs et travailleuses touchés par la maladie sur les lieux de travail. La ligne d’assistance téléphonique du centre d’alerte montre que le Conseil indonésien prend la question très au sérieux. Des procédures ouvertes et transparentes doivent être suivies en cas de découverte d’une maladie professionnelle et les entreprises ainsi que l’agence de sécurité sociale doivent fournir des solutions rapides.”

Le secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, Ramon Certeza, a déclaré :

“Je félicite les affiliés indonésiens pour la mise en place de ce centre d’alerte, qui constitue une étape remarquable pour améliorer les normes de santé et de sécurité dans les secteurs manufacturiers en Indonésie. Cela montre le rôle indispensable des syndicats dans l’amélioration de la santé et du bien-être des travailleurs et travailleuses.”

Environ 70 syndicalistes ont assisté à ce lancement, rejoints par des représentants du ministère de la main-d’œuvre (Muhammad Idham), du ministère de la santé (Dr. Inne Nutfiliana), du Conseil indonésien de la sécurité sociale et de l’équipe de travail nationale sur la santé au travail, qui soutiennent l’initiative.

Cette activité est soutenue par Union to Union et les affiliés suédois d’IndustriALL.
 

IndustriALL et Sintracarbón appellent Glencore à un dialogue constructif sur les réductions de production au Cerrejón, en Colombie

Glencore a annoncé qu’elle réduirait la production de charbon de sa mine du Cerrejón en Colombie de 5 à 10 millions de tonnes cette année. Cerrejón affirme que ces réductions n’auront aucun impact sur les engagements sociaux et environnementaux de l’entreprise, mais Sintracarbón et les communautés environnantes s’inquiètent néanmoins des effets qu’elles auront.

Le syndicat et les communautés environnantes ont demandé à Cerrejón de fournir des informations plus détaillées sur les conséquences des réductions annoncées, mais n’ont pas obtenu de réponse. La direction de Cerrejón affirme qu’elle ne dispose pas de ces informations, car toutes les décisions sont prises par Glencore en Suisse.

Igor Diaz, membre du Comité exécutif national de Sintracarbón, a indiqué que tout s’était passé soudainement, l’annonce des réductions par l’entreprise ayant pris les travailleurs et travailleuses par surprise :

“Nous voulons savoir ce que Glencore prévoit pour Cerrejón, sa filiale en Colombie. Nous voulons savoir ce qu’elle a l’intention de faire, car ces décisions pourraient créer toute une armée de chômeurs.”

“Nous voulons savoir si cela fait partie du plan de fermeture de la mine du Cerrejón prévu pour 2034. Nous avons travaillé sur la diversification économique, mais nous n’avons pas encore de solutions alternatives,”

 a déclaré Igor Diaz.

Le secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a écrit un courrier au PDG de Glencore en Suisse, Gary Nagle, pour lui demander plus d’informations sur la manière dont il s’attend à ce que ces réductions chez Cerrejón n’aient pas d’impact sur l’emploi et sur les engagements environnementaux de l’entreprise.
Atle Høie termine sa lettre comme suit :

“Glencore a par le passé montré sa capacité, au niveau d’autres entités confrontées à des conditions similaires, à engager un dialogue significatif avec les travailleurs et les communautés concernées. Dans un souci de cohérence dans l’application de ses politiques, nous demandons à Glencore de veiller à ce que ses projets pour Cerrejón soient marqués du sceau de la transparence.”

Le droit de se soustraire un travail dangereux est encore refusé à un trop grand nombre de personnes

Le groupe santé et sécurité d’IndustriALL se concentre sur les secteurs où la sécurité est trop souvent sacrifiée au profit, comme celui des matières premières critiques et de la démolition des navires. Dans ces secteurs, les travailleurs et travailleuses risquent leur vie tous les jours mais s’exprimer sur la sécurité peut signifier perdre son gagne-pain.
La démolition des navires est souvent considérée comme le métier le plus dangereux au monde. Les risques sont extrêmes ; il y a un manque de formation et les travailleurs sont exposées à des produits toxiques, à des chutes de tôles d’acier et des blessures mortelles ne surviennent que trop souvent. Après une longue campagne menée par IndustriALL et ses affiliés, la Convention de Hong Kong pour un recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires a été ratifiée et entrera en vigueur en juin de cette année.
L’entrée en vigueur de cette convention devrait améliorer la sécurité. Mais de graves lacunes subsistent. L’Inde a proposé une législation nationale pour transposer la convention dans son droit national. Elle ne comporte aucune référence au droit de refuser une tâche dangereuse, malgré l’intention de la convention d’ainsi protéger les travailleurs et travailleuses.

“Si elle est correctement mise en œuvre, la Convention de Hong Kong a le pouvoir de transformer la démolition des navires en un secteur beaucoup plus sûr. Mais nous nous interrogeons sur la volonté politique et la capacité des autorités des pays concerné par la démolition des navires à s’opposer au pouvoir des employeurs. Les syndicats doivent être reconnus comme des partenaires clés. La Convention est une approche descendante. Elle doit être complétée par une approche ascendante, menée par les travailleurs, afin de garantir la sécurité sur les chantiers,” 

a indiqué Walton Pantland, Directeur d’IndustriALL pour la construction navale et la démolition des navires.
Il en va de même dans le secteur minier, en particulier pour l’extraction des minéraux bruts essentiels qui alimentent la transition verte. La demande de cobalt, de lithium, de nickel et d’autres matériaux monte en flèche, mais les rapports d’accidents, d’effondrements et d’exposition chronique à la poussière et aux produits chimiques augmentent également. Une Transition juste inclut le droit des travailleurs et travailleuses à refuser un travail dangereux ; sans protections solides, le coût humain risque d’être dévastateur.
Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour l’exploitation minière et la santé et la sécurité au travail, a déclaré :

“le droit de refuser une tâche dangereuse n’est pas un privilège, c’est un droit fondamental, reconnu par l’OIT et soutenu par le droit international. Du côté d’IndustriALL, nous continuerons à nous battre pour des lendemains meilleurs en mettant l’accent sur l’évaluation des risques et sur une approche de la santé et de la sécurité au travail centrée sur les droits de l’homme.”

Le 28 avril est également connu comme étant la Journée internationale de commémoration des travailleuses et des travailleurs morts ou blessés au travail. Nous nous souvenons des morts et luttons pour les vivants et nous renouvelons notre engagement dans la lutte pour des lieux de travail plus sûrs. Cette année, il s’agit également de faire face à des menaces nouvelles et émergentes. IndustriALL soutient l’appel de la CSI à une action urgente pour préserver la vie et les droits des travailleurs et travailleuses à l’ère de la numérisation et de l’intelligence artificielle (IA).

Alors que l’IA est de plus en plus déployée sur les lieux de travail, elle n’est pas toujours utilisée pour soutenir les travailleurs et travailleuses, mais pour les surveiller, les contrôler et même les exploiter. Bien que l’IA puisse être pilotée par des données, son impact est profondément humain et risque d’aggraver les déséquilibres de pouvoir existants. Protéger les droits des travailleurs et travailleuses à l’ère de l’IA signifie garantir la transparence, la responsabilité et que la sécurité et la dignité ne soient pas sacrifiées au nom de l’efficacité.

La CSI lance un appel en faveur :

“L’intelligence artificielle n’appartient pas à un futur lointain ; elle façonne déjà le présent. La question est de savoir si les travailleurs et travailleuses auront leur mot à dire sur la manière dont elle façonne leur avenir.”

a déclaré Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les syndicats des TIC et de l’électronique débattent de la voie à suivre en ces temps incertains

En ouvrant la réunion, les Coprésidents Masashi Jimbo et Prihanani Boenadi ainsi que la Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Christina Olivier, ont donné le ton : les enjeux pour les travailleurs et travailleuses d’un secteur au carrefour de l’innovation et des inégalités sont plus élevés que jamais. La réunion a abordé des sujets brûlants ; des changements dans la chaîne d’approvisionnement aux droits des travailleurs, en passant par la santé et la sécurité au travail, y compris la santé mentale des travailleurs et travailleuses ainsi que l’impact de l’intelligence artificielle.

Anne-Marie Chopinet, Présidente du réseau sectoriel des TIC d’industriAll Europe, a mis en lumière les principaux défis auxquels est confrontée l’industrie européenne des TIC, de l’électricité et de l’électronique, notamment les tensions commerciales entre l’UE et les États-Unis, la déréglementation et la baisse des investissements. Elle a souligné la nécessité d’une autonomie stratégique, d’une amélioration des compétences, d’une réglementation plus stricte en matière d’intelligence artificielle et d’une amélioration des mesures de santé et de sécurité au travail, tout en réaffirmant le rôle vital des syndicats dans la protection des travailleurs et travailleuses ainsi que dans l’élaboration de la politique industrielle.

L’un des principaux messages qui se sont dégagés des débats est que la main-d’œuvre mondiale du secteur de l’électronique est soumise à des pressions multiples. Les salaires dans les centres de production stagnent malgré les bénéfices records des entreprises. Selon Alexander Ivanou, Directeur des TIC, de l’électricité et de l’électronique d’IndustriALL, les changements dans la chaîne d’approvisionnement causés par les tensions géopolitiques et les stratégies “Tout sauf la Chine” ont conduit à l’instabilité, tout en exposant les travailleurs et travailleuses à des protections moindres et à un manque de respect des droits syndicaux.

Casper Edmonds, de l’OIT, a mis l’accent sur les principaux défis en matière de travail décent, notamment l’emploi atypique, les longs temps de travail, les questions de santé et sécurité au travail et les violations des droits, en particulier en Asie, qui est le centre manufacturier du secteur. Il a souligné l’urgence de normes du travail plus strictes et d’une diligence raisonnable obligatoire en matière de droits de l’homme pour garantir l’équité et la justice sociale dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

IndustriALL est en train de développer une boîte à outils de santé et sécurité au travail spécifique au genre pour aborder l’exposition aux produits chimiques, la santé reproductive et la violence basée sur le genre, des questions qui affectent le plus les femmes dans la fabrication de produits électroniques. Cette boîte à outils s’inscrit dans le cadre d’un appel plus large à l’harmonisation des efforts intersectoriels en matière de santé et de sécurité au travail, en particulier dans les chaînes d’approvisionnement critiques des minerais et des batteries.

Parlant de la syndicalisation comme principale tâche des syndicats dans le monde, Walton Pantland, Directeur des campagnes, a présenté des outils pour faire grandir les syndicats au sein la chaîne d’approvisionnement, notamment la cartographie du pouvoir, la recherche sur les entreprises et les stratégies de mobilisation.

À la fin de la réunion, les participants ont reconnu que le contexte mondial est turbulent, de l’escalade des droits de douane au changement climatique, mais qu’il existe une opportunité sans précédent de reconstruire l’industrie depuis ses fondements.

“Ce n’est que par une action collective que nous pourrons faire en sorte que les transitions numérique et écologique soient au service des personnes et pas seulement des profits,”

a conclu Christina Olivier.

Photo credit: Electronics factory worker, Cikarang, Indonesia © ILO/Asrian Mirza